Merci à vous pour vos reviews même si malheureusement je les trouve trop peu nombreuses… :( J'espère avoir plus de retours sur mes prochains chapitres ^^ Bien évidemment certaines choses que je fais écrire à John ne sont peut-être pas réelles puisque bien sûr je n'ai jamais fait la guerre et je ne suis pas militaire donc certains points sortent tout droit de mon imagination.

Amanda: contente que tu aies apprécié ce début, j'espère que la suite t'as plu aussi et te plaira encore :)


John mit deux jours à prendre sa décision car il était toujours très embarrassé par cette vision étrange lors de cette fameuse soirée. Il finit par envoyer un mail à Sherlock pour lui dire qu'il serait ravi de se rendre là-bas. La réponse du brun fut rapide, il était content de ce choix et lui garantissait que le séjour serait vraiment agréable et inoubliable.

John se sentit d'humeur à écrire, il se posa donc à son bureau et commença à taper sur son clavier.


Les soldats ont tous à un moment ou un autre des besoins d'hommes. Certains les assouvissent seuls, certains avec les infirmières ou les civiles qu'ils ont l'occasion de croiser, et d'autres le font entre frères d'armes. Personnellement j'ai toujours réussi à me contenter seul, mais je n'ai jamais jugé ceux qui n'y arrivaient pas. Le fait de le faire entre hommes ne voulait pas dire pour autant qu'ils n'aimaient plus leur copine, fiancée ou femme, il fallait juste qu'ils… relâche la pression. Certains se sentaient vraiment honteux après avoir fait l'amour avec un autre homme, d'autres se faisaient une raison, et d'autres encore se rendaient compte qu'ils s'étaient mentit sur leur propre sexualité toute leur vie. Peu de gens peuvent comprendre à quel point on se sent seul sur le front, et chacun comble sa solitude comme il peut.

Quand je me suis fait tiré dessus beaucoup de choses me sont passées par la tête. D'abord j'ai ressentit la brûlure de la balle entrant dans ma chair. Mes oreilles étaient légèrement bouchées à cause des tirs des deux camps donc j'étais un peu désorienté. Ensuite j'ai sentit un grand froid, comme si le désert était tout à coup devenu plus froid que le Pôle Nord. J'avais si froid que je me demandais si j'allais mourir, car la température du corps chute avant la mort. Je me demandais si je reverrai ma magnifique Angleterre un jour. Je pensais à ma sœur, à ma mère, à tout ce que j'avais accompli dans ma vie. Je me demandais aussi où j'avais été touché, car dans ces cas-là le cerveau a du mal à analyser d'où vient la douleur, je voulais regarder mais en même temps je ne voulais vraiment pas. Je n'arrivais pas à bouger la tête, j'avais l'impression qu'elle pesait une tonne, j'étais cloué au sol littéralement. Finalement j'ai réussi à regarder et j'ai vu que je n'étais blessé qu'à l'épaule mais que je saignais abondamment. Je ne savais pas si la balle avait traversée l'épaule ou si elle était toujours logée dedans. Dans les deux cas je savais que je devais être vite opéré sinon ça risquait de s'infecter avec tout ce sable, cette poussière et les débris en tout genre qui jonchaient le champ de bataille. Au bout d'un moment la douleur était si vive que je me suis évanoui. À mon réveil j'étais dans la tente médicale, soigné, saint et sauf.

Un officier supérieur est venu m'annoncer en personne que j'allais être rapatrié à cause de ma blessure et que j'allais être décoré pour mon courage et le service rendu à mon pays. Apparemment j'avais sauvé une centaine de soldats sur le front sur toute la durée de ma mission et tenté en vain de soigner une bonne cinquantaine d'autres. Ce chiffre peut paraître faux, car moi-même j'ai du mal à réaliser que j'ai autant travaillé, mais l'armée tient un registre, comme des statistiques pour chaque soldat le plus fidèlement possible. Ainsi ils peuvent voir sur quels points ils doivent accentuer l'entraînement des nouvelles recrues. Peu de mes camarades ont été portés disparus, la plupart étaient prisonniers ou malheureusement morts. Seulement une dizaine avaient disparus sans laissé de traces. Toutes ces informations m'ont été données sur mon chemin de retour. Mes supérieurs voulaient que je connaisse tout sur ce qui s'était passé pendant ma mission. Ils voulaient que je sois fier de ce que j'avais accompli je pense. J'étais à la fois heureux de rentrer, mais j'avais aussi le cœur lourd pour tous ceux qui restaient en Afghanistan.


Sherlock était très occupé à préparer le départ qui aurait lieu le lendemain. Tout était réservé, il avait aussi un pass VIP pour John il pourrait ainsi entrer et sortir du salon comme il le voulait sans avoir à repayer l'entrée. Il rangea toutes ses affaires dans sa valise et la ferma après avoir vérifié qu'il n'avait rien oublié. Une fois cela terminé il vérifia le programme du salon et la liste des personnes qu'il devait absolument voir là-bas. Tout se passerait bien il le savait, mais il devait être sûr que tout soit prêt avant.


Le lendemain Sherlock monta dans sa voiture et alla chercher John, ils l'avaient convenu la veille dans un dernier mail avant leur départ. Le blond était déjà en bas de son immeuble, sa petite valise posée près de lui. Il portait un jean et un de ces pulls horribles qu'il affectionnait tant. Cette fois il était en laine de couleur brune, ce pull était vraiment moche. Sherlock se gara et descendit pour ouvrir le coffre avant d'y déposer la valise du blond. John lui serra la main:

«-Bonjour monsieur Holmes, encore merci de m'emmener.

-Je vous en prie c'est bien normal. Il y a un bon moment de route mais tout ira bien. Nous ferons des pauses régulièrement.

-Très bien, si vous voulez que je conduise par moment n'hésitez pas à me demander.

-D'accord, vous êtes prêt?

-En effet.»

Sherlock mit le contact et s'engagea sur la route. Il demanda d'un air détaché après avoir lancé un rapide coup d'œil à son passager:

«-Alors vous avez écrit un peu?

-Oui, j'ai l'inspiration en ce moment, j'essaye de m'améliorer à chaque fois que j'écris.

-Parfait. J'espère que vous n'avez pas mal prit mes remarques l'autre jour?

-Elles ont été dures à avaler car c'était la première fois, mais avec du recul j'ai réalisé que vous vouliez m'aider et je vous en remercie. Hum… peut-être pourrions-nous nous tutoyer non? Je pense que ce serait plus simple.

-En effet, excellente idée. Donc tu arrives à bien écrire en ce moment?

-Oui, j'ai prit mon ordinateur pour si l'inspiration me vient pendant le voyage.

-Parfait, j'y jetterai un œil si ça ne te fait rien.

-Aucun problème. Où serons-nous logés?

-Notre hôtel est à Keswick, une charmante petite ville au bord du lac Derwentwater. Notre hôtel se situe juste sur le bord du lac, j'y tenais particulièrement. Tu verras c'est magnifique c'est à une bonne demi heure de Penrith.

-Ok ça me va. Merci encore de m'emmener là-bas tu n'étais pas obligé.

-Ça me fait plaisir.»

Ils continuèrent la route dans un silence confortable. De temps à autre ils échangeaient sur le paysage ou sur le déroulement global du salon.


Ils arrivèrent à l'hôtel plusieurs heures plus tard. Sherlock était assez fatigué de la longue conduite mais il était content d'être arrivé. Ils se présentèrent donc à l'accueil, leurs valises à la main. La jeune femme sourit:

«-Bonjour messieurs, à quel nom est votre réservation s'il vous plaît?

-Bonjour, c'est au nom de Holmes normalement.

-Attendez… en effet j'ai une suite au nom de Holmes avec un lit double king size.»

John écarquilla les yeux avec surprise tandis que Sherlock levait les yeux au ciel en grognant:

«-Miss Hudson… je savais que j'aurais dû réserver moi-même. Vous n'avez pas deux chambres disponibles plutôt qu'une suite avec un grand lit?

-Non désolée par cette saison nous sommes complet. Je vous souhaite tout de même un agréable séjour messieurs.»

Elle leur tendit la carte magnétique qui ouvrait leur porte. Sherlock la prit en soupirant et un garçon d'étage les emmena jusqu'à leur suite. John était très mal à l'aise, le brun pouvait le voir, mais malheureusement il n'y pouvait rien.


Les deux hommes entrèrent dans la suite et furent éblouit par la beauté de celle-ci. Moquette bleue foncée au sol, murs blancs et bleus, un lit double pouvant contenir au moins cinq personnes tant il était grand, deux canapés, une télé à écran plat fixée au mur, une table basse avec un panier garni de bienvenu dessus, un mini bar, une petite cuisine privée, une table avec quatre chaises, de grands placards et un bureau avec du papier à lettre de l'hôtel. Tout un mur était composé de grandes baies vitrées donnant une vue à couper le souffle sur le lac. Il y avait une salle de bain en marbre blanc et noir avec baignoire géante, douche italienne et toilettes pour compléter ce magnifique endroit. John avait des étoiles pleins les yeux, manifestement il n'avait jamais rien vu d'aussi beau. Le garçon d'étage posa leurs valises et s'éclipsa une fois que Sherlock lui avait donné un pourboire.


Sherlock examina la suite de fond en comble et lança:

«-Je dormirai sur le canapé sans problème.

-Non, tu as tout payé je ne vois pas pourquoi tu ne pourrai pas profiter du lit. Il est assez grand pour qu'on dorme chacun de notre côté je pense. Et si quelqu'un doit dormir sur le canapé ce sera moi.

-Ne sois pas ridicule, tu l'as dit toi-même, le lit est assez grand pour nous deux. Nous pourrons tenir le temps du séjour j'imagine.»


John regarda les magnifiques meubles avant de s'approcher des baies vitrées. Il regarda la vue, les larmes lui montaient aux yeux. Jamais il n'avait vu d'endroit plus beau qu'ici et de plus paisible. Il ferma les yeux et profita du silence presque surnaturel qu'offrait cet endroit. Il ouvrit la porte-fenêtre et sortit sur le balcon. Le militaire ferma à nouveau les yeux, il se sentait minuscule tout à coup. Son épaule le tirait un peu à cause de l'humidité du lac mais la douleur ne le dérangeait pas. Il rouvrit les yeux se sentant oppressé quand devant un tel panorama il repensait à ses camarades morts au combat, à ceux qui se battaient encore alors qu'il était là, à profiter de l'opulence et de la beauté. Il reprit son souffle avec difficulté, la guerre était encore trop présente en lui, souvent elle hantait encore ses nuits. Il vit Sherlock se placer à côté de lui en silence, regardant lui aussi le paysage en contrebas. Le blond murmura:

«-Je repensais à la guerre…

-Je me doute, tu veux en parler?

-C'est injuste, je suis ici où tout est beau, où je ne manque de rien alors que certains de mes camarades sont morts. Et que d'autres manquent de tout, ils n'ont que les rations, des douches occasionnelles et… j'aimerai parler d'autre chose.

-Je comprend, si jamais tu veux m'en parler n'hésite pas d'accord?

-Oui merci. Je pense que je vais aller prendre une douche, ça me fera du bien.

-N'hésite pas, tu veux que je commande quelque-chose au service d'étage?

-J'avoue que je meurs de faim, je ne serai pas contre manger un peu. Prend un truc simple hein.»

Sur ces mots John alla s'enfermer dans la salle de bain. Parler lui avait fait du bien et il n'avait pas vu de pitié dans les yeux de Sherlock, juste de la sincérité. Il l'écoutait sans le jugeait, il voulait juste que le blond se libère.


Sherlock commanda deux fish'n'chips au service d'étage ainsi que de la bière, du vin et du gâteau au chocolat. Il déballa ses affaires et alluma la télé, ils seraient ici pour une semaine, le salon durait quatre jours, et il avait prévu de rester trois jours supplémentaires pour profiter des lieux. Il défit les deux premiers boutons de sa chemise pour se mettre à l'aise, déboutonna ses manches et s'installa sur le canapé.

L'eau cessa de couler et John sortit de la salle de bain en peignoir de bain blanc avec les initiales de l'hôtel brodés sur la poitrine. Le blond rougit un peu de sa tenue:

«-Désolé je voulais être tout à fait à l'aise.

-Il n'y a aucun problème. J'ai commandé à manger, ça ne devrait pas tarder. Je vais moi aussi prendre une douche en attendant.

-Tu verra ça fera beaucoup de bien. Je vais prendre la commande si elle arrive pendant que tu es dans la salle de bain.

-Ok à tout de suite.»

Sherlock disparu à son tour dans la salle de bain et l'eau se mit à couler. John zappa un peu avant de rester sur un programme humoristique. Il s'étendit en inspirant à fond, il n'avait jamais été aussi à l'aise de toute sa vie. Il sursauta presque quand le garçon d'étage toqua à la porte:

«-Service d'étage monsieur.»

John ouvrit et laissa passer le jeune homme qui poussait un chariot avec des plats sous des cloches d'argent. Une fois le chariot placé près de la table, John donna un pourboire au jeune homme et referma la porte. Il vit bientôt Sherlock arriver, lui aussi en peignoir. Ses boucles étaient encore plus en désordre qu'à l'accoutumée, légèrement ruisselantes. Cette vision était diablement séduisante, mais John chassa vite cette drôle de pensée de son esprit. Sherlock sourit:

«-Ah c'est arrivé.

-Oui à l'instant.

-Tant mieux, moi aussi je meurs de faim! »

Ils s'installèrent donc à table et retirèrent les cloches de sur les assiettes. John eut un large sourire:

«-Excellent, je n'ai pas mangé de fish'n'chips depuis mon retour, tu ne pouvais pas mieux choisir!

-C'est ce que je me suis dit en effet. Bon appétit.

-Bon appétit à toi aussi.»

John se servit de la bière et commença à manger. Il avait l'impression d'être au paradis. Sherlock était devenu son ami il le sentait, il l'avait écouté et le comprenait à sa manière. De plus il croyait en lui. Il demanda:

«-Combien de temps restons-nous?

-Une semaine. Le salon ne dure que quatre jours, mais je veux que tu visite la région avant de rentrer à Londres alors j'ai prit la liberté de prendre quelques jours de plus.

-Bonne idée. Merci beaucoup d'être si gentil avec moi.

-C'est normal, tu reviens du front, tu as vécu des choses horribles… c'est le minimum que je puisse faire pour t'aider à reprendre une vie normale.»

John ignorait pourquoi mais il fondit en larmes. Ce que venait de dire Sherlock l'avait beaucoup touché. Il hocha la tête en essuyant ses larmes d'un air gêné. Le brun posa sa longue main fine sur son avant-bras:

«-Tout va bien John, c'est normal de pleurer dans la vie. Tu ne dois pas avoir honte d'être humain!

-J'ai horreur de pleurer devant les gens.

-Tu n'as pas à te cacher devant moi, je ne te jugerai jamais pour avoir laissé parler tes émotions. Tu as eu de grosses épreuves, alors laisse sortir ce qui doit sortir: rire, pleurs, colère, joie… tout! Tu dois avoir confiance en moi. Je suis ton éditeur, je serai bientôt ton ami j'espère. Je peux être ton confident si tu le désire… dis toi qu'avec moi tu peux être toi-même, comme si tu étais seul car je ne répéterai pas ce que j'ai vu ou entendu venant de toi.»

Le blond hocha la tête, sentant de nouvelles larmes monter. Ils finirent donc de manger et John proposa à Sherlock de lire ce qu'il avait écrit jusque là, en intégralité.


Le brun commença à lire, laissant John regarder la télé. Le séjour commençait plutôt bien. Ils étaient dans une bonne entente, Sherlock sentait que John lui faisait confiance et que depuis ce repas ils étaient amis. L'ambiance était détendue, même si John était légèrement tendu en attendant que Sherlock lui donne son verdict après sa lecture. L'éditeur avait su faire comprendre au militaire qu'il n'avait rien à craindre de lui. Le brun termina sa lecture une heure plus tard et leva ses yeux perçants vers John. Après un silence qui sembla durer une éternité il demanda de sa voix grave:

«-Comment oses-tu me faire autant me languir de lire la suite?!»

John expira profondément, il avait retenu son souffle dès que Sherlock avait levé les yeux vers lui. Il se gratta nerveusement la nuque:

«-Euh… ça veut dire que c'est bien?

-C'est génial tu veux dire! Là on comprend ce que tu as vécu, ce que tu as ressentit! On n'a pas pitié, mais on sait maintenant pourquoi ceux qui reviennent de la guerre peuvent réagir comme ça ou penser de cette façon! John, mon ami, il faut vraiment que tu continue sur cette voie.»

John eut un large sourire, il était si fier d'entendre ça. Pour un peu il aurait sauté au cou de Sherlock, mais soudain la vision du brun presque nu devant sa fenêtre lui revint. Ils avaient tout les deux retiré leurs peignoirs, restant simplement en pyjama, c'était peut-être ce qui avait ravivé ce souvenir pour une quelconque raison. Sherlock regarda l'heure et lança en baillant:

«-Il se fait tard, nous devrions nous coucher pour être en forme demain.

-Tu as raison, la journée a été longue.»

Les deux hommes se dirigèrent vers le lit. Ils tirèrent les draps en même temps et échangèrent un rire mi-amusé mi-gêné, c'était une situation plutôt inhabituelle. Ils s'allongèrent chacun à une extrémité du lit et ne tardèrent pas à s'endormirent, épuisés par leur journée.