Coucou, me revoilà pour le troisième chapitre de cette fic. Il est un peu plus long que les deux premiers. J'espère qu'il vous plaira parce qu'il m'a donné beaucoup de fil à retordre (lol).

Je remercie ma bêta Minashi et à Aliciaa18 et Bamon Guest pour leur gentil commentaire.

Bonne lecture!

Mots: 4873

Disclamer: TVD ne m'appartiens pas!


3

Rêve ou prédiction ?

Comme presque tous les soirs, la peur m'envahit. Je me glisse sous mes draps la boule au ventre. J'appréhendais le moment où ma respiration se ferait plus lente, mes paupières commenceraient tout doucement à se clore. Je craignais de m'assoupir, de revivre encore et encore les moments les plus marquants de ma vie.

Pendant un long moment, couchée sur le dos, je fixais le plafond blanc de ma chambre s'illuminer. Il réussissait à me faire sourire bien que je ne sais plus comment on fait. Il arrivait encore à m'atteindre à me toucher et à me bouleverser, même maintenant.

Il ignorait mon besoin vital de lui et à quel point il me manquait ! Sa voix, son sourire, ses bons conseils, ses bras protecteurs : tout mon être réclamait mon père. Heureusement qu'il y a ça, cette chose qui s'illuminait au plafond parce que d'une certaine manière il est toujours là ! Je souriais de plus belle.

Je me souviens comme si c'était hier, le soir où il m'avait montré pour la première fois cette chambre. C'était la veille d'un de ses longs déplacements professionnels. Il faisait de son mieux pour ne pas me désorienter plus que je ne l'étais, alors il fit cette chose stupide qui s'allumait à chaque fois que je me mettais au-dessous.

Je ris, les yeux brillants.

Il espérait que cette petite attention me permette de rester des jours entiers chez Gram's en son absence.

Il était le plus merveilleux des pères, enfin maintenant j'en prenais conscience. Seul un bon père prendrait le temps de poser un miroir magique remplis de photos souvenirs de lui et de moi. C'était une belle attention mais la meilleure restait l'inscription gravée en bas du miroir :

-« Ensemble à jamais, papa » une larme coula

Qui aurait cru que ce serait l'une des seules choses la plus précieuse qui me restait de lui après sa mort ? Pas moi… Je n'aurai jamais pensé qu'il me suffirait de regarder ce miroir pour me sentir reliée à lui!

A cette pensée mon cœur se gonflait puis se contractait de douleur, j'avais l'impression de sentir son parfum, son odeur. Ce cadeau m'était vital bien qu'il me rappelle inlassablement à quel point je suis orpheline. Je m'efforçais alors, de ne plus penser au passé, de ne plus regarder en arrière. Malheureusement tous les soirs ce que je voulais enfouir et oublier me revenait comme un boomerang.

Mon rire se saccadait devenant incontrôlable tellement mes émotions me commandaient!

J'avais l'amère sensation que le bonheur n'était pas fait pour moi, que j'étais condamnée à souffrir. Alors à quoi bon lutter contre l'inévitable. J'étais en train de perdre contre le marchand de sable ou plutôt je le laissais gagner. C'était le seul combat que je m'autorisais à perdre. Le sommeil est un don précieux que je ne payerai pas le luxe de refuser.

Petit à petit, j'arrêtais de me battre. Le sommeil m'enveloppa, tout devint noir, j'étais pour l'instant paisible. Mais une heure plus tard, rien n'allait plus.

Mes doigts bougeaient à trois centimètres de mes cuisses. Lentement ils agrippaient rageusement les draps recouvrant mon corps moite et raidi. Le menton dirigé vers le plafond, je cherchais avec violence l'oxygène qui me manquait. J'étais épuisée, haletante quand une main se plaqua contre mon cœur. Terrifiée mes yeux s'écarquillèrent en tenant ce poignet étranger.

-« Chutttttttttttttttt, tout est fini »

-« Grand….grand-mère » soufflais-je d'une voix éraillée

-« Oui, c'est bien moi» Soulagée, je me relevais pour l'enlacer expulsant mon effroi

-« Pourquoi ça fait mal, Gram's » « J'ai si mal, ça me dévore de l'intérieur »

-« Je sais il faut que tu le laisses le partir » tenta-t-elle de me calmer caressant mes cheveux. Aucun son ne sortit de mes lèvres asséchées par la soif, j'étais tétanisée par la peur et la douleur.

Tout doucement son calme, sa voix sa présence me firent petit à petit relâcher la pression. Je pouvais enfin me laisser aller. Je redevenais dans ses bras, une simple adolescente qui ne comprenait pas son monde, qui recherchait quelque chose de simple, de frivole, sortir avec les garçons, aller à la fac : des choses toutes simples pensais-je en resserrant mon étreinte.

-« Serres-moi plus fort»

-« Tous ce que tu voudras » les yeux fermés, je dégageais ma tête. Elle sentit mon menton sur son épaule et mes larmes tâcher son pyjama. J'appréciais au maximum sa chaleur et la sécurité qu'elle m'apportait « Et en retour, promets-moi une chose »

-« Quoi donc » balbutiais-je ayant gros sur le cœur.

-« D'essayer de passer à autre chose » mes yeux se baissaient réalisant ce qu'elle me demandait. Je ressentais comme un fossé entre elle et moi, un vide immense et froid. Je n'arrivais pas à supporter autant de froideur et d'indélicatesse de sa part. Doucement, je relevais la tête, mes yeux vacillaient entre la peine la douleur et l'indifférence, doucement mes bras tombaient.

-« Non….non » je reculais jusqu'à la tête de mon lit. C'était impossible pour moi de passer à autre chose tout me rappelait les mauvaises décisions que j'avais prise, qui l'ont amené six pieds sous terre. J'étais mauvaise décisionnaire et il n'y a pas un jour où je ne regrettais pas mes choix.

« Je suis sure qu'il voudrait que tu passes à autre chose »

-« Je t'ai dit non !, Et puis il ne s'agit pas que de cela » m'écriais-je essayant au mieux d'exprimermes pensées. Tout en ramenant mes genoux contre mon ventre, j'enfouie ma tête entre mes cuisses.

-« Hey » je releva la tête, les yeux bouffies et rougies « Tu sais que tu peux tout me dire » continua-t-elle en appuyant ses propos en me caressant le visage. Le bras encore levé, elle me suivit du regard m'enfuir dans la salle de bain.

-« Ça ne va pas t'intéresser ! »

-« Tu n'en sais rien » Ce n'est lorsque je fermais le robinet du lavabo que je vis son reflet dans le miroir. « Tu sais, je suis là pour toi ma chérie »

-« Gram's, je t'assure que tu ne voudrais pas entendre ce que j'ai vu » Je ne pouvais pas lui dire la vérité ni lui mentir droit dans les yeux. Les mains agrippant le bord du lavabo, je la fixais du regard.

-« Tiens essuies-toi »

-« Merci » dis-je en me retournant prendre la serviette violette qu'elle me tendait puis j'essuyais mon visage« Je suis fatiguée, on pourrait continuer la conversation demain ! »

-« Tu es sûre ? »

-« Certaine. Et puis demain, il y a cours ».

-« Bien » Très surprise, je restais sans voix en déposant négligemment la serviette. Ça ne lui ressemblait s d'abandonner aussi facilement. Totalement abasourdie, je la laissais me raccompagner jusqu'à mon lit « mais… »

-« Je savais que c'était trop beau pour être vrai » elle me sourit s'asseyant à son tour.

-« Tu me connais trop bien » doucement de sa poche elle sortit une petite boite pharmaceutique. « Je serai plus calme si tu reprenais tes médicaments. La dernière fois, ils t'avaient fait beaucoup de bien » « On pourrait même retourner voir ton psy »

-« Non ! Que l'on soit claire, je vais bien ! »Dis-je plus pour me rassurer que pour elle « C'est juste un souvenir de plus, un cauchemar sans importance ! Demain tout ira mieux »

-« Je l'espère réellement mais je te les laisse au cas où. N'hésites pas à en prendre une gélule si tu te sens angoissée, hein » Je fermai les yeux sentant ses lèvres sur mon front « Bonne nuit »

-« Bonne nuit »

La porte claqua enfin, je me levais une nouvelle fois de mon lit et ouvrit la fenêtre, je guettais pour m'assurer que personne ne pouvais me voir faire le mur. Il fallait que j'évacue, que je m'éloigne de cette maison chargée de souvenir et de pression quoi de mieux d'aller chasser les vampires pour décompresser !?

C'est la dernière fois, me jurais-je que je respecterai le couvre-feu de Sheila. Il fallait à tout prix que mes rêves cessent, il était hors de question que je reprenne des antidépresseurs. Tuer et chasser me faisaient réellement du bien c'était mon échappatoire, mon placebo pour aller mieux. C'est ce que je recherchais en enfilant mon manteau. Après avoir remis correctement mon col, je m'arrêtais devant mon bureau. Mes yeux s'attardaient sur le livre sur les lycans de la bibliothèque, j'étais comme attirée par lui mais je me ressaisis vite en détournant mon regard puis passa une première jambe dehors. Je lirai ce livre plus tard parce que là en cet instant, tout ce qui me fallait c'était oublier et me sentir frissonnée.


-« C'est fini pour moi» marmonna Alaric en repoussant son verre presque couché sur le comptoir

-« Allez Rick, au nom de notre grande amitié »

-« Désolé mets-le sur ma note » Lentement il recula son tabouret. Avec ses mains à plat sur le bar, il se leva les jambes flageolantes. Damon le remarqua mais ne lui dit rien« Je remercie celui qui est là-haut qu'elle n'ait pas assisté à ça ! Jenna ne me pardonnera jamais un autre écart de conduite »

-« Je croyais que c'était fini entre vous ? »

-« ça l'est ! Mais, je ferai tout pour que notre rupture et sa condition de vampire n'altèrent pas le cocon familial d'Elena et Jeremy. Ils ont trop souffert ! » Damon se contenta d'hocher la tête en prenant un des verres débordant de bourbon. « Tu sais »continua-t-il hilare. Damon le regarda enfin « Ce n'est pas en étant ivre tous les soirs que je pourrais continuer d'agir comme un père pour les enfants ça constituerait une faute grave pour m'empêcher de les voir et de la voir »

-« Et bien qu'est-ce que tu attends ? »

-« Demain même heure ?»

-« Tout dépend si la jolie Elena demande après moi» plaisanta Damon, les yeux grands ouverts avant d'esquisser son sourire en coin, il approcha son verre de ses lèvres puis bu cul sec.

-« Sacré Damon » Il secoua la tête « J'aimerai te dire que tu as raison d'espérer »

-« Mais quoi ? » demanda-t-il d'un ton sérieux, «Pourquoi je n'aurai pas la fille….cette femme sacrément sexy, courageuse et assez patiente pour me supporter ?» appuya-t-il sa question en se tournant complètement face à lui « Pourquoi, je ne serai pas pour la première fois le 1er choix de quelqu'un ».

-« Elena aime Stefan »

-« C'est ce qu'elle croit, mais ce n'est pas ce qu'elle ressent quand elle est en ma présence »

-« Si tu le dis, mais je ne veux pas que mon pote souffre et qu'Elena se retrouve dans une situation ingérable ». Alaric se rapprocha de lui, il sentit sa légère petite tape amicale sur son épaule. Le vampire lui offrit un sourire pincé avant de le saluer à son tour.

-« Remettez-moi une bouteille et même deux »

….

A la fermeture, Damon se retrouva dehors. Légèrement étourdit, il leva les yeux au ciel. Le vampire n'avait jamais vu un ciel aussi beau et lumineux.

Pourrait-il s'agir d'un signe ? Peut-être qu'une bonne chose lui arriverait d'ici peu ! Mais il ne fallait pas rêver, ce n'était pas pour lui : l'amour, le bonheur, avoir une vie semblable à celle d'un humain. Rien de tout ça ne serait accordé à un monstre tel que lui. Il devra éternellement expier ses fautes sans réellement y parvenir alors qu'il essayait inconsciemment en faisant quelques bonnes actions quand ça arrangeait son business.

Un bruit de canette le fit sortir de ses songes, il tourna la tête pour voir cinq jeunes lycéens ivres s'engouffrer dans un sentier menant à la forêt. L'odeur de leur sang lui montait au nez. Leurs effluves ravissaient ses sens, titillaient ses crocs qui ne demandaient qu'à sortir. Ses veines apparurent tout autour de ses yeux qui devinrent rouges en une seconde.

-« Bon appétit, Damon » se dit-il en se léchant les crocs.

Tel un prédateur, il se rapprochait de ses proies à vitesse vampirique. Il s'amusait à les terroriser un peu en jouant au lièvre et aux chasseurs avant de les vider de leur sang. Le sourire aux lèvres, il lâcha sa dernière victime.

Exalté, il soupira de délectation, reculant pour voir sa prouesse de ce soir.

-« Je suis réellement désolé, non en fait, je ne le suis pas » disait-il en se baissant pour prendre une bouteille puis il continua « Vous devriez me remercier, je vous évite de souffrir. Vous auriez fini clochard et ivrogne ! Une vie misérable comme la mienne » argumenta-t-il profitant de leur mauvais alcool. Ecœuré il versa le reste sur eux puis alluma le briquet et le laissa tomber. Fier de lui, il regarda le feu de joie à reculons. Il recula tellement qu'il tomba en arrière. Se sentant débile, il rit prenant la bouteille derrière son dos « celle-là, je me la garde de toute façon, elle ne vous servira à rien »

Arrivé à la sortie de la forêt quelque chose le troubla : quelque chose clochait mais il ne savait pas quoi. Damon s'y reprit à deux fois pour mieux regarder, mais Bonnie était toujours devant lui. Il la voyait s'engager dans le sens inverse. Sa présence dans les rues sombres de Mystic Falls l'intrigua plus que le fait qu'elle est passée à quelques mètres de lui sans lui adresser un mot.

Sa curiosité le poussa à la suivre sur une bonne centaine de mètres puis il se ravisa. Qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Il espionnait la petite sorcière, celle qui ne ratait pas une occasion de le juger ! Il avait perdu la tête ou peut-être qu'il avait trop bu…

Non il est un vampire, il ne pouvait pas être saoul. Alors qu'est-ce qui l'avait poussé à s'assurer qu'elle aille bien ? Sans doute pour Elena, la seule personne qui lui donnait envie de bien se comporter.

C'était surement pour ça !

« C'est Bennett, je me soucie pas d'elle » se disait-il mécaniquement comme si c'était logique. Sans perdre de temps il retourna au manoir.


Le lendemain, Je ne me sentais pas mieux. Je me rendais dans les vapes à mon dernier cours de la matinée. Je n'avais qu'une envie, c'était de fuir ce cours, celui de science-physique, pour aller dormir dans mon lit. Mais je ne pouvais pas m'absenter, pas plus que dormir durant le cours, parce que dans tous les cas je n'échapperais pas à rapport. Même en sachant tout ce que je risquais je ne pus m'empêcher à l'instant même où je m'asseyais de vouloir céder à ma fatigue.

Allez plus vite que ça » disait-il en nous entendant déballer nos affaires « il nous reste moins de trois jours avant les premiers examens et le programme de ce semestre n'est pas terminé. Il faudrait peut-être vous activer ». Je levais les yeux à cette réflexion puis fronçais les sourcils à cause du crissement de la craie contre le tableau blanc. Même ce bruit n'empêchait pas mes cils de papillonner et mes bras de devenir mous. Si ramollis que ma main lâcha brusquement mon sac contre le sol. Tout le monde me regardait, mais je ne m'en souciais guère. Par contre monsieur Lewis n'était pas de cet avis.

« Comme d'habitude, ce sont toujours les mêmes qui se font remarquer » Doucement, il s'avançait vers moi, j'essayais tant bien que mal de garder les yeux ouverts. J'avais réussis, je lui rendis son regard supérieur sans vergogne. . « Sachez mademoiselle Bennett que ce n'est ni votre moyenne ni votre situation familiale qui vont vous éviter les ennuis. Vous êtes logée à la même enseigne que les autres, et c'est valable pour tout le monde ! Compris ? »

-« Je le sais » répondis-je après avoir humecté et bougé mes lèvres pâteuses. « Maintenant si vous avez fini, j'aimerai que vous poursuiviez. Je n'aimerai pas par votre faute que ma moyenne baisse. »

-« Je veux vous voir à la fin du cours » termina-t-il furieux, le doigt pointé sur moi. J'attendis qu'il retourne au tableau pour me coucher sur ma tablette.

Tant pis, j'allais avoir un rapport ou même une heure de colle, peut-être même les deux. Malgré sa voix rauque et portante qui criait mon nom, je sombrais dans un sommeil si profond qu'il m'emmena dans un lieu qui m'était beaucoup trop familier :

La forêt,

Je ne savais pas pourquoi mes songes me ramenaient toujours là, à cet emplacement. A mes pieds, l'herbe verdoyante était recouverte par des feuilles jaunis par le temps. Étrangement le parterre de feuilles s'arrêtait à quelques centimètres des arbres bordant la place du puit.

La vue qui s'offrait à moi me coupait le souffle. Les arbres étaient tous grand, majestueux possédant de gros troncs, de belle écorce, sans oublier les fortes branches où bourgeonnaient de belles et surprenantes fleurs.

J'étais époustouflée par la végétation qui m'entourait, je restais ébahie. J'avais envie de rester pour toujours et pourtant…j'étais projetée dans un autre endroit, et même le temps n'était plus le même. Il faisait maintenant sombre et froid, j'étais frigorifiée et mortifiée. La lune luisait sur mon visage, instinctivement, je relevais la tête, elle était magnifique néanmoins quelque chose clochait. Pourquoi le soleil était à ses côtés ? C'était tellement fou. Magnétisée par ces deux grands astres, je ne les quittais pas des yeux. Je les fixais se rapprocher puis s'unir doucement. Le spectacle était grandiose, j'assistais à une éclipse, j'en oubliais même de me cacher les yeux pour ne pas être aveuglée. J'oubliais même le cadre, l'heure et qui j'étais, tellement j'étais hypnotisée par le cercle de feu entourant les deux astres en fusion.

Je sursautais en voyant une flamme atterrir à mes pieds. Je fus très vite encerclée par les flammes mais je ne ressentais aucune chaleur aucune brulure. Le ciel grondait, une pluie diluvienne tomba, étouffant le feu. Aussi vite, qu'elle fut arrivée, elle s'arrêta. Il faisait de nouveau jour, là je sentis enfin l'odeur de l'herbe carbonisée, je baissais ma tête et vit étonnée le signe que je dessinais sans cesse.

C'est à ce moment-là que j'entendis un grognement. Je relevais la tête, le loup était de nouveau devant à une différence près : ses yeux. J'étais certaine que c'était mon loup. Il avait cette énergie spirituelle qui s'accordait superbement à la mienne. Non, il n'y avait aucun doute c'était bien lui.

Soudain, il tourna la tête. Je sentis son énergie beaucoup plus forte plus pesante. J'avais du mal à la supporter et puis tout s'agita autour de moi. La sorcière que je suis, était terrifiée mais je devais garder contenance, ne pas montrer ma peur, mes fragilités (ou faiblesses) alors je regardais là où la créature scrutait. Je m'arrêtais net, je le fixais encore un peu, puis, je me tournais pour voir enfin, les branches danser et voir apparaître :

-« Damon » soupirais-je

-« Qu'est-ce que tu fais là ? » me coupa-t-il, les sourcils froncés et la voix agacée

-« Non toi qu'est-ce que tu fais ici ? » persistais-je

-« Je te cherchais » le loup grogna encore mais il me paraissait beaucoup plus féroce « Qu'est-ce c'était ? »

-« Rien » je m'approchais de lui et le poussa en arrière « On devrait y allez »

-« Attends » disait-il son regard toujours plongé dans le mien. Rapidement il posa ses mains sur moi puis me mit en retrait

-« Damon » le suppliais-je

-« C'est quoi ce bordel » il le vit, le loup en position d'attaque, « C'est toi qui fais ça ? »

-« Non ! Pourquoi » criais-je

-« Il ne devrait plus y en avoir ici, ils ont été bannis.. »

-« Quoi ? » « Pourquoi ? »

-« Tais-toi, les questions sont pour plus tard ! » je le vis s'approcher doucement vers le loup, ses canines étaient brillantes très blanches mais surtout très apparentes.

-« Arrêtes tu l'énerves »

-« Vas- y, pars, je m'occupe de lui »

-« Non ! Ça suffit ! » Mes yeux passaient du loup à Damon. Je ne savais pas pourquoi j'étais terrifiée qu'il s'en prenne à Damon, mais pas seulement je me sentais attachée à cette créature peu importe ce que c'était. Mais ce n'était pas le moment pour de se questionner, alors que Damon s'approchait dangereusement de l'animal. Rapidement, je poussais de toutes mes forces Damon mais pas assez hâtivement pour m'écarter.

Ahaaaaaaaaaaaa» hurlais-je. J'étais refroidis et pas au sens figuré. Je l'étais réellement et même très mouillée. Stupéfaite, je me relevais, grelotante de ma tablette, je voyais mon professeur avec un bidon d'eau de 3L, le visage souriant.

-« On ne dort pas pendant mes cours » mes lèvres se serrèrent. Je me retenais de l'insulter. Je bouillonnais tellement de l'intérieur que je me levais brusquement de ma chaise et la fit tomber. J'allais lui en coller une quand une main se posa sur mon bras, je me retournais et là je vis Caroline et Elena.

-« On t'emmène à l'infirmerie »

-« On ? » toutes les trois, on regardait le professeur hilare « Forbes et Gilbert, vous restez là, Donovan va l'escorter chez le proviseur »

-« Laissez-la au moins se changer » tenta Caroline

-« Non. Pas la peine, je me suis jamais sentie aussi sexy qu'aujourd'hui » J'aplatissais ma chemise devenue transparente sur moi devant le regard abasourdi de monsieur Lewis. Il pouvait dès lors comme les garçons admirer mon soutien-gorge noir.

-« Mais » beugla le professeur, en me regardant ranger mes affaires d'une manière fière. Je le poussais et ne le laissa pas en placer une. Matt passa aussi devant eux, un peu dépassé par le spectacle que je leur offrais.


Une heure plus tard,

Je poussais les portes battantes de la cafeteria, je ne m'étais pas changée malgré les ordres du proviseur. Mes vêtements étaient le dernier de mes soucis, mon rêve était à cet instant plus important, si important que je ne rendais pas compte des regards qui s'attardaient sur moi.

Caroline, elle, baissa sa tête :

-« Je m'inquiète réellement pour Bon-Bon » murmura-t-elle en plantant sa fourchette dans sa salade. Elle se concentrait sur son plat qui ne lui donnait pas envie pour isoler dans un coin de sa tête les pulsations de la carotide de Matt. Elle avait une telle envie d'en boire ne serait-ce qu'une gorgée ! Mais elle n'avait pas le droit. Blondie inspira profondément puis ferma les yeux et les ouvrit aussitôt. Intérieurement elle remerciait Stefan de lui avoir appris, ça l'aidait un peu.

-« Tu n'es pas la seule… »

-« Il lui faut juste du temps, Bonnie a toujours fonctionné comme ça. Elle se replie sur elle-même, s'absente puis elle revient pleine de vie » Elena tourna sa tête vers Stefan puis sourit en sentant sa main lui caresser le dos.

-« On lui en laisse, même ça, j'ai l'impression que c'est inutile. On l'a réellement perdu elle n'est plus celle que tu as décrite » tout comme Elena, Caroline regardait Bonnie. Elle avait envie de sang tellement que sa peine sa colère la dévorait de l'intérieur. Elle détestait ce que leur amitié était devenue. Elle ne pouvait pas accepter ça, laisser ses instincts de vampire et ses émotions la contrôler parce qu'elle ne supportait pas la distance, l'ignorance de Bonnie, de ne plus rien pouvoir contrôler. Tout ceci devait prendre fin et surtout elle devait redevenir elle-même ce qui impliquait de retrouver son amitié avec Bonnie.

-« Je refuse » Matt sourit face à l'attitude de Caroline. « Maintenant que j'ai trouvé un semblant de lucidité, je vais redevenir la Caroline chiante et collante »

-« Mais tu l'es déjà » se moqua Stefan, Matt et Elena cachèrent leur amusement en se grattant derrière l'oreille.

-« Tu n'as encore rien vu » Matt et le cadet des Salvatore la virent se lever « Tu viens Elena, on va manger autre part »

-« Où ? » demanda-t-elle perdu. Elle la vit bouger légèrement la tête, Elena jeta un coup d'œil puis sourit « Je te suis »

-« Et nous » soupira Matt.

-« Tu m'auras, en fin après-midi, cette nuit et demain matin » susurra-t-elle si proche de ses lèvres, son odeur était irrésistible. Au lieu de l'embrasser avec vigueur, elle les effleurait juste, par pur précaution.

-« Tu n'as plus de migraines ? » Elena ne comprit pas tout comme Stefan

-« Ça s'est arrangé t'inquiète » répondit Caroline embarrassée, il fallait qu'elle pense à bien se nourrir pour ne pas qu'elle se jette encore sur Matt et tout ce qui s'en suit « Je te promets que ça sera comme avant, promis » il sourit « Bon » se reprit-elle d'un ton enjouée « Allons reconquérir Miss Bennett »

Tandis qu'elles se rapprochaient de ma table, je m'apprêtais à partir. Je n'avais réellement pas faim et puis en me levant, j'avais sentis Caroline. Je me pinçais les lèvres et allait faire comme si de rien n'était mais quand je pris la fuite en avant il y avait Elena devant moi. Je soupirais me sentant prit au piège.

-« Que me voulez-vous? »

-« Parler, discuter…enfin ce que font généralement les amies comme nous. Je ne sais pas si tu l'as oublié Bonnie, mais toi et moi, nous sommes les meilleures amies du monde. Donc, en tant que meilleures amies, Elena et moi voulons te parler, passer plus de temps en ta compagnie ! Est-ce que c'est possible ! » Expliqua Caroline rapidement. Elle était tellement stressée qu'elle ne se rendit pas compte de la vitesse de son débit. Elena lui sourit, elle ne put s'empêcher de rougir puis déposa son plateau devant elle, lèvres pincées, et prit le mien et le plaça en face du sien « Alors qu'en dis-tu ? ».

-« Pas aujourd'hui »

-« Pas grave » elle fouettait l'air avec sa main « On prend la décision à ta place, sinon on passera la fin du lycée à se croiser sans se parler»

-« Je suis d'accord avec Caroline » Je me retenais de rouler les yeux et lui sourit verte.

-« Vous êtes agaçantes »

-« Je sais et c'est pour ça que tu m'aimes, non que tu nous aimes » je la sentis me retourner et me forcer à m'asseoir. Elena en fit autant, elle était assise juste à côté de moi.

-« Oh, tiens » je pivotais la tête pour regarder ce qu'Elena me tendait « Je sais que tu en raffoles, c'était la dernière, je comptais te la donner à notre dernier cours ensemble »

-« C'est gentil, merci »répondais-je d'un ton neutre, je déposais ma barre chocolat- praliné sur mon plateau puis je fixais mon assiette en silence.

-« On se demandait si tu allais au grand barbecue organisé pour l'ouverture du championnat de foot ce vendredi ? On pourrait y aller ensemble comme chaque années» je relevais les yeux vers Caroline, ses yeux bleus capturèrent les miens.

-« Je travaille désolée » j'allais prendre une bouchée de salade quand Elena renchérit

-« Je suis sure que ta patronne acceptera que tu t'absentes »

-« Je ne pense pas » Caroline me vit jeter ma fourchette brusquement, elle voyait bien qu'elles m'ennuyaient mais continua.

-« Bonnie… ». Je n'écoutais pas ses protestations, lasse, je me levais puis prit ma barre de chocolat et ma brique de jus pour les enfouir dans mes poches.

-« Ecoutez les filles, c'était réellement gentil de votre part de venir me parler mais, j'ai des recherches à faire » mentais-je encore pour me déculpabiliser de les faire souffrir malgré tout « Alors on se verra plus tard, qui sait »

-« On peut se voir après les cours » je m'arrêtais glacée par sa proposition « alors, tu auras largement fini tes recherches » persista Caroline. Elle vint à ma rencontre. « Elena et moi allions ensemble à la boutique près de chez ta grand-mère, alors à tout l'heure, on fera le chemin ensemble »

-« Mais » répondis-je abasourdie

-« C'est ça, à tout à l'heure » répéta Elena en passant devant moi comme Caroline le fit avant elle, Stefan les suivirent :

-« Bonne chance avec elles » Matt se contenta seulement de me sourire, lui aussi quittait la cafète. J'étais enfin seule, en fait pas réellement. Je me retournais. J'aperçus un homme s'enfuir. J'avais l'impression de l'avoir déjà vu mais où ? J'avais la ferme intention de mettre au clair toute cette histoire, mais la sonnerie retentit. Je m'arrêtais net à 100m des fenêtres et releva la tête pour voir la sonnette vibrée.

Je soupirais à l'idée de passer la prochaine heure assise alors que je pouvais faire tant de chose pour apaiser ma conscience. La deuxième sonnerie retentit pour me rappeler à l'ordre, comme tous les autres, je me dirigeais vers la salle de mon 1er cours de l'après-midi.