Plus de trois mois sont passés. Mon humeur ne semble pas s'arranger. J'ai l'habitude de faire une légère dépression pendant l'hiver, mais mon humeur se replace normalement dès la fin de celle-ci. Cette fois, même le soleil ne semble pas aider à la guérison de mes plaies qu'elle soit physique ou mentale. Le printemps bien qu'officiel ne semble pas vouloir se montré. Peut-être fait-il aussi une dépression. Qui sait, l'hiver la peut-être bien mal traité lui aussi. J'attends encore, depuis deux mois, des nouvelles de l'hôpital, mais rien. Je commence à angoisser. Je suis trop jeune pour mourir.

Je mange tranquillement mes nouilles, emmitouflées dans des tonnes de douillettes, j'écoute une tragédie. Il a beau faire 15 degrés de plus que normalement, ni mon cœur, ni mon cerveau, ni mon corps ne semblent le comprendre. Je suis pétrifié de froid, je ne fais plus que contempler un écran de neige. Pourquoi s'est-il arrêté ? Je sens une forte inquiétude grimper, mais je n'en démontre rien. Une porte s'ouvre à ma gauche.

Je n'ai pas de porte à ma gauche d'habitude.

Je me lève lentement en me servant de mes membres engourdis. J'ai l'impression de m'être battu comme si ma vie en dépendait. Une larme, une seule coule le long de ma joue, je la sens.

Elle ne m'appartient pourtant pas.

Ladite porte ouvre sur ma cuisine.

Seule ma porte d'entrée ouvre normalement sur la cuisine.

Elle me parait plus grande et plus sombre que d'habitude. Il doit être quoi…. 13 heures? Je regarde par une petite fenêtre.

Il fait nuit.

Au bout de la table qui se situe au beau milieu de la pièce, il y a un petit groupe de gens. Je ne peux dire si je les connais, ils sont trop loin, ils me tournent le dos et la seule lumière est celle d'une chandelle positionnée au centre du demi-cercle que forment ces gens à la table. Soudain, le sol tremble. Ces secousses semblent causées par autre chose qu'un tremblement de terre. Un missile peut-être? Je m'avance vers la table et plus je m'avance, plus les secousses s'intensifient, mon corps devient de plus en plus lourd et difficile à contrôler. Un homme vient s'asseoir à l' opposer de la troupe.

Qui est-ce?

…J'ai chaud. J'ai atrocement chaud. Je brule, de la fumer ce dégage de ma peau alors que ma vue se trouble. On crie mon nom…

Maman…

On crie encore…

Papa….

Et encore….

Mikasa….

Encore….

C'est Armin….

Toujours….

Erwin….

D'où me vient ce nom? On le crie plus fort….

Levi.

Je m'écroule au sol, un choc violent se fait ressentir à l'arrière de ma tête. Je vois double. Il y a d'autres cris, mais ce ne sont pas des voix que je reconnais. Ils crient de peur, ils demandent de l'aide, implorent le pardon des dieux, et se disent qu'ils s'aiment. Des familles, des gens seuls, des pauvres comme des riches.

Du feu, voilà pourquoi j'ai chaud, du feu partout et il me brule la peau. Vas-y! Me Crit-on.

Mais aller où?

C'est là que je la vois, cette bête immonde dont j'ai mille fois entendu le nom. Le voilà ce monstre dont on m'a dit hantait les rêves de tous les pauvres gens à une autre époque que la nôtre. La voici, cette créature terrifiante des histoires de Levi.

Par réflexe, mon bras cherche à tâtons sur le sol de quoi me défendre, c'est alors que je me rends compte de mes vêtements en lambeaux, j'explore le sol sans lui lancer un seul regard. Je suis sur un toit.

Mais comment diable ai-je pu me retrouver ici?

En une seconde je n'aperçois plus le ciel , seulement une énorme boule lumineuse et j'ai l'impression que celle-ci me dévore. La seconde d'après, je suis englouti par le néant. C'est alors que je me retrouve piétinant la maison sur laquelle je reposais quelques secondes plus tôt et surprise, je suis désormais aussi grand que ces titans. Je dirais même que je le suis plus encore. Du moins c'est avant que je remarque CE titan. Il est énorme et il n'ait pas seul. Un second titan un peu plus petit, mais qui semble tout aussi résistant ce trouve a peu de distance de moi.

Ils s'approchent petit à petit, puis je décide de foncer sur eux avec une rage intense. Tout d'un coup j'entends siffler, c'est le sifflement le plus aigu que j'aie entendu de toute ma vie et il semblerait que ce ne soit pas seulement un son, car il est suivi d'une douleur lancinante à la tête et au coup. Je m'effondre au sol et pourtant ce n'est pas la faute d'un titan. La carcasse se fend, elle fume et moi je perds lentement ma vue. Des pas se rapprochent et d'autres s'éloignent à une vitesse folle.

Je crois voir Armin, Mikasa et… et Jean ? À mes côtés. J'ai comme l'impression que me retirer du tas de chair est trop simple cette fois.

Cette fois?

Comme s'il y avait déjà eu d'autres fois.

Je sens une légère sensation de chaleur au niveau de mon cou. Un peu comme un liquide. Des larmes peut-être ? Mikasa enroule son foulard autour de mon cou. Étrange, il me semble plus lourd qu'un foulard ordinaire. En larmes elle me le retire et les deux dernières choses que je perçois avant de perdre complètement la vue c'est le foulard de Mikasa ayant rougie d'un nouveau rouge et Levi.

Un Levi comme je n'en ai jamais vu. Un pâle et en larme qui pousse Mikasa et Armin loin de moi avant de me prendre dans ses bras. J'essaie de lui dire un mot, de prononcer son nom avant de sombrer, mais un liquide âcre m'empêche de parler. Il m'empêche de respirer.

Ainsi donc, c'était de moi que parlais les histoires de Levi. C'était moi le garçon titan et c'était moi qui… C'était moi….

Je me réveille sur une table d'opération froide, oxygène au nez et le son d'un régulateur cardiaque en arrière-plan. Levi me regarde, du coin de la pièce, avec le même regard qu'aurait un enfant venant de faire une bêtise. Je sus pourquoi seulement quand je fus rendu à ma chambre et qu'après trois jours entre la vie et la mort, le médecin vint m'annoncer la nouvelle. J'ai dû subir une opération d'urgence suite à la découverte il y a un mois d'une maladie qui n'avait pas été traitée et que si l'on ne traitait pas le plus tôt possible, me serait mortelle. Heureusement pour moi, la plupart de mes organes les plus importants étaient plus ou moins intacts. Du moins, ils pourraient guérir. Un organe par contre, le cœur, devait être changé, d'où mon opération. Si je n'avais pas reçu un cœur, je serais mort.

C'est assez bien tombé puisque l'histoire est que je suis tombé sur la connaissance environ cinq minutes avant qu'Armin soit venu cogner. Voyant que je ne répondais pas il est entré et m'a retrouvé au sol dans mon salon. Il a alors appelé les secours qui m'ont amené à l'urgence voyant que je ne me réveillais pas et dès notre arrivée à l'hôpital j'apprenais qu'ils m'avaient trouvé un donneur.

Certaines personnes doivent attendre plusieurs années avant de recevoir un don d'organe alors j'ai eu beaucoup de chance. J'aimerais bien remercier le donneur. Parait-il que la personne m'a choisis moi plutôt qu'un autre comme receveur. Je vais sans doute me rendre à l'accueil dès qu'il me sera possible et demander de voir le nom du donneur. Peut-être qu'il lui reste de la famille avec laquelle je pourrais discuter.

Je n'ai pas le temps de me sentir seul. Jean a retrouvé Marco et il est venu m'embêter à plusieurs reprises. Marco est vraiment un ange surtout comparé à Jean, Mikasa est également venu me visiter et Armin aussi. Levi, lui, reste constamment à mes côtés. Il n'a jamais été aussi présent que ça et pourtant je le connais depuis ma plus tendre enfance. On a discuté de plein de choses, mais il semble ailleurs. Ce qui est étrange c'est également qu'il dégage beaucoup d'énergie. Je m'explique. Je suis très souvent en manque d'affection et tout particulièrement avec Levi et le problème et bien c'est qu'il est un fantôme, mais il arrivait qu'il se rende touchable et m'autorisait à le toucher. Je veux dire qu'il devenait plus dur…OK mauvais choix de mot. Hum comment expliqué? Disons qu'il avait la texture d'un humain et cela arrivait vraiment très rarement sous prétexte que cela le vidait de son énergie et ces derniers jours il le fait à volonté et ne semble pas plus épuiser.

Quoi qu'il en soit, je suis ici, en vie et avec Levi. S'il n'y avait pas cette douleur intense, je serais au comble du bonheur. Pour le moment, je vais toutefois seulement me reposer et ainsi je saurai plus tôt qui m'a fait le don d'une vie et je pourrai de nouveau aller jouer aux jeux vidéo avec mon meilleur ami entre quatre murs avec plus de personnalité que ceux qu'offre ma chambre d'hôpital.

Je suis ultra désoler de mon inactivité. J'ai été ultra débordé, j'aurais aimé faire un chapitre un peu plus long mais bon ce sera ça pour le moment. Encore désoler, j'espère que vous allez quand même aimer et ne pas trop m'en vouloir. N'hésitez pas à me donner vos avis en laissant vos commentaires.