La nouvelle infirmière de Drago
Hermione se souvint que McGonagall avait enfermé Malefoy ici ! Madame Pomfresh et elle devaient prononcer le mot de passe par la pensée pour ouvrir la porte de l'intérieur sans que le jeune homme ne l'entende. Dans la précipitation, elles avaient dût oublier de la prévenir et si Hermione était entrée ici sans problème, il n'en était pas de même pour sortir. Elle n'avait même pas de baguette en plus !
Drago restait allongé sans rien dire. Il était complètement perdu. Comment était-il arrivé là ? pourquoi avait-il si mal ? Et surtout que faisait Granger à s'agiter ainsi devant cette porte ?
« Chocogrenouille », non, c'était le type de mot de passe qu'aurait utilisé l'ancien Directeur, mais pas McGonagall… « travail acharné », non plus ! « connaissance »… grrrrrrrrr ! elle avait beau tester tous ces mots de passe dans son esprit, la porte restait désespérément close. Perdant patience, elle décida de tester le sortilège de l'Aloamora sans sa baguette ! Hermione ferma les yeux, pointa son index en direction de la porte et à voix haute « Aloamora » . L'espace d'un instant, elle cru que ça avait fonctionné : la porte fut illuminée par une forte lumière... avant de revenir à son état normal, c'est à dire verrouillée !
Elle se mit alors à tambouriner sur le bois en criant « Sortez moi d'là ! ». Drago, impassible, la regardait d'un air amusé. Quant elle avait une idée en tête celle-là ! à peine quelques minutes plus tard, des bruits de pas se firent entendre dans le couloir.
-Tout
va bien Miss Granger ? l'interrogea l'infirmière
-Je
veux juste sortir d'ici, répondit Hermione avec le cri du
désespoir !
-Ah ! mais comment va Monsieur Malefoy ?
Hermione se demanda alors pourquoi elle n'entrait pas ? elle lança un regard à Drago avant de murmurer.
-Il
est réveillé et… égale à lui-même.
Mais ouvrez que je puisse sortir !
-Miss Granger, la Directrice
était là également, nous avons un tout petit
soucis, vu que vous avez tenté de forcer la protection que
j'avais mise en place, mon dispositif s'est… comment dire… «
Bloquer ». C'était une sécurité au cas
où j'aurais été absente quelques jours.
-quoi
! s'indigna Hermione. Puis elle analysa les paroles de la
Directrice et l'interrogea avec la plus grande inquiétude :
« Vous avez dit quelques jours ? » on sentait une pointe
d'horreur dans sa voix. La Directrice, visiblement embarrassée
bredouilla une réponse que la prisonnière eu peur de
comprendre.
-oui, trois ou quatre tout au plus !
-Mais comment
allons nous faire ?
-ne vous inquiétez pas, nous vous
ferrons parvenir vos repas ainsi que des affaires de rechange avec la
méthode utilisée par les elfes pour vous
servir.
Drago, pendant ce temps, commençait à mieux analyser la situation. Il reconnu tout d'abord les appartements du Professeur Rogue. Il se souvint ensuite de la grotte, de sa douleur et de la peur qu'il avait ressenti lorsqu'il s'était cru abandonné. Plus il fouillait dans sa mémoire, plus les détails lui revenaient tel un boomerang : le sauvetage d'Hermione (voilà pourquoi elle était auprès de lui), et enfin, ce qui l'avait conduit à agir ainsi. A cet instant précis, une vague de nausée lui souleva le cœur. C'est à nouveau la voix d'Hermione qui le ramena à la réalité :
-Madame la Directrice, vous ne pouvez pas me faire ça ! S'il vous plait, il doit bien exister une solution pour débloquer la situation, c'est pas possible...
Reprenant ses esprit, il se décida à intervenir :
-t'as qu'à transplaner !
Hermione le fusilla du regard en ajoutant « Mais c'est pas possible, personne n'a donc lu l'Histoire de Poudlard oui quoi ? »
A ces mots, Drago se rendit compte de la stupidité de ses propos. Si transplaner au sein de l'école avait été possible, sa tâche de l'année dernière aurait été beaucoup plus simple.
-Ce n'est pas tout
Miss Granger, il faut impérativement changer les pansements de
Monsieur Malefoy, Hermione leva les yeux au ciel, c'était la
goutte d'eau faisant déborder le vase. Comme vous n'avez pas
de baguette, il vous faudra lui appliquer la Lotion désinfectante
de pistil de Rosace. Elle est sur le bureau.
-Quoi ? il est hors
de question qu'elle me touche, s'écria Drago avant de
faire une grimace de douleur.
-Vous n'avez pas le choix très
cher ! Bon, nous revenons à l'heure du dîner pour vous
apporter vos vêtements.
Hermione pivota lentement sur elle même, regarda Drago droit dans les yeux avant d'ajouter « A nous deux maintenant » avec une pointe de sadisme dans la voix, comme pour se venger.
-Non je refuse. Tu ne mettra pas les mains sur moi !
Hermione s'étonnait de plus en plus de l'allure à laquelle il semblait récupérer, mais ne fit aucun cas de ses protestations. Elle se munit donc du matériel nécessaire et s'avança vers Drago qui lui lançait un regard terrifié !
-Aller au boulot, dit-elle tout en soulevant les couvertures.
Mais oh ! Surprise , l'infirmière l'avait presque totalement déshabillé la veille et il ne portait plus qu'un boxer noir. A cette vision, Hermione senti ses pommettes se colorer rapidement, symptôme accompagné d'une grande bouffée de chaleur. Drago s'en aperçu et, comme pour masquer la gêne qu'il ressentait lui aussi, rassembla ses forces avant d'ajouter :
-Ben alors quoi Granger ? t'as jamais vu le corps d'un
homme ?
-ah la ferme Malefoy !
Il lui lança alors le regard haineux qu'elle connaissait si bien, mais n'étant pas en position de force, il n'insista pas.
-Aller, je vais
commencer par la blessure au ventre, c'est la plus délicate,
au moins ce sera fait. Sa voix tremblante masquait son manque
d'assurance.
-ok ! Se résigna-t-il.
Elle posa sa main gauche sur les côtes de son « patient » afin de prendre appuis et de retirer le pansement. Au contact de son torse, elle pu se rendre compte que, même si sa carrure n'était pas très imposante (il était grand et mince), sa peau était particulièrement ferme et laissait transparaître une musculature naissante, ce qui eut pour effet d'augmenter légèrement son rythme cardiaque et d'accentuer le rouge sur ses joues. Drago lui, fut parcouru d'un frisson.
Un soucis
? S'inquiéta immédiatement l'infirmière de
substitution.
T'as les mains glacées. Il gardait les yeux
fixés sur le plafond afin qu'elle ne puisse voir dans ses yeux
qu'il mentait.
-Un, deux... Scratch...
-Hum ! Drago avait eu
envi d'hurler, mais il ne voulait pas qu'elle le prenne pour un
faible. Cependant, la douleur était telle qu'il avait du mal à
reprendre sa respiration. Hermione le regarda en rehaussant les
pommettes et les sourcils tout en ajoutant un petit « Désolée
» ce qui la rendit attendrissante aux yeux de Drago (mais pas
trop quand même).
Le pistil de Rosace avait pour propriété
de souder la peau à vue d'œil, mais les brûlures que
le sérum occasionnaient semblaient êtres
particulièrement insupportables. Hermione qui avait toujours
trouvé que Malefoy était un lâche, fut admirative
devant son sang froid. Une fois la plaie du ventre pansée,
elle s'attaqua à celle de la jambe ce qui la fit devenir
littéralement rouge pivoine. En effet, la blessure,
particulièrement haute et à l'intérieur de la
cuisse du jeune homme, l'obligea à relever légèrement
son boxer...
-He n'en profite pas ! Le cœur de Drago battait
à un rythme alarmant et ça n'était pas à
cause de la douleur comme il tentait de s'en convaincre.
-si tu
crois que ça m'amuse de te soigner...
il la regarda alors
et d'une voix douce ajouta :
-alors pourquoi le fais-tu ?
-Parce
que je ne veux pas avoir ta mort sur la conscience ! Lui
répondit-elle sèchement.
-après tout ce que
je t'ai fais subir tu devrais n'avoir que ça en tête
justement. Alors pourquoi être restée à mon
chevet hier ?
Hermione stoppa son activité avant de se
redresser et de le regarder droit dans les yeux :
-Parce que sans
toi, je ne serais plus de ce monde...
-Hum ! Si tu crois que c'est
ta vie à toi que j'ai voulu préserver, tu te gou...
A-ÏE !
Jusqu'à présent si délicate,
Hermione venait d'offrir à Drago une épilation gratuite
en retirant le pansement particulièrement brusquement.
-Fais
gaffe Granger, tu n'es qu'une...
-Sang de Bourbe, pas la peine de
le dire je sais ce que tu penses Malefoy.
Drago stoppa nette et la
regarda avec compassion...
-ça n'est pas ce que j'allais
dire.
Sans en faire cas, Hermione continua sur sa lancée
-Si ce n'est pas ma vie que tu voulais sauver, pourquoi t'être
jeté sur moi pour m'éloigner du danger ?
-pour
éviter à Potter de tomber dans un piège ! Au
moment même où il prononçait ces mots, Drago se
rendit compte à quel point cela pouvait sembler insensé
!
(mais pourquoi donc la regarde-t-il avec compassion alors qu'il l'avait toujours insulté de la sorte d'habitude ? suite dans le prochain chapitre : sans repères)
