Disclaimer : L'univers ainsi que les personnages (excepté l'OC) appartiennent à J.K. Rowling
Chapitre 4
Me voilà dans de beaux draps. Attrapée par le bras, je suis contrainte de suivre le gardien et son chat à travers de nombreux couloirs quasiment identiques. Je n'essaye même pas de m'échapper, je sais que je n'ai aucune chance.
Intérieurement, je prépare le discours qui pourra me permettre d'échapper à l'orphelinat :
« Bonjour, je m'appelle Mary Tricker. J'ai l'air d'une petite fille mais je vous rassure, j'ai 14 ans ! Je devais me rendre chez ma mère, à Guildford mais je me suis trompée de train à King's Cross. Vous savez, mes parents sont divorcés et je passe un week-end sur deux avec mon père, un typique Londonien. Mes parents ont déjà du mal à s'occuper de moi en plus de leur travail alors je leur facilite la tâche en prenant le train seule. Mais voyez, je suis assez tête en l'air et étant en retard, j'ai sauté dans le premier train que je voyais, n'ayant pas remarqué le changement de voie ! Arrivée ici, j'étais en train de chercher de l'aide lorsque je suis tombée sur ce brave Monsieur. Pourriez-vous, s'il-vous-plait, m'aider à gagner Guildford rapidement ? »
En gros, voilà la supercherie. Ne reste plus qu'à agencer tout cela et faire une tête mignonne et innocente pour que le tour soit joué. A moi, nouvelle vie !
« Bertie Crochue » dit soudain mon geôlier alors que nous sommes en attente devant une gargouille absolument hideuse.
A l'écoute de ces mots qui me sont étrangers, la statue fait un pas de côté, laissant apparaître une ouverture dans le mur donnant sur un escalier en colimaçon tournant sur lui-même, à la manière d'un escalier mécanique. Je doute qu'un simple moteur puisse faire ainsi bouger de la pierre brute.
Nous montons sans émettre le moindre effort, au grand plaisir de ma cheville qui est sur le point d'exploser après tant de marche. Mon estomac se serre. Malgré mon histoire grandiloquente prête à être déblatérée, je ne suis pas du tout sûre de moi sur ce coup- là. Pourvu que je tombe sur des gens un peu simples et faciles à amadouer pour qu'on ne me renvoie pas à l'orphelinat. Auquel cas, je vais me prendre la punition de ma vie par Mrs Parks !
Une porte à laquelle l'homme toque :
« Professeur Dumbledore, vous êtes là ? J'en tiens une, Professeur !
- Entrez, Argus » répond une voix d'homme derrière la porte.
Nous pénétrons alors dans une grande pièce circulaire et majestueuse, remplies d'innombrables instruments. Des cliquetis et des grincements se font entendre dans chaque recoin, formant une petite mélodie harmonieuse. Au centre trône un grand bureau en bois aux pieds en forme de serres de rapace et à côté duquel se tient un vieil homme. Grand et mince, sa barbe argentée n'ayant rien à envier à la longueur de mes cheveux, il observe ceux qui viennent le déranger en pleine nuit par-dessus ses lunettes en demi-lunes.
« Que me vaut l'honneur à une heure si tardive, Argus ? dit le vieil homme.
- J'ai trouvé cette élève en train de rôder dans les couloirs, Professeur. Visiblement, elle a été victime d'un mauvais tour de Peeves et s'est retrouvée coincée sous une armure, répondit le dénommé Argus ravi de sa prise.
- Je ne t'ai jamais vue dans l'enceinte de ce château, jeune fille, s'adresse à moi le professeur. Tu n'étais pas à la cérémonie de répartition donc tu n'es pas en première année et je connais chacun des visages et des noms de mes élèves. Alors je te demande, qui es-tu ? »
Le regard du vieil homme est transperçant, comme si j'étais passée au rayons X. Avec lui, la technique de la petite fille ne marchera pas, je le sens. Donc inutile de lui mentir, mon beau discours tombe à l'eau. Je vais être renvoyée là d'où je viens.
Alors, la gorge serrée, je me lance d'une traite :
« Euh... Je... Je m'appelle Sacha Abberline. J'ai 12 ans. Je viens de Londres et je voulais prendre un train à King's Cross pour m'échapper de mon orphelinat. Mais à la gare, je suis tombée et il y avait cette belle locomotive rouge. Alors je suis montée à bord et elle m'a amenée ici. Comme je voulais rejoindre le château, je suis passée par la forêt pour ne pas me faire voir mais je me suis perdue. Et là, une licorne est venue à moi et m'a montrée la sortie ! Je sais que c'est dur à croire mais je vous promets que je ne mens pas, il y avait bien une vraie licorne dans les bois ! C'est incroyable ! Mais nous nous avons été attaquées par une espèce de chien fantôme et elle s'est enfuie. Heureusement, le chien est parti et j'ai enfin pu sortir de la forêt. J'ai finalement atteint le château et c'est là que j'ai été découverte. Quoi qu'il en soit, je n'ai aucune excuse pour m'être introduite ici et je suis vraiment désol... »
Ma tirade est interrompue par un énorme grognement provenant de mon estomac. Je sens mes pommettes rougirent légèrement. Le vieil homme, dont les sourcils se sont petit à petit froncés d'incompréhension pendant que je parlais, a cependant un sourire compatissant pour moi.
« Argus, dit-il, appelez Severus, Minerva et Pompom, je vous prie. Mais avant, faites un détour en cuisine pour demander à un elfe de maison d'amener un plat à notre invitée. »
Le gardien, un air renfrogné sur la figure, s'exécute et me voilà seule avec le professeur.
« Eh bien Sacha, ta maman ne t'a jamais dit que la curiosité est un vilain défaut ? »
Cette simple phrase me fait voir l'homme complètement différemment. J'ai l'intuition étrange que je peux lui faire confiance. Avec un mince sourire plein de tendresse pour Maman, je réponds :
« Si, elle me l'a dit. De nombreuses fois même.
- Ne t'inquiète pas, ce que tu as fait n'est pas bien grave. Je suis au contraire heureux que tu sois saine et sauve après avoir traversé cette forêt, me dit-il d'un ton amusé pendant que je blêmis. Je suis heureux de faire ta connaissance, mon nom est Albus Dumbledore, le directeur de cette école.
- Enchantée, Professeur Dumbledore. »
Le vieil homme a vraiment l'air bienveillant, je me sens en sécurité avec lui. Il m'invite à m'asseoir dans un grand fauteuil devant son bureau et j'en profite pour détailler la pièce. Les murs sont en fait des bibliothèques débordant de livres et d'objets étranges : des flacons remplis de liquide colorés, des bocaux renfermant de petits insectes fluorescents, un sablier qui s'écoule à l'envers, une pendule dont le temps s'est arrêté, des flammes qui brûlent toutes seules, ...
Au-dessus des étagères sont accrochés de nombreux tableaux de personnes d'un certain âge soit endormis, soit en train de m'observer curieusement en s'échangeant des murmures. Sur le côté se trouve un perchoir où trône fièrement un magnifique oiseau rouge et or. Il y a de nombreuses choses extraordinaires dans cette pièce et je tente de rester calme mais là, mon âme de fouineuse l'emporte :
« Qu'est-ce que c'est ? demandé-je en regardant le volatile.
- C'est mon phénix, répond Dumbledore. Il s'appelle Fumseck, tu veux le caresser ? »
Je ne me fais pas prier et me dirige vers l'animal. Celui-ci me regarde avec de grands yeux noirs et quand je pose ma main sur sa tête, il ferme les paupières, béat de joie. Ses plumes sont très douces et je continue mon geste pendant cinq bonnes minutes sans me lasser.
On toque à la porte. Après un « Entrez » du professeur, un petit être vêtu d'un vieux chiffon entre alors, un plateau avec une assiette fumante à la main. Je dis « être » parce que la créature n'a pas grand-chose d'humain. De la taille d'un enfant au corps chétif, sa peau est grisâtre, ses yeux ressemblent à deux balles de tennis globuleuses et ses grandes oreilles pointues retombent un peu vers l'arrière. Elle vient poser le plateau sur le bureau central et avec de nombreuses courbettes, quitte la pièce sans un mot.
Albus Dumbledore m'invite alors à manger. Sentant le creux dans mon estomac, je me jette littéralement sur le plat et enfourne une énorme fourchette dans ma bouche pour savourer le goût du beauf et des carottes saucés. J'avais tellement faim !
Le professeur me regarde d'un air attendri mais songeur, comme si quelque chose à mon propos le tracassait. Peut-être qu'il me prend pour une folle avec mon histoire de licorne ? Au pire, je pourrais toujours faire croire que je n'ai que 12 ans et que donc, c'est mon imagination débordante qui a tout inventé. Même s'il voit que je mens, ce sera toujours plus crédible que ma rencontre fatasmagorique.
Mais à la vue des gadgets que possède l'homme dans son bureau, n'est-ce pas plutôt moi qui devrais me poser des questions ?
Au milieu de mon repas, trois personnes arrivent en trombe dans le bureau, sans même frapper. A leur tête, un homme mince aux cheveux foncés et gras, sa longue cape noire lui donnant l'apparence d'une chauve-souris. Il me regarde de ses yeux insondables mais je cois y lire une certaine colère. Derrière lui, deux femmes. L'une petite et ronde, en uniforme d'infirmière, l'autre, grande et svelte, l'air sévère, en robe de chambre.
« Pompom, dit Dumbledore, cette petite s'est fait mal à la cheville, pourriez-vous y jeter un œil, s'il-vous-plaît ? »
Comment a-t-il su pour ma cheville ? Il a vraiment des yeux rayons X ?
L'infirmière se dirige vers moi, prend mon pied et enlève ma bottine tout en coupant mon collant noir avec une paire de ciseaux sortie de la poche de son tablier. Non mais ! Je n'aurais jamais assez d'argent pour en racheter une paire tu sais, vieille sorcière ! Elle fait doucement rouler mon pied dans ses mains et un gémissement de douleur s'échappe de mes lèvres.
« En effet, c'est foulé, marmonne-t-elle entre ses dents. Rien de bien méchant, un coup de baguette et c'est fini. »
Elle sort alors un bout de bois verni de sa poche et le dirige vers ma cheville. L'image du jeune homme avec sa grenouille chocolat me revient en mémoire. Il avait la même sorte de bâton. Sans vraiment savoir pourquoi, je prends peur et recule précipitamment en me délogeant de l'emprise de la femme. Dans mon brusque déplacement, j'emporte mon assiette qui se fracasse à terre et y répand son contenu. Sans me préoccuper ni du bazar que j'ai provoqué ni de la douleur lancinante de ma cheville, je prends soin de mettre le plus de distance possible entre moi et ces gens bizarres. Leur bâton m'inspire la méfiance, c'est instinctif.
« Que... ? fait la soigneuse, surprise.
- Comme vous l'aurez peut-être compris, mes chers collègues, dit alors Dumbledore, nous avons là une petite moldue. »
Après un bref moment de silence stupéfait, l'homme aux cheveux gras s'exclame :
« Impossible ! C'est ridicule, Professeur ! Elle n'aurait pas pu passer la barrière anti-moldus du château ! Elle doit juste jouer la comédie...
- Et pourtant, Severus, c'est le cas. Vu la façon dont elle a observé mon bureau, elle ne connait rien de notre monde. Par contre, je ne me l'explique pas. J'ai moi-même vérifié la barrière pour cette soirée de rentrée scolaire.
- Mais alors comment..., commence la grande femme.
- Je n'en sais pas plus que vous, Minerva. Sûrement un défaut dans le sortilège qui m'a échappé. J'irai jeter un œil par la suite. Mais plus important, cette petite a vu des choses qu'elle n'était pas censée voir. Il faut lui faire tout oublier, je compte sur vous Severus, vos sortilèges d'amnésie sont exceptionnels. Quant à vous Minerva, vous la ramènerez à son orphelinat à Londres par transplanage. »
Les deux acquiescent et Dumbledore se tourne ensuite vers moi.
« Chère Sacha, je regrette mais nous devons t'effacer la mémoire afin que tu oublies cette journée. Tu vis dans un autre monde que le nôtre. Nous sommes aussi malheureusement contraints de te renvoyer là d'où tu viens pour que l'on s'occupe de toi. »
Je ne peux m'empêcher de grimacer. Après tout ce que j'ai traversé, je dois recommencer de zéro. Et puis je ne comprends rien à ce qu'il me raconte. Un autre monde ? Comment ça ? Je veux savoir !
Les questions s'accumulent dans mon esprit mais le regard que m'adresse le directeur ne laisse place à aucune d'entre elles. Après tout, c'est moi qui me suis introduite ici sans permission, c'est moi qui me suis mise dans un sale pétrin. J'aurais dû être plus prudente, plus discrète et bien entendu, moins curieuse.
Je relève mes yeux vers l'adulte à la barbe blanche et dit d'un ton que je veux le plus déterminé possible :
« Je ne comprends pas tout ce qui se passe mais vous devez avoir vos raisons, dis-je la gorge serrée malgré mes efforts. On ne se connaît pas mais je veux néanmoins vous faire confiance. Je vais faire ce que vous me demandez. Désolée pour les ennuis que je vous ai causés et merci pour le repas, Professeur Albus Dumbledore. »
Le vieux barbu me sourit tristement tandis que l'autre homme présent s'avance vers moi, bout de bois à la main et pointé sur moi. Il prononce alors d'une voix grave :
« Oubliettes »
Toutes ces personnes me fixent un instant avant que la plus grande des deux femmes ne vienne vers moi, prête à m'emmener. Alors, je demande :
« Ça doit agir quand ? »
Tous se figent. La stupeur se lit sur chacun de leurs visages, même celui du vieux directeur et particulièrement sur les traits crispés de l'homme qui vient de faire son petit numéro avec son bâton. Fébrile, la dénommée Minerva m'interpelle :
« Tu n'as pas oublié ?
- Non, c'est bien pour cela que je demande quand votre truc doit agir. »
Dumbledore s'approche alors de moi et me lance un autre Oubliettes avec son bout de bois à lui.
« Sacha, sais-tu qui je suis ? demande-t-il ensuite.
- Vous êtes Albus Dumbledore, directeur de cette école, vous me l'avez appris i peine quelques minutes. » réponds-je en me demandant s'il me prend pour une idiote.
Songeur, le professeur pointe à nouveau son bâton sur moi :
« Stupéfix ! »
Je sursaute. Pourquoi a-t-il crié ? C'est supposé m'impressionner ou autre chose ? C'est de l'hypnose ? Visiblement, ça ne marche pas très bien. Les adultes échangent des regards lourds de sens et la voix inquiète de Minerva se fait entendre :
« Albus, cela signifie...
- Oui, la coupe Dumbledore. Voilà comment cette jeune fille a pénétré le château. Voilà comment elle a atteint la voie 9¾. Il semblerait qu'elle soit invulnérable à la magie. »
Ces paroles tombent, comme un jugement fatidique. J'en suis presque choquée moi-même alors que je n'ai strictement aucune idée de ce qui se passe. Je suis quoi ? La magie ? Mon incompréhension grandit de plus en plus, à tel point que j'en ai la tête qui tourne.
« Albus, continue Minerva, qu'allons-nous faire ?
- La remettre au Ministère de la Magie, c'est évident, intervient l'homme chauve-souris de sa voix glaciale.
- Non, Severus. Fudge n'apprécie pas les moldus, vous le savez. Je n'ose imaginer ce qui arrivera à cette pauvre enfant si nous la laissons entre les mains du Ministère. »
Cette phrase me glace le sang. On dirait que je risque vraiment ma peau sur ce coup-ci. Je me vois déjà allongée sur une table d'opération, disséquée par des scientifiques fous en chemise blanche ou torturée pour que je révèle un secret dont j'ignore totalement l'existence.
« On ne peut quand même pas la renvoyer chez elle alors qu'elle connaît le secret de notre communauté ! s'emporte Severus. Ce n'est encore qu'une gamine, on ne peut être sûrs qu'elle tiendra sa langue !
- Non, en effet, répond calmement Dumbledore. Surtout que nous avons là un cas unique en son genre et j'avoue que cela titille ma curiosité.
- Albus, vous n'allez quand même pas..., s'étrangle une Minerva visiblement horrifiée.
- Sacha, continue le directeur sans prêter attention à la grande dame, tu ne veux pas retourner à l'orphelinat, n'est-ce pas ?
- Absolument pas ! dis-je avec conviction. C'est mon pire cauchemar !
- Fort bien, alors que dirais-tu de t'installer ici, au château ?
- Co... comment ça ? demandé-je, très surprise.
- Ecoute, tu as dû t'apercevoir aujourd'hui qu'il y avait beaucoup de choses hum... « anormales » ici, non ?
- Tellement anormales que c'est presqu'impossible de ne pas y croire !
- Et bien, tu as découvert l'existence d'un monde caché : le monde des sorciers et de la magie. C'est un grand secret que les personnes comme toi ignorent.
- Des personnes comme moi ?
- Oui, on les appelle les moldus. Ce sont les humains qui n'ont pas de pouvoirs magiques. Mais toi, Sacha, tu as une capacité unique et extraordinaire. Les sorts que nous te jetons n'ont aucun effet. C'est la première fois que je vois ça.
- Et c'est pour en savoir plus que vous voulez que je reste ici ?
- Tu es intelligente. Es-tu certaine de n'avoir que 12 ans ? C'est pour cela, oui, mais pas seulement. Nous ne voudrions pas que notre secret soit divulgué, tu vois ? »
Lentement j'assimile les paroles du vieil homme. Je comprends mieux tout ce qui m'est arrivé aujourd'hui. Tout s'explique parfaitement par l'existence de la magie. Au fond, je pense que je l'avais déjà deviné mais mon côté rationnel ne pouvait l'accepter. Mais alors, que dois-je faire ? On dirait que je n'ai cependant pas beaucoup le choix et je dis donc enfin :
« C'est d'accord, j'accepte. »
Le sourire de Dumbledore s'élargit. Severus grogne pour une raison que j'ignore et les deux femmes s'échangent un regard inquiet. Mon emménagement n'est pas des plus apprécié, on dirait.
« Bien, très bien, je vais demander une chambre pour toi, tu dois être fatiguée. Nous discuterons demain. Quant à vous, dit le directeur en se tournant vers ses collègues, allez dormir, nous avons tous besoin de repos. Merci pour votre aide. »
Sans un mot, tous quittent la salle excepté Dumbledore et moi-même. Mais alors que le silence se fait pesant, une petite main saisit la mienne. Je tourne la tête et voit la créature qui m'a servi le repas.
« Bonsoir, Maîtresse. Je suis Woopsy, votre humble serviteur. Veuillez me suivre jusqu'à votre chambre. »
J'ai juste le temps d'adresser un signe de tête au vieux barbu qui me répond par un sourire bienveillant et la porte claque derrière moi. Woopsy m'emmène alors dans les méandres du château et nous montons de nombreux escaliers. Nous croisons le gardien qui me fixe d'un regard méfiant avant de se détourner et de partir en marmonnant quelque chose à propos des punitions corporelles.
Arrivés en haut d'une tour, Woopsy m'ouvre une porte et je rentre dans une pièce éclairée par des bougies sur un lustre au plafond. La créature qui m'accompagne me tend alors une petite clé et me dit de ne pas sortir sans autorisation, avant de me laisser seule dans ma nouvelle chambre.
Une chambre rien qu'à moi, pour de vrai ! Pas besoin de la partager avec les autres enfants de l'orphelinat qui ronflent et pleurent chaque nuit ! Le paradis !
J'examine mon nouveau territoire. La pièce est ronde d'environ six mètres de diamètre, la taille de la tour. C'est assez petit mais ça me va, elle est mignonne. Je suis située juste sous le toit, le plafond de la chambre partant en pointe et soutenu par de larges poutres en bois.
Du côté gauche se trouve un bureau simple de chêne verni qui épouse la forme ronde du mur. Un siège de style ancien avec quelques coussins brodés est placé devant celui-ci. Je saisis un des coussins. Il est bien moelleux et des armoiries sont cousues dessus. Le blason est coupé en quatre : une partie verte avec un serpent, une rouge avec un lion, une jaune avec un blaireau et une bleue avec un aigle. Au-dessus est indiqué Poudlard.
Je repose le coussin et m'attarde sur le lit, petit mais confortable, placé dans la partie droite de la pièce et à côté duquel se trouve une minuscule table basse avec une lampe à huile. Une chemise de nuit blanche est soigneusement pliée dessus. Entre la porte et le bureau, il y a un petit poêle dans lequel s'épanouit un feu chauffant la chambre. Enfin, une unique fenêtre est présente à l'opposé de la porte, m'offrant une vue imprenable sur la forêt et le parc.
La nuit est plus claire. L'aube ne va pas tarder. Avec un bâillement, j'enfile la chemise de nuit et me faufile sous les couettes duveteuses du lit. J'éteins la lampe à huile d'un souffle et les bougies du lustre suivent la cadence, comme par magie. Je souris à cette pensée : oui, par magie.
Je sors finalement Alan et ma précieuse photo de mon sac que je pose ensuite sur la table en murmurant :
« Tu vas voir, Maman, on va être bien ici » avant de m'endormir tandis que les premiers rayons de soleil pointent à l'horizon.
