Voici la suite de cette histoire! Une petite review pour toute remarque positive ou négative sera la bienvenue! (Est-ce que cette fic est seulement lue?)
Chapitre 4 : « Dumbledore »
Le lendemain, elle se trouvait dans le bureau du directeur de Poudlard, Albus Dumbledore, lui offrant ses services pour lutter contre Lord Voldemort. Il suçotait un bonbon au citron en l'observant. Elle s'était avancée jusqu'à n'être qu'à cinquante centimètres du bureau. Elle gratouillait le gosier du phénix qui l'avait accueillie d'un trille joyeux quand elle était entrée. Sans ce trille, elle n'aurait sans doute pas osé tant s'avancer. Disons qu'elle aurait estimé que cinquante centimètres eussent été la bonne distance entre elle et la porte. À vrai dire, à présent, seule la présence de l'oiseau l'empêchait de reculer d'un pas ou deux. Le bureau était empli d'objets autant hétéroclites que précieux ou rares, mais elle ne pouvait détacher son regard de l'homme qui se trouvait face à elle. Viktor pouvait bien dire ce qu'il voulait : il avait une tête de vieux fou... « C'est un original, mais il est cool, tu verras ! ». Désolée mon vieux, mais je reste coincée sur « vieux fou ». Et qui plus est sur vieux fou puissant. Sympathique, je te l'accorde : un fan de bonbons aux citrons et d'astronomie ne peut être que sympathique, maisil me met mal à l'aise à me scruter comme ça !
« Pourquoi, mademoiselle, souhaitez-vous m'aider à vaincre Voldemort ? »
La question du vieux directeur la ramena à la réalité.
« Il semble évident que le Ministère de la magie n'arrive à rien. »
L'oiseau lâcha un autre trille qui sembla presque un rire aux oreilles de Ludwig. Mais un phénix peut-il rire ?
« Allons, mademoiselle, vous êtes bonne occlumens certes, mais pas assez pour me dissimuler votre bon sens ! Je me doute bien que vous avez compris cela depuis longtemps. Même si vous exagérez dans vos propos. Ce que je vous demandais, c'est la raison qui vous pousse à vous battre. Qu'est-ce qui pourrait me convaincre de vous faire confiance ?
- Je n'ai rien qui puisse vous prouver ma sincérité. Simplement, l'orphelinat moldu à deux pâtés de maisons de chez moi a brûlé hier. Il n'y a aucun survivant. Le ministre de la magie refuse de mener une enquête parce qu'ils ne sont pas sûrs que ce soit l'œuvre de sorciers et qu'ils n'ont, je cite : « pas de temps à perdre » ! Mais expliquez-moi alors comment, dans un édifice contenant pas moins de cinquante personnes, personne n'ait donné l'alerte ou n'ait même tenté de s'échapper ? Les corps que l'on a retrouvés étaient dans leur lit ! »
Je serais venue sans ça, mais ça me fait un bon prétexte.
« Je vois... Rassurez-moi : vous n'agissez pas par vengeance personnelle ?
- Je veux juste faire tout ce que je peux pour éviter que cela se reproduise
- Bien sûr, bien sûr... »
Le vieux directeur semblait encore hésiter. Il la scrutait. Elle n'en revenait pas de l'impression de puissance et d'intelligence qui se dégageait de ce vieillard. Il échangea un regard avec son phénix, puis paraissant s'être enfin décidé, il reprit la parole.
« Bien. Ce que je vais vous demander maintenant va sans doute vous paraître étrange, mais faîtes-le. C'est très important. Et quoi qu'il arrive, même si vous n'aviez plus de nouvelles de moi, même si je mourrais, il faut, m'entendez-vous, il faut que vous vous en teniez à ce que je vais vous dire aujourd'hui. Et ne croyez personne qui vous donnerait des raisons de ne pas le faire, quand bien même cette personne n'aurait que de bonnes intentions et ait toujours été de bon conseil. »
Il la regardait maintenant avec encore plus d'attention. Il attendait sa réponse. Si ce n'avait pas été le sorcier le plus puissant du monde à l'heure actuelle, elle aurait cru qu'il appréhendait sa réponse. Or elle doutait qu'il ne lui confiât dès lors une mission qui le mît en péril. Il ne pouvait pas lui avoir accordé déjà toute sa confiance. N'est-ce pas ?
« Le ferez-vous ? »
Nouveau trille.
« Heu... Oui, bredouilla-t-elle. Puis, plus fermement, elle assura : oui, bien sûr.
- Bien. Je veux que vous trouviez un lieu sûr où une personne pourrait se cacher du monde magique pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois Je veux que vous posiez toutes les sécurités nécessaires pour empêcher quiconque d'entrer dans ce lieu hormis vous ou cette personne. Vous avez bien compris ? »
Elle hocha la tête en signe d'accord. Il reprit donc :
« Ensuite, aucune magie ne doit en filtrer. En d'autres termes, il faudrait que l'on puisse conjurer un dragon sans qu'aucun détecteur de magie ou sorcier collant son oreille à la porte d'entrée ne se rende compte de quoi que ce soit. Est-ce que je suis toujours clair ?
- Oui monsieur.
- Vous ne pourrez pas soumettre le lieu au sort du gardien du secret, car vous n'aurez aucun contact avec la personne concernée avant qu'elle n'aille là-bas, ceci pour des raisons de sécurité évidemment. Moins il y aura de lien entre lui et cette cachette et mieux ce sera. »
De nouveau elle hocha la tête. Elle commençait à être mal à l'aise. Il remettait apparemment la vie de quelqu'un entre ses mains. Pourquoi à elle qu'il ne connaissait pour ainsi dire pas ? Comment pouvait-il savoir si elle en était capable ? Comment pouvait-il lui confier cette tâche alors que, elle le sentait, il tenait beaucoup à la personne dont il était question ?
« Vous en sentez-vous capable ?
- C'est à dire que je n'ai jamais rien tenté de tel... Puis-je demander de l'aide si je sens que cela m'est nécessaire ?
- Je ne pense pas que vous en ayez réellement besoin. Votre magie est bien suffisante. Ne la contenez pas et tout devrait bien se passer. Mais si vous êtes absolument sûre de la personne, oui, vous pouvez vous faire aider... Le temps nous est compté, j'en ai bien peur...
- Rassurez-vous. »
Ne la contenez pas, il en a de bonnes ! Ce n'est pas lui qui a fait éclater un arbre au lieu de le faire léviter ! (Cet épisode remontait à sa sixième année d'étude. Elle avait parié avec Cicéron une bouteille de vodka qu'elle pourrait faire léviter le baobab _ dont l'entretien demandait moult sort_ du parc de Dumstrang. Comme elle pensait avoir besoin de toute sa puissance ou presque, elle n'avait même pas cherché à doser.)
« Monsieur ?
- Oui ?
- De qui s'agit-il ?
- Oh ce tableau représente… »
Elle l'interrompit :
« Non, la personne à qui est destiné cet abris… Qui est-ce ?
- Oh, je pensais vous l'avoir dit... Il s'agit de votre père.
- Mon père? Mais ?
- Hé bien, oui : Severus ! Allons ! Ce n'est pas à un vieux lutin que vous apprendrez à faire des tours !
- Pardon monsieur ?
- Ce n'est pas un Mangemort. Enfin si, mais plus maintenant. C'est un espion, car c'est bien pour ça que vous étiez venue me voir n'est-ce pas, pour mener votre petite enquête ?
- Heu... je... »
Elle ne savait vraiment plus où se mettre. Le vieux sorcier avait pris une expression à mi-chemin entre celle d'une vieille grand-mère qui vous fait un sermon, tout en vous montrant qu'elle ne vous en veut pas, et celle d'un gamin très fier de sa bonne blague… C'était on ne peut plus déconcertant. Elle eut apprécié que l'oiseau déploie ses ailes. Ainsi elle aurait pu se cacher derrière. Mieux : elle aurait aimé être une souris, une toute petite souris grise pour courir vite, très vite, se dissimuler dans le trou qu'elle voyait juste là, dans ce coin à gauche.
« Ha oui j'oubliais ! »
La remarque du directeur la fit sursauter. Décidément, elle aurait son compte de sensation forte pour la journée.
« Si jamais je venais à... disparaître, d'une manière ou d'une autre, c'est vous qui recueilleriez les informations à ma place. Et vous les communiqueriez à Minerva McGonagll en les confiant à Fumseck.
-Fumseck ?
- Oui, il semble vous avoir prise en affection.
- Oh ! Votre oiseau. Mais pourquoi ne pas faire passer les informations directement par Fumseck ?
- Comment pourquoi ? Je l'aime beaucoup, je ne voudrais pas qu'on l'abîme ! De plus, si on surprend Severus avec vous, il peut toujours prétendre que vous lui demandiez l'heure. Vous voyez ce que je veux dire. »
Préférant ne pas prendre note du fait que sa vie importait apparemment moins à Dumbledore que la bonne santé de son volatil (avant de tuer un phénix, il faut quand même se lever de bonne heure !), elle répondit :
- Oui, évidemment. Monsieur ?
- Une autre question mademoiselle ?
- Oui. Comment...
- Comment sais-je pour votre père ?
- Oui.
- Eh bien hier, mon fidèle collaborateur et ami est entré ici, perturbé, ayant, disait-il, besoin de conseils. C'est un fait suffisamment rare de sa part - je veux dire de venir demander conseil, pas d'être perturbé même s'il s'en cache bien, mais là je m'égare - bref, fait suffisamment rare, disais-je, pour que je tende une oreille plus qu'attentive. J'espère d'ailleurs que vous avez meilleur caractère que lui. »
Elle sourit à cette remarque.
« Il revenait d'une visite à son ancien camarade d'école et ami, Lucius Malefoy, que vous même étiez passée voir quelques minutes plus tôt. Lucius a tout raconté à votre sujet : comment il vous a sauvée, emmenée dans cet orphelinat et de quelle manière il a ensuite fait en sorte que vous accomplissiez votre cursus scolaire à Durmstrang… En un mot, il a révélé à Severus que sa fille était vivante ! Sans pour autant lui dire ni comment elle s'appelait ni ce à quoi elle ressemblait. Il devait considérer que c'était à vous de prendre la décision de prendre contact avec vos parents… C'est, je dois l'avouer, assez surprenant de sa part. Je tiens à vous avertir que vous êtes probablement la seule personne au monde à connaître ce côté-ci de Lucius. »
Il reprit après un silence :
« En vous voyant entrer, j'ai tout de suite su que c'était vous. Vous avez exactement le même regard que lui quand vous êtes décidée, la même démarche aussi, quoiqu'un peu plus féminine, mais à peine…
- Vraiment ?
- Oui. Cela dit, en dehors de cela… Vous devez tenir de votre mère.
- Ma mère ? »
Il ne savait pas. Si ? Était-ce un test ? Oui, il savait. Elle le voyait dans son regard, il voulait savoir ce qu'elle savait, savoir jusqu'où Lucius était allé dans ses révélations. Il était même fort probable qu'il connaissait l'identité de son autre père. Après tout, il devait l'avoir eu comme élève lui aussi. Mais bien sûr, il ne dirait rien de plus que ce qu'il venait de dire.
« Et maintenant, mademoiselle, si j'ai répondu à toutes vos questions et attentes, je dois aller rendre visite à un vieil ami.
- Oh oui, bien sur. J'ai déjà trop abusé de votre temps.
- Non au contraire, vous allez me rendre un grand service. »
Elle sourit vaguement, hocha la tête en guise de salutation. Elle avait posé sa main sur la poignée de la porte quand il lui lança :
« Pensez bien à la cheminée surtout !
- À la cheminée, monsieur ?
- Et bien oui, à la cheminée.
- Heu… oui monsieur. Certainement monsieur. »
Elle sortit. « À la cheminée ? Mais de quoi... ? Ha oui ! La cheminée, évidemment ! Bon, Viktor, mon ami, à l'aide ! »
