POV Scott

Alors que je commence à m'éveiller, je sens une présence m'entourer, quelque chose de chaud avec une odeur incomparable. Je lâche un petit soupir alors que je me colle un peu plus à lui. Je ne réalise pas vraiment de qui il s'agit à ce moment-là, ni même ce qui a bien pu se passer pour que je me retrouve dans une telle position avec quelqu'un, je ne suis même pas sûr de le vouloir en fait.

C'est vrai quoi, je suis Scott après tout. Banal, naïf, trop gentil pour son bien-être... j'ai cru à un moment que je pourrais me battre, que je pourrais rester comme je suis sans que ça me détruise pour autant. Je me suis trompé. Dans ce monde, c'est devenu un défaut d'être gentil, de faire preuve de bonté et d'humanité. Les gens ne veulent que se détruire les uns les autres, trop jaloux, trop envieux, ils en veulent toujours plus et ne sont jamais satisfait de ce qu'ils ont. Tellement d'égoïsme. Je n'ai pas compté le nombre de fois où l'on m'a traité comme un nul, un paria, un simple paillasson sur lequel on pouvait faire les pires crasses. Les mensonges, les trahisons, les humiliations... Oh, bien sûr j'ai tenté de me rebeller. D'en imposer comme on dit. Ça a été encore pire, les gens me disaient que j'avais changé, que je n'étais plus qu'un connard, que je n'étais qu'un monstre... Ces soi-disant êtres humains qui ne se rendent même pas compte de leurs propres mots.

J'en ai eu marre. Je n'en pouvais plus de cette vie qui m'avait bouffé jour après jour, qui ne faisait que se foutre de moi comme si je n'étais qu'un pantin. Et oui, j'avais tenté de mettre fin à mes jours, comme m'avais gentiment conseillé l'un de mes « amis ». Dommage, ma mère était arrivé et voilà où j'en étais à présent.

Se réveillant et levant son regard sur le visage tout endormi de Peter Hale, rien que ça. Si on m'avait dis ça quelques jours plus tôt, je ne l'aurais pas cru et j'aurais rigolé comme je ne l'avais pas fais depuis des semaines, peut-être des mois, des années. Je ne me souviens pas de mon dernier fou rire. J'observe attentivement le visage de celui qui était l'un des plus grand meurtrier de la région, et ne trouve pas qu'il fasse si peur que ça tout compte fais. Il était même plutôt beau, en d'autres circonstances je l'aurais trouvé un peu trop vieux pour moi, mais là je m'en fiche comme de ma première chaussette.

Je caresse avec tendresse sa joue, râpant contre sa barbe de trois jours. Je respire doucement son odeur, me souvenant de ce qu'il s'était passé avant que nous nous endormions. Nous n'avions fais qu'un, et bon Dieu ça avait été la meilleure expérience de ma vie. Comme une révélation. Comme si je n'avais attendu que ça durant tout ce temps. Peter était peut-être le mal personnifié, mais alors comment pouvait-il être celui qui me faisait me sentir si bien à présent ? Je ne sais pas. Je suis perdu et ne sais qu'une chose, je n'ai aucune envie de partir des bras de ce prédateur né. Je suis bien mieux dans ses bras que je ne l'ai été partout ailleurs.

Je fus presque surpris lorsque Peter ouvre les yeux, laissant apparaître cette couleur gris-bleu tellement fascinante. Je n'arrive pas à me l'expliquer, mais ça n'a plus rien à voir avec la façon dont il me regardait à l'hôpital psychiatrique. C'est plus doux, moins prédateur, comme apaisé et pourtant confus. Étrange venant d'un homme comme lui, mais pas déplaisant. Nos regards se rencontrent et il n'en faut pas plus pour que Peter se baisse vers moi, ses lèvres effleurant les miennes dans un mouvement tellement lent que je ne peux retenir un petit gémissement de frustration. Je peux sentir son sourire se dessiner sur ses lèvres et je ne me retiens plus, agrippant ses épaules alors que j'appuie mes lèvres sur sa bouche pour un baiser des plus torride.

Je veux me mêler à lui. Je veux tout ce qu'il voudrait bien me donner, quand bien même ce soit la torture et la mort, je le prendrais. Je suis peut-être fou, ou alors l'avais-je toujours été, quelle importance ? Tout mon corps frissonne, je sens ses mains sur moi, laissant une empreinte indélébile. Peu importe ce qu'il se passera, je sais que je ne pourrai jamais oublier ces moments passés ensemble.

POV Peter

Quelle surprise de le trouver dans mes bras à mon réveil. Franchement, j'avais pensé, voir même espéré, qu'il se soit fais la belle pendant notre sommeil. Mais non, il est toujours là, à me regarder avec des étoiles dans les yeux. À moins que ce ne soit moi qui imagine ces étoiles. Il me caresse la joue, il m'observe comme si j'étais une des sept merveille du monde. Je n'y tiens plus et viens taquiner sa bouche de la mienne, il me le rend bien puisqu'il m'attire à lui pour un baiser enflammé.

Qu'est-ce que ça signifie ? Comment diable en suis-je arrivé là ? Hier encore, je tuais des innocents, j'avais pour lui de grands projets... qui partaient en éclat face à l'ivresse qu'il me procurait. Je ne pouvais plus lutter, c'était bien trop tard, même si je cherchais encore ce qu'il pouvait bien avoir pour me faire un effet pareil. J'en ai rencontré des gens dans ma vie, mais aucun comme lui. Personne qui me mette dans cet état où j'ai l'impression de ne pas savoir où je mets les pieds. J'avance à tâtons, et la seule raison pour laquelle je continue d'avancer c'est parce que je sais qu'il est juste devant moi.

Grand dieu, que m'est-il arrivé. J'aurais dû prendre la fuite à la seconde où je l'ai croisé dans cet hôpital et qu'il a attisé ma curiosité, je savais bien qu'il y avait quelque chose de louche là-dessous.

« C'est la première fois que j'ai un réveil aussi agréable... » Me susurre-t-il, et sans que je m'en sois rendu compte, mes mains sont déjà sur lui en train de le tripoter.

« ça pourrait être tous les jours comme ça... »

Est-ce que c'est moi qui vient de dire ça ? Ça y est, je ressemble à un débile amoureux sortie tout droit d'une comédie romantique. Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Il m'embrasse de nouveau, tendrement, passant sa main sur des endroits douloureux de mon corps.

« Tu as quelques bleus à cause de ta chute d'hier... heureusement que ce n'était rien de grave. » Un sourire en coin naquit sur mes lévres alors qu'un rire grave s'élève.

« ça aurait été si grave, franchement ? » Pas que je détestais ma vie ou que je souhaitais mourir, loin de là. Seulement, j'imagine difficilement quelqu'un s'en faire pour moi.

Il me regarde avec une expression sévère que je ne lui connaissais pas, et je suis loin de trouver ça déplaisant, bien que je ne comprenne pas son attitude.

« Si on allait prendre une douche et ensuite un petit-déjeuner ? Je meurs de faim ! » Me propose-t-il, voulant sans doute changer de conversation.

« Alors comme ça, tu veux que nous prenions une douche ? » Lui demandai-je, sous-entendant un tas de chose là-dedans, qu'il comprit vu la façon dont il sourit.

« Après la nuit que nous avons passé, je crois que oui... »

C'est seulement à cet énoncé, que je me souviens que nous sommes tout deux nus l'un contre l'autre et ça ne semble déranger aucun de nous. Fort bien. Je me lèche les lèvres et me lève enfin de ce canapé, le tirant à ma suite pour l'emmener dans la salle de bain. En toute objectivité, personne n'est censé nous trouver ici, seulement je ne sais pas comment finira cette histoire.

Je pensais m'amuser un moment avec lui, puis quand j'en aurai eu fini, soit le rendre aux autres humains dans l'état pitoyable dans lequel je l'aurais mis, soit le tuer de mes mains. Seulement, vu comment tout cela se passe finalement, il est hors de question que je le laisse me quitter d'une façon ou d'une autre. Il est à moi. Rien qu'à moi. Personne, pas même la mort, ne me l'enlèvera.