Merci à Lunastrelle, Sissi72-me et Memelyne pour leurs reviews.

Et merci à Dogywoman, Memelyne et Leenachan pour avoir mis mon histoire en Alert et en favoris !

Bonne lecture à tous.

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à J. R. R. Tolkien, sauf Ellora, Hélène, Steve et cie.


Chapitre 4 :

L'esprit du Vieux Saule

Ellora s'éveilla en sursaut. Elle avait rêvé que des milliers de petites racines pleines d'épines sortaient du sol et grimpaient sur elle, pour l'emmener sous terre et la dévorer.

Elle vit que Frodon et Sam s'éveillaient à peine, tout comme elle. Merry et Pippin dormaient un peu plus profondément, eux. Les deux autres Hobbits s'empressèrent de les réveiller.

Sans un mot, tout le monde mangea rapidement un morceau de pain et du fromage puis on se remit en marche à travers la Vieille Forêt.

L'air s'était curieusement fait moins lourd. L'ambiance avait changé, tous le sentaient. Une menace planait toujours, mais… c'était comme si une sorte d'excitation régnait, comme s'ils n'étaient plus très loin de quelque chose qui allait se produire…

Ellora secoua la tête. À force de rester dans cette ignoble forêt, elle allait perdre l'esprit, et les Hobbits avec elle !

Ils se mirent en route à travers la forêt. Plus aucun arbre ne leur barra la route au fil de leur voyage. Ils arrivèrent bientôt près d'une rivière. Ils se mirent à la suivre. Le ciel était toujours gris, et un soleil rond et jaunâtre éclairait le chemin.

Ils finirent par arriver dans une clairière où se tenait un grand saule pleureur. Ellora respira à pleins poumons. L'air était délicieusement frais, ici !

Chose curieuse, le craquement des branches des arbres était bien plus fort, ici. Et une étrange mélodie semblait résonner dans les airs, comme un petit air, une berceuse qui donnait envie de dormir…

Elle vit Merry s'asseoir à même le sol en bâillant.

« Je ne peux pas continuer. Je dois me reposer », dit-il avant de s'allonger.

Ce fut au tour de Pippin de l'imiter, en vantant l'air si frais sous ce saule, et l'absence de vilaines mouches et de moustiques.

Ellora sentit soudain la bague à sa main vibrer. Elle la regarda, et vit qu'elle avait toujours cette étrange couleur grise, mais que de petites veines de lueur verdâtres la zébraient.

Ellora plissa les yeux : est-ce qu'elle rêvait, ou les branches de cet arbre s'agitaient comme de grands doigts de sorcière au-dessus de la tête de Sam ?

« Je n'aime pas cet arbre. Ne lui faites pas confiance. Vous l'entendez chanter le sommeil ? Ce n'est pas normal… pas normââââââl du tout », dit Sam en bâillant.

Ellora regarda Frodon. Il avait la tête qui dodelinait dangereusement. Cette fois, il n'y avait pas de doute : cet arbre était en train d'endormir ses amis !

Sans hésiter, elle prit Frodon par les épaules et l'éloigna du feuillage de l'arbre. Le Hobbit cligna des yeux et la regarda avec l'air surpris, comme s'il avait été tiré d'un rêve fort prenant.

« Ellora ? Je… j'ai eu sommeil, tout à coup… »

« Je sais… »

Elle n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit. Elle venait d'entendre un nouveau craquement, plus sinistre que les autres. Elle se retourna, et vit que Sam dormait toujours dans un coin. Merry et Pippin, eux, étaient coincés dans le tronc de l'arbre.

« Oh non ! C'est horrible ! » dit Frodon.

Ellora se jeta sur Sam et se mit à le secouer.

« Réveillez-vous ! ALLEZ ! » dit-elle en lui infligeant une claque.

Sam se réveilla péniblement, et regarda autour de lui avant de se redresser puis courir aider Frodon, qui frappait maintenant le tronc avec un bâton trouvé par terre. Ellora se joignit au groupe et se mit à frapper avec Sam à l'aide d'autres bâtons.

Mais rien n'y fit. Les Hobbits se précipitèrent alors vers la fissure pour tenter d'en dégager les malheureux. Ellora s'approcha et voulut poser ses mains sur l'écorce pour les aider, mais lorsque ses mains entrèrent en contact avec le bois, l'anneau à son doigt se mit à vibrer.

La jeune fille sentit soudain quelque chose de bizarre. Elle avait l'impression d'être l'arbre, elle pouvait sentir tout son être, ses racines qui plongeaient dans la terre, l'eau, puis la terre, et le feu, bien plus loin. Elle sentit son esprit se tendre vers lui ces autres arbres alentour, puis ceux de toute la forêt. C'était comme si elle avait réussi à mettre le cœur des arbres à nu. Elle pouvait lire leurs pensées, noires, étranges, emplies de la haine des êtres qui vont et viennent librement sur terre. Et le Grand Saule : son cœur était pourri, mais sa force verte. C'était un arbre rusé, pouvant commander aux vents, et c'était lui le dominateur sur presque tous les arbres de la Forêt.

Soudain, Ellora ne lut plus rien. Il venait de l'arrêter. L'esprit du Grand Saule l'avait vue. Et il était furieux qu'une misérable petite chose rampante, à peine plus grande qu'un buisson, ose lire en lui de cette façon.

La jeune fille voulut se débattre, mais la conscience du saule l'enveloppait, l'emprisonnait dans des racines invisibles. Elle en avait assez maintenant. Elle voulait revenir chez elle, dans son monde, à la maison, avec son père aimant et sa mère indifférente… Sa mère…

Soudain, Ellora sentit la conscience du Saule changer. Il semblait toujours fâché, mais aussi curieux. Il avait trouvé quelque chose qui suscitait sa curiosité. Il tendit ses racines vers ce souvenir.

Ellora vit avec surprise un paysage se dessiner autour d'elle. C'était le parc où elle se promenait petite. Elle n'avait que trois ans et demi ce jour-là, c'était un beau matin d'été. Sa mère, Hélène, était encore quelqu'un de normal, une mère aimant son enfant. Elle riait, car la petite Ellora de trois ans et demi sautillait sur place en lui demandant une glace, trois boules au chocolat.

Et tandis que toutes deux marchaient main dans la main vers le kiosque du marchand à glaces, Hélène chantait. Un air étrange, dans une langue qu'Ellora ne connaissait pas.

Soudain, tout s'évanouit. Ellora ouvrit les yeux, et se retrouva au pied du Grand Saule. Merry et Pippin étaient toujours coincés. Sam la regardait avec l'air inquiet, et Frodon accourait un peu plus loin, avec un drôle de bonhomme barbu, qui faisait juste une tête de plus que les Hobbits.

« Holà ! Vieil Homme-Saule ! Veux-tu bien les laisser sortir ! Tu ne devrais pas être éveillé. Mange de la terre ! Creuse profond ! Bois de l'eau ! Dors ! Bombadil parle ! »

Le Grand Saule émit un craquement, puis la fissure s'élargit, laissant les deux Hobbits en sortir. Ceux-ci se confondirent alors en remerciements auprès de Tom qui leur répondit en riant que ce n'était rien.

Ellora voulut le remercier, mais aucun mot ne sortit de sa gorge. Elle était encore sous le choc de ce qui s'était passé avec le vieux saule.

Tom Bombadil leur fit signe de le suivre, il les emmenait chez lui. Les compagnons se mirent en route. Alors qu'ils marchaient, Ellora sentit quelqu'un sur la manche de sa veste. Elle baissa les yeux et vit Sam près d'elle.

« Vous allez bien, mademoiselle Ellora ? »

« Je… ne sais pas », dit la jeune fille, d'une voix tremblante.

« Vous sembliez si lointaine, près de ce méchant saule ! J'ai eu peur pour vous. »

Ellora lui répondit par un sourire reconnaissant. Ils arrivèrent bientôt devant une immense maison devant une rivière. Elle ressemblait à première vue à une chaumière, mais les murs étaient clairs et les fenêtres faites de jolis vitraux colorés.

Ils entrèrent et traversèrent un couloir avant d'arriver dans une salle où assise devant une cheminée, une femme leva les yeux pour les regarder. Tous furent saisis par sa beauté. Elle avait de longs cheveux dorés qui ondulaient sur ses épaules, et portait une belle robe verte comme les roseaux, avec une ceinture dorée. Elle était pieds nus, et autour d'elle s'étalaient des pots, des vases et des plantes.

« Tom, tu ne m'avais pas dit que nous aurions des invités ! Soyez les bienvenus, mes amis ! » dit-elle en se levant pour s'approcher d'eux.

« Voici ma Baie d'Or, la plus jolie fleur de la rivière ! » dit Tom d'une voix toujours enjouée, mais emplie également de douceur.

« Vous êtes les maîtres de cette forêt, tous les deux ? » demanda Frodon.

À ces mots, Baie d'Or perdit le sourire.

« Oh non, ce serait là un fardeau. Mais Tom est le maître », dit Baie d'Or.

« Allons ! Il est temps de manger ! » dit Tom, en battant des mains.

Ils s'en furent tous manger dans une autre salle où se tenait une grande table, avec des couverts et des plats appétissants.

Ellora mangea avec le sourire. Elle rit en regardant la façon dont les Hobbits se nourrissaient, ils mangeaient plus vite que son chien Alaska quand on lui donnait sa gamelle de croquettes ! La jeune fille se sentait étrangement bien depuis qu'elle avait franchi le seuil de la maison de Tom : comme si le sombre pouvoir qui régnait dans la forêt ne pouvait entrer dans la demeure ce mystérieux monsieur.

Pendant tout le repas, ce dernier parla gaiement et chanta. Puis soudain, sans prévenir, il se tourna vers Frodon assis à sa gauche, et lui tendit sa grande main brune.

« Montrez-moi l'Anneau Unique. »

Ellora fronça des sourcils. De quoi parlait-il ? Frodon lui donna un petit anneau doré. Le vieil homme le regarda puis, avec un grand éclat de rire, le mit à son petit doigt. Les Hobbits parurent stupéfaits. Ellora n'y comprenait rien. Quoi ? Il avait mis l'anneau, bon, et après ? Il ne se passait rien…

Tom le fit sauter de son doigt puis le tendit à Frodon en riant toujours. Ce dernier regarda l'anneau avec méfiance, comme s'il avait peur que Tom lui en ait donné un autre, puis le mit à son doigt.

Cette fois, Ellora fut soufflée, comme les autres. Frodon avait disparu ! Tom s'en aperçut et s'écria : « Helà, Frodon ! Ne partez pas si loin, revenez ici ! Allez, le vieux Tom n'est pas encore aveugle. Ôtez l'Anneau, votre main est plus belle sans lui. »

Frodon réapparut, avec l'Anneau détaché de son doigt. Ellora secoua la tête. Cette fois, elle en était sûre : elle était tombée dans un monde de dingues !

Tom se tourna ensuite vers elle.

« Et vous, jeune fille, quel plaisir de vous voir revenir, même en ces temps si étranges ! »

Revenir ? De quoi parlait-il ? Elle n'était jamais venue ici.

« Euh, vous devez me confondre avec quelqu'un d'autre, moi, je viens de… »

« Je sais, je sais ! Vous ne vous rappelez pas encore, mais cela viendra ! Fiez-vous à vos souvenirs, aussi fugaces soient-ils, et le reste se fera tout seul. Vous avez également un livre pour vous aider. »

Il tendit le doigt vers le sac que la jeune fille avait posé au pied de sa chaise.

« Vous connaissez ce livre ? Vous pouvez le traduire ? » demanda Ellora avec espoir.

« Le traduire ? Pourquoi faire ? Le livre se traduit tout seul ! Il change, s'écrit et s'efface lorsque bon lui semble. »

Ellora regarda les Hobbits, espérant qu'ils pourraient l'aider, mais eux-mêmes ne semblaient rien comprendre aux paroles du vieux Tom.

« À présent, il est l'heure d'aller dormir, les chers petits amis. Je vais vous conduire à vos chambres », dit Tom en se levant.

Baie d'Or s'approcha d'Ellora et lui tendit la main. La jeune fille comprit qu'elle aurait sa propre chambre, ce soir. Elle suivit la belle dame à travers un couloir jusqu'à une porte où était gravée un motif de nénuphars avec une étoile argentée au-dessus.

Lorsqu'Ellora entra dans la chambre, elle ne put retenir un « Waouh ! » d'admiration. Les murs étaient peints du bleu de la nuit, et des jolies perles y étaient dispersées, brillant comme des gouttes de rosée ou des étoiles. Le chant de l'eau résonnait dans la pièce. Le lit au fond était moelleux et doux au toucher. Une robe était posée sur les draps. Elle était un peu comme celle de Baie d'Or, mais sa couleur verte était plus proche de celles des aiguilles du sapin, avec une ceinture serrée à la taille, pour ensuite s'évaser vers le bas. Les manches s'évasaient aussi à partir du coude, et s'arrêtaient aux poignets. Des chaussures en cuir à lacer autour des cheveux et une petite ceinture en cuir complétaient le tout.

« Cette tenue sera bien plus commode pour votre voyage avec vos compagnons », dit Baie d'Or.

Ellora se tourna vers elle et la remercia. La dame lui répondit par un de ses magnifiques sourires.

« Reposez-vous bien maintenant, avec le chant de la rivière et le murmure des étoiles pour seule compagnie, comme pour vos amis », dit-elle, avant de se retirer.

Une fois seule, Ellora s'assit sur le lit et regarda un moment autour d'elle, avant de faire le point sur sa journée. Elle repensa aux paroles du vieux Tom, quand elle réalisa qu'ils n'avaient pas abordé le sujet de sa mystérieuse bague, apparue dès son arrivée dans la forêt. Et Frodon avait apparemment un bijou magique, lui aussi. Un anneau pouvant rendre invisible. Curieux, Tom n'avait pas disparu en le portant, lui. Pourquoi ? Que se serait-il passé s'il avait utilisé son anneau à elle ?

La jeune fille sortit son livre de son sac et l'ouvrit. Les pages étaient toujours aussi incompréhensibles qu'avant. Elle poussa un soupir et se prépara à le refermer, quand un étrange phénomène se produisit : les caractères changeaient ! Ils passaient de l'elfique à l'alphabet français. Ellora put alors le feuilleter. Il y avait beaucoup de poèmes, d'histoires, mais tous évoquaient des formules magiques et des récits sur des créatures fabuleuses tels que les Elfes, les Hobbits, les Nains, les dragons et bien d'autres encore.

Elle tomba sur une page parlant du Saule de la Vieille Forêt. La chanson que Tom avait utilisée pour le calmer s'y trouvait. Il n'y avait rien d'autre, sinon un avertissement : « Ne restez pas sous son feuillage, ou vous tomberez dans un sommeil sans âge. »

Merci, je m'en souviendrai ! pensa la jeune fille en refermant le livre d'un coup sec.

Elle se mit au lit, épuisée par cette journée riche en émotions.