Chapitre 3 – Et désormais, je pense.
Quelques lignes pour les habituels remerciements : Toujours un grand merci à Rose Black, ma première revieweuse fidèle au poste, doublée d'un écrivain remarquable ^^. Merci également à Sonia, Albina, Laet, KLM, et Cara Malefoy vos petits mots me vont droit au cœur. Je remercie également ceux et celles qui suivent ma fic sans la commenter, cela montre que vous l'appréciez, malgré votre silence.
La nouvelle du Tournoi des Trois Sorciers avait provoqué une excitation sans précédent parmi les proches de Draco. Cela faisait des années qu'un tel évènement n'avait pas eu lieu – trop de morts, apparemment. Ils avaient tous l'intention de s'y inscrire, et j'espérais méchamment que Parkinson serait sélectionnée et mourrait dans d'atroces souffrances lors de la première épreuve.
Le premier septembre, nous nous rendîmes tous à Londres, pour prendre le Poudlard Express. La barrière à peine passée, j'eus la surprise et la joie de voir Perséphone venir vers moi. Ignorant les regards méprisants et peu avenant des Serpentards qui m'entouraient, elle m'invita à passer le voyage dans son wagon, avec d'autres élèves de notre maison – ce que je m'empressais d'accepter, sous l'œil réprobateur de ma mère qui ne comprenait pas que je puisse m'éloigner un tant soit peu de mon fiancé.
Le compartiment où mon amie me fit entrer était assez grand et déjà bien rempli, de Serdaigles de différentes années. Je reconnu les trois filles qui occupaient notre dortoir, une fille étrange, et très amusante malgré elle, d'un an de plus que nous qui s'appelait Luna Lovegood (et qui changea de compartiment au bout de deux minutes, jugeant celui-ci trop bruyant), deux garçons de quatrième année, et un autre, qui commençait sans doute sa première année, car sa robe ne comportait aucun écusson.
- Anthony, peux-tu nous aider à monter nos malles dans le filet ?
La sociabilité de Perséphone m'étonnera toujours. Elle connaissait pratiquement l'intégralité des élèves de notre maison… Le dit-Anthony nous sourit, et nous débarrassa de nos bagages. Le voyage en leur compagnie fut très agréable, beaucoup plus que celui de l'année dernière, en ce qui me concernait. A un moment, Draco, accompagné de ceux que j'appelais personnellement ses « gardes du corps », Crabbe et Goyle, fit sa petite apparition dans notre wagon. Il ne dit rien, se contentant de jeter un regard désapprobateur sur le sourire que j'affichais sans retenue, et sortit.
- Etonnant, commenta un certain Michael Corner (un Serdaigle de troisième année qui nous avait rejoint), c'est bien la première année que Malfoy ne nous fait pas part de ses petits commentaires méprisants !
- Ah ? Parce que c'est une habitude pour lui ? Demandais-je.
- On peut dire ça comme ça… Me répondit Anthony. Ce type méprise tout le monde, de toute façon. Il a de stupides a priori sur la pureté du sang, la richesse, etc. Son père dont il parle tout le temps était un mangemort, mais il n'a pas été condamné parce qu'on pense qu'il était soumis au sortilège de l'imperium. Mais si vous voulez mon avis…
- Tu penses qu'il a menti au Magenmagot ? demanda Perséphone en ouvrant de grands yeux.
Anthony se pencha vers nous d'un air de conspirateur, et murmura :
- Evidemment. Et je pense qu'il a pris part au carnage de la coupe du monde, si vous voyez ce que je veux dire…
Je ne dis rien. Bien sûr que Lucius Malfoy s'était amusé avec ces moldus. Mon père aussi, d'ailleurs. Et pour les idées reçues sur la pureté du sang, j'avais baigné dedans toute mon enfance, moi aussi… Même si je ne méprisais pas publiquement les nés-moldus, j'évitais généralement de les fréquenter.
- Astoria connaît Malfoy depuis qu'elle est petite, c'est peut-être pour cela qu'il ne nous a rien dit ?
La voix de Perséphone me sortit de mes réflexions. Tous se tournèrent vers moi, et je rougis.
- Oui… Oui, c'est vrai. On ne s'est jamais vraiment entendus, vous savez. Généralement, il ignore ma présence… (Ayant conscience d'être floue face à leurs regards interrogatifs, je poursuivis :) En fait, ma mère est amie avec Narcissa Malfoy. Ce qui fait que j'ai fréquemment à subir sa présence, lorsque je suis chez mes parents… Par contre, je vous garantis que si c'était Parkinson qui avait ouvert la porte, elle ne serait pas partie sans rien dire !
La conversation dévia à mon grand bonheur sur Pansy Parkinson, laquelle n'était visiblement pas très aimée au vu des commentaires qui lui étaient destinés.
Le voyage se poursuivit joyeusement, et même la pluie diluvienne qui s'abattait sur Poudlard ne put entacher ma bonne humeur. Retrouver les Serdaigles était pour moi une véritable libération…
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Le repas de début d'année se déroula dans la même ambiance. Nous eûmes la surprise de voir que notre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal était un ancien auror un peu fou – « Mais Dumbledore est lui-même fou. Un génie, d'accord, mais complètement fêlé. Ce n'est donc pas si étonnant. » commenta Michael Corner. Puis, à la fin du repas, le directeur annonça aux élèves la tenue du Tournoi des Trois Sorciers, provocant une véritable émulation à toutes les tables. Nous n'étions pas beaucoup à rester calmes face à cette annonce.
- Tu le savais ? chuchota Perséphone.
- Malfoy l'a annoncé à ses fidèles, cet été, un jour où j'étais là. C'est son père qui l'a mis au courant, j'ai oublié de vous l'annoncer, dans le train…
Je la regardais d'un air d'excuse, et elle me sourit en me pressant la main. Dumbledore continuait ses explications, quand une nouvelle provoqua des exclamations frustrées : seuls les élèves majeurs étaient autorisés à participer au tournoi. Anthony eut une moue boudeuse et je regrettais que Parkinson n'ait plus la moindre chance de se faire tuer… La cérémonie d'ouverture aurait lieu lors du festin d'Halloween, mais ce tournoi me paraissait à moi aussi bien moins intéressant.
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La fin du mois d'octobre arriva assez vite. Ce début d'année m'emplissait d'entrain : pour la première fois depuis longtemps, je me sentais heureuse. Perséphone n'était plus ma seule amie : nous formions désormais un véritable groupe avec ceux qui occupaient notre compartiment, le premier septembre. Nous nous retrouvions souvent, et cette nouvelle amitié ponctuait ma vie de rires nouveaux. Je connaissais enfin autre chose que les relations froides et calculées de la pseudo-noblesse sorcière – même si j'avais encore un peu de mal à considérer les deux nés-moldus de notre groupe comme des relations – et encore moins comme des amis. Draco et ses amis me laissaient tranquille, même Pansy qui avait tendance à s'accrocher au bras de mon fiancé comme à une bouée de sauvetage. Je la soupçonnais fortement d'être au courant de la promesse de mariage qui liait Malfoy à moi, et de faire des recherches pour pouvoir les rompre. Pour ma part, je savais que cela ne s'était jamais fait, et que notre contrat nous liait à vie… Cependant, je devais avouer que je serais ravie qu'elle trouve une solution à ce problème. Pour ma part, j'y avais réfléchi, et la meilleure solution – et sans doute la plus simple – semblait être de ne pas se marier du tout. Le contrat ne stipulait aucune date limite, et il n'est pas nécessaire de se marier pour s'aimer, n'est-ce pas ? Nous pourrions ainsi choisir avec qui faire notre vie, Draco et moi… Ceci dit, je ne pense pas que Narcissa approuverait ce genre de projets.
Le 30 octobre au soir, nous fûmes tous réunis par maisons pour accueillir les élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang. On sentit une certaine excitation s'emparer des rangs quand les élèves reconnurent Victor Krum, un garçon voûté à l'air maussade, réputé meilleur attrapeur du monde. Lors du repas, les élèves de Beauxbâtons s'installèrent à notre table, à mon grand déplaisir – les garçons semblaient particulièrement sensible à la réputation des françaises… Puis la Coupe de Feu, arbitre impartial fut placée, prête à l'emploi – le lendemain soir, les champions seraient désignés…
Le lendemain, la question du champion de Poudlard était sur toutes les lèvres. Pour ma part, ce tournoi me laissait assez indifférente, et je me forçais à participer à la conversation. Quand la discussion se tourna à nouveau vers Krum, encensé par les garçons et vénéré par les filles, je décidais de me rendre à la bibliothèque, excédée. J'avais hâte que les champions soient choisis…
A la fin du festin d'Halloween, les champions furent tirés au sort : Krum (à mon grand désespoir) pour Durmstrang, Delacourt (une blonde plantureuse) pour Beauxbâtons et Diggory, l'attrapeur de Poufsouffle, pour Poudlard. A la surprise générale, le nom d'Harry Potter sortit également de la coupe. Je glissais discrètement un regard à la table des Serpentards : Draco avait l'air furieux… Puis une lueur malsaine éclaira son regard, et il se pencha vers ses amis, planifiant sans doute une vengeance machiavélique.
Une fois remontés dans notre tour, il semblait évident que personne n'avait l'intention d'aller se coucher. Notre groupe ne fit pas exception, et nous nous réunîmes dans un coin de la salle commune.
- Jamais je n'aurais pensé qu'un élève pourrait contrer les sorts de limite d'âge de Dumbledore ! commença Anthony.
- Et encore moins Potter ! renchérit Michael. Ginny Weasley m'a dit qu'il était très proche de Dumbledore… Et Dumbledore n'avait pas l'air très content de voir son nom sortir de la coupe !
- Vous pensez que c'est une mauvaise blague ? demanda Perséphone.
- En tout cas, je ne pense pas qu'il sera autorisé à participer. Il va se faire démolir, face à des septièmes années !
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Il apparut par la suite que Potter venait de se faire de nombreux ennemis. Il était forcé de participer au tournoi, et l'intégralité des Poufsouffles lui en voulait de voler la vedette à Diggory. Même Weasley, son meilleur ami, semblait lui en vouloir…
Quelques jours après, alors que je sortais de la Grande Salle où je venais de prendre mon petit déjeuner, Draco me saisi par le bras et me dit à l'oreille :
- Nous tenons une petite réunion dans les cachots… Je te conseille fortement de me suivre.
J'indiquais d'un signe de la main à Anthony et Michael que tout allait bien, et je le suivis.
Le cachot qu'ils avaient choisi était vaste, tenant plus de l'amphithéâtre que de la salle de cours, et je m'étonnais de le trouver presque rempli : la presque totalité des Serpentards était présente, ainsi qu'une bonne partie des Poufsouffles, et plusieurs Serdaigles que je ne connaissais pas personnellement. Lorsqu'il me sembla évident que Draco présidait cette réunion improvisée, je ne pu m'empêcher d'être étonnée : il me semblait pourtant que la majorité des élèves de l'école le détestaient, et ne voulaient surtout pas se retrouver sur son chemin… Draco joua sur l'injustice de la participation de Potter au tournoi, qui discréditait l'école et portait atteinte aux Poufsouffles et à Diggory, pour lancer une campagne de déstabilisation du « survivant ». Il distribua ensuite un badge à chacun d'entre nous, sur lequel on pouvait lire « Vive CEDRIC DIGGORY le VRAI champion de Poudlard », message qui changeait en « A BAS POTTER » lorsque l'on appuyait dessus. C'était bête et méchant, et je n'avais aucune intention de le porter puisque le tournoi m'indifférait totalement. Je le montrais d'ailleurs à Perséphone, qui prit une expression écœurée.
Quelques jours plus tard, je me fis violemment saisir le bras par mon fiancé, accompagné de Crabbe, Goyle et Parkinson :
- Je ne vois pas ton badge, ma chère Astoria…
- Et pour cause ! poursuivit Pansy, le regard triomphant, Je ne l'ai jamais vue le porter ! Que se passe-t-il, petite idiote, sa couleur ne va pas avec ton petit uniforme bleu et bronze ? Ou alors, ajouta-t-elle d'un air mesquin… Peut-être que tu soutiens Saint Potter !
Les quatre Serpentards m'entouraient, et je maudis ce manque de courage qui m'empêchait de prononcer le moindre mot. Draco sorti un badge de sa poche, et l'épingla soigneusement sur ma chemise.
- Si je te croise à nouveau sans ce badge, je te jure que je t'en colle un sur le front avec un maléfice de glue perpétuelle…
Pansy ajouta, l'air victorieux :
- Et évite d'avoir des avis sur ce genre de questions… Il serait temps que tu tiennes ta place !
Mes amis furent surpris de me voir débarquer avec cet immonde badge sur la poitrine. Je leur racontais une version simplifiée de l'histoire, et leur rancœur vis-à-vis des Serpentards s'accentua encore. J'étais soulagée qu'ils ne m'en veuillent pas pour ma faiblesse… Ils m'assurèrent d'ailleurs qu'il valait mieux que j'évite de provoquer leur petite bande, car leurs vengeances étaient généralement redoutables…
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Quelques temps plus tard, un soir, j'étais hissée sur un escabeau de près de deux mètres à la bibliothèque – je savais que la magie primitive n'intéressait pas grand monde, mais de là à coincer les livres traitant de ce sujet tout en haut d'un rayon ! – lorsque j'entendis quelqu'un prononcer une formule derrière moi, à voix basse. J'eus juste le temps de me retourner et de voir Pansy Parkinson hilare partir en courant quand mon escabeau s'effondra sur lui-même. Cette sale peste ! Evidemment qu'elle avait trouvé la solution au problème du mariage : il suffisait de me tuer ! Assez discrètement pour que Draco l'ignore, néanmoins : s'il avait entièrement refusé ce mariage, il m'aurait certainement tuée lui-même… Malheureusement pour elle, à part me couvrir de bleus, cette – hypothétique –tentative de meurtre fut un échec. J'entendis une voix vociférer et quelqu'un tenter de me dégager. Je crus tout d'abord qu'il s'agissait de Madame Pince, la bibliothécaire, mais je me trompais : ce n'était nulle autre qu'Hermione Granger, née-moldue, meilleure amie officielle d'Harry Potter et meilleure élève de Poudlard de tous les temps.
- … cette harpie à tête de pékinois, cette bourrique malfaisante, elle n'a vraiment aucune conscience ! Qu'est-ce qui a bien pu lui prendre ?
Elle me tendit la main, pour m'aider à me relever.
- Tu vas bien ? Tu devrais aller voir Madame Pomfresh, et le Professeur McGonagall aussi, tu sais j'ai vu tout ce qui s'est passé, je peux témoigner si tu v…
Elle s'interrompit alors que je me relevais : elle venait de voir le badge épinglé sur ma poitrine. Elle me lâcha la main d'un air dégouté et reparti en sens inverse.
- Attends !...
Elle ne se retourna pas et je saisi sa manche. Elle se dégagea en jetant un regard méprisant.
- Ecoute-moi… Je suis obligée de le porter ! J'ai été menacée par Malfoy et je le mets pour être tranquille ! Je me fiche de ce tournoi, et je n'ai absolument rien contre Potter, au contraire… Je n'ose pas imaginer ce que seraient nos vies s'il n'avait pas vaincu le Seigneur des Ténèbres…
- Malfoy t'oblige à le porter ? Et Parkinson t'agresse quand même ?
Evidemment, les choses n'étaient pas très claires…
- Je les connais depuis l'enfance. Je suis le défouloir particulier de Parkinson, à mon grand déplaisir…
Elle allait parler mais je la coupais.
- Personne ne peut rien y faire, à part aggraver les choses. Je te remercie de m'avoir aidée.
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La première tâche opposant les champions à des dragons avait provoqué une baisse de foi dans le mouvement anti-Harry Potter. Comme plus aucun Serdaigle – et pratiquement aucun élève – ne portait le badge de Malfoy, je décidais d'ôter le mien également. Pour faire bonne mesure, Perséphone réorganisa un itinéraire en fonction de l'emploi du temps de la bande de Serpentard. De toute manière, mon fiancé semblait avoir complètement oublié mon existence, ce qui me convenait parfaitement. Sa relation avec Pansy Parkinson était plus qu'officielle, désormais, au grand désespoir de nombreuses filles, qui auraient bien aimé être à sa place – à mon grand étonnement. D'accord, il était séduisant. Mais il était plus détestable que séduisant, non ?
Alors que les vacances de Noël approchaient à grands pas, des affiches furent placardées dans toutes les salles communes du château, annonçant qu'un bal se tiendrait pour fêter Noël, tradition du tournoi. Au grand désespoir de ma meilleure amie, ce bal était interdit aux élèves de première, deuxième et troisième année, à moins qu'ils se fassent eux-mêmes inviter par d'autres élèves. Pour ma part, je savais que Draco inviterait sans doute Parkinson… J'aimais danser, certes, mais je n'étais pas déçue : je n'avais pas forcément envie de subir un bal d'apparences, comme ceux que donnait Narcissa Malfoy, en accompagnant son fils à celui-ci. Les règles de bienséances et l'étiquette s'appliquant à la vie de toute « Lady » sorcière m'intéressaient de moins en moins… Et me paraissaient bien fades, comparées à la vie que je découvrais en compagnie de mes amis.
Je m'étais donc fait une raison. Néanmoins, il était prévu que je reste à Poudlard pour les vacances, car ma sœur ne rentrait pas – elle était en quatrième année et devait donc se montrer au bal. Elle y allait en compagnie de Théodore Nott, un Serpentard de son année.
Un soir, alors que je travaillais à la bibliothèque sur un devoir de Défense Contre les Forces du Mal particulièrement ardu, Anthony s'assis à ma table et me proposa son aide, que j'acceptais en souriant. Il semblait toutefois distrait, et je lui demandais si tout allait bien.
- Eh bien… me répondit-il, hésitant. Ce n'est pas vraiment grave… C'est juste que je n'arrive pas à inviter la cavalière que j'aimerais avoir pour le bal. A chaque fois que j'aurais l'occasion de lui demander de m'accompagner, je me défile, je trouve quelque chose à faire ou je lui parle de tout autre chose. Est-ce que… Est-ce que tu pourrais me donner un conseil ? J'ai peur qu'elle y aille avec quelqu'un d'autre, si je ne lui demande pas !
Je lui souris. Il avait l'air gêné de demander conseil, et je comprenais qu'il aurait eu honte d'évoquer sa timidité – assez étonnante en soi – aux garçons du groupe.
- Je ne suis pas sûre d'être la meilleure pour donner ce genre de conseils… Je pense que Perséphone serait mieux placée pour cela, elle a tellement envie qu'on l'invite qu'elle a imaginé mille scénarii possibles !
Je ris et il sourit.
- Je sais. Je lui ai déjà demandé, et je me vois mal me mettre à genoux devant cette fille en lui jurant un amour éternel… Je pensais que tu pourrais m'aider à trouver une solution… moins ridicule !
- Eh bien… Si tu as tant de mal à lui parler, écris-lui ta demande. Pas forcément une lettre, mais un petit mot que tu lui ferais passer.
- Ca me semble une bonne idée !
Il me sourit et me proposa de finir le devoir.
- Je crois que j'ai trouvé un paragraphe intéressant dans ce livre. Le dernier de la page 217.
Il me tendit le bouquin et je lisais le paragraphe distraitement, tout en rédigeant une réponse, quand des mots écrits à la main me sautèrent aux yeux : « Veux-tu venir au bal avec moi ? ». Je levais les yeux vers lui, d'un air certainement hébété. Il était tout rouge et sur le point de partir en courant de la bibliothèque… Je revis en un éclair des images de Draco et Pansy, les humiliations des Serpentard, la déception générale de mon entrée à Serdaigle, et l'amitié que me portaient mes camarades depuis cette année. Nos rires, notre soutien les uns envers les autres, le bonheur qu'ils me faisaient ressentir. Et Anthony, le plus âgé de notre groupe, qui était plutôt mignon pour ne rien gâcher…
- Je veux bien.
J'avais conscience que ce choix allait m'attirer de sérieux ennuis. Mais je décidais que ce n'était plus important.
