DISCLAIMER : Je ne possède rien, évidemment. Le trio légendaire et Poudlard appartiennent à J.K. Rowling. Hope et les Mikaelson appartiennent à Julie Plec. Même les mots que j'utilise appartiennent à la langue française. A la rigueur, je peux revendiquer leur agencement, et encore...

Merci à SaraMikaelson, ton commentaire était vraiment très sympa et m'a fait énormément plaisir ;) Pour les Mikaelsons, tu devras encore attendre quelques chapitres mais, crois moi, ça ne va plus tarder à présent...

Et maintenant, ENJOY !


CHAPITRE 4 : RENCONTRE DESAGREABLE

Cette nuit-là, durant laquelle Hope avait fait une des rencontres les plus terrifiantes de sa courte vie, elle avait également senti que l'une des filles qui partageaient son dortoir, à savoir Hermione Granger, n'était peut-être pas aussi pénible ou superficielle qu'elle en avait l'air de prime abord, mais il fallut quand même attendre Halloween avant que les deux élèves de Gryffondor ne se rapprochent réellement. Cependant, rien n'indiquait, ce matin du 31 octobre, que les deux jeunes filles seraient amies le soir même, d'autant plus quand, à la sortie du cours de Sortilège, Hope vit Hermione les dépasser en pleur et disparaitre au loin, après avoir surpris quelques propos vexants de la part de Ron. En temps normal, la jeune fille aurait pu ressentir de l'empathie pour sa camarade, ou peut-être aurait-elle encensé Ron mais, depuis hier, elle avait l'esprit totalement ailleurs et elle se fichait éperdument de ce qui se passait autour d'elle.

La vieille, elle avait passé la soirée à la bibliothèque, prétextant à Harry et Ron qu'elle voulait en savoir plus sur le dernier sujet abordé en Histoire de la Magie. L'excuse était valide puisque, depuis le début de l'année, Hope passait beaucoup de temps à la bibliothèque, prétextant toujours un intérêt spontané pour un thème quelconque. Ses deux amis avaient donc simplement acquiescé et avaient continué leur partie d'échec. Ces derniers temps, elle avait passé de longues heures à faire des recherches en tout genre et finalement, après deux mois de travail acharné, elle avait enfin trouvé des informations sur ce dont souffrait sa tante Rebekah. Malheureusement, hier soir, la bibliothèque avait fermé au moment même où ses yeux tombaient sur les informations tant recherchées. Hope avait d'abord pesté contre ce vaste complot qui l'empêchait d'aider sa famille, puis, sous les demandes insistantes et féroces de Madame Pince, elle avait dû rentrer au dortoir mais elle était décidée à revenir dès le lendemain pour trouver le moyen de soigner sa tante.

C'était à présent le lendemain et la jeune fille avait subi comme autant de torture tous les cours qui la séparaient de sa soirée de recherche. Elle était tellement exaspérée d'attendre qu'elle se fit la promesse de tout découvrir ce soir, de telle sorte à pouvoir écrire avant demain à sa mère pour lui annoncer sa découverte. Elle ne retarderait pas ne serait-ce que d'un jour cet évènement qu'elle attendait depuis son entrée à Poudlard. Hope était si heureuse de pouvoir aider sa famille qu'elle se jura d'y passer la nuit s'il le fallait. Vers la fin de la journée, elle avait un sourire extatique sur les lèvres et une lueur de détermination féroce dans le regard. Au début du dernier cours, Harry lui demanda la raison de cet état étrange mais Ron les interrompit en remarquant qu'Hermione n'était pas là et Harry oublia sa question. L'heure passa avec une lenteur insupportable, alors même qu'Hope avait l'habitude de bien s'amuser pendant les cours –si on ne comptait pas ceux de Rogue, évidemment. Quand enfin la cloche sonna, la jeune fille ramassa ses affaires à toute vitesse et sortit de la salle de classe. Elle n'avait pas encore atteint l'escalier qu'elle entendit Harry et Ron trottiner derrière elle pour la rattraper.

« Eh Hope ! Où tu vas si vite ? La Grande Salle est de l'autre côté ! »

Ah oui. Le banquet d'Halloween. Elle avait totalement oublié. Elle était tellement obnubilée par ses découvertes de la vieille qu'elle était passée à côté de l'évènement dont tous les Premières Années parlaient depuis à présent deux semaines. Là, l'excuse d'une passion nouvelle qui nécessitait des recherches à la bibliothèque risquait d'être peu crédible, face à l'enthousiasme que n'importe qui devrait normalement ressentir à la perspective du banquet d'Halloween. Vite, il fallait qu'elle trouve autre chose.

« Oui, je sais. Mais j'ai un terrible mal de crâne et je voulais aller voir Madame Pomfresh.

-Quoi ? s'indigna Ron. Tu ne vas quand même pas rater le festin ?

-J'espère pas, s'exclama Hope avec un grand sourire. Je vais juste voir ce qu'elle peut faire pour moi. Si ça se trouve, une potion et c'est réglé.

-Oui, avec un peu de chance, souffla Harry. Puis, de toute façon, tu n'apprécieras pas le festin à sa juste valeur si tu as mal à la tête. Tu veux qu'on t'accompagne ?

-Non, partez devant. Réservez-moi une place ! »

Les garçons acquiescèrent et partirent dans la direction opposée à celle d'Hope. Cette dernière prit une profonde inspiration. Elle s'excusera demain de leur avoir posé un lapin. La seule chose importante pour l'instant était que, le lendemain, elle soit en mesure de soigner sa tante. Tout le reste était dérisoire et ne méritait pas son attention immédiate. Elle partit donc à toute vitesse à travers les couloirs, ignora totalement Rusard qui pesta après elle pour courir dans l'enceinte du château et rejoignit en un rien de temps la bibliothèque. Là, elle se força à adopter une allure plus calme et elle entra dans la grande salle emplie d'ouvrages. Elle avait peu de temps avant la fermeture de l'endroit. Evidemment, Madame Pince allait se joindre au banquet et jamais elle ne laisserait ses chers livres à disposition si elle n'était pas là pour les surveiller. Hope devait donc rapidement retrouver les livres qui traitaient du sujet qui l'intéressait et les emprunter. Elle les repéra rapidement entre les rayonnages et feuilleta le plus vite possible le passage qu'elle avait découvert la vieille. Lisant en diagonale, elle remarqua que l'article indiquait le nom d'un autre livre à consulter en cas de recherches plus poussées. En effet, les informations sur le sujet en question semblaient plutôt minces dans ce livre. Elle décida quand même de l'emprunter et se dirigea vers le bureau de Madame Pince.

« Bonsoir Madame, fit-elle en chuchotant, sachant pertinemment que les bruits trop fort rendaient la vieille femme hystérique. J'aimerai emprunter ce livre.

-Bien, passez le moi. »

Hope tendit l'ouvrage que la vieille femme saisit. Alors que la documentaliste tapotait de sa baguette la couverture du livre, Hope demanda avec espoir :

« Madame, je me demandais si cette bibliothèque avait un livre intitulé « Les marques maléfiques ». J'ai lu un article qui le conseillait comme lecture supplémentaire.

-Oui, nous avons ce livre mais il est à la réserve. Il vous faudra une autorisation spéciale pour le consulter. »

Hope entendit dans sa tête « il est à la réserve, il vous faudra une discrétion hors pair pour le consulter ». Ce qui convenait très bien à la jeune fille. Une fois qu'elle eut récupéré son ouvrage, elle traina entre les rayonnages pendant les quelques minutes qui la séparaient de la fermeture de l'endroit. Quand Madame Pince annonça aux quelques étudiants courageux –ou désespérés- qui planchaient encore sur leur préparation d'ASPIC qu'elle voulait qu'ils partent, Hope se faufila hors de la bibliothèque et, une fois dans le couloir, à l'insu de tous, elle se cacha derrière une des statues imposantes qui décoraient l'espace. Elle attendit presque un quart d'heure avant qu'enfin Madame Pince ne sorte de la librairie, fermant la porte derrière elle. Une fois seule, Hope attendit encore, pour plus de sécurité.

Peu à peu, les couloirs s'éteignirent, et plongèrent dans le silence, à mesure que le festin commençait. Tous les élèves et les professeurs étaient réunis dans la Grande Salle et c'était l'occasion parfaite pour agir. Quand son instinct lui souffla qu'il était temps, Hope quitta sa cachette et se dirigea vers la porte fermée. Une fois devant, elle hésita à sortir sa baguette mais renonça. Etonnement, elle s'était aperçue qu'elle maniait mieux la magie sans baguette qu'avec baguette. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, bien qu'elle commençait à soupçonner depuis pas mal de temps qu'elle n'utilisait pas vraiment le même type de magie que ses camarades. Cela devait certainement avoir un lien avec le fait qu'elle était une descendante directe d'une sorcière du dixième siècle et que, par conséquent, sa magie n'avait pas subi trente générations d'évolution. Mais il n'était pas temps de s'interroger sur ce genre de choses.

Elle garda sa baguette dans sa poche et, à la place, ferma simplement les yeux tout en appliquant sa main contre la serrure. Elle n'avait ni formule ni sort en tête mais elle se contenta de ressentir la nécessité d'ouvrir cette porte, comme elle l'avait fait quand elle fuyait Rusard avec ses amis, quelques semaines plus tôt. Il y eut de longues secondes de silence puis la serrure cliqueta faiblement tandis que la porte pivotait sur ses gongs sans un bruit. Satisfaite, Hope s'engouffra dans la bibliothèque. Elle s'empara d'une des lampes à huile qui luisaient faiblement sur l'une des tables de travail et se dirigea sans tarder vers l'entrée de la réserve. Un délicieux frisson s'empara de son corps alors qu'elle pénétrait cet endroit silencieux et menaçant. Elle ne s'était jamais rendu compte qu'elle aimait autant enfreindre les règles. Avec un grand sourire aux lèvres, elle fouilla rapidement les rayonnages et trouva en moins d'un quart d'heure le livre qu'elle voulait. Elle s'en empara sans l'ouvrir, sortit de la réserve, reposa la lampe sur la table et quitta la bibliothèque. Alors qu'elle refermait la porte, elle entendit la serrure se verrouiller toute seule. Elle adorait sa magie !

Elle se trouva ainsi dans le couloir désert, avec ses deux livres sous le bras. Elle ne pouvait pas vraiment rentrer aux dortoirs, des gens pourraient l'y voir et poser des questions. Elle se souvint avoir vu quelques classes abandonnées à cet étage et elle se dirigea vers celles-ci. Une fois devant les grandes portes de bois, elle en choisit une au hasard et se réfugia à l'intérieur. Quand elle fut à l'intérieur, elle se confectionna un confortable coin de travail et commença à plancher sur les ouvrages. Elle adorait étudier ce sujet. Le sentiment d'être utile à sa famille la grisait et elle avait enfin l'impression de faire évoluer les choses, d'œuvrer au bien des Mikaelson. Elle ne vit donc pas les heures filler et elle se passionna complètement pour sa lecture.

Et Hope faillit pleurer de soulagement. Elle avait passé des années à se dire petit à petit que, peut-être, elle ne connaitrait jamais sa famille. Puis, on lui avait redonné espoir et elle avait passé des mois à faire des recherches sur tous les domaines possibles pour essayer de trouver des informations, de se rendre utile. Et enfin, les réponses étaient là. Ecrites noir sur blanc sous ses yeux. Et elle était en mesure de le faire. Elle était en mesure de soigner sa tante. Elle savait exactement ce qu'il lui restait à faire. Comblée, le jeune fille reprit ses livres et quitta la salle. Il ne lui fallut guère plus de quelques minutes pour replacer Les Marques Maléfiques sur les rayons de la réserve et elle se dirigeait vers les dortoirs avec la ferme intention d'écrire une très longue lettre à sa mère quand un bruit étrange et tonitruant l'arrêta. Lentement, très lentement, elle revint sur ses pas pour voir quelle était l'origine du vacarme et son sang se figea dans ses veines. Au bout d'un couloir, elle vit une masse immense bouger entre les ombres. Elle put la détailler quand la chose avança dans le couloir, traversant les tâches de lumières blanches provoquées par le clair de lune.

C'était un monstre gigantesque, d'au moins quatre mètres de haut, aux membres difformes et à la peau comparable à de la pierre. La bête tenait une massue au bout d'un bras interminable et sa tête, minuscule par rapport au reste du corps, lui donnait l'air particulièrement idiot. Un calamar géant, un chien à trois têtes géant, un rocher vivant géant. Non seulement cette école était gérée par des inconscients mais en plus des inconscients qui avaient la folie des grandeurs. Heureusement qu'Hope n'écrivait pas tout à sa mère sinon ça ferait bien longtemps que cette dernière lui aurait fait quitter l'école.

Lentement, et le plus discrètement possible, la jeune fille revint sur ses pas. Par chance, la bête ne semblait pas le moins du monde intéressée par elle puisqu'elle s'arrêta au milieu du couloir et s'engouffra dans une porte. Celle qui menait aux toilettes des filles, se rappela Hope. Dès que le monstre eut disparu, Hope fit volte-face et se mit à courir le plus vite possible en direction des dortoirs. Elle avait à peine traversé deux couloirs qu'elle percuta de plein fouet quelque chose, finissant au sol sous la force de l'impact. La chose qu'elle avait cogné cria de surprise et roula avec elle contre les pierres dures.

« AH ! UN TROLL ! AU SE… Euh… Hope ? C'est toi ? AIE ! Mais pourquoi tu m'as frappé ?

-C'est moi que tu traites de troll ?! Et tu t'étonnes que je te frappe, Ron ? D'abord qu'est-ce que vous faites là, tous les deux ? »

Harry qui était à quelque pas de là, aida Hope à se relever.

« Et toi, on te croyait à l'infirmerie.

-J'y étais. Mais Madame Pomfresh m'a laissé sortir. Seulement, comme elle a mis un peu de temps à faire la potion, je me suis dit que ce n'était pas la peine de retourner dans la Grande Salle.

-Heureusement que tu es tombé sur nous, souffla Ron en se relevant difficilement. Il y a un troll dans les couloirs. Tu aurais pu faire une rencontre sacrément désagréable !

-Euh… Un troll… ce ne serait pas grand, gris, avec un air particulièrement idiot par hasard ?

-Si pourquoi ?

-Bah je crois que, justement, j'ai fait une rencontre désagréable.

-Oh mon Dieu ! s'exclama Harry. Et il ne t'a rien fait ?

-Je suis partie en courant, ça va, je n'ai rien. Mais vous ? Si vous savez qu'il y a un troll dans les couloirs, qu'est-ce que vous faîtes ici ?

-On est parti chercher Hermione, informa Ron. Elle n'est pas au courant.

-On ferait mieux de trouver un professeur et de leur dire que le troll est ici, proposa Harry. Ils sauront comment s'en débarrasser.

-Oui, bonne idée, acquiesça Hope. D'autant plus que je sais exactement où il est. Il est plutôt difficile à manquer. Et Hermione ne risque rien. Je veux dire, du moment qu'elle n'est pas enfermée dans les toilettes ! »

Hope eut un petit rire qui mourut aussitôt sur ses lèvres quand elle vit la mine sombre que les garçons adoptèrent en l'espace d'une seconde.

« Oh non… Elle est dans les toilettes, c'est ça ? »

Seul un hurlement perçant lui répondit. En provenance de l'endroit où elle avait laissé le troll. Les trois Gryffondors se jetèrent un regard qui en dit long et tous trois s'élancèrent comme un seul homme en direction des toilettes, sans un mot ni une réflexion. Hope, qui était largement plus rapide que les deux autres, les devança rapidement et fut la première à atteindre les toilettes des filles. Elle s'y engouffra sans attendre et se figea face à la scène qui se jouait sous ses yeux. Hermione était collée à un mur et semblait sur le point de s'évanouir alors que le troll s'avançait vers elle d'un pas lourd et lent. Sans réfléchir, Hope se rua sur les décombres d'une des cabines de toilette, s'empara d'un gros morceau de bois et le lança de toutes ses forces sur la minuscule tête du troll. L'attaque ne lui fit pas le moindre effet mais il entendit le bout de bois rebondir contre sa tête puis contre le mur et il se retourna. Il vit la petite humaine qui s'agitait non loin de lui et il se dirigea donc vers elle. Mais à peine avait-il fait un pas qu'un robinet en métal le heurtait au niveau de la main. Harry et Ron, qui venaient d'entrer dans les toilettes, s'étaient immédiatement joins au plan de distraction. Les trois Gryffondors continuèrent à attirer la bête dans toutes les directions et celle-ci commença peu à peu à s'énerver jusqu'à devenir littéralement furieuse. Elle brandit sa massue et se rua sur Ron, des intentions meurtrières clairement visibles dans ses yeux minuscules.

Mais quelque chose stoppa la créature dans sa course, la faisant hurler de rage et de douleur. En effet, Harry, mu par un instinct de toute évidence suicidaire, venait de grimper sur le dos du troll et de lui enfoncer profondément sa baguette dans le nez. Hope faillit applaudir l'action mais son cœur s'arrêta dans sa poitrine quand elle vit le troll, hors de lui, saisir Harry par un bras et le déloger de son dos. L'animal brandit sa massue et le temps sembla se figer. Hope, toujours au sommet d'un tas de gravats qui avaient été une cabine de toilette dans une vie antérieure, vit l'action se dérouler au ralenti sous ses yeux. Lentement, elle vit la massue amorcer sa trajectoire meurtrière en direction d'un Harry impuissant qui ne semblait pas réaliser ce qui allait se passer. Si l'arme le touchait, il serait littéralement fracassé en deux sous l'impact. Horrifiée et apeurée, Hope hurla de toutes ses forces.

« NON ! »

Et le temps se figea. Mais cette fois pour de vrai et non au sens métaphorique. La massue s'arrêta à quelques centimètres de la tête de Harry. Le troll ne bougeait plus, comme les trois élèves qui l'entouraient. Tous semblaient conscients de ce qui était en train de se passer, tous semblaient en pleine réflexion mais aucun n'était en mesure de bouger autre chose que ses yeux. On aurait dit que des liens invisibles les forçaient à demeurer dans la position dans laquelle ils étaient. Ne prenant pas le temps de se poser des questions, et suivant un étrange instinct, Hope lança avec force ses bras en avant, les paumes ouvertes en direction du troll. La créature, suivant le geste de la jeune fille, fut violemment projetée contre le mur qui, sous la force de l'impact, se brisa en un vacarme retentissant. Harry, quant à lui, resta quelques secondes comme en lévitation dans l'air avant de tomber sur le sol. Les quatre Gryffondors regardèrent, éberlués, le mur qui n'était plus qu'un tas de ruines et de gravats, incapables de comprendre ce qui venait juste de se passer. Mais ils furent sortis de leurs pensées quand les ruines en questions se mirent à bouger, révélant un troll ensanglanté, des éclats de roches plantés un peu partout dans sa peau grisâtre. Il se redressa, encore plus furieux qu'il ne l'était jusqu'à présent, la baguette de Harry toujours plantée dans le nez. Il rugit à gorge déployée et agita sa massue au-dessus de sa tête comme un dément, visiblement d'humeur à tout massacrer. Et ce fut ce moment que Ron choisit pour avoir un éclair de génies. A l'étonnement de tous, il brandit sa baguette et cria distinctement :

« Wingardium Leviosa. »

A la grande surprise du troll, la massue qu'il tenait dans la main encore deux secondes plus tôt s'éleva dans les airs, s'immobilisa l'espace de quelques secondes et tomba avec force sur son crâne. La bête vacilla, regarda, hagard, autour de lui, esquissa deux trois pas incertains avant de s'effondrer de tout son long au milieu des toilettes.

Dans un silence particulièrement lourd, les quatre Gryffondors observèrent le corps inerte du monstre, incapables de réaliser que c'était fini. Finalement, ce fut Hermione qui les sortit de leur transe :

« Il... il est mort ?

-Je ne crois pas, répondit Harry. Il doit être simplement assommé. »

Les deux garçons se dirigèrent vers le corps pour récupérer la baguette de Harry tandis qu'Hope franchit les quelques mètres qui la séparaient d'Hermione et s'accroupit à côté d'elle :

« Ca va, Hermione ?

-Euh… Oui, je crois. Ça aurait pu aller bien pire. »

Hope aida sa camarade à se relever à l'exact moment où des bruits de pas précipités se faisaient entendre dans le couloir. En une seconde, les toilettes furent envahies de professeurs, McGonagall à leur tête. Elle prit à peine une seconde pour détailler la scène avant de se tourner vers les élèves de sa maison qui ne l'avaient jamais vue aussi furieuse. Là, Hope crut que sa scolarité à Poudlard venait d'arriver à sa fin. La femme était réellement terrifiante et la jeune fille aurait été simplement heureuse si elle était renvoyée chez elle en un seul morceau.

Cependant, Hermione, qui était encore à côté d'elle, fit un pas en avant, se plaçant devant ses trois camarades dans un geste protecteur et elle réussit l'impensable, les faire sortir de cette situation sans punition. Mieux encore, avec dix points en plus pour leur maison ! Quand ils furent rentrés dans leur Salle Commune, les quatre élèves, qui revenaient à peine de ce qui venait de se passer, se sourirent timidement avant de rallier leur dortoir. En regardant Hermione s'allonger dans le lit à sa droite, Hope se dit qu'elle venait surement de gagner une nouvelle amie. Et une amie plus brillante et plus courageuse qu'elle ne l'aurait cru quelques jours plus tôt.

Hope se coucha avec un grand sourire aux lèvres mais se redressa aussitôt. Avec tout ça, elle avait presque oublié la géniale découverte qu'elle avait faite quelques heures auparavant. Sans perdre de temps, elle rejeta les couvertures, posa ses pieds sur le sol froid et se leva silencieusement, prenant soin de ne gêner personne. Elle se rua sur sa cantine en bois et en sortit une plume, un rouleau de parchemin et un vieux livre. Elle se dirigea ensuite vers le rebord de la fenêtre où elle s'assit pour profiter de la lumière claire de la lune. Prenant le livre de cours comme support, elle écrit sur le parchemin de sa plus belle écriture :

Bonjour Maman.

Je ne sais pas vraiment où ni quand cette lettre te trouvera mais je l'écris depuis mon dortoir, le soir d'Halloween. Les festins sont toujours excellents et on fait plein de rencontres intéressantes au détour des couloirs du château. Mais si je t'écris un jour de semaine, c'est pour te donner une information importante.

Je ne t'en avais pas parlé jusqu'à présent parce que je ne savais pas si je réussirais mais maintenant j'en suis sûre. Depuis que je suis à Poudlard, j'ai profité de la très grande bibliothèque pour faire plein de recherches sur la magie, et j'ai appris de nombreuses choses ! A présent, je sais que je suis en mesure d'enlever la marque de tante Rebekah qui lui a fait perdre la tête ! J'ai trouvé dans un livre l'origine de cette marque et comment la retirer. Je sais bien que tu as dit que tu t'occupais de tout mais je ne supporte pas d'attendre sans rien faire et j'aimerais tellement être plus utile. S'il te plait, laisse-moi aider notre famille ! Je te promets que je ne raterai pas ! Je peux le faire quand tu voudras !

Ecris-moi vite s'il te plait, maman.

Ta fille préférée, Hope.

Hope plia la lettre en deux et regarda par la fenêtre. Un vent violent agitait avec force les arbres et il n'était surement pas prudent de sortir maintenant pour aller poster sa lettre, d'autant plus qu'ils venaient juste de réchapper à l'exclusion. Hope n'était pas d'humeur à pousser sa chance, ce soir. Alors elle retourna à son lit, se glissa sous les couvertures, cacha sa lettre sous son oreiller et s'endormis rapidement, se promettant de la poster à la première heure, le lendemain matin.


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