~ Pardonne-moi ~

§ Chapitre 03 : Présent pour elle (part 2) §

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Il était 20h00 passées. Pendant que son repas était en train de réchauffer, Ichigo travaillait sur son PC, tranquillement assis dans son canapé. Lorsque la sonnerie du micro-ondes retentit, on frappa à la porte.

- Eh ben, encore un super timing, dit-il en posant son ordinateur sur la table basse avant de se lever.

Il sut d'avance qui c'était puisqu'il avait prévenu la réception de la venue de son ami.

- Yo, Chad, le salua-t-il.

Une autre personne émergea de derrière le géant.

- Ishida ?! s'étrangla le roux.

Oh, bordel. N'importe qui sauf lui, par pitié. Il serait même prêt à supporter Renji et son estomac sans fond. Ishida tenait en plus le fameux magazine dans sa main. Ichigo comprit de suite.

- Si t'es venu me faire la morale, tu peux déjà t'en aller.

- Comment as-tu osé faire ça à Orihime san, Kurosaki !§ fulmina Uryuu. Comment as-tu pu te montrer aussi stupide en dépit de l'homme soi-disant intelligent que tu es devenu ?

- Il y a un mot dans : « si t'es venu me faire la morale, tu peux déjà t'en aller » que tu ne saisis pas ? grogna l'insulté. Attends, comment ça « soi-disant intelligent » ?!

- Tu viens de le prouver en montrant une fois de plus que ton cerveau est éternellement programmé pour marcher au radar ! Et ne t'attarde pas sur ce détail, le reste de ma question est bien plus important !

- Ishida, enfoiré... Je vais te...

- Et voilà, tu recommences, tu es aussi incapable de supporter la critique que lorsque tu étais adolescent, s'exaspéra le fan des vêtements à cape dans un soupir désespéré.

- Tu te fous de moi ? s'enflamma Ichigo, le sourcil agité de tics. Tu débarques chez moi sans y avoir été invité, t'insinues que je suis con et je suis supposé passer au-dessus ?!

- J'ai le droit d'exprimer mes… ! commença le Quincy.

- Ichigo, on peut entrer ? le coupa Sado.

Le questionné les regarda tour à tour : son meilleur ami aussi imperturbable, silencieux et détendu qu'à l'accoutumée, et Ishida toujours aussi raide, emmerdant et bouillonnant de rage. On ne pouvait pas rêver meilleure compagnie.

- J'imagine que ce serait trop te demander de faire demi-tour et d'oublier mon adresse, Ishida ?

- Ichigo, le pressa Yasutora avant même qu'Uryuu ait pu desserrer les dents.

- C'est bon, entrez, accepta-t-il en s'écartant malgré lui avec un soupir.

Après leur passage, il referma derrière eux et ils occupèrent tous les trois le salon. Ichigo leur servit à boire, seul Chad posé dans le canapé prêta attention à son verre. Le fils de Ryuken, lui, était bien trop en colère pour avaler quoi que ce soit en dehors de sa salive.

- Tu ne vas pas me dire que tu crois les salades racontées là-dedans ? lui lança le Shinigami.

- Évidemment que non, siffla Uryuu en redressant ses lunettes. Mais je suis forcé d'admettre que tu as invité une femme mariée à dîner en tête à tête ! A quoi diable pensais-tu ?

- Ce n'est pas ce qu'il y paraît…

- Pas ce qu'il y paraît ? D'après cette photo, Orihime san est vêtue d'une jolie robe, et toi, d'un costume ! lui balança le brun en lui montrant la couverture du magazine.

Il tenait ledit magazine avec deux doigts et à bout de bras comme s'il s'agissait d'un morceau de viande pourri.

- Tu ne me feras pas avaler qu'il s'agissait d'un dîner entre amis !

- Je ne voulais pas embringuer Hime là-dedans, se défendit le frère des jumelles, assis dans le fauteuil. A la base, je l'ai invitée chez moi mais elle a refusé.

- Chez toi ? s'étouffa Ishida, sur le point de défaillir. Elle a eu raison de refuser, vous n'auriez pas fait que « dîner ».

- Tu sous-entends quoi, là ? demanda le fils Kurosaki, son sourcil de nouveau agité de tics nerveux. Je ne lui aurais pas sauté dessus, je voulais vraiment discuter en privé avec elle. Je n'avais aucune arrière pensée à ce moment-là.

- Mais ce dîner dans ce restaurant a dû te donner des idées par la suite.

- Bordel mais où tu veux en venir, Ishida !?

- A ça, Kurosaki ! répondit ce dernier en agitant le magazine sous son nez. Orihime san passe de l'anonymat à ça !

- Me fais pas rigoler, tu oublies son enfoiré de mari régulièrement dans la presse également, lui fit sèchement remarquer Ichigo.

- Certes, mais certainement pas à la une de ce genre de magazine !

- Et qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? s'irrita le PDG, les poings tremblants. La presse me traque de temps en temps, je n'y peux rien !

- Tu aurais pu éviter à Orihime san de se retrouver au cœur de ce scandale. C'est lamentable.

- En combien de langues je vais devoir te répéter que je ne désirais pas cette situation, bon sang ! Je ne contrôle pas tout ce qui se passe dans ce monde ! Tout ce que je voulais, c'est…

- C'est quoi ? l'interrompit Uryuu en le regardant droit dans les yeux. Pour quelle raison es-tu revenu au Japon ?

Ichigo serra les dents. Entendre le fier et raisonnable Ishida Uryuu le rendre responsable de tout ça le faisait chier, mais dans un sens, il avait raison. Il aurait dû se douter qu'un truc comme ça arriverait, putain !

- Je suis revenu pour Orihime, déclara-t-il honnêtement en soutenant fermement le regard de son ami. Je voudrais reformer un couple avec elle.

Le Quincy se frappa le front et tomba à la renverse sur le canapé deux places en face de Chad toujours aussi muet, mais suivant attentivement la scène.

- J'en étais sûr, expira l'as en couture qui avala finalement une gorgée. Tu n'abandonnes donc jamais, Kurosaki ? Orihime san est mariée, tu ne peux pas entrer dans sa vie comme ça et tout chambouler, bon sang !

- Jin est assez fort pour chambouler leur vie tout seul, rétorqua-t-il. Tu ne vas pas me sortir que tu n'as pas remarqué qu'Orihime n'est plus la même depuis le jour de son mariage avec ce bâtard ? Même moi, je l'ai remarqué à travers des photos !

- Si, je l'ai remarqué, affirma Ishida, rajustant ses verres. Je lui en ai fait part et elle m'a répondu que ce sont ses cours intenses, le bénévolat et le travail qui avaient un impact sur sa santé physique.

- Et tu as avalé ça ?

- Les cours de médecine sont véritablement intenses et difficiles à suivre, Kurosaki, lui expliqua calmement Uryuu. Ajouter cela aux devoirs, examens, le travail à la pharmacie et son aide apportée aux autres, je peux envisager que ça se traduise en fatigue et perte de poids. Même si je pense qu'il doit y avoir autre chose.

- Et ce serait quoi d'après toi ? se renseigna Ichigo, inquiet.

- … Je n'en sais rien, avoua son ami en fermant brièvement les yeux.

Un silence s'installa.

- Je n'ai pas réussi à joindre Orihime aujourd'hui, dit soudain Chad en reposant son verre vide.

- Moi non plus, soupira son meilleur ami qui se frottait la nuque. J'imagine qu'elle m'en veut un max, mais elle a ses examens aussi. J'espère que ça a été pour elle de ce côté et que personne ne l'a fait chier à la fac.

- Orihime san n'est pas du genre à se laisser abattre, elle fera face à cette tempête médiatique.

- Mmh, approuva Sado.

- Kurosaki, reprit le Quincy, le majeur au centre de sa monture, as-tu demandé à Orihime san de divorcer ?

- Quoi ? Nan mais ça va pas.

- Tu as dit vouloir reformer un couple avec elle, et je pensais que cette partie de la déclaration de cet anonyme dans cette feuille de chou était vraie…

- C'est pas l'envie qui me manque, je l'admets, confessa le roux en glissant une main dans sa touffe orange en désordre. J'ai demandé à Orihime si elle serait prête à quitter Jin pour moi, mais je ne lui ai rien imposé. Si seulement je pouvais choper tous les connards qui racontent des conneries à mon sujet, ajouta-t-il en faisant craquer ses jointures.

- Tu lui as vraiment dit ça ?

- Rah, ne fais pas cette tête, Ishida ! A voir ta tronche, je l'ai menacée de mort alors que j'ai juste été honnête avec elle.

- Honnête ? ne digéra-t-il pas. Tu lui as mis une sacrée pression sur les épaules, oui !

- Comment ça ? ne capta pas l'autre jeune homme.

Uryuu posa le magazine sur la table basse et se frotta le front, visiblement las.

- Réfléchis, voyons, amorça-t-il. Vous avez été ensemble, tu as rompu, ça l'a brisée et elle a dû se reconstruire. Orihime san a retrouvé un équilibre auprès de son mari et elle est l'une des meilleures élèves de sa Faculté. Mais cet équilibre est bouleversé par l'arrivée de son ex-petit ami qui lui fait comprendre l'aimer toujours et être prêt à tout pour la récupérer.

- ... Tout ça pour dire ? s'impatienta Ichigo, blasé.

Une veine cocha la tempe du bavard.

- ... ! Ton cerveau est vraiment bloqué sur le frein ma parole !

- Ishida, intervint calmement Chad, une lueur dans les yeux.

Le mentionné se tourna vers lui. Il y avait quelque chose chez leur grand ami stoïque qui apaisait les nerfs, faisait chuter la tension.

- Tu as raison, Sado kun, je me reprends, se détendit-il, lui-même blasé par le niveau de compréhension alarmant de son ami et rival Shinigami.

Il expira, arrangea ses lunettes par la branche droite, les yeux brièvement clos, et prit le ton de celui qui sait tout sur tout et qui exaspérait tant Ichigo.

- Tout ça pour dire qu'elle occupe une position délicate, Kurosaki, poursuivit Ishida avec raideur et patience. D'un côté, il y a toi qu'elle aime depuis le lycée, elle ne voulait pas mettre un terme à votre relation, tu l'as terriblement blessée et je suis sûre qu'elle en souffre encore aujourd'hui. De l'autre côté, il y a Ashimura san qui lui a rendu le sourire, lui a donné une raison de continuer à avancer et ils n'ont apparemment jamais rencontré de problèmes. Donc, enchaîna-t-il en poussant sa monture, soit elle te choisit pour tenter de revivre votre histoire passée malgré vos cicatrices, ce qui implique quitter son mari, l'homme à qui elle doit beaucoup. Soit, elle reste avec Ashimura san, continue sa vie avec lui et elle essaye de t'oublier, même si j'en doute. En clair, son cœur fragilisé par votre relation qui a échoué est partagé en deux et doit se battre avec sa conscience.

Le fils de Ryuken posa son bras sur l'accoudoir et croisa les jambes, son air sérieux toujours en place. Sur sa gauche, les bras reposant sur ses jambes écartées, ses mains l'une dans l'autre, Ichigo avait baissé la tête pour cacher son expression.

- Kurosaki, il faut que tu comprennes que vous ne revivrez jamais ce que vous avez partagé, vos cicatrices sont trop profondes et je pense que certaines ne se sont pas refermées, dit justement Uryuu, une certaine tristesse dans la voix. Orihime san le sait au fond d'elle. Elle peut revenir vers toi car après tout, c'est toi qui as rompu et non l'inverse, elle doit encore t'aimer. Seulement, la blessure que tu lui as infligée est si douloureuse qu'elle est encore à vif, je l'ai senti à chaque fois qu'on parlait de toi lorsque tu te trouvais aux États-Unis. Pour cette raison et la crainte de souffrir à nouveau, elle peut aussi préférer rester avec son mari et à distance de toi.

Chad observait tristement son meilleur ami. Ichigo se disait qu'Ishida avait raison même si c'était dur à admettre. Il repensait aux paroles de son père dans son bureau quand il lui avait dit qu'Orihime changeait lorsque ses perles grises se posaient sur des photos de lui ou bien sur la porte de son anicienne chambre. Et puis, elle lui avait elle-même dit souffrir encore atrocement de leur rupture qu'elle ne souhaitait pas, elle lui avait soufflé qu'il parasitait son présent.

La mâchoire d'Ichigo se crispa, ses yeux fermés. Merde, il n'était qu'un salaud égoïste. Hime avait fait du chemin depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus et elle se débrouillait bien sans lui. Elle était même mariée, putain… Et il arrivait comme ça après l'avoir laissée en prétendant vouloir son cœur à tout prix. Devait-il vraiment s'en vouloir de toujours la désirer ? Se maudire pour continuer de l'aimer malgré toutes ces années ? Sa chance était-elle vraiment passée ?

Yasutora se leva du canapé pour venir s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil d'Ichigo, et posa sa lourde main sur son épaule.

- Personnellement, je ne suis pas là pour te décourager ou te faire sentir coupable, Ichigo, débuta-t-il de sa voix profonde. Après que tu aies rompu avec Orihime, tout le monde a vu sa douleur et tu as automatiquement eu l'étiquette du méchant. Certains de nos amis t'en ont voulu et n'ont pas cherché à comprendre ta propre douleur, surtout qu'ils ne te côtoyaient pas tous les jours à l'inverse d'Orihime et n'avaient aucune idée de la manière dont tu réagissais à cette rupture.

Mal à l'aise, Uryuu se trémoussa et tourna le visage dans une autre direction.

- Mais moi, je l'ai vue, murmura Chad en pressant son épaule. J'ai vu ta douleur quand je suis allé te rendre visite, je l'ai sentie à travers tes mails et nos conversations téléphoniques. Tu étais même différent physiquement quand je te voyais à la télévision, tu répondais plus sèchement aux journalistes, tu étais constamment de mauvaise humeur… Ceux qui ne te connaissent pas ont associé ça à ton air renfrogné habituel et ton caractère difficile.

Il soupira, sentant son meilleur ami se tendre sous sa grande main.

- Quand tu as quelque chose en tête, tu fonces alors je ne vais pas t'empêcher d'agir. Tu ne t'engagerais pas dans cette voie si tu n'étais pas persuadé qu'il y a encore une chance entre Orihime et toi. Seulement, je te recommande encore de faire attention. J'ignore comment Jin a réagi à ce qui est paru dans la presse, mais il a la réputation de ne pas se laisser faire. Tu le retrouveras contre toi tôt ou tard.

Le fils Kurosaki ouvrit les yeux pour fixer le tapis, sans relever la tête. Il se rappela son altercation avec le mari d'Orihime ce matin même sur le parking, ce qui fit naître une colère familière en lui. Il préféra néanmoins se calmer, notamment lorsque Sado pressa de nouveau son épaule comme s'il savait ce qui se passait dans sa tête.

- Ce que j'aime bien avec toi, Chad, c'est que tu ne parles pas beaucoup mais tu écoutes et observes pas mal, sourit-il en croisant les yeux de son ami sous son épaisse frange sombre. En revanche, quand tu imites Ishida en me sortant de grands discours, ce n'est pas pour ne rien dire. Merci, Chad.

- Mmh, pas de problème.

Ils échangèrent le même petit sourire et se cognèrent le poing.

- Tu sous-entendais quoi exactement dans ta dernière phrase, Kurosaki ? se vexa Uryuu.

- Alors que comptes faire, Ichigo ? s'informa Sado pour éviter une énième dispute.

- Ben…, marmonna-t-il, se grattant la nuque. Je dois avouer avec réticence qu'Ishida a marqué des points dans son analyse détaillée de tout à l'heure, je fais effectivement pression sur Orihime. Mais tu as aussi raison, Chad.

Il se mit debout pour se rendre devant la porte-fenêtre. Ses deux amis échangèrent un regard avant de reporter leur attention sur lui, ou plutôt son dos qu'il leur montrait.

- J'aime Orihime mais je ne veux pas m'entêter inutilement en risquant de la blesser davantage. Je vais continuer à me battre pour elle tant qu'elle ne m'aura pas dit en face ne plus rien ressentir pour moi, décida le Shinigami suppléant, motivé plus que jamais. D'ici là, je vais lui prouver que je ne suis plus le même en lui laissant l'espace dont elle a besoin et aviser ensuite.

- Et concernant Jin ? demanda Yasutora.

Ichigo observa le ciel parsemé de quelques étoiles.

- Je ne le crains pas, je suis prêt à l'affronter s'il le faut, assura-t-il sur un ton d'acier. Hime vaut la peine qu'on se batte pour elle, quel que soit l'obstacle à abattre. J'ai compris ça après avoir rompu avec elle et ce n'est certainement pas Jin qui me fera penser autrement, jura-t-il, ses iris ambrés illuminés d'une puissante lueur.

Chad vit son expression sur la vitre reflétant son reflet, et sourit. Ainsi était Ichigo, son meilleur ami qui se battait pour des causes qui lui tenaient à coeur, peu importe les conséquences. Uryuu, pour sa part, soupira longuement avant de caler ses lunettes sur son nez. L'incorrigible, agaçant et obstiné Kurosaki Ichigo se tenait devant lui et il n'y pouvait rien.

- Très bien, je vois que tu as pris ta décision, se résigna-t-il. Tu ne pourras pas dire que je ne t'aurais pas prévenu si ça tourne mal.

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5 mois plus tard

Après un printemps tempéré suivit d'un été très chaud s'annonçait un automne humide et frais. Les paysages changeaient peu à peu, les arbres perdaient leurs feuilles, le ciel se couvrait plus souvent et les oiseaux chantaient moins. Ainsi débutait le mois de septembre.

Assise à sa coiffeuse dans la chambre à coucher, Orihime apportait la dernière touche à son apparence : nouer sa longue chevelure en un chignon bien serré tandis que Jin venait de partir pour le travail. La princesse avait réussi ses examens qui lui permirent d'entrer en 5ème année de médecine et surtout commencer un stage dans l'un des plus réputés centres hospitaliers universitaires de Tokyo. Ce fameux stage avait débuté il y a deux jour et s'étendrait jusqu'à Noël.

Il n'y avait pas que ça. Étrangement, ils avaient beau travailler dans la même ville, ça faisait cinq mois que la guérisseuse n'avait pas revu Ichigo, la dernière fois remontant à ce dîner désastreux. A ce sujet, la presse s'était considérablement calmée après l'avoir traquée avec Jin des semaines durant dans l'espoir d'obtenir un scoop. Il n'était pas rare qu'elle, son mari et Ichigo fassent la une de l'actualité pour des raisons plus abracadabrantes les unes que les autres, comme Ichigo et elle ayant soi-disant un enfant caché, ou bien que Jin avait intenté un procès à Ichigo dans le but de le tenir éloigné de sa femme et que c'était pour ça qu'on ne les voyait plus ensemble, ou encore Orihime elle-même qui aurait décidé de quitter le pays pour fuir les deux hommes à ses pieds. Néanmoins, dans tout ça, un point restait vrai : le PDG qui cherchait à regagner le cœur de son ex-petite amie mariée à un célèbre avocat.

La belle n'en voulait pas à Ichigo de l'avoir entraînée dans cette tempête médiatique car il ne l'avait pas fait intentionnellement. En dépit de cela, elle devait malgré tout avouer l'éviter, elle passait le moins souvent possible devant son gratte-ciel et encore moins devant son lieu de résidence. Et puis, Ichigo n'était pas du genre à flâner dans les rues alors il était peu probable qu'elle tombe sur lui faisant des emplettes. Orihime sentait un manque mais n'avait pas la force d'aller vers lui, convaincue qu'elle devait poursuivre son chemin sans son premier amour.

Sentant un changement qu'il jugeait positif chez elle et ne voyant plus Kurosaki rôder autour de sa femme, Jin avait retrouvé sa bonne humeur, levait beaucoup moins la main sur son épouse, lui avait rendu sa voiture et était redevenu plus doux durant leurs rapports intimes dont le dernier remontait à hier soir. A vrai dire, Jin désirait tellement un enfant qu'il laissait un moment de paix à Orihime uniquement pendant sa période mensuelle et lorsqu'ils rentraient épuisés du boulot. Il ne soupçonnait pas -ou refusait de croire- que sa femme souhaitait juste continuer ses études avec succès et mettre fin à ce mariage.

Si elle venait à avoir un bébé avec son mari, elle serait liée à lui pour toujours et elle ne savait pas si elle pourrait supporter cela, même en sachant que le bébé serait innocent et n'aurait pas demandé à naître. Seulement, pour la sœur de Sora, aucun enfant ne méritait d'avoir un père tel que Jin qui lui rappelait son propre père. Tout ce qui les différenciaient, c'est que Jin exerçait un beau métier et n'était pas du tout dépendant de l'alcool. Combien de temps pourra-t-elle encore lui cacher prendre des mesures pour ne pas tomber enceinte pour l'instant ?

Avec un soupir, la beauté auburn posa son peigne, descendit à la cuisine boire son thé en vitesse, salua la photo de son frère dans le salon et alla travailler à l'hôpital. En enfilant ses chaussures, Orihime remarqua avoir reçu des SMS de Yuzu et de Karin qui lui promettaient passer lui rendre visite le week-end prochain. Cela lui fit plaisir et un doux sourire étira ses lèvres. Comme chaque année, elle savait d'avance qu'elle recevrait un appel de Tatsuki chan, d'Isshin, d'Ana chan, sans oublier ses autres amis.

Le cœur léger, Orihime décrocha ses clefs, activa l'alarme de la villa et sortit dehors. En roulant vers l'autoroute, elle se disait qu'aujourd'hui allait être une bonne journée, du moins l'espérait-elle.

{…}

- Aah ~ ! Ça fait tellement plaisir de partager un moment comme ça tous les trois ! s'exclama Yuzu en frappant dans ses mains.

- Ouais, je dois avouer que ça m'a manqué aussi, l'approuva sa sœur jumelle.

Ichigo se frotta la nuque, mal à l'aise.

- Désolé, j'aimerais aussi qu'on fasse ça plus souvent.

- Détends-toi, Ichi nii, l'apaisa Karin en avalant sa dernière boulette de riz. On ne te reproche rien, Yuzu et moi sommes aussi occupées, tu sais.

- Oui, alors inutile de t'excuser, onii chan ! le rassura celle-ci avec un immense sourire tellement semblable à celui de leur défunte mère. Profitons juste de ce moment agréable ~ !

Son frère sourit malgré lui, le sourire de sa sœur était contagieux. La semaine dernière, il leur avait téléphonées pour les inviter à déjeuner, et ils étaient tombés d'accord pour programmer cette sortie au restaurant aujourd'hui. C'est en passant du temps avec ses deux sœurs qu'Ichigo réalisa à quel point elles lui avaient manqué, et puis elles avaient tant changé… Ce n'était plus les adolescentes qu'il avait laissées mais des jolies jeunes femmes de 20 ans qui récoltaient de très bonnes notes d'après ce qu'il avait compris. Yuzu était l'une des meilleures dans son école de cuisine tandis que Karin était bien partie pour devenir joueuse de football professionnelle.

Ce qui rassurait néanmoins Ichigo, c'est que leur caractère demeurait inchangé. A ce sujet, en dépit de leur âge, Yuzu et Karin s'adressaient à lui de la même manière que lorsqu'ils vivaient encore ensemble avec leur père, et cela le touchait. Il reporta son attention sur le morceau de viande dans son assiette.

- Il faut également que tu saches que j'ai un petit ami, onii chan, annonça tranquillement Yuzu entre deux bouchées de légumes.

Un morceau de viande eut du mal à passer. Karin tapota le dos d'Ichigo tout en buvant un verre d'eau.

- QUOI ?! rugit-il.

- Chut ! Allons, tu ne voudrais tout de même pas attirer l'attention sur nous !

- Il l'attire déjà. Il y a un guignol avec un appareil photo qui attend derrière un camion en se croyant invisible, les informa Karin en désignant la fenêtre d'un signe de tête.

- Oublie cet idiot, déclara le roux avec irritation. Il y en a deux autres au coin de la rue et une quatrième derrière nous, je l'ai vue en arrivant. Mais, rah ! Revenons à toi, Yuzu. Tu as un quoi ?!

- Il s'appelle Fukusawa Naoharu et il a 21 ans, lui apprit cette dernière en posant ses baguettes avant de s'essuyer la bouche.

- Tu l'as rencontré comment ? exigea de savoir le Shinigami, la mâchoire serrée.

- En allant faire réviser ma voiture, il aide son père à développer leur chaîne de garages tout en suivant ses études pour devenir ingénieur. Et ne fais pas cette tête, il t'admire beaucoup, tu sais.

- Comment ça, il m'admire ? Si je l'avais déjà rencontré, tu peux être certaine que je l'aurais tenu à distance de toi !

- Je dois vraiment te rappeler que tu es l'un des hommes d'affaires les plus connus ? souffla-t-elle avec une petite moue.

- Présente-le-moi et on verra s'il m'admire toujours, cracha Ichigo.

- Onii chan !

- Il est comment ? l'ignora-t-il.

- Grand, châtain clair, les yeux…

- Je fais allusion à sa personnalité, siffla son grand frère.

- Oh ! Eh bien…, réfléchit Yuzu, l'index sur sa lèvre inférieure. Gentil, généreux, il a beaucoup d'humour et un talent pour la cuisine qu'il tient de sa maman !

- Alors il te traite bien ?

- Bien sûr, tu n'as pas à t'en faire ~ ! jura-t-elle, heureuse. Regarde cette bague, c'est lui qui me l'a offerte et c'est un diamant véritable, ajouta-t-elle en tendant la main vers lui.

Le fils Kurosaki manqua de s'étouffer avec de l'air en voyant la taille du caillou.

- Il ne t'a quand même pas demandé en mariage !?

- Évidemment que non, c'est un cadeau qu'il m'a donné pour mon anniversaire.

- Vous êtes ensemble depuis combien de temps ?

- Quelques mois.

- Tch, ça devient donc sérieux.

- Oui, on peut dire ça, confirma Yuzu.

- Il ne traine pas avec des gens bizarres et n'est pas du genre à t'obliger à faire des choses que tu n'as pas envie de faire, n'est-ce pas ? s'assura-t-il, les yeux plissés.

- Euh… tu fais référence à quoi ? rosit-elle.

- Tu sais à quoi je fais référence, Yuzu, répondit son aîné, gêné lui-même.

- Il m'a présenté certains de ses amis et ils sont vraiment sympas, tous scolarisés ou dans le monde du travail.

- Tu n'as pas répondu à mon autre question, s'impatienta Ichigo.

- Non, Naoharu kun est comme toi, onii chan. Je veux dire qu'il respecte les femmes, s'empressa de préciser Yuzu en le voyant sur le point de protester. Et Orihime chan est là pour me conseiller sur ce sujet, je ne ferai pas de bêtises, c'est promis, acheva-t-elle avec sérieux.

Son frère n'eut d'autre choix que de la croire.

- Bon, je voudrais quand même rencontrer ce Furokawa dès que possible, déclara-t-il en croisant les bras.

- C'est « Fukusawa ». Et tu ne vas pas le menacer ou quoi que ce soit, hein ? demanda-t-elle, les sourcils froncés. Quand tu as cet air-là, on dirait que tu es sur le point d'arracher la tête de quelqu'un.

- C'est peut-être ce qui l'attend. Ça dépend si sa tête me revient et de ses intentions envers toi.

- Comment ?! Mais … !

- Et tu ne m'as pas dit s'il fume, se drogue ou…

- Bon sang, Ichi nii ! s'exaspéra Karin dont ils avaient oublié la présence. Tu ne veux pas non plus connaître sa pointure et sa marque de caleçon préférée ? Yuzu est aussi ma sœur, je te rappelle, tu crois vraiment que je la laisserais sortir avec un pauvre mec sans éducation trop serré dans son boxer ?

- K-Karin chan ! s'empourpra sa jumelle. Ne dis pas des choses pareilles à table, enfin !

- Et toi, Karin, tu sors avec un gars ? questionna Ichigo comme si elle n'avait pas ouvert la bouche.

- Je n'en ai ni le temps ni l'envie, soupira-t-elle en se grattant la tête.

Une certaine personne était soulagée : au moins l'une de ses sœurs n'était pas touchée par un mâle.

- A part ça, tu en es où avec Orihime chan ? désira savoir Yuzu.

L'interrogé détourna le regard, l'estomac noué.

- Je ne suis pas entré en contact avec elle depuis cinq mois.

- Quoi ?! s'écrièrent les jumelles à l'unisson, surprises. Mais pourquoi ?

- Elle m'a dit avoir besoin d'espace, ce que je lui accorde.

- Hm... J'imagine que ça doit être dur pour toi.

- Oui, ça l'est, Yuzu, ne nia pas Ichigo qui sentait toujours ce poignard dans sa poitrine. Mais je suis resté loin d'elle plus de trois ans et ça n'a pas été suffisant pour elle, je lui dois au moins ça.

- Tu ne la récupéreras pas en restant trop longtemps à distance, marmonna Karin en resservant à boire à tout le monde. Franchement, j'ai trouvé ridicule le scandale qui a éclaté après votre sortie au restaurant.

- Moi aussi, admit Yuzu en piochant une cerise confite. Tu n'as rien fait de mal, les gens sont tout simplement méchants et jaloux, voilà tout.

Le roux cligna des yeux tout en attrapant son verre plein.

- Vous ne me jugez pas parce que j'essaye de reformer un couple avec Orihime ?

Il se foutait éperdument de l'opinion publique, mais l'avis de sa famille, c'était autre chose.

- Pour être honnête, répliqua Yuzu qui avait les yeux clos en suçotant sa cerise, je n'aime pas Ashimura san.

Le jeune homme faillit encore s'étouffer avec sa boisson cette fois et dut se tapoter la poitrine. Yuzu ne pas aimer quelqu'un ?! Quelqu'un que beaucoup d'autres appréciaient en plus ?

- Pourquoi tu ne l'aimes pas, Yuzu ? parvint à articuler Ichigo, son souffle revenu.

- Disons que… j'ai l'impression qu'il joue un rôle.

- Comment ça ?

- Eh bien, Orihime chan nous invite souvent chez elle avec papa et Karin chan. Et lorsque Ashimura san est là, on dirait qu'il se force à être gentil, ce n'est pas naturel, lui expliqua-t-elle en prenant une autre cerise dans le bol au centre de leur table. Et puis ses yeux verts, frissonna-t-elle, ils ont l'air de chercher à nous hypnotiser pour cacher ce qu'il pense vraiment. Orihime chan m'a affirmé qu'Ashimura san est très gentil, mais je préfère me fier à mon instinct. De toute façon, leur couple est trop parfait, c'est impossible d'être marié plus d'un an à une personne sans avoir rencontré le moindre problème, acheva Yuzu sur un ton dur que son frère ne lui connaissait pas.

Ce dernier était bouche bée. Rien que le fait que Yuzu désigne Jin par « Ashimura san » mettait clairement en avant la barrière qu'elle dressait entre elle et le mari d'Orihime que même leur père, Keigo ou encore Tatsuki appelaient par son prénom. Mince, Yuzu, sa petite sœur qu'il revoyait remplacer leur mère avec brio dans ses souvenirs, la petite Yuzu toujours souriante, rarement en colère, un peu timide mais sans apriori sur les autres… Elle avait tellement mûri.

- Et toi, Karin, tu penses quoi de Jin ? s'informa-t-il, tourné vers son autre sœur.

L'intéressée haussa les épaules d'un air indifférent.

- Je m'en moque, je n'ai jamais cherché à le connaître.

Voilà une réponse bien sèche made in Kurosaki Karin. Ichigo n'était pas dupe cependant.

- OK, qu'est-ce que vous ne me dites pas toutes les deux ?

Les jumelles échangèrent un regard.

- L'une des raisons qui fait que je n'aime pas Ashimura san, c'est parce qu'il occupe ta place, confessa Yuzu avec raideur.

- Ouais, on a toujours cru que tu resterais avec Orihime chan jusqu'à la mort alors la voir mariée à cet avocat a été un rude coup pour nous, appuya Karin. C'est dur à dire et Orihime chan ne le sait pas mais… si ce n'était pas pour lui faire plaisir, Yuzu et moi n'aurions pas assisté à son mariage.

Ichigo n'avait jamais perdu sa voix aussi souvent en si peu de temps.

- Mais tout le monde me sort qu'elle a retrouvé le sourire grâce à lui, qu'il l'a aidée et…

- C'est vrai mais il n'est pas toi ! renforça Karin, ennuyée. Qu'est-ce qui s'est passé entre vous, Ichi nii ? Pourquoi tu as rompu avec elle ?

Celui-ci expira avant de se passer une main dans ses cheveux, les ébouriffant davantage.

- C'est compliqué, il n'y a pas qu'une raison et je les déteste toutes, avoua-t-il difficilement.

Peinée, Yuzu tendit le bras pour prendre la main de son grand frère sur la table.

- Quoi qu'il ait pu se passer entre vous, c'est du passé, onii chan. Vous n'êtes plus les mêmes et je suis certaine qu'Orihime chan t'aime encore. Elle a conservé tous les cadeaux que tu lui as offerts, comme cette peluche de tigre blanc qu'elle voulait tant ou encore cette superbe montre incrustée de diamants que tu as payée à crédit et que tu lui as donnée pour son vingtième anniversaire !

- Vraiment ? s'étonna le fils Kurosaki, son cœur battant plus vite.

- Ouais à part qu'elle prétend devant Jin que tout ça lui a été offert par d'autres personnes, précisa Karin en roulant les yeux. Ce mec est jaloux comme pas possible même s'il essaie de le cacher, donc pas étonnant qu'Orihime chan ne lui ait jamais dit que tu étais son ex avant d'y être obligée.

- Tout ça pour te dire qu'on te soutient, onii chan ! déclara fièrement Yuzu. Ne te décourage pas, il y a encore une chance pour vous deux !

- Je pense pareil, sourit Karin. Tu as agi comme un idiot il y a quatre ans maintenant, ne recommence pas.

Leur frère ne savait pas quoi dire. Il était vraiment… touché par tant de confiance et de soutien.

- Merci Yuzu, Karin…

L'une lui claqua l'épaule, l'autre pressa doucement sa main.

- On doit y aller, l'heure tourne, lança Yuzu, l'œil sur la pendule du restaurant. Viens, Karin chan, je vais te déposer à ton club avant d'aller en cours.

- Ça marche, répondit sa sœur en se levant. Bon, on s'appelle bientôt pour programmer un autre déjeuner ou un dîner, Ichi nii.

- Ouais, je vous tiens au courant, sourit-il en cognant son poing contre le sien.

- Au revoir, onii chan ~ ! Prends soin de toi et ne travaille pas trop, la santé aussi c'est important ! lui conseilla Yuzu qui contournait la table. Je passerai chez toi pour t'apporter des spécialités que j'ai apprises à l'école.

- Avec plaisir, Yuzu.

Sa sœur se pencha pour lui baiser la joue, et fila vers la sortie avec sa jumelle. Juste avant de franchir la porte, les deux jeunes femmes agitèrent la main vers lui et disparurent à l'extérieur. Ichigo ne resta pas longtemps lui-même, juste le temps de régler l'addition.

Quelques instants plus tard, il roulait vers le bureau. Arrêté à un feu rouge particulièrement long, il laissa ses yeux se poser sur un écran géant qui vantait les qualités de divers produits, accessoires, vêtements et d'autres choses de magasins de grandes marques. Il s'en fichait pas mal lorsqu'une publicité donna naissance à une idée dans sa tête. Le roux consulta sa montre : il avait un quart d'heure devant lui. C'était juste mais il refusait d'abandonner son idée.

Quand le feu passa au vert, Ichigo tourna le volant à droite, soit la direction opposée à celle de la Tour Kurosaki.

{…}

Orihime était exténuée. Elle avait travaillé dix heures aujourd'hui et même si elle avait connu pire et adorait son stage, elle avait hâte de rentrer. Elle ne s'attarda donc pas sur le parking et retrouva vite sa maison vide et spacieuse. Il y avait tant de pièces ici que le silence était encore plus lourd que dans son ancien appartement. Avec un soupir, elle défit son chignon et s'enferma dans l'une des salles de bains pour prendre une douche qui lui fit un bien fou. Après ce moment détente, elle s'habilla avec un pantalon gris simple et un débardeur noir.

Dans la cuisine, elle se séchait les cheveux avec une serviette tout en cherchant de quoi grignoter quand le téléphone fixe sonna.

- Allô ?

- C'est moi, Orihime.

- Bonsoir, Jin kun, répondit-elle d'un ton neutre.

- Bonsoir, je veux juste te dire que je suis en chemin et…

- Quoi ? Tu ne m'appelles pas au volant de ta voiture ? le coupa-t-elle, inquiète.

Jin ne la traitait peut-être pas comme elle le méritait, mais ça ne signifiait pas pour autant qu'elle souhaitait sa mort. Encore moins dans un accident de la route pouvant être évité.

- Non, je suis à la station essence, je ne cours aucun danger de mort ! plaisanta-t-il. Bref, je voulais aussi te dire de ne pas cuisiner ce soir, c'est un jour spécial après tout.

- Euh, d'accord.

- Tu n'as qu'à m'attendre, je ne vais pas tarder, hm ? reprit-il calmement.

- Oui, à tout à l'heure, Jin kun.

- A tout à l'heure, Orihime.

Celle-ci raccrocha en sachant ce qu'il avait prévu : un dîner romantique et des billets d'avion pour un voyage en Australie prévu pendant les vacances de Noël. Pourquoi ce pays, elle ne savait pas. Elle avait simplement entendu son mari en parler à meilleur ami Shodai en rentrant plus tôt un jour. La belle remit le combiné sur son socle mural, le cœur compressé. Jin avait deux visages, il passait de l'un à l'autre de manière si inattendue qu'elle avait encore du mal à s'y faire. Elle le préférait toutefois enjoué qu'en colère.

Chassant cela de son esprit, la guérisseuse retourna à sa tâche qui consistait à trouver des gâteaux en essorant toujours sa chevelure humide quand la sonnerie de la porte d'entrée retentit.

- J'arrive !

Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle lâcha sa serviette, le souffle coupé.

- … Ichigo ?

Après cinq mois sans la moindre nouvelle de lui, le revoilà devant elle sous forme de Shinigami. Il avait vraiment le don de la surprendre, ce n'était pas possible. C'était la première fois que la jeune femme le voyait ainsi depuis son retour et elle nota combien son shihakusho noir contrastait magnifiquement avec ses épais cheveux orange qu'il semblait avoir coupés depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus, seulement ses rebelles cheveux hérissés avaient repoussé à leur guise. Elle laissa inconsciemment ses yeux voyager sur son corps et s'attarder un moment sur son torse. Là, comme ça, avec Zangetsu dépassant de son dos, son regard brun chaud particulièrement intense et sa frange couvrant nonchalamment son front, l'homme qu'elle avait aimé dégageait une telle puissance, une force, un charme incroyable alors qu'il ne faisait que se tenir debout devant elle.

Orihime secoua la tête. Ce n'était pas le moment de sombrer dans ce genre de pensées dignes de la femme qu'elle était il y a quatre ans.

- Salut, Orihime, dit Ichigo, inconscient de l'effet qu'il lui faisait. Je passe sans prévenir mais…

- Mais quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?

D'après son ton, elle lui en voulait encore pour la façon dont s'était déroulée la fin de leur dîner dans le restaurant italien. Il soupira et décida de faire ce pour quoi il était là.

- Je suis venu te donner ça, répliqua-t-il en tendant légèrement les bras.

La princesse baissa ses iris et remarqua la boîte de taille moyenne qu'il tenait. Elle était recouverte d'un papier cadeau bleu marine et d'un nœud de même couleur. Un cadeau. Trop subjuguée par le physique de son ex-petit ami, elle ne l'avait pas vue avant et cela la dérangea, serra son estomac.

- C'est gentil mais je n'en veux pas, déclara-t-elle, prête à retourner à l'intérieur.

Kurosaki Ichigo n'était pas du genre à se laisser faire ou dans ce cas, éconduire. L'avait-elle oublié ? Absolument pas, puisqu'elle s'arrêta dos à lui en l'entendant reprendre la parole comme elle s'y attendait.

- Je t'ai laissé l'espace que tu souhaitais pendant cinq mois, murmura le roux avec une pointe d'irritation. Je ne t'ai pas rendu visite, je ne t'ai pas appelée, pas envoyé de SMS ni même cherché à te contacter par mail durant des semaines et des semaines. Alors est-ce vraiment trop te demander d'accepter ce cadeau en ce jour spécial ?

Orihime se mordit la lèvre inférieure, son petit poing fermé sur son cœur. Mince, il avait toujours de bons arguments pour la convaincre, cela l'agaçait au fond comme si quoi qu'elle fasse, elle ne pouvait lui échapper. Agacée ou non, elle devait bien reconnaître qu'il marquait un sacré point. Quand on connaissait le caractère d'Ichigo, le voir rester à distance durant des mois de quelque chose qu'il désirait ardemment relevait de l'exploit, voire du miracle. Pour cette raison principalement, Orihime pivota sur ses pieds pour lui refaire face.

- Très bien, Ichigo, céda-t-elle. J'accepte ton cadeau.

- Non, je préfère que tu l'ouvres devant moi, précisa-t-il en refusant de lui donner la boîte.

La déesse fronça ses sourcils fins.

- N'exagère pas, je viens déjà de l'accepter alors…

- S'il te plaît, Orihime.

Zut, son regard chaud. Elle détourna immédiatement le sien afin de réfléchir. Bon, sa requête n'était pas si terrible et puis, il lui avait accordé ce dont elle avait le plus besoin après tout : de l'espace plus qu'elle n'en aurait espéré venant de lui. Alors elle lui devait au moins ça.

- Bon, d'accord. Tiens-la bien le temps que je l'ouvre.

Kami sama était contre elle, il n'y avait pas d'autre explication. Craquer si facilement devant lui… Elle ne vit pas le sourire que le Shinigami affichait car elle entreprit d'ouvrir doucement la boîte qu'il tenait fermement. En la détaillant, Hime vit que des trous y étaient percés. Elle ôta le couvercle qu'elle posa sur un meuble à proximité et jeta un œil dans les profondeurs. La première chose qu'elle vit fut une paire d'yeux bleus ronds.

- Qu'est-ce… ? commença-t-elle, les sourcils levés.

Miaouuu ~ ?

Orihime se demanda si ses oreilles ne lui jouaient pas des tours, ce qui était fort probable après sa journée crevante. Perplexe, elle leva ses orbes vers Ichigo.

- Un chat ?

Il hocha la tête.

- Je n'ai pas oublié ce que tu m'as dit la première fois que tu m'as fait entrer chez toi.

L'expression confuse de la sœur de Sora montra nettement qu'elle ne voyait pas à quoi il faisait allusion. Le jeune homme sourit, ça ne l'étonnait pas.

- « J'aimerais avoir quelqu'un qui m'attend le soir ou de qui m'occuper », c'est ce que tu m'as répondu quand je t'ai dit que tu devais te sentir seule ici. J'ai alors pensé que ce chaton pourrait te tenir compagnie, acheva Ichigo qui n'avait pas dévié les yeux une seule fois.

Si on lui avait demandé à quel moment les larmes avaient brouillé sa vue, Orihime ne saurait répondre. Profondément touchée, elle plongea enfin les mains dans la boîte pour en sortir un chaton aux poils gris et rayé noir à l'image d'un tigre, à part que ses rayures étaient plus espacées sur son dos et qu'on pouvait les compter. Ses yeux étaient du bleu le plus beau qu'elle eut jamais vu et il avait une tête adorable. Et il était petit, si petit… Le chaton posa ses deux pattes avant sur son nez quand elle l'approcha de son visage. Le coeur de la beauté auburn fondit.

Sans attendre plus, elle frotta cette jolie boule de poils contre sa joue avant de la serrer tendrement contre sa poitrine. Le chaton bâilla et la fixa en ronronnant doucement, tout en somnolant, l'une de ses petites pattes avant sur son sein gauche maintenant. Sa nouvelle maîtresse sécha son visage trempé de larmes avec sa main libre pour éviter de l'arroser.

- Je lui ai donné à manger avant de venir. J'ai aussi acheté de la litière, un arbre à chat, du lait et toutes sortes de trucs pour les chatons sur les conseils de la vendeuse, lui expliqua Ichigo, content que son cadeau ait fait son effet. J'ai tout posé dans ton jardin en arrivant ici, il y a aussi une brochure qui explique comment s'en occuper et les vaccins nécessaires. Si tu as des questions, dis-le-moi et je t'indiquerai dans quelle animalerie je l'ai acheté afin que tu puisses t'y rendre.

La femme qu'il aimait était si absorbée par le chaton qui dormait à présent qu'il n'était pas sûr qu'elle l'ait entendu.

- Tu sais comment tu vas l'appeler ? sourit-il en la voyant caresser le chaton entre les oreilles avec une infinie douceur.

- Non, je ne sais pas encore mais je vais vite trouver, chuchota la princesse pour ne pas le réveiller.

Lorsqu'elle releva la tête, ses prunelles cendrées étincelaient pour la première fois depuis qu'Ichigo était de retour au Japon. Il pouvait y lire de la reconnaissance, de la joie et… de l'amour. Oui, Ichigo en était certain cette fois. C'était peut-être à cause des paroles d'Ishida il y a quelques mois disant qu'Orihime ne l'avait pas oublié ou bien c'était ce que Yuzu et Karin lui avaient avoué ce midi, mais Ichigo en était sûr : de l'amour pour lui colorait les yeux de la femme occupant ses pensées nuit et jour.

De plus son aura était moins sombre et triste, plutôt apaisée et chaleureuse. Et son sourire... Il était digne de la Orihime qu'il connaissait, c'est-à-dire éclatant, illuminant son visage délicat et aussi efficace qu'un antidépresseur sur l'ensemble de son entourage. Le poignard dans la poitrine d'Ichigo devint soudain moins lancinant. Tous ces signes, c'était exactement ce dont il avait besoin pour continuer à batailler jusqu'à obtenir le coeur de sa Hime comme autrefois.

- Merci, Ichigo, souffla-t-elle sincèrement. Ça me touche beaucoup, tu n'as pas idée.

Ce dernier déposa la boîte vide au sol, s'avança d'un pas, se pencha et l'embrassa sur la joue. Orihime retint son souffle mais ne le repoussa pas, comme si son corps était paralysé par ce trop plein d'émotions. Le frère des jumelles glissa lentement de sa joue à la commissure de ses lèvres qu'il baisa faiblement, attendant une réaction, n'importe laquelle -même éventuellement une gifle. N'en provoquant aucune chez elle, il appliqua complètement ses lèvres sur celles d'Orihime, son nez contre le sien, ses yeux marron immergés dans ses océans argentés confus. Leurs souffles se mêlant, il lisait toujours cette part d'amour dans son regard et ne distingua pas l'habituelle teinte de douleur temporairement absente. Avant que ce sentiment ne refasse surface dans ses océans gris perle, Ichigo attrapa le menton d'Orihime entre le pouce et l'index pour la stabiliser, ferma les yeux, inclina sa propre tête sur la droite et lia sa bouche à la sienne.

Si la belle avait eu l'impression d'avoir le corps paralysé, là, c'était comme s'il était rempli de béton. Incapable de bouger un muscle, elle se contenta de rester plantée là, les yeux écarquillés. Pas pour longtemps. Ichigo savait comment s'y prendre avec elle, comment elle aimait être embrassée et il ne se priva pas de lui faire comprendre qu'il n'avait pas oublié. Il positionna son autre main sur sa fine taille qu'il pressa, avant de la remonter lentement le long de sa colonne vertébrale dans d'incessants aller-retour. Résultat : elle frissonna et libéra le souffle qu'elle tenait. Le Shinigami en profita pour laisser sa langue se faufiler entre ses lèvres humides pour l'embrasser plus profondément, sans pour autant ravager sa bouche comme son instinct le lui hurlait.

Emportée par ce baiser, l'esprit déconnecté, Orihime sépara plus largement ses lèvres pour enfin l'embrasser en retour mais c'est ce moment qu'il choisit pour se retirer, leurs lèvres se frôlant toujours.

- Joyeux anniversaire, Hime, susurra-t-il, ses orbes ambrés l'observant avec une rare intensité.

Il lâcha son menton pour caresser doucement le chaton qui n'avait pas ouvert un œil, puis il plaça sur la nuque de sa princesse son autre main qui stagnait jusque-là sur son dos.

- Ichigo…, débuta celle-ci sans savoir quoi ajouter.

Les doigts emmêlés dans ses longs cheveux cuivrés encore mouillés, celui-ci lui déposa un bisou sur le front en savourant ce contact, les yeux fermés. L'espace de quelques secondes, seule la légère brise nocturne perturba le silence.

- Rentre vite avant d'attraper froid, lui chuchota Ichigo contre sa peau fraîche.

Sur cette recommandation, il disparut en un shunpo. Orihime cligna des yeux, surprise, avant d'être éblouie par des phares : Jin rentrait à la maison. Il avait apparemment la flemme de se rendre au garage puisqu'il laissa son véhicule dans l'allée.

- Orihime, je ne m'attendais pas à ce que tu m'accueilles devant la porte ! s'enthousiasma-t-il.

- Euh…

Ah là, là, les événements s'enchaînaient trop vite pour sa pauvre tête qu'elle secoua une fois de plus pour se remettre les idées en place. Son mari se penchait pour l'embrasser quand il remarqua une chose non identifiée nichée entre ses seins.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? fit-il, intrigué.

- C'est mon chaton, répondit Orihime sur un ton possessif en câlinant son nouveau compagnon. Un cadeau d'Ana chan, elle me l'a offert pour mon anniversaire, mentit-elle à la perfection.

- Vraiment ?

- Uhum !

Jin fixa le félin.

- Il est plutôt mignon, reconnut-il en caressant sa petite tête avec l'index. Mais tu sais que je n'aurai pas le temps de m'en occuper, c'est à toi que revient cette charge, dit-il sérieusement. Tu es sûre de pouvoir gérer son éducation en plus du reste ?

- Oui, pas de problème, jura-t-elle, déterminée coûte que coûte à garder son chaton.

- Très bien, dans ce cas rentrons, conclut l'avocat. Je vais préparer le dîner, une personne a ses vingt-quatre bougies à souffler, sourit-il. Pendant ce temps, toi tu te charges de trouver un endroit où l'installer.

- Um !

Son coeur loupant un battement, elle passa ses doigts sur ses lèvres et son front récemment embrassés, puis entra à la suite de son mari et marcha droit vers le jardin où l'attendait tout ce qui serait utile pour son petit chat.

{…}

Une semaine passa. Orihime commençait son service à l'hôpital le soir cette semaine, aussi proposa-t-elle à Tatsuki un déjeuner sur une terrasse pour profiter des derniers jours de l'été car ça sentait de plus en plus l'automne.

Ce même jour, Jin, qui ne travaillait pas aujourd'hui, revenait d'une séance de basket avec son meilleur ami Shodai. Ce dernier lui ressemblait niveau carrure, mais portait ses cheveux sombres raides jusqu'aux épaules et avait les yeux noirs. Au courant du programme de sa femme avec Arisawa, Jin ne s'étonna pas de ne pas la trouver à la maison. Dans son short, son t-shirt sans manches trempé de sueur laissant voir ses muscles, et ses cheveux ondulés collés sur son front, il en ferait saliver plus d'une. Il était franchement bel homme, mais l'intérieur n'était pas aussi beau que l'extérieur chez lui et c'était bien dommage.

- Je vais nous chercher à boire, le prévint Shodai en se dirigeant vers la cuisine. Ensuite, on reprend et je te laisserai peut-être gagner ! rit-il.

- Toi et moi savons que tu as triché, plaisanta le mari de la princesse encore dans l'entrée.

- Oh, ne sois pas si mauvais perdant, Jin chan ! se moqua son meilleur ami sans se retourner. Tu es juste plus doué pour utiliser ton cerveau plutôt que certaines autres parties de ton corps et je plains ta femme, ça ne doit pas être facile.

- Shodai !

Tous deux éclatèrent de rire. Jin s'apprêtait à monter changer de t-shirt quand son regard se posa sur quelque chose sur l'un des meubles en bois : le portable de sa femme. Elle l'avait de toute évidence oublié. Il le prit sans hésiter et fouilla dedans. Tiens, depuis quand avait-elle un mot de passe ? Orihime aurait-elle quelque chose à cacher ? Pff, aucune importance. Grâce à ses connaissances, il savait comment contourner cette barrière sans perdre son temps à trouver le bon code. Bientôt, il eut accès à toutes ses photos et vidéos (principalement son chaton comme acteur) et tous ses messages reçus et envoyés. Il y en avait de son amie Ana, de Tatsuki, d'Ishida, de Sado, d'Asano, des sœurs Kurosaki, de leur père, de Kuchiki, de Matsumoto… Bon sang, les femmes pouvaient s'envoyer autant de SMS ? Il y en avait au moins trente de Rangiku datant du même jour ! Il n'en lut aucun, ils n'avaient aucun intérêt pour lui et était sur le point de remettre le téléphone à sa place lorsque qu'il remarqua un texto qu'Orihime avait envoyé il y a quelques jours. Il le sélectionna :

« Je te remercie encore pour le chaton. Je l'ai baptisé Kokoro chan, parce que mon cœur se sent moins seul grâce à lui, grâce à toi. Il s'adapte très bien, il est très affectueux et j'ai une raison pour me précipiter à la maison maintenant ! Pour ça, je ne te remercierai jamais assez. C'est le plus beau cadeau que j'ai reçu… Bonne journée. »

Lorsque Jin lut le nom du destinataire du message, des veines pulsèrent férocement sur ses tempes, et sa bonne humeur laissa place à une rage sans nom. Il poussa un cri semblable à un rugissement qui alerta son meilleur ami.

- Jin ? Qu'est-ce qui se passe ? demanda Shodai, une bière dans chaque main.

- Cette saloperie de chat est là ? questionna-t-il en posant le portable et essayant de ne pas le bousiller.

- Euh, non. Pourquoi tu l'insultes tout d'un coup ? Orihime san a laissé un mot sur le frigo disant qu'elle est partie avec lui pour ne pas le laisser seul.

Jin serra les poings presque jusqu'au sang, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes. Ainsi donc, sa femme se sentait seule dans cette maison et lui préférait la compagnie d'un putain de chat. Si c'est de compagnie qu'elle avait tellement besoin, pourquoi ne pas simplement attendre que les rires et les pleurs de leur enfant viennent briser le silence régnant ici ? Pourquoi accepter le cadeau de ce salaud de PDG ?! Le mitrailler de photos, le câliner et jouer autant avec ?! Ce n'était qu'un chat, et lui était son mari, bordel ! Ce bâtard d'homme d'affaires croyait-il vraiment connaître sa femme mieux que lui alors qu'il l'avait abandonnée il y a quatre ans ?! Sa haine écumant de lui, Jin tourna brusquement les talons et s'éloigna à grands pas.

- Attends, Jin ! cria Shodai dans son sillage. Où tu vas ?

- Régler une fois pour toutes son compte à Kurosaki ! beugla-t-il, ses iris verts dilatés. Cet enfoiré m'a suffisamment défié !

Au même moment, Orihime sirotait un jus de fruits en centre-ville. Kokoro dormait paisiblement blottit contre son ventre, dans sa veste, avec juste sa petite tête grise qui dépassait. La princesse craquait pour ce chaton que même Tatsuki trouva mignon.

- Sado kun attend la fin des travaux pour reprendre son travail alors il garde Kokoro chan pour moi quand je vais à l'hôpital. Je ne veux pas qu'il reste tout seul à la maison pour l'instant, c'est encore un bébé, lui raconta la belle qui nageait dans le bonheur. Sado kun et Kokoro chan s'entendent très bien, il a même lu ma brochure afin de bien s'en occuper et a acheté tout ce qu'il fallait pour que Kokoro chan soit à l'aise ~ !

- Ça ne m'étonne pas de Chad, sourit la karatéka en secouant la tête. Mais qu'est-ce qu'il va faire de la litière qu'il a achetée, du stock de nourriture et le reste lorsque Kokoro sera assez grand pour rester tout seul chez toi ?

- Ben, Sado kun va s'acheter son propre chaton, répondit la beauté auburn en penchant la tête et clignant des yeux comme si c'était l'évidence même.

- Bien sûr, ça tombe sous le sens, suis-je bête, ironisa la brune avant d'avaler une gorgée de son soda. En tout cas, je dois avouer qu'Ichigo l'a bizarrement bien choisi, ce chaton.

- Oui, il est adorable et j'adore ses yeux bleus ~ ! Et il est si doux ~ !

Elle gratifia son chat d'un regard tendre, se calma et termina son jus de fruits. C'est là qu'elle prit une expression sérieuse.

- Tatsuki chan.

- Hm ?

- Il y a quelques mois, Ichigo a sous-entendu que tu avais un lien avec notre rupture mais j'ai refusé de le laisser finir, déclara Orihime en serrant son verre vide, troublée par ce souvenir. C'était le soir où il m'a invitée à dîner, j'étais si en colère contre lui… Mais depuis le jour de mon anniversaire où il m'a emb... Enfin, je veux dire que je pense souvent à ses paroles, il faut que tu m'éclaires, acheva-t-elle en toussotant.

- Il a raison.

- Comment ça ? ne comprit pas la guérisseuse, intriguée.

Son cœur se comprimait déjà avec le sentiment qu'elle n'allait pas aimer ce qu'elle allait entendre. Oh, pourquoi chaque fois qu'un semblant de bonheur lui était accordé, ça ne pouvait pas durer ?

- Tatsuki chan, réveilla-t-elle sa meilleure amie qui s'était crispée.

La championne d'arts martiaux dévia le regard, son visage à l'instant détendu laissait maintenant voir un mélange de honte et de résignation.

- Orihime, je… Si je n'étais pas intervenue, Ichigo n'aurait peut-être jamais rompu avec toi mais vous ne seriez pas encore ensemble pour autant à l'heure qu'il est.

O


Et voilà ! Pouah, ce chapitre dans son ensemble m'a franchement tuée ! De toutes mes fictions (celles sur mon blog comprises) celle-ci est la plus émotionnellement difficile à écrire, mais je m'accroche et j'espère que vous accrochez vous-même à l'histoire. J'ai bien aimé écrire la scène avec Ichi et ses sœurs, et donner un petit compagnon à Orihime, je me suis contentée de décrire le chaton de mon frère. Le chapitre 4 contiendra un flash-back centré sur la relation et la rupture d'Ichigo et Orihime. Cette fanfiction est encore en cours d'écriture, mais j'ai estimé qu'elle contiendrait 10 chapitres en tout.

Une lectrice m'a demandé pourquoi Orihime ne se défend pas alors qu'elle est plus forte qu'un simple être humain, et vous vous posez peut-être vous aussi la question. Eh bien, elle possède bien évidemment ses pouvoirs mais elle ne peut avoir recours au Shun-Shun Rikka contre Jin, vous découvrirez pourquoi plus tard. Je tiens tout de même à préciser que je déteste Jin également, ce gars est vraiment un sacré salaud mais il est nécessaire à l'histoire. Quant à Ichigo… je ne dis rien, vous pensez peut-être qu'il mérite de recoller les morceaux avec Orihime ou non. Si ce chapitre ne vous a pas décidé à trancher, le suivant le fera peut-être mais sachez que les apparences peuvent être trompeuses…

Lollita : Sache déjà que je n'ai pas pris ton coup de gueule pour moi personnellement, pas de soucis. Surtout que je comprends ce que tu veux dire, il est vrai qu'Orihime n'est jamais décrite comme ayant réussi professionnellement, du moins dans les fictions françaises que j'ai lues. Toutefois, dans ma fic, tu remarqueras quand même que malgré ses galères Hime est entrée en 5ème année de médecine et qu'elle effectue son stage dans un hôpital d'excellente réputation, cela n'est pas à la portée de tous ! =) Je m'attarderai un peu sur son domaine professionnel dans des futurs chapitres.

Anonyme : Pourquoi je fais toujours des garçons violents envers Orihime ? Ce n'est certainement pas parce que je pense qu'elle le mérite. Disons que ça me permet d'évoquer à ma manière des sujets de société touchant les femmes tels que le viol ou la violence conjugale, des sujets qui me révoltent. Et pour être honnête, écrire ou lire qu'Orihime file le parfait amour avec un autre homme qu'Ichigo n'a rien d'intéressant pour nous, fans du IchiHime que nous sommes =) Perso, je préfère lire qu'elle termine seule que ça xD

Merci à celles que j'ai citées ci-dessus mais aussi à Angie-Tenshi18, FreedomPen, Steru-chan, vava-chan, Bleachihime, Lunara-chan, Ramen96 et tous les autres ! Vos commentaires me motivent à poster, rendez-vous au chapitre 4 ^^