Titre : Alliés

Auteur : Syhdaal

Genre : Shonen ai

Base : Weiss Kreuz

Couples : Brad x Schu… Et Yohji (si vous êtes sages)… Nyark nyark nyark… Be scared…Very scared !

Disclaimer : Non, aucun de ces perso ne m'appartient (quel dommage…), enfin tout le monde le sait hein ! Je m'en sers juste de façon éhontée pour satisfaire mes délires de malade mentale.

Bon, ben je suis très contente de voir que ça n'avance toujours pas lol ! Mais j'y arriverai, même que dans ce chapitre, y a un chouya d'action… Un chouyanou… Un chmiminou…

Toujours en espérant que ça vous plaise un p'tit peu… Et merci pour vos encouragements !


Alliés

Chapitre 4

La vie s'organisait au Koneko autour de Keï, afin qu'il ait la vie la plus confortable possible jusqu'à ce qu'on l'envoie dans une famille d'accueil correcte. Les membres de Weiss redoutaient en silence le jour où Kritiker leur annoncerait le placement du petit garçon. Ils s'y étaient attachés et Keï leur apportait une fraîcheur et une innocence qu'ils ne pensaient plus revoir dans leur existence. Omi en était presque venu à désirer que l'enfant reste définitivement avec eux, sachant pourtant que ce ne serait pas possible… Cette option était seule envisageable dans le cas où Kritiker souhaitait former un autre membre, et ça, aucun des Weiss ne l'accepterait. Pas pour Keï en tous cas.

Mais même cela semblait peu probable. Leurs missions s'étaient d'ailleurs considérablement ralenties depuis que l'enfant vivait avec eux. Yohji déclara que c'était bien normal vu que Kritiker leur avait promis des vacances bien méritées suite à la mission avortée à l'étranger. Omi n'en était pas si sûr, mais ça l'arrangeait plutôt vu qu'il se sentait patraque ces derniers temps.

– Ca va ? Demanda Ken en se penchant sur lui.

– Moui… Pourquoi ?

– T'as pas l'air en forme. T'as maigri non ?

Omi leva les yeux au ciel. Ken exagérait, d'ailleurs il ne semblait pas non plus au top de sa forme. Certes, il mangeait un peu moins ces derniers temps car il était souvent pris de nausées et de maux de tête. Il devait sûrement couver quelque chose, ça lui apprendrait à aller sur le toit au mois d'Octobre pour jouer aux cartes avec Ken justement. D'ailleurs, le brun partait s'occuper de son troupeau de gnomes pour leur apprendre les règles basiques du foot. Lui était de garde dans le magasin avec Aya, autant dire que pour cette matinée l'ambiance ne serait pas à la fête. Le brun semblait se porter un peu mieux depuis l'arrivée de Keï dans leur vie. Ca avait dû lui changer les idées à lui aussi. Même Aya avait recommencé à tenter de vagues et rares sourires, ce que lui-même et Yohji n'auraient pas cru possible après ce qui s'était passé entre les deux têtes brûlées du groupe. D'ailleurs, leur autoproclamé roi de la séduction avait encore décidé de filer en douce pour échapper aux corvées. Aya râlait à qui mieux mieux et Omi sentait venir le moment où le roux lui ordonnerait d'aller à la recherche de Yohji.

– Omi, tu pourrais aller chercher Yohji ?

Ah surprise ! On n's'y attendait même pas ! Il n'était pas de si mauvaise humeur, il était même presque poli. Omi décida donc de s'exécuter et partit tranquillement vers la maison afin de dénicher son aîné, sûrement encore en train de glander. A sa grande surprise, Yohji surgit devant lui au détour d'un couloir, sortant de sa chambre comme un diable.

– Tu me cherches, non ?

– Aya te réclame. C'est de l'adoration à ce niveau.

– J'y vais, j'y vais, grogna Yohji en prenant la direction de la boutique. Mais avant, un p'tit caféééé… Chantonna-t-il.

– KUDOH ! Hurla Aya du rez-de-chaussée.

Le jeune homme en lâcha presque sa cigarette éteinte. A croire qu'Aya était médium pour devancer systématiquement son envie de café ou de clope. Ou les deux.

– Je crois que tu n'as pas le temps pour un café Yohji-kun.

– Effectivement, bon ben je vais affronter le grand méchant Aya…

Omi le regarda descendre les escaliers avec un sourire presque amusé. Certaines choses ne changeaient pas. Il allait suivre le même chemin mais une vague nauséeuse l'assaillit pour la troisième fois de la journée. Incapable de se retenir cette fois, il se précipita dans la salle de bain.

– Beurk, beurk, beurk… Répétait-il en descendant les escaliers une dizaine de minutes plus tard pour rejoindre le magasin de fleurs où Aya et Yohji se disputaient certainement.

Il retrouva en effet ses deux amis en train de se quereller à propos d'un arrangement floral quelconque, comme d'habitude. A son entrée, ils se tournèrent vers lui dans un bel ensemble, comme pris en faute. Omi haussa un sourcil à leur expression étonnée. A croire qu'ils faisaient exprès de s'engueuler en permanence car ça leur passait le temps à tous les deux.

– Ben quoi ?

– Rien.

– Aya aurait vraiment besoin de se détendre, t'es pas d'accord Omi-kuuuun ? S'exclama Yohji d'une voix chantante. Genre, avec un gars sympa ou une jolie demoiselle… Au moins il aurait plus l'air d'être assis sur un manche à balais !

– Yohji ne change pas sujet ! Siffla Aya. Et ne me mêle pas à tes histoires salaces !

– C'est l'heure de ma pause ! Rétorqua le blond en ricanant.

Le rouquin leva les yeux au ciel d'un air exaspéré et s'empara du tuyau d'arrosage avec la vague idée d'étrangler Yohji ou de le noyer, au choix. Keï sauva la vie du grand blond en criant d'étonnement à la découverte d'une bestiole dans les fleurs.

– Un papillon ?

– A cette saison, c'est un survivant !

Et c'est sur cette phrase que commença une exploration en règle du magasin pour Keï et les trois autres Weiss en goguette. Les clientes étaient peu nombreuses et ça leur permettait de souffler et de flâner dans le magasin tout en donnant à leur petit protégé ses premiers cours de botanique.

Deux semaines plus tard, Manx fit son apparition dans la boutique avec un sourire gêné. Les garçons l'entourèrent, se doutant qu'elle allait leur annoncer une mauvaise nouvelle. Le jour qu'ils craignaient tous était finalement arrivé. Elle venait reprendre Keï.

– Nous avons trouvé une famille pour lui.

« Il y sera bien, vous pourrez aller le voir de temps à autres. »

C'est donc le cœur serré que les quatre assassins se préparèrent à faire leurs adieux au petit le lendemain, décidant de lui offrir un petit cadeau. Omi avait insisté sur une photo où ils étaient tous les cinq et un petit cadeau, une peluche, pour lui faire un souvenir… Et qu'ils leur restent quelque chose de lui également.

Finalement, malgré tous les soucis qu'un enfant pouvait causer, ils s'y étaient attachés en l'espace de quelques jours. Quelques heures… La dernière journée de Keï avec ses quatre protecteurs du moment se déroula dans le magasin, et les Weiss étaient tous présents malgré la clientèle peu affluente ce jour-là. Ils voulaient profiter un maximum de Keï avant son départ, organisant des jeux et prenant des photos pour faire des souvenirs.

Aya était en train de s'occuper d'un client après avoir demandé à Yohji de ramener Keï à l'intérieur de la maison car l'enfant commençait à montrer des signes de fatigue. Le grand blond se faisait décidément bien à son rôle de baby-sitter.

Finalement, le petit garçon fut emmené le lendemain par la jeune secrétaire de Kritiker aux cheveux flamboyants. Les adieux n'avaient pas été faciles mais les quatre assassins faisaient bonne figure devant l'enfant. Ils s'y étaient attachés plus que de raison finalement, même en sachant qu'il ne pourrait rester avec eux.

######

Aya travaillait sur les comptes et les arrivages à venir tout en jonglant avec les cahiers de commandes. Le fait en lui-même était plutôt commun, mais il ne se sentait pas spécialement concentré sur ce qu'il faisait. Keï n'était plus là depuis une semaine. La date le frappa lorsqu'un gamin vêtu d'une salopette en jean et accroché à la main de sa mère se manifesta en s'extasiant sur un papillon qui s'était posé sur une odorante orchidée. Instinctivement, il jeta un coup d'œil à ses collègues. Omi, Ken et Yohji aussi regardaient le petit. Les quatre garçons échangèrent un regard bref, mais entendu. Keï leur manquait. Etrange, il n'avait pas été avec eux très longtemps pourtant. S'ébrouant, il retourna à ses pensées premières. Il devait quand même bien avouer que la présence du gamin avait adouci les relations dans la maison, ça ne faisait pas de mal. Maintenant qu'il n'était plus là, ils se rendaient bien compte tous les quatre qu'il était difficile de retourner à leurs occupations habituelles, qui se composaient de la routine mission-koneko-dodo.

Cependant, le rouquin sentait que quelque chose se terrait dans l'ombre et attendait patiemment le bon moment pour s'abattre sur eux. Ce n'était pas la première fois qu'il était pris d'angoisse au sujet de leur sécurité à tous les quatre, mais dernièrement, le sentiment s'était fait plus fort. Depuis le jour où Schuldig avait fait irruption chez eux couvert de blessures, il avait beaucoup réfléchi et avait même fait part de ses soupçons à Manx qui s'était contentée de rire.

Aya n'avait pourtant jamais touché aussi juste de toute sa vie.

– Kenken, ça ne va pas ? Demanda soudain Yohji qui papotait gaiement avec une demoiselle tout en lui préparant un bouquet.

Tous se tournèrent vers le garçon qui semblait avoir perdu toutes ses couleurs. Devant son absence de réponse et son air passablement verdâtre, Omi et Yohji échangèrent un bref regard interrogateur. Le garçon qui était assis avec un arrangement floral sur ses genoux le posa précipitamment à côté de lui et partit en courant sans plus d'explications.

– C'est pas vrai ! Grinça Aya en lâchant son carnet de commandes et en le suivant.

Le trouble du garçon ne l'avait pas interpellé même s'il lui avait trouvé le teint plus ou moins blafard depuis le matin. Il suivit le brun jusqu'aux toilettes, le retrouvant la tête dans la cuvette en train de recracher le contenu de son estomac. Aya fronça le nez. C'était mauvais signe. Finalement, Ken se redressa et actionna la chasse d'eau en toussant, tâtonnant jusqu'au petit lavabo attenant pour se rincer la bouche.

– Ah, c'est dégueulasse…

– Ca va ?

– Bof. Omi a dû me refiler son virus. Il est malade depuis deux-trois jours.

Aya resta silencieux, se contentant de le scruter avec attention, pensif.

– Quoi je t'ai fait peur ? Fais gaffe, c'est peut-être contagieux, dit Ken d'un air amusé.

Aya haussa les épaules. Lui se sentait bien et Yohji n'avait pas non plus montré des signes de maladie. Les deux plus jeunes avaient sans doute attrapé quelque chose et vu qu'ils étaient toujours fourrés ensemble, cela n'avait rien d'extraordinaire. Lorsque les deux hommes réintégrèrent le magasin, il était presque vide : la pause de midi approchait à grands pas. Yohji s'approcha pour s'enquérir de la situation.

– T'es malade ?

– Un coup de froid je pense.

Omi haussa les épaules. Lui non plus ne se sentait pas au mieux de sa forme depuis quelques temps. Aya se retourna vers Yohji qui se contenta de hausser les épaules, prêt pour sa tirade sermonneuse du jour :

– J'apprécierai grandement que vous gardiez vos microbes pour vous les gnomes, dit-il en regardant tour à tour Ken et Omi. Maintenant, vos sorties à pas d'heures sur le toit c'est fini ! J'veux pas mourir de la grippe du poulet à cause de vous, moa.

– Pour un dindon, ce serait le comble, rétorqua Omi en échangeant un sourire avec son meilleur ami.

Les deux garçons pouffèrent de rire tandis qu'Aya se permit un rictus narquois qu'il dissimula en se penchant sur son carnet. Yohji s'étrangla à l'insulte, en oubliant presque de respirer pour sa survie, puis vexé, déclara qu'il prenait une pause cigarette à l'extérieur de la boutique.

La journée au Koneko continua de s'écouler paisiblement, troublée par quelques arrivées massives de lycéennes de temps à autres. Aya fut tiré de ses pensées par l'arrivée fracassante de Yohji qui se fit accueillir par des remontrances du plus jeune membre des Weiss. Il s'était octroyé une très longue pause déjeuner, ce qui n'avait pas été du goût de tout le monde. Aya ne souffla mot et fila en douce, Yohji l'avait bien mérité pour son retard. Le petit blond quitta lui aussi la boutique pour rallier son ordinateur et préparer son prochain devoir à rendre mais il se sentait indisposé, vaseux. Une douleur conséquente battait à ses tempes et il décida de monter à la salle de bain afin d'y dénicher quelques cachets d'aspirine. Il ferma machinalement la porte à clef et se mit à fouiller dans l'armoire à pharmacie pour trouver ce qu'il cherchait. Il avala deux aspirines d'un coup qu'il fit passer avec un verre d'eau et inspira profondément. Il se sentait vraiment mal, las. Attendant patiemment que son malaise passe en s'appuyant sur le bord du lavabo, il dû plonger avant de rendre le contenu de son estomac, une fois encore. Son ventre se tordait en d'horribles contractions et ses nausées le harcelaient. Cette fois c'était pire que d'habitude. En avançant la main pour actionner la chasse d'eau, il constata avec horreur qu'il venait de cracher une substance d'un rouge poisseux. Encore. Pris de panique, il voulu se relever mais la tête lui tourna brusquement et pris de vertiges il s'effondra avec une plainte. Et lui qui avait fermé la porte…

A la fin de la journée, Ken se dirigea vers la salle de bain mais trouva porte close. Considérant que Yohji était encore au magasin pour quelques minutes et Aya avait disparu, Omi était le seul candidat potentiel. Il frappa et patienta un moment. Pas de réponse. Pas un bruit non plus. Il retenta sa chance en espérant une réponse, mais Omi ne répondait toujours pas. Il était probablement enfermé dans la salle de bain depuis un certain temps. A la base, il devait juste lui dire de se dépêcher, mais la situation l'inquiétait.

Quelque chose n'allait pas. Il était enfermé dans la salle de bain depuis maintenant un moment, et le silence l'angoissait.

– Omi ? Ouvre, c'est moi.

Derrière la porte, Omi inspira avec difficulté. Il était conscient mais incapable de bouger. Sa chute avait été douloureuse et il sentait sa vue défaillir. Une partie de ce qu'il voyait était trouble, complètement floue. Il voulait appeler son ami mais n'y arrivait pas. Une larme chaude coula sur sa joue. Ken ne l'entendait pas…

– ... Ken-kun… Murmura-t-il, désespéré de ne pas pouvoir l'appeler plus fort.

Il avait tellement mal.

– Omi ? Est-ce que ça va ? Omi !

– ... Ken, qu'est-ce que tu fais ?

Yohji-kun…

– Ca fait une plombe qu'il est là dedans, il répond pas…

Trois coups furent donnés contre le panneau de bois.

– Omi, c'est Yohji, allez sois sympa ouvre la porte !

Omi ferma les yeux et déglutit avec difficulté. Si seulement il pouvait l'ouvrir cette foutue porte !

D'autres larmes remplacèrent la première. Il se sentait tellement faible. Sa voix était inaudible, il ne pouvait pas bouger et personne ne l'entendait. Ses pleurs silencieux comprimaient sa poitrine. Il eut un hoquet douloureux.

– Omi ? Y a un truc qui va pas, ouvre la porte Yohji…

– Pourquoi f…

– Ouvre-moi cette porte ou ça va mal finir ! S'énerva Ken de l'autre côté du battant de bois.

Yohji sembla s'éloigner quelques instants pour revenir avec un double de la clef supposa Omi. Il entendit enfin la porte s'ouvrir.

« Oh, merci… »

– Omi !

En un éclair, Ken était à ses côtés, suivi par Yohji.

– Qu'est-ce que t'as ? Tu es tombé ?

– ... J'ai mal…

Ken dû se pencher pour réussir à entendre son ami.

– Où ça ? Dis-moi.

– ... J'ai vomi…

– C'est pas grave mon grand, tu es malade, c'est pas grave… Dit Ken en touchant son front, palpant doucement le corps de son cadet pour vérifier qu'il n'avait pas de blessures apparentes.

– … Du sang…

Ken s'arrêta soudainement dans ses vérifications.

– Du sang ? Tu as vomi du sang ?

Yohji, qui n'entendait pas les paroles du plus jeune, se retourna, affolé par les mots du brun.

– ... Oui… Lui répondit Omi dans un souffle à peine audible.

– Yohji ! Appelle un docteur, dépêche-toi ! Omi pourquoi tu m'en as pas parlé avant que tu étais malade, ça n'arrive pas comme ça !

– Voulais pas…

– Imbécile !

Le brun le prit délicatement dans ses bras en essayant de lui épargner au maximum des souffrances inutiles pour l'emmener se coucher. Il décida de l'installer dans sa propre chambre. Si jamais il s'agissait d'une maladie, peut-être que sa chambre était infectée ou quelque chose comme ça.

– Ca va aller Omittchi, ça va aller… Yohji est parti appeler un docteur, on va te soigner ça va aller.

– Ken-kun…

– Oui ?

– Je suis… Vraiment… Vraiment désolé…

– Faut pas. Mais pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais malade, Omi t'aurais dû nous le dire…

– Gomen nasai…

– C'est pas grave, c'est pas grave… Murmura Ken en le posant avec douceur sur son lit.

Il réajusta les oreillers et le couvrit soigneusement.

– Tu veux quelque chose Omi ?

Il secoua faiblement la tête.

– J'ai mal Ken…

Le brun lui caressa les cheveux.

– Je suis désolé, j'aurai dû le voir…

Omi eut un faible sourire.

– M'laisse pas tout seul… Nii-chan…

– Omi ? Omi !

Ses yeux venaient de se révulser. Il avait perdu connaissance. Ken continua à se ronger les sangs jusqu'à ce que Yohji refasse son apparition.

– Yohji, faut l'emmener à l'hôpital !

– Ken, on va leur dire quoi ? Omi est mineur, son tuteur doit être quelqu'un de fictif connaissant Kritiker, comment tu veux qu'on explique qu'il vive avec nous et qu'on n'ait pas remarqué ?

– Mais faut le soigner !

– Un docteur de Kritiker arrive Ken.

Le brun voulu lui crier quelque chose mais se retint de justesse et serra les poings. Omi était sûrement gravement malade pour cracher du sang. Et un problème qui arrivait à ce résultat devait certainement dater de quelques temps. Il n'avait pas été blessé dernièrement en mission, Ken en était sûr, il s'en assurait toujours.

Ca ne laissait que la possibilité d'une maladie…

Mais pour vomir du sang, il ne voyait guère qu'un grave trouble interne…

– Yohji, si ce docteur ne trouve pas ce qu'il a, je l'emmène à l'hôpital ce soir !

– Ken, ça ira…

– Comment est-ce que tu peux dire CA ! Tu l'as bien vu non ! Il est inconscient il a de la fièvre et il a dit qu'il vomissait du sang bordel !

– Ken, la ferme ! Oui, on l'emmènera à l'hôpital si le docteur ne peut rien faire, je ne compte pas le laisser mourir. Mais si tu as une meilleure idée pour le moment, donne-la moi ! T'es pas docteur et moi non plus alors on attend de voir, et tu vas téléphoner à Aya histoire qu'il rapplique où qu'il soit je m'en moque !

Au moment où il finissait sa phrase, le téléphone de Yohji sonna. Le grand blond décrocha en grognant, passablement énervé.

– Oui ?

L'expression de son visage changea soudainement et s'adoucit.

– Ah c'est toi… Pourquoi tu me demandes ça ?...

Il sembla hésiter un instant puis continua.

– Omi... Omi est malade. C'est tout ce que tu voulais savoir ?... Ce qu'il a ? Je n'en sais rien moi, on vient d'appeler un docteur… Quoi ?! Comment ça ? Attends !...

Yohji regarda un moment son téléphone portable d'un air incrédule.

– Il m'a raccroché au nez l'abruti !

– C'était qui ?

– Une connaissance.

– Je connais ?

– Non.

– T'es sûr ? Demanda Ken, soupçonneux.

– Ken, c'est pas le moment. Je vais téléphoner à Aya, reste près de lui, dit l'ancien détective en posant sa main sur le front du plus jeune du groupe.

– Il est brûlant… Fais ce que tu peux Kenken, je fais vite.

Le brun regarda Yohji filer puis reporta son regard sur son meilleur ami. Le pauvre…

Qu'est-ce qu'il avait ?

Il semblait faire une poussée de fièvre, donc Ken fit tout ce qu'il pouvait faire, il déposa un linge frais sur son front. Il s'agenouilla près de son lit et se mit à réfléchir. Comment avait-il pu ne rien voir ?

Omi ne lui avait pas semblé plus mal en point que d'habitude…

Mais…

C'est vrai qu'il semblait avoir un peu maigri… Il avait remarqué qu'il flottait un peu plus dans ses tee-shirts ces derniers temps mais rien de grave, pas plus de quelques kilos, à vue de nez. Alors quoi ?

Il soupira. C'était son meilleur ami et il ne lui avait rien dit… Il ne lui avait pas dit qu'il était malade, pourquoi ? Il n'avait pas confiance ?

Ken sentit son cœur se serrer à cette idée.

Ne serait-ce pas plutôt parce qu'il avait été absorbé par ses propres problèmes qu'il n'avait pas vu qu'Omi allait mal ?

Seigneur, et si c'était ça ?

Il avait été tellement enfermé dans sa douleur qu'il n'avait rien vu ! Il n'avait pas vu que son meilleur ami, que celui qu'il considérait comme son petit frère, était gravement malade.

– Je suis le dernier des imbéciles… J'avais rien vu… Murmura-t-il en passant ses mains sur son visage.

– Kenken, tu parles tout seul ?

Le brun leva la tête. Yohji était de retour.

– Alors, tu as appelé Aya ?

– Ouais, il arrive.

Yohji porta machinalement une cigarette à ses lèvres. Ken lui jeta un regard de travers avant qu'il ne puisse l'allumer. Le blond se racla la gorge et tira distraitement sur sa cigarette qu'il ne pourrait allumer sans risque de se retrouver crucifié au mur. Il hésita un long moment puis décida de tout envoyer au diable. S'il ne mettait pas Ken au courant, le brun risquait de lui en vouloir en pensant que Yohji ne lui faisait pas confiance… Et avoir Ken de son côté, face à Aya, ça serait un avantage de poids…

– Ken il faut que je te dise un truc…

– Vas-y… Lâcha le sportif en passant sa main dans les cheveux d'Omi.

– Il n'y a pas qu'Aya qui va arriver…

– Oui, y a le docteur aussi, répondit Ken distraitement.

– Ken, je te l'ai pas dit, mais c'est Schuldig qui m'a téléphoné tout à l'heure.

– Quoi ? Mais pourquoi ?

– C'est… Compliqué… Mais il m'a dit qu'il arrivait.

– Qu'est-ce qu'il viendrait faire ici ?

– Il vient pour Omi. Avec le reste des Schwarz.

Ken resta un long moment interdit, puis il inspira profondément et reprit enfin la parole.

– Tu penses qu'on a encore le temps de prendre une assurance vie avant le retour d'Aya ?

Yohji éclata de rire. Son ami l'avait bien mieux prit que ce qu'il pensait.

######

Le téléphone de Yohji sonna de nouveau. Il se précipita pour ouvrir la porte. C'était Schuldig. Et toute la clique.

– Schu…

– Salut. Omi, ça va ?

Yohji haussa les épaules d'un air impuissant.

– Le docteur n'est pas arrivé.

– Ne le fais pas venir.

– Il est en route Schuldig.

– Erreur. Il est au bout de la rue, informa soudainement Brad Crawford.

Toujours à pic celui-là. Yohji sembla paniquer momentanément mais Brad décida de le soulager en prenant les choses en main.

– Nous attendrons quelque part le temps que cet homme examine Omi. Aya arrivera peu après qu'il soit reparti de toute façon.

Yohji soupira.

– Y a des jours où ta façon de tout savoir me gonfle… Mais à un point… Murmura-t-il en s'effaçant pour les laisser entrer.

Yohji remarqua qu'ils étaient présent tous les quatre. Même Nagi, pourtant à moitié dissimulé derrière l'imposante carrure de Farfarello, qui semblait lui tenir la main. Il laissa Schuldig et Crawford monter à l'étage. En entendant du bruit, Ken sortit de la chambre. Il se retrouva nez à nez avec Crawford. Un moment interdit, le jeune homme ne sut quoi dire, puis Brad lui tendit la main.

– Bonjour Ken.

Sa surprise passée, il lui serra la main avec un léger sourire.

– Bonjour Crawford. Vous êtes là pour Omi ?

– Votre docteur arrive. Nous allons attendre à côté. Je discuterai avec vous après son départ.

Ken hocha la tête. Il salua également Schuldig et se tourna vers Farfarello qui lui dédia un sourire sensiblement dément.

– Egal à toi-même, toi… Observa le brun avec une pointe d'ironie.

– Toujours… Susurra l'Irlandais en penchant légèrement la tête sur le côté.

Yohji eut lui aussi un sourire derrière le petit groupe des Schwarz pendant que Nagi gardait la tête baissée et murmurait une salutation rapide à l'intention de Ken en s'inclinant, comme il l'avait fait auparavant avec Yohji. Finalement, un coup de sonnette fit bondir le grand blond qui redescendit les escaliers quatre à quatre pour accueillir le docteur qu'ils avaient appelé. Brad fit un signe au Weiss qui restait dans le couloir qu'ils attendraient dans la chambre de Yohji. Le brun acquiesça. Yohji arrivait déjà à l'étage avec le docteur. Ken se retourna : les Schwarz n'étaient déjà plus là.

« Rapides… »

– Oui, voilà, il dit qu'il vomit beaucoup et ce matin, on l'a retrouvé quasi évanoui dans la salle de bain.

Le médecin hocha la tête.

– Comment est-il pour le moment ?

– Inconscient.

L'homme examina Omi, ne trouvant, étrangement, rien de très anormal.

– Si vous ne m'aviez pas dit qu'il était malade, j'aurai pensé qu'il dormait. Tout est parfaitement normal, si ce n'est que son pouls semble un peu plus faible que la normale. En dehors de ça, il n'y a aucun signe apparent d'une faiblesse quelconque.

– Mais…

– Je ne peux rien faire ici, il faudrait procéder à des examens plus approfondis : prise de sang et autre, vous voyez. Il faudrait me l'amener au centre médical de Kritiker que vous connaissez dès qu'il sera capable de marcher. Ca ressemble à une bonne grippe à vue d'œil, mais vous êtes parfois exposé à des situations dangereuses de par votre activité. On ne sait jamais…

– Ah… Mais si c'est une grippe vous pourriez pas lui donner un médicament, là… Commença Ken, déjà fatigué de tant de tergiversations.

Yohji avait un drôle d'air. Il semblait un peu bizarre. Il lui avait fait signe de laisser faire et de se taire. Ken avait obtempéré, se doutant que quelque chose ne tournait pas rond. Quelque chose de flou flottait dans l'air…

– Bien sûr, mais je ne suis pas sûr que ce soit très efficace. En cas d'urgence rappelez immédiatement, vous connaissez le numéro messieurs.

– Oui, pas de problème, dit Yohji. Merci d'être venu aussi vite.

Le médecin eut un sourire.

Forcé ?

Probable.

Faux ?

Sans aucun doute.

– Au revoir.

– Oui, au revoir.

Une fois le docteur raccompagné à la porte, Yohji grogna et retourna à l'étage.

– Schuldig !

Il entendit un soupir bruyant derrière lui.

– Quoi ?

– Tu l'as embrouillé ! Il n'a rien vu ce type, me dit pas qu'il est aveugle ?

– Euh, si ? Bon okay, je l'ai un peu pipeauté mais dis-toi que c'était pour le bien du gamin. Je ne pouvais pas envoyer Farf après lui, ça aurait fait désordre.

Farfarello haussa les épaules d'un air impassible.

– Schuldig, est-ce que tu te rends compte de la situation ? Omi est gravement malade, il vomit du sang comment tu veux qu'on le soigne par nous-même ! Il nous faut un docteur ! Pesta Yohji.

Ken n'était pas intervenu jusque là, préférant rester dans la chambre au chevet de son ami. A sa surprise, il se rendit soudainement compte de la présence de quelqu'un près de lui. Tournant la tête, il vit le plus jeune membre des Schwarz, debout à côté du lit. Silencieux.

Devait-il dire quelque chose à cet adolescent ?

Il décida que non et reporta son attention sur Omi. Machinalement, il passa une main sur le front du petit blond qui frémit dans son sommeil.

– Ca fait longtemps ?

Ken se tourna vers le plus jeune, surpris.

– Quoi ?

– Qu'il est malade ?

Ken s'assombrit.

– Je n'avais pas vu… Mais apparemment, ça fait un moment. Quelques semaines peut-être…

– Alors… Ca va bientôt commencer.

– Quoi ? Qu'est-ce qui va commencer ?

Nagi le fixa un instant sans rien dire. Droit dans les yeux.

– Merci de vous être occupé de moi.

Ken fut étonné de l'abrupt changement de sujet.

– Ah… C'était la moindre des choses tu sais.

Nagi baissa la tête, son expression toujours indéchiffrable.

– Peut-être…

Ken haussa les épaules. Pour l'instant, l'urgent c'était Omi et son état alarmant. Entendant un léger frottement, il constata que Nagi venait de quitter la chambre pour aller rejoindre son équipe. De là où il était, il put voir Farfarello poser une main sur la tête du garçon. Un signe de réconfort sans doute.

Ken se leva en soupirant et rejoignit le reste de la troupe, massée dans le couloir.

– Alors, pourquoi vous êtes là ? Soupira-t-il.

– Pour Omi. Et le reste d'entre vous, ceci est… Laissa tomber Crawford d'un ton posé.

– Et c'est quoi le problème avec Omi ?

– C'est compliqué, je préfère attendre que vous soyez au complet pour vous expliquer de quoi il retourne…

– Arrête de faire tant de chichis et accouche ! Gronda le brun, son caractère enflammé revenant au galop devant cette situation particulièrement tendue.

L'Américain se fendit d'un sourire léger devant sa rage si habituelle.

– Si c'est ce que tu veux savoir, je ne sais pas si Omi survivra.

– Quoi ?

Ken vit rouge.

– ET CA TE FAIT RIRE ?!

– Ken, calme-toi… Ordonna Yohji en avançant sa main, préférant parer à tout geste dangereux que son ami pourrait avoir.

Le brun serra les dents et inspira profondément, tournant les talons pour retourner auprès de son ami avant de commettre un meurtre barbare à mains nues. Il s'en voulait tellement. Yohji soupira en le voyant s'enfermer dans sa chambre auprès d'Omi, inconscient.

– Désolé, il n'est pas très bien en ce moment…

– Je sais, dit simplement Crawford. Descendons.

– Et Omi ? Interrogea Yohji.

– Je ne suis pas guérisseur.

– Alors pourquoi êtes-vous là, Crawford ?

Il put voir pour la première fois depuis cette nuit là, cette nuit terrible où il leur avait fallut remettre leurs pires ennemis sur pied, une profonde lassitude dans les yeux de Brad Crawford.

– C'est compliqué.

– Je suis prêt à tout entendre si il en va de sa vie.

– Nous verrons Yohji… Nous verrons…

Il fit un signe imperceptible à son équipe et ses trois cadets lui emboîtèrent le pas. Crawford fixa un court instant Farfarello qui lui rendit son regard impénétrable. Le voyant continua son chemin, précédé par Yohji qui n'avait pas vu leur petit manège.

Farfarello resta à l'étage, comme Crawford le lui avait ordonné.

D'un simple regard.

Le jeune homme borgne les regarda disparaître de sa vue dans les escaliers, puis se tourna calmement vers la chambre où Ken s'était engouffré. Sa propre chambre.

Il entra sans bruit.

Ken était à genoux par terre devant son lit où reposait Omi. Il avait posé ses mains sur le bord de son lit, pour y appuyer sa joue. Son regard sombre restait fixé sur le visage pâle de son ami. Il tourna lentement la tête pour apercevoir Farfarello.

– Qu'est-ce que tu veux ? Demanda le brun d'une voix basse.

Farfarello ne bougea pas.

– Farfarello, je ne suis pas d'humeur.

– La dernière fois, je t'ai dit que tu m'expliquerais pourquoi tu étais triste. Alors explique-moi.

– Je n'ai pas envie. Omi est malade.

Farfarello pencha un peu la tête sur le côté en signe d'interrogation. Puis décida de s'asseoir dans un coin.

– Qu'est-ce que tu fais ?

– J'attends.

Ken soupira :

– Moi aussi…

Omi restait immobile, pâle et enfiévré. Farfarello resta longtemps assis, tout comme Ken. Dans un silence simplement troublé par la respiration parfois haletante du cadet des Weiss.

Des voix s'élevèrent du rez-de-chaussée.

Aya était de retour. Aussitôt, des pas vifs et fermes résonnèrent dans la cage d'escalier menant à l'étage. Une ombre élancée apparut dans l'embrasure. Farfarello ne bougea pas. Ken tourna la tête pour reconnaître Aya. Le rouquin s'approcha du lit à pas de loup et posa sa main sur le front du garçon, faisant claquer sa langue avec agacement. Il baissa les yeux pour voir Ken le regarder. Il put voir l'ombre d'un vague désespoir au fond de ses yeux, bien vite chassé par un faible sourire factice.

– Tu es vite revenu.

– Hn. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Ken haussa les épaules et détourna les yeux. Il lui était insupportable de le regarder trop longtemps… Ca lui fendait le cœur.

– Ca faisait longtemps qu'il était dans la salle de bain et il ne répondait pas quand je l'appelais. On a ouvert, il était tombé et il m'a dit qu'il avait vomi du sang. En gros c'est ça…

– Le docteur ?

– Il est venu, il est reparti. Rien d'anormal qu'il a dit.

Aya fronça les sourcils. Quelque chose était justement tout à fait anormal.

– Schuldig.

Le leader des Weiss se tourna vers la provenance de la voix. Farfarello était là, tranquillement assis contre l'armoire de Ken. Son œil doré semblait briller plus qu'il n'aurait dû dans la semi pénombre de la chambre. Quelqu'un avait tiré les rideaux.

Alors Schuldig avait décidé de jouer avec l'esprit du médecin de Kritiker. Etrange…

Pas que ce ne soit pas dans ses habitudes de s'amuser avec les âmes des gens, mais Aya sentit qu'il y avait autre chose qu'une simple raison à l'amusement là-dessous. Sans doute cet homme lui avait-il paru dangereux.

Il avait horreur de ça, mais quelques mois auparavant, il avait eu le désagréable honneur de constater par lui-même que les Schwarz pouvaient être mis à mal de façon assez déconcertante. Peut-être devrait-il se fier une fois encore à Schuldig et à sa bande de psychiques.

Il étouffa un soupir, se demandant ce qui allait encore une fois leur tomber sur le coin du nez.

Une grosse galère, il le savait. Il le sentait.

Revenant à la réalité, il jeta un œil à Ken. Le jeune homme avait l'air mal…

Il se retint de se gifler. Pas étonnant qu'il soit mal après tout, vu ce qu'il lui avait balancé dans la tête y a pas si longtemps que ça !

Parfois, Aya avait envie de lui hurler que ce n'était pas ce qu'il voulait, mais qui était-il pour faire ça, après tout ?

Rien.

Juste un assassin.

– L'enfant.

Encore une fois, le tordu avait pris la parole sans prévenir. Ca allait finir par le faire mourir de peur, décida Aya. Ken, lui, n'avait pas l'air plus perturbé que ça.

– Quoi ?

– L'enfant, répéta Farfarello.

– Tu veux dire Keï ?

L'Irlandais haussa les épaules. Peu lui importait, il avait horreur des enfants. Ils avaient trop de ça en eux… Trop de cette innocence qu'on lui avait arraché. Il voulait juste savoir si l'enfant n'était plus là.

– Manx l'a fait placé dans une famille d'accueil. On n'a pas eu de nouvelles sinon.

Farfarello retomba dans son mutisme. Il parlait peu, moins qu'Aya même, avait remarqué Ken. Sauf la nuit où ils avaient récupéré les Schwarz, mais il était drogué jusqu'aux yeux…

« Enfin, jusqu'à l'œil… »

Aya resta encore un moment à contempler Omi, perdu dans ses pensées. Devait-il faire confiance aux Schwarz ? Cela lui semblait dangereux, mais s'ils étaient venus en apprenant qu'Omi était malade, c'est qu'il se passait forcément quelque chose. Il tourna ensuite les talons et fit mine de sortir de la chambre de Ken.

– Redescendez. Je veux tout le monde en bas.

En temps normal, Ken aurait protesté mais n'en eut pas le courage. A quoi bon, de toute façon ?

Il se sentait terriblement fatigué tout à coup. Epuisé, vanné…

Aya quitta sa chambre. Farfarello ne bougea pas. Le brun soupira et se tourna vers lui.

– On y va ?

Farfarello ne répondit pas, se contentant de se lever calmement. Ken passa une dernière fois sa main sur le front de son meilleur ami. Chaque fois qu'il la touchait, sa peau lui semblait de plus en plus brûlante. Et il n'y pouvait rien…

Il sortit lui aussi, suivi de Farfarello. Ensemble, ils rejoignirent le reste de leurs équipes respectives qui patientaient dans la salle de séjour. Yohji avait réquisitionné des chaises dans la cuisine pour tenir un conseil extraordinaire.

Pour un peu, on se serait cru à une réunion de famille.

Ken se laissa tomber sur la chaise la plus proche de lui tandis que Farfarello s'installait près de Crawford.

– Maintenant que tout le monde est là, on peut y aller, lâcha Schuldig.

– Commençons par le début, pourquoi débarquez-vous comme ça ?

Schuldig et Crawford échangèrent un regard. Ce fut Brad qui reprit la parole.

– Nous avons appris qu'Omi était malade. C'est assez grave, mais nous avons dû renvoyer le docteur que vous aviez appelé. C'est un élément dangereux.

– En quoi un docteur de Kritiker pourrait être dangereux pour nous ? Interrogea Yohji, fidèle à ses habitudes d'enquêteur.

– Parce qu'il est de Kritiker, répondit simplement l'Américain.

Le visage d'Aya s'assombrit aux paroles de Crawford. Cette menace qui pesait sur eux, ce serait donc pire que ce qu'il avait imaginé ? Non, ils déliraient sûrement les Schwarz, ça serait pas la première fois d'ailleurs. Il étouffa le mauvais pressentiment qui lui nouait l'estomac depuis quelques temps déjà et se décida à écouter la suite de ce que son ennemi de toujours avait à dire.

– Et ?

– Et il se passe beaucoup de choses dans l'ombre, des choses que moi-même je n'arrive pas à vraiment voir.

– Crawford, en quoi pourrais-tu nous aider ?

– La menace est réelle Fujimiya. Si on ne fait rien, nous le regretterons tous amèrement, et très franchement, je n'ai aucune envie de mourir avant mes trente ans.

Aya « humpfa » de façon tout à fait audible et se renfonça dans son siège. Ca ne lui plaisait pas du tout.

– En premier lieu, vous devez déménager. Il faut partir d'ici.

– Pourquoi on ferait ça ? Aboya Aya.

– Parce que si Omi est malade, dis-toi que le virus est bel et bien dans les murs de cette maison.

– N'importe quoi ! On n'a qu'à l'emmener à l'hôpital et tout ira bien, rétorqua Aya faisant preuve d'une manifeste mauvaise foi.

– FUJIMIYA ! Tonna soudainement Crawford.

Un silence total se fit dans la pièce. Même Yohji et Schuldig qui conspiraient à voix basse depuis cinq bonnes minutes se turent. Crawford en colère, c'était terrible…

– Tu as peut-être envie de rester là et de crever de la même maladie qu'Omi, mais je ne suis pas certain d'avoir entendu tes équipiers se prononcer sur le sujet, énonça lentement et froidement l'homme vêtu de son éternel costume crème.

– Quel rapport ?

– Tu n'es pas en droit de décider de leur vie, et en ce qui nous concerne ici de leur mort.

– On va mourir ?! Demanda Ken horrifié.

Crawford eut un léger sourire et remonta ses lunettes du bout des doigts.

– Oui, mais dans quelques dizaines d'années. Je suis venu vous ouvrir une porte de salut.

– Et pourquoi tu ferais ça dans ta grande générosité tôa ? Grogna de nouveau Aya à l'intention de son rival de toujours.

– Parce que votre mort n'est franchement pas dans mon intérêt. Je dois avouer que j'éprouve moi aussi une légère envie de dépasser la trentaine. Vivant.

– Alors ? Hasarda Yohji. On fait quoi ? Et pour Omi ?

– Je vous propose de partir. De quitter cet endroit sans laisser d'adresse.


Notes : Ouais, vous avez vu, je me décide enfin à avancer un peu !

Il était temps lol !