Bonjour à tous en ce dimanche matin de Paques!

Bonnes paques et bon chocolat à ceux qui en ont. Les autres voilà de quoi vous consoler ^^

Bonne lecture ^^


Chapitre 4 : "Suis-je coupable?"

Milo et Camus avaient trouvés de quoi se déplacer. Ils avaient commencé à pieds mais un camion de fortune transportant des paquets et des bonbonnes d'eau était passé près d'eux. Le conducteur avait tenté de leur demandé quelque chose dans la langue locale, et eux avaient répondu en anglais, coup de bol, celui-ci pouvait leur répondre aussi et au moins les comprendre. Camus lui indiqua leur destination, et ils montèrent à l'arrière avec les marchandises. Ce n'était pas super confortable, mais au moins ils allaient pouvoir avancer bien plus vite que à pieds et sans vitesse lumière.

De plus, à mesure qu'ils se rapprochaient de l'équateur, les deux chevaliers pouvaient clairement sentir leur cosmos se réduire comme peau de chagrin.

« J'aime pas ça du tout..., avait marmonné Milo, en tentant de lancer un Scarlett Needle dans le vide.

- Mais son ongle prenait à peine une teinte rouge pour s'allonger, presque plus de pouvoir.

- Moi non plus... »

Pour Camus c'était différent, tout son cosmos lui servait principalement à rester dans un environnement qui lui correspondait, c'est à dire, rester au frais. Mais arrivait à peine à s'entourer de son manteau de glace à présent et commençait à avoir vraiment trop chaud. Milo le voyait bien, Camus bougeait moins, fermait les yeux et ses joues gardaient toute la journée une teinte adorable mais inquiétante. D'ailleurs Milo avait beaucoup de mal à se retenir de regarder Camus. Il se posait beaucoup de question sur lui, cherchait l'origine de sa douleur qu'il semblait porter sur ses épaules comme des tonnes de métal... Et aussi pour autre chose il le regardait, mais ça, il avait toujours du mal à se l'avouer. Mais ça lui plaisir vraiment beaucoup de voir les cheveux rouge de son compagnon de route flotter au vent, lui dévoilant son visage froid et dur de temps en temps...


Après 4heures de voyage, les deux Chevaliers arrivèrent enfin à leur destination suivante. Immédiatement ils trouvèrent une nouvelle pension où pouvoir poser leur affaires et se rafraîchir avant de partir à la chasse aux informations. Il fallait faire ça au moins pendant la journée parce que de nuit, ça ne semblait pas très sûr. Bien qu'ils furent des Chevaliers très entraînés même sans pouvoirs, ils préféraient éviter de se retrouver dans de mauvaises situations avant d'avoir terminé leur mission.

Alors au bout d'un moment ils finirent par trouver un bateau pour traverser jusqu'à l'île suivante. C'était plus que rustique, mais pourtant c'était bien ce qui semblait être une « compagnie » naviguant pour la communication et le commences entre les îles du coin. Ils étaient pas rendu... Le départ pour la première île se ferait le lendemain matin à la première heure avec les autres passagers. Évidement, la communication avait été une fois de plus plus que compliquée, mais avec de l'argent et de la patience, Camus arrivait à se débrouiller.

Une fois rentrée dans leur hôtel de fortune ils purent s'affaler cette fois chacun sur un lit, séparés par une petite commode. Mais immédiatement Milo vit que quelque chose n'allait pas. Il redressa sa tête et regarda vers son compagnon de voyage.

« Camus ? »

Pas de réponse.

Milo se leva pour faire le tour du lit et poser doucement sa main sur l'épaule de Camus et le secouer doucement. Sans résultat.

« Hey ? Camus ! »

Milo le retourna et commença à le secouer. Toujours rien. Milo s'affola immédiatement, le corps de son ami avait une température bien différente de celle qu'il avait ressentie la veille. Il était chaud et en sueur. Sûrement que c'était trop pour son corps. Sans hésiter, Milo l'attrapa sous les bras et les genoux pour le porter jusque dans la salle de bain. Il le posa dans la baignoire et commença à remplir d'eau froide. C'était bien la seule solution qui lui était venue à l'esprit la de suite. Il prit une serviette qu'il imbiba d'eau et lui posa de suite sur la tête. Venir ici pour lui était une très mauvaise idée, Comment est-ce qu'il allait pouvoir supporter autant de chaleur quand son cosmos n'aurait plus aucun effet ? Milo en avait le cœur qui lui tapait fort dans les oreilles. Pas de doute il était vraiment mort de trouille...

« Mmmh..

- Camus ? Allez réveille toi...

- Quoi ? »

Le Verseau ouvrit ses paupières diaphanes sur Milo, sa masse de cheveux bouclées à moitié trempée et ses yeux paniqués. A son tour alors il sursauta, éclaboussant la moitié de la salle de bain. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Pourquoi est-ce qu'il était dans l'eau tout habillé ? Milo remarqua immédiatement les mains tremblante de son ami et sa bouche crispée. Il fallait le rassurer.

« Tu as perdu connaissance, comme tu avais trop chaud je t'ai mit dans l'eau froide, panique pas. Tout va bien maintenant. Il s'est rien passé !

Camus intégra les mots et analysa la situation avec ce qu'il y avait autour de lui. Non, en effet, les détails lui prouvait que Milo disait vrai et il pu se détendre.

- Merci...

- Tu as vraiment si chaud que ça ?, demanda Milo en s'asseyant par terre à coté de la baignoire.

- Ça a été de pire en pire toute la journée, et je crois que je me suis trop relâché en m'allongeant...

- Ca va être compliqué d'avancer de plus en plus vers Uranie alors... Surtout si on arrive dans un coin désert, il y aura pas d'eau froide pour te foutre dedans..

Camus retira la serviette mouillée de sur sa tête. La sensation d'être une entrave à la progression de leur mission était vraiment très désagréable.

- Je suis désolé...

Milo le regarda, étonné.

- Mais t'excuse pas. C'est pas ta faute, on aurait du tous y penser avant.

- Je vais essayer de me ménager un peu pour pas avoir trop chaud.

- Et bien je serais ton serviteur !, sourit Milo, le menton posé sur le rebord de la baignoire.

Camus lui sourit en retour, doux. Et cette fois Milo eu l'impression qu'on venait de lui écraser l'intérieur de la cage thoracique. Ce fut la douleur la plus cuisante qu'il avait jamais ressenti... Il baissa les yeux et resta sans rien dire. Puis malgré lui sa bouche s'ouvrit pour parler.

- Je peux te poser une question très indiscrète ?

Camus ne souriait plus et retint sa respiration.

- Oui ?, souffla t-il. Enfin ça dépend... mais vas-y...

- Tu es vraiment heureux avec Saga ? »

Mais à peine question fut-elle posée que Milo se vit éclaboussé car Camus venait de se redresser et sortir de la baignoire rapidement. Le Verseau attrapa une serviette et entreprit de se sécher en sortant de la pièce, laissant une traînée mouillée derrière lui. Milo se releva pour aller à sa suite, mal à l'aise.

« Camus... Désolé. Je .. je voulais pas te froisser. Enfin...

- J'ai pas à te répondre Milo.

Le Scorpion resta immobile au milieu de la pièce.

- Peut-être..mais ta réaction m'en dit long...

A l'autre bout de la chambre, il vit les épaules de Camus s'affaisser, on entendait juste le bruit des gouttes d'eau qui coulaient sur le plancher.

- Tu dois te demander pourquoi je te demande ça.. c'est super indiscret et bizarre. Mais .. Je t'ai vu plusieurs fois...Et ça avait pas l'air d'aller. Tu fui toujours... et avant qu'on parte quand tu étais avec Athéna...

Camus s'assit sur le rebord de la table, serrant de toutes ses forces la serviette bien humide.

- Je te demande pas de me parler. C'est .. enfin, je voulais savoir parce que je m'inquiétait. Et tu es bizarre je trouve. Enfin, je comprenais pas tes réactions avant, mais maintenant que je vois qu'on se déteste pas, je me pose beaucoup de questions. Et depuis hier j'ai vu que tu étais pas quelqu'un de snob ou je sais pas quoi. Tu as l'air juste .. complètement perdu.

Camus s'était mit à fixer le vide avec insistance, et était presque sur le point de déchirer entre ses mains le morceau de tissus en éponge. C'était surtout pour ne pas montrer à quel point il pouvait trembler. Comment Milo avait pu voir tout ça ? En deux jours ? Pourquoi lui et pourquoi en ce moment ? C'était bien la première foi qu'on s'intéressait comme ça à lui. Sauf que pour le moment il était bien trop occupé à se retenir de laisser paraître toute réaction pour répondre.

- Je m'excuse, j'aurais pas du être aussi intrusif. On se connaît pas après tout... »

Milo attrapa son sac et retourna dans la salle de bain. Il avait bien besoin d'une douche maintenant. Froide lui aussi. Pour se calmer les idées. Et peut-être que le froid pouvait aussi lui retirer cette douleur lancinante qui ne cessait de croître depuis la veille. A croire qu'il était en empathie directe avec Camus et qu'il le ressentait plus fort que n'importe quelle autre personne n'aurait pu le faire.

Camus n'avait pas bougé de son coté. Il ne savait plus quoi faire, plus quoi dire ou comment agir. Il savait seulement qu'il aurait bien voulu fuir et aller se cacher dans un trou de souris. Loin. Retourner dans sa très chère Sibérie. Mais non, il y avait Milo ici qui semblait lire en lui comme dans un livre ouvert et c'était terriblement dérangeant. Se confier à sa Déesse avait toujours été son seul exutoire. Mais aujourd'hui, Milo s'intéressait à lui, et il semblait si... Honnête ?

Il se mit en branle enfin pour aller prendre ses affaires et étaler ses livres et carte sur la table. A nouveau tenter de se plonger dans la lecture pour le changer les idées. Essayer de récupérer des informations et ne pas penser à Milo... Milo...

Après une très longue douche, froide, puis chaude, puis après avoir tenté de laver ses vêtements humide de sueur avec du savon, Milo était ressorti. Habillé cette fois-ci. Il alla poser ses affaires à sécher sur le bord de la fenêtre. Sans un mot. Il s'en voulait vraiment d'avoir bloqué Camus pourtant il avait réussi à créer quelque chose entre eux, à le pousser à venir vers lui un petit peu. Et finalement il avait encore été trop pressé et curieux. Vraiment cela devenait un défaut à corriger au plus vite. En voulant être trop amicale et comprendre, il n'avait fait que le repousser encore plus loin de lui qu'au départ. C'était vraiment mal parti.

Alors Milo alla s'asseoir à la table avec Camus, en face de lui, et sans parler toujours il se plongea à son tour dans la lecture des différents documents. Tentant de comprendre les différent sigle et les légendes tarabiscotées.

A peine au bout de 10 minutes, il laissa tomber et s'affala sur la table, en soupirant. Ce n'était pas qu'il n'aimait pas lire, mais qu'il était fatigué et qu'il n'arrivait tout simplement pas à arriver à penser à autre chose qu'à sa connerie avec Camus qui restait toujours dans une immobilisme effrayant. Est-ce qu'il était seulement en train de lire ? Oh et puis merde.

« Pourquoi tu refuses de parler de Saga ?, enfonça Milo une fois pour toute.

- tu lâche vraiment pas l'affaire hun ?, soupira camus.

- Non. J'ai vraiment l'impression que tu me cache un truc et ça m'agace.

- Et pourquoi est-ce que ça t'intéresse ? On est même pas amis toi et moi.

- Et pourquoi on le serait pas ? Ca te ferait pas de mal d'avoir quelqu'un à qui parler. Même si je suis qu'un abruti de chevalier sans poste au sein du Palais, et que j'arrive pas à ta cheville ou celle de Saga.

Camus avait à nouveua baissé les yeux. Voilà, il était face au mur, et ce mur il l'avait presque toujours redouté. Il prit d'un seul coup sa respiration.

- Qu'est-ce que tu connais de Saga ? Demanda Camus d'un seul coup.

- Hum.. Pas grand chose. C'est le Grand Pope depuis toujours. Il a été fou, s'est suicidé sous mes yeux, est revenu en spectre, à tué malgré lui Athéna en voulant la sauver. Est revenu avec nous tous, athéna lui a confié sa confiance absolue et l'a nommé Grand Pope sous sa surveillance.

- Oui, mais en dehors des choses officielles.

- Euh... C'est quelqu'un de très calme, intelligent, posé. Je le connais très peu moi, je sais ce que m'a dit Kanon.

- Et il t'as dit quoi ?

- Pas grand chose à vrai dire... Je sais qu'ils sont redevenus très proches depuis leur résurrection. C'est tout, je connais quasiment pas Saga., réalisa Milo en fourrageant dans ses boucles.

- Comme beaucoup de gens finalement. Saga est intelligent, sage, agréable. Il travaille aussi énormément pour racheter toutes les erreurs qu'il a fait à cause de son esprit malade. Je le voyais souvent quand il était grand Pope, sans savoir qu'il était notre supérieur. Je l'admirais beaucoup. Et lui était amoureux de moi... Ca tu dois déjà le savoir.

- Pas dans le détail, mais oui je sais que vous étiez ensembles depuis très longtemps... Ca a du te faire bizarre quand tu as comprit qu'il était le Grand Pope assassin usurpateur...

Camus ferma la bouche et tourna la tête sur le coté. Ses lèvres avaient prit un pli contrit.

- Ouais...

- Quoi ? Camus.. si tu veux me parler je t'écoute, rien ne sortira d'ici...

Milo avait avancé sa main vers celles de Camus, mais se ravisa au dernier moment de les toucher. Camus le vit faire et encore senti son cœur se serrer... Milo se retenait de le toucher juste parce qu'il savait qu'il n'aimait pas ça. Hé bien...

- Je le savais., dit-il d'un coup.

- Que ?

- Qu'il était malade., Avoua Camus, le regard toujours fuyant.

- Comment ça.. Pendant l'absence d'Athéna ?

Milo ne comprenait pas, il était perdu d'un seul coup.

- Oui. Pendant ce temps là.

- Et tu l'as protégé ? Tu n'as rien dit à personne ? Alors qu'il y a des eu des morts ? Qu'il a voulu tuer notre Déesse ?, Milo venait de se mettre en colère et de se mettre debout face à la table.

Il vit Camus fermer les yeux et encore plus se tendre, comme un enfant qu'on allait gifler et qui attendait sa sentence.

- Je ne savais pas qui il était vraiment. Et puis.. Je … tu peux pas comprendre.

- Que veux-tu que je comprenne ? Tu étais de mèche avec celui qui était notre ennemi ! Ce Saga gris !

- Parce que tu crois vraiment que c'était une partie de plaisir ?, explosa Camus d'un coup.

Milo se rassit immédiatement en regardant fixement Camus, il se sentait perdu, complètement largué par toutes ces révélations. Comment Camus pouvait seulement savoir pour Saga gris et n'avoir rien dit à personne? Tant de choses auraient pu être évitées... Bien sûr il ne savait sûrement pas son identité réelle à l'époque.

- Je devais me taire, je ne savais pas et j'avais peur. Il m'aurait tué comme il a fait pour les autres, mais ça... Non. Mais je ne pouvais pas. Ce qui nous ramène à la question que tu m'as posée au début.

Milo remonta le cour de sa pensée et se senti bien mal d'un seul coup.

- Est-ce que tu es vraiment heureux avec Saga. »

Mais cette fois-ci la conversation était terminée. Parce que Camus ne répondit pas. Il avait scellé ses lèvres fines pour essayer de ne pas craquer et c'était finalement levé pour aller regarder par la fenêtre. Milo pouvait bien tirer ses propres conclusions de leur échange, il avait tout ce qu'il était en mesure de dire. Peut-être qu'il n'avait pas tout expliqué, certes, mais le reste .. non. Milo se leva à la suite de Camus et resta derrière lui, sans un mot. Ce n'était plus de la douleur ce qu'il ressentait, c'était pire que ça. Tout son corps en avait mal, tout son esprit était assaillit de tout petits souvenirs à propos de Camus, et toucher du doigt ce qu'il avait pu ressentir était comme se mettre la main dans le feu. Même si dans le fond de cette conversation il y avait quelque chose de positif. Ils avaient parlés, Camus c'était ouvert à lui. Et ça ressemblait en quelque sorte à un début d'amitié.

Milo ne pouvait plus se retenir, il avait envie de toucher Camus, pour lui exprimer son empatie, pour le soutenir quelque part, trouver un moyen, même moindre, de tenter de l'apaiser... Mais il ne pouvait pas... La seule chose qui lui ne lui paru pas trop intrusive fut de passer ses doigts dans ses cheveux. Les fins fils proupre qui descendait jusqu'à ses fesses. Camus ne dit rien, et pourtant il du fermer les yeux car un frisson énorme le prit, de la base de ses cheveux jusqu'à ses reins. Milo vit légèrement les épaules de Camus frémir et prit cela pour une réaction de dégout. Alors il arrêta et s'excusa encore une fois avant de sortir de la chambre. Il fallait trouver à manger. Tant pis pour les recherches, et même s'il n'avait pas faim. Tout ce dont il avait besoin c'était d'air, et il savait que c'était mieux de laisser Camus un peu seul.

Camus, seul dans la chambre ferma fort ses paupières pour empêcher les larmes de couler. Mais c'était bien trop fort, elles débordaient et inondèrent ses joues. Ruisselantes sur ses taches de rousseurs. Il porta ses mains à son visage pour se cacher et glissa à genoux. Les épaules voûtées, le dos arrondit. Prostré dans cette position sous tout le poids qui lui écrasait le corps et le cœur.

Il était en train de tout bouleverser, alors qu'il n'avait pas le droit. Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait plus s'en empêcher ? Alors qu'il avait toujours si bien réussi ? Pourquoi ?

« Athéna.. Aidez moi... »

Mais ses prières restèrent vaines, car le cosmos de sa Déesse ne pouvait venir jusqu'à lui. Ne pouvait venir le réchauffer de sa douceur et son support. Il était juste seul avec lui-même, se rapprochant de son but sans en connaître la véritable délivrance.


La nuit était tombée depuis bien longtemps. Milo et Camus c'était couchés, sans échanger autre chose que des banalités avant d'aller dormir. Mais malgré ça, aucun des deux ne réussi à fermer l'oeil avant des heures peu convenables de la nuit. Et quand ce fut fait. Milo cauchemarda, se réveillant presque toutes les heures. Chaque fois qu'il fermait les yeux, il ne voyait plus l'Enfer, mais les yeux rouges et les cheveux gris d'un monstre qui menaçait une ville entière, ou encore un personnage aux cheveux rouge qui se perdait dans une foret... Il n'avait pas besoin qu'on les lui interprète ces rêves. Milo avait été un peu traumatisé par leur discussion.

Camus lui n'arriva même pas à trouver le sommeil. Tout ce qu'il entendait, c'était Milo sursauter dans son lit très souvent en murmurant « Non ! »... Il n'y avait pas à dire, aucun des deux n'allait assez bien pour soutenir l'autre.

« J'ai le mal de mer..., se plaignit Milo, tentant de regarder l'horizon pour calmer ses nausées.

A coté de lui, Camus eu un petit sourire.

- C'est vrai que tu as pas l'air dans ton assiette.

- J'aime pas le bateau. Je savais pas, on aurait du trouver autre chose...

Les vagues faisaient tanguer l'embarcation, et eux au milieu des autres passagers avaient déjà du mal à passer inaperçus, mais là, avec Milo qui tournait au vert c'était encore pire. Il tentait de se mettre dans toutes les positions pour que ça passe. Mais rien n'y faisait, même l'air à peu près frais du large n'y faisait rien.

- Viens là. »

Camus se pencha vers lui et prit ses deux mains, puis appuya ses pouces sous ses poignets, à un point bien précis. Milo le regarda faire avec un air étonné. Depuis quand est-ce que Camus acceptait un contact physique et surtout après leur discussion de la veille.

« C'est un point acupuncture contre les nausées. C'est très efficace, d'ici 5 minutes ça devrait aller mieux.

- Euh, à bon ?,

Milo resta comme un idiot à le regarder, en plus ça le faisait rentrer dans son espace personnel, c'était troublant. Déjà qu'il avait rêvé de lui toute la nuit... être aussi près de Camus, c'était très troublant.

- Oui. Reste tranquille et respire profondément en attendant. »

Milo ne savait plus quoi faire maintenant. Il avait toujours l'estomac sans dessus dessous et se préparait surtout à devoir enjamber Camus pour aller se vider à coté. Ça aurai un peu casse pieds de gâcher un bon moment comme ça. Il fallait dire qu'il aurait pu profiter du paysage, parce que honnêtement ils n'avaient jamais vu ça ni l'un ni l'autre. C'était tellement beau, l'eau translucide, les poissons colorés, les coraux chatoyants, et cette lumière qui se reflétait sur les vagues légères du Grand large. Non, vraiment il aurait adoré pouvoir en profiter mais c'était assez compliqué parce que pour le moment il devait juste se contrôler à ne pas penser à son estomac et aussi... à la douce odeur de Camus. Il tenta de fixer son attention là dessus, c'était beaucoup mieux... Que sentait-il ? C'était une odeur qu'il connaissait, et qui étrangement lui procurait un sentiment d'apaisement profond.

« Bergamote !, s'exclama t-il, après avoir eu le moment sur le bout de la langue depuis plusieurs minutes.

Camus en sursauta.

- Quoi ?

- Oh pardon, non je cherchais un truc et je viens de retrouver. Tu sens la bergamote.

- Euh.. oui.. C'est mon savon. C'est un truc français., rougit Camus.

- Vraiment ? Tu te souviens de là bas ?, demanda Milo, soudain à nouveau très curieux.

- Hum... non. »

Immédiatement, il vit Camus se renfermer. Mince, est-ce qu'il avait encore mit ses pinces indélicates sur un sujet sensible ? Il semblait bien que oui... Puis il réalisa.

« J'ai plus mal au cœur !

- Ah ! Tant mieux. »

Camus se remit un peu à sourire et le lâcha ses poignets pour reprendre sa position fixe. Milo s'inquiétait pour lui, il avait peur que Camus ai trop chaud, ses joues étaient constamment colorées de rouge, mais il ne disait rien, ne semblait pas trop en souffrir. Sauf qu'il ne pouvait pas savoir si Camus gardait tout pour lui ou pas.

Ils gardèrent le silence encore une fois jusqu'à la fin du voyage. Puis reprirent une carte pour voir qu'ils avaient finalement déviés de leur objectif final. Maintenant il fallait quitter cette ile là pour rejoindre les îlots perdus un petit peu plus au nord. Eux-même avaient senti qu'ils s'étaient éloignés de leur objectif, leur cosmos s'était fait légèrement plus intense. Juste de quoi se garder au frais tous les deux grâce à Camus.

Avec patience ils firent toute la cote à la recherche de quelqu'un qui louait un bateau ou quelque chose comme ça. Et grâce à l'argent béni du Sanctuaire ils ne mirent pas longtemps à trouver ce qu'ils leur fallait : un sorte de barque avec un moteur dessus, et en prime un bidon d'essence. Il semblait que cela soit suffisant pour aller d'ile en ile. Sans attendre, ils prirent la mer de nouveau. Milo était calmé et puis ils avaient prit des vivres pour le voyage et au cas il n'y ai rien à leur arrivée.

Et heureusement. Ils commencèrent à visiter tous les ilos et l'avantage c'est que c'était rapide, soit ils étaient assez petit pour être traversé en quelques minutes, soit les grandes iles étaient bien trop habitées pour abriter une Muse millénaire. Camus suivait leur trajet sur sa carte et barrait tout ce qu'ils avaient visités au fur et à mesure. Vers la nuit tombée il n'y avait toujours rien et c'était plus la peine de chercher à y voir quoique se soit. De plus, ils s'étaient vraiment éloignés de la civilisation. Ils durent se préparer un campement de fortune sous les cocotiers en bord de plage, leur embarcation était au sec sur le sable. Tous deux se regardèrent.

« On a de quoi faire du feu ?, demanda Camus.

- On a l'essence du bateau mais sinon rien pour faire des étincelles, on a pas de briquet, ou d'allumettes.

- Bon.. pas de feu alors. De toute façon on a rien à faire cuir.

- Ouais... C'est nul, on se voit à peine.

Camus ne pouvait pas lui dire qu'il était d'accord ou se plaindre aussi, il était bien là.

- De toute façon je suis crevé.. ça sert à rien de détruire le coin pour quelques minutes.

- C'est vrai... »

Milo s'allongea non loin de Camus. C'était bien moins confortable qu'un lit, mais leur sacs comme oreillers, une veste sur le dos c'était tout à fait supportable. Ils pouvaient s'endormir avec le bruit des vagues et des bestioles étranges dans la foret à coté. Le Scorpion tomba rapidement dans les bras de Morphée, de toute façon avec la nuit qu'ils avaient passé la veille, çe ne fut pas étonnant. Camus mit un peu plus de temps à fermer les yeux, il avait bien trop de blond près de lui et ça le perturbait. Oui.. beaucoup trop. Juste après avoir fermé les paupières, il les rouvrit, le cœur lourd. Milo soufflait régulièrement, plongé dans un profond sommeil, déjà. Camus le regarda comme ça, ses yeux s'étant habitués à l'obscurité. D'un coup il se senti angoissé, mais ce fut presque malgré lui qu'il se redressa et se rapprocha de Milo. Il ne risquait rien là, il dormait. Il n'y avait rien à craindre. Son visage apaisé, sa bouche entrouverte, les boucles s'étalant autour de sa tête et dans son cou... Doucement, Camus se pencha au dessus de lui et déposa un baiser sur sa tempe. Légèrement. La seconde d'après, en se relevant, il vit Milo sourire superficiellement. Finalement, il se dit qu'il n'aurait pas du, parce que maintenant, il avait bien plus mal dans la poitrine encore. Camus retourna à se place et se força à dormir.

Peut-être... bientôt.

Mais il ne fallait pas trop en attendre quelque chose. Il avait déjà bien trop souffert.


A suivre...