Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas!

Hehe! J'avais des chapitres en avance! Vous ne l'aurez jamais devinez, hein? En tout cas, je maintiens le chapitre par semaine! Pour l'instant. Jusqu'à une panne d'inspiration, le syndrome de la page blanche ou autre~ Et oui, j'ai attendu le chapitre 4 pour vous le dire… C'était parce que j'avais pas d'intro à faire pour ce chapitre!

Bonne lecture à tous! ^^


Le camp Jigoku

Chapitre 4

La coach de Seirin avait consentit, contraint par un nouveau fauteur de trouble dans les rangs, à un réaménagement de l'emploi du temps du duo ombre et lumière afin d'encadrer le temps consacré à l'entrainement par des allers-retours au camp Jigoku. Même si seul le plus petit était concerné, une partie de l'entrainement en duo était tronqué. Tout ça parce qu'un géant bronzé qui n'avait pas grand-chose au doigt avait réclamé compensation pour morsure et blessure au doigt. Il était gentil, Tetsuya numéro deux. Une petite morsure pareille n'était pas mortelle.

- Tetsu! Arrête de bouder! Ordonna Aomine.

- Je ne boude pas. Répliqua Kuroko.

Kise se réveilla en fin d'après-midi. Cette sieste lui fit du bien malgré quelques douleurs persistantes sur son corps. Il décida de se lever et de donner un signe de vie à ses camarades de Kaijo, probablement inquiets pour sa santé. Ou pas, étant donné qu'il «l'avait bien cherché» selon les dires de Kasamatsu-sempai, en «mangeant trop de glace». Il bailla en ouvrant grand la bouche, sans retenu dans sa chambre avant de faire une rapide toilette pour être présentable. Ils étaient peut-être entre hommes mais il était aussi mannequin. Il avait une certaine fierté professionnelle. Il prenait grandement soin de son outil de travail.

Il quitta sa chambre afin de rejoindre le réfectoire. En passant dans un long couloir, il aperçut à sa droite, à travers ces vitres qui longeaient le passage, l'entrée du camp Jigoku. Il se souvenait encore à quel point il avait été impressionné la première fois qu'il fut planté devant, bouche bée. Il en valait de même pour ses coéquipiers à Kaijo. Il sourit à ses bons souvenirs jusqu'à ce qu'il vit Aominecchi et Kurokocchi ensemble. Le bleu foncé s'était fait raccompagner? La chance qu'il avait! Lui, il s'était perdu sur le retour aussi.

Il faisait noir et il ne voyait pas très bien ce qui se passait à l'extérieur, mais il était sûr de leur identité. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'il les épiait. Ca lui rappelait des souvenirs. Il ne se tromperait jamais. Qu'importe le noir et le manque de visibilité, il reconnaitrait toujours le bronzé. Le plus petit n'était pas très difficile à discerner non plus. Il avait passé tellement de temps à les observer, jamais il ne les confondrait. Mais les voir ainsi proche lui faisait mal. Il avait le cœur qui se serrait dans la poitrine. Pourquoi ne se séparait-il pas encore? Que faisaient-ils ensemble après tout ce temps? Il devait y avoir une explication à cela. Il continua son analyse quand il se jeta soudainement contre la vitre, choqué. Les deux bleus s'embrassaient. Il devait y avoir une erreur quelque part.

Le blond partit au quart de tour jusqu'à l'entrée. Malheureusement, affaiblit, il tomba à terre, trébuchant sur ses pieds. Il se releva douloureusement, il était très diminué depuis le matin. Il n'eut pas le temps de tergiverser plus longtemps et détourna à nouveau son attention vers la fenêtre. Les deux s'étaient séparés reprenant chacun leur chemin. Avait-il rêvé à force de ressasser les souvenirs du passé?

Ce n'était pas vrai… Il était désemparé. Pourquoi se voiler encore la face? Il avait une excellente vue. Il le savait déjà pour la nuit dernière. Aucune signification. Ce n'était pas une marque d'affection. Loin de là. Ce n'était que de la pitié à son égard. Pour le pauvre mec qui avait continué à l'aimer à sens unique tout ce temps. Inutile d'espérer un regard. Il savait ce qu'Aominecchi ressentait réellement. Il savait ce qu'il avait vu par la fenêtre. Mais était-ce aussi simple? Une période de grand froid entre eux durant plusieurs mois et simplement comme ça, ils ressortaient ensemble? Injuste. Il y avait de l'injustice. Pourquoi lui qui avait soutenu le bronzé n'était pas récompensé de ses efforts par un amour partagé comme les deux bleus? Non, il devait rester à sa place. C'était les conditions posées depuis le début de leur relation. La nuit dernière ne voulait absolument rien dire. Rien.

Le copieur respira profondément. Il essaya d'étirer ses lèvres pour dessiner un sourire. Seule une grimace apparut sur son visage. Il devait se reprendre. Oui. C'était formidable… Il devait les féliciter. Il avait tout arrangé de sorte qu'ils se remettent ensemble après tout. C'était bien ce qu'Aominecchi avait voulu depuis le début. Il l'avait soutenu sans faille depuis tout ce temps… Alors pourquoi avait-il si mal? Comme s'il avait du mal à respirer. Comme la fatigue après une partie de basket. Une respiration coupée. Difficile. Non, il devait se retenir. Mais il n'y arrivait pas. Il devait le faire. Il ne devait pas défaillir maintenant. Des larmes menaçaient de couler de ses yeux, quand il entendit quelqu'un arriver. Il les essuya immédiatement et se releva hâtivement. Il inspira profondément. Il se retourna avec le sourire pour voir que c'était Kasamatsu-sempai.

- Kise… tu t'es pas reposé? T'as mal quelque part?

- Si, si! Mais j'ai glissé sur mon pied. Ria le blond. Je dors encore un peu debout.

- Fait plus attention à toi! Et si tu te blessais? Réprimanda l'ainé. Viens, on va manger. Les autres t'attendent.

- A-Attendez-moi! Kasamatsu-sempai!

Il le rejoignit joyeusement, un peu trop même, ce qui lui valut un coup supplémentaire. Un coup qui le réveilla de son rêve éveillé. Il garda sa face heureuse afin de n'inquiéter personne. Il avait participé au plan, permettant à Aominecchi de reconquérir Kurokocchi. Ce n'était que justice qu'ils se remettent ensemble. Il n'avait pas sa place entre eux. Si cela se trouvait, il s'était trompé quelque part. Il avait encore un peu de temps devant lui. Après tout, l'ancien duo ne s'était revu qu'une fois depuis le début de ce camp. Ce n'était tout de même pas assez pour raviver leur flamme. Si? C'était à ce point possible? Ils n'étaient pas dans un manga après tout. C'était trop beau pour être vrai.

A l'extérieur, il faisait noir et il ne voyait pas très bien. Même en reconnaissant les silhouettes, Aominecchi aurait très bien pu retirer une poussière dans l'œil de Kurokocchi. Ou bien, durant le choc subit par ses fantasmes éveillés, et plus que pessimiste, Kurokocchi avait repoussé Aominecchi. Il était pathétique. Alors qu'il se devait d'accepter la situation, il se cherchait encore des excuses. Juste parce qu'il avait eu un peu d'attention, une petite faveur la veille, il s'était crut plus important. Quel idiot! Il était temps de revenir à la réalité. Le bronzé ne le choisissait que pour remplacer l'ombre. Rien de plus. Il ne valait rien.

Dans sa chambre, Kagami était assis sur le lit, agité. Kuroko ne revenait pas. Il surveillait l'heure toutes les minutes si ce n'était pas toutes les secondes. Son pied sautillait contre le vieux sol de sa chambre. Il était déjà tard. Son pied droit continuait de sautiller sur place, montrant son impatience et son inquiétude. Il n'aurait pas du le laisser partir seul avec Aomine. Qui sait ce qu'il aurait tenté sur le chemin du retour? En plus, celui-ci allait entraver leur entrainement. Cet…

Une porte claqua. Le rouge réémergea dans la réalité. Il leva la tête et vit son partenaire. Il se redressa immédiatement et détailla son partenaire, sans un mot. Il lui toucha un peu les bras, il examina ses mains, ses poignées, son visage, il le tourna d'un sens ou de l'autre pour vérifier la trace d'un quelconque coup. Rien. Encore un petit examen et… Il était si occupé dans son entreprise qu'il ne remarqua pas l'air surpris de son camarade de chambre.

- Kagami-kun?

- Il t'a touché quelque part? Il t'a fait mal? Pourquoi t'as mis autant de temps à revenir? Est-ce que…

- Kagami-kun, je vais bien.

Taiga arrêta son geste. Il regarda plus attentivement le visage du bleu, très près du sien, et rougit soudainement. Mais qu'est-ce qui lui avait prit de faire cela? Il le relâcha immédiatement, presque trop brusquement, et retourna sur le lit. Il se coucha, dos à son coéquipier. Il avait honte. Qu'est-ce qui avait pris bon sang? Et si l'ombre le prenait mal? Et si… Heureusement que la nuit était bien avancée et qu'on ne pouvait distinguer la couleur de son visage. Il sentit l'ombre se glisser derrière lui mais ne fit rien, ne dit rien. Il entendit juste le murmure d'un remerciement sincère, avant de tomber dans les bras de la Morphée.

Dès le lendemain matin, pas rassuré de laisser une nouvelle fois l'ancien couple seul, Kagami décida de les déranger à chaque tentative du bronzé en s'incrustant dès que possible. Bien que durant la journée, l'entrainement était rigoureux, voir plus que d'habitude vu qu'un certain temps avait été retiré pour faire l'aller-retour dans la montagne, Aida Riko ne laissait rien passer. Elle avait tout compressé au milieu pour maximiser leur temps d'entrainement. Malgré une certaine fainéantise de la part d'Aomine, le rouge et le bleu ciel continuaient à s'entrainer dure. Le doigt bandé resta donc toute la journée à regarder le duo se rapprocher, s'harmoniser, s'entrainer, s'entraider. Il rageait. Il avait beau tout faire pour rester un peu seul avec son Tetsu, ce rouge se débrouiller pour enchainer les exercices. C'était devenu une sorte de jeu, non, de duel entre eux. Qui réussirait à évincer l'autre? Qui aurait le privilège d'obtenir l'ombre? Qui pourrait gagner? C'est ainsi qu'une semaine passa rapidement.

- Kagami-kun, ça va? S'inquiéta Kuroko.

- Hein? Pourquoi? Je pète la forme! S'exclama le rouge avec une tonalité quelque peu éreinté.

- Tu ne devrais pas te préoccuper autant d'Aomine-kun.

- Hein? Je m'en fiche de lui. Répondit le tigre en détournant sa tête. Il était encore là? Je l'avais oublié.

Kuroko voyait bien que son partenaire se surmenait. Non seulement il faisait les allers-retours jusqu'au camp Jigoku, mais en plus, le rouge cherchait tout le temps des noises à Aomine-kun pour essayer de le chasser du camp de Seirin. Il dépensait donc deux fois plus d'énergie dans la journée que la normale. Ses nerfs étaient soumis à rude épreuve. Il était têtu. L'ombre lui avait pourtant assuré que rien ne se passerait plus entre eux. Il soupira dans son coin en observant une nouvelle dispute entre les deux lumières. Ils en avaient de la ressource pour trouver un nouveau sujet de dispute chaque jour. Le bleu ciel baissa son regard et regarda son chien qui lui rendit le même regard. Lui aussi était témoin. Les deux géants étaient désespérants et soupirèrent en même temps.

Le soir venu, à l'heure du raccompagnement de Daiki à son camp, alors que le duo se préparait comme d' habitude, le bronzé dit quelque chose d'inattendu.

- Tetsu, tu peux rester ici.

- Aomine-kun? Dit Kuroko, surpris.

- Kagami suffira pour me ramener. D'ailleurs plus besoin que tu me m'accompagnes tout court. Ca ira avec celui là.

- Qu-quoi ? Pas question! Pourquoi je serais seul avec toi? Tu peux pas rentrer tout seul? S'énerva Kagami.

- Dans ce cas, je demande la même chose à Tetsu et toi…

- On y va, t'es trop lent! Coupa court le tigre.

Le rouge dépassa le bleu foncé et s'enfonça dans la forêt. Aomine fit un signe, tout souriant à Seirin et suivit le guide. Kagami marcha d'un pas énervé et rapide tout en ruminant de sombres pensées quelque peu meurtrières. Pourquoi lui? Pourquoi devait-il supporter une pourriture pareille alors qu'il n'avait plus rien au doigt? Et dire qu'il était un génie du ballon. Il était dégouté. Autant par sa personnalité que son talent. Tandis que lui s'entrainait comme un fou, l'autre n'y prêtait aucun effort. S'il voulait sécher son entrainement, qu'il se débrouille tout seul! Pourquoi Seirin devait lui servir d'excuse? Soi-disant qu'il aidait dans la corvée d'eau, il fallait le nourrir? Mais les conditions de leur arrangement était jusqu'à la guérison, alors pourquoi une fois la guérison faite, il fallait encore aller chercher et ramener ce type chez lui? Il passait ses journées à…

- Attention, Kagami! Cria d'une voix grave le fauve.

- Hein?

Trop préoccupé par ses pensées colériques, et distrait par la pénombre environnante, le tigre ne vit pas cette branche à ses pieds. Il se retourna vers le maudit fauteur de trouble afin de répliquer vulgairement quand il se sentit basculer vers l'arrière. Aomine le rattrapa de justesse en s'accrochant à un arbre, s'écorchant légèrement la main fraichement guérie. Ils soupirèrent de soulagement et se redressèrent. Ravalant sa fierté, Kagami le remercia en reprenant le chemin. Il était vraiment un idiot. A présent, il lui était redevable. Il soupira profondément.

- Eh! C'est comme ça qu'on remercie son sauveur? Questionna le bleu avec un ton supérieur.

- Je ne t'ai rien demandé. Rétorqua le rouge, têtu en grognant.

- Je me suis fais mal à la main. Annonça nonchalamment le bronzé.

- T'aurais pas pu faire plus attention? Rétorqua Kagami, rageur.

- T'aurais pas pu regarder tes pieds? Répondit Aomine, amusé.

Au camp Seirin, Kuroko regarda ses deux lumières partir en se disputant, comme toujours. Sans lui. Il avait été mis à l'écart. Il devait s'en sentir soulagé, mais étrangement, il ressentit une sorte de pincement au cœur en les voyants. Il fut rappelé à l'ordre par la coach qui rassemblait les joueurs.

- Coach. Appela Kuroko.

- Quoi?

- Pourquoi est-ce qu'Aomine-kun continue de venir au camp alors qu'il est guérit?

- Ah ça? J'ai conclu un accord avec lui. A partir de demain, nous ferons des matchs d'entrainements avec lui. Ce sera toujours bon pour progresser. Si nous arrivons à saisir son jeu, nous nous améliorons et nous le battrons la prochaine fois.

L'ombre resta silencieuse tandis que Riko retourna à l'intérieur du cottage. Numéro deux couina à côté du numéro un qui n'avait toujours pas bougé. Quelque chose le dérangeait. Presque comme si c'était…prémédité. Non, quand même pas… Mais quelque chose avait changé depuis le début de cet «arrangement». Il baissa la tête de sorte que ses cheveux cachent ses yeux et retourna à l'intérieur sans un mot, son chien à ses côtés.

En arrivant au camp Jigoku, une fois n'était pas coutume, le couple de géants fut accueillit par la Touou, les titulaires, le coach et Momoi Satsuki. Aomine passa devant ses coéquipiers, n'ayant rien à faire d'eux, salua vaguement le rouge et s'en alla se reposer. Kagami ne sut pas trop quoi dire et voulut s'éclipser quand il fut stoppé par la manager.

- Merci, Kagami-kun.

- Hein? Je n'ai rien fait.

- Seirin a fait en sorte qu'Aomine s'entraine tous les jours, non? C'est un exploit. Complimenta le coach.

- Pas vraiment non. C'est surtout une gêne. Ah, je veux dire…

- Kagami-kun, nous te confions Aomine-kun, d'accord? Et passe mon bonjour à Tetsu-kun, tu veux bien?

- Ah euh… si tu veux… Mais…

- Au moins, cet imbécile s'entraine quelque part! Ca serait mieux s'il le faisait avec son équipe, s'énerva l'un des joueurs de Touou.

- Bah, il ne rouillera pas ainsi. Plaisanta un autre joueur.

- Je suis désolé! Il s'en va toujours tôt le matin et je ne peux pas l'en empêcher! Je suis désolé.

- T'inquiète, c'est pas ta faute, Sakurai.

- Je vais rentrer. Merci de…euh…m'avoir accueilli.

- Fait suer cet imbécile imbu de lui-même! Cria un des titulaires.

- Bon courage. Souhaita le capitaine.

La torture commença dès le lendemain pour le numéro dix de Seirin. Non seulement il découvrait qu'il serait le seul à être de corv… le seul responsable des allers et venus de cet étranger à Seirin, en plus d'être redevable à ce type, mais il fallait également qu'il se batte chaque jour contre lui. La précédente défaite était encore fraiche dans les mémoires. Il y avait même des handicapes pour rééquilibrer un minimum les équipe opposantes. Mais il avait beau se battre de toutes ses forces avec Kuroko à ses côtés, ils n'étaient toujours pas à la hauteur de l'as de Teiko. Comme si ça n'était toujours pas assez satisfaisant, ce bleu était constamment sur son dos. Depuis quand étaient-ils devenus amis? Il n'avait rien dit, ni rien demandé à qui que ce soit. Ce joueur surdoué avait même commencé à l'appeler par son prénom sans même lui demander son autorisation. Quel savoir vivre!

- Oï Taiga, tu préfères Saki-chan ou Mai-chan?

- J'en ai rien à foutre de tes magasines pornos!

- T'es dur! Ce sont des albums pour adultes! Saki-chan est érotique par sa candeur, quand à Mai-chan, elle…

- Mais j'en ai rien à faire de tes filles en 2D!

- Tu préfères les mecs? Alors… Je m'y connais pas trop mais ça devrait se trouver. Je demanderais pour toi.

- C'est pas ça! S'emporta Kagami.

Kuroko les regarda se disputer en plein milieu d'un match d'entrainement. Depuis quand étaient-ils si proches? Ils ne faisaient plus attention à ce qui les entourait, interrompant le duel. Plus rien ne pouvait les arrêter. Ils se disputaient une fois de plus le ballon. Ils se courraient après. Ils s'insultaient. Ils plaisantaient ensemble. Lui n'arrivait plus à les suivre sur cette cadence infernale. Il était incapable de suivre un tel rythme. L'homme de l'ombre les regardait s'éloigner loin de lui. Encore une fois, il était relayé loin derrière, à la dernière place. Il était à l'écart. Il était là où il devait être, place réservé pour une ombre. Ces deux là brillaient d'un même éclat. Tetsuya avait l'impression de retourner à l'époque du collège, quand Aomine était encore sa lumière, quand il était derrière, incapable de faire un pas devant l'autre.

- Oï Tetsu! Tu vas rester à la traine encore longtemps?

- Kuroko? T'es déjà fatigué?

- Désolé. Je ne voulais pas être affecté par votre bêtise.

L'homme de l'ombre dépassa ses lumières et courut loin d'eux. Ils ne se laissèrent pas faire et le rattrapa en un instant sans effort, lui demandant des explications. Le bleu continua d'opposer des arguments à Kagami tandis que le rouge ne restait pas de marbre face aux insinuations perverses de son adversaire. Le propriétaire du chien se retrouva à nouveau au milieu de leur dispute, mal à l'aise. Combien de temps encore allaient-ils se crier au dessus de lui? En l'ignorant?

Soudain, Aomine frôla le bras de son ancienne ombre qui tressaillit. L'avait-il fait exprès? L'ombre ne put y réfléchir plus longtemps quand il vit les deux géants bras dessus bras dessous passés devant lui sur un nouveau sujet de dispute. Il avait l'air de bien s'entendre. Sans lui. Il grinça des dents. Depuis quand espérait-il un regard? Depuis quelques jours déjà, son ancien partenaire l'ignorait. Il aurait du s'en sentir soulager. S'il n'avait pas jeté son dévolu sur son partenaire actuelle. Il aurait préféré continuer à repousser les avances du bronzé plutôt que le voir partir ailleurs. Quel égoïste!

Un soir, Kagami revient dans sa chambre après un passage sous la douche, une serviette autour du cou. Cela lui faisait un bien fou. Il avait l'impression de revivre. Il se massa légèrement une épaule puis l'autre. Il avait besoin de repos. Ce n'était pas humain comme rythme de vie. Cette maudite Riko voulait les épuiser à mort avant la prochaine compétition de basket? Il soupira. Il voulait arrêter de servir de guide à l'autre pervers. A force de monter et descendre la montagne du camp Jigoku, il avait l'impression de connaitre cette forêt par cœur. Pourquoi après plus de deux semaines de trajets quotidiens, cet imbécile bleu n'était toujours pas fichu de se souvenir du chemin? Il ruminait encore ses pensées quand il vit son partenaire couché, dos à lui. D'habitude, il l'attendait assit, entrain de lire un de ces mystérieux livres.

- Kuroko? Tu dors?

Taiga s'approcha doucement du lit. Peut-être que l'entrainement était trop intense et que le bleu avait besoin de repos. Le rouge se pencha vers son camarade de chambre pour vérifier s'il dormait, jusqu'à ce qu'il entendit un aboiement. Il sursauta sur le lit, bousculant son ombre qui faillit être éjecté du lit. Celui-ci se redressa mécontent, l'air mal réveillé.

- K-Kuroko! Enfoiré! Qu'est-ce que ton chien fait ici? Demanda Kagami en secouant rageusement l'ombre.

Il maudissait de toutes ses tripes ce lycéen qui possédait ce chien. Il le fusilla du regard, une aura meurtrière en arrière plan. Ce maudit Kuroko le savait pourtant, qu'il ne supportait pas les chiens, alors pourquoi l'autoriser à entrer dans le seul lieu où l'animal ne pouvait pas entrer d'ordinaire?

- Il pleut.

- Il dort toujours dans la cuisine!

Et même si la cuisine fuyait à cause du toit pourri, il y avait une table dans la pièce qui pouvait toujours le protéger de la pluie intérieure. Il n'était pas dupe. Son partenaire lui en voulait pour quelque chose! Mais quoi? A moins que c'était amusant de le voir paniquer de la sorte?

- Il avait froid.

- Donne-lui une couverture! Il dort pas ici! Il n'a rien à faire dans une chambre!

- Dans ce cas, c'est mon chien de garde.

- Contre qui? Y a pas de changement de statut ni de promotion! Y a que toi et moi dans cette chambre! Et on dort ensemble depuis le début du camp! Pas besoin du chien pour monter la garde!

Kuroko ramassa numéro deux au pied du lit et le montra à ce cher Kagami qui avait sauté hors du lit pour rejoindre un coin de la chambre. Le numéro un mena son animal domestique dans ses bras partout à la poursuite du géant rouge qui tenait à peine sur ses jambes. Finalement, après plusieurs tours de chambre, Taiga rampa jusqu'à la porte en tentant de s'échapper en attrapant la poignée de porte. Alors qu'il allait réussit son exploit héroïque, il entendit des pas s'éloigner puis un lit qui grinçait. Ne bougeant pas dans un premier temps, le rouge finit par se retourner tout en ayant peur d'une subite charge du canin. Ce qu'il vit derrière lui fut pire que l'apocalypse.

- Je dors où? Il vient de piquer ma place!

- Vous n'avez qu'à échanger de place.

- Mais arrête de bouder, j'ai rien fait!

- Je ne boude pas.

- Vous allez la fermer le couple d'idiot? Je vais tripler l'entrainement de demain! Hurla une voix féminine du fin fond du couloir.

Le dunker déglutit et soupira, désespéré. Ca allait encore lui retomber dessus cette histoire. Il se redressa et s'apprêtait à quitter la chambre quand une voix le retint.

- Finalement, tu t'entends bien avec Aomine-kun.

- Hein?

Le rouge s'arrêta de parler, la main devant la bouche à cause de sa grosse voix. Il tendit l'oreille une seconde avant de relâcher la pression. Il se retourna ensuite vers son camarade tout en se collant à la porte. Il ne pouvait pas s'approcher de la bête .Tant qu'elle restait loin de lui, ça allait. Il reprit en chuchotant, maitrisant sa voix au maximum.

- Je vois pas de quoi tu parles. Lâcha-t-il, en détournant son regard.

- … De rien.

- Tu veux que…j'arrête de lui parler?

- Je n'ai jamais dit ça.

Qu'est-ce qui lui prenait de dire ça? Le rapatrié des États-Unis se gratta la tête, pensif. Il revisita les derniers jours en accélérés. Il était vrai que depuis qu'Aomine lui avait sauvé la vie, rajoutant par dessus l'équipe qui l'avait confié à lui, celui-ci paraissait moins insupportable. Il lui paraissait même presque normal. Il avait rencontré quelqu'un de son âge, avec qui partager une même passion, avec qui parler de certain sujet dont il n'aborderait pas un mot à ses ainés… Bien que son camarade de classe remplisse certaines conditions, certains sentiments entravaient cette sensation de liberté qui l'étreignait. Cette complicité avec l'autre géant. Mais ça, il ne l'avouerait jamais face à son rival. Peut-être que l'ombre avait encore des ressentiments à son égard.

- Je sais bien qu'il t'a fait subir des choses horribles mais…au fond, c'est un bon gars. C'était sans doute sur…

Toujours dos à Kagami depuis le début, Kuroko écarquilla les yeux. Ainsi donc, ces deux là s'étaient rapprochés à ce point là? Il se recroquevilla légèrement, de sorte que le rouge ne voit pas le mouvement. Une mèche de cheveux tomba sur ses yeux, les cachant derrière un voile bleu.

- Je ne le déteste pas.

- Mais il avait du…

- Il n'a pas besoin d'être défendu. Je le connaissais très bien.

- J-je ne cherche pas à le défendre. Juste… Comment dire… C'est comme s'il…était…un peu… comme moi. Il me comprend sur certain truc et euh… Enfin… Je ne l'aime toujours pas, mais…je le supporte mieux qu'avant.

Kuroko jeta un rapide coup d'œil vers sa lumière, quand il vit de légères rougeurs sur ses joues. Il regretta sa curiosité soudaine. Sa bouche s'entrouvrit légèrement sous la surprise. Le bleu fit en sorte de bien rester dos au numéro dix et de garder Tetsuya numéro deux dans ses bras. Celui-ci couina un coup avant de tourner sa tête vers le rouge qui sursauta à la rencontre de ce regard. Il était sur le qui-vive. Le géant défit l'animal des yeux, jusqu'à ce qu'il déchiffra un air qu'il pensait supérieur chez le canin, du genre «c'est moi qui suis dans ses bras et pas toi» ou bien était-ce «je prends le lit et toi la cuisine». Énervé, Taiga quitta la chambre pour essayer de se trouver un nouveau lieu de repos pour la nuit.

A Jigoku, une tête blonde se faufila dans les couloirs pour arriver dans les dortoirs réservés à la Touou. Il frappa deux coups sur la porte quand celle-ci s'ouvrit. Il pénétra à l'intérieur, une fois sur que le chemin était libre. Il s'approcha du corps athlétique devant lui pour épouser ses formes avec son corps quand il fut repoussé violement vers le lit. Là, il fut bloqué sous le corps imposant à la chevelure bleu nuit.

- Kise, enfoiré!

- Aominecchi! J'ai encore un peu mal aux reins, alors si tu pouvais éviter d'être aussi brusque…

- Pourquoi tu l'as pas encore fait?

- Je ne suis pas comme toi, je suis mes entrainements avec assiduité!

- Si tu veux ta récompense, t'as intérêt à t'y mettre de suite.

- Dans ce cas, je veux une motivation.

La vue d'Aomine s'habitua aux ténèbres de la chambre. Il distingua une légère gêne chez son interlocuteur. Il se lécha les lèvres.

- T'es vraiment une salope, Kise.

- C'est à cause de toi que je suis comme ça.

Daiki fondit sur Ryota qui ne lui opposa aucune résistance. Il laissa échapper quelques soupirs de bien-être tout en lui agrippant la chemise. Ils étaient en quelque sorte devenus à ce qu'on pouvait appeler des amants. Juste des partenaires. De plaisirs charnels. Rien de plus. Il le savait, qu'il n'avait pas sa place dans le cœur froid et glacial du fauve. Cet idiot l'utilisait à des fins personnelles. Ignoble. Mais le plus risible dans tout cela, c'était qu'il l'acceptait. Tant qu'il pouvait rester à ses côtés, il l'accepterait. Pour combien de temps? Juste le temps de le remettre avec Kurokocchi, le temps d'y faire une croix dessus, et il pourrait dire adieux à ses «privilèges». Juste le temps de s'y faire à cette idée, et il l'aiderait sans commune mesure.

- N'oublie pas ce que je t'ai dit sur Kagami.

- O-oui… Soupira Kise.

Contrairement à son cœur, les mains de Daiki étaient brulantes. Elles parcouraient son corps d'une telle façon qu'il ne pouvait que fondre à son contact. Il avait l'impression d'être parcourut par un courant électrique, suivant la trace de ses doigts sur sa peau.

- Fait en sorte que Tetsu ne pense plus qu'à moi et Kagami. Il faut que j'accapare ses pensées.

- Je…je sais… se retint le blond.

- Tant que je garde ma place dans son cœur, peut m'importe que ce soit de l'amour ou de la haine.

Le copieur se mordit l'index afin de ne pas gémir trop fort. Mais il ne pouvait pas s'abimer les doigts ainsi. Il était un professionnel après tout. Au lieu d'utiliser ses dents, il bloqua tout le passage avec sa main. Mais ainsi, il avait de plus en plus de mal à respirer. Il avait besoin d'une pause. De l'eau perlait au coin de ses yeux.

- La prochaine fois que tu me désobéis, et je te punirais comme il se doit.

- Ne…t'inquiète pas… Je sais…

- Je te détruirai de l'intérieur.

Sa voix était froide. Il pensait à quelqu'un d'autre que lui alors qu'il le touchait, le torturait, le désirait. Il était violent. Il était maladroit. Il ne savait que provoquer le mal autour de lui. Il ne pouvait pas se contrôler. Mais il l'acceptait. Il ne le trahirait pas. Après tout, il le savait depuis le début, qu'il aimait un homme cruel.

Le lendemain après-midi, lors de la pause, Kagami et Aomine s'éloignèrent une énième fois en se disputant. Kuroko, laissé derrière, préféra ne pas les suivre. Habituellement, il subissait leur dispute sans intérêt sur les magasines pornos. Mais cette fois, il préféra s'isoler. S'ils s'entendaient si bien, il n'avait pas besoin d'y aller. D'ailleurs, sans doute qu'il n'y airait aucun des deux qui remarquerait son absence. Il alla se reposer un peu à l'écart du reste quand il entendit une voix.

- Kurokocchi! Murmura cette voix.

Tetsuya se retourna dans tous les sens, sans voir celui auquel il pensait. Après quelque instant, celui-ci apparut devant lui, des feuilles dans les cheveux. Il était comme d'habitude. Toujours aussi souriant.

- Je me suis éclipsé de mon entrainement. Ah! Soupira-t-il. Je suis sûr que Kasamatsu-sempai va m'en vouloir.

- Pourquoi tu es ici? Tu veux t'amuser comme Aomine-kun?

- Ah non, en fait, je voulais te prévenir d'un certain…danger.

Oui, il devait remplir sa mission. Il était horrible donc il le ferait, quel qu'en soit les conséquences. Aominecchi avait confiance en lui. Il ne pouvait pas le trahir. Il devait…le faire. Tout simplement.

- Tu ferais mieux de faire attention à Kagamicchi. Aominecchi voulait te récupérer, mais finalement, on dirait…

- Kise-kun?

- Aominecchi pourrait bien le dévorer. Kurokocchi.

- Que veux-tu dire par là?

- Et bien…

Une goutte de sueur perla de son front. Le soleil tapait fort. Impossible de le percer à jour. Encore un effort et il aurait terminé. Mais franchement. Aominecchi? Dévorer Kagamicchi? Il avait envi de rire. En était-il capable? Pas vraiment. Deux fortes têtes pareilles, impossible que Kurokocchi le croit.

En bougeant un peu, le tee-shirt de Ryota se déplaça légèrement, laissant entrevoir des petits bleus sur son torse. Il ne fallait pas être idiot pour ignorer ce que c'était.

- Kise. Il y a des moustiques au camp? Tu as des piqures ici.

- Ah, oui… Comme je traine pas mal dehors, je me…

Des piqures? Et puis quoi encore? Ca s'appelait des suçons. Kurokocchi n'était quand même pas si innocent que cela, si? Alors qu'il était sorti avec ce pervers d'Aominecchi? Kise était irrité. Pourquoi Kurokocchi était-il encore si pur, si innocent, alors que lui était devenu si horrible, si sale? Il ferait n'importe quoi pour une caresse, un baiser, un regard. Il était énervé. Pourtant, il n'avait pas à l'être. Sa mission était plus importante. Il quitta son visage souriant et se pencha vers l'oreille de son ami. Non, il ne pouvait pas rester calme. Il était comme possédé par le diable.

- En fait, non. Tu vois, ce ne sont pas des piqures, mais des suçons. Kurokocchi.

- Des… Kuroko rougit.

- D'Aominecchi.

Le sang de Kuroko se glaça. Comme cela? Ces traces étaient faites par…Aomine-kun? Lui et Kise avaient…ce genre de relation? Mais, il avait dit que c'était Kagami qui…

- Vois-tu… Aominecchi m'a fait des tas de choses. Il m'a caressé. Il m'a embrassé. Il m'a fait me sentir tout sale et mouillé…

- …arrête… Murmura Kuroko, la tête basse.

- …ici…

Le joueur de Kaijo prit la petite main de son ancien coéquipier et le dirigea vers son bas ventre. Ce n'était pas ce qu'il était censé dire. Il devait arrêter. Sinon, Aominecchi lui en voudrait. Il ne devait rien dire sur sa relation nocturne. Non, il voulait se garder le bleu et écarter tout rival. Qui aurait cru qu'il serait si possessif après quelques caresses.

- Il m'a marqué. Je lui appartiens tout entier. Chaque suçon en est la preuve.

- Kise-kun….

- Regarde.

Il remonta légèrement son tee-shirt, et déjà une myriade de petits bleus disperser un peu partout. Combien de temps? Combien de temps pour en faire un, pour en faire autant. Combien de fois pour arriver à un tel résultat? Il regarda cette innocence ce détruire au fur et à mesure qu'il remontait le tissu. Ainsi, même une ombre pouvait être corrompue?

Il en avait trop dit. Il devait s'arrêter. Il devait se reconcentrer sur Kagamicchi et Aominecchi… Aominecchi et… lui. Tous les deux… après l'avoir presque réduit plus bas qu'un esclave, il allait voir ailleurs. Il voulait posséder Kuroko et Kagami. Il était cupide. Mais il l'aimait. Parce qu'il l'aimait, il voulait le garder pour lui. Mais le bleu allait le détester. Mais qu'importe, il ne posséderait plus Kurokocchi, et encore moins Kagamicchi. Il resterait le seul.

- Et il s'apprête à faire la même chose avec…

- Arrête… ne dis plus rien. Kise-kun.

- Kagamicchi.

- Arrête!

Le bleu recula brusquement, choqué. Il repoussa de toutes ses forces le blond qui fut projeté lui aussi. C'est lorsque le blond tomba au sol que le duo de lumière revient chercher l'ombre qui leur avait faussé compagnie. Ils étaient venus le chercher quand ils virent avec surprise un mouvement de violence de la part de Tetsuya. Lui qui d'habitude n'était pas du genre violent, surtout envers un ami. Kagami aida le joueur de Kaijo à se relever tandis qu'Aomine se dirigeait vers le joueur de Seirin.

Daiki voulut toucher son ex quand celui le repoussa pour courir, s'enfuir loin de lui. Taiga essaya de le rappeler, sans succès. Qu'avait-il bien pu se passer entre les deux anciens joueurs de Teiko, le temps de venir le chercher? Ce qu'il ne vit pas, ce fut le sourire satisfait d'un fauve, dos à lui.


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