Avant d'entamer ce chapitre, je tenais à remercier ma première reviweuse:
Lizzs: merci pour ton commentaire et tes encouragements, ça m'a fait très plaisir et je ne te cache pas que ça m'a grandement stimulé pour poursuivre mes publications. En ce qui concerne les commentaires ce n'est pas surprenants^^ C'est toujours un peu compliqué avec les fics sombres, ce n'est pas un genre très populaire mais je continuerai à faire mon maximum pour vous offrir des chapitres de qualité, encore merci pour ton commentaire.
Ce chapitre nous plonge pour la première fois au cœur du mystère qui entoure Hestia, soyez attentifs et bonne lecture!
L'attente du retour de Dumbledore me sembla interminable. Comme prévu, sept jours avant la rentrée il vint me chercher. Nous passâmes d'abord à Gringotts où Dumbledore me mena au coffre de nos parents. C'était incroyable, je n'avais jamais vu autant d'or, des pièces dorées empilées formaient des colonnes jusqu'au plafond, il y en avait assez pour qu'on ne manque de rien toute notre vie. Mère et père avaient pensé à tout, peut-être savaient-il déjà ce qui allait leur arriver et qu'on finirait par se retrouver seules.
Je remplis généreusement la bourse et nous quittâmes la banque pour le chemin de travers. Ce jour là Dumbledore fit preuve d'une infinie patience avec moi. Je marchais lentement et je m'arrêtais devant chaque boutique, chaque étale, chaque magasin pour observer les articles et le bombarder de question. Il dut presque me traîner de force hors de la ménagerie magique où je passai une bonne partie de la matinée à m'amuser avec les animaux.
Le choix de ma baguette fut fastidieux. Olivander était un homme étrange, lorsque les autres commerçants seraient agacés de me voir mettre leur boutique à sac sans trouver ce qu'il me fallait, il semblait plus excité à chaque baguette qui ne me correspondait pas.
—Une jeune demoiselle qui sait ce qu'elle veut, dit-il en reprenant sa baguette, bois d'érable et ventricule de cœur de dragon. Pourtant à vous voir comme ça vous ne payez pas de mine, a-t-il déclaré, un sourire un peu fou sur les lèvres en s'engouffrant une nouvelle fois dans les rayons de la boutique. Même s'il n'était pas le premier à me dire que j'étais petite et chétive pour mon âge, ça remarque m'agaça et lorsqu'il m'apporta une nouvelle baguette, je ne me sentis aucunement coupable d'avoir presque mit le feu à son comptoir. Durant tout ce temps, Dumbledore était resté silencieux dans un coin de la boutique, un sourire bienveillant aux les lèvres.
—Je vois, je vois, marmonna-il en éteignant distraitement les flemmes. C'est une curieuse enfant que vous nous amenez là, Dumbledore.
—Je savais que cela vous intéresserait, Garrick.
Mais même l'enthousiasme du fabriquant de baguette avait ses limites et lorsqu'il repartit dans ses rayons, je voyais à son air perplexe qu'il commençait à être à cour d'idées.
—Voyons voir…ceci, 32.9 centimètres, d'une finesse étonnante.
Il me confia une boite poussiéreuse où était nichée une baguette noire au manche finement ciselée. Un sentiment étrange me parcourut lorsque je la pris en main. Je fis le geste et toutes les bougies de la boutique s'allumèrent soudain.
—Prodigieux...oui, magnifique, déclara Olivander en riant à gorge déployée. Je désespérai de la voir un jour trouver son propriétaire…enfin, en l'occurrence sa propriétaire.
J'interrogeai Dumbledore du regard, il posa sa main sur mon épaule.
—Que voulez-vous dire, Garrick ? Demanda-t-il alors qu'Olivander emballait déjà ma prochaine acquisition.
—Je dis toujours à mes clients que chaque baguette est unique, mais il se trouve que celle-ci est exceptionnelle, j'y suis particulièrement attaché. Je l'ai fabriqué durant un voyage en Europe du nord où je suis tombé gravement malade, les guérisseurs disaient que j'étais condamné. Un soir alors que la fièvre me rongé dans mon lit, j'eu la visite d'un étrange oiseau au plumage du blanc le plus pur, il me regarda longtemps dans les yeux et à mesure que le temps passait, je sentais mes forces me revenir. J'aurais pensé à un rêve si le lendemain en me levant je n'avais trouvé au pied du lit une de ses plumes…et j'étais guéri, c'était un miracle ! Alors je décidai de faire honneur à cette créature qui se révéla être un Caladrius, un oiseau mythique très rare possédant de grands pouvoirs de guérisons. Je cherchais longtemps parmi les bois les plus rares et les plus précieux celui qui correspondrait le mieux. Je choisis finalement le noyer noir, c'est un bois magnifique qui a des affinités avec les sorciers puissants et instinctifs, mais particulièrement sensibles aux conflits intérieurs.
« Voyez-vous, si le sorcier se montre incapable de rester honnête envers les autres et surtout envers lui-même, la baguette perd ses pouvoirs de façon spectaculaires. Jumelée à un sorcier sincère et loyal, elle se montre incroyablement fidèle et étonnement efficace pour les sortilèges. Soyez très prudente, Miss Dolohov ! S'exclama-t-il soudain, me faisant sursauter. J'ai toujours pensé que le ou la sorcière qui serait choisi par cette baguette ferait le plus grand bien, cependant, méfiez-vous des autres autant que de vous-même, être condamner à faire de grandes choses ne fait pas nécessairement de vous quelqu'un de bon.
Je plissais les yeux, son regard gris et pénétrant me mettait mal-à-l'aise et je ne comprenais pas vraiment ou il voulait en venir. Je sentis Dumbledore me tapotait l'épaule.
—Bien, je crois qu'on va y aller, nos achats nous attendent et je pense que quelqu'un à très envie de gouter aux glaces de Mr Fortarôme, déclara Dumbledore en me faisant un clin d'œil.
Je sortis ma bourse et piochai les sept galions que coutait ma baguette.
—C'est inutile, m'interrompit Olivander en levant la main.
Je restais interdite, les joues cramoisies. Les sorciers n'ignoraient pas le drame que j'avais vécu et je fus vexée de penser qu'il le faisait par charité.
—Pourquoi ? Ne pus-je m'empêcher de demander, j'eus soudain peur d'avoir été impoli mais Olivander ne s'en formalisa pas.
—Parce que j'en avais décidé ainsi le jour où j'ai crée cette baguette. Si vous voulez me remercier, terminez vite vos études, que mes oreilles se délectent du bruit de vos exploits.
Je fus à la fois flattée et crispée par ses paroles. D'un coté, jamais personne n'avait autant eu confiance en mes capacités et de l'autre, je doutais de pouvoir égaler un jour l'être que Mr Olivander me pensait devenir.
En sortant de la boutique, j'avais déjà oublié ce qu'il m'avait raconté. Ces paroles n'avaient pas beaucoup de sens à ce moment là et seule la joie d'avoir enfin ma propre baguette occupait mon esprit. Ce n'est que quelques années plus tard que je réalisais à quel point il avait vu clair en moi : cette baguette était effectivement destinée à accomplir « de grandes choses ».
Ma joie n'en était que plus intense car je savais que ma baguette était spéciale, je me sentais vraiment sorcière. Le soir même je dormis avec et les jours suivant, elle ne me quittait plus. Je fus déçue de ne pas pouvoir me procurer d'animal, je voulais un chat noir comme dans les contes de sorcières que je lisais à l'orphelinat mais les animaux n'étaient pas autorisés à Wool.
—Comment se passe ton séjour à l'orphelinat ? M'avait demandé Dumbledore alors que nous dégustions des glaces sur la terrasse de Florien Fortarôme.
Sa question me surpris. Je savais que le professeur Dumbledore était quelqu'un de gentil et soucieux de ceux qui l'entouraient mais je n'étais pas dupe, son intérêt et sa présence, bien que réconfortants, n'étaient dus qu'à sa fonction de professeur. Je prenais soin de garder mes distances avec lui, j'avais l'habitude que des personnes quittent ma vie au moment où je m'attachais à elles.
—Ca va, répondis-je de manière laconique en revenant à ma glace à la pistache.
—Je vois.
Lui-même mordit dans son esquimau au citron en silence, il observait les passants d'un air serein, parfaitement détendu.
—La vie chez ta tante ne te manque-t-elle pas ?
Je laissai tomber ma cuillère dans ma coupe à présent vide. Le regard dur, je suivais des yeux un jeune garçon courir derrière un ballon rouge, sourd aux protestations de sa mère. Je répondis d'une voix sans émotion :
—Avec Mrs Hurst, je n'ai connu que l'indifférence, le mépris, la cruauté. Pour elle, je n'étais que le monstre qui était venu mettre la pagaille chez elle. J'aurais pu la comprendre, je lui aurais été reconnaissante de nous avoir recueilli, ma sœur et moi si chaque jour que dieu faisait elle ne m'avait pas rappelé que je lui devais mon pain et mon lit. Je crois bien qu'à la fin, j'ai fini par la haïr.
—C'est ce qui t'a poussé à lui faire du mal, ce soir là ?
Mes iris vertes rencontrèrent le bleu limpide de celles de Dumbledore, comment avait-il su ? Je ne ressentais aucune gêne à ce qu'il sache que j'avais failli la tuer, quelque part, j'en étais peut-être même fière.
—Je dois cependant te prévenir, Hestia. A Poudlard, il est interdit d'avoir recours à ce genre de moyens pour régler les conflits, tu n'as aucunement le droit d'utiliser la magie pour nuire à autrui.
—Ne vous inquiétez pas pour ça, le coupai-je, nullement désarçonnée par ses remarques. Je ne crois pas pouvoir haïr suffisamment quelqu'un pour lui vouloir du mal. Avec Mrs Hurst c'était différent, je voulais vraiment la voir souffrir…est-ce mal ?
Le garçon finit par attraper son ballon, il le serra tellement fort qu'il finit par éclater entre ses petits bras, le faisant fondre en larmes.
—Ce n'est pas très charitable en effet, répliqua Dumbledore, le regard un peu plus dur. Mais c'est compréhensible, après tout, c'est le propre de l'être humain que de vouloir se venger.
Malgré ces belles paroles qu'ils voulaient rassurantes, je voyais bien que Dumbledore me considérait d'une nouvelle manière, comme tu dois sans doute le faire. Ca va te paraitre étrange mais je n'y ai jamais réfléchi, à ce que j'aurais pu faire à Mrs Hurst si les domestiques n'étaient pas arrivés, je ne sais pas si j'aurais eu le courage de ne pas lui faire de mal.
J'interrogeai Dumbledore du regard et il interrompit sa contemplation en retrouvant son sourire.
—Tu me fais beaucoup pensé à un garçon que je connais. La première fois que je l'ai rencontré, il avait ton âge…
—Est-ce de Tom dont vous parlez ? Répondis-je du tac au tac.
—Tom ? Interrogea Dumbledore, l'air surpris.
Je rougis de ma bêtise, j'avais indirectement révélé à Dumbledore que j'avais espionné sa conversation avec Mrs Cole. Dumbledore avait retrouvé son sourire bienveillant, nullement ennuyé par ma curiosité, il me répondit calmement.
—Je vois que ma conversation avec Mrs Cole ne t'a pas échappé, tu as vu juste, c'est bien de Tom dont il s'agit…mais nous en parlerons une autre fois, pour l'heure tu dois rentrer.
Le soir même, Agnès m'observait entrer dans la chambre chargée de paquets la bouche ouverte, il est vrai que j'étais assez encombrée. Je ne lui permis pas d'y jeter un œil, prétextant que Dumbledore m'avait interdit de les ouvrir.
—Alors, tu vas partir, n'est-ce pas ? me demanda-t-elle un soir après que j'eus éteint la lumière.
Je fus surprise de voir à l'éclat de la lune, des larmes perler au coin des beaux yeux bleus de mon amie, je n'avais pas réalisé à quel point elle m'était attachée. Je me levai de mon lit pour me glisser dans le sien, je la pris dans mes bras pour caresser ses cheveux.
—Je reviendrai pour les vacances d'été et je t'écrirai souvent.
—Tu te feras d'autres amies et tu m'oublieras.
—C'est impossible. Tu es ma première et unique amie.
—Alors restons ensemble, déclara-t-elle en se redressant soudain, je sais que tu n'es pas obligée d'y aller, ce professeur t'a laissé le choix.
Je gardai le silence pour réfléchir à sa proposition. Oui c'était vrai, je pouvais très bien rester ici et vivre avec mon amie Agnès. Notre relation se fortifierait avec le temps et ce serait comme si j'avais une troisième sœur. Je vivrais comme une moldu, j'étudierais et pourrait peut-être espérer devenir gouvernante ou institutrice, gagner ma vie et te reprendre pour vivre avec moi…mais je ne pouvais pas faire ça. J'étais avant tout sorcière, dans mon sang et dans ma chair, je ne pouvais aller contre ma nature et je sentais qu'en restant ici, je passerai à coté de ma vie. Plus tard, Agnès se mariera forcément, elle m'a un jour confié qu'elle voulait avoir beaucoup d'enfants. Je ne me marierai jamais avec un moldu, j'étais trop marqué par l'exemple de nos parents. Mais ce n'était pas la perspective d'être un jour séparée d'Agnès qui me poussait à partir.
Quelque chose au loin m'appelait et au fond de moi, je me dis que monsieur Olivander n'avait peut-être pas tord. Je ne savais pas si j'étais vraiment un être exceptionnel, mais j'étais sure d'une chose : je voulais vivre une vie trépidante, voyager, découvrir de nouvelle chose, connaitre de nouvelles personnes, j'avais soif d'aventure et ma chance était là, me tendant les bras.
Une semaine plus tard, je me trouvais sur le quai de la voie 9 ¾, ma valise à mes pieds. J'avançais au milieu de la foule en observant les parents embrasser et serrer leurs enfants dans leurs bras. Je me dépêchai de prendre place dans un wagon pour échapper à cette vision douloureuse. Personne ne pouvait comprendre, ni imaginer les sentiments d'un orphelin voyant un autre enfant tenir les mains de ses parents, alors que les siennes restaient vides et froides, mère me manquait atrocement, toi encore plus, tu étais en vie et nous ne pouvions pas être ensemble.
Quelques minutes plus tard, le train s'ébranla, chassant la tristesse qui s'était emparée de moi.
Le ciel était gris, je souriais bien malgré moi, j'étais en route vers Poudlard, en route vers ma nouvelle vie.
Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu^^ En ce qui concerne la baguette d'Hestia, le Caladrius est un oiseau du Moyen-Age très présent dans les bestiaires et décrit comme possédant de grand pouvoir de guérison. Ensuite pour le bois de la baguette, il a été choisi pour ses caractéristiques qu'on peut retrouvé dans le guide de JK ROWLING sur la création des baguettes, où il est décrit comme un bois instable et difficile à maîtriser.
Voilà, je vous donne rendez-vous au prochain chapitre et si vous avez des suggestions où des commentaires, n'hésitez pas!
