Bonjour vous, oui j'arrive toujours 20 après mais mieux vaut tard que jamais. J'espère que vos résultats ont été bons :) Et que vous allez passer de bonnes vacances !


Réponses aux reviews :

Any : Merci beaucoup pour ta review. Lucius est un personnage que j'ai toujours trouvé fascinant. J'espère que la suite te plaira :)

Hugoline :Merciiii :) J'espère que tu vas bien depuis le temps ! Bonnes vacances


ENJOY :D


Chapitre 3

C'est vrai, ma mère aurait du m'apprendre bien des choses avant de m'abandonner. Comment me coiffer. Comment m'habiller. Comment me conduire. Mais la chose la plus importante qu'elle aurait du m'apprendre c'est : Comment reconnaître un homme fréquentable. Remarquez elle ne devait pas le savoir non plus, puisqu'elle a épousé mon père.


Ce que je me rappelle des semaines que je passais chez moi pendant les vacances c'est l'ennui. Des journées entières enfermée, seule, à compter les jours qui me séparaient de mon retour à l'école.

J'aurai donné n'importe quoi pour avoir un peu de distraction, d'attention, de chaleur humaine...Même une discussion avec un autre être humain vivant m'aurait suffit. C'est pour ça que malgré le danger que représentait Lucius, j'ai répondu à son appel 9 jours plus tard.

J'avais désespérément besoin de l'attention de quelqu'un, même si ce quelqu'un en question pouvait me tuer.

Surtout si ce quelqu'un pouvait me tuer.


Le temps improbable de notre beau pays qui avait été glacial quelques jours plus tôt était aujourd'hui ensoleillé et radieux. J'avais donc décidé d'attendre Lucius dans une clairière, plus éloignée de chez moi que le lieu de notre dernière entrevue. Cette fois ci je l'entendis arriver malgré la souplesse de sa démarche. Il avançait sans se presser, d'un pas sur.

-Qu'est ce que vous voulez cette fois ? Demandais-je sans me retourner, occupée à dépiauter une fleur.

Il s'assit à coté de moi, souillant son beau pantalon d'homme du monde. Je jetais ma fleur morte sur le côté et en cueillais une autre.

-Tu m'intrigues.

-Ah ? Grande nouvelle.

-Je n'arrive pas à saisir ce qui est si particulier chez toi...

L'odeur la mort me colle à la peau, les relents de l'horreur. Vous devez bien connaître ça, vous qui commettez des atrocités. Vous devez reconnaître votre propre monstruosité à travers mon ADN souillé.

-Je n'ai pas peur de vous ?

-Tu as peur de moi.

-Ah vraiment ? Pourtant je suis revenue non ? Si j'avais peur je serai restée chez moi.

Il ne répondit pas. Je mentais de toute façon, j'avais effectivement peur de lui. La vérité

c'était que rester chez moi était pire qu'être avec lui.

-Comment est votre vie ? Demandais-je tout à coup pour changer de sujet.

-Qu'est ce que ça peut te faire ?

-Je ne sais pas...Puisqu'on est là autant discuter.

Il leva un sourcil soupçonneux, puis il soupira.

-Ma vie...J'ai de l'argent, un manoir, une femme, des responsabilités...

-Ça a l'air de vous ennuyer.

-Je n'ai pas à m'ennuyer ou pas, m'expliqua t'il. Je fais ce pour quoi je suis né.

Je me penchais précautionneusement vers lui.

-Et si vous aviez le choix, que feriez vous de votre vie ?

Il baissa les yeux vers ses mains nues.

-Peut être...Pianiste.

Je n'aurai pas imaginé qu'il puisse prêter attention à la musique.

-Moi j'aimerai voyager, voir le monde, rencontrer...Des gens. Juste vivre.

-À quoi bon penser à ça ? Tu ne seras jamais libre. Moi non plus. Autant se résigner à vivre comme on nous l'a apprit.

-Quand je sors en cachette de chez moi pour rejoindre un parfait inconnu je vais à l'encontre de mon éducation.

Il me regarda intensément. Lui croyait avoir sauvé une moldue, ça allait à l'encontre de son éducation.

-Qu'est ce qui t'arriverait si on te trouvait ici ?

Je pris quelques minutes pour réfléchir. Père ne me tuerait pas, j'étais une monnaie d'échange importante.

-Je ne reverrai sûrement plus jamais la lumière du soleil. Et vous ?

-On me tuerait.

-...Votre famille est spéciale.

-C'est toi qui dis ça ?

Je laissais échapper un rire.

-Je n'ai rien dit.

-Qu'est ce que tu faisais dans ce bar sordide, le jour où on s'est rencontré ?

Comment lui expliquer sans me démasquer...

-Il y avait de l'alcool et je ne risquais pas de croiser quelqu'un que je connais, tout simplement.

-Pourquoi n'avais tu pas peur ?

Cette question semblait l'intriguer. Pourquoi n'avais-je jamais l'air d'avoir peur ? Enfant j'avais passé des heures enfermée dans le noir avec seulement l'écho de ma propre voix. Depuis l'instant où ma mère s'était sauvée mon père nourrissait à mon égard une certaine haine. Pour une raison toute bête, j'étais son portrait craché. Quel homme voudrait avoir à contempler le visage de la femme qui l'avait trahit ? Bien sur mon père ne nous l'avait jamais dit concrètement parce que parler de notre mère était tabou.

-Ça vous intrigue ça hein. La frêle jeune fille de bonne famille devrait trembler devant quelques débris de l'humanité ?

Je me laissais tomber en arrière, appréciant le contact de l'herbe fraiche sur ma peau.

-Je connais déjà les pires monstres qui existent. Eux à côté c'était des anges.

-Je peux t'assurer que tu ne connais rien aux monstres.

Si vous saviez...


Trois jours plus tard mon père avait décidé de m'exhiber à une soirée organisée chez les Goyle, une première. J'ai dû fouiller le grenier pour trouver une robe pour l'occasion. Je ne savais pas si elle avait appartenue à ma mère ou à une quelconque femme de ma famille. Elle était blanche, cintrée et coupée aux genoux. Simple mais habillée. Plutôt pas mal en fait.

J'ai réalisé mon erreur seulement quand je me suis retrouvée au milieu des invités. Ils étaient tous habillés de couleurs sombres. Entre mes longs cheveux roux et ma robe presque trop blanche j'étais immanquable. Je les sentais qui me fixaient. Tous ces mangemorts.

Mon père qui parlait avec un groupe de personnes de l'autre coté de la pièce me fit signe de les rejoindre. Je me frayais doucement un chemin à travers les invités, pas tellement pressée d'arriver à destination.

-Je vous présente ma fille, Léana.

-Alors c'est elle que tu nous caches depuis tout ce temps, dit un homme à la haute stature et aux cheveux blancs coiffés de façon parfaite.

-Dis bonjour, marmonna discrètement mon père derrière moi.

Ils me fixaient tous comme une bête de foire, attendant que je les distraie. Je souris doucement, essayant d'avoir l'air assuré.

Peut être que si je simulais un malaise ils me laisseraient tranquille. Non, père ne me le pardonnerait pas.

-Je suis ravie de tous vous rencontrer enfin, dis je d'une voix audible et intelligible.

Ravie...Oui, bien sur. Qui ne rêverait pas de faire partie de leur petite bande de psychopathes ? Un murmure satisfait parcouru leur petit groupe. Je leur plaisais. Génial. Intérieurement je priais pour que Lucius ne déboule pas de je ne sais où. Il connaissait sûrement tous ces gens lui.

Je ne sais pas pourquoi je ne lui révélais pas ma véritable identité. Si je le faisais tout serait certainement plus simple... Mais si je lui disais qui j'étais vraiment la dimension de répit que représentaient nos entrevues disparaîtrait. Il ferait alors partie de ce monde vicié que j'avais toujours cherché à fuir. Je n'étais pas prête à ce que ça arrive.

-Léana !

Oups.

-Oui, père ?

-Monsieur Malefoy t'a posé une question.

L'homme à la haute stature semblait en effet attendre une réponse.

- Veuillez m'excuser, que vouliez vous savoir ?

-Quel âge as tu ?

-J'ai 16 ans monsieur.

-Oh le bel âge ! S'exclama une femme brune. Je me rappelle quand j'avais 16 ans, commença t-elle juste avant que son mari ne lui jette un regard qui lui intimait le silence.

Je baissais les yeux et pinçais les lèvres pour m'empêcher de dire le fond de ma pensée. Ce serait ça ma vie un jour ? Devoir me taire quand mon mari me l'ordonnerait et lui obéir comme un chien limier ?

-Excusez moi mais j'aimerai bien me rafraîchir, dis je afin de pouvoir m'éclipser.

-Oh oui bien sur, répondit une femme replète qui devait être madame Goyle. Tu traverses la salle jusqu'à la grande ouverture là bas et tu vas tout au bout du couloir, ensuite tu tournes à gauche et c'est la première porte sur ta droite.

-Je vous remercie.

Je passais à côté de mon père qui ne fit pas de commentaire et me dépêchais de sortir de la salle de réception. Qu'est qu'elle avait dit déjà ? Tourner à gauche première porte à droite ou tourner à droite première porte à gauche ? Ou bien tourner à gauche première porte à gauche ?

Flûte ! Ces baraques de riches avec tous ces couloirs superflus, on finissait toujours par s'y perdre ! J'ouvris la première porte à gauche. Ce n'était pas la salle d'eau. Pas du tout. Un homme encapuchonné était assit devant la fenêtre. J'eu un mouvement de recul.

-Je suis désolée ! Je cherchais la salle d'eau.

Une voix sifflante et troublante me répondit, faisant se glacer le sang dans mes veines :

-Ce n'est pas ici, jeune fille. C'est dans l'autre couloir.

-Je vous remerci ! Dis je avant de refermer prestement la porte et de m'enfuir.

Merlin ! Merlin ! Merlin ! Mais qu'est ce que j'avais fait ?! J'ouvris une nouvelle porte espérant cette fois ci tomber sur ce que je cherchais et fus soulagée d'avoir trouvé les toilettes. Je fermais la porte à clé et me laissais glisser par terre le cœur battant. Il était ici ! Et moi j'avais...Merlin.

J'appuyais avec mes bras contre ma cage thoracique pour essayer de faire revenir ma respiration à la normal.

Respire. Respire. Ça va aller. On ne tuait pas les gens pour une histoire de toilette ! Enfin...Peut être que si...Après tout maintenant je savais qu'il était là.

Je me relevais péniblement puis m'aspergeais le visage d'eau et remettais mes cheveux en place.

Respire, ça va aller.

Je traversais le couloir en vitesse, me retournant sans cesse pour regarder derrière moi.

-Tu en as mît du temps, me morigéna mon frère en me reconduisant vers les autres invités.

-C'est dommage vous avez raté mon fils, m'apprit monsieur Malefoy.

-J'en suis désolée, murmurais-je.

-Et si nous passions à table ? Proposa madame Goyle.


-Tu en as mit du temps et...Mais c'est ma robe !

-Je te demande pardon ? Dis-je, complètement lessivée.

-Ce que tu as sur le dos en ce moment, c'est à moi.

Je baissais les yeux vers la robe blanche que j'avais trouvé dans le grenier.

-Quelle importance ? Soupirais-je en attrapant un pyjama.

-Tu ne m'as pas demandé mon avis !

Je roulais des yeux.

-Oui, parce que tu es morte, dis-je en lui allumant une nouvelle bougie avant de fermer le placard.

-Tu n'es qu'une pintade ! Hurla t'elle à travers le placard.

-Ouuuh je suis une pintade.


La pierre autour de mon coup me réveilla vers 3h du matin, elle était bouillante. J'hésitais quelques instants entre la désactivé et rejoindre Lucius. Je choisissais finalement de mettre des vêtements chauds et de m'enfoncer dans la forêt obscure.

La clairière de l'autre jour paraissait macabre à la lumière de la lune. Je m'enroulais dans mon châle et m'asseyais sur l'herbe, le vent sifflait dans les arbres. J'attendis bien une demi heure avant qu'une silhouette ne se profile. Je cru d'abord que ce n'était pas lui parce que cet homme avait l'air plus petit. Il n'était pas plus petit en fait, il était voûté. Il claudiquait.

Je me levais d'un bond et courais vers lui.

-Lucius ! M'écriais je. Qu'est ce qui s'est passé ?

Il s'effondra contre mon épaule, sa peau était glacée, son souffle saccadé.

-...cabane, souffla t il.

-Quoi ? Demandais-je en me campant sur mes pieds pour ne pas tomber en arrière.

-Il y a une...cabane abandonnée, à l'est.

-Une cabane. Oui oui d'accord, une cabane, dis je complètement paniquée.

J'avais beaucoup de mal à le faire avancer, il était assez grand et il appuyait tout son poids sur moi. Je mis 30 laborieuses minutes à l'emmener jusqu'à cette cabane. Les propriétaires avaient dû partir en catastrophe parce qu'elle était plutôt en bon état. Aucun carreaux n'était cassé et l'intérieur était propre bien que poussiéreux (si c'est possible).

J'aidais Lucius à clopiner jusqu'à un lit de camp avant d'aller fouiller pour trouver de quoi désinfecter son visage. Les occupants avaient laissé de l'alcool mais pas de compresse ni de linge. Je du donc déchirer un morceau de mon chale que j'humidifiais. Je lui tapotais doucement le visage avec pour enlever le sang et assainir les plaies. Il lâcha quelques jurons sorciers à en faire rougir mon frère...Qui aurait imaginé qu'il puisse dire de telles choses ?

-Rose, murmura t-il.

Qui est Rose ?

-Rose

Ah oui c'est moi !

-Doucement Lucius, calmez vous.

-Facile à dire, tu es en train de me brûler le visage.

-Je suis désolée, je fais ce que je peux pour vous soigner.

-Il y a des meilleurs moyens de le faire, souffla t il.

Oui, je connaissais plusieurs de sorts et même des potions que j'aurai pu utiliser. Mais j'étais censée être une moldue.

-Vous êtes trop exigeant, vous le savez ça ?

Il tourna la tête vers moi, ouvrant les yeux à moitié et esquissant un demi sourire.

-Parce que tu es mieux que moi peut être ?

Je pris quelques secondes pour réfléchir avant d'appliquer à nouveau le linge sur son visage un peu plus fort qu'auparavant.

-Hé ! S'est il énervé.

Je souriais.

-Saleté !

-Oh ça c'est offensant, ironisais-je. Ça devrait aller, dis-je en posant mon ersatz de compresse.

-C'est pas trop tôt, soupira t-il.

Sale gosse de riches.

-Qu'est qui vous est arrivé au fait ?

Il tiqua.

-Ça ne te regarde pas.

-À partir du moment ou vous me réveillez au milieu de la nuit il me semble que ça me regarde ! M'énervais-je.

-Tu veux vraiment savoir ?

Je jetais un coup d'œil à ses vêtements tachés de sang. Ce n'était pas le sien...Il serait déjà mort sinon. J'inspirais un grand coup.

-Non, ne me dites rien.

Il devait être 5h du matin, le jour se lèverait bientôt.

-Nous devrions y aller, il va bientôt faire jour, dis je en me levant.

Il m'attrapa par le bras et me fit basculer a coté de lui, je restais interdite le temps d'évaluer la situation. Que...Que se passait il ? Devrais je avoir peur ? Avais je peur ? Non, même pas. J'espérais juste que père ne se rendrait pas compte de mon absence.

-Il faut partir, murmurais-je.

-Chut, m'intima t il avant de poser sa tête sur mon ventre.

J'étais trop fatiguée pour être gênée après avoir passé 1h à crapahuter dans la foret au beau milieu de la nuit.

-Juste une minute alors, murmurais-je avant de fermer les yeux.


Un rayon de soleil me brulait la nuque depuis un moment, je me retournais et ouvrais doucement les yeux. La cabane était illuminée par le soleil, le mobilier aux couleurs passées semblait briller. Je me relevais d'un coup pour scruter la pièce, il n'y avait pas la moindre trace de Lucius. Pas même une goutte de sang.

C'est la dernière fois que j'ai vu Lucius...

La dernière fois en tant que Rose en tout cas.


Alors, qu'en pensez vous ?