N.B. : Bonjour à tous! comme c'est le temps des fêtes, j'ai décidé de vous partager ce petit chapitre même s'il est un peu court. Une fois de plus, je remercie toutes les gentilles personnes qui ont laissé leurs charmantes empruntes par leurs commentaires enthousiastes. Sachez que votre présence chaleureuse me fait chaud au cœur. Avec toute ma tendresse, je vous souhaite de très joyeuses fêtes! France-Éna
Île inconnue
Samedi, 15h.47 P.M
Une violente douleur à l'abdomen éveilla Grace.
Toujours fiévreuse, la jeune femme leva les yeux et croisa le regard de Lisbon qui la dévisageait avec inquiétude tout en caressant doucement ses cheveux.
- Comment vous sentez-vous, Grace? chuchota Teresa pour ne pas éveiller Jane et Rigsby qui s'étaient endormis depuis peu.
- Ça peut aller, patron, grelotta Van Pelt en s'efforçant de sourire. La jeune femme frissonna. J'ai senti le bébé bouger tout à l'heure, reprit-elle avec soulagement. Il est toujours vivant et gigote comme un vrai petit diable.
- Cela ne m'étonne pas, s'émerveilla Lisbon. Cet enfant tient de sa maman… et de son papa aussi. Je suis certaine que lorsque le moment viendra, vous mettrez au monde un bébé vigoureux et en pleine santé.
Épuisée, Grace ferma les yeux quelques secondes, savourant la main chaude de Lisbon qui caressait sa chevelure avec une tendresse maternelle.
Assistée par Jane et Wayne qui avaient eu la brillante idée de glisser des boîtiers d'allumettes étanches dans leurs blousons avant le naufrage, Lisbon avait réussi à allumer un feu dans la grotte pour les éclairer et les réchauffer de la froidure ambiante.
- Teresa?… S'enquit soudain la rouquine. Elle ouvrit ses yeux brillant de fièvre et examina le visage mutin de sa patronne. Elle n'ignorait pas que c'était précisément cette expression innocente et enfantine se dégageant des traits de Lisbon qui attendrissait Jane et le poussait à la taquiner sans vergogne. Elle déglutit et poursuivit dans un murmure. J'ai une faveur à vous demander.
- Oui. Et de quoi s'agit-il? Interrogea doucement Lisbon en lui pressant l'épaule d'un geste rassurant.
- Et bien… poursuivit timidement la rousse. Je ne puis m'empêcher de songer à cela. Si les secours tardent et que je doive accoucher dans cette grotte. J'aimerais que vous m'aidiez à mettre mon enfant au monde. Cela me rassurerait de vous savoir près de moi car… elle hésita, avala les larmes qui nouait sa gorge et murmura : j'ai confiance en vous, patron.
Émue, Lisbon détourna brièvement le regard, déglutit et souffla :
- Je vous promets d'être là et de faire tout en mon pouvoir pour vous aider si jamais votre enfant décide de se pointer avant l'heure, Grace. Maintenant, je vous conseille de dormir pour reprendre des forces. D'accord?
Pour toute réponse, Grace sourit et ferma les yeux sous le regard attendri de Teresa qui se cala contre le mur de la grotte en observant le feu qui crépitait doucement. Telle un ange gardien, la jeune femme veillait jalousement sur ses compagnons endormis, réfléchissant au moyens de se sortir de ce bourbier avant que la situation ne devienne encore plus périlleuse pour eux tous.
Un grondement sourd accompagné d'un claquement sec la tira brusquement de sa somnolence. Retenant son souffle, Lisbon sentit les battements de son cœur s'accélérer.
« Mais qu'est-ce que cela signifiait? »
Les sens en alerte, Lisbon se redressa prudemment et tendit l'oreille. Seul, le hurlement du vent et le lourd crépitement de la pluie tropicale qui froissait les feuilles verdoyantes lui répondirent.
Le souffle court, Teresa avança lentement vers l'ouverture de la grotte pour jeter un coup d'œil mais un rugissement sauvage suivit de plusieurs autres l'en dissuadèrent.
Dehors, la tempête sévissait et l'empêchait de percer l'opacité du rideau de pluie qui tombait sans discontinuer.
Elle soupira et s'apprêta à revenir sur ses pas lorsqu'une voix hurla brusquement :
- Attention, Teresa!
Surprise, la jeune flic sursauta et recula mais une force phénoménale la souleva comme un fétu de paille et la projeta contre le mur de pierre, lui arrachant un cri de souffrance. Elle rebondit sous l'impact et roula contre Jane qui l'attrapa au vol. Serrant les dents sous l'effort, il la retint solidement contre son torse.
À demi assommée, Lisbon poussa un grognement de douleur, frottant instinctivement son épaule droite pour chasser les élancements qui paralysait son bras. Peu à peu, la douleur se calma et la jeune femme sentit la main apaisante de son consultant qui caressait ses cheveux ébouriffés et son dos.
Gênée, les joues en flamme, la brunette encore étourdie voulut se dégager des bras de Jane mais celui-ci l'en empêcha.
- Restez tranquille, Lisbon, lui conseilla calmement le blond. Ne bougez pas. Vous êtes en état de choc. Vous tremblez et vous ne vous en rendez même pas compte.
- Mais qu'est-ce… qu'est-ce qui s'est passé? bégaya Teresa qui n'y comprenait plus rien. Et qu'est-ce que vous faites, Jane? Pourquoi me caressez-vous ainsi? Vous savez que j'ai horreur que vous utilisiez vos trucs de psy sur moi. Je vous défends de m'hypnotiser. Je préfère… endurer la douleur, se buta-t-elle, têtue.
- Calmez-vous, Teresa, lâcha Patrick nullement impressionné par la résistance de la brunette. Je n'ai nullement l'intention de vous hypnotiser mais votre corps parle pour vous. Il a besoin de repos pour récupérer et reprendre des forces. Vous êtes notre seule chance de survie. Grace et son bébé ont besoin de vous. Rigsby a besoin de vous. Et moi aussi j'ai besoin de vous. C'est pourquoi vous allez écouter votre corps et vous laisser bercer par le rythme de votre respiration. Votre souffle s'approfondit et vos paupières s'alourdissent. Vous ne faites plus qu'un avec votre corps physique et psychique. Votre tête devient légère. Chaque fois que vous expirez, vous devenez de plus en plus détendue et vous ne ressentez plus de douleur. Vous lâchez prise. Le sommeil vous gagne. Vous êtes en parfaite sécurité blottie dans mes bras. Vous parvenez à vous abandonner en toute confiance parce que telle est votre volonté. Ma voix n'est qu'un instrument. Vous êtes libre de vos décisions, Lisbon. Vous n'avez rien à craindre. Vous pouvez dormir en toute quiétude. Ce soir, c'est moi qui veillerez sur vous, sur Grace et sur Rigsby.
Sans cesser de la caresser, Jane attendit. Au bout de quelques minutes, il perçut que son corps s'amollissait et tombait contre le sien, libre de toute résistance. Lisbon s'était enfin endormie dans ses bras.
- Bon boulot, Jane, chuchota Rigsby qui avait discrètement suivi la scène à l'insu de son ami. Il se redressa tant bien que mal, jeta du bois dans le feu et revint près de Grace qu'il attira doucement contre lui. Tu as bien fait d'endormir Lisbon. La pauvre était épuisée.
- Je sais, murmura Jane sans lâcher la brunette. Je lui devais bien cela à cette tête de mule. J'espère seulement que son sommeil ne sera pas trop agité.
- Qu'est-ce que tu veux dire? demanda Rigsby intrigué.
- J'aimerais bien le savoir, vieux, grommela Patrick en exhalant un long soupir. Tout ce que je puis dire, c'est que depuis sa rencontre avec… Le regard bleu du consultant se durcit et devint glacial tandis qu'un silence lourd planait au dessus du petit groupe comme l'ombre noire d'un corbeau. Mal à l'aise, les deux hommes frissonnèrent, puis Jane se força à poursuivre : Lisbon ne se livre pas facilement mais je suis persuadé qu'il s'est produit quelque chose en elle lors de son enlèvement par John le rouge. Quelque chose qui dépasse son entendement et aussi… il s'interrompit quelques secondes et souffla d'une voix à peine audible qui glaça le sang de Rigsby sans qu'il ne s'en explique la raison : le mien, déglutit-il presque pour lui-même.
*** À SUIVRE ***
Selon vous, que croyez-vous que Jane a voulu dire à Rigsby? Et quels défis attendent encore notre chère Lisbon ainsi que ses compagnons? J'espère que ce petit chapitre vous a plu et j'en profite, chers ami(e)s lectrices et lecteurs, pour vous souhaiter de très joyeuses fêtes. Au plaisir de vous lire bientôt.
