Notes : encore une fois merci à toutes, chères lectrices !

Grâce à vous j'ai passé un super anniversaire dimanche, merci LaurineRogue et à Zeugma412 pour me l'avoir souhaité !

Vous êtes toujours présentes et cela me comble de joie ! Je suis toujours émerveillée de voir que vous appréciez autant cette histoire... Ayant à nouveau subi les aléas de la connexion internet fort aléatoire de Lozère, je n'ai pu répondre dans l'immédiat aux reviews, mais ai réussi à le faire quelques jours plus tard...

Quels rêves agitent les nuits de Rogue ? Qui est réellement Dimitri Ivanov ? L'attitude de Rogue en cours de Potions s'améliore-t-elle ?

Bienvenue à Guest, Eileen Ana, Kyara, Lorel et MaryJanee. Excellente lecture à tous/toutes !

Avertissement : passage difficile en début de chapitre

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Chapitre IV - Caractères Incompatibles

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Ce qu'elle ignorait, c'est que Rogue aussi faisait d'étranges rêves...

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["Faites ce que je vous dis ! Vous n'avez aucune idée du danger que nous courons ! hurle Bellatrix.

Elle est effrayante, comme folle. Un mince jet de feu jaillit de sa baguette et brûle le tapis en y laissant un trou.

"Emmenez ces prisonniers à la cave, Greyback. ordonne la mère de Draco. Mais sa sœur la coupe sèchement :

- Attends ! Tous sauf... sauf la Sang-de-Bourbe."

Le loup-garou émet un grognement de plaisir. Je sens mon sang qui se fige dans mes veines. Je n'ignore pas la cruauté dont peut être capable Bellatrix Lestrange : je le lis dans ses yeux déments. Ron se met à hurler :

"Non ! prenez-moi à sa place, gardez-moi si vous voulez !"

Bellatrix le frappe aussitôt en plein visage. Le coup résonne dans la pièce et me fait sursauter. J'ai peur.

"Si elle meurt pendant l'interrogatoire, c'est de toi que je m'occuperai tout de suite après. Emmène-les au sous-sol, Greyback, et enferme-les bien, mais ne leur fait rien d'autre... pas encore."

Son ton me donne la chair de poule. J'appréhende ce qui m'attend. Elle jette sa baguette au loup-garou et sort de sous sa robe un petit poignard d'argent. Elle me détache de mes amis puis me tire par les cheveux jusqu'au centre de la pièce. J'eus le temps d'entendre Greyback susurrer à Ron avant qu'il ne disparaisse vers la cave avec Harry :

"Tu crois qu'elle me laissera un morceau de la fille quand elle en aura fini avec elle ? J'en mangerais bien un ou deux bouchées, pas toi le Rouquin ?

"Comment êtes-vous entrés dans ma chambre forte ? me demande Bellatrix.

- Je ne comprends pas..."

- ENDOLORIS !"

C'est comme si un feu me dévorait de l'intérieur, brûlant tout sur son passage. C'est de l'acide brûlante qui circule dans mes veines, provoquant une combustion intolérable. Je pousse des cris déchirants, des larmes piquent mes yeux, mais cela semble au contraire attiser la violence de Bellatrix qui me questionne à nouveau :

"Est-ce que le sale petit Gobelin enfermé dans la cave vous a aidés ?

J'arrive à peine à répondre en sanglotant, encore sous le coup de l'Impardonnable :

"Nous ne sommes jamais allés dans votre chambre forte... Ce n'est pas la vraie épée ! C'est une copie, une simple copie !

- Une copie ? Sale menteuse ! Tu mens, immonde petite Sang-de-Bourbe, et je le sais ! Dis-moi la vérité ! Dis-moi la vérité !

ENDOLORIS !"

La douleur est tellement insupportable qu'elle coupe ma respiration. Chaque cellule de mon corps est traversée par cette brûlure insoutenable, chacun de mes muscles, chacun de mes os agonise dans cette souffrance, et même quand elle cesse, j'en ressens encore les répliques. Malgré moi, des hurlements s'échappent de mes lèvres. Je ne comprends pas ce que Bellatrix attend de moi. Je souffre tellement que j'accueillerai la mort avec gratitude : ne plus rien sentir, dormir jusqu'à la fin des temps, je voudrais que tout cesse... J'entends Ron qui hurle mon prénom.

"HERMIONE ! HERMIONE !"

La Folle répète sa question, brandissant son arme blanche.

"Qu'est-ce que vous avez pris d'autre ? Dis-moi la vérité ou je te transperce avec ce poignard !"] *

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Severus se réveilla en sueur, son cœur battant à tout rompre. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ce rêve, et cela ne lui disait rien qui vaille. Il savait néanmoins ce que cela signifiait : une connexion s'était établie entre Granger et lui depuis que cette mijaurée lui avait sauvé la vie contre son gré. Il ne le lui pardonnerait jamais.

Non seulement il lui devait une Dette de Vie, mais il était persuadé qu'elle avait pratiqué autre chose sur lui. Il avait perdu bien trop de sang avant de perdre connaissance, et la jeune sorcière avait dû utiliser la Magie Noire, il ne pouvait en être autrement. Savait-elle seulement ce qu'elle avait enclenché ?

La marque qu'il avait au creux de son bras droit en était une preuve. Il l'avait examinée attentivement : elle représentait une minuscule... lionne. Et il en devinait sa signification... Il avait découvert cette trace seulement à sa sortie de Sainte-Mangouste. Il avait aussitôt rendu une petite visite à Poppy, lui ordonnant de lui expliquer ce que la jeune Gryffondor avait exactement pratiqué sur lui pour le sauver car il soupçonnait un Lien du Sang. La Médicomage lui avait affirmé que la jeune fille lui avait seulement administré de la Potion Régénératrice, mais il n'en avait pas cru un traître mot.

Poppy, tout comme Minerva, était une piètre comédienne, ce qui expliquait pourquoi Albus n'avait voulu mettre aucune des deux sorcières dans la confidence, sur son véritable rôle dans la lutte contre le Seigneur des Ténèbres. La Médicomage avait, malgré ses menaces tenu bon, et ne lui avait rien avoué. Il irait donc chercher les réponses ailleurs, même si cela impliquait de les prendre par la force à la jeune Gryffondor...

Il avait donné ses souvenirs à Potter pour que ce dernier connaisse son véritable rôle et le destin qui l'attendait, mais il l'avait fait en sachant qu'il allait mourir, et qu'il n'aurait pas à affronter le regard de son entourage au courant du secret qu'il avait réussi à garder enfoui dans son cœur depuis dix-sept ans : son amour inconditionnel pour la belle Lily Evans...

Seul Albus avait partagé son secret et avait promis de ne jamais le trahir. Mais cette stupide fille avait tout gâché. Maintenant, non seulement l'ensemble de la Communauté Magique connaissait les motivations qui l'avaient poussé à espionner Voldemort pour Dumbledore, mais de plus il devait y faire face. Il en était profondément mortifié ; il était censé mourir lors de la Bataille Finale.

A présent, toutes les femelles de la Création lui couraient après, comme les abeilles autour d'un pot de miel, et il détestait cela. Lui qui avait toujours été un être solitaire, Il avait passé assez d'années à se forger une réputation de Bâtard des Cachots, voilà qu'il était devenu le centre d'intérêts de toutes ces adolescentes aux taux hormonal surélevé. Il avait dû employer tout son mépris, tout le venin dont il était capable afin que les donzelles se départissent de leurs airs énamourés à son égard et ne le poursuivissent de leurs assiduités.

Même Trelawney le couvait d'un regard attendri derrière ses lunettes triple foyer, et lors d'un déjeuner, lui avait assuré qu'il trouverait l'âme sœur à Poudlard-même, dans son très proche entourage... Saisissant l'allusion à peine déguisée de la Devineresse, il en avait avalé son morceau de paupiette de veau de travers, manquant de peu de s'étouffer.

Heureusement que la venue de son collègue Dimitri Ivanov lui avait apporté un certain soulagement de ce côté, bien qu'il se méfiât de l'homme. Ce dernier avait été réhabilité, mais Severus ne se souvenait que trop de son allégeance forcenée auprès du Seigneur des Ténèbres. Constatant que leur professeur de Potions était inaccessible, les furies avaient jeté leur dévolu sur le nouvel arrivant qui ne semblait guère se plaindre de l'attention féminine qui lui était accordée.

Le Potionniste avait surpris, alors qu'Ivanov ne se croyait pas observé, le regard empli de haine que ce dernier posait sur lui. L'ex Mangemort préparait un sale coup, cela ne faisait aucun doute. Severus décida de le surveiller dans l'ombre. N'avait-il pas espionné toute sa vie pour Dumbledore et Voldemort ? Il n'ignorait pas que de nombreux partisans du Seigneur des Ténèbres cherchaient à se venger de lui et essayaient de lui nuire par tous les moyens. Dimitri était certainement l'un d'entre eux, il le démasquerait...

Il avait bien essayé de mettre en garde Minerva, mais elle lui avait rétorqué avec véhémence :

"Tout le monde a droit à une deuxième chance, Severus. Je suis parfaitement informée des antécédents de Dimitri, mais il a pu prouver qu'il s'était repenti et regrettait amèrement toutes les mauvaises actions commises, qu'il avait été aveuglé par l'idéologie prônée par Voldemort. Il a permis au Magenmagot d'arrêter d'anciens Mangemorts grâce aux informations qu'il leur a fournies..."

Le Serpentard lui avait coupé la parole brutalement :

"Minerva, je connais bien ce sorcier, et je doute fortement de sa repentance. Je puis t'affirmer que de l'avoir engagé comme professeur à Poudlard, c'est comme si tu avais lâché le loup dans la bergerie... Tu t'en mordras les doigts !"

Mais l'Ecossaise était restée campée sur ses positions et Severus était reparti de l'entrevue furieux et déçu. Il n'avait pu s'empêcher de grommeler dans sa barbe :

"Ces Gryffondors, tous les mêmes : ils ne voient jamais le Mal, et ne comprennent pas que certaines personnes sont irrémédiablement exemptes de toute rédemption..."

Il s'en était retourné dans la solitude de son Donjon, celle qu'il avait toujours connue et qui ne l'avait jamais trahi.

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Les cours de DCFM étaient fort intéressants : le professeur était un sorcier pédagogue, patient et très doué. Les élèves ne tarissaient pas d'éloges sur l'homme. Ses interventions étaient passionnantes, même si Hermione trouvait que le niveau n'était pas assez élevé pour des septièmes années. A la fin de l'une des classes, la jeune fille était restée en retrait. Tandis qu'il rangeait son matériel dans sa serviette, Ivanov lui demanda, le regard chaleureux et la voix séductrice :

"Vous désirez quelque chose, Miss Granger ?

- Eh bien professeur, je ne voudrais pas paraître présomptueuse en remettant en question la teneur de vos apprentissages, mais... les Sorts et Sortilèges que vous nous enseignez, nous les avons déjà étudiés avec le professeur Rogue en sixième année... Ne devrions-nous pas étudier des Sorts plus compliqués ?"

Le sorcier ne se départit pas de son sourire. Il répondit doucement :

"Je comprends tout à fait votre point de vue, Miss Granger, mais la lutte contre les Forces du Mal étant terminée, le Ministère de la Magie n'a pas jugé utile d'approfondir les leçons de DCFM à un niveau très élevé... Les directives ministérielles m'imposent de vous enseigner le programme de sixième année. Veuillez bien croire que je n'y suis pour rien...

- Ah, effectivement, je comprends mieux maintenant. Je suis désolée de vous avoir fait perdre votre temps, professeur. répondit la jeune fille, un soupçon de remords dans la voix.

- Ne vous excusez pas : c'est tout à votre honneur de vous inquiéter sur les enseignements dispensés.

- Merci, Monsieur." répondit Hermione en commençant à faire demi-tour.

- J'ai une requête à formuler, Miss Granger : accepteriez-vous de boire un verre avec moi samedi, lors de la sortie à Pré-au-Lard ?" ajouta-t-il sur un ton badin.

Les joues de la sorcière se teintèrent de rose, l'étonnement au fond de ses yeux Whisky. Malgré tout flattée, elle déclara :

"C'est-à-dire, que je dois m'y rendre avec mes amis pour y faire des emplettes...

- Mais qu'à cela ne tienne, vous n'aurez qu'à me rejoindre à l'auberge des "Trois Balais" après avoir effectué vos achats, nous pourrons discuter sereinement de ces Sorts que vous auriez tellement aimé apprendre... rétorqua le sorcier d'une voix persuasive.

Hermione n'hésita pas longtemps.

- Eh bien, ma foi, la conversation promet d'être intéressante, je vous y rejoindrai donc.

- Parfait ! Alors disons vers dix-huit heures. Nous devons être de retour au Château à vingt heures. A samedi, Miss Granger !

- Au revoir, professeur."

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Hermione appréhendait les cours de Potions. Si lors de la première séance Rogue ne lui avait pas adressé la parole, maintenant c'était seulement dans le but de la dévaloriser sans cesse. Personne ne trouvait grâce à ses yeux, pas même les Serpentards auxquels il retira également des points, ce qu'il n'avait jamais fait dans toute sa carrière d'enseignant. Bien entendu, les Gryffondors restaient sa cible prioritaire, et devant le nombre affolant de points perdus par cette Maison en l'espace de quinze jours, Minerva dut intervenir auprès de Severus afin qu'il cessât d'ôter autant de points, car le nombre de grains serait sous peu négatif, ce qui ne s'était jamais produit depuis la création de Poudlard. Le sorcier s'était contenté de répondre par un sarcasme peu amène sur l'éternel favoritisme dont jouissaient les Gryffondors. Ce qu'il ne pouvait retirer en points, il se promit de le faire payer en remarques acerbes et en retenues. Il tint parole.

Lors de l'un de ses cours, alors que les élèves devaient concocter une potion particulièrement délicate, le sorcier circulait dans les rangs afin de vérifier que tout se déroulait conformément à ses instructions.

Harry avait pris l'habitude de travailler en binôme avec Neville, tandis qu'Hermione aidait Ron. Mais là, Rogue avait formellement ordonné que la potion fût élaborée de manière individuelle. Anticipant le désastre qui n'allait pas manquer de se produire si Neville ajoutait la racine d'ellébore au lieu des trois plumes de Jobberknoll dans son chaudron, Harry se jeta sur le récipient de son camarade afin de l'empêcher de commettre l'irréparable. Il lança un :

"Evanesco !"

"Monsieur Potter ! Comment osez-vous ? Vous vous prenez pour un Maître de Potions ? Vous ai-je autorisé à intervenir ? Non, bien sûr, mais votre arrogance vous donne toutes les permissions ! Vous n'avez guère changé, toujours plein de suffisance..." s'écria Rogue en s'approchant rapidement du jeune homme. Il ajouta, la voix pleine d'une colère sourde :

"Je vous mets en retenue pour un mois, tous les soirs de la semaine, le samedi y compris."

Harry, de même que l'ensemble de la classe, semblait tétanisé, l'on eut pu entendre le vol d'une mouche. C'est alors qu'une voix féminine s'écria :

"Non ! Vous n'avez pas le droit !"

Un silence mortel plana dans la classe. Tous les regards s'étaient figés en direction d'Hermione puis de Rogue, dans l'attente de sa réaction. Ce dernier exultait intérieurement : enfin il allait pouvoir remettre à sa place la jeune fille, lui faire payer le lien qui existait entre eux et qu'il refusait.

"Miss Granger, je crois avoir mal compris..." sa voix dégoulinait de sarcasme.

Mais Hermione ne voulait pas baisser la tête. Harry ne méritait pas pareille punition : un mois de retenue équivalait à manquer tous les entraînements de Quidditch, et par voie de conséquence à rater le premier match qui devait se jouer contre l'équipe de Poufsouffle dans trois semaines et demie.

"Vous... ne pouvez pas le mettre en retenue durant un mois... C'est trop injuste, il ne le mérite pas, pas après ce qu'il a fait pour v...

- Ne dites pas un mot de plus, Miss Granger !" siffla Rogue sur un ton dangereux.

Mais tous les élèves avaient parfaitement saisi l'allusion : nul n'ignorait que si leur professeur avait échappé à Azkhaban, c'était en grande partie grâce au témoignage de Harry en sa faveur lors de son procès.

Ron souffla discrètement à son amie :

"Tais-toi Hermione, tais-toi !"

Mais cette dernière s'était levée et toisait Rogue qui s'était approché de son bureau, cherchant à en imposer par sa grande taille. Mais la jeune fille ne baissa pas les yeux, sous les regards horrifiés de ses amis, interloqués des Serpentards. La voix doucereuse du Maître de Potions s'éleva :

"Donc Miss Granger, vous estimez que la sanction que j'ai infligée à Potter est... injuste, c'est cela ?

- Oui. répondit-elle sans quitter les obsidiennes au fond desquelles brillait une lueur sournoise.

- Eh bien, voilà qui a le mérite d'être clair Miss Granger. Et votre insolence, ne mérite-t-elle pas d'être sanctionnée ?

- Si vous le dites..."

Des murmures désapprobateurs circulèrent entre les rangs. Le rat de bibliothèque, la première de la classe, la Miss-Je-Sais-Tout osait bafouer l'autorité du professeur le plus craint de Poudlard depuis sa création ! Le sorcier asséna avec un sourire déplaisant sur les lèvres :

"Alors c'est vous qui irez en retenue à la place de Potter durant un mois, quatre soirs par semaine : lundi, mardi, jeudi et vendredi, sans compter les samedis après-midi."

Il ajouta, avant qu'Hermione ne prît la parole :

"Et si vous ouvrez la bouche pour contester cette punition, chaque mot que vous prononcerez fera perdre cinq points à votre Maison. Ai-je été assez clair, Miss Granger ?"

Le rouge de la honte brûlait les joues de la Gryffondor et ses yeux s'emplirent de larmes qu'elle contint difficilement. Elle qui n'avait jamais écopé de la moindre punition, de la moindre remontrance par les autres enseignants, voilà qu'elle se retrouvait en retenue, même le samedi. Par Merlin ! Elle sentait à côté d'elle ses amis qui mouraient d'envie de prendre sa défense. Mais Harry, Ron, Neville et Ginny savaient pertinemment que si l'un d'entre eux intervenait, Rogue en profiterait pour tous les sanctionner.

Hermione ne pourrait se rendre ni à Pré-au-Lard pour faire des emplettes, ni au rendez-vous fixé par le professeur Ivanov... Il fallait qu'elle négocie ce samedi avec un autre jour, le mercredi par exemple. Voyant que Rogue était en attente de sa réponse, elle déclara simplement, d'une voix faible :

"Oui, professeur."

Ayant obtenu satisfaction, l'homme s'en retourna vers son bureau dans son envol de robe coutumier. Même Draco se sentait désolé pour Hermione ; il trouvait que Rogue exagérait. Seule Pansy poussa un ricanement que perçut le Maître des Potions. Sans se retourner, il lâcha de sa voix soyeuse un laconique :

"Cinq points en moins pour Serpentard, Miss Parkinson."

Le cours se termina sans autre incident, seul un silence de plomb régna jusqu'à la sonnerie de la cloche annonçant la fin des cours. Les élèves ne se le firent pas dire deux fois pour sortir en trombe de la classe. Hermione s'approcha de Rogue qui l'ignora totalement. Au bout d'une minute, elle avança une main vers la manche de Rogue mais il l'éloigna aussitôt.

"Que pensiez-vous faire ? demanda-t-il sur un ton glacial, en levant un sourcil sardonique.

- Puis-je avoir un entretien, professeur ? C'est au sujet des retenues... tenta la jeune fille, en reprenant sa main. Serait-il possible de reporter la retenue de ce samedi après-midi au mercredi ? Juste pour cette fois ?

La réponse fusa, cinglante :

- Je ne veux rien savoir. Vous viendrez me rejoindre dans les cachots, les jours que je vous ai attribués, à dix-huit heures précises, et je ne vous conseille pas d'avoir, ne serait-ce qu'une minute de retard..."

Comprenant qu'elle se trouvait devant une fin de non-recevoir, Hermione tourna les talons, dépitée. Elle retrouva dans le couloir ses amis qui tentèrent de la consoler, accusant Rogue de n'être encore et toujours que l'immonde Bâtard Graisseux, la Chauve-Souris des Cachots. Harry alla trouver Mc Gonagall malgré l'opposition d'Hermione qui craignait que cela n'attise encore plus la vindicte de Rogue à son encontre.

La Directrice convoqua ce dernier qui, comme il fallait s'y attendre, refusa tout net de revenir sur la sanction infligée à sa protégée. Tout la classe avait été témoin de son acte d'insubordination, Miss Granger paierait pour son insolence, Préfète-en-Chef ou pas, son autorité d'enseignant était en jeu, il ne faiblirait pas, il ne capitulerait pas. Mc Gonagall avait également convoqué Hermione, et cette dernière avait reconnu ses torts : elle avait répondu avec insolence au Maître des Potions et elle méritait la sanction, aussi lourde fut-elle. Elle ne voulait pas que Rogue s'en prît à nouveau à Harry.

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Le soir-même, à dix-huit heures tapantes, Hermione frappa à la porte du cachot.

"Entrez, Miss Granger."

La jeune fille pénétra dans la pièce et attendit les instructions qui ne tardèrent pas. Rogue ne daigna pas lever la tête pour lui adresser la parole sur un ton impersonnel :

"Vous allez nettoyer l'arrière-salle de fond en comble, ainsi que les chaudrons qui s'y trouvent. Vous n'aurez pas le droit d'utiliser la magie, seulement l'huile de coude et les nettoyants et ustensiles appropriés que vous trouverez dans ce placard. Laissez votre baguette ici.

- Oui, Monsieur." répondit-elle d'une voix douce, en déposant sa baguette sur le bureau qui claqua dans le silence.

Hermione obtempéra aussitôt et se dirigea vers le placard indiqué et se servit des produits et ustensiles dont elle aurait besoin. Ensuite, elle entra dans l'arrière-salle et eut un mouvement de recul. Une dizaine de chaudrons étaient entreposés, distillant des odeurs absolument écœurantes, qui firent plisser le nez de la jeune fille. Bien entendu, quand elle se pencha au-dessus, ils étaient dans un état absolument déplorable, revêtus de matières grasses, collantes, putrides. Elle soupçonnait que Rogue avait encrassé lui-même les récipients afin de lui donner une corvée des plus fastidieuses : aucun élève ne rendait son chaudron dans cet état, pas même les premières années.

La sorcière savait que l'homme attendait de sa part qu'elle refusât de nettoyer, mais elle ne lui donnerait pas le plaisir de la sanctionner plus encore. Elle releva sa chevelure touffue et la fit maintenir à l'aide d'une pince. Elle ôta sa robe de sorcière pour ne rester qu'en jean ainsi qu'un tee-shirt à manches trois-quarts, qu'elle releva au dessus des coudes. Elle remplit un seau d'eau chaude, y versa du détergent, prit une brosse qu'elle trempa dans l'eau savonneuse et commença le nettoyage en poussant un soupir.

La tâche s'annonçait ardue, mais Hermione ne se découragea pas. Au bout d'une heure, pour ce donner du cœur à l'ouvrage, elle se mit à fredonner des chansons apprises durant son enfance et son adolescence, sans s'inquiéter que Rogue l'entendît. Mais ce dernier ne perdait rien des vocalises de la jeune Gryffondor. Il dut s'avouer au fond de lui qu'elle avait un joli brin de voix, riche, aux profondes sonorités d'alto, qui pénétrait son cœur, le tréfonds de son âme et que... Reprenant ses esprits, il ne supporta plus de l'écouter, c'était comme le chant des sirènes qui vous envoûtait et vous conduisait à votre perte, sans espoir de retour. Il fallait qu'elle cessât de chanter sur-le-champ.

Il se leva et se dirigea vers l'arrière-salle, dans l'intention de surprendre la jeune fille et de lui flanquer la frousse de sa vie mais quand il ouvrit la porte déjà entrebâillée, il découvrit la sorcière de dos, penchée sur un chaudron, un ravissant postérieur aux courbes voluptueuses, celles d'une femme, à n'en pas douter, qui le narguait. Son regard remonta sur la taille fine dont il pourrait faire le tour avec ses mains aux longs doigts. Ses cheveux étaient relevés, dégageant la nuque mince sur laquelle une goutte de sueur glissait, de la racine d'une mèche pour se perdre dans le col de son tee-shirt, laissant une traînée humide sur la peau veloutée.

Malgré les odeurs tenaces désagréables combinées à celles des produits d'entretien, son nez de connaisseur percevait les fragrances subtiles des senteurs florales, dont la rose et le jasmin en étaient la quintessence, et qui émanaient du derme juvénile.

Il sentit quelque chose remuer dans son pantalon et comprit qu'il était temps de se ressaisir et de houspiller la Gryffondor. Il n'avait jamais convoité une élève, et n'allait pas commencer, surtout pas elle... Hermione se retourna à ce moment et Rogue resta interdit : une petite langue rose sortait des lèvres charnues pour les humidifier, le visage était rougi par l'effort, et ô comble du vice, les pointes des jeunes seins saillaient sous le tee-shirt.

Leurs regards se croisèrent, et la jeune fille ne plongea pas dans un tunnel sombre, mais reconnut dans les yeux du sorcier des émotions qu'elle n'aurait jamais cru voir : une flamme brûlante, de la concupiscence à l'état brut, une passion sauvage. Elle était comme hypnotisée par cette lueur incandescente qui la fit frémir des pieds à la tête, la rendant vulnérable. Son cœur, devenu subitement indocile, se mit à pulser furieusement dans sa poitrine.

Rogue lut sur le visage empourpré de la jeune fille comme un trouble, un émoi pareil au sien. Une envie irrépressible de dégager les mèches collées sur son front l'envahit. Il secoua sa tête, reprit son habituel masque impénétrable et rugit :

"Sortez, Miss Granger ! Sortez de suite !

- Mais, professeur, je n'ai pas...

- Sortez immédiatement !" hurla-t-il à nouveau. Il s'écarta pour la laisser passer, se sachant perdu si leurs corps se touchaient, même par inadvertance.

"Et demain, vous astiquerez dans une tenue plus décente, vous entendez ? ajouta-t-il sur un ton furieux.

- Oui, Monsieur." répondit Hermione en récupérant sa robe qu'elle se hâta d'enfiler et ensuite sa baguette. Elle sortit précipitamment de la pièce, refermant un peu abruptement la porte derrière elle.

Elle se rendit aussitôt en direction de la Grande Salle devant laquelle l'attendaient ses amis, curieux de connaître le déroulement de sa première retenue.

"Alors ? la pressa Ginny, tandis que Ron et Harry l'entouraient.

- Eh bien, il s'est fait une joie de me faire récurer des chaudrons absolument dégoûtants, sans magie, bien entendu, mais je me suis tu, sachant qu'il espérait une rébellion de ma part, et ai nettoyé du mieux que j'ai pu...

- Le bâtard ! s'exclama Ron.

- Hermione, je n'oublierai jamais ce que tu as fait pour moi, renchérit Harry en posant une main affectueuse sur le bras de son amie.

- Bah, c'était la moindre des choses, je ne pouvais pas laisser Rogue te priver de Quidditch."

En réponse, trois sourires éclairèrent le visage de ses amis, et les quatre jeunes gens pénétrèrent dans la Grande Salle, bras dessus, bras dessous. Hermione mourait de faim.

Le lendemain, la jeune fille se présenta à nouveau pour sa retenue. Elle n'attendit pas les ordres du sorcier qui semblait très occupé à corriger des devoirs, grattant sa plume d'une main fébrile sur un parchemin, et se précipita vers l'arrière-salle pour y effectuer sa corvée. Rogue lui ayant recommandé de porter une tenue décente, elle avait certes conservé sa robe de sorcière, mais s'était vêtue plus légèrement dessous, sachant qu'elle aurait encore à subir la chaleur.

Elle avait à nouveau laissé la porte légèrement entrouverte afin de faire rentrer de l'air frais dans la pièce aux effluves nauséabonds. Elle frottait consciencieusement un chaudron lorsqu'elle entendit toquer à la porte du cachot. La voix mesurée de Rogue s'éleva :

"Entrez."

Un grincement de porte, puis une voix basse :

- Je dois te parler, Severus, c'est urgent..."

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* Dans le passage entre crochets, ce qui est écrit en italique est extrait du Tome VII "Les Reliques de la Mort", le reste provient simplement de mon cerveau...

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Un p'tit hop ?