Titre : L'ombre d'une sirène, chapitre 4
Auteur : ylg/malurette
Base : FullMetal Alchemist, 1er anime
Personnages/Couple : Clara ('Psiren') et Lust
Genre : gen
Gradation : PG / K-plus
Légalité : propriété d'Arakawa Hiromu, Square Enix, studio Bones ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Continuité/Spoil éventuel : pré série
Nombre de mots : +665/?
oOo
Quelques jours s'écoulèrent où Clara passa de longs moments à ruminer sur l'idée des talents gâchés, des déceptions et des gens qui voudraient vous forcer à être ce que vous n'êtes pas, à s'interroger sur ses propres choix et ses motivations.
Pourquoi ? se demandait-elle avec humeur,
« Pourquoi… est-ce que je la laisse prendre autant d'emprise sur ma vie ? Je ne la connais pas, elle n'est qu'une ombre sortie de la nuit, je ne connais pas ses véritables intentions, et pourtant je la laisse me parler comme si de rien n'était, me distraire de mes études, du but que je m'étais fixé… »
Clara resta un long moment les yeux dans le vague, le menton reposant sur ses mains croisées. Mais elle finit par reconnaître, amèrement
« Parce que j'en ai envie. J'ai envie de céder à mes désirs, de ne vivre que pour moi-même. »
Elle finit tout de même taire la petite voix au fond de son esprit qui voulait ajouter :
« Et puis, d'où qu'elle vienne et qui qu'elle soit, j'ai envie d'elle. »
Elle ne pouvait pas en accepter trop d'un coup…
L'autre question qu'elle aurait dû se poser, et lui poser directement, elle le savait, c'était,
Pourquoi tenait-elle à avoir tellement d'emprise sur sa vie ? Que cachait-elle vraiment ? Que voulait-elle ? Clara en tant que personne ? L'utiliser ? À quelles fins ?
Il y avait quelque chose dans son sourire et dans ses yeux qui rappelaient un prédateur, comment si elle voulait la dévorer… que ça soit sa chair ou son talent, de manière métaphorique ou littérale. Ces yeux et ce sourire ne quittaient plus sa mémoire. Elle les voyait briller dans les ténèbres de son esprit, la nuit, comme des joyaux aussi précieux que dangereux, et ils l'empêchaient de dormir.
Les dents étaient si blanches, et les iris d'une teinte violette rare et irréelle.
Si Clara s'intéressait un tant soit peu à la poésie, elle trouverait sans doute des comparaisons lyriques pour décrire celle qu'elle appelait sa sirène. Ses cheveux étaient d'un noir profond, noir d'encre, noir nuit noire sans étoile. Sa peau trop pâle avait l'air anémiée, comme celle des vampires des légendes. Et ses yeux, décida-t-elle, avaient la couleur de l'améthyste. C'est ainsi que les romans pour jeunes filles fleur bleue tenaient à décrire leur héroïnes, mais Clara devait admettre que la comparaison tenait la route dans ce cas précis.
Depuis toute petite, Clara avait toujours aimé les bijoux. En grandissant, ça s'était précisé. Elle avait fait ses recherches dessus et connaissait le nom des pierres précieuses, savait les reconnaître, pouvait même leur associer les vertus que les sciences anciennes prétendaient leur associer avant que l'alchimie prouve le contraire, appréciait leur valeur marchande. C'était bien là tout le problème : elle pouvait rêver avec ses amies devant la vitrine d'un bijoutier, ça n'irait pas plus loin.
Elle en avait pris conscience en entendant un jour la remarque de l'une d'elles, Sandra : en plus de s'extasier comme d'habitude sur la couleur des pierres, la beauté des reflets de lumière dans les facettes, l'élégance de l'objet, elle avait lancé qu'elle verrait bien cette bague à son doigt pour ses fiançailles.
Autant l'idée d'un homme lui offrant des bijoux plaisait intrinsèquement à Clara, autant l'idée des fiançailles lui paraissait incongrue.
Jeune fille ordinaire, elle traînait avec ses amies, sortait en ville, acceptait d'aller boire un verre avec des garçons. On la disait sociable, elle était dotée d'un beau visage, elle aimait s'amuser. Mais, contrairement à certaines de ses connaissances qui peut-être comptaient sur leur diplôme d'infirmière plus pour vite épouser un beau médecin que pour faire carrière, elle n'avait nulle envie de se ranger.
Maintenant qu'elle y pensait, l'idée du mariage, des enfants, ne l'avait plus effleurée depuis sa propre enfance, depuis qu'elle avait cessé de jouer à la poupée.
Ce soir-là, elle se plongea dans ses études pensivement, se concentrant difficilement, et regretta que sa sirène ne vinsse pas la distraire.
