Auteur : Zif'

Titre : Surprise sur crise

Rating : G

Fandom : Naruto

Note : ficlette postée pour le challenge #13 de la communauté LJ 4 temps

oooooOOOOOooooo

Il savait qu'il aurait mieux fait de rester couché ce matin. De toute façon, c'était ce qu'il se disait tous les matins. Mais cette fois il en était plus convaincu que toutes les autres.

Shikamaru s'étira de tout son long sur son banc en bois, calculant de justesse son coup pour ne pas se vautrer. En plus, les nuages n'étaient même pas beaux, aujourd'hui. Ils avaient une couleur dégueulasse de gris-orange qui ne lui plaisait guère, annonciateurs d'un vent du sud portant les fines particules de sable du pays de Suna et messagers d'un très proche coup de chaleur. Shikamaru détestait la chaleur : elle le faisait suer même sans bouger. Il se sentait tout poisseux alors qu'il ne faisait même pas d'efforts.

Un instant, il faillit penser que tiens Chôji ne l'avait pas encore rejoint, amenant avec lui son éternel sachet rempli par maman Akimichi de bonnes choses grasses et sucrées. Mais il se rappela à temps, avant de penser également qu'il allait devoir au moins goûter la nourriture poisseuse de son compagnon –il détestait les sucreries mais ne voulait pas vexer son ami-, qu'en fait il ne verrait plus Chôji d'ici un moment. A cause de ce qui s'était passé ce matin.

Ce matin, comme d'habitude, Shikamaru traînait au lit. Par contre, ce qui était inhabituel, c'était que Chôji était venu le chercher. A cette heure. Alors que d'accoutumée, à cette heure, Chôji commençait son petit déjeuner et en avait donc pour une bonne heure et demie. Shikamaru, appelé par sa mère, puis finalement traîné du lit par l'élastique du caleçon –ça fait mal-, alla à la porte en se frottant la nuque. Ses doigts se prirent dans ses cheveux qu'il n'avait pas eu le temps d'attacher, la poisse, il détestait ça. Chôji lui sourit de son air malicieux et Shikamaru oublia ses petits soucis matinaux.

"-Ouais ?

-Tu sors ?

-Ouais."

Il était allé s'habiller convenablement et avait rejoint son ami dehors. Ils avaient marché en silence jusqu'à leur banc et Shikamaru s'était demandé pourquoi Chôji était là alors que son ventre hurlait la famine. Ca devait être vraiment important. Il attendit que Akimichi prenne la parole, parce que lui personnellement n'avait rien à dire, et il n'en avait pas la force, il était au bord de l'hypoglycémie et forcément c'était le jour où Chôji n'avait pas apporté de sucre.

"-Shikamaru, j'ai un problème.

-Ah…

-Je crois que je suis amoureux de toi."

L'hypoglycémie fit brutalement de la place à de l'hypertension. Saleté d'organisme qui réagissait violemment aux émotions brutales qui le submergaient.

"-Tu ne dis rien…"

En fait, ce n'était pas qu'il ne voulait rien dire, c'était plutôt qu'il ne pouvait rien dire. Il était également au bord de la déshydratation.

"-Je sais bien que tu n'es pas très loquace d'habitude mais là au moins tu pourrais dire quelque chose ! Je viens de t'avouer mes sentiments, merde ! Tu ne ressens donc rien ?"

Shikamaru ressentait d'horribles douleurs au bas-ventre. Ses intestins faisaient le grand huit, il retenait à grand peine les gargouillis annonciateurs d'une terrible colique d'angoisse. Son cœur et son cerveau hurlaient mais ne transmettaient rien aux cordes vocales. Cependant il restait extérieurement impassible, plus figé que s'il avait été pétrifié par la Gorgone.

"-Bon, c'est très bien, au moins, je suis fixé… désolé de t'avoir embêté, Nara. Ca ne se reproduira plus à l'avenir. Maintenant excuse-moi, je vais aller prendre mon petit déjeuner."

Chôji s'évapora en un éclair, laissant Shikamaru seul. Ce dernier ne demanda pas son reste et fila s'exorciser des manifestations physiques causées par ce terrible choc émotionnel.

Maintenant, il était seul sur le banc de ce matin, à présent son banc et non plus leur banc, et se traitait de con. Comment avait-il pu être assez stupide pour s'être laissé aller de cette façon ? Il avait honte de lui.

Non, ce n'était pas sa faute ! C'était la faute de cette fichue poisse qui rythmait sa vie. On lui en demandait toujours trop, d'abord. Il fallait qu'il se lève tôt, qu'il devienne un bon ninja, et puis un bon amant en plus ? Jamais maintenant il n'oserait bouger son postérieur et aller dire à Chôji que sa déclaration l'avait tellement écrasé de surprise et de joie confondues qu'il en avait chopé une terrible diarrhée.

Il avait vraiment pas de bol.

FIN