Lorsque le chauffeur m'arrêta devant une ruelle sombre, je ne compris pas tout de suite. Je n'hésitai pas longtemps car Jacob vint m'ouvrir la porte et m'aida à sortir. Il me tendit son bras en souriant et m'entraina dans cette rue jusqu'à une porte en fer. Le coin étant glauque, je me mis à stresser légèrement. Je connaissais à peine cet homme et pourtant je l'avais suivi jusqu'ici. Et s'il avait l'intention de me tuer ? Me découper morceaux par morceaux ou pire ! Et dire que personne ne sait où je suis… Puis je ne pourrai surement pas compter sur Oliver pour me sauver ce soir, pas avec Laurel dans le coin. Bon, il ne faut pas que je rentre là-dedans. Allez Félicity, prétexte que tu dois partir, quelque chose, n'importe quoi mais fais marcher ton imagination.

- Ne me tuez pas !

Merde ! Pourquoi les mots franchissaient-ils mes lèvres avant même que j'ai le temps de réfléchir ? Je me maudits intérieurement. Il se tourna vers en souriant et on nous ouvrit. Face à mon air désemparé il rit.

- Rassurez-vous je ne vais pas vous tuer.

Il me tendit la main. Me voyant hésiter il ajouta.

- Faites-moi confiance…

Je lus tellement de sincérité dans son regard que je ne pus que saisir sa main et le suivre. Il me fit monter un escalier en colimaçon et passer une autre porte, m'empêchant à maintes reprises de tomber du fait de porter des escarpins, et nous atterrîmes dehors, sur le toit d'un immeuble et la vision m'enchanta. Il y avait des fleurs et de la verdure partout, un véritable petit jardin avait été recréé et quelques tables étaient disposées au milieu de ce petit bout de paradis. Peu de gens se trouvaient là, rendant ainsi l'atmosphère plus chaleureuse et conviviale. On nous installa à une table et je me perdis dans la contemplation de cet endroit. Lorsque je reportai mon regard sur mon compagnon, celui-ci me regardait intensément, je me sentis rougir et remontai mes lunettes sur mon nez.

- Comment connaissez- vous cet endroit ?

- Lorsqu'Oliver a quitté l'université ou j'étudiais, je venais souvent à Starling lui rendre visite. Ma famille était de revenus modestes donc pour payer mes billets, j'ai travaillé ici. J'adore cet endroit.

Je me demandai combien de femmes il avait bien pu amener ici.

- Pourquoi ne pas avoir demandé à Oliver de vous payer vos frais ?

- Cela serai revenu à choisir la facilité. Et puis je n'aurai jamais connu cet endroit. Vous êtes la première à qui je le fais partager. Je vais devoir vous tuer maintenant que vous connaissez mon secret, ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Je me sentis idiote d'avoir pu penser qu'il me ferai du mal. Nous commandâmes de succulents plats et discutâmes longuement de nous. Du même âge qu'Oliver, sa vie n'a pourtant pas été aussi facile que la sienne. Du moins avant l'île. Il m'apprit comment il avait progressé dans sa carrière professionnelle, les frasques de sa jeunesse, comment il s'était sorti de sa longue période de frasques et les efforts qu'il avait fait pour payer les études de ses deux petites sœurs. En parlant de lui, il se rendait attachant et accessible. J'aurai tellement aimé qu'Olivier puisse se livrer à moi comme il le faisait. Mais il n'était pas Oliver. Quant vont mon tour de parler je lui expliquai mon parcours professionnel au MIT, comment j'avais rejoint la société en tant qu'IT puis ma promotion en tant qu'assistante d'Oliver.

- Il est comment Ollie avec vous ?

- Je pense qu'il est bien différent de la personne que vous avez connu je pense. L'île l'a énormément changé. C'est un patron sérieux, intelligent mais avec un caractère difficile par moment. Il a du mal à accepter qu'il a besoin de notre aide, Monsieur Diggle et moi-même, mais cela reste quelqu'un d'extrêmement compétent.

- J'ai du mal à croire que vous ne soyez que son assistante. Malgré tout, je connais mon ami et j'ai bien vu comment il vous regardait. C'est évident qu'il tient profondément à vous.

- Je suis une employée compétente et dévouée, il estime beaucoup mon travail. De plus, j'assiste à chaque évènement, monsieur Queens c'est donc qu'il peut compter sur mon soutien envers sa famille.

- Il se trouve que demain nous avons tous les deux promis d'assister au gala des Queen pour la campagne électorale de Moira, j'aimerai que vous soyez ma cavalière.

- Je ne suis pas sure que mon patron soit très enthousiaste à l'idée de nous voir arriver ensemble, hésitais-je.

- Ne vous en faites pas, vous ne faites que m'y accompagner et si Oliver vous cause du soucis je lui parlerai. Il n'y a pas de raison qu'il ne vous garde rien que pour lui.

Je ne redis rien à ça. Après tout, lui-même m'avait clairement précisé que ma vie sentimentale ne le concernait pas. Je ne sais pas si j'acceptais par défi envers Oliver ou parce que mon accompagnateur était doté d'un sacré charme. Le repas terminé, il me ramena, m'accompagnant jusqu'à la porte de mon appartement et en partit gentleman, disposa sans tenter quoi que ce soit. Je l'en remerciai intérieurement car connaissant la gêne que j'éprouvais vis-à-vis d'un homme et ma capacité à être mal à l'aise quand ceux-ci s'avérait fort attirants, j'aurai à coup sûr bafouillé et débité un flot ahurissant d'absurdités.

Dès que ma porte fut refermée, j'envoyai valser mecs escarpins et soufflait de bonheur. Demain soir je prendrai une paire de rechange car après le gala, Oliver allait s'attaquer à un nouveau nom et me rendre au QG en escarpins allait finir de m'achever. Le gala… je le redoutais quelque peu, non seulement Oliver et moi étions en froid avec Moira, mais en plus de cela, il allait surement mal réagir à me voir débarquer au bras de Jake. Le seul avantage que je voyais à y aller était que j'allais enfin pouvoir mettre la robe de soirée que ma mère m'avait envoyée en cadeau et qui restait désespérément accrochée dans ma penderie. Je la saisi et caressai le tissu. C'était une longue robe rouge, fluide dont le dos était échancré jusque la chute de reins. Lorsque je l'avais reçu et ouvert le paquet, j'avais cru à une blague et était remontée à bloc, prête à incendier ma mère mais lorsque j'avais lu sa petite carte, je m'étais résolu et avait même adoré son présent.

À ma douce Féli, tu es une jeune femme à présent

Puisse tous les hommes voir à quel point tu es délicieuse,

Ceci tâchera d'en aider certains à mieux voir ta vraie valeur

Cette nuit-là, je dormis comme un bébé et m'éveillai pile à l'heure pour ne pas avoir à entendre Oliver me sermonner. Heureusement pour moi car aujourd'hui, avec la planification de l'attaque de ce soir, Dig et lui étaient sur le qui-vive et réglaient les derniers détails. La journée se passa à une lenteur exaspérante et plus l'heure du gala approchait, plus je paniquais quant à la réaction de mon patron. Par chance, je parvins à l'éviter toute la journée, et m'épargner ainsi son regard inquisiteur qui me ferai stresser et m'enfoncer dans des explications plus que houleuses. Je ne sais même pas pourquoi je culpabilisais, après tout c'était ma vie privée et Oliver était mon patron, je n'avais aucune obligation de lui parler de ma vie.

Diggle partit en premier. Il passera la soirée au QG pour améliorer les dernières zones d'ombres puis Oliver et moi le rejoindront. Lorsqu'il fut l'heure, je pris mes affaires et me dirigeai vers les ascenseurs mais c'était sans compter sur Oliver qui, sorti de je ne sais où, se posta devant moi, me flanquant quasiment une crise cardiaque.

- Est-ce qu'il y a un problème ?

- Bon sang ! Je ne vais vraiment pas vivre vieille, si ça continue je vais faire une crise cardiaque un de ces quatre. Non pas que de te voir me fait mourir mais tes interventions qui arrivent je ne sais quand je ne sais où, là je suis pas sûre que…

- Félicity, me coupa-t-il. Tu ne chercherai pas à m'éviter par hasard ?

- Moi ? Demandais-je avec une voix bien trop aigue pour paraître honnête. Nooooon, bien sûr que non, je veux dire pourquoi est-ce que je voudrais t'éviter ? C'est pas comme si je cachais quelque chose, enfin quoi, je ne suis qu'une assistante et…

- Félicity ! Intervint-il.

Il s'approcha dangereusement, son visage à quelques centimètres du mien et je retins ma respiration. Était-il sérieusement en train de sonder mon visage ? J'étais dans une sale situation moi qui étais aussi lisible qu'un livre ouvert avec les points forts surlignés en rose fluo. Merde, merde, merde, agis Félicity, agis.

- Comment va Laurel ?!

Il cilla à l'évocation de son nom et je feignis un sourire polie histoire de ravaler la panique qui avait gagné mon visage.

- Elle va se faire aider et entrer en cure de désintoxication.

- Bien. Bon je, euh… je vais y aller si je ne veux pas être en retard. Pour ce soir. Au gala. Chez toi.

Pourquoi étais-je incapable d'aligner une phrase potable quand il me regardait ainsi.

- Tu m'en parlerai si jamais il y avait quelque chose qui n'allait pas ?

- Bien sûr Oliver.

Et je partis. Il n'était pas seulement mon patron, c'était aussi un ami, sur qui j'avais toujours pu compter. Et je venais de lui mentir en lui disant que je m'adresserai à lui si besoin est alors que je gardais sous silence mon rapprochement avec Jacob. Et quand il allait s'en rendre compte, il allait se sentir trahi. Il avait déjà énormément souffert et moi qui étais censée être son alliée, j'agissais par pure vengeance. Il fallait que je rattrape le coup. Arrivée au rez-de-chaussée, je remontai dans l'ascenseur et appuyai frénétiquement sur le bouton de notre étage, à croire que ma vie en dépendait. Lorsque j'arrivai enfin dans le hall de notre étage, j'activai le pas en direction de son bureau. J'entrai en trombe.

- Oliver ?

Vide. J'essayai la salle de réunion mais la trouvais désespérément déserte. Un chargé de communication passa par là et je l'interpellai.

- Avez-vous vu monsieur Queen ? Je dois lui parler c'est important.

- Oh, monsieur Queen viens juste de partir, vous m'avez manqué c'est pas de chance.

Il partit et je restais plantée là.

Oui… c'est vraiment pas de chance… me répétais-je à moi-même, hébétée.

En espérant que ce chapitre vous plaira !

Le prochain sera beaucoup du Point De Vue d'Oliver

Merci à vous toutes et tous pour vos reviews, vos abonnements etc c'est super !

Quant à ceux qui me posent des questions ou donnent des avis, hésitez pas, interagir avec mes lecteurs ne peut m'inspirer que davantage !

La suite très vite,

Mortellement vôtre,

Lia L.