Et ça y est, j'ai enfin put posté le quatrième oneshot de ce receuil. Désolée pour l'attente, maintenant le nouveau chapitre est là.
C'est encore centré sur Monspeet et Derieri... il est clair que j'aime vraiment beaucoup ce couple. Cet OS se situe juste après les chapitres 208 et 209 du manga, après qu'Elizabeth ait sauvée Monspeet et Derieri de leurs transformation d'Indura. Je l'ai écrit du point de vue de Derieri, mais peut-être que je vais aussi l'écrire un jour du point de vue de Monspeet... ce serait intéressant.
Sinon, si vous avez une petite critique, je suis ouverte pour chaque idée et conseil qui me permettera de m'améliorer dans mes écrits de Seven Deadly Sins. Sur ce, bonne lécture !
Silent Vow
Quand Derieri revint à elle, la première chose qu'elle ressentit fut une douleur sourde qui semblait s'être emparé de tout son corps. Elle avait des difficultés à bouger et de plus elle ne sentait plus son bras gauche. Et pourquoi son corps semblait-il aussi lourd ?
Seule une douce chaleur familière, qu'elle n'arrivait pas encore à localiser, lui donnait une impression de protection et de sureté. Un peu comme la tendresse fraternelle que Daralys avait pour elle, mais cette douce chaleur était encore différente.
En se rappelant sa sœur, les souvenirs d'aujourd'hui lui revinrent en mémoire… la mission pour sauver les otages prisonniers de ces crapules de déesses qui s'était avéré être un échec, les pourparlers avec Elizabeth qui n'ont aboutit à rien, l'Omega Ark de ce bâtard de Ryuduciel qui avait tué tous les otages, dont sa sœur chérie… le combat contre trois des quatre archanges, jusqu'à la décisions d'elle et Monspeet de sacrifier six de leurs cœurs pour se transformer en Indura. Tout était floue pour Derieri à partir de ce moment-là, elle avait seulement un très vague souvenir d'un combat, d'une éblouissante lumière, la sensation de tomber dans le vide… après, tout était noir.
Daralys… Daralys… DARALYS !
Soudain, tout devint définitivement clair pour Derieri… Sa sœur ainée, sa seule famille, sa tendre, courageuse et bienveillante Daralys… elle était morte. Parce que ces fils et filles de chiens du clan des Déesses en avaient décidé ainsi, de tuer des simples civils du clan des Démons… Derieri avait l'impression que son dernier cœur se brisait. Comme s'il se reconstituait pour après se briser encore et encore. Elle, un membre des Dix Commandements, n'avait pas réussie à sauver sa propre sœur…
Derieri grogna de colère. Il lui fallait continuer de combattre, elle devait faire payer Stigma. Cent fois plus, mille fois plus… ils devaient payer pour cet acte horrible et Derieri ne trouverait aucun repos avant d'avoir sa vengeance. Déesses, géants, fées, humains… Comment osaient-ils tuer des innocents ? Des innocents qui n'avaient rien à voir avec la Guerre Sainte ! Stigma n'était rien d'autres qu'un ramassis de bâtards, pleutres, lâches et froids.
L'esprit embrumé de rage, Derieri essaya de se relever… et remarqua à cette occasion que son bras gauches ne lui obéissait plus. Elle ne le sentait même plus du tout. Derieri ouvrit les yeux, complètement terrifié. Au lui de son bras fort, elle découvrit un simple moignon.
Comment… quoi… quand… pourquoi…
Derieri n'arrivait plus penser calmement, c'était trop. La goutte d'eau qui fait déborder le vase ! Elle voulait crier, rager, maudire, faire part de sa douleur et de sa rage dans toutes les contrées de Britannia. Mais rien de tout ça ne sortait de sa bouche.
Ma sœur… les otages… mon bras… Stigma, sale… Pardonne-moi, Daralys… Je n'ai pas put… comment pourrais-je te venger et les autres… sans mon bras… Stigma, je vais… Ryuduciel, Elizabeth, Sariel, Tarmiel, Nerobasta, Déité Suprême, toutes déesses… je vais venger les otages… mais mon bras… saletés de déesses, saletés de géants, saletés de fées, saletés d'humains… Daralys, ne me laisse pas seule… je dois… Daralys, où est-tu…
Derieri ne s'était même pas rendue compte qu'elle avait commencé à sangloter. Des larmes coulèrent le long de ses joues, créant de petites cascades. C'était un cauchemar. Elle allait se réveiller, Daralys se tiendrait près de son lit… mais ce n'était pas un rêve !
Soudain, deux bras forts l'enlacèrent, entourant son corps tremblant et la serrant contre un torse musclé. À nouveau, elle senti cette douce chaleur si familière de tout à l'heure… Monspeet ! Il était encore là, il vivait encore… il était là. Du soulagement se mélangea à sa douleur, sa tristesse, sa colère et sa haine. Derieri se serra contre lui presque malgré elle. Elle avait tant de besoin de savoir, d'avoir la certitude, que Monspeet était là, avec elle. Qui d'autre serait là, maintenant que sa grande sœur lui avait été prise ?
« Mon… Monspeet… »
« Comment te sens-tu, Derieri ? »
Sa voix laissait percer de l'inquiétude. Derieri ne répondit pas, n'arrivait pas à trouver des mots susceptibles d'expliquer le chaos émotionnel qui la ravageait. Comment le pourrait-elle ?
La démone souleva simplement ce qui restait de son bras gauche. Elle entendit Monspeet inspirer fortement, mais elle avait trop honte pour le regarder. De plus, elle n'arrêtait pas de penser à Daralys, aux otages, aux évènements d'aujourd'hui. Mais quel genre de guerrière était-elle ? Elle faisait partie de l'élite du monde souterrain et n'avait pas réussis à sauver des vieux, des femmes et des enfants de son propre clan. Elle était si pathétique.
Derieri sentait vaguement que Monspeet touchait le moignon de son bras. Avec une immense douceur, comme s'il craignait qu'elle ne se brise. Cela aida Derieri à mettre un peu d'ordre dans ses pensées et de se calmer un petit peu.
« Déesses mon cul… quel clan de merde. »
C'était les déesses qui avaient commencé la guerre sainte. C'était leur clan qui était coupable de tout… Derieri essaya de se relever, mais son corps douloureux l'en empêchait. Elle tomba contre Monspeet et essaya à nouveau de se mettre sur pied.
« Derieri, qu'essaye-tu de faire ? », demanda Monspeet alarmé, plus inquiet qu'elle ne l'avait jamais vécu, surtout depuis qu'il avait son commandement.
« De quoi j'ai l'air ? Je vais aller me battre contre ces foutus membres de Stigma et venger Daralys et les autres otages ! »
Rien n'allait l'en empêcher. De toutes façon, elle devait le faire. Le Commandement de la Pureté essaya à nouveau de se lever. Mais cette fois, ce fut son compagnon d'armes qui l'en empêcha.
« Merde, Monspeet, que fais-tu ? Lâche-moi, idiot, je dois… »
« Mais réfléchi, Derieri ! Nous sommes tout deux affaibli après notre maudite transformation en Indura ! Attaquer Stigma maintenant c'est signer notre arrêt de mort ! N'oublie pas, nous n'avons plus qu'un seul cœur et Indura n'est plus option à présent. Dans notre état actuel, nous n'avons aucune chance contre les quatre archanges et les autres guerriers de Stigma. Je comprends ton désir de vengeance, Derieri, mais je suis incapable de te laisser te faire tuer inutilement. »
Derieri voulait protester, mais n'arrivait pas à trouver de bons arguments. Monspeet avait raison, après tout. Dans sa condition actuelle, elle n'avait aucune chance contre Stigma et le clan de Déesses. Il lui faudrait attendre un moment avant de retrouver assez de forces pour pouvoir se venger. Mais Derieri détestait être faible ainsi. Sa sœur a été tuée, bon sang !
Monspeet l'enlaçait, comme pour la soutenir et pour aussi l'empêcher de courir à une mort certaine. Combien de fois l'avait-il protéger, retenu avant qu'elle ne fasse une bêtise ? Derieri ne le savait pas. Ils avaient étaient une équipe depuis le début et même durant leur transformation en Indura, ils avaient été ensemble. Derieri ignorait ce qu'elle ferait sans Monspeet. Elle ne pouvait pas le perdre, lui aussi !
Rien que cette pensée la fit à nouveau pleurer. Monspeet la berçait doucement dans ses bras, la laissa exprimer son chagrin. Mais pourquoi ne se ménageait-il pas ? Il devait lui aussi terriblement souffrir. Ressentait-il aussi du chagrin, une infinie tristesse ? Après tout, il avait été lui aussi proche de Daralys et sa sœur avait toujours aimée Monspeet.
Elle à simplement été trop timide pour le lui dire… et maintenant… et maintenant…
Derieri n'en pouvait plus. Elle avait honte d'être aussi impuissante, d'être aussi faible. Daralys était morte, les otages étaient morts, la bataille était perdue, son bras gauche n'allait jamais repousser… Elle ressentait tant de haine, de tristesse, d'impuissance, de désir de vengeance, tout se mélangeait en une spirale qui lui faisait presque perdre la raison.
Heureusement que Monspeet était là. Il lui caressait la tête comme à une enfant et la serrait contre lui. Il était le seul vrai soutien pour Derieri. La seule famille qui lui restait, en fait. Au fond d'elle, elle ressentait qu'elle serait brisée si elle le perdrait, lui aussi.
Merde, Derieri, n'y pense pas… N'y pense pas, n'y pense pas ! Tu as bien assez souffert aujourd'hui sans rajouter du sel sur les plaies. Tu n'as pas perdue Monspeet ! Mais ce n'est pas facile…
Derieri ignorait combien de temps elle pleurait dans les bras de Monspeet. Elle finit par se calmer un peu. Elle ne l'avouerait jamais, mais pleurer lui fit du bien. Elle en avait tout de même honte. Mais sa haine contre Stigma, les quatre clans et en particulier les déesses n'avait pas cessé. Elle était toujours en Derieri, renforcé pas les évènements de cette horrible journée.
Le commandement de la Pureté toucha son moignon. Elle était gauchère. Comment pourrait-elle continuer de se battre avec seulement son bras faible ? Comment pourrait-elle utiliser à nouveau son Combo Star ? Qu'elle honte elle était pour les Dix Commandements.
Derieri frissonna, quand Monspeet caressa à nouveau son moignon avec une infinie douceur, tout en disant : « Je sais que ton bras ne repoussera jamais. Mais il y'a sûrement un moyen pour que te puisse l'utiliser, d'une autre manière. »
« Quoi donc, tu veux trouver un moyen de le faire repousser ? Ne dis pas de merde, Monspeet. Mon bras gauche est foutu et sans lui je suis impuissante. Je suis une honte pour les Dix Commandement. Laisse tomber, je ne veux pas être un fardeau pour toi. »
« Ne dis pas de bêtise ! », s'écria le commandement du Silence, plus énergique que d'habitude. Monspeet la toucha au menton pour l'obliger à regarder et jamais elle ne l'avait vue avec un regard aussi décidé. Il continua plus doucement : « Ne dis pas ça, Derieri. Tu n'es pas une honte pour les Dix Commandements. Ton bras gauche ne repoussera pas, je le sais bien. Mais il y'a d'autres moyens. Des notre retour au royaume souterrain, nous allons chercher une alternative pour ton bras, toi et moi. Nous sommes une équipe, Derieri. La perte de ton bras n'y changera rien. »
La démone ne pouvait que le regarder avec de grands yeux. Elle lui était s'y importante en tant que partenaire ? Son expression était comme toujours aussi neutre que possible, mais son regard si décidé donnait encore plus de profondeur à ses mots. Que pouvait-elle encore y ajouter ? C'était tant d'émotions que la fatigue finissait pas la gagner.
Monspeet semblait vouloir ajouter quelque chose. Derieri le regarda, attentive, mais il ne dit rien. La démone soupira. Ce n'était jamais facile de savoir ce qu'il pensait, ce qu'il ressentait. Pas étonnant, avec son commandement. Peut-être qu'elle s'était trompé et qu'il ne voulait rien ajouter.
« Je suis désolée, Monspeet. Tu as raison… je ne suis pas une honte pour les Dix Commandements. C'est juste… aujourd'hui… enfin… »
« Je comprends, Derieri. Repose-toi… Je ne crois pas que Stigma reviendra ici. Des que tu te seras assez reposée, nous allons rentrer à la maison. »
« Si tu te repose aussi », répliqua Derieri, fatiguée, tandis qu'elle se rallongea sur l'herbe. Monspeet semblait un moment surpris, mais il hocha la tête et s'allongea à coté d'elle. Derieri posa la tête sur son torse et sourit presque quand Monspeet posa un bras protecteur sur elle. Elle finit pas s'endormir profondément.
Derieri… pardonne-moi, j'ai échoué de te protéger aujourd'hui. Se transformer en Indura était finalement un trop gros risque, même contre Ryuduciel. Je n'aurais jamais dut… pardonne-moi, Deri. Plus jamais je ne te laisserais subir quelque chose comme ça.
Je ne pourrais pas faire ce serment à voix haute, mais je jure par tous les cinq clans de protéger Derieri à présent avec tout ce que j'ai, même si je devrais sacrifier mon dernier cœur pour la sauver… Je suis prêt à tout pour elle.
