Salut les filles !
Et oui... avouez que vous ne m'attendiez pas de si tôt pour la suite, le dernier chapitre datant d'il y a seulement quelques jours, mais le combo temps ET inspi fait des miracles (hihihi des Miracles, c'est drôle dans ce contexte, non ? ;p ) que voulez-vous !
J'avais terminé ce chapitre hier soir, mais je ne voyais pas l'intérêt de le poster dans la foulée, rares étant les personnes qui lisent en pleine nuit, les gens dorment en général et puis... j'étais trop vidée pour écrire mes petits commentaires (telle un Aomine après un bukkake), donc j'ai préféré attendre jusqu'à ce matin.
Comme d'habitude, je n'ai pas mis le TIERS de que j'espérai pouvoir montrer dans ce chapitre... :/ Encore une fois, je me suis laissée emporter et déborder par mes INTENABLES personnages ! Ah, les petits coquinous qui n'en font qu'à leur tête... il faut être auteur pour le comprendre... ^^
Je vous remercie pour vous reviews qui m'encouragent toujours énormément et de mon côté, je tiens donc à encourager les lectrices anonymes (même les étrangères, car je sais qu'il y en a, les stats du site me l'ont dit.) à laisser un petit mot.
Je n'insisterai jamais assez sur le fait que c'est ESSENTIEL à l'écriture, ça peut parfois nous donner des idées et surtout, nous rebooster quand on a l'impression de faire du caca...
Donc, il FAUT le faire, si vous voulez avoir la suite de nos histoires :)
Sur ce, je vous laisse avec le chapitre le PLUS LONG (hors OS) que j'ai écrit jusqu'ici, puisque, tenez-vous bien, il fait 22694 mots, sans les blablas de début et de fin de chapitre...
Voilà, voilà... j'espère qu'il ne sera pas trop indigeste pour vous, mais sachez - si cela peut vous consoler - qu'il s'y passe énormément de choses et que donc, je ne pouvais pas me permettre de trop charcuter le récit, sans que cette décision ne se solde par des incohérences ou un cassage de rythme. De plus, il y a énormément de dialogues, c'est toujours plus facile à lire ! :D
Bref, merci encore à mes louloutes et ENJOY la suite !
« Alors, comment ça s'est passé ? Je veux savoir maintenant, vu que tu as refusé de m'en parler au téléphone ! »
Alex avait les yeux rieurs d'une gamine et elle se dandinait sur son en place était déjà un exercice difficile pour elle en temps normal, mais là, la jeune femme battait des records, ne parvenant absolument pas à contenir son excitation.
Et c'était parfaitement compréhensible.
En effet, son poulain adoré – à qui elle avait décroché un entretien capital – avait obtenu un contrat de la part du plus grand producteur de films classés X du Japon !
Rien que ça !
En l'apprenant par SMS la veille au soir, elle avait même hésité à débarquer chez Kagami pour lui sonner les cloches de ne pas l'avoir prévenue immédiatement après son entretien, c'est-à-dire en fin d'après-midi. Mais apparemment, le roux lui avait expliqué qu'il avait pris le temps de réfléchir dessus un peu avant et la blonde comprenait aisément que son petit protégé ait eu besoin de lire le contenu dudit contrat seul, dans un premier temps. Pour ce qui était de l'éplucher un peu plus dans les détails, par contre, ça, c'était son job or, elle était vraiment pressée ET curieuse de voir ce que proposait le grand Akashi à un quasi débutant.
L'Hispano-américaine pouvait se vanter d'avoir eu du FLAIR sur ce coup !
D'ailleurs, pour Alex tout prétexte était bon pour faire la fête. Elle d'ailleurs passé la nuit à écumer les bars et à boire avec de charmants inconnus, à défaut de pouvoir célébrer dignement la nouvelle avec le principal concerné le jour-même. La tronche de six pieds de long tirée par la plupart des hommes qu'elle avait invités valait son pesant de cacahuètes, au passage...
Il ne devait pas tellement être habitués à ce qu'une femme INDEPENDANTE et de type CAUCASIEN les invite de la sorte. Mais franchement, Alex n'avait aucun problème avec ça. Elle s'était toujours assumée financièrement, sans avoir besoin d'un homme à ses côtés au quotidien. Pas même pour bricoler, tiens ! Non, la plantureuse quarantenaire s'assumait seule depuis qu'elle avait quitté le giron familial et elle en était particulièrement fière.
Cependant, au Japon, société patriarcale par excellence, ce genre d'attitude avait encore un peu de mal à passer, malgré le fait que les femmes y soient de plus en plus émancipées. Pour autant, la soirée s'était très bien passée pour elle et Alex s'était amusée comme une petite folle, en compagnie des salary men. Ces types étaient tout bonnement H-I-L-A-R-A-N-T, toujours prêts à raconter LA petite blague qui allait bien et ce, même si Alex comprenait en moyenne un mot sur trois. (Voire sur deux, une fois bien alcoolisée, le fait d'être ivre aidant à mieux assimiler les langues étrangères, c'est prouvé scientifiquement.)
Bon, elle avait un peu galéré à les décoincer au départ, mais c'est fou ce que l'alcool peut accomplir comme miracles sociaux... A un moment, un charmant yakuza s'était même retrouvé à la complimenter pour tenter de la séduire... Comment le savait-elle ? Et bien déjà, parce que le type arborait des tatouages assez voyants (malgré ce qu'il semblait croire) au niveau de la naissance du torse (ainsi qu'aux poignets) et vu qu'il portait une chemise à moitié ouverte, on ne pouvait pas dire que c'était franchement discret... Mais comme si cet indice ne suffisait pas, il lui avait carrément avoué de vive voix.
Alex avait éclaté de rire.
C'était juste la technique de drague la plus bidon et improbable à laquelle elle ait jamais assisté de touuuuuuute sa vie. Et pourtant, elle était ancienne hardeuse ET playmate, c'était dire le niveau du joyeux luron qu'elle avait pêché... Enfin, de toute façon, elle l'avait deviné rien qu'à le voir entrer dans son costume haute couture complètement suranné et Alex s'était alors mis à observer inconsciemment ses mains pour vérifier un élément crucial (et non pas s'il possédait un casier judiciaire) : qu'il lui restait encore bien tous ses doigts, ce qui, fort heureusement, était bien le cas.
Il aurait en effet était regrettable qu'il ne puisse pas s'en servir correctement pendant la nuit, vu la suite qu'elle comptait réserver à leur rencontre...
Et – spoilers – le gars en question, qui était légèrement plus âgé qu'elle mais bien conservé cependant - allez comprendre par là aucune cicatrice de couteau sur le visage, ni aucune trace de balle perdue dans l'abdomen, malgré la vie dangereuse qu'il menait sans doute – avait assuré au lit !
A tel point que, chose rare, elle avait décidé de garder son numéro de téléphone, comptant bien le rappeler pour combler sa solitude nocturne dans un futur proche. Katsunori, de son petit nom, lui avait d'ailleurs révélé que les yakuzas avaient un gros penchant pour les femmes occidentales blanches. Blondes aux yeux clairs, de préférence. Ce qui n'étonnait pas Alex. Bien-sûr, les japonaises étaient toutes très belles, mais quand tu as bouffé des sushis toute ta vie, tu as parfois envie de l'exotisme que représente un superbe burger au bonnet G débordant de garniture... Les asiatiques étaient un peu trop plates et ternes comparées à Alex et la blonde solaire sentait qu'elle allait également profiter de son court séjour – elle devait retourner auprès d'Himuro tout bientôt, ayant tout de même réussi à repousser son retour de quelques jours, afin de laisser le temps à Kagami de signer son contrat avant – pour faire un peu de tourisme... hmm... érotique... Tous ces hommes délaissés et frustrés sexuellement rien que pour elle, ça suffisait à la faire rêver !
Quant à la combler...
Son beau yakuza lui avait justement proposé de l'emmener faire les boutiques dans le quartier branché de Shibuya et elle hésitait encore à accepter. Après tout, même si elle gagnait bien sa vie, il n'y avait rien de mal à dépenser l'argent d'un bel homme, pas vrai ? Et puis, ça semblait faire tellement plaisir à Kacchan, alors...
Bien entendu, c'était la première chose qu'elle avait commencé à raconter à Kagami, lorsqu'elle était arrivé à son appartement. Bon, le tigre #mamanpoule avait bien essayé de la mettre en garde sur ce type de fréquentations, mais Alex n'en avait que faire, elle voulait juste s'amuser et il n'y avait pas de mal à ça, si ? Pourquoi fallait-il toujours que les hommes dangereux soient également les plus séduisants ?
Kagami ne le savait pas non plus, mais l'argument de sa blonde manager avait fait mouche. Après tout, n'était-il pas (en quelque sorte) dans une situation similaire ? Aomine pourrait bien appartenir à cette catégorie d'hommes aussi. Pourtant, est-ce que sa « dangerosité » empêchait Kagami de vouloir le fréquenter ? Que nenni. Ca s'était d'ailleurs bien senti hier après-midi, quand le fauve noir avait essayé de lui faire sa fête dans l'ascenseur. Kagami avait failli craquer, incapable de résister à son idole de jeunesse...
Il ne pouvait donc pas jeter la pierre à son agent...
Revenant auprès d'elle avec des petits fours improvisés grâce au contenu de ses placards, Kagami constata non sans surprise qu'Alex avait déjà fait péter le bouchon de la bouteille de champagne... (qu'elle avait amenée, naturellement...)
« T'es au courant quand j'ai encore rien signé du tout ? »
« Oh allezzzz, on sait tous que ce n'est qu'une simple formalité ! Alors cesse donc de me faire languir et raconte-moi plutôt comment ça s'est déroulé ! Plutôt bien, j'imagine, puisque tu as décroché le fameux sésame ! »
« On ne peut rien te cacher... Enfin, ça a quand même été... compliqué par moments... »
« A ce point-là ? »
« Akashi est assez effrayant dans son genre et puis... » Il s'interrompit tête basse. « … la situation s'est gâtée quand Aomine a fait irruption dans son bureau, au beau milieu de l'entrevue. »
« Naaaaaaan ? Mais naaaaaan !? Sérieux !? »
La blonde écarquilla des yeux ronds comme des billes.
Et connaissant le goût prononcé d'Alex pour les dramas et autres télénovelas, il n'était pas difficile de deviner à quoi elle pensait en cet instant. Sûrement quelque chose comme Aomine débarquant pour déclarer sa flamme à Kagami, en l'arrachant aux griffes du producteur véreux qui comptait rentabiliser le corps parfait de son nouvel employé de bien des façons.
Hélas pour Kagami (et pour sa blonde manager...), rien d'aussi romantique.
« Avoue que tu savais que j'allais être amené à le recroiser... c'est pour ça que tu semblais si persuadée que j'allais voir son braquemart... »
« Et j'ai eu entièrement raison ! Mais bon, je l'admets, ce n'était pas un coup de chance... J'étais effectivement au courant que le studio où je t'envoyais passer cet entretien était également celui avec lequel Aomine était en contrat. »
« Et naturellement, tu n'as pas jugé utile de m'en parler dans l'avion par exemple, alors que tu le savais depuis le début... »
« Rooooh c'est bon, j'ai oublié, okay ? Ca arrive à tout le monde ! ^^ » Mentit la blonde à lunettes.
« Mouais. A tout le monde peut-être, mais pas à toi... Tu n'oublies jamais rien. En tout cas, depuis que je te connais, je ne t'ai jamais vu zapper quoi que ce soit. Ta mémoire est légendaire, la preuve, tu n'as même pas besoin d'agenda pour gérer nos tournages et rendez-vous à moi et à Tatsuya... »
Ce n'était pas faux et Alex ne put le nier cette fois. Alors, elle changea de stratégie en jouant cartes sur table.
« Ecoute... si je ne te l'ai pas dit tout de suite, c'était avant tout pour te préserver. Je ne voulais pas que tu te mettes davantage la pression... »
« Alors tu savais que c'était pour remplacer Aomine !? »
« Quoi !? Mais non, bien-sûr que non ! C'est quoi cette histoire !? »
A présent, Alex semblait réellement surprise et aussi choquée que lui, même. Pas de doute, elle disait la vérité. Kagami trouvait cela bizarre aussi que sa protectrice l'ait envoyé voler la place de son idole, en toute connaissance de cause. Ce n'était vraiment pas le genre d'Alex de s'abaisser à des méthodes aussi immorales.
« Hmm... ce serait là le véritable but de mon recrutement... Apparemment, Aomine file un mauvais coton et il mettrait même en péril l'avenir du studio à cause de ses frasques. C'est pourquoi Akashi est à la recherche d'un successeur dans les plus brefs délais. »
« Je vois... » Soupira Alex. « C'est triste, mais on ne peut rien y faire. Si ce Akashi a dit cela, c'est que c'est sûrement vrai. Je veux dire... je ne vois pas quel intérêt il aurait à nous baratiner... »
« Moi non plus... Mais ça me gêne... »
« Je comprends, cependant, ce ne sont pas nos affaires. Ce qui se passe entre Aomine-kun et son patron ne nous regarde pas et nous devons faire notre possible pour rester en dehors de tout cela. »
« Et comment, s'il te plaît ? J'te signale que c'est trop tard pour ça, nous sommes déjà impliqués ! De plus, à partir du moment où j'aurai signé le contrat... je ne pourrai plus faire machine arrière et ce sera comme si j'avais officiellement accepté de prendre sa place... »
Or, cela posait un cas de conscience à Kagami, malgré la résolution qu'il avait prise hier, suite au comportement exécrable d'Aomine envers lui. Certes, le rouge n'avait rien contre le faire de devenir le rival du brun, si cela pouvait les pousser à se dépasser mutuellement. Mais de là à ce qu'on lui servir la place d'Aomine toute cuite sur un plateau, il y avait un fossé que Kagami ne souhaitait pas franchir.
Non, ce qu'il désirait lui, c'était gagner le droit d'être au même niveau qu'Aomine, pas qu'on le lui octroie sans qu'il ait eu à fournir le moindre effort ! Car à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Aomine était affaibli, au plus bas dans sa carrière et ses performances et même si beaucoup auraient été ravis de le piétiner pour l'achever, ce n'était pas quelque chose qui faisait rêver Kagami.
Déclarer la guerre au basané, oui.
Mais jouer les simples bourreaux, non.
Pas sans avoir livré bataille avant.
Son honneur et son intégrité morale en dépendaient.
Jamais le rouge n'oserait encore se regarder en face s'il profitait du malheur d'autrui pour « voler » une place qui ne lui revenait pas de droit. Il ne voulait aucun traitement de faveur, juste y parvenir à la seule force de sa volonté.
Restait maintenant à faire entendre cela à Alex... La blonde serait sans doute déçue qu'il refuse l'offre en or qui lui avait été faite et qu'elle avait dû galérer à obtenir...
« Que comptes-tu faire dans ce cas ? » Le devança t-elle, semblant anticiper ce qu'il allait lui annoncer.
« J'en sais trop rien... » Admit-il. « Pour être honnête, j'ai toujours rêvé de travailler avec un studio de cette ampleur mais... je ne suis pas certain de partager leurs valeurs politiques. »
Kagami inspira profondément pour se donner du courage avant de reprendre :
« Si j'acceptais leur proposition telle quelle, j'aurai toujours cette désagréable sensation, cet arrière-goût amer en travers de la gorge... de ne rien avoir fait pour mériter ma place. Comme un imposteur. Crois bien que je sois désolé de devoir décliner cette offre, surtout après le travail colossal que tu as du fournir pour faire en sorte que je sois reçu par ce studio... »
« Je vois. J'admire et je respecte tes convictions. C'est bien de vouloir rester fidèle à soi-même, mais la véritable question que tu dois te poser c'est : s'agit-il d'un luxe que je peux me permettre ? Parce que... même si je ne l'ai pas encore lu, je suppose qu'on t'as proposé un contrat très juteux pour s'attacher tes services... »
Effectivement, c'était le cas et même si l'argent était presque le cadet des soucis de Kagami – le rouge ayant accepté de tourner dans pas mal de productions amateurs afin de se donner une certaine visibilité au détriment d'un salaire correct – le tigre n'était pas sans savoir que Tokyo figurait parmi les villes les plus chères du monde et que rien que l'appartement qu'Alex lui avait dégoté devait valoir son pesant de brouzoufs. Alors évidemment, la réponse à la question de la jeune femme était loin d'être... évidente, elle.
« O-on trouvera bien autre chose, pas vrai ? » Sourit un peu tristement Kagami, pris d'une grande hésitation quant au fait qu'Alex voudrait encore l'épaule après ça. « Enfin... je veux dire... je me débrouillerai seul, s'il le faut. Je comprendrai que tu ne désires plus collaborer avec moi, ni même t'occuper de ma carrière suite à mon refus. Et... je comprendrai également que tu préfères défendre les intérêts d'un autre acteur que moi à l'avenir... Mais... enfin... Sache qu'il n'a jamais été dans mon intention de te mettre en porte-à-faux... »
« Je le sais bien Taiga, sois tranquille. De toute façon, il n'a jamais été question que je t'abandonne à ton triste sort ! Et ce, quelle qu'aurait été la décision que tu aurais prise. »
« Ah bon ? » Rougit un peu le tigre, heureux.
« Bien-sûr que non ! Toi, moi et Tatsuya, nous sommes une famille ! Je vous considère comme mes turbulents et inexpérimentés petits frères ! Il est donc de mon devoir de grande sœur de vous guider dans les méandres moites et scabreux du monde des films pour adultes ! » Alex bomba la poitrine avant de reprendre : « A vrai dire, je suis fière de toi et à mon avis, tu as fait le bon choix. Quelle image de toi aurais-tu renvoyée à accepter de profiter du malheur d'autrui, si ce n'est celle de quelqu'un sans foi, ni loi, corvéable à merci du moment que cela peut servir ses intérêts personnels ! Je pense même que tu aurais fini par le regretter, parce que... qui sait ce que cet infâme Akashi t'aurait demandé de faire par la suite ? Au moins, là, tu te montres que tu es fermes dès le départ et que tu ne céderas pas à sa mauvaise influence ! »
« Tu as raison, je n'avais pas vu les choses sous cet angle. Merci, Alex. » Sourit le tigre.
« Awww you're so kawaiii... dans mes bras, cutie pie. » Ne put résister la manager.
Après avoir échangé une rapide embrassade avec son poulain, elle lui servit quand même du champagne. Il n'y avait pas de raison de ne pas le boire maintenant qu'il était débouché, finalement. Ou plutôt, dans la vie, tout constituait une raison acceptable de faire la fête. Kagami n'avait pas signé le contrat comme convenu ? Pas grave, ils boiraient à sa liberté dans ce cas !
« Du coup, que dois-je faire ? » Demanda la blonde en trinquant avec le roux. « Faut-il que je continue à prospecter ici auprès d'autres agences, ou veux-tu rentrer avec moi aux USA ? »
« J'ai envie de tenter ma chance ici... si ça ne te dérange pas... Je me vois mal rentrer la queue entre les jambes, sans rien. Tatsuya se moquerait de moi... et puis, c'est d'ici d'où je viens et je commence à trouver que finalement ce n'était pas une mauvaise idée d'effectuer un retour au bercail. »
« Huhu... m'est d'avis qu'un certain ganguro à grosse queue n'est pas étranger à cette décision... » Se moqua gentiment Alex, en lui assénant un petit coup de coude dans les côtes.
« N'importe quoi ! Qu-qu'est-ce que tu vas imaginer ! Ca n'a rien à voir avec Aomine ! » S'empourpra Kagami, manquant de s'étouffer avec sa coupe de champagne tiède par la même occasion.
« C'est c'qu'on dit ! Mais tu n'me la feras pas à moi, j'te connais par cœur mon petit Taiga ! Et puis, même si on ne dirait pas, j'ai été jeune moi aussi, je sais comment ça marche ! »
« T'es pas si vieille que ça... mais à t'entendre, on dirait que je suis amoureux de lui... »
« Ca, toi seul peux le savoir... Enfin personnellement, ça ne me surprendrait pas ! »
Pfff... quelle entremetteuse celle-là alors... Kagami soupira, mais il ne chercha cependant pas entrer dans le débat avec Alex, la laissant libre de croire ce qu'elle voulait. Et puis... il ne pouvait pas affirmer qu'il n'y avait pas un fond de vérité dans ses propos. Aomine lui plaisait. Enormément. Et depuis longtemps. Ce n'était d'ailleurs un secret pour personne.
« Fais voir ton contrat quand même, juste par curiosité. »
Kagami se leva donc, délaissant son verre, pour aller chercher le pli confié la veille par Akashi. Alex l'ouvrit et elle commença à le lire en diagonale.
Et quelque chose la frappa.
« Hmm... dis-moi Taiga, tu m'as bien raconté qu'Akashi t'avait donné une place pour le salon érotique qui se tient à Kabukicho ? »
« Heu oui... pourquoi ? »
« Tu comptes y aller ? »
« Ben ouais... je n'vois pas pourquoi je n'irai pas... d'autant plus que tu m'as déjà pris un billet, j'te rappelle. Je comptais donc déjà m'y rendre avant même qu'il ne m'y invite. »
« Tu sais... je pense que tu devrais recontacter Akashi et tenter de renégocier son offre. »
« Quoi !? » S'étonna Kagami, largué.
Qu'avait décelé Alex de son œil averti, que lui, n'avait pas vu ?
« Rien ne stipule que tu prendras la place d'Aomine-kun, ce qui fait que, contractuellement parlant, Akashi n'est pas en mesure de t'y obliger. Tu peux toujours refuser de manière légale et s'il cherche à t'y contraindre, ce sera alors lui qui se mettra en position de rupture de contrat. Et si cela devait arriver, il serait alors contraint de te verser un paquet d'indemnités... »
« Tu crois ? Mais alors pourquoi m'avoir dit cela lors de l'entretien ? »
« Peut-être parce que c'est bien ce qu'il compte faire. Quant à savoir pourquoi il ne l'a pas stipulé dans le contrat, c'est plutôt cette question que tu devrais te poser. »
« Et pourquoi, à ton avis ? »
« Et bien... si Akashi avait fait apparaître noir sur blanc une telle mention dans un document à valeur juridique, c'est avec Aomine qu'il aurait pris le risque d'avoir des problèmes. En s'exposant à des poursuites judiciaires de sa part, pour concurrence déloyale ou pour éviction illégale. »
« Je ne suis pas sûr de te suivre là... » Admit Kagami, penaud.
« C'est très simple à comprendre, en vérité : Aomine-kun est actuellement toujours sous contrat avec Akashi. Il a un poste et des fonctions précises dans l'entreprise, ce qui lui permet de prétendre à un salaire. »
« Ouais, jusqu'ici, je pige. Et donc ? »
« Et donc... si Akashi te recrute AVANT le licenciement effectif d'Aomine-kun, ce dernier pourra alors dire qu'Akashi avait toujours eu l'intention de le virer ! Or, c'est illégal comme pratique, on ne peut embaucher un remplaçant que lorsque la personne n'est plus sur le poste qu'elle occupait jusqu'alors . Tu vois ? Aomine-kun pourrait très bien prétendre que ta présence dans l'entreprise résultait d'un moyen de pression sur lui, pour le pousser à démissionner. »
« Oh... je crois que j'ai compris. Un peu comme... une forme de harcèlement moral visant à le faire plier bagage de lui-même ? »
« C'est ça. » Approuva Alex. « Le but, ce serait qu'il se sente de trop suite à ton arrivée et qu'il prenne seul la décision de partir. Ainsi, Akashi n'aurait en plus aucune indemnité de licenciement à lui verser... »
« Mais c'est dégueulasse comme pratique ! » S'indigna Kagami, le nez retroussé de dégoût.
« Ce sont les lois du show business, c'est un univers impitoyable, tu sais... »
« Enfin tout de même ! Aomine et lui se connaissent et travaillent ensemble depuis des années ! Akashi a carrément osé me présenter son entreprise comme une « grande et belle famille » ! Grrr... il ne manque vraiment pas d'air celui-là et toi, tu me demandes d'aller bosser avec lui ? Il va me broyer, déjà qu'il n'a aucune considération envers ses propres amis... »
« Mais non ! Je ne suis pas en train de te demander d'accepter son offre en ces termes, pas question de te brader, bien entendu... Cependant, avec un zéro en plus... je dis pourquoi pas ! Ca mérite réflexion quoi... »
« Attends, t'es sérieuse là ? La somme qu'il me propose est déjà... tellement indécente et toi tu me conseilles de faire encore grimper les enchères ? »
« Ben... s'il te veut tant que ça dans son équipe, il va devoir allonger la maille ! » Sourit Alex, en lui adressant un clin d'oeil complice.
Ok alors elle... elle ne perdait de vue ni le nord, ni les cordons de sa bourse. Remarque, c'était sans doute l'une des raisons faisant que Kagami l'avait choisie comme agent artistique.
« D'ailleurs... je sais pas si t'as remarqué : y a écrit que je ne serai pas payé à la scène comme à San Fernando Valley, mais au film entier. »
San Fernando Valley... était au porno ce que Silicon Valley était aux nouvelles technologies : un El Dorado, un réservoir intarissable de talents. C'était là que se réunissait la crème de la crème du milieu aux USA, transformant l'endroit en une manne colossale pour quiconque souhaitait faire fortune dans le milieu. Le rêve américain... façon fesses, en quelque sorte. Chaque jour des centaines d'acteurs convergeaient vers les studio californiens de l'Hollywood de la levrette.
« Oui, ça n'a rien d'étonnant puisque tu seras soumis à un contrat d'exclusivité avec eux. C'est plutôt pas mal... surtout qu'aux USA... les acteurs masculins sont majoritaires et donc... moins recherchés... »
« C'est la loi de l'offre et de la demande, ouais, je sais, Akashi m'a déjà fait le topo... »
« Exactement, je vois que tu as bien retenu. Non mais rends-toi compte ! Ici, au Japon, le ratio est de trois acteurs masculins pour cent femmes ! C'est juste énorme ! »
« Ahaha ! J'me rends compte t'en fais pas... enfin, je crois. En tout cas, j'espère que tu as pris les céréales les plus vitaminés du rayon, parce que j'sens que j'vais en avoir besoin pour tenir la distance ! »
« Tu m'étonnes ! Si j'étais toi, j'me mettrai carrément aux compléments alimentaires aussi... »
« Ok, j'vais faire ça. Et continuer le sport intensif entre les tournages, histoire de rester endurant. »
« Bonne idée. N'oublie pas de bosser ton cardio et pas uniquement la carrosserie, ok ? Les organes internes sont aussi importants que ceux qui sont visibles de l'extérieur dans ce métier. C'est le secret si tu veux durer, tu ne dois pas compter sur que la taille de ton chibre et le nombre d'érections que tu peux avoir par jour. »
« Dans ce cas, je vais aussi me mettre au yoga je crois. »
« Pourquoi pas ? Tu pourrais sûrement suivre des cours de tantrisme sur Internet, tant que tu y es. Ca n'doit pas être trop difficile à choper, on trouve plein de tutos sur Youtube maintenant. »
« A mon avis, c'est plutôt du côté Pornhub que je vais devoir lorgner pour ça. » Sourit Kagami, de bonne humeur.
« N'empêche, essaie quand même de faire ce que jt'ai dit. Demande à ce qu'Akashi augmente ton salaire. Je sais que celui qu'il te propose est plus qu'honnête quand on pense que tu ne gagnais que soixante-dix dollars par scène à Los Angeles, mais... quelque chose me dit que pour le Japon, la rémunération qu'Akashi t'offre n'est pas exceptionnelle du tout... Je pense même qu'elle se trouve dans la fourchette basse. Garde à l'esprit que nous ne sommes plus aux USA. Ici, tu es au moins aussi convoité et rare qu'un tigre du Bengale, alors ne commets surtout pas l'erreur de te brader. »
En effet, dans les pays occidentaux, les codes étaient bien différents. Le porno pourrait d'ailleurs sans doute se targuer d'être l'un des seuls milieux où les femmes étaient mieux payées que leurs pendants masculins, à travail égal. Les filles les plus douées pouvaient même gagner jusqu'à trois cent dollars pour une seule scène, soit en moyenne le deux à trois fois le salaire des acteurs les plus célèbres. Et si cet avantage méritait d'être souligné, il ne fallait pas en oublier pour autant le paradoxe qu'il constituait, notamment si l'on considérait les conditions de tournages souvent déplorables auxquelles étaient soumises les hardeuses.
Et pour cause... la domination masculine ne se faisait peut-être pas au niveau du chiffre écrit sur le chèque, mais elle existait bel et bien sur les plateaux. Peut-être parce qu'elles subissaient davantage de désagréments et qu'on leur imposait des pratiques pas toujours clairement consenties ou définies d'un commun accord, les femmes se voyaient proposer une compensation financière plus importante pour acheter leur silence. Les hommes, quant à eux, ne pouvaient bien souvent pas faire la fine bouche.
Déjà, parce que la concurrence entre acteurs était rude, le marché occidental étant actuellement saturé de prétendants masculins. Mais en plus, la motivation principale des étalons du milieu était avant tout de pouvoir lever de la gonzesse à tours de b(ite)ras. Alors finalement, se faire payer pour ça, même des clopinettes, était carrément acceptable à leurs yeux et se faire payer tout court était carrément devenu secondaire dans certains cas. Un peu comme la cerise sur le gâteau à la chantilly de bukkake, en quelque sorte...
Oui, définitivement, les hommes étaient moins regardants sur l'aspect pécuniaire que leurs partenaires féminines. Mais quelque part, cela semblait logique étant donné qu'on en attendait moins d'eux aussi sur les tournages... En réalité, c'était encore une fois les femmes qui portaient tout le poids des films sur leurs frêles épaules et à qui l'on attribuait les succès, aussi bien que les échecs.
Vraiment dur à avaler (sans mauvais jeu de mots), lorsque l'on savait que la durée de vie des filles dans le milieu ne dépassait généralement pas les six mois... Le public, comme les producteurs, était sans cesse en quête de nouvelles muses pour ne pas sombrer dans la lassitude, ce qui expliquait sans doute pourquoi la carrière de ces demoiselles était aussi fulgurante et encore une fois, cela amenait en toute logique les actrices à vouloir capitaliser au plus vite sur leur petite notoriété, en enchaînant les tournages par exemple.
Comme à l'usine.
La plupart de ces filles ne pouvait se permettre de refuser un cachet, quittes à « michetonner » dans des productions sordides et parfois avilissantes pour leur dignité... quand elles n'étaient pas carrément maltraitées par des producteurs peu scrupuleux, les exploitant sans le moindre remord... Leur travail est plus pénible et nécessite d'être assumé, tant ces femmes transgressent les règles de la sexualité féminine, ce qui rend impensable le fait qu'elles puissent ne pas être... dédommagées financièrement...
Du côté des hommes, la réalité était à vrai dire à peine guère plus reluisante, puisque la majorité des magnats du porno faisait maintenant appel à des amateurs, justement pour ne pas avoir les payer. Il existait en effet un vivier inépuisable de types prêts à faire du bénévolat, uniquement dans le but de trousser leur hardeuse préférée... (qui elle, se faisait systématiquement rémunérer pour sa prestation.) et ce genre de pratiques ne faisait qu'accentuer les déséquilibres salariaux existant déjà entre hommes et femmes. Après tout, pourquoi dépenser un pognon de dingue pour louer les performances sexuels d'un gars en particulier, alors que des dizaines, voire même des centaines d'anonymes étaient prêts à faire le même taf GRATUITEMENT, juste pour le plaisir de baiser pour baiser ?
Mais dès lors les hommes venaient avant tout pour se vider les couilles sur les tournages, l'argent n'était plus qu'une hypothétique compensation supplémentaire, dont certains déclaraient pouvoir se passer bien volontiers, tant le sexe leur suffisait déjà sur ce plan. Et devinez qui avait la faveur des producteurs dans ces cas-là, entre la tête d'affiche coûteuse et le mec pioché dans la rue pour pas un rond ?
Bingo.
A ce niveau-là d'ailleurs, Kagami était assez militant. Mais pas seulement concernant les biftons.
Non, que chacun dispose des mêmes droits, sans distinction de sexe, que cela concerne la rémunération ou les conditions de travail, souvent à géométrie variable dans le monde du X...
Sans doute un trait de caractère directement hérité de son père...
Mais il serait presque utopique de penser que ce genre de pratiques – pourtant régulièrement dénoncées – allaient cesser de prospérer du jour au lendemain. Finalement, jusqu'ici, il s'en était même plutôt accommodé, prenant sur lui le plus souvent, ayant parfaitement intégré que cela faisait partie du « jeu »...
Un jeu dont il ne fixait pas les règles, mais qu'il subissait aussi volontairement que volontiers pour vivre.
Enfin, ça, c'était avant de débarquer au Pays du Soleil Levant.
Parce que maintenant, les cartes venaient d'être rebattues et complètement redistribuées.
Au Japon, c'était effectivement tout l'inverse et Kagami en était le premier surpris. Pas mal de hardeurs arrivaient à bien vivre de leur métier, pouvant carrément se permettre de rouler en Maserati, tant l'argent coulait à flot pour eux ! Aucune honte, aucun tabou social, être acteur de films pour adulte était ici une activité rémunératrice comme une autre, au même titre que docteur, policier ou même employé de bureau.
Dans certains cas, c'était même mieux considéré que des professions plus lambda !
Incroyable, si on lui avait dit qu'un tel endroit existait et qu'il s'agissait de sa patrie natale, le rouge y serait retourné avant même d'entamer une carrière aux States !
Mais bon... autre pays, autres mœurs, comme on dit.
Et c'était tout à son avantage cette fois.
« Ok, j'tenterai l'coup, si tu penses que ça peut marcher. On verra si ça passe... » Annonça Kagami, seulement à moitié convaincu. « N'empêche, on n'a pas l'air cons à boire du champ' à dix heures du matin... regarde, j'ai encore mon bol de céréales posé sur le coin du bar ahaha ! » Essaya t-il de changer de sujet.
« Bah t'as qu'a qu'à en verser dedans, le champagne ça va avec tout ! Et puis, sache qu'il n'y a pas d'heure pour boire un grand cru français à près de cent dollars la bouteille ! » Fit la blonde délurée en le resservant.
Elle en profita pour poser le contrat par la même occasion, prête à le ranger soigneusement dans son enveloppe protectrice. Il ne faudrait surtout pas le tâcher par inadvertance, ça ne faisait vraiment pas très pro...
Et en parlant de pro...
« Au fait Taiga, tu as vu ? Tu n'as pas de période d'essai. En revanche, pour que ton recrutement soit effectif après signature du contrat, il est stipulé que suite à ta visite médicale, tu devras impérativement tourner « une scène non rémunérée, avec position imposée laissée au libre choix et à l'appréciation exclusive de la production, avec l'actrice/acteur défini au préalable selon les critères de disponibilité et les besoins correspondants à la demande actuelle du marché. » C'est... original. »
« Ah bon ? Nan, j'dois t'avouer qu'j'avais pas fait gaffe. T'as lu ça où exactement ? » Demanda le rouge, la cuillère de son bol de céréales à moitié entamé, dans la main.
« Hmm... Page dix-huit, il me semble, dans le paragraphe intitulé « Conditions suspensives et modalités d'exécution du présent contrat ».
Kagami s'essuya bien les mains avant de se saisir à nouveau du ficher, dont il feuilleta le contenu pour vérifier les dires d'Alex.
« Ah ouais... en effet, j'avais pas remarqué du tout. Merde alors, comme j'ai pu passer à côté d'ça, surtout avec un titre aussi gros, écrit en majuscules ET en gras... ? »
Et dire que c'était la blonde qui portait des lunettes de vue... AHEM... Enfin bref... évitons de faire le moindre commentaire désobligeant...
« Tu devais encore être en train de penser à Aomine-kun ! D'ailleurs, ce serait trop cool que tu tournes cette fameuse scène avec lui ! Tu crois que tu peux l'demander ? »
« Heu... j'croyais qu'on s'était mis d'accord pour que je l'oublie ? » S'étonna Kagami.
« Ah oui, c'est vrai. » Répondit-elle, avec une nonchalance frôlant la mauvaise foi.
« Et puis... t'as vu ce qui est écrit... j'ai pas mon mot à dire apparemment. A mon avis, j'aurai une partenaire féminine. Déjà qu'ils manquent d'acteurs masculins, si j'en monopolise un en plus, ils vont pas s'en sortir ahaha... »
« Tu marques un point. C'est bien pour ça d'ailleurs qu'ils ont accepté de te rencontrer... je suppose qu'aux yeux d'Akashi... tu es une sorte de doublure de luxe... un renfort bienvenu pour ses poulains. Ca m'étonnerait qu'il te confie des rôles importants pour commencer... Il va sûrement chercher à tester un peu tes capacités avant. »
« Ouais, ça me surprendrait aussi... Cependant, j'ai senti que ma bisexualité avait pesé dans la balance... »
« Oh !? »
« Hmm... je n'en suis pas sûr mais... enfin, je ne dis pas que je l'intéresse non plus hein... toujours est-il qu'apparemment, Akashi serait... gay. »
« Ah bon ? Et donc tu crois que c'est ça qui a joué en ta faveur ? »
« Possible... »
« Comment tu l'sais d'abord ? Il t'a fait du rentre dedans ? » S'intéressa soudainement la sculpturale américaine.
Voici un sujet qui semblait la passionner davantage que les piège juridiques disséminés dans le contrat. Kagami piqua un fard.
« N-non... ce serait plutôt l'inverse, d'ailleurs... 'Fin, si on veut... »
« Kyaaaa comment ça !? » S'excita t-elle en se dandinant sur son tabouret comme si elle avait des fourmis dans le string.
« Pour la faire courte... disons que... c'est moi qui lui ai fait une sorte de... rentre dedans... totalement involontaire... Mais à ma décharge, j'ai carrément cru qu'il me draguait et... tu sais comment je peux être maladroit par moment. J'ai vraiment eu peur de l'avoir vexé sur le coup, mais non, il l'a même plutôt bien pris... je crois... » Balbutia le tigre, ne faisant pas le fier.
« Hahaha... c'est tout toi ça de te méprendre sur les intentions d'autrui ! Mais bon, là c'était ton quand même ton futur patron... ça aurait fait mauvais genre... A propos, tu ne m'as pas dit comment il était ce fameux Akashi ! Enfin, rien d'étonnant j'imagine, puisque depuis que nous sommes arrivés au Japon, tu n'as qu'Aomine-kun en tête... et en bouche ! »
Dans tous les sens du terme et Alex n'imaginait pas à quel point elle venait de taper juste avec ses paroles...
Kagami soupira et il rangea le contrat pour de bon cette fois.
« J'ai pas grand chose à dire sur Akashi... Je suppose qu'il est pas quant à sa façon de s'exprimer... on dirait un psychopathe... C'est bien simple, je crois que s'il y avait un remake du « Silence des Agneaux » en préparation et qu'il fallait caster Hannibal Lecter version jeune et miniature, Akashi serait sans doute la personne la plus qualifiée sur Terre pour tenir ce rôle. »
Et ne voyez surtout pas dans cette description des plus flatteuses le reflet des pensées secrètes de l'auteure parce que... vous auriez entièrement raison... (désolée pour les fans du nabot écarlate qui liront ces lignes...) Oui, j'en profite pour me lâcher et régler mes comptes avec le Power Ranger rouge, mais c'est ma fic, je fais c'que j'veux nananère :p (et je tiens à souligner au passage que j'adoooore le personnage d'Hannibal Lecter, alors vous voyez, c'est PRESQUE pas une insulte !)
Méfiez-vous, RED IS EVIL ! (et non « Resident Evil », même si ça fonctionne aussi, j'imagine...)
Mais revenons plutôt à nos moutons, ou devrai-je dire nos « fauves »...
« Ah oui, rien que ça ! C'est impressionnant ahaha ! Tu as vraiment du passer un sale quart d'heure quand tu t'es mépris sur ses intentions ! »
« Ca, on peut le dire... » Kagami réprima un frisson d'effroi. « En tout cas, j'espère que je ferai l'affaire pour la scène d'essai... »
« Mais bien-sûr mon grand ! Les kikoutes de vingt-six centimètres ça ne court pas les rues, crois-moi, surtout ici ! Même si je croyais que tu ne voulais pas bosser avec eux... tu as changé d'avis finalement ? »
« P-pas encore ! Mais... disons que... je compte me décider pendant le salon... j'pense que ça peut être une bonne chose de discuter des méthodes d'Akashi avec les autres acteurs... et selon ce qu'ils auront à me dire, j'aviserai à ce moment-là... »
« Ca me semble être un plan recevable. » Le gratifia Alex. « Tiens-moi au courant dès que tu auras pris ta décision, qu'elle soit positive ou négative, promis, je ne me mettrai pas en colère, mais il faut que je sache au plus vite pour pouvoir t'arranger d'autres rendez-vous au cas où. »
« Okay, thanks Alex ! »
Mais le rouge avait l'intuition qu'elle n'aurait pas à le faire. Car même s'il n'était pas encore certain d'accepter, notamment pour des raisons purement éthiques, Kagami se voyait proposer par Akashi (même si c'était de manière indirecte et qu'il n'y avait encore rien d'acté...) quelque chose dont jamais il n'aurait rêver, même dans ses rêves les plus fous : TRAVAILLER AVEC SON IDOLE ! Dans un premier temps déjà, ils partageraient les mêmes locaux et peut-être que... plus tard, Kagami serait amené à collaborer directement avec Aomine sur un film commun. Le rouge l'espérait naïvement de tout cœur.
Enfin ça... c'était s'il réussissait à se faire engager en se montrant convainquant sur le bout d'essai... et aussi... si Aomine ne se faisait pas lourder entre temps... Mais bon, Kagami avait envie d'y croire ! Disons que ce rêve « impossible » constituait une motivation supplémentaire pour lui.
Son petit plus.
Sa petite rétribution bonus...
Comme ces milliers d'amateurs qui refusent de se faire payer, partant juste la fleur au fusil/chibre dans l'espoir de pouvoir troncher leur starlette préférée...
La matinée passa à une vitesse hallucinante.
Kagami eut tout juste le temps de sortir faire quelques courses et d'entamer son ménage.
En effet, que ce soit sur les plateaux ou dans la vie privée, Kagami tenait à ce que tout soit impeccable. Encore quelque chose qu'il tenait de son père, qui ne plaisantait pas avec l'hygiène.
Alala... si Takeru Kagami savait que son fils unique était allé fricoter dès le premier soir dans les chiottes d'un bar sordide, avec un parfait inconnu – lui-même acteur de X, qui devait sûrement enchaîner les conquêtes - le tout, sans protection, le vieux tigre en ferait certainement une syncope ! D'ailleurs, le rouge envoya un SMS à son cher papa pour lui donner de ses nouvelles. Les deux hommes entretenaient une relation assez fusionnelle, sans doute parce qu'ils étaient la seule famille qui restait à l'autre, la mère de Kagami était malheureusement décédée alors qu'il était très jeune...
Et puis, en vrai, Kagami s'était toujours très bien entendu avec son père. Il n'avait rien à lui reprocher, ce dernier ayant toujours accepté et encouragé ses choix de vie. Kagami était conscient de faire figure d'exception, en effet, les parents de Tatsuya par exemple, n'avaient pas aussi bien réagi lorsque leur fils unique également leur avait appris qu'il se lançait dans le X.
Déjà qu'ils étaient du genre japonais traditionalistes, mais ayant vécu quasiment toute leur vie aux USA, ils possédaient une mentalité plus proche de celle d'américains ultra-croyants et conservateurs à l'extrême... Autant dire qu'ils avaient été loin, très loin de se montrer enchantés par les choix de leur rejeton. D'ailleurs, le pauvre Tatsuya avait été déshérité sur le champ, mais ça ne l'avait pas empêché de continuer, s'accrochant à son rêve, sans hésiter à sacrifier sa famille. Pour le brun, comme pour beaucoup de jeunes femmes qui avaient délibérément choisi d'exercer ce métier, le porno était un moyen de s'affranchir de la religion et d'en transgresser les codes établis. Apparemment, le japonais au grain de beauté n'avait fréquenté que des établissements privés catholiques réputés stricts et adeptes des châtiments corporels, ce qui l'avait à jamais dégoûté de l'autorité.
Et c'était précisément dans des cas similaires que Kagami réalisait la chance qu'il avait de connaître une relation filiale aussi équilibrée et respectueuse avec son père...
Rassuré de recevoir des nouvelles de Takeru à son tour, Kagami se rendit le cœur léger au fameux salon...
Le rouge avait opté pour une tenue plus casual, exit donc le beau costume trois pièces de la veille et bonjour au véritable service trois pièces moulé dans un jean usé au niveau des genoux ! Ahhh il se sentait mieux là, tout de suite plus détendu ! Relax, quoi.
Rougissant pendant qu'il faisait la queue comme tout monde – parce qu'il avait refusé d'utiliser le billet V.I.P. coupe file remis par Akashi, dans l'optique de ne pas bénéficier de passe-droit particulier et donc, de visiter le salon en simple touriste – Kagami s'imaginait la tenue d'Aomine... Le basané était tellement classe quand il le voulait et un rien l'habillait. Kagami se plaisait donc autant à l'imaginer vêtu d'un complet noir que de pièces plus quotidiennes et colorées. De toute façon, connaissant Aomine, il était certainement magnifique, quoiqu'il porte... et encore plus lorsqu'il se trouvait en tenue d'Adam...
Enfin, Kagami doutait tout de même que le brun soit allé jusque là dans ce salon tout public. (ou presque...) Encore une fois, grâce à sa taille impressionnante et à ses traits matures, personne ne demanda sa carte d'identité à Kagami à l'entrée. Bon, de toute façon, quand bien même cela arriverait, Kagami ne sortait jamais sans sa bouée de sauvetage : une fausse carte de résident américain, obtenue par Alex, extrêmement crédible. D'autant plus qu'ils se trouvaient au Japon actuellement, alors ce serait encore moins difficile de la faire passer pour une vraie. Kagami soupira tout de même en voyant quelques gars mineurs comme lui se faire recaler sans ménagement par le staff...
Le roux ne put s'empêcher d'avoir une pointe de compassion pour eux, d'autant qu'ils devaient avoir tout juste vingt ans... et n'être qu'à quelques mois de la majorité. Tain... c'était comme aux USA, la majorité à vingt et un ans, quelle plaie ! Apparemment, en Europe elle n'était qu'à dix-huit ans, quelle foutue injustice ! Et si Kagami ne pouvait remédier à leur âge, il y avait bien autre chose qu'il était en capacité de faire...
Oh et puis merde, tiens !
Il revint sur ses pas, se frayant un passage parmi la foule agglutinée.
Ca ne le concernait évidemment pas, mais Kagami était un bon gars, pour parler familièrement et voir ces deux pauvres gamins se faire harceler de la sorte par les vigiles, c'était tout bonnement intolérable à ses yeux. La violence ne résout rien, c'est même tout le contraire.
« C'est bon, ils sont avec moi. » Intervint le tigre en posant sa main sur l'épaule d'un des videurs, qui avait dégainé son tonfa.
Le vigile allait protester (et de manière sûrement pas très polie...), mais il se ravisa en constatant que Kagami faisait bien deux têtes de plus que lui. Mieux valait éviter de se frotter au grand roux... L'homme tenta donc d'arrondir les angles en discutant.
« Mais ce sont des mineurs... »
« Et alors ? Ils sont en règle du moment que n'importe quelle personne majeure accepte de les accompagner, c'est écrit à l'arrière des billets d'entrée. Et puis, il me semble qu'il existe des stands autorisés au plus de seize ans, non ? »
Effectivement, impossible pour le vigile de nier que les mineurs n'étaient pas interdits au sens du strict du thème. Kagami avait rapidement repéré leur manège : ces deux gorilles s'ennuyaient, alors ils avaient décidé de se divertir, en emmerdant deux petits jeunes sans défense.
Classique.
« Tss... » Fit celui qui semblait être le chef et Kagami n'aima pas du tout la façon dont il le regardait. Mais il passa rapidement à autre chose en aidant ses deux nouveaux « amis » à ramasser leurs affaires, éparpillées autour d'eux.
« Est-ce que ça va ? »
« Ou-oui, merci... » Répondit celui l'un de deux châtains. « Si vous n'étiez pas intervenus, on... »
« Quel âge vous avez ? »
« Heu... vingt ans, pourquoi ? »
« Moi aussi. » Sourit Kagami. « Alors on va s'tutoyer, d'accord ? »
« Ok. Je m'appelle Furihata Kouki et voici mon ami, Sakurai Ryo. »
« Enchanté, moi c'est Kagami Taiga. »
Il serra la main de Furihata, mais l'autre, pourtant légèrement plus grand que son acolyte, resta caché derrière. Il était plutôt mignon. Des traits extrêmement fins, de grands yeux expressifs et innocents, semblables à ceux d'une biche aux aboies... bon, pas le type d'homme de Kagami encore une fois (lui, il les préférait plus... « virils »...), mais pas mal quand même, le rouge ne pouvait le nier. Enfin, si l'on faisait abstraction de sa coupe de cheveux presque « au bol », qui lui donnait l'air d'un gamin perdu que sa mère n'a pas le temps d'amener chez le coiffeur.
Furihata, en revanche était nettement plus... quelconque ? Erf... c'était péjoratif dit comme ça, mais Kagami ne voyait absolument pas comment le décrire autrement. Tout chez lui transpirait la banalité. Sa coupe de cheveux sans style, ses yeux noirs, ses vêtements normaux, composés d'un simple pull blanc et d'un pantalon marron. Non, vraiment... c'était le « John Doe » parfait, comme dirait les américain. Un authentique « Monsieur-Tout-le-Monde », qui se fond dans la masse et que rien ne distingue de son voisin. Un gars comme on en croise tous les jours dans la rue, sans jamais se retourner sur lui.
« Ces types-là n'y sont vraiment pas allés de main morte avec vous on dirait... » Déplora Kagami, en voyant que Furihata s'époussetait les épaules.
« Non, c'est clair... je crois que nos tronches de ploucs ne leurs revenaient pas ahaha ! »
« On peut le dire aha... »
Ce Furihata lui semblait sympathique et facile à dérider, mais Kagami remarqua néanmoins que Sakurai ne parlait toujours pas. Bon, il était peut-être muet. Ou très timide. Ou les deux. A moins qu'il n'ait perdu sa langue lors de l'affrontement, mais le tigre ne se rappelait pas l'avoir vue par terre au milieu de leurs pochettes et... autres affaires. Bah... peut-être qu'il l'avait avalée dans ce cas ? Quoiqu'il en soit, en parlant de pochettes, quelques dessins s'étaient déversés sur le sol et Kagami n'avait pas pu s'empêcher d'un jeter un coup d'oeil... curieux.
Et il reconnut quelques visages familiers... d'acteurs et d'actrices locaux.
Dont un qui le frappa particulièrement, puisqu'il s'agissait ni plus, ni moins que du portrait d'Aomine. Un portrait extrêmement fidèle et détaillé, esquissé au fusain, pas du travail d'amateur, visiblement. Kagami avait failli le ramasser en premier, mais comme s'il craignait qu'on le lui vole, Sakurai s'était montré plus rapide et il s'en était saisi avant le tigre. Le champignon (ah, c'était donc à cela que les cheveux de Sakurai lui faisaient penser depuis le début !) s'empressa de le ranger précieusement dans une pochette à part.
« Alors... vous êtes fans de qui ? Dites-moi tout ! »
Leur avis intéressait Kagami, qui n'avait jamais eu la chance, ni le privilège d'être en contact avec ses admirateurs aux USA. Et quelle meilleure occasion de tâter le terrain, qu'en interrogeant directement des consommateurs sur leurs goûts ? Et puis, n'était-ce pas l'un des objectifs à peine dissimulé de l'invitation d'Akashi ?
« Et bien heu... »
« Il y a bien une actrice en particulier qui vous fait craquer et pour laquelle vous avez fait le déplacement, non ? Ou... un acteur peut-être ? Allez ! On a tous notre petite préférence, c'est normal ! » Les encouragea Kagami à se confier, en donnant une légère tape dans le dos de Furihata, tandis qu'ils entraient enfin par la porte principale.
« Oh non, pas vraiment... moi, j'aime tous les acteurs, mais surtout ceux du Studio Kiseki. » Exposa sans détour Furihata. « Je trouve qu'ils ont chacun leur truc... et peu de studio peuvent prétendre rivaliser avec eux, en dehors du Studio Teiko... et encore, je trouve qu'ils sont quand même largement moins bons ! »
Oui... le discours innocent de Furihata confirmait bien les dires de la veille formulés par Akashi... Kiseki et Teiko étaient incontestablement les leaders du marché... et les autres ne se partageaient que leurs miettes...
« Je vois. Tu viens donc pour les mecs ahah. Oh, ne t'inquiète pas, je ne te juge pas hein ! J'trouve ça plutôt en cool, en fait que tu l'admettes aussi naturellement. »
« J'aime aussi quelques filles, mais... je ne sais pas... elles n'ont pas l'aura des acteurs masculins... »
Ca pour le coup, c'était encore une fois tout l'inverse du cinéma pour adultes occidental. Les hardeuses faisaient se déplacer les foules, mais leurs pendants masculins beaucoup moins, étonnamment... (ou pas, d'ailleurs...)
« Enfin... celui que je préfère n'est hélas pas acteur... dommage... enfin, j'espère quand même l'apercevoir pendant la conférence qu'il doit livrer ici ! »
« Que veux-tu dire par là ? »
« Je suis un inconditionnel du grand Akashi Seijuro... « L'Empereur du Cul » au pouvoir absolu et accessoirement patron du Studio Kiseki. Depuis que je l'ai vu faire la couverture d'un des magazines financiers que mon père fait semblant de lire, je n'ai d'yeux que pour lui ! C'est surtout sa carrière à lui que je suis, au final... et que j'encourage en consommant des produits de son studio... » Rougit un peu le chihuahua.
Non parce qu'aux oreilles de Kagami, c'était ainsi que cela sonnait : comme un chihuahua épris d'un lion féroce, qui cherche à le dompter en aboyant le plus fort possible. Et le petit côté fleur bleue de Kagami trouvait cela plutôt mignon, d'ailleurs.
« Wow, là, tu m'impressionnes Furi ! C'est vrai qu'Akashi est plutôt... un bon parti, on va dire... »
Dur pour le rouge de trouver un commentaire positif à faire sur son futur employeur, mais il ne voulait pas ruiner les espoirs de Furihata, même s'il était très loin de les partager. En tout cas, il lui souhaitait bien du courage pour parvenir à ses fins avec « l'Empereur »... et plus précisément avec son « cul ». Cela dit, Aomine l'avait bien traité de « vieille pédale », alors... tout restait possible... virtuellement, du moins.
« Et toi, Kagami-kun ? Qui est ton chouchou ? »
« Hmm... » Fit mine de réfléchir Kagami. « Aomine Daiki, sans hésiter. »
« Ah oui ? C'est amusant, il se trouve que c'est également le préféré de Sakurai-chan ! »
« Vraiment ? Sakurai a bon goût alors. »
Le champignon resta muet comme une carpe (ou comme un champignon du coup, ça marche aussi...), se contentant de serrer la pochette contenant son dessin contre sa poitrine, sans chercher à se joindre à la conversation, pourtant bon enfant.
« Mais dis-moi Kagami-kun... ne le prends surtout pas mal si je me trompes hein... cependant, j'ai le sentiment que ton visage m'est étrangement familier... t-tu n'serais pas acteur par hasard, toi aussi ? »
« Bien vu ! C'est marrant que tu sois déjà tombé sur un de mes films, alors même que ma carrière s'est essentiellement déroulée aux Etats-Unis jusqu'ici. »
Le chihuahua s'empourpra en repensant aux proportions plus qu'intéressantes de son nouvel ami.
« Oh, mais alors... tu es juste en visite de courtoisie au Japon ou... ? »
« Non, non, je suis bien ici pour signer un contrat. Sauf que comme rien n'est acté, je ne peux pas encore en parler. »
« Oui, je comprends... » Rougit davantage Furi, matchant parfaitement la couleur écarlate de la chevelure tigrée. « En tout cas, je te souhaite de réussir. Sincèrement. »
« Merci. J'dois bien avouer qu'au départ, ça ne m'enchantait pas des masses de venir ici... les productions japonaises n'ont pas super bonne réputation et ce sont surtout les USA qui tiennent le haut du panier en matière de porno. J'avais donc peur de flinguer ma carrière si j'acceptais de tourner à Tokyo, mais je dois dire que je suis en train de revoir mon jugement avec tout ce que j'ai appris et vu depuis mon arrivée. »
« Tant mieux ! O-on a besoin de garçons comme toi pour apporter un peu de nouveauté ici ! » Approuva le gentil chien-chien. « Je suis sûr que tu vas te plaire au Japon. Tu verras, les acteurs sont traités comme des dieux vivants sur l'archipel et je n'en ai jamais entendu se plaindre. Je sens que tu vas très vite t'acclimater ! Et puis, tu as un avantage : tu es d'origine japonaise et tu parles déjà notre langue, t'intégrer au paysage ne devrait être qu'une formalité pour toi. »
« Peut-être que tu m'verras bientôt dans un film japonais, qui sait ? En tout cas, c'est en bonne voie... Par contre, ton pote, il est pas très causant. »
Ce n'était sans doute qu'un détail, mais cela intriguait autant Kagami que cela le dérangeait. Quelque chose clochait avec ce Sakurai, bien qu'il n'aurait su dire quoi exactement. Pourtant, le tigre aurait adoré pouvoir discuter avec le petit châtain du sujet commun qui les réunissait : Aomine. Et pour cause, Kagami n'avait jamais eu la chance de rencontrer un autre fan comme lui du grand basané ! Et pas des moindres, en plus, vu le magnifique dessin que Kagami devinait avoir été réalisé par Sakurai.
« Ahahah... il ne faut pas mal le prendre, Sakurai-chan est comme ça tout le temps avec les inconnus. »
« Ah d'accord. J'pensais juste que c'était ma tronche qui lui revenait pas, un peu comme vous avec les deux gorilles de tout à l'heure. » Peu habitué à rester sur un échec, Kagami tenta tout de même sa chance en s'adressant à Sakurai, pour établir un semblant de communication. « Tu comptes offrir ce dessin à Aomine, pas vrai ? J'suis sûr que ça lui fera très plaisir. »
Bon ben il n'eut pas plus de succès cette fois. Tant pis, il n'insista pas, reportant son attention sur le sympathique Furi.
« Tu pourrais répondre Ryo-chan, c'est impoli de ne rien dire ! » Le secoua un peu Furihata à son tour.
« Non mais laisse, c'est pas grave. »
« Désolé Kagami-kun... Il se montrera peut-être plus expressif lorsque nous aurons retrouvés nos senpais... »
« Comment ça ? Vous n'êtes pas venus seuls ? »
« Ahaha non... à la base, nous étions accompagnés de deux autres gars plus âgés que nous et c'était eux qui devenaient nous faire entrer, mais on a été séparés dans la file. On les cherchait justement quand les deux vigiles nous ont accostés... »
« Merde, c'est pas d'bol ça. Vous avez un point de rendez-vous ? »
« Oui, heureusement ! On doit les retrouver dans l'allée D3, à l'angle de la grande scène. Regarde, ce doit être par-là, j'ai téléchargé le plan sur mon téléphone. » Indiqua Furihata, en faisant défiler la carte sur son écran.
« Haaaan pas con, j'vais faire pareil tiens ! Hmm... alors attend, nous, on doit être quelque part par là et eux... ils doivent vous attendre ici, si j'lis bien le plan. »
« Non, je crois plutôt que nous sommes ici... regarde, A4... donc... D3 c'est par-là ! »
« Ah ouais, t'as raison ! Bien joué Furi ! Dépêchons-nous d'aller les rejoindre alors. Ils sont sympa tes senpais ? A quoi est-ce qu'ils ressemblent ? »
« Arf.. ne te moque surtout pas mais... c'est la première fois que je les vois en vrai, alors je ne m'en rappelle plus trop... En fait, Sakurai-chan et moi, nous sommes inscrits sur le site du fan-club officiel du Studio Kiseki et c'est sur le forum de discussion que nous avons rencontré Hyuuga senpai et Izuki senpai. On a tout de suite accroché tous les quatre ! »
« Ah ok ! C'est pas banal comme façon de se rencontrer, mais avoir une passion commune, ça rapproche les gens à ce qu'il paraît. Par contre, comment tu comptes les reconnaître du coup ? Vous aviez échangé des photos avant de vous voir ? »
« Heu oui... quelques uns et je me souviens Hyuuga senpai avait des lunettes rondes, c'est son signe distinctif ! » Enonça fièrement le chihuhua.
… Ah bah, c'est sûr qu'avec cette info capitale ils étaient vachement avancés...
« N'empêche, tu vas rire mais... Hyuuga senpai veut devenir acteur lui aussi... comme toi ! Il va sans doute te demander des conseils quand il te verra... »
Ca par contre, ça n'étonnait guère Kagami. La plupart des types qui se rendaient dans ce genre de salons tentaient toujours leur chance. Mais la concurrence étant rude, ils revenaient souvent bredouilles et sans avoir obtenu le moindre piston...
« Bah si j'peux l'renseigner, j'veux bien essayer de répondre à ses questions. C'est quoi son style ? Qu'est-ce qui le branche ? »
« Heu... les représentations historiques je crois... »
« What ? »
Kézako ? C'était la première fois que Kagami entendait parler de ce truc...
« Ben... c'est comme du crossplay... En fait, ça consiste à se déguiser en un personnage historique, en tournant dans des décors anciens et avec des costumes d'époque. »
« Sérieux ? Et ça s'fait beaucoup au Japon ? Parce qu'aux USA... pas vraiment... enfin... on a bien quelques pornos qui mettent en scène la Guerre de Sécession ou des trucs avec des cowboys et des indiens, mais c'est tout... »
« Hmm hmm ! Ca marche pas mal ici les films de samouraïs et de ninjas ! C'est même une niche très appréciée par les jeunes, parce qu'ils ont l'impression d'apprendre des choses en se … enfin tu vois quoi... »
« Heu... ouais... aloooors j'ai du mal à visualiser c'que ça peut donner en vrai, mais pourquoi pas... ? « Whatever floats your boat » comme on dit aux States... »
« Et qu'est-ce que ça signifie ? »
« En gros... que chacun voit midi à sa porte quoi. Chacun son trip, pas de jugement à avoir ! Tout l'monde a l'doit d'se palucher, quel que soit c'qui l'fait bander, c'est même la première chose qu'on t'apprend en tant qu'acteur. »
« C'est sûr que pour faire ce métier, il vaut mieux être ouvert d'esprit... »
« Et pas que de l'esprit ! De tous les orifices aussi ahaha ! » Les interpella un rire tonitruant, appartenant à un beau brun aux yeux clairs.
« Izuki senpai ! » Sursauta Furihata, surpris par cette intervention impromptue.
« Izuki, je croyais que t'avoir déjà dit de jeter ce stupide bouquin de calembours malaisants... » Le réprimanda d'une tape sèche sur la tête, celui que Kagami devina être Hyuuga.
Un brun... à lunettes, exactement comme l'avait décrit Furihata.
Rien de plus, rien de moins
Enfin, Kagami trouvait que le nouveau venu ressemblait un peu au professeur d'histoire-géo qu'il avait eu en dernière année de collège.
Ceci expliquait sans doute cela... et ses fantasmes bizarres aussi.
« Mais Hyuugaaaaa ! » Protesta le plus mignon des deux.
« Alors vous avez pu entrer finalement ? Je savais que vous trouveriez un moyen... Désolé de vous avoir abandonnés comme ça... c'était pas notre intention, mais on a été obligés de suivre le mouvement... » S'excusa Hyuuga.
« C'est rien, on a eu de la chance de tomber sur Kagami-kun ! » Sourit Furihata, en désignant le grand rouquin. « Il est acteur, d'ailleurs ! »
« Non, c'est vrai ? Vous avez vraiment le cul bordé de nouilles, vous les jeunots ! Je m'appelle Hyuuga Junpei et lui c'est... pas important en fait, oublie-le. »
« Hé ! Ne l'écoute pas, je suis Izuki Shun ! Ravi de faire ta connaissance, Kagami-kun ! » S'inclina l'autre, avant de glisser à l'oreille du tigre : « Ce serait bien que tu puisses filer quelques tuyaux à ce gars, parce qu'il rêve de PENETRER le milieu bwahahaha ! »
« Laferme Izuki ! » S'énerva à nouveau Hyuuga, qui semblait posséder la patience d'une table à repasser.
La petite scène amusa Kagami. Ces deux-là avaient l'air plutôt proches et nul doute que, comme Sakurai et Furihata, ils devaient se connaître « IRL » comme disent les jeunes... En parlant de « jeunes » d'ailleurs, Kagami était ravi d'être tombé sur des jeunes de son âge. Bon, même si c'était encore dans le contexte du porno, c'était tout de même rafraîchissant. Les trois gars – sauf Sakurai – commencèrent à discuter du programme de la journée, qui s'annonçait... « BIEN REMPLIE », ainsi que le décrivit Izuki. (décidément, ce mec ne s'arrêtait jamais !) Au passage, s'il enchaînait bide sur bide, le garçon au regard d'aigle ne lâchait pas l'affaire. A un moment donné, il sortit une blague assez obscure à base de « trou » et personne ne comprit rien. Pas même Hyuuga, puisqu'il n'eut pas la moindre réaction violente. Kagami en profita donc pour demander clown de service ce qu'il avait voulu dire et ce dernier lui répondit quelque chose qui marqua Kagami :
« Il ne faut jamais expliquer un gag, parce que ce se serait comme disséquer une grenouille : ok, maintenant tu saurais comment ça marche, mais il serait MORT ! »
Ce n'était peut-être pas la meilleure métaphore du monde, mais Kagami la comprit néanmoins... à sa façon. Finalement, c'était un peu comme avec le porno : parfois, il vaut mieux ne pas tout savoir si on ne veut préserver la magie et cela fit hésiter Kagami à donner des combines à Hyuuga. Enfin, de toute façon, le brun à lunettes ne l'avait pas encore relancé à ce sujet. Non, il était bien trop occupé à organiser les événements de la journée, de façon quasi militaire. Le salon ayant commencé assez tard – en milieu d'après-midi – il était prévu qu'il dure jusqu'à plus de minuit pour compenser et de nuit, ça devait être un sacré truc...
Quelque chose disait même à Kagami que l'ambiance allait être totalement... différente. Pour le moment, c'était plutôt bon enfant et l'effervescence était communicative. Le tigre n'avait rien aperçu de bien choquant en déambulant dans les allées. L'offre du salon était très variée. On y trouvait aussi bien des acteurs et actrices en dédicaces, que de la lingerie fine, ainsi que les indémodables accessoires sexuels. Cela allait du godemichet taille XXXXL en forme de cactus (avec les branches) au lubrifiant parfumé, en passant par les capotes retardatrices d'éjaculation et même anesthésiantes. Kagami connaissait la plupart de ces trucs déjà, mais il s'étonnait toujours de l'inventivité des créateurs. La sempiternelle quête du plaisir n'avait pas de fin, pas de limite...
Les stands les plus prisés étaient naturellement ceux qui disposaient d'hôtesses, sélectionnées le plus souvent pour la taille de leurs attributs mammaires. Parfois, elles proposaient même des démonstrations en petites tenues, pour le plus grand plaisir des badauds et s'il y avait une majorité d'hommes, Kagami croisa quelques demoiselles, sans doute venues par curiosité.
« Pas du tout. » Lui précisa Hyuuga, un guide papier du salon à la main. « Il est écrit ici que la fréquentation des femmes a augmenté de 15 % en dix ans. Elle s'élève maintenant à 34 %. »
« Wow, c'est énorme ! » A croire que les japonaises étaient plus « libérées » que les américaines à ce niveau là. Enfin, cela n'étonnait pas beaucoup Kagami. « Et à quoi est-ce dû ? Ils le disent dans ton bouquin ? »
« Non, mais j'ai ma théorie. Je pense que c'est grâce aux efforts du Studio Kiseki ! » Exposa le binoclard en remontant justement ses lunettes.
« Oui, depuis quelques années maintenant, les femmes sont devenues le cœur de cible du studio. Akashi ne s'en cache même pas, bien au contraire, ses campagnes de publicités sont très axées là-dessus. Il se vante d'être le premier à avoir proposé du « porno pour femmes » digne de ce nom. Je ne sais pas vraiment ce que c'est censé vouloir dire, mais... force est de constater que c'est efficace ! » S'enthousiasma Furihata.
« Mouais... si tu veux mon avis, c'est juste un argument commercial ! » Le corrigea Hyuuga.
« Ah ? Tu penses donc que c'est bidon ? » Répliqua Kagami, très intéressé par le point de vue externe de ses compagnons.
« C'est évident ! Son porno est comme celui de ses concurrents... il n'y a aucune différence. Personnellement, je ne crois pas à ces histoires de « pour homme » ou « pour femme ». En revanche, ce que je sais, c'est qu'Akashi possède également une chaîne de télévision généraliste et la plupart des médias papiers du pays. Il est donc facile pour lui de mettre ses propres acteurs en lumière, s'il le désire. »
« Hmm... j'ai effectivement entendu de sa bouche qu'il avait fait en sorte de les implanter dans le quotidien des japonais, mais je n'ai pas tellement compris comment cela se traduisait exactement. »
« C'est très simple : Akashi a lancé une campagne de communication aussi insidieuse qu'agressive, à coup de spots publicitaires aux heures de grande écoute. De même, en faisant entrer le porno dans les familles par la petite lucarne, il est parvenu à exécuter le tour de force de le banaliser, au même titre que n'importe quel autre type de divertissement. »
« Tu veux dire qu'aux yeux d'Akashi et donc des japonais, le porn est devenu un divertissement acceptable, comparable à une sitcom, par exemple ? »
« C'est exactement ça. C'est la stratégie d'Akashi. Et ça va même plus loin ! Il n'est en effet pas rare qu'il fasse apparaître ses acteurs fétiches dans les séries télévisées qu'il produit, de type drama, rom-com ou encore sitcom justement. »
« Mais non !? Sérieusement ? Et... ça fonctionne ? »
« Un peu mon n'veu ! C'est comme ça qu'il est parvenu à conquérir le cœur de la fameuse ménagère de moins de cinquante ans, celle qui consomme le plus et dicte les règles au sein du foyer ! »
« Incroyable... »
« C'est super malin en fait, parce qu'en faisant ça, il a réussi à convaincre son public le plus réticent. Evidemment les hommes, qui sont de grands amateurs de cul, étaient déjà tous acquis à sa cause, mais en transformant ses acteurs en icônes de mode et de publicité, il a réussi à retirer un peu de cette image sulfureuse au porno, tout en la conservant suffisamment pour ne pas effrayer les femmes. »
Alors c'était donc ça, la clé du succès du Studio Kiseki ? Kagami était effaré par ce qu'il venait d'entendre... Hyuuga avait pourtant décortiqué brillamment la tactique d'Akashi : transformer la mauvaise réputation du X en quelque chose de plus glamour pour le rendre plus... socialement... « normal ». Ce mec était vraiment un génie ! Un génie du Mal peut-être, mais un génie quand même ! Comment ne pas être admiratif de son coup de poker, si novateur ? Et Kagami réalisa à quel point l'autre rouge avait eu raison, lorsqu'il remarqua un groupe de « mamies » en train de glousser en achetant des T-shirts à l'effigie de leur acteur préféré.
D'ailleurs à bien y réfléchir, Kagami remarqua que les portraits des tauliers du Studio Kiseki étaient placardés partout, impossible à esquiver, un peu comme un message subliminal aussi sournois qu'efficace... Quel que soit l'endroit du salon auquel on se rende, on ne pouvait y échapper ! En effet, leurs tronches étaient placardées jusque sur la porte des chiottes, sur des posters ! Et il était plus que gênant (et à la fois un peu excitant quand même...) qu'Aomine Daiki vous regarde effectuer votre pause syndicale...
Certains mecs cependant, avaient pris le pari d'en rigoler, s'en donnant à cœur joie pour asperger copieusement les visages de ces idoles de paille, pendant qu'ils urinaient. Kagami, lui, se sentit plutôt troublé, si bien qu'il failli ne pas arriver à faire sa petite affaire. Parce que bon, c'était tout de même un peu intimidant et quand tu es toi-même acteur porno, ce geste tout simple revêt une signification particulière... Kagami eut donc l'impression d'être en pleine « golden shower » avec/sur Aomine, ce qui était un peu bizarre (bien qu'étrangement... gratifiant, vu ses antécédents avec sa cible...) et pas spécialement son fantasme, mais nul doute que ça l'était pour certains, qu'il s'agisse d'admirateurs ou de détracteurs de la panthère. Sacré Akashi, il ne manquait pas d'humour, ni d'auto-dérision pour avoir imaginé un truc pareil...
En tout cas, ce fut aussi pour le tigre l'occasion de se rendre compte qu'on pouvait trouver n'importe quoi à l'effigie de son acteur/actrice favori(e) dans ce salon ! Même des couverts et des services de table entiers... Décidément, ils étaient vraiment considérés comme des artistes à part entière, au même titre qu'un Brad Pitt ou qu'une Madonna, ce qui avait de quoi surprendre les non-initiés comme Kagami.
Quoiqu'il en soit, le roux ne regrettait vraiment pas d'être venu ici pour l'instant... C'était franchement très... enrichissant. Oui, c'était le moins que l'on puisse dire... et bientôt, (s'il acceptait de signer, hein...) il aurait droit à des égards similaires... ce qu'il n'arrivait absolument pas à se dépeindre pour l'instant.
Le petit groupe de Hobbits mena donc son petit bonhomme de chemin jusqu'au fond du Mordor... heu salon, où avaient lieu les dédicaces. A droite, les Miracles contre leurs rivaux, les Rois Sans Couronne du Studio Teiko, placés à gauche. (et disposant de moins de place pour s'étaler... sûrement encore un coup d'Akashi...)
« Pourquoi on les appelle « Les Rois Sans Couronne » d'ailleurs ? » S'intéressa une nouvelle fois Kagami.
« Parce que le Studio Teiko n'a jamais gagné une seule récompense dans le milieu du hard. La métaphore d'une couronne, quoi. »
« Ah bon, t'es sûr Hyuuga ? Il me semblait que c'était plutôt parce qu'ils ne portaient jamais de couvre-chef sur leur tête pendant les scène... et par là j'entends bien-sûr... »
« Oui, c'est bon, on a compris que tu parlais de gland et de capotes ! » Le coupa Hyuuga, en criant un peu trop fort.
Vraiment ? Etait-ce la réalité ? Hmm... Kagami ne les connaissait pas du tout, mais apparemment ils avaient une grosse notoriété au Japon, même si elle était loin d'atteindre celle des Miracles qui elle, était quasiment internationale. Aomine, en son temps, avait même eu le privilège de tourner avec la grande Lisa Ann avant sa retraite et même plus récemment... en 2014, avec la célèbre Mia Khalifa, qu'on ne présente plus.
L'américain s'approcha donc de l'affiche qui en disait un peu plus sur eux.
Apparemment, ils étaient cinq... soit exactement le même nombre que les Miracles, tiens donc !
Quelle coïncidence...
Il y avait un black parmi eux, chose rare pour le Japon. Sans doute un métisse brésilien, nommé Eikichi Nebuya. Il ressemblait un peu à l'un des gorilles de l'accueil, mais beaucoup plus grand et musclé, tiens, d'ailleurs, c'était son surnom officiel et d'après ce que lisait Kagami, il se spécialisait dans les pornos inter-raciaux, très à la mode en ce moment. Puis, on avait un petit blond qui lui fit penser directement au personnage du manga Naruto.
Sur sa video de présentation, diffusée sur un écran, on pouvait voir que le dénommé Kotaro Hayama était aussi vif que le fameux ninja de fiction. Un peu trop remuant du goût de Kagami, mais après tout, pourquoi pas ? Le style pile électrique a aussi ses adeptes !
Ensuite, il y avait Reo Mibuchi. Un androgyne, à la beauté délicate et captivante. Kagami devait bien reconnaître qu'il était même plus désirable que beaucoup de filles avec lesquelles il avait tourné et selon toute logique, sa spécialité était le travestissement. Pour parler plus crûment, il s'agissait de la caution gay du Studio Teiko, bien qu'il arrivait à Reo de coucher avec des filles, ainsi qu'il était indiqué sur sa fiche. A côté de lui, était accrochée la photo d'un air brun, mais les deux hommes étaient comme le jour et la nuit.
Là où une grande douceur se dégageait des traits féminins de Reo, c'était tout l'inverse pour Hanamiya Makoto, surnommé le « Mauvais Garçon » du porno. Et ce n'était pas volé. Cet Hanamiya avait l'air extrêmement sournois et sans surprise, il était enclin au SM. Mais pas le SM chic et glamour de Midorima, non, le SM bien trash et même un peu gore. Kagami fut même obligé de détourner les yeux plusieurs fois de sa vidéo de présentation, tant c'était... choquant parfois...
Frissonnant de dégoût, il préféra reporter son attention sur le dernier des Rois. Et pas des moindre, puisqu'il s'agissait de l'acteur star du studio.
Et « chouchou d'Hyuuga », d'après ce que lui confia furtivement Izuki. Tiens donc, alors comme ça, Hyuuga faisait des infidélités au Studio Kiseki ? Pas étonnant cela dit quand on voyait la belle bête qu'était ce Kiyoshi Teppei, pour parler un peu vulgairement. Il se dégageait de ses traits une grande douceur, mais plus virile que celle de Reo. Il avait les traits du « guy next door » comme disaient les américains, le grand frère qu'on voudrait tous avoir. Apparemment, son nom de scène n'était autre que « Coeur d'Acier » et Kagami trouvait que cela sonnait bien pour le décrire, sans même le connaître. On pouvait d'ailleurs voir sa vidéo d'exhibition le confirmait : Kiyoshi se montrait doux avec ses partenaires et respectueux. Comme il était très grand, il se dégageait de lui quelque chose d'extrêmement protecteur et rassurant, à la manière d'un gros nounours. Pour le coup, il ressemblait vraiment à un roi au cœur noble. Ce qui rappela inévitablement à Kagami ce qu'avait été Aomine à une certaine époque...
Aomine...
Il devait venir aussi à ce salon, n'est-ce pas ?
Kagami appréhendait déjà leurs retrouvailles.
Peut-être ferait-il mieux de l'éviter pour ne pas que le brun s'imagine qu'il venait tâter le terrain, en vue de prendre sa place...
Mais d'un autre côté, Kagami avait hâte de le voir, surtout pour le regarder interagir avec ses fans.
En tout cas, les séances de dédicaces avaient beau être accessibles dans une heure seulement, il y avait déjà foule qui se pressait dans les différentes files ! Kagami en revenait à peine de ce succès ! Les cinq garçons – tiens, encore ce chiffre ahaha – se mirent donc dans le rang et attendirent patiemment leur tour en discutant. Kagami appris donc que Hyuuga était en fac... d'histoire - ah bah évidemment hein - tandis que Furi et Sakurai suivaient quant à eux un cursus artistique.
En ce qui concernait Izuki, le dingo de la bande avait abandonné ses études de comptabilité en seconde année, pour se lancer dans... le one man show humoristique...sans grande réussite pour le moment, puisqu'il ne jouait que dans de petits cafés sans envergure... mais le brun semblait ravi de ses choix de vie et il faisait montre d'enthousiasme et de patience, les deux plus importantes qualités pour réussir. Hyuuga et Izuki se connaissaient du lycée, comme Sakurai et Furihata de leur côté.
Les différents stands étaient encore en phase d'installation du côté des Miracles, pendant que chez Teiko, leurs concurrents s'installaient déjà.
« C'est une directive d'Akashi. » Précisa Hyuuga qui semblait lire dans lire les interrogations de Kagami dans ses pensées. « Il a spécifiquement demandé à ce que les séances de dédicaces soient décalées pour que Teiko ait terminé quand Kiseki commencera, histoire d'éviter de se marcher sur les pieds. Et puis, il est convaincu qu'en finissant par ses poulains, cela imprimera une image plus durable dans l'esprit des visiteurs. »
« Je vois... on garde le meilleur pour la fin, en somme. »
« Ouais, c'est ça l'idée. Tu veux qu'on fasse la queue pour les voir d'abord ? »
« Toi... t'as envie d'une dédicace de ce Kiyoshi, avoue ! » Le taquina Kagami.
« Hmpfff j'ne vois vraiment pas d'quoi tu parles, Bakagami ! »
« Hyuuga est le plus grand fan de « Coeur d'Acier » qui existe ! C'est même lui qui l'a inspiré à PERCER dans milieu mwahahaha ! »
« Ta gueule Izuki raaaah ! » Rouspéta le binoclard, déclenchant l'hilarité générale au sein de la bande d'amis.
« Ahaha... mais... je comprends, tu sais. Moi, c'est pareil... C'est un certain acteur qui a fait naître ma vocation, alors je serai mal placé pour te juger de toute façon... »
« Qui donc ? » Demanda Hyuuga.
« Aomine Daiki... »
Il lui sembla que le visage de Sakurai se renfrogna, mais le petit champignon ne fit pas le moindre commentaire, une fois de plus. Sans doute économisait-il ses mots (et sa salive) pour s'adresser uniquement à Aomine quant il le verrait. A moins que ce ne soit pour lui rouler une pelle, mais bon, ça marchait aussi dans ce sens là.
« Pas mal. » Admit Hyuuga en croisant les bras. « C'est vrai qu'il était bon, fut un temps. »
« Bon !? Seulement bon !? Tu déconnes ! Ce type-là était l'meilleur ! » Le défendit farouchement le tigre.
« Ouais, mais ça n'a pas duré. Il a vite pris le melon et il a commencé à faire n'importe quoi. A force de ne trouver aucun rival de sa trempe, il a fini par péter un câble et se lasser, c'est pourquoi il s'est torpillé lui-même... Ca a presque coulé sa carrière... et je doute qu'à ce rythme sa carrière se maintienne encore à flot longtemps. »
« Hmm... »
Ca l'ennuyait de l'avouer, mais Hyuuga avait raison sur ce coup. Aomine n'était plus que l'ombre de lui-même et... en plus, Kagami avait déjà été amené à expérimenter une partie de jambes en l'air avec son idole. Bien qu'il ait pris son pied sur le moment, le tigre devait bien admettre que cela tenait plus à ce qu'avait représenté Aomine pour lui, qu'à ses réelles performances, somme toute assez... dispensables. Voire même carrément oubliables. Sans avoir été foncièrement mauvais, le basané s'était montré plutôt quelconque et il ne figurait même pas dans le Top 10 des meilleurs coups de Kagami, ce qui était à la fois révélateur et malheureux, si l'on considérait l'avantage non négligeable avec lequel Aomine partait...
« D'ailleurs, y a des rumeurs pas très rassurantes qui courent sur lui en ce moment... comme quoi Akashi envisagerait de le remplacer par un autre acteur... » Intervint Furihata, décidément très calé en science « Akashiesque ».
« Ouais enfin, faut pas trop faire attention à ce genre de racontards... C'est rarement avéré... » Tenta à nouveau vainement de le défendre Kagami, sans trop y croire hélas.
« C'est sans doute une tentative de déstabilisation lancée par Teiko pour faire pression sur Kiseki. » Déplora Furi.
« Mouais... y a pas d'fumée sans feu, comme on dit, alors personnellement, je n'y crois pas des masses à cette excuse en carton. » Poursuivit Hyuuga, déterminé.
Furihata fit un léger signe de la tête au chef de bande, pour indiquer qu'il ferait mieux de se montrer moins véhément en présence de Sakurai. Le petit champignon s'était en effet quasiment recroquevillé sur lui-même pendant le discours acerbe qui taclait son idole sans ménagement.
« Ne t'en fais pas Sakurai. Moi non plus, j'aime pas qu'on dise du mal d'Aomine et le connaissant, il va sûrement trouver un truc pour se ressaisir ! Il a d'la ressource, après tout ! » Essaya de le réconforter spontanément Kagami.
… Comment pouvait-il encore ne serait-ce qu'envisager de prendre la place d'Aomine après cela ? Il faudrait vraiment être sans cœur... et puis, il y avait bien une façon pour eux deux de pouvoir cohabiter quand même ! Kagami en était persuadé au fond de lui. Restait à trouver laquelle et à vite la proposer à Akashi...
En tout cas, force était de constater qu'il avait moins de queue du côté des Rois Sans Couronne.
Les cinq compagnons décidèrent d'y faire une halte et ils se dirigèrent tous comme un seul homme vers le stand de Kiyoshi, qui les reçut rapidement.
« Bonjour les garçons ! » Les salua énergiquement le fameux « Coeur d'Acier », encore plus beau en vrai que sur les posters...
Et à regarder Hyuuga, Kagami devina qu'il n'était pas le seul à avoir eu une érection instantanée... (et merci au pupitre en bois servant d'appui pour les dédicaces de cacher cela...)
Ce qui frappait tout de suite chez Kiyoshi, c'était sa grande simplicité et sa disponibilité. Dire qu'Aomine aussi avait dû être comme ça un jour... Et puisqu'ils n'était vraiment pas nombreux sur le stand, ni à attendre leur tour, Kiyoshi commença à bavarder nonchalamment avec eux, échangeant spontanément quelques astuces avec un Hyuuga plus que ravi ! Même Kagami appris quelques trucs, c'était dire ! Le côté grand-frère du géant brun ressortait par ses conseils avisés. Bien loin d'essayer de décourager Hyuuga, il l'encouragea même et lui remit une carte de visite.
« Appelle-moi, d'accord ? » Sourit-il en lui adressant un clin d'oeil complice, auquel Hyuuga répondit en hochant énergiquement de la tête. « Je verrai ce que je peux faire pour toi. »
Le pauvre binoclard semblait avoir si CHAUD que de la buée avait teinté ses lunettes. Kagami et lui était tellement à fond sur Kiyoshi qu'ils ne remarquèrent même pas qu'ils avaient été rejoins par Mibuchi et Hayama.
« Hey Kiyoshi petit veinard, tu monopolises tous les beaux mecs ! » Le houspilla le blondinet.
« Comme d'habitude ! » Déplora Reo, en faisant les yeux doux à un Hyuuga gêné. « Tu nous présentes ton nouveau toyboy ? Ou c'est boytoy, qu'on dit ? »
« Tant que c'est pas sextoy ahahaha ! » Fit... inutile de préciser qui... -_-
« Mwahahaha pas mal mon gars ! C'est quoi ton nom ? » Sourit Hayama, le seul à réagir positivement aux pitreries ratées d'Izuki.
« Oi Kiyoshit, tu peux dire à tes groupies de fermer leurs gueule, on s'entend plus bander ici ! » Les attaqua alors soudainement Hanamiya, qui venait d'arriver. (et dont le stand était placé à côté de celui de Kiyoshi.)
« Youhouuu Mako-chaaaaaaan tu es enfin là ! » S'enthousiasma plutôt le colosse brun, un sourire niais aux lèvres, en faisant de grands mouvements de main vers lui. « Qu'est-ce que tu faisais ? Tu es en retard, Nijimura-san va encore t'engueuler. »
« Ouais, bah je l'emmerde ! Qu'il trouve un autre acteur aussi bon que moi s'il est pas content ! Oh mais j'oubliais : ça n'existe pas ! »
« Maaaah Mako-chan, tu ne devrais pas parler ainsi... Ca va se retourner contre toi un jour ! » Déplora son manager, Imayoshi Shoichi, qui ressemblait à une fouine à laquelle on aurait greffé une paire de lunettes.
« Quoi encore ? J'y peux rien si j'suis à la bourre, c'est parce que j'ai croisé ce grand con de Midorima pendant que j'étais au chiottes en train de lever une petit meuf gothique... » Répondit l'acteur qui portait une chemise... sur laquelle était brodée une grande toile d'araignée à vous en faire froid dans le dos. « Et il a fallu qu'il me prenne la tête avec ses conneries sur l'éthique etc ! Alors comme il commençait à me chauffer grave les oreilles, j'lui ai répondu « Est-ce que ton cul est jaloux de la merde qui te sort par la bouche ? » et il a plus rien dit ahahah ! Radical ! »
Le pauvre Imayoshi semblait à présent au bord de l'évanouissement, tandis que Kiyoshi, lui, visiblement habitué aux frasques et au franc parlé de son collègue, ne se départit pas de son sourire.
« Ah oui alors, ça, tu lui en as bouché un coin, on dirait. »
« Tsss... j'te jure... il m'a trop soûlé quoi à jouer ses Mère la Morale ! Tout ça parce qu'il fait du SM comme moi, il croit qu'il a le droit d'la ram'ner c'maudit têtard à lunettes ! CacaRima gueule sur tous les toits que c'que j'fais c'est indigne et honteux, mais moi j'vais lui apprendre que les araignées dévorent les insectes dans son genre ! »
« Mais oui, mais oui. Enfin, maintenant que tu lui as dit ce que tu pensais de ses... conseils, tu devrais te calmer et commencer à signer les dédicaces de tes fans qui attendent. » Le tranquillisa facilement Kiyoshi, sous le regard médusé de l'assemblée.
Apparemment, ces deux-là se connaissaient depuis longtemps, puisqu'ils avaient débuté ensemble, un peu à la manière d'Aomine et de Kuroko, ce qui expliquait que Kiyoshi soit le seul à savoir prendre Hanamiya avec les bonnes pincettes. (à vous d'y voir une métaphore sexuelle ou pas.) Un temps, le gros nounours avait même été l'une des « victimes » d'Hnaamiya (c'était ainsi que l'Araignée considérait ses partenaires de tournage...), mais ça, c'était avant que Kiyoshi connaissait la gloire en son nom propre.
« Au fait... vous avez entendu ? Il paraît que le Boss serait sur le point de signer un contrat juteux avec un mystérieux nouvel acteur ! » Glissa Eikichi, qui s'était également joint à eux.
Immédiatement, Furi ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil discret envers Kagami, suite à ce que le tigre lui avait confié un peu plus tôt sur ses ambitions de carrière au Japon. Et même s'il n'était pas directement concerné, cette révélation intrigua Kagami. Ca ne pouvait pas être un hasard qu'Akashi et Nijimura soient tous les deux à la recherche d'un nouvel étalon, en même temps ! Sans doute les effets de leur forte rivalité... Restait cependant à savoir sur quel acteur Nijimura avait jeté son dévolu...
« Apparemment, c'est loin d'être un débutant en plus. Ca fleure bon le gros coup pour nous remettre dans la course, ça ! »
« Je me demande qui cela peut-être... » Fit pensivement Kiyoshi, tapotant son index sur sa joue.
« On s'en fiche, tant qu'il est mignon ! » Se dandina Reo.
« Fais gaffe Reo, t'as le trou d'balle qui fume d'impatience en disant ça ! » Se moqua Hanamiya en tirant sa langue... piercée.
« En tout cas, c'est vrai qu'on a besoin de renouveler l'offre du studio... » Avoua Kiyoshi, philosophe. « Regardez le Studio Kiseki : ils ont frappé fort en recrutant Kise Ryota, ça leur amené plein de nouveaux fans ! »
« Peut-être mais... les types de la trempe de Kise, qui est capable de copier à la perfection n'importe quelle position du Kamasutra, ça ne court pas les rues... » Se lamenta Imayoshi.
« Ca doit bien s'trouver ! A mon avis, on ne cherchait pas au bon endroit jusqu'ici, c'est tout ! » Affirma Hayama, toujours aussi motivé.
« Espérons que le patron parvienne à mettre la main sur cette perle rare avant Akashi, dans ce cas. » Approuva Eikichi.
Bon bah puisque tout le monde était d'accord apparemment, ils se remirent à discuter de la pluie et du beau temps, entre deux dédicaces pour leurs fans et Kagami fut extrêmement surpris de la gentillesse dont ils faisaient tous preuve. Même l'inénarrable Hanamiya – qui avait son lot d'admiratrices – faisait preuve d'une certaine... « chaleur » envers elles. Bon, il avait quand même tendance à signer « Gros cunni bien baveux de la part de l'Araignée. » ou « Salope ! » à la place du prénom de la fille en question, mais... Kagami admirait la belle cohésion qui semblait tous les unir. Ils n'arrêtaient pas de se vanner et de rire ensemble, l'ambiance était vraiment bonne, un peu comme celle d'une colonie de vacances. En tout cas, une chose était sûre, ils étaient ravis d'être là. Même Hanamiya. Ca leur faisait une sortie bienvenue et être au contact de leurs fans les mettait littéralement en joie. Encore une fois, même le très étrange Hanamiya, et oui !
Hanamiya, dont Kagami apprit, au détour d'une conversation avec ses collègues, qu'il s'était fait découvrir dans une video amateur, en ayant osé reproduire la scène CULTE du film « Reservoir Dogs », dans laquelle Michael Madsen se dandinait sur la chanson « Stuck in the Middle With You », avant de couper l'oreille d'un flic avec une lame de rasoir... Par contre, l'histoire ne pas si l'oreille du pauvre type de la video était factice ou non, mais la légende (racontée par Hanamiya lui-même...), voudrait que l'appendice découpé par Hanamiya soit vrai...
Kagami essaya de chasser rapidement cette idée de son esprit. Il n'avait rien contre un peu de sadomasochisme pour pimenter sa vie sexuelle, mais seulement si ça restait soft. Comme ce que faisait Midorima, par exemple. Ca, ça lui convenait très bien. Par contre, Hanamiya... était du genre plutôt extrême... trop pour lui, en tout cas.
Pourtant Kagami devait bien reconnaître que ces cinq garçons étaient assez sympathiques dans leur genre et proches de leurs fans. Quel dommage qu'ils doivent bientôt devenir rivaux... Kagami décida tout de même de continuer à suivre leur carrière d'un œil et d'ailleurs, il allait sûrement s'enquiller un petit film de Kiyoshi en rentrant, histoire de le voir... en action. D'après ce que lui avait soufflé Huuyga, la spécialité de Kiyoshi était la fessée.
Pas étonnant avec des mains aussi immenses, mains qui faisaient d'ailleurs bien saliver Kagami. Il n'y avait pas que les fessées pour lesquelles elles devaient être pratiques selon le tigre, qui se plaisait à imaginer une bonne vieille branlette des familles prodiguée par Coeur d'Acier... Etrangement, toujours d'après Kagami, Kiyoshi avait une tête à les faire très bien et le rouge se trompait rarement sur ses partenaires à ce niveau-là.
Arriva finalement – et de manière un peu trop rapide au goût de Kagami – le moment de se quitter, puisque les Rois devaient laisser leur place à l'Empereur et sa cour. Dommage, Kagami se sentait bien avec eux... mais d'un autre côté, il était pressé de revoir Aomine et de découvrir les autres Miracles, ses futurs collègues...
« On reste en contact. » Lui sourit le généreux Kiyoshi en serrant sa main. « Et toi aussi ! Tu m'appelles hein ? » S'adressa t-il à Hyuuga.
« Je crois qu'il y a quelqu'un qui est amoureux... » Le taquina Izuki, une fois que l'objet de leur convoitise se fut éloigné.
« Mais ferme-làààà toi ! » S'empourpra le binoclard.
Les Miracles commencèrent donc à s'installer une fois que leurs rivaux quittèrent la scène et Kagami se dirigea naturellement vers le pupitre de Kuroko... qu'il n'eut pas le temps d'atteindre, car...
« Aïe. »
« Désolé, je ne regardais pas où j'all-... Kuroko !? »
Il aurait du s'en douter tiens. Rentrer dans le petit fantôme était presque devenu une tradition pour eux.
« Bonjour Kagami-kun. Tu n'as pas mis le badge qui allait avec ton pass ? »
« Non, je... j'ai préféré en venir en tant que simple visiteur, pour ne pas abuser de mes privilèges. »
« Veille à ce qu'Akashi-kun ne l'apprenne surtout pas alors. Il ne serait vraiment pas très content. »
« Ah heu.. ok... » Sourit nerveusement Kagami, qui avait intégré qu'il ne valait mieux pas contredire l'Empereur.
« Sinon, ça va ? »
« Ouais, plutôt bien comme tu peux l'voir ! »
« C'est vrai, tu as l'air en forme... depuis hier. Et je vois que tu es venu avec des amis également. »
« Yes ! Laisse-moi te présenter : Furihata, voici Kuroko c'est un de mes amis acteurs, il bosse pour le Studio Kiseki aussi je ne sais pas tu... » as déjà fait attention à lui... Termina mentalement Kagami.
« Bah alors, tu parles tout seul Kagami-kun... ? Ohhhh mince ! B-bonjour ! Je n'vous avais pas vu heu... AKASHI EST-IL DEJA ARRIVE !? » Cria t-il sans faire attention, se sentant certainement impressionné par Kuroko. « Oups... p-pardon, je me suis emporté, on dirait ahaha ! »
« Comme tu peux le voir Kuroko, Furi adore Akashi ! »
« Il en faut pour tous les goûts, je présume. Enchanté, Furihata. » Répondit Kuroko, dont cette révélation semblait en toucher une sans faire bouger l'autre.
« Ensuite nous avons Izuki et Hyuuga, les deux compères. »
« Nous on n'est pas difficiles, on aime tout le monde. » Précisa Hyuuga.
« Mais personne ne nous aime, nous ahaha ! »
« C'est triste. »
« Bon sang mais tais-toi Izuki, tu m'fais hooooonte ! »
« Et enfin, par ici, c'est Sakurai, fan incontesté d'Aomine. »
« Ah. Mes condoléances, tu n'as vraiment pas fais le bon choix. » S'inclina Kuroko. « Oh mais, j'oubliais, Kagami-kun aussi aime Aomine-kun... »
Le rouge piqua un fard au moins égal à la couleur de ses cheveux...
« Hmm... d'ai-d'ailleurs, tu sais à quelle heure il est censé arriver ? Je n'le vois pas... »
« Pas encore arrivé je suppose. Il manque Kiseki-kun et Murasakibara-kun aussi. Akashi-kun ne va pas aimer cela. »
« En effet, je ne vois que toi et Midorima de déjà installés... c'est normal ? »
« Kuroko ! » Les interrompit un brun à l'air sévère, dont le costume semblait indiquer qu'il était manager, tout comme Imayoshi. « Il faut absolument que tu m'aides à mettre la main sur ce crétin de Kise ! Je ne sais pas où il est encore parti se fourrer et il refuse de répondre à ses messages ! »
« Il a peut-être oublié son téléphone... » Supposa Kagami à voix haute.
« Putain, c'est qui lui ? Et de quoi il s'mêle ? » Le rembarra le brun.
« Kasamatsu-san, je te présente Kagami-kun. »
Ola. Il avait l'air... mauvais. Enervé. Constamment. L'archétype même du business man stressé, qui s'enfile clope sur clope...
« Ouais bref, je m'en tape ! Retrouve-moi juste Kise avant que je ne pète un câble ! »
« Pourquoi moi ? Ce n'est pas de ma faute s'il est en retard. »
« Ah parce que c'est de la mienne, peut-être !? »
« C'est toi son manager, pas moi. »
« Donc tu vas me laisser me démerder seul !? Tu sais très bien que je n'peux pas quitter le stand, au cas où il déciderait de se pointer, tandis que toi, personne ne le remarquera si tu disparais ! Alors ramène-le moi et FISSA ! » S'égosilla Kasamatsu, en allumant une clope, nerveux.
Face au manque de réaction total du petit fantôme, le manager s'emporta et il lui colla son pied aux fesses pour le contraindre à se bouger.
« Aïe. »
Force était de constater que le pied ne traversa pas la matière... chose étrange pour un fantôme.
« J'y vais, j'y vais... Tu viens avec moi, Kagami-kun ? »
Pauvre Kuroko. Comment lui refuser cette requête ? Le cyan avait l'air d'être le babysitter de service (sans qu'on ne lui demande son avis) et Kagami n'eut pas le cœur à lui dire non. Mais le rouge s'interrogea sur la source de ce rôle imposé. Est-ce que cela viendrait du fait que Kuroko était l'ancien assistant d'Akashi ? En tout cas, c'était ce qu'avait sous-entendu Aomine hier.
« Heu d'accord... Kise c'est le blond, c'est ça ? »
« Oui ! Il a l'air d'un abruti à tout l'temps sourire, vous n'pouvez pas l'rater ! »
« Ramenez-moi Murasakibara aussi, si vous le croisez ! » Demanda une manager brune armée d'un boken. « Et il a intérêt à être là avant que je ne décide de le ramener moi-même par la peau des burnes ! »
Wow... tant de violence... Kagami expliqua à ses compagnons que le devoir l'appelait et il rejoignit rapidement Kuroko.
« Hé bah... pas commodes... Ils sont tous comme ça les managers du Studio Kiseki ? »
« Non, juste Araki-san et Kasamatsu-san. »
« Scary... » Frissonna Kagami rien que de penser au sort qui attendait les deux Miracles récalcitrants. « J'suis bien content d'Alex soit plus cool qu'eux. Et ton manager à toi, il est où ? Et celui d'Aomine ? C'est la jolie fille aux cheveux roses, non ? »
« Je n'ai pas de manager. Enfin, parfois, c'est Riko-san qui s'occupe de mon agenda, mais sinon, je travaille majoritairement seul. Quant à la jolie fille aux cheveux roses dont tu parles, c'est Momoi-san et c'est bien la manager d'Aomine-kun. Je suppose que si elle n'est pas encore arrivée, c'est qu'elle doit essayer de trouver un moyen de faire venir Aomine-kun ici. »
« Oi, à ce point là ? Je pensais qu'Aomine serait content d'être là... Lui qui aime tellement s'exhiber ! »
« Tu ne crois pas si bien dire. Une année, il est arrivé tout nu et il a insisté pour signer ses dédicaces en trempant son sexe dans de l'encre. »
« Oh fuck... »
« Pourquoi j'ai raté ça ? Ca devait être priceless ! » Se flagella mentalement Kagami.
« Comme tu dis. Il est capable de tout, alors on ne sait jamais quelle nouvelle lubie il va inventer. Une fois, il n'a rien pu signer parce qu'il s'était fait une entorse du poignet à force de se masturber. »
« Ah ouais quand même... Il se surpasse à chaque fois... J'me demande c'que ça va donner cette année. »
« En plus, il y a une sorte de concurrence malsaine qui s'est établie entre lui et Kise-kun. Aomine-kun accuse Kise-kun de lui avoir volé son fanclub, du coup, Aomine-kun est constamment en train de le provoquer. Heureusement, Kise-kun ne semble pas s'en rendre compte et il ne rentre pas son jeu. »
« Ca c'est du Aomine tout crâché... Toujours à accuser les autres et à vouloir en découdre... Quelle terrible perte d'énergie... si seulement il l'utilisait à bon escient... Enfin bref, elle a bien du courage cette Momoi ! »
« Oui, mais ils sont amis d'enfance, alors elle a l'habitude de le gérer, j'imagine. » Expliqua Kuroko en déambulant dans les allées.
« Espérons que tu aies raison et qu'elle arrive à le convaincre de venir... »
« Ne t'inquiète pas, elle y arrivera. En attendant, je propose que nous commencions par chercher Murasakibara. Un grand gaillard de deux mètres de haut à la chevelure violette, ça ne passe pas inaperçu. »
« D'accord heu... tu as une idée d'où il pourrait se trouver ? J'veux dire... y a p't'être un truc en particulier qui l'intéresse dans ce salon ? »
« En dehors de la nourriture ? Non, je ne crois pas. »
« Hey c'est déjà un bon indice ! Dans ce cas, commençons par là ! On va fouiller tous les stands de bouffe et on finira bien par lui tomber dessus ! »
« Ou l'inverse. Mais ça risque de faire mal, il pèse plus de cent kilos. Les actrices se plaignent toujours qu'il les écrase à cause de son poids. »
« Bah elles n'ont qu'à lui grimper dessus et voilà, l'tour est joué ! »
« Jamais de problème avec Kagami-kun, que des solutions. » Se moqua un peu Kuroko, en se dirigeant vers un stand de nourriture. « Par ici. »
Ce qui donna à Kagami le mince espoir que le petit fantôme avait peut-être localisé Murasakibara. Mais que nenni, puisque l'argenté ne s'y arrêta que pour acheter un milkshake à la vanille... taille XXXL. (il était aussi gros que le plus énorme gode présent sur le stand voisin)
« ... C'est bon maintenant qu'on a fait ta petite halte, t'es prêt à commencer les recherches ? »
« Oui, allons-y. Par contre, il y a vingt-cinq stands de nourriture, je préfère te prévenir. Enfin, moins celui que je viens de visiter. »
« Super... ça va prendre des plombes ! En plus, je parie que comme par hasard, Murasakibara se trouvera au dernier qu'on visitera... »
« Alors on devrait peut-être commencer par celui-ci, dans ce cas. »
« Nan mais... c'était juste une expression, hein ! »
« On peut toujours essayer, ça pourrait fonctionner. Dis-moi, comme ça, d'instinct, quel est l'étalage que tu aurais visité en dernier lieu ? »
« Heu... » Hésita le tigre, en consultant le plan et la liste des stands. « D'emblée je dirai celui-là... »
Il posa son doigt sur le stand le plus proche de celui où les Miracles devaient effectuer leurs dédicaces.
« Hmmm... le stand de lingerie COMESTIBLE ? Ce n'est pas vraiment un stand de nourriture à proprement parler mais... On peut toujours essayer. En plus, il n'est pas très loin d'ici et Murasakibara-kun déteste avoir à trop marcher, ça ne m'étonnerait donc pas qu'il y ait trouvé refuge. Bien vu Kagami-kun. »
« Ouais bah tu m'féliciteras si on l'y trouve bel et bien. En route ! »
Les deux compères hochèrent de la tête simultanément et il se dirigèrent vers leur cible d'un pas déterminé. Mais lorsqu'ils y arrivèrent finalement, quelle ne fut pas leur surprise de tomber sur un rassemblement de foule assez impressionnant. Qu'avait-il bien pu se passer ici ? Intrigués, les deux acteurs s'approchèrent, se frayant difficilement un passage à travers les gens agglutinés là. Enfin, Kagami seulement, parce que Kuroko passa de façon aussi furtive et aisée que d'habitude.
A terre, gisait une demoiselle blessée, que Kagami identifia comme étant une hôtesse du salon à son joli minois et à sa tenue composée... bah d'une seule et unique culotte (au chocolat) en fait. Effectivement, elle cachait sa poitrine nue avec ses bras repliés autour d'elle et on pouvait apercevoir un peu de sang s'en écoulant, ce qui ne manqua pas d'interpeller le rouge. Comment s'était-elle coupée ? Ca semblait plutôt profond et... attends, est-ce que c'était une marque de DENTS que la jeune femme n'arrivait à dissimuler qu'à moitié ?
Mais... !
Cette trace avait la taille d'une mâchoire de requin ! Avait-on laissé rentrer des animaux dans ce salon ? Cela semblait peu plausible à Kagami, mais Kuroko avait sa petite théorie sur le sujet. Théorie qui fut rapidement confirmée lorsqu'une ombre menaçante commença à planer sur Kagami. Le rouge se figea sur place, n'osant se retourner, au cas où il aurait à faire à un tyrannosaure affamé.
« Oh, un titan déviant. » Lança Kuroko, avec un naturel déconcertant. (décidément, rien ne semblait en mesure de surprendre ce maudit Casper...)
Kagami déglutit avec peine avant de se retourner vers l'ogre en question.
Immense, légèrement voûté et doté d'une crinière mauve, pas de doute, il avait bien à faire au colossal miraculeux répondant au doux nom de Murasakibara. Un sachet de sucreries gros comme un sac de sport dans les bras, il mâchouillait paresseusement un truc... qui lui dépassait de la bouche et que Kagami identifia en étrécissant les yeux comme étant un genre de... vêtement... ?
… !
UN SOUTIEN-GORGE !
LE soutien-gorge (bon, comestible quand même, sûrement composé de sucre pâtissier...) de la fille qui gémissait de douleur au sol.
Et pour cause, puisque le sous-vêtement était maculé d'un peu de sang.
« Murasakibara-kun. » L'accosta Kuroko. « Ne me dis pas que tu as ENCORE mordu une hôtesse ? »
AH PARCE QU'EN PLUS CA ARRIVAIT REGULIEREMENT !?
« Akashi-kun va être encore plus pas content quand il l'apprendra. »
« Mais ce n'est pas de ma faute Kurochin... je ne savais pas qu'elle était là. »
« Et on peut savoir comment t'as fait pour ne pas voir qu'il y avait quelqu'un à l'intérieur de son soutif, espèce de ventre sur pattes !? » Intervint à son tour Kagami, agard.
« Qui c'est lui ? »
« C'est Kagami-kun, mais ne t'occupe pas de lui je te prie Murasakibara-kun. Tu te rends comptes qu'Akashi-kun va encore être très en colère ? Tu ne dois pas manger les hôtesses du salon, nous en avons déjà parlé. Après, c'est difficile d'en trouver de nouvelles qui acceptent de travailler pour nous. » Exposa le stoïque Kuroko, plus inquiet pour la réputation du studio, que pour la santé de cette pauvre fille à qui il manquait à présent un bout de téton !
« Mais j'ai pas fait exprès, je t'assure. »
« Tu dis ça à chaque fois. »
« Mais c'est la vérité c'est pour ça. » Se défendit mollement le titan mâchonneur, que Kagami avait bien envie de renommer « Titan Mâchoire » pour l'occasion. (les vrais savent)
« Je suis désolé mademoiselle. » Fit Kuroko en reportant son attention sur la pauvre convalescente. « On va prévoir une muselière pour lui l'an prochain. »
« Heu... tu sais Kuroko, je ne remets pas en doute tes méthodes de consolation, mais à mon avis, ce n'est pas ça qui va la réconforter... »
« Tu as raison Kagami-kun. Mademoiselle, ne vous inquiétez pas, Akashi-kun viendra vous voir tout à l'heure. Lui ou ses avocats. Et ils sortirons son chéquier magique qui arrange tous les problèmes, vous verrez. »
Mais la fille ne réagissait pas vraiment, trop occupée, sans doute à se lamenter sur sa douleur actuelle et non le coût de sa future et nécessaire chirurgie esthétique. Kuroko crut cependant bon d'insister.
« Alors, ça va déjà mieux, non ? »
Oh purée... le fantôme s'y prenait vraiment comme un manche. Il possédait vraiment la sensibilité d'une courge avariée...
Enfin... heureusement pour lui, la victime de la fringale de Murasakibara semblait plutôt bienréagir pour une nana qui avait failli se faire arracher le sein ! Tu m'étonnes qu'après ce genre d'incidents (apparemment récurrents...) les actrices n'aient plus envie de jouer avec le géant ! Elles devaient avoir de sacrées assurances-vie, d'ailleurs et même une close spéciale pour travail avec un dangereux carnivore dans leurs contrats !
« T'aurais du me prévenir tout de suite qu'il était cannibale ton copain ! » Glissa Kagami. « On serait venus ici sans hésiter et on aurait peut-être même pu éviter cela ! »
« Ce qui est fait est fait Kagami-kun. »
« Putain t'as l'air de t'en foutre à un point... »
« Mais non, je constate simplement que nous ne pouvons pas revenir en arrière. A ce stade, il vaut mieux laisser Akashi-kun gérer ça. »
Les trois compères commencèrent à s'éloigner de la scène de crime, lorsque le tenancier d'un stand voisin les harangua, en colère.
« Hé ! Et moi alors !? Ce maudit géant m'a volé tous mes bonbons ! » Cria l'homme moustachu, en désignant le sac de Murasakibara.
« Est-ce que c'est vrai ? »
« Oups, j'ai encore oublié de payer je crois, Kurochin... »
Kuroko soupira. Le festin de l'ogre devait se chiffrer en plusieurs centaines de milliers de yens...
… Qu'Akashi allait encore devoir débourser.
« Vous serez bien entendu dédommagé. Envoyez-nous votre facture au siège. » Conseilla Kuroko, en mettant les voiles.
« Alors c'est ça la spécialité de votre patron ? D'avoir beaucoup d'argent ? » Rit un peu amèrement Kagami, qui tout à coup, avait moins de remord à le faire raquer, ainsi que l'avait conseillé Alex.
« Le super pouvoir d'Akashi, c'est d'être super riche. Comme Bruce Wayne. »
« Chéki Blush Wade ? » Marmonna le violet, la bouche pleine, en piochant des sucreries dans son sachet.
« Batman. » Précisa Kagami.
« Ah. Et tu es qui, toi déjà ? » Demanda t-il avec toute l'innocence infantile qui le caractérisait.
« Kagami Taiga, je suis... hmm... je vais sûrement bosser avec vous. »
« Ah d'accord. »
Bon ben cette nouvelle n'avait pas l'air de susciter beaucoup de... réaction de la part du monolithe titanesque, qui était à peu près aussi expressif que Kuroko. Mais bon, au moins, Kagami se sentait accepté, en quelque sorte. Enfin, c'était toujours mieux que la manière dont Aomine avait accueilli leur potentielle future collaboration...
« On ferait mieux de ramener Murasakibara-kun au stand de dédicaces. »
« Et Kise et Aomine, tu les oublies ? »
« On ne sait même pas si Aomine-kun est déjà arrivé. Quant à Kise-kun, il est sûrement en chemin, pas d'inquiétude à avoir. Il a beau être insupportable et chouiner sans arrêt, il est très pro et on peut compter sur lui. »
« Mouais ok, après tout, tu les connais mieux que moi, j'imagine... » Obtempéra Kagami en le suivant un peu à contre-coeur.
Murasakibara n'y trouva rien à redire et il se contenta également de suivre le mouvement. Tant qu'il avait de quoi manger, il n'était pas difficile. Mais il préféra s'en assurer.
« Kurochin, est-ce qu'Akashin a pensé à faire livrer mess chips préférées sur le stand ? »
« Bien-sûr. Tu ferais bien de te dépêcher avant que les autres ne les mangent. » L'encouragea Kuroko à sa façon.
Bon bah... revenir avec un seul fauteur de troubles sur trois, ce n'était déjà pas si mal, préféra se dire Kagami. Bien entendu, ce type de discours n'allait certainement pas satisfaire le terrible Kasamatsu. Car de « titan » à « tyran », il n'y a qu'une lettre d'écart, du simple point de vue de la prononciation et Kagami, c'était un signe annonciateur de l'accueil qui les attendait de la part de l'irascible brun.
Et effectivement, Kasamatsu ne semblait pas franchement ravi de les revoir de si tôt et surtout SANS son protégé.
« Bordel, j'vais l'tuer ! Quand il se pointe, j'le bute, rien à foutre ! Ca lui apprendra à se foutre de ma gueule... putain, mais qu'est-ce qu'il peut encore bien être en train de fabriquer ? Il devrait être avec toi, Kuroko ! Vous êtes arrivés ensemble ! »
« Oui, mais je te l'ai déjà dit, après, il a disparu dans la foule pour prendre des selfies avec ses fans, je n'y peux rien. »
« Mais quel abruti ! C'est justement à CA que servent les séances de dédicaces, combien de fois devrais-je le lui répéter, bon sang !? »
« Tu devrais peut-être lui enregistrer sous forme de message audio sur une cassette et lui faire écouter pendant la nuit. Il paraît que la mémoire et le cerveau assimilent mieux les informations quand on dort. » Le trolla Kuroko.
« Mouais, en tout cas, s'il n'est pas là dans CINQ minutes et pas une de plus, c'est pas une jolie comptine que j'vais enregistrer pour lui, mais bien le dictionnaire complet des insultes ! »
Kagami frémit légèrement. Pauvre Kise, il n'aimerait vraiment pas être à sa place, car quelque chose lui disait que les menaces de Kasamatsu n'avaient rien de paroles en l'air... à juger par la manière dont le brun gardait les yeux rivés sur la montre qui habillait son poignet...
Quant à Aomine, toujours pas la moindre nouvelle de sa part.
Heureusement qu'Akashi semblait avoir anticipé ce genre de désagréments, en prévoyant large pour la durée des dédicaces. Seul Midorima avait déjà commencé à signer les posters et les photos de ses fans. Son stand était d'ailleurs le mieux rangé, rien ne dépassait, ni la moindre mèche de cheveu, ni un seul fichier. Même ses admiratrices s'étaient alignées en rangs d'oignons serrés et parfaitement disciplinés. Le vert semblait avait la précision d'un métronome, couplée à celle d'un chronomètre : il ne passait en effet que quarante-sept secondes par fan.
Et pas une de plus.
Le temps de dire bonjour, serrer la main, puis demander la dédicace qu'elle désirait, l'exécuter et enfin répondre à UNE UNIQUE question de sa part. Autant dire que la nana avait intérêt à savoir ce qu'elle voulait et à ne pas perdre de temps...
Ah ça, c'était du vrai travail à la chaîne, pas de doute !
Et totalement impersonnel.
Le vert travaillait tel un robot, mais cela ne l'empêchait pas de se montrer néanmoins courtois envers les filles qui avaient fait le déplacement pour lui. Et même les garçons, au passage. Il traitait tout le monde de la même façon, sans faire de favoritisme, contrairement à Murasakibara qui avait tendance à passer plus de temps avec les jeunes femmes qui lui apportaient des pâtisseries ou des bonbons...
C'est alors que brusquement, la foule s'écarta en criant de surprise et de peur, tandis qu'un preux CAVALIER fendait la la marée humaine sur son FIDELE DESTRIER BLANC ! Kagami n'eut aucun mal à reconnaître Kise, que plus personne (ou presque...) n'attendait, le compte à rebours de Kasamatsu touchant pour ainsi dire à sa fin. Mais surgissant de nulle part, vêtu d'une tenue composée d'une cape, collants et manches bouffantes... (heu c'était Superman là ou un prince... !? Manquait plus que le slip par dessus les collants et on était bons...) le blond venait de faire une entrée véritablement tonitruante qu'on n'oublierait pas de si tôt. Même la fausse épée en bois, tout y était, plus vrai que nature !
Les spectatrices charmées se mirent à applaudir. Bon, Kise eut tout de même un peu de mal à arrêter sa monture partie au galop, mais en tirant astucieusement sur ses rênes, il parvint à faire passer le message au cheval, avant que celui-ci n'écrase quelqu'un sous ses sabots. Et c'était moins une, car un peu plus et la bête se serait retrouvée à grimper sur la table pliante qui faisait office de support aux dédicaces et pas sûr que le bois ait supporté le poids du cheval blanc.
Blanc comme toute monture princière se doit de l'être.
Le souffle coupé, Kagami assista à l'événement, ébahi et émerveillé à la fois.
Ca, c'était couillu comme entrée en scène !
Kise venait de faire forte impression en mettant la barre très haut.
Il fallait vraiment une sacrée audace pour débarquer comme une fleur de la sorte.
« Mesdames... » S'inclina Kise en se penchant légèrement.
Sa couronne de pacotille (sûrement un pied de nez direct à ses rivaux du Studio Teiko...) manqua de tomber ce faisant, mais cela lui était apparemment égal. Il allait justement descendre faire un baise-main à ses admiratrices, lorsque tout à coup, Kasamatsu qui ne l'entendait pas de cette oreille, grimpa lui-même sur cette fiche table pour être à la bonne hauteur, attrapant sans ménagement la chevelure blonde de son poulain (ironie totale : il chevauchait pourtant un cheval :) ) pour le faire toucher à nouveau terre de manière violente !
Kise aimait un peu trop se donner en spectacle et même, se mettre en scène pour être au centre des attentions, stratagème que n'approuvait pas, mais alors pas du tout son agent artistique. C'est pourquoi Kasamatsu se faisait un plaisir de lui rappeler où était sa place quand Kise se montrait un peu trop... dans l'excès. C'est-à-dire souvent, hélas pour le blondin.
« Aiaiaiaiaiaiaie Kasamatsu senpaiiii stoooooooooop ! Tu m'fais maaaaaaaal ! »
« Je m'en balek, ça fait des heures que j'te cherche pendant que toi, t'étais joyeusement en train de conter fleurette à droite et à gauche ! J'en ai plein de cul de tes extravagances de diva, non mais c'est quoi cette merde encore !? Il est à qui ce canasson, tu l'as trouvé sur une aire d'autoroute où quoi ? Où tu l'as piqué !? »
« Gnaaaa senpai ! » Se débattait Kise qui, malgré la différence de taille à son avantage, avait bien du mal à se défaire de la poigne de fer de son manager enragé. « Attention.. à mon brushing... m-ma couronne ! Elle va tomberrrrr aaaah ! J'ai volé ce cheval à personne, promis ! J'l'ai juste emprunté, d'ailleurs j'dois le rendre après, alors faut pas lui faire de mal heiiiin ? Il s'appelle « Napoléon du Jour » et il était acteur sur un de mes précédents tournages...»
Non, aucune allusion ZOOPHILE ici, je vous rassure !
« On a bien accroché lui et moi, c'est pour ça que j'ai demandé à son propriétaire s'il vous bien me le prêter quelques heures ! J'me suis dit que ça lui ferai une belle balade et aaaaaah ! Pas l'oreille senpaiii ! »
Mais ces explications sommaires ne semblaient pas satisfaire le sévère Kasamatsu.
« Tu as intérêt à le rapporter, ouais ! Mais d'abord, tu signes tes putains de dédicaces et interdiction de te lever de ta chaise, même pour aller pisser ! »
Et comme pour veiller à ce que Kise tienne bien cet engagement, Kasamatsu le traîna jusqu'à la fameuse chaise... et il entama de sortir une CORDE d'une malle qui se trouvait derrière cachée sous l'estrade.
« Senpai ? Qu'est-ce que tu fais ? » S'inquiéta la star du salon.
« Figure-toi que... pendant que tu étais en vadrouille, moi, de mon côté, je n'ai pas chômé. J'ai profité de ton absence pour demander à Midorima de m'apprendre quelques trucs au sujet du bondage, à commencer par comment saucissonner quelqu'un à son siège pour éviter qu'il puisse s'enfuir à nouveau, tu vois ? D'ailleurs, j'lui ai emprunté un peu de cordage, t'en penses quoi ? » Exposa Kasamatsu, tandis qu'il appliquait ses fraîches connaissances sur sa victime favorite.
« C'est trop serré ! Aaaaah ! Au secours ! Libérez-moiiiii ! » Hurla Kise, toujours partant pour en faire des caisses.
« Et ben alors Kise, je crois que tu étais déguisé en prince vaillant, mais moi je ne vois qu'une princesse en détresse ! » Le taquina Kasamatsu, fier de son petit ligotage.
Kise ressemblait surtout à un gigot d'agneau fagoté ainsi, mais... qu'importe. Tant que ses mains dépassaient suffisamment pour pouvoir signer ses autographes, c'était tout ce qui importait à son tortionnaire.
Tiens, ça méritait bien une petite clope au passage ça...
Ahhh voilà... il se sentait tout de suite mieux, maintenant que la nicotine coulait dans ses poumons...
Plus serein, plus détendu, tandis que Kise pleurait des larmes de crocodile. Mais cela ne dura pas longtemps, puisque dès que Kuroko vint prendre de ses nouvelles, le blond se fit un plaisir de lui conter sa petite escapade champêtre (ou pas), son éternel sourire aux lèvres.
« Il est trop classe ton étalon, Kise-kun. »
« C'est pas un étalon, Kuroko. C'est un hongre, pas pareil. »
« Ohhh ton petit-copain s'y connaît Kurokocchi ! »
« Ce n'est pas mon petit-copain. » Nia un peu trop... franchement Kuroko, ce qui donnait l'impression qu'on venait de l'insulter avec ce sous-entendu.
Mais il en fallait plus à Kagami pour prendre la mouche.
« Je le sais parce que... mon grand-père possède un ranch au Texas... »
« Ah bon. Et c'est quoi la différence avec un cheval normal ? C'est une question de race ? »
« Pas du tout. » Se mêla Midorima à la conversation. « Un hongre désigne simplement un cheval de sexe mâle que l'on a castré pour le rendre plus docile. »
« Oh je vois. Comme Kise-kun, quoi. »
« Gnaaaaa t'es trop méchant Kurokocchi ! J'suis pas castré, moi ! J'ai encore tout ce qui dépasse entre les cuisses ! »
« Tu n'es peut-être pas encore castré, mais ça risque d'arriver bientôt avec un castrateur tel que Kasamatsu-san en guise d'agent. » Répondit savamment l'argenté.
« Hé ! J'suis juste à côté, j'te signale ! » Ronchonna la cible de l'attaque.
Mais Kuroko semblait s'en moquer autant que de sa première capote. Pas question de retirer ce qu'il venait de dire, il s'était toujours exprimé librement, même lorsqu'il travaillait encore directement sous les ordres d'Akashi.
Les filles commencèrent alors à défiler au pupitre de Kise, qui devait en avoir rajouté des TONNES tout à l'heure, parce que là, c'était bizarre, mais il ne paraissait plus du tout porter les stigmates du « mauvais traitement » de Kasamatsu. Au contraire, il était rayonnant comme jamais, passant d'une émotion à l'autre avec une aisance extraordinaire. Pro, avant tout. Exactement tel que l'avait décrit Kuroko à Kagami.
Et ce sourire...
Ce sourire...
Putain qu'il était éclatant. Radieux. Séduisant. Une rangée de dents blanches parfaitement alignées combinées à d'adorables fossettes... Kise était vraiment craquant. Une franche bouffée d'air frais. Pas étonnant qu'Aomine le considère comme son plus tenace rival et qu'il nourrisse une certaine jalousie vis-à-vis du blondinet. Il n'y avait qu'à voir la QUEUE qui se pressait à son carré de dédicaces, la plus LONGUE de tout le salon, débordant même sur l'emplacement des stands de nourriture. Et seul le garçon aux oreilles piercées pouvait se permettre de porter des collants de la sorte, sans que cela ne fasse ridicule.
Le problème de Kise, cependant, c'est qu'il se dissipait trop, incapable de rester concentré plus de quelques secondes. Il avait ce constant besoin de briller et de se pavaner comme un coq devant ses poulettes, prêt à tout pour les faire se pâmer d'amour. Voici qu'il racontait à présent sa vie au même groupe de filles depuis au moins cinq bonnes minutes, riant avec elles à la manière d'un ami proche et sincère. Mais sincère, le jaune l'était indubitablement. Kagami doutait même qu'il fasse un bon acteur porno, vu sa difficulté à faire semblant. Du moins, c'était ce dont le rouge avait l'impression, ne se doutant même pas à quel point il avait tort. Au contraire, Kise était extrêmement doué pour simuler les émotions...
Pas toujours de façon subtile, hélas...
« Allô Aomine-kun ? » Fit soudainement Kuroko en se permettant de décrocher son téléphone vu qu'il n'y avait pas foule qui se pressait pour obtenir son autographe. « Tu es où ? »
Kagami se tendit à l'évocation de son... crush... néanmoins, il ne fit aucun commentaire., préférant plutôt tendre l'oreille pour épier la conversation entre les deux Miracles.
« Kise-kun vient d'arriver, tu sais. Oui... sur le dos d'un beau cheval blanc. On aurait dit un prince charmant de conte de fées, ça a beaucoup plu aux filles présentes. Il a vraiment fait une entrée spectaculaire, ça va être difficile de faire mieux. Et donc tu... Quoi ? Aomine-kun, ce n'est pas le moment de... Ecoute, tu es déjà suffisamment en retard, on n'attend plus que toi d'ailleurs et j'en ai assez de devoir toujours te couvrir auprès d'Akashi-kun. Que vais-je bien pouvoir lui dire s'il passe par le stand pour vérifier que tout se déroule bien ? Comment ça, je n'aurai qu'à dire que tu es coincé aux chiottes avec la courante... ? Aomine-kun ! Aomine-kun, ne raccroche pas ! Il est trop tard pour essayer de trouver une entrée en scène encore plus impressionnante que Kise ! Non, il fallait y réfléchir avant ! Je m'en fiche que ça ne prenne deux minutes comme tu dis, je sais que tu mens et... Aomine-kun... ? Aomine-kun ! »
Kagami comprit que le bleuté venait de raccrocher à la tête que tirait l'argenté, bien que ce soit quasiment imperceptible. Mais Kuroko avait eu ce léger éraillement dans la voix qui trahissait sa colère. Ou sa déception. Voire les deux.
Kise de son côté, frottait son crâne encore un peu endolori.
« Tu aurais pu choisir de m'attraper par le col de ma cape, senpai ! » Se plaignit l'ancien mannequin.
« Tu l'as cherché et tu n'as donc eu que ce que tu méritais crétin ! »
« Je vous ai pris en photo tout à l'heure... » Confessa une jolie brunette en tenue d'écolière.
« Moi aussi. » Renchérit une autre à couettes.
« Pareil ! »
« Vous étiez trop mignons à vous disputer comme ça, on aurait dit un vieux couple en pleine scène de ménage ! »
« C'était super rigolo, j'suis certaine que vous aviez tout préparé à l'avance ! » Ricana une autre avec des tâches de rousseur.
« Bien-sûr que c'était fait exprès ! » Mentit Kise, leur envoyant un de ses sourires Colgate dont il avait le secret. « On a fait semblant de se disputer pour vous divertir ! J'étais sûr que cela vous plairait les filles ! »
Kasamatsu roula des yeux.
C'était ça où il lui bondissait dessus pour l'étrangler. Il détestait que Kise les fasse passer pour un duo chicaneur. Malheureusement, c'était récurrent. A peu près autant que Murasakibara confondant une hôtesse avec un bon cuissot de chevreuil... Mais pour une raison qui échappait au brun affable, Kise semblait adorer ce petit jeu.
Au début, Kasamatsu avait bien essayé vainement de protester, mais le blond l'avait convaincu de jouer le jeu, en continuant à le flageller en public. Apparemment les jeunes filles raffolaient de ce genre de mises en scène. Aussi, puisqu'il s'agissait d'une requête de Kise, Kasamatsu avait décidé de marcher dans la combine. Il ne se cachait plus pour martyriser son poulain – qui en redemandait – en public.
Toujours d'après Kise, c'était bon pour son image. Kasamatsu ne voyait pas en quoi et il avait même reçu quelques lettres d'insultes et de menaces lui demandant de laisser Kise tranquille. Malgré cela, Kise avait insisté pour que Kasamatsu ne change rien à ses habitudes et petit à petit, les lettres diffamatoires avaient diminué, jusqu'à cesser complètement il y a de cela un mois. Kise avait en effet eu la brillante idée de demander à ses supportrices d'arrêter d'importuner Kasamatsu, en précisant qu'il en rajoutait et que le brun ne lui faisait pas vraiment mal.
Cette stratégie avait porté ses fruits
Un peu trop bien, même pour être honnête puisque maintenant, ces pimbêches s'imaginaient qu'ils étaient ensemble.
Comme un couple.
…
Ah ! Il n'y avait bien que ces filles trop crédules pour croire une chose pareille !
En tout cas, cette technique de simuler la douleur pour obtenir la pitié et la compassion était extrêmement bien élaborée ! Et puis après tout, c'était l'idée de Kise d'en rajouter pour faire le show, pas la sienne !
Enfin bref... Kasamatsu reporta son attention sur les bribes de conversation qu'il avait perçu. Aomine était en route. Ou sur le point de s'y mettre, il ne savait pas exactement, mais c'était pareil. Pauvre Momoi, c'était encore elle qui allait se faire tirer les oreilles, alors qu'elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour raisonner cet imbécile.
Pourtant, de l'avis de Kasamatsu, Momoi ne se montrait pas assez ferme pour se faire respecter et c'était là que son autorité péchait. Aomine se conduirait aussi docilement que Kise si seulement la rose osait hausser le ton de temps en temps. Ces foutus Miracles avaient besoin d'être domptés et de savoir où était leur place. Un peu de violence verbale leur faisait le plus grand bien parfois et Kasamatsu, lui, n'hésitait pas à y avoir recours, sans toutefois en abuser.
Kuroko, toujours scotché à son pupitre vide, soupira. Il venait en effet de recevoir un message de la part de son ex-meilleur ami.
« Maintenant Aomine-kun me dit qu'il est bloqué dans les bouchons... Quelle idée de venir en voiture aussi, alors qu'il habite juste à côté. Des fois, je ne le comprends pas... »
« Dommage, il n'a pas pu voir ma superbe entrée ! Heureusement que tu lui as raconté quand même Kurokocchi ! Dis Kasamatsu-senpai, est-ce que je peux me lever maintenant ? J'aimerai aller acheter des roses pour les distribuer à chacune de mes fans... »
« Et puis quoi encore ? T'as vu leur nombre !? T'as une idée du prix qu'ça va coûter ? Crois-moi, tu vas faire faillite, si tu fais ça. »
« Mais elles sont si gentilles ! »
« N'essaie pas de me la faire à l'envers, Kise ! Je sais que c'est juste un prétexte pour te tirer encore et revenir à pas d'heure ! »
« Gnaaa j'y peux rien si j'ai la bougeotte ! »
« Et ben retiens-toi, c'est presque terminé ! »
« Snif senpai ! J'ai trop mal au poignet... c'est de l'esclavagisme... » _;
« T'as qu'à arrêter de te branler, ça t'fera écrire davantage ! »
« Mais naaaaaaan ! C'est à cause des dédicaces justement ! »
Kagami ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire. Ces deux-là ensemble étaient vraiment impayables. Ils semblaient bien s'entendre cependant et Kagami enviait un peu leur relation privilégiée. Ou plutôt, il l'envierait sans doute s'il n'avait pas Alex. Alex... le tigre aurait aimé qu'elle soit là justement... Elle se serait marrée comme une baleine à n'en pas douter...
… Et en parlant de se marrer, Kagami s'amusait comme un petit fou depuis qu'il était arrivé au salon. Il avait rencontré plein de gens hyper intéressants et cools aujourd'hui ! Or, même s'il n'avait pas encore vu Aomine, dont la présence se faisait de plus en plus incertaine, le roux ne pouvait que se sentir comblé par cette journée enrichissante.
Cela dit, il le serait encore plus si la panthère se décidait à faire apparition, même brève...
Et Kagami ne le savait pas encore, mais son voeu allait bientôt se trouver exaucé.
Encore une fois, quand on passe un bon moment, le temps file à une allure vertigineuse. Les dédicaces étaient sur le point de s'achever lorsque Kagami réalisa l'heure qu'il était. Selon les dires de Kuroko, elles s'étaient un peu éternisées. Akashi n'avait de toute évidence pas anticipé un tel nombre d'admiratrices, qu'il avait pourtant fallu contenter. Murasakibara avait même eu le temps d'épuiser TROIS FOIS son stock de chips... c'était dire.
Et toujours aucune trace, ni aucune nouvelle d'Aomine... C'était tout de même un peu inquiétant, surtout vu la menace de renvoi qui pesait sur lui.
Pourtant, alors que les quatre Miracles présents étaient sur le point de remballer leurs affaires, l'impensable se produisit et celui que l'on n'attendait plus fit une arrivée fracassante.
Ah mais littéralement.
En effet, un bruit assourdissant de moteur se fit entendre, comme si le salon de l'auto avait remplacé celui du porno l'espace d'un instant et brusquement, l'un des murs de l'enceinte s'écroula ! Par miracle (c'est le mot...), aucun blessé ne fut à déplorer.
Mais une fois que le nuage de poussières soulevé par les gravats se fut dissipé, l'engin fautif qui se dévoila au regard ébahi des visiteurs s'avéra être...
… UN CHAR D'ASSAUT MILITAIRE !
Avec chenilles à la place des roues et un énorme canon à l'avant.
... et deux gros autocollants collés à l'arrière sur lesquels on pouvait lire : "I Love Darcsens" et surtout le magnifique, le merveilleux "AOMINE VIENT POUR TANKULER"
...
Le spectacle était si inhabituel que tous restèrent scotchés sur place.
NON MAIS QU'EST-CE QU'UN PUTAIN DE TANK FOUTAIT LA, ARRIVE DE NULLE PART, AU BEAU MILIEU DE LA MOQUETTE DU SALON DE L'EROTISME !?
La réponse ne tarda pas à s'imposer à eux, quand l'écoutille située sur le toit du véhicule s'ouvrit, dévoilant Aomine, telle la strip teaseuse sortant de son gâteau à un enterrement de vie de garçon ! Lunettes Aviators, costume hors de prix et chaîne en or, Aomine semblait tout droit sorti du film Boogie Nights de Paul Anderson, qui traite des déboires de l'industrie pornographique dans les années 70.
Manquait plus que la moustache de beauf' et et la panoplie serait complète.
« Bah alors, on n'attend pas Patrick ? » Lança joyeusement Aomine à la cantonade.
Personne ne parvint à réagir.
Sciée. L'assemblée était sciée par cette arrivée en fanfare si... surréaliste. Déjà que quand Kise avait fait le coup quelques heures plus tôt, ils pensaient avoir atteint le sommet, là, c'était plutôt le fond que draguait dangereusement Aomine.
Mais bien loin de s'en tenir à ce flop, le basané poursuivit sur sa lancée. Parce qu'après tout, c'est vrai mince, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?
« Ah ça vous en bouche un coin, hein les lopettes ! On fait moins l'malin maintenant, n'est-ce pas Kise ? Je t'avais dit que je te battrai en faisant une arrivée plus mémorable que la tienne ! Fallait pas m'chauffer ! Sache que l'unique chose qui m'arrive à la cheville, c'est ma bite et seulement ma bite, pas toi ! »
Effarés.
Ils étaient tous effarés, avec des yeux ronds comme des balles de golf, menaçant de tomber par terre.
« Ne vous battez pas les filles... y en aura pour tout le monde. Ouep, c'est ça, tout le monde aura le droit de venir tâter mon gros canon... » Reprit Aomine, en caressant justement celui du tank.
Pouvait-on sérieusement faire plus beauf ? ET NON, CE N'EST PAS UN DEFI, HEIN, N'ESSAYEZ SURTOUT PAS CHEZ VOUS !
Encore une fois, l'intervention d'Aomine se heurta au silence général.
« Pfff... j'm'en fous, l'an prochain, j'viendrai en hélicoptère d'abord... va falloir se lever tôt pour me battre ! Vous avez idée de ce qu'il a fallu que je fasse pour dégoter ce tank à la dernière minute !? Du nombre de mains et de queues poilues que j'ai du serrer ? Nan, bien-sûr que nan, alors le moins que vous puissiez faire serait de vous montrer quand même un peu plus reconnaissants, bordel ! Sans moi pour faire le show, vous vous ennuyiez, j'suis sûr ! »
Epuisant... ce type était épuisant...
Et Kagami était certain qu'il s'épuisait lui-même d'ailleurs...
« Héhoooo les gens, dites un truc ! J'suis v'nu avec un tank exprès pour vos tronches de brêles et j'vous rappelle que tout le monde aime les tanks, bordel ! Vous êtes donc censés m'idolâtrer pour six générations maintenant ! » Poursuivit le brun, toujours aussi persuadé que c'était le truc le plus coooool qu'ils avaient jamais vu, cette bande de péquenauds ! (sauf qu'ils refusaient juste de le reconnaître.)
Mais un tank... bordel, il avait pris un TANK ! Il n'aurait pas pu venir en TAXI comme tout le monde ? Ben nooooon, il fallait toujours que le gr/land Aomine se démarque ! Tu m'étonnes qu'il était coincé dans les bouchons après ça !
« Quelque chose me dit qu'il va falloir plus d'un chéquier magique à Akashi-kun pour résoudre un problème de cette envergure. Je ferai mieux de le prévenir. Si ça se trouve, Aomine-kun a car jacké une base de l'armée ou des militaires en permission pour dérober ce tank »
Désespoir, consternation, je crie vos noms !
« Wow... maintenant, je sais ce qu'Izuki peut ressentir lorsque le public ne rigole pas à ses vannes... » Acheva un Hyuuga sidéré, pour m'aider à clôturer ce chapitre beaucoup, beaucoup trop long !
(Merci, un de mes personnages a enfin eu pitié de moi T_T, j'étais prisonnière d'un sortilège qui me forçait à écrire, telle un Kise ligoté à sa chaise et contraint de signer des dédicaces JUSQU'A LA MOOOOORT ! )
Et voilà c'est DEJA (ironie, ironie...) fini pour aujourd'hui !
Quelques précisions cependant :
- J'essaie de rester un MAXIMUM fidèle au "canon" du manga, en transposant simplement l'histoire dans le contexte du porno. Je vais donc tenter d'insérer des scènes et des clins d'oeil au matériau de base dans cette fanfiction. Vous l'avez sûrement déjà remarqué dans le précédent chapitre avec Riko qui sait analyser les performances des mecs en les voyant nus, ou même avec Akashi et sa paire de ciseaux dorés qui fait flipper Kagami. C'est notamment pour cela que j'ai fait que seuls Kuroko et Midorima étaient présents à l'heure pendant la séance de dédicaces : c'est un parallèle avec les entraînements de basket durant lesquels les autres Miracles arrivaient toujours en retard...
- Merci Kuro Hagi pour l'idée des quatre puceaux sauvages qui se sont rencontrés sur un forum dédié à leur studio porno préféré ;p Ben quoi ? Les plus belles amitiés peuvent naître n'importe où, même dans les endroits les plus insolites !
- Il y a beaucoup trop de références à "l'Attaque des Titans" dans ce chapitre, mais en même temps, pour l'apparition de Murasakibara, j'étais OBLIGEE !
- On a vu les Rois sans Couronnes, les rivaux des Miracles ! J'espère ne pas avoir raté leur présentation... et si je n'ai pas énoncé la spécialité de chacun, je compte sur vous pour les deviner :D (#teamKiyoshi #nounours)
- Hyuuga qui veut se lancer dans le porn historique, c'est bien entendu une référence au manga et à son amour pour les héros d'antan.
- Sakurai et Furi qui sont bons en dessin ? C'est "canon" aussi !
- Tous les chiffres et propos que j'ai pu vous balancer sur l'industrie pornographique ? Vrais et vérifiés également. J'ai été amenée à faire pas mal de recherche pour cette fanfiction et coller le plus possible à l'univers du X...
- Kise est un prince, je vous l'avais dit. Et bien plus malin/manipulateur qu'on ne le croit, sous ses dehors de pleurnichard...
- A votre avis... qui est le MYSTERIEUX acteur que Nijimura et sa clique comptent recruter pour "contrecarrer" le succès grandissant de Kise ?
- J'ai quelques idées de couples secondaires, mais une fois de plus, je vous mets à contribution : qui voulez-vous voir ensemble ? (hors AoKaga, bien-sûr :D)
- Je crois qu'Alex a une sacrée touche avec son Harasawa/Yakuza. J'aime bien la caser avec le coach d'Aomine, dans le cadre d'un AoKaga. Il n'est donc pas impossible que je fasse encore de même dans "Magical Dick". Et peut-être même dans "Voisins".
- ... Et je me rends compte que j'adore écrire avec Alex. Elle est géniale !
- Ecrire avec Hanamiya, aussi c'est fun ! (mais pas dans le même style...)
- ... Mais écrire avec Aomine, c'est épuisant par contre ! XD Ce mec échappe toujours à mon contrôle, même quand j'ai décidé de le faire "sérieux" !
- Le tank est une référence au jeu "Super Seducer 2", sur lequel le Joueur du Grenier a fait une video que je vous recommande chaudement si vous avez envie de rire un bon coup ! Mais il peut également s'agir d'un clin d'oeil à mon RPG du moment, puisque certaines d'entre vous m'ont demandé duquel il était question : "Valkyria Chronicles 4". Le héros est un opérateur de tank et donc, son char d'assaut - le Hafen - est d'ailleurs presque un personnage comme les autres, à part entière. (et c'est de ce jeu que vient l'autocollant "I LUV Darcsens")
Des bisous et des reviews, à défaut de bonbons ou de sorts...? ;p
(ettttt on termine donc sur 24147 mots T_T)
