Paragraphe écrit par mon camarade.
Chapitre 3
Stella semblait dormir. Rien ne pouvait laisser voir qu'un bout de verre avait traversé son ventre, sous le léger drap blanc de la morgue.
— … La mort a été instantanée, termina d'expliquer le médecin légiste.
— Vous n'avez rien remarqué de particulier ou d'étrange sur le corps ? demanda Dean.
— Oui effectivement, il ya quelque chose d'étrange, c'est qu'avec cet accident, elle ait eu si peu de blessure, répondit la femme. A part le bout de verre, et les tympans percés, elle n'a pas été touchée par quoi que ce soit. Aucun éclat de vitre, aucun coup ou choc produit durant l'accident. Rien.
— Et les tympans percés ? questionna Sam.
— Je dirais que c'est plutôt rare. Mais il est probable qu'un éclat se soit logé dans l'oreille de la victime et lui ait déchiré le tympan.
Les deux frères n'ayant plus de questions à poser, ni d'indices potentiels à trouver, ils mirent fin à « l'interrogatoire » du médecin légiste. Alors que cette dernière leur montrait la sortie, Dean remarqua un bandage sur sa paume, légèrement teinté de rouge. Au regard qu'il fit, elle devina la question qui allait suivre et l'anticipa.
— Je me suis coupé ce matin, déclara-t-elle en rabaissant sa main pour la cacher dans son dos.
— Vous devriez faire plus attention, répondit-il avant de sortir à la suite de Sam.
— Je vais te dire, annonça Dean en rentrant dans le motel, un sac de nourriture dans la main. Le seul truc louche dans cette histoire, c'est une fille pareille qui bosse dans une morgue aussi glauque. Pour le reste, c'est juste une folle qui entendait des voix qui a eu un accident de voiture.
A peine arrivé à la table, il ouvrit son sac, en sortant le cheese burger qu'il avait tant attendu. Sam, devant l'écran de son ordinateur portable, ne semblait même pas avoir remarqué le retour de son frère.
— T'as trouvé quelque chose ? lança Dean en regardant l'écran par-dessus l'épaule de Sam.
— Plusieurs coupures de presse de la ville. En un an, une dizaine de personnes sont mortes quelque temps après avoir survécues à un accident qui aurait dû leur être mortel. Et, apparemment, toutes semblaient entendre et voir des choses après.
— Quel genre de choses ?
— Je n'ai trouvé qu'un témoignage. Les autres proches de victimes ne veulent pas en parler. Il n'y a que cette Kate qui a voulu parler et dire ce que son frère, suicidé deux semaines après avoir vaincu son cancer, a vécu. D'après elle, il entendait des voix dans sa tête, ou plutôt sa propre voix. « Comme si quelqu'un contrôlait ses pensées », lut-il. « Sa voix dans sa tête lui disait qu'il n'aurait jamais dû vaincre ce cancer, qu'il aurait dû en mourir ».
— Je dois avouer que ça, c'est pas normal, lâcha Dean. Qui se suiciderait après avoir survécu à un cancer ?
— Ca ne s'arrête pas là, annonça Sam. Ensuite, elle explique qu'il voyait des choses. Ou plutôt une chose. Une sorte d'ombre d'environ deux mètres. « Il la voyait souvent du coin de l'œil ou dans le noir. Il ne remarquait que ses grands yeux rouges, la plupart du temps. Il les décrivait comme deux braises dans le noir. »
— Une idée de là d'où sort cette chose ? demanda Dean. Ca ne ressemble à rien qu'on ait vu jusqu'à maintenant.
— J'ai peut-être une idée, répondit Sam en changeant la page Internet que Dean regardait.
Des images d'une grande ombre perchée sur un pont apparue à côté d'un texte que Sam lut à voix haute :
— « L'homme-papillon est une mystérieuse créature ailée de plus de deux mètres qui été vu par une cinquantaine de personnes à Point Pleasant, en 1966. Connue sous le nom de Mothman, cette créature de légende aux yeux brillants annoncerait l'arrivée imminente d'une catastrophe mortelle. » D'après la légende, poursuivit-il, toutes les personnes qui l'auraient vues, à Point Pleasant, se sont retrouvées sur l'autoroute 35 qui s'est effondrée dans la rivière Ohio et y ont trouvé la mort. 46 personnes, précisément.
— Cette chose qu'on chasse serait là pour avertir les gens que la mort est revenue les chercher, alors ? supposa Dean.
— C'est possible. Comme les Banshees, ce truc pourrait être un annonciateur de la mort. Seules les personnes ayant déjà échappées à la mort la verraient, dans ce cas-ci… En tout cas, le doute n'est plus permis, c'est bien ça que Stella fuyait dans la voiture. Regarde.
Il montra un passage de la légende du Mothman sur l'écran : « … suivait la voiture. Ils tentèrent de la devancer mais l'ombre allait toujours à la même vitesse que le véhicule bien qu'elle « ne battait presque pas des ailes » d'après les témoignages… »
— C'est pour ça que Stella a paniquée dans la voiture, comprit Dean. Ce machin papillon était juste à côté d'elle, en tain de suivre leur voiture. De quoi rendre n'importe qui malade.
— Si cette chose ne fait qu'annoncer la mort, on ne peut rien contre elle, fit remarquer Sam.
— Qui dit qu'elle la provoque pas ? On est sûr de rien dans cette histoire.
— T'as raison. Les deux hypothèses sont possibles.
— Vu qu'on ne peut pas partir d'ici sans être sûr que personne n'est en danger, je crois qu'on ne peut plus que dormir en attendant que cette chose se montre.
— Je vais continuer de chercher, déclara Sam.
— Evite d'y passer la nuit, répondit Dean en s'étalant sur son lit.
Aucun des deux ne le remarqua mais, par la fenêtre de la chambre, dans la nuit sombre et glaciale, l'ombre aux yeux rouges les regardait en silence.
