JAMAIS DEUX SANS TOI

Midori M.

Disclaimer : Les personnages de l'univers d' Harry Potter ne m'appartiennent pas mais sont issus de l'imagination fertile de J.K. Rowling, je n'en retire aucun profit pécuniaire de la publication de cette fic. Toute ressemblance avec des lieux, personnages, évènements réels s'étant produits pourraient être totalement non fortuit.

Rating général : M

pour ce chapitre : K+/T

Pairing : FWDMGW, un soupçon de HPGW (urg), RWHG, FWxOC

Note : Cela fait bien longtemps que je n'avais pas publié, les raisons sont multiples, variées et valables. A cela c'est ajouté mon hésitation à poster de nouveau, mais en relisant vos reviews, force est de croire que je vous devais au moins cela chères lectrices, qui n'avez jamais cessé de croire en mes modestes histoires -rires-

Sur ce, une suite attendue (oubliée ?) pour certains, une intrigue nouvellement découverte pour d'autres, au plaisir de vous lire en fin de ce chapitre !

Une très chaleureuse pensée à tous les fervents et très patients lecteurs de cette histoire qui ont ravivé la flamme de ma plume.

FWDMGWFWDMGWFWDMGW

Dire deux mots (n)

FWDMGWFWDMGWFWDMGW

- Entrez, aboya une voix sèche, pourtant étouffée par la lourde porte d'ébène.

Fred inspira un grand coup, priant par tous les mages de ressortir aussi vite que possible de l'antre du professeur Rogue, quand la porte s'ouvrit soudainement.

- Professeur., marmonna Fred en rentrant prestement dans la pièce. Le ténébreux maître des Potions était penché par dessus un chaudron d'où s'échappait des volutes de fumée qui se condensaient en fleurs de lys rouges.

Le professeur Rogue ne lui répondit pas, aussi le gryffondor finit par toussoter pour faire remarquer sa présence.

Fred vit les sourcils de l'homme se froncer, et il tapota sa baguette sur le rebord du chaudron, avant de se retourner vers lui, visiblement irrité.

- Et bien M. Weasley, ne restez donc pas planté là comme une Mandragore ! Quoique les mandragores sont encore d'une utilité précieuse…

- Je suis venu parce que vous m'avez demandé de vous suivre Monsieur, mais si vous n'avez pas besoin de moi… , Fred ne se sentait pas particulièrement nerveux, mais la chaleur de la salle poissait sa peau d'une manière très désagréable.

- M. Weasley, que cela soit bien clair, je n'éprouve aucun intérêt pour vous et vos petites facéties de garnement en pleine rébellion ; mais…Voyez-vous…

La voix susurrante du professeur Rogue vrillait insupportablement les oreilles du rouquin. Non, il ne voyait définitivement pas où Rogue voulait en venir, ou plutôt, il ne comprenait pas en quoi il voulait lui parler, qu'il lui colle sa retenue, qu'il puisse rejoindre les autres en paix ! !

M. Weasley, vous me ferez le plaisir de m'écouter quand je vous parle au lieu de fixer le vide ainsi, vos parents ne vous ont donc jamais rien appris ?

Fred sursauta à l'allusion et soutint le regard noir du plus âgé.

- En ce qui concerne ce qui s'est passé avec Mal- avec Draco Malfoy, j'en prends la responsabilité, je lui ai fait boire une fiole de Pimentine, je ne pensais pas qu'il réagirait aussi mal…L'origine de mon acte inconsidéré vient d'une insulte qu'il a lancé. Sur mon frère et mes parents., Fred avait tout dit d'une traite, et bien qu'il ne se soit pas dérobé aux yeux scrutateurs du professeur, il sentit ses oreilles s'échauffer.

- Je doute qu'une simple fiole de Pimentine ait provoqué l'état désastreux de M. Malfoy, Monsieur Weasley, répondit le professeur Rogue avec un claquement de langue.

- C'était…De la Pimentine améliorée. Professeur.

- De la Pimentine améliorée…Et qu'est-ce qu'un simple que dis-je, bien piètre élève comme vous, a pu apporter comme "améliorations" à une potion de Glover Hipworth ?

Fred ne désirait pas se démonter devant un professeur aussi cinglé et rébarbatif que Rogue, mais surtout, et bien plus que par insolence, il ne voulait pas trahir le laborieux travail des derniers mois que son frère et lui avait réussi à entretenir _jusqu'à là_ dans le plus grand secret.

Devant le silence obstiné de son élève, Rogue s'impatienta. Fred regardait la sphère verte qui s'était tout d'un coup mise à scintiller sur le bureau.

Avec un soupir d'exaspération, le professeur Rogue éteignit le signal coloré.

- Ecoutez Professeur, je…

- Vous, écoutez ! Savez vous le genre d'élèves qui me rebute le plus ? Non, ce ne sont pas les impertinents comme Potter ou votre insupportable frère, non, c'est VOUS, Monsieur Weasley, le genre d'élève qui met en danger ses camarades en pensant que la vie est un jeu et qu'il est au-dessus de tout ! ! !, tonna Rogue.

Fred ne l'avait jamais vu autant en colère, et en voyant le professeur fulminant lever sa baguette, il plongea la main dans sa poche pour se défendre.

Le claquement d'une porte ouverte à la volée le fit se retourner brusquement. Le professeur Rogue n'avait fait qu'ouvrir la porte à l'aide d'un sortilège.

- Bonsoir Professeur, j'ai accouru aussi vite que j'ai pu.

- Bonsoir M. Zabini, il faut croire que ce n'est pas encore assez, mais qu'importe. Nous étions en train de…Discuter avec M. Weasley de la composition de la substance qu'il a fait avaler à M. Malfoy.

Si les regards pouvaient tuer, Fred était certain qu'il serait mort plus d'une dizaine de fois depuis le début de l'heure.

FWDMGWFWDMGW

Bien loin de là, George notait consciencieusement le résultat de ces dernières recherches. Il avait bien avancé grâce aux recommandations pointues de son mystérieux inconnu, et s'autorisa à terminer son rapport en avance.

L'heure du dîner était proche, et Fred avait probablement fini de son côté aussi.

En temps normal, le rouquin serait parti à la recherche d'une jeune fille sympathique comme Irene ou Angelina Johnson, ouverte à ses attentions, pour passer un agréable moment avant de rejoindre son frère pour le repas.

Mais aujourd'hui, George avait une préoccupation toute autre que de soulager ses hormones en ébullition… Car, c'était sa curiosité qui était mise à l'épreuve présentement.

Là où une grande majorité de personnes considérait la curiosité comme un vilain défaut, lui et Fred avait toujours entrepris de cultiver ce trait de caractère.

En effet, Fred et lui, étaient depuis toujours avides de découvertes et raffolaient de nouvelles expériences… Et de défis !

Parce que oui, découvrir l'identité de ce petit bonhomme semblait au fur et à mesure des heures, devenir un défi des plus…Tentants à relever !

Sur cette réflexion, George desserra sa cravate sang et or, avant de sortir du dortoir.

Un regard déterminé illuminait son visage, alors qu'une discrète fossette se creusait au coin de ses lèvres…

FWDMGWFWDMGW

- Il va falloir vous expliquer M. Weasley, vos pitreries sont dangereuses et votre obstination, folle ! Vous m'entendez ? Maintenant, vous allez me dire ce que vous avez mis dedans, sans quoi ce n'est pas seulement à moi que vous aurez des comptes à rendre, mais encore à vos parents aux parents de M. Malfoy., vociféra le professeur Rogue.

- Ecoutez Professeur, je ne m'en souviens plus, j'ai fait le tout à l'oeil, je pensais que la potion était stabilisée, ou du moins…Consommable. , finit Fred, tentant désespérément de noyer le strangulot. Il regrettait que Malfoy ai eu une aussi violente réaction, mais il ne pouvait pas gâcher les travaux que George et lui avaient menés avec acharnement.

- Bien.

Fred ne put retenir une moue de soulagement.

Cela veut dire qu'il vous reste encore des fioles alors, apportez-les, tout de suite, dans mon bureau., continua sournoisement Rogue.

Fred pâlit, mais alors qu'il essayait de protester, Rogue ne le regardait déjà plus. S'apprêtant à partir, la voix doucereuse de son noir professeur le rappela.

" Monsieur Zabini vous accompagnera pour aller chercher les échantillons. "

Blaise Zabini faisait déjà presque sa taille malgré ses deux ans de moins, et ne se gêna pas pour le lui montrer en le bousculant pour passer devant lui ouvrir la marche.

Des cachots à la tour Gryffondor, il y avait bien plus que quelques volées de marches, et ce laps de temps aurait amplement donné l'opportunité à Fred de réfléchir à un moyen de se sortir la tête du chaudron…S'il ne sentait pas le regard acéré du jeune Zabini dans son dos.

- Par le caleçon de Merlin, Zabini ! Arrête de me fixer comme si tu voulais m'étriper !

- Et si c'était le cas ?, répondit sans détour le brun.

- Franchement, il faut que tu te calmes là, je reconnais que je n'y suis pas allé de main morte, mais ton petit copain a dit de sacrés conneries !

- Non, toi Weasley, tu devrais y réfléchir à deux fois, avec tout le respect que je ne te dois pas, c'est toi le gros con ! Gryffondor toujours à foncer tête baissée dans la bouse de dragon ne dit-on pas ?

Fred secoua la tête à bout de nerfs. S'il avait entendu parler des Serpentards pour leur réputée langue de vipère, Fred faisait connaissance de la plus désagréable manière qui soit, avec leur obstination.

Fred s'apprêta à répondre, mais ne trouvant rien d'assez fort pour contredire le Serpentard, il se contenta de tourner les talons en soupirant bruyamment.

Moins de dix minutes plus tard, ils parvint à la Tour Gryffondor.

- Le mot de passe, messieurs, persifla la Grosse Dame.

- Mais bien sûr Madame, lui répondit diligemment Blaise tout en tournant sa tête vers un Fred plus qu'à bout.

Alors qu'attends-tu pour répondre à cette honorable et ravissante dame ?

Fred faillit s'étrangler en voyant la dite honorable dame frétiller de plaisir à la flatterie.

- Que tu la fermes Zabini, le mot de passe de chaque maison est tenu au secret, pour quelle raison devrais-je le prononcer devant toi ?

- Pour rentrer chercher les échantillons, bien entendu, le Professeur Rogue a bien précisé que je devais t'accompagner.

- Mais pas jusqu'à où ! Et certainement pas jusque dans notre salle commune !

- Bien, mais j'attends ici, siffla Blaise. Et ne t'avises pas de ne pas revenir ! !

De guerre lasse, Fred marmonna au portrait qui les fixait : " Flagada-boum-boum "

- Je ne vous permets pas très cher !, cancana la Grosse Dame en le laissant tout de même passer.

Fred revint une vingtaine de minutes plus tard, il avait vainement espéré que Zabini aurait finalement trouvé le temps trop long et serait parti. Mais il se trompait, et le Serpentard l'accueillit avec un plissement de lèvres qui devrait s'apparenter à un sourire triomphant.

Le rouquin n'ayant pu trouvé George, avait décidé de prendre une partie des échantillons qu'ils avaient en plusieurs exemplaires.

Ces différentes variations de la potion ne devraient pas leur causer de problèmes, et avec un peu de chance, Rogue conclurait que le gamin avait eu une mauvaise réaction dû à un quelconque aliment ou potion énergisante que le blond aurait ingurgité avant.

Le retour aux cachots se fit en silence.

Un silence pesant qui le demeura quand Zabini demanda la permission d'entrer dans le bureau du Professeur Rogue.

- Il semble s'être absenté, finit-il par dire.

- Alors je peux partir maintenant ? Parce que j'ai d'autres choses à-

- Arrête d'être un sombre crétin deux minutes tu veux ? Le Professeur Rogue est peut-être parti, mais il va revenir.

- Et pourquoi ô Zabiniais devrais-je attendre ?

Alors qu'il levait des yeux exaspérés au plafond, il ne put que pousser un grognement de frustration en remarquant que le brun ne lui accordait pas un seul regard, déjà confortablement installé sur la banquette moelleuse, il semblait plongé dans la lecture d'un grand cahier.

Plus d'une demi-heure passa avant que Fred, craignant d'étouffer sous le lourd silence et l'attente pénible, céda.

- Tu lis quoi ?

- Et pourquoi ô Weaslaid devrais-je te répondre ? répondit du tac-au-tac Zabini.

- Eh ! C'est une réplique de Malfoy ça ! s'indigna Fred.

- Et ?

- Et bien, les répliques de Malfoy...Sont de Malfoy alors...Euh, c'est lui qui les dit d'habitude..., se sentant s'enfoncer sur un terrain marécageux, Fred se frotta la nuque.

- La faute à qui ?

- A lui ! Il a insulté ma famille !

- A raison non ?

- Non !

- N'est-ce pas toi qui a commencé ?

- Non !

- Est-ce que ça te donnait le droit de lui faire ça ?

- Non !

En voyant le sourire en coin du Serpentard, Fred se rendit compte de son erreur et se tapa la tête contre la rambarde de la banquette où il avait pris place.

- Pourquoi tu défends un petit péteux comme lui ?, soupira le rouquin, le bras posé sur ses yeux.

- Parce que c'est un ami.

- Et ?

- ...Parce que je m'inquiète pour lui.

Blaise avait répondu tout bas. Il se leva lentement pour ranger son grand cahier dans sa besace, et sortit du cachot sans un regard de plus pour le Gryffondor.

Quand l'épaisse porte se referma, et que l'on n'entendit plus les bruits de pas du brun, Fred reposa son bras sur l'accoudoir.

Rogue n'était toujours pas revenu, alors il sortit à son tour, sans un geste de plus envers les échantillons restés sur le bureau du professeur.

FWDMGWFWDMGW

Il se demanda encore un instant ce qu'il faisait là, ne sachant que trop bien ce qu'il allait lui arriver si Pomfresh le trouvait en train de violer le bastion de tranquillité de son infirmerie, qui plus est…Au beau milieu de la nuit.

Repérant le seul lit occupé, il y parvint en trois enjambées. Il agrippa fermement le rideau avant de le tirer doucement sur le côté.

Les rayons de la lune faisaient danser les silhouettes irréelles des feuillages secoués par le vent sur le fin tissu.

Fred laissa courir ses yeux sur le drap, n'osant trop s'attarder sur les formes qui s'y dessinaient.

Il s'arrêta malgré lui sur le visage pâle du petit blond, ses yeux clos et le tracé délicat des ombres que projetait ses cils.

Les mots lui brûlaient la gorge, aussi décida t-il de ne pas faire de formalités. Alors, il lâcha simplement :

- Vraiment. Désolé.

Et il lui sembla que le poids dans son coeur s'allégeait, qu'enfin le souffle dans la poitrine de Draco, s'était apaisé.

FWDMGWFWDMGWFWDMGW

Et un chapitre supplémentaire de fini, qu'en avez-vous pensé ? Est-ce que malgré les années passées les sentiments ne se sont pas essoufflés ?

J'écris pour mon plaisir, mais je partage également pour le vôtre, alors n'hésitez pas à me faire par de vos impressions ?

Et à bientôt je l'espère pour un prochain chapitre...

(n) "Dire deux mots" est une expression courante qui se dérive facilement en plusieurs versions (avoir deux mots à dire à quelqu'un etc.).

Elle peut signifier " s'occuper de quelque chose", constituer une expression menaçante, "avoir une explication (parfois conflictuelle) avec quelqu'un.

J'ai eu un peu de souci à choisir le titre de ce quatrième chapitre, beaucoup de temps ayant passé, je ne voulais pas dénaturer ma ligne d'écriture d'origine.

Et finalement cette expression m'a semblé convenir, puisqu'en un sens, Rogue voulant dire deux mots à notre cher Fred finit par avoir deux mots à lui dire quant à son comportement. Pendant ce temps, George donnerait beaucoup pour dire deux mots à son charmant inconnu.

Enfin les deux derniers mots de Blaise pousse Fred à réfléchir et il s'en va toucher deux mots à Draco…

En deux mots, encore navrée et dans l'attente (en espérant qu'elle ne soit pas aussi pénible que celle de Fred !) de vos avis -rires-