Bella
En sortant de la cellule, je me doutais que je devais avoir l'air étrange et ébloui.
- Excusez ma curiosité, mais… Ca ne vous fait pas mal ?
Il s'était inquiété… Il s'était inquiété pour moi ! Son air prévenant, sa gentillesse… J'étais convaincue. Il était innocent : il ne pouvait en être autrement. J'avais d'ailleurs failli lui en parler, si je n'avais pas été interrompue par Lauren qui m'avait envoyé un message. Une fois sortie, je le lus :
Bella, le surveillant principal t'attend dans ton bureau. Il veut savoir comment ça se passe pour toi.
Lauren.
En soupirant, je pris la direction du bureau de celui-ci. Je me demandais s'il serait aussi curieux que l'expéditrice du message. Devant la porte du bureau, je toquai trois coups.
- Entrez ! tonitrua une voix.
Je m'exécutai. Mr Greene était au téléphone et, quand il me vit, il me lança un coup d'œil qui me disait qu'il allait bientôt terminer sa conversation téléphonique. D'un geste de la main, il m'invita à m'asseoir sur un des sièges en face de son bureau.
Je n'avais rien d'autre à faire que d'écouter ce qu'il était en train de dire.
- Monsieur le directeur, je pense vraiment que, sauf votre respect, votre nièce n'est pas faite pour le milieu carcéral.
- …
- Toutes sortes de choses. Elle est peut-être trop fragile pour cet univers.
- …
- Bon écoutez, je ne vais pas y aller par quatre chemins : elle a ouvertement dragué un détenu.
- …
- Vous connaissez mieux les règles que moi…
- …
- Très bien. Vous le lui direz ?
- …
- C'est entendu. Au revoir, Monsieur le Directeur.
Sur ce, il raccrocha. En soupirant, il marmonna quelque chose comme « c'est toujours moi à qui on donne le sale boulot ». Il tria un peu ses papiers puis leva enfin la tête vers moi.
- Ah ! Mademoiselle Swan. Désolé de vous avoir fait patienter. Mais comme vous avez pu sûrement le deviner, Mademoiselle Greene n'est pas vraiment faite pour ce dur métier.
- J'ai cru comprendre.
- Et vous justement ? Est-ce que tout va bien ?
- Et bien oui. Je dois avouer que ce n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais.
- Mademoiselle Mallory m'a dit qu'un des détenus vous avez verbalement agressé…
Verbalement agressé ? J'essayai de me rappeler à quoi il faisait allusion…
- Oh ! Vous voulez parler de… James ? Ce n'était trois fois rien.
- Bien. Et sinon, rien à signaler ?
J'allai répondre que non, quand mon esprit vagabonda encore une fois vers Edward Cullen. Ma mémoire travailla pour moi.
- En fait, quelque chose me tracasse, Monsieur Greene.
- Dîtes moi, Mademoiselle, je vous écoute.
- Et bien, hier, j'ai emmené Edward Cullen manger au réfectoire et…
- Il vous a lui aussi agressé ? conclut-il.
- Quoi ? Non, pas du tout ! me hâtai-je de répondre, irritée par la vitesse par laquelle il sautait à la conclusion qu'il avait pu me faire du mal. C'est plutôt le contraire. Un des autres prisonniers lui a balancé un coup de poing en pleine figure. Le pire, c'est que personne n'a bougé ! Et ça à l'air plus que fréquent !
- Ça l'est, en effet, répondit Mr Greene, sans montrer signe particulier de gêne ou de colère.
- Et… c'est tout ? Vous trouvez cela normal ?
- Déontologiquement, ça ne l'est pas, je vous l'accorde, concéda-t-il en agitant un stylo entre ses mains. Mais pour un être comme lui… Vous connaissez l'histoire, je suppose ? Je suis bien déçu que ce se soit passé au New Jersey… La peine de mort est abolie dans notre Etat. Croyez moi, je suis contre, mais pour des individus comme celui-ci… Je ferai bien une exception.
Sur son visage, je pouvais lire le dégoût. J'essayai à tout prix de cacher la colère sur mon propre visage, mais ce ne fut pas une mince affaire. Je pouvais comprendre leur réaction, puisqu'ils le pensaient coupable… Mais pour moi…
- Bien. Alors si tout est positif pour vous, je ne vais vous retenir plus longtemps, Mademoiselle Swan.
- Merci, monsieur, dis-je en me levant.
- Faites tout de même attention à vous.
- Je le ferai.
Mon ton était sans doute un peu trop sec. Mais je ne pouvais m'en empêcher. Je retournai là où j'aurai dû être et continuai à servir les petits-déjeuners.
Vers 11h30, je me retrouvai, comme la veille, assise sur un des fauteuils de la salle de repos. Il n'y avait personne pour me perturber. En fait, je n'avais envie de voir personne. Juste d'être seule pour pouvoir penser en paix. Et, comme à chaque fois depuis hier que je me retrouvais seule à penser, je pensais à Edward Cullen. Plus précisément à la réaction que j'avais eue avec mon supérieur. J'espérais ne pas l'avoir froissé. Apparemment non, puisqu'il ne m'avait rien dit. Et Monsieur Greene n'était pas le genre d'homme à avoir la langue dans sa poche. Je devais avouer que je ne me comprenais pas moi-même. En mon for intérieur, j'étais certaine de l'innocence d'Edward Cullen, alors que je le connaissais à peine. Mais de ce que je connaissais, j'étais persuadée qu'il n'était pas capable de faire une chose pareille. De plus, ce que j'avais pu lire la veille me confortait dans ma certitude.
Après tout, n'avait-il pas été retrouvé inconscient ? Se serait-il assommé tout seul ? Rien n'a pu prouver que ce soit lui qui ait violé la fillette, et encore moins la tuer.
Peut-être tentai-je de me convaincre moi-même… Je me demandais pourquoi je pensais autant à lui. J'avais servi et emmener manger plusieurs personnes. Et je ne m'intéressais pas autant à leurs cas qu'au sien. Pourquoi ? Quand j'y pensais, j'avais l'impression d'être transpercé par quelque chose. Je me demandais à quoi ressemblait sa vie du temps où il était libre. Qu'aimait-il faire, ses passions, sa famille… Et sa famille, justement ? Venait-elle le voir, quelque fois ? Croyait-elle en son innocence ? Ou le laissait-elle pourrir ici ?
Je me posais décidément trop de questions. Et sur le mauvais sujet en plus. Parce que je ne pouvais rien espérer avec lui. Ne serait-ce que la plus innocente des amitiés. Je n'avais pas le droit. C'était une clause du contrat d'embauche. En acceptant de devenir surveillante pénitentiaire, je m'engageai à n'entretenir aucune relation avec un quelconque détenu… Même avec le plus beau et le plus touchant de tous…
Stop ! Tu t'égares sérieusement, ma pauvre fille !
La sonnerie de mon portable me tira une nouvelle fois de ma rêverie.
- Allo ?
- Bella ? Je ne te dérange pas ma chérie ?
Je reconnus la voix de ma mère. Renée m'appelait environ une fois par semaine, faut de pouvoir se voir très souvent. En effet, elle habitait dans l'était de Washington, dans une petite bourgade pluvieuse du nom de Forks, que j'avais fuie à l'âge de dix-huit ans. Elle y vivait avec mon père, Charlie, qu'elle regardait comme une collégienne qui voyait son petit ami. Ils vivaient donc tout deux à l'autre bout du pays, et je ne les voyais que rarement, lors des fêtes de fins d'années ou pour nos anniversaires respectifs.
- Non, je suis en pause, maman. Comment tu vas ?
- Merveilleux ! Et toi ?
Au son de sa voix, j'entendis très bien qu'elle ne s'intéressait que peu à mon état, et qu'elle avait quelque chose d'important à me raconter. Enfin… Je n'avais pas vraiment la même notion d'importance que ma mère. Une fois, elle m'avait appelé au lycée pour me demander de rentrer d'urgence. Croyant à une véritable urgence, comme un accident, je m'étais précipitée à la maison. En réalité, Renée avait besoin d'aide pour faire descendre le chat de l'arbre qui trônait dans notre petit jardin.
- Toi, tu as quelque chose à me dire, non ?
- Comment tu sais ?
- Tu es ma mère, je te connais. Alors ?
- Tu ne devineras jamais ! Ton père veut que nous renouvelions nos vœux pour notre trentième anniversaire de mariage !
« Déjà trente ans ! » pensai-je. Renée et Charlie s'étaient mariés à dix-huit ans. Ils n'avaient pas regrettés leur choix, s'aimant d'un amour inconditionnel. Etant petite, et encore aujourd'hui, j'espérais trouver l'homme avec qui je partagerai un tel amour que celui que partageait ma mère avec mon père.
- C'est magnifique, maman ! Je suis vraiment heureuse pour vous !
- Et ce n'est pas tout, Bella ! Devine où on va se remarier ?
- Dans la minuscule église de Forks ?
- Et non ! Dans une des nombreuses églises du New Jersey !
- Quoi ? Tu es sérieuse ? Vous allez venir ici ?
- Et oui !
- C'est vraiment génial ! Et c'est prévu pour quand tout ça ?
- Deux ou trois mois. J'ai tellement hâte !
- Moi aussi. Vous me manquez vous deux.
- Oh, ma Bella chérie ! Tu nous manques aussi ! Bon, je suis obligée de te laisser, ton père a besoin de moi, il est en train de faire brûler le déjeuner. Gros bisous ma Bella !
- Bisous, maman. Je t'aime.
- Je t'aime, aussi.
Je raccrochai, heureuse. Preuve que mes parents n'étaient pas prêts de divorcer.
Je regardai l'heure. Midi. J'allai devoir emmener les prisonniers au réfectoire. Je ne pris même pas la peine de regarder le planning que Lauren avait fait pour moi. Je savais pertinemment par qui j'allai commencer. Je me rendis vers sa cellule, avec un peu plus de rapidité qu'il n'aurait du.
Edward
Ma porte s'ouvrit.
Enfin…
Elle entra avec grâce et un sourire à couper le souffle. Ou peut-être était-ce moi qui trouvait tout époustouflant chez elle. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu une personne si belle, féminine, malgré cet uniforme… Sans vraiment y penser, je me levai. Elle m'offrit un sourire dans lequel je me serais volontiers perdu. Elle lança un regard vers le plateau du petit déjeuner auquel je n'avais pas touché. Elle fronça les sourcils et dit d'un air mécontent :
- Je vais vous forcez à manger, croyez-moi !
Cette idée me fit sourire. Elle avait l'air d'avoir la force d'une plume. Quoiqu'il faille qu'elle ait une assez grande force morale pour travailler dans un milieu si dur.
- Mon estomac crie famine, tentai-je de plaisanter.
Sa grimace touchante disparut pour laisser place à ce sourire craquant.
- Il est vrai que la nourriture d'ici n'est pas des plus exquises mais…
Je n'étais même plus sûr de l'écouter tant j'étais subjugué. Cette fille avait quelque chose d'angélique. Comme si que quand elle était là, j'oubliais où j'étais, qui j'étais.
Bon sang, mais que m'arrivait-il ? Je prenais en compte les battements de mon cœur plus rapides en sa présence. Je repensais subitement à mon premier amour de jeunesse. Elle s'appelait Tanya, et mon j'avais l'impression de revivre les mêmes sensations maintenant. Mais c'était impossible, n'est-ce pas ? Impossible parce je la connaissais depuis seulement deux jours. Impossible parce qu'à ces yeux, j'étais inévitablement l'homme qui était censé être un pédophile et un tueur de surcroît. Elle était sûrement plus humaine que les autres, voila la raison de sa gentillesse…Comment pouvais-je avoir l'audace de croire… que dis-je ? D'espérer même la sotte idée qu'elle puisse un tant soit peu être attirée par moi ? En oubliant (si on peut oublier) ma condition, mon physique laissait sérieusement à désirer. Je ne devais plus ressembler à rien. Je n'avais pas eu l'occasion de me regarder dans un miroir depuis un bout de temps. Mais je sentais très bien que j'avais énormément maigri. Quand j'étais jeune, j'avais un certain succès auprès de la gente féminine. Aujourd'hui, j'étais certain d'avoir à peu près le même succès qu'une serpillière.
Elle me regardait toujours. Je me plongeai dans ses yeux chocolat. Je ne vis ni haine ni dégoût, ni rien de semblable.
- Vous venez ?
Je me serai volontiers perdu dans les méandres qu'était la douce mélodie de sa voix. Mais je préférais encore me tenir à ses côtés pour le temps bien trop court qu'il m'était accordé.
Alors, je la rejoignis. Elle me laissa passer pour qu'elle puisse fermer la porte. Je m'étonnais encore de la certaine confiance qu'elle m'accordait. Quand c'était cette Lauren qui m'accompagnait, non seulement elle me mettait les menottes, mais en plus, elle ne me laissait pas faire un pas sans qu'il soit coordonné avec le sien. C'était une sensation horripilante.
Au moment où je passais près d'elle, je la frôlais, sans le faire exprès. Je ressentis un frisson dans ton mon corps, et quand elle se fut retournée après avoir fermé la porte de la cellule, une délicieuse rougeur avait recouvert son si beau visage.
- Hum… Allons-y, marmonna-t-elle en se raclant la gorge.
Nous prîmes la route vers le réfectoire, et je m'étonnai de voir que nous y étions arrivés en si peu de temps. A croire que celui-ci filait à une vitesse folle en sa présence.
Comme la veille, je m'emparais d'un plateau. Nous avancions le long des plats, et je vis qu'elle me servit d'une entrée, d'un plat et d'un dessert. Je soupirai mais ne fit aucun commentaire. Après tout, elle s'occupait simplement de ma santé, ce qui était une première, ici. Nous nous installâmes à la même table. Elle se plaça en face de moi et me regarda comme une mère regarde son enfant qui refuse d'avaler quelque chose. Docilement, je pris ma fourchette et mon couteau et commençai à couper ma viande. Geste que je n'avais pas effectué depuis des années.
- Vous ne mangez pas votre entrée ? me demanda-t-elle.
- Il ne faut pas trop m'en demander, murmurai-je.
J'avais l'impression de ne plus pouvoir parler, non pas fort, mais comme les autres, avec une intonation normale. Mais qu'est ce qui pourrait bien redevenir normal, ici ?
Bella me fixa un instant, puis quand elle comprit que je lui rendais son regard, elle baissa la tête. Elle eut un petit rire sans joie.
- C'est marrant, dit-elle en tapotant la table de ses doigts. Vous… vous n'êtes pas comme les autres prisonniers.
- Ah oui ? répondis-je, surpris par cette réflexion.
- Oui, reprit-elle. Les autres semblent avoir l'espoir qu'ils pourront sortir d'ici un jour. Alors que vous… J'ai l'impression que vous avez abandonnez depuis longtemps. Comme si que vous pensiez que c'était votre destin, qu'il n'y avait plus rien à faire.
Ça alors ! Je ne m'attendais pas vraiment à ce genre de mots de sa part ! Surtout qu'elle avait raison. Elle avait su lire en moi comme dans un livre ouvert. Cette pensée me fit sourire intérieurement, mais cela contrasta avec le sentiment de malaise, dû au fait qu'elle avait raison sur toute la ligne. Au lieu de répondre, je décidai de lui poser une autre question.
- Vous croyez à la fatalité ?
- Je ne sais pas trop. Je n'y ai jamais réfléchi. Mais si la fatalité est de penser que ce qui nous arrive est inéluctable et qu'il n'y a pas d'autres solutions, alors non. Je n'y crois pas.
- Parce que vous pensez que j'ai une solution ?
- Il me semble que… vous criez à votre innocence, non ?
Elle était décidément bien informée. Je pensais que tout le monde avait oublié ce détail insignifiant.
- A part ma famille, plus personne n'est là pour m'entendre, dis-je d'une voix sombre.
- Je pense que si.
- Si vous voulez parler d'un psychiatre, on m'emmène en voir une chaque semaine. Et c'est la même chose à chaque fois. Elle me demande si je n'ai pas de remords, je lui réponds que je n'ai strictement rien fait. Ensuite, elle me donne des médicaments, en me répétant qu'en plus d'être un monstre, je suis fou. Médicaments que je ne prends pas, bien évidemment.
Elle avait écouté ma petite tirade sans rien dire, mais sa bouche se tordit d'une grimace quand je soulignais qu'on me traitait de monstre et de fou.
- Je ne pensais pas à un professionnel, en fait.
Elle avait balbutié et rougit. Oserai-je penser qu'elle parlait…
- Je suis à même de le faire, finit-elle.
- Vous êtes sérieuse ? demandai-je, ébahi. Vous seriez prête à… à me croire ?
- Et pourquoi non ? J'ai lu des choses sur cette… affaire et… ils n'avaient rien contre vous. C'est mon avis. Malheureusement, il ne pèse rien contre la justice.
- La justice, raillai-je.
Je n'aurai pas su dire ce que je ressentais à cet instant. Elle me croyait ! Bella me croyait ! Non seulement une personne sur cette terre mise à part ma famille me pensait innocent, mais le fait que ce soit elle me rajouta du baume au cœur. Mais soudain, je m'inquiétais à son sujet. Elle me croyait, et nous étions en train de parler, comme… n'importe qui, hormis le sujet de conversation qui n'avait rien de banal. Autour de nous, il y avait un brouhaha tranquille, et les détenus parlaient avec leurs gardiens, mais j'avais l'impression que pour nous, c'était différent. C'était sot, mais c'était ce que je ressentais. Machinalement, je mangeai le contenu de mon assiette, et je sentais le regard de Bella sur moi. Je devais arrêter de me faire des films ! Si ça se trouve, elle a juste pitié ! Mais ce n'était pas vraiment son genre, bien que je ne puisse pas l'affirmer, étant donné que je ne la connaissais guère depuis très longtemps. Quelques minutes plus tard, j'avais fini mon repas, enfin mon plat principal. Au moment où je reposai mes couverts, elle me lança un grand sourire.
- Je suis ravie ! J'ai réussi à vous faire ingurgité quelque chose.
- Bravo. Cela n'était pas arrivé depuis… oh ! je ne compte plus.
Elle émit un petit rire, puis se leva. Je la suivis.
Quand nous fûmes devant la porte de ma cellule, elle prit ses clés et les enfonça dans la serrure. Je rentrai l'intérieur et me retournai pour la voir.
- Merci, dis-je.
- De quoi donc ?
- De m'avoir écouté, de me croire. Pour le repas, ajoutai-je avec un faible sourire. Bref, pour tout.
- Mais ce n'est rien.
Il y eut un silence gêné. Elle se racla la gorge.
- Bien. Je vous revois ce soir.
- D'accord.
Elle sortit après m'avoir gratifié de son sourire angélique. Quant à moi, je me sentais le cœur plus léger, et je m'affalai sur le lit en souriant inutilement, pour la première fois.
