Voilà un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Merci pour ceux qui continuent à lire mon histoire et un merci particulier pour les reviewers, d'ailleurs n'hésitez pas à laisser vos avis, ça aide toujours à améliorer l'histoire ou à voir si ça plait ou si ça craint ;) =) Un bon Week-end à tout le monde ( enfin ! ) ^^
Ps : La partie du texte en italique est un moment qui s'est passé dans le...et bien "passé". Au cas où ;)
POV QUINN
J'ouvre la porte et la claque assez fort pour avoir l'impression que la tension de ces derniers jours va s'apaiser avec ce simple geste. Je laisse mon corps reposer contre le battant de la porte, épuisée et regarde le couloir de la maison, l'exactitude de chaque chose posée à une place longuement étudiée pour atteindre une perfection qui me fait horreur. Ma mère apparait soudainement comme l'image de ces ménagères des années 60 qui vous accueillent avec un sourire hypocrite et un « Bienvenue à la maison ».
- Bienvenue à la maison Quinnie !
Je soupire en passant devant elle, jusque dans la cuisine où un fabuleux repas est en train de cuire, sans qu'aucun ustensile, soigneusement rangé après chaque sortie, n'ait eu l'air de bouger de sa place. Mon père est là, assis. Il lit le journal sans prendre le temps de me saluer. Depuis que j'ai arrêté d'être à l'image qu'il s'était imaginé pour moi, mon père, fervent chrétien dans toute sa splendeur intolérante, n'a pour moi plus aucune forme d'amabilité. C'est à peine s'il m'adresse la parole. Et pour dire vrai, ça m'arrange. J'ai l'impression de ne plus avoir ma place dans cette maison depuis que j'ai commencé à échanger mes robes à fleurs contre quelques jeans, qui bien que féminins et avantageux, ne soit pour eux qu'une forme de plus du tour « désastreux » que j'ai fait prendre à ma vie. J'aurais dû me raser le crâne et me tatouer une tête de mort sur le front, juste pour avoir la satisfaction de voir leurs têtes éberluées.
Il fut un temps où je pensais détester mon père. J'avais même finis par ne plus le supporter manger ou même parler. Forcer quelqu'un à n'être que l'ombre qu'on attend d'elle ne peut pas toujours vous attirer la sympathie de cette personne. Même si cette personne s'avère être votre fille. Ses propos autant personnel que religieux avaient finis par me donner la nausée. Un sentiment profond d'être misérable. Mais j'avais compris. Une fois que ma colère, résultante de ma trop grande souffrance, s'était apaisée. Une fois que j'avais compris que je n'étais pas un monstre. Que la différence n'était pas une chose à éradiquer comme le prônait mon père. J'avais compris que je ne pouvais qu'éprouver de la pitié face à un esprit si médiocre et si étriqué. Et que continuer à me détruire à travers des actes réalisés pour l'atteindre ne servirait à rien. A travers le chaos, je m'étais construite. Et même si j'aurais aimé qu'il y ait quelqu'un pour se tenir là et me communiquer une certaine fierté à m'être battue autant contre les plus mauvais côté de moi-même que des autres, j'étais quand même heureuse d'y être arrivée.
Je prépare une assiette pour ensuite pouvoir m'exiler dans ma chambre afin de manger seule quand je sens la main de ma mère se poser discrètement sur la mienne. Je lève mes yeux vers les siens, un peu surprise. Et je vois. Une part d'elle continuera toujours à me rejeter, à ne pas accepter ce que l'homme qui régit sa vie n'admettra jamais. Mais il y aura toujours cette autre partie de ma mère qui me considèrera toujours comme sa fille. Qui m'aimera toujours. Même si ce n'est que de manière incomplète. Elle découpe une part de tarte salée et la place dans mon assiette. Je la remercie avec un regard que j'espère assez expressif. Puis je pars.
Une fois dans ma chambre, laissant ma part de tarte de côté, je m'allonge sur mon lit, les mains derrière la tête. Je ressens à nouveau cette fatigue latente qui pèse sur chaque parties de mon corps. Tout ce que je souhaiterais là maintenant serait un peu de réconfort. Mais je n'ai que mes souvenirs pour m'aider à m'approcher de ce que je recherche. Alors je ferme les yeux. Et retourne presque un an en arrière.
Il est 19h et je viens de sortir de l'entrainement. La douche chaude que je viens de prendre dans les vestiaires me donne l'impression de marcher sur un sol cotonneux. Je me sens bien. Et je n'ai pas envie de rentrer chez moi et que cette sensation se brise. Alors je marche dans les couloirs vides. Et ça me fais toujours étrange de les voir ainsi. Quand la nuit est tombée au dehors et qu'il ne reste plus que quelques salles allumées par des professeurs qui ne sont pas encore partis. Alors que j'arrive à la hauteur de la salle du Glee Club, je vois de la lumière passer au dessous de la porte. Curieuse, je m'approche sans rien entendre. J'enclenche la poignée et elle n'oppose aucune résistance quand je la pousse pour l'ouvrir.
Rachel Berry est là. Elle ne m'a manifestement pas entendu rentrer. Elle semble énervée. Ses mains à moitié tendues devant elle, elle semble se concentrer pour faire apparaître quelque chose dont je devine la teneur. Soudain, elle pousse un petit cri désespéré avant de serrer les poings.
- Schuester nous a toujours dit de fermer à clé quand on s'entraîne.
Elle sursaute violemment et je souris d'un amusement qui ne semble pas lui plaire.
- Qu'est ce que tu fais là ? me demande-t-elle une main posée sur le cœur.
Je ne réponds pas et me rapproche d'elle avant de m'assoir sur le piano qui nous sert d'alibi pour cacher les véritables raisons de notre raison ici.
- J'ai vu de la lumière.
Elle et moi nous sommes toujours tenues à une distance étrange. Autant physique que psychique. Et bien que je n'en ai jamais vraiment compris les causes, je me dis simplement qu'il y a sûrement une bonne raison à ça.
- Et toi ?
- Ça ne se voit pas ? me demande-t-elle presque brusquement ce qui ne fait qu'élargir mon sourire.
- Tu n'y arrives toujours pas ?
Rachel a toujours eut un problème pour contrôler son pouvoir. Nous arrivons généralement à le générer en contrôlant des émotions qui nous poussent en avant. Quand je veux prendre mon envol, il me suffit de laisser mon corps et mon esprit aspirer à ce besoin vital de liberté qui me pousse en avant. Je laisse mon corps reprendre le contrôle et ne plus lutter contre l'appel impérieux du ciel. Je fixe mon regard sur elle et remarque la rougeur de ses joues. Et je ne sais pourquoi mais je trouve ça charmant. Elle porte l'une de ses robes sombres qui s'arrête juste au dessus des genoux et qui la met en valeur d'une façon agréable. Elle hoche la tête.
- Et c'est avec ton petit air concentré que tu penses réussir ?
- Oui. Avec quoi d'autres sinon ? me demande-t-elle cette fois-ci curieuse, faisant fi de mon ton sarcastique.
Je soupire et elle lève les yeux aux ciels. Je vois qu'elle se retient de me presser à avouer ce qui pourrait débloquer sa situation.
- Il faut que tu laisses parler tes émotions.
Cette fois-ci c'est elle qui soupire avec un petit gémissement désespéré.
- C'est ça ? Ta solution miraculeuse ? Je me demande ce que j'attendais d'autre de ta part.
Je me laisse tomber du piano et adoucit ma chute en planant quelques secondes en l'air. Puis je m'avance complètement vers elle, brisant l'accord silencieux qu'on semblait avoir érigé entre nous. Je la sens reculer légèrement, comme si j'avais été le grand méchant loup. Mais cette fois-ci je suis sérieuse. Je veux lui venir en aide. Même si c'est à ma façon.
- Tu ne te laisses jamais aller Berry. Tu essayes de tout contrôler. Mais tu ne peux pas contrôler… « ça ».
Comme mise à nue, elle me regarde étrangement. Dans un mélange de honte et de surprise. Surprise que je réussisse à voir ce qu'elle cache si bien aux autres.
- C'est quelque chose qui doit partir de quelque chose de véritable à l'intérieur de toi. Ferme les yeux, lui dis-je en attendant qu'elle le fasse.
Elle semble hésiter un instant avant de m'obéir. Ses paupières s'abaissent. Et je sais que ça doit lui couter, d'avoir l'air si vulnérable devant quelqu'un. Mais il le faut.
- Maintenant. Cherche quelque chose qui compte vraiment pour toi. Une chose…assez vraie et intense pour réveiller ton pouvoir. Tu dois le sentir. Au fond de toi. Et il ne sert à rien de te mentir. Ce n'est pas un jeu entre toi et ton pouvoir. Il ne se réveillera pas si tu n'es pas sincère.
- Tu en parles comme si il avait une identité propre, dit-elle avec un léger sourire que j'apprécie en silence.
- Du sérieux Berry, lui dis-je.
Mais elle sait très bien que je sourie aussi. Elle reprend tout de même son sérieux et je la sens puiser au fond d'elle-même. Elle semble avoir trouvée quelque chose à quoi se raccrocher assez rapidement. Trop rapidement pour moi mais je la laisse faire. Je sais à quoi elle pense. Ou a « qui » elle pense plutôt. Cela dure un moment. Mais je ne dis rien. Je ne fais qu'attendre. Je sens l'angoisse crisper ses doigts. Elle veut que ça soit ce à quoi elle pense. Mais rien ne se produit. Soudain, je sens ses mains qui se relâchent alors qu'elle ouvre à nouveau les yeux et que j'y décèle un mélange de colère et de tristesse. Elle se retourne. Dos à moi, je peux la sentir au bord de la rupture. Elle ne sait plus quoi faire. Alors elle balance une chaise sur le sol. Et j'ouvre de grands yeux de surprise pendant qu'elle se défoule. Elle envoie son poing avec une violence impressionnante contre l'une des autres chaises et je suis tout de suite alertée par son cri douloureux. Elle prend appuie sur la chaise à côté d'elle avec son bras valide et je me rapproche d'elle. Des larmes perlent au coin de ses yeux et je sais qu'elle doit vraiment avoir mal. Je m'accroupis à côté d'elle et essaye de prendre sa main dans la mienne pour évaluer les dégâts mais elle échappe à ma prise.
- Laisse-moi faire, lui dis-je.
J'approche doucement mes doigts de sa main et la prend avec délicatesse. Elle me laisse faire. Ça peut paraître étonnant mais c'est la première fois que ma peau rencontre la sienne. Et je devrais ne rien en avoir à faire mais le fait est que je l'ai remarqué. Je bouge doucement son poignet et elle plisse les yeux d'anticipation. Mais c'est quand je tourne un peu plus loin son poignet qu'elle semble avoir le plus mal.
- Tu as du te fouler le poignet, lui dis-je en remontant mes doigts vers sa paume pour éviter de lui faire mal.
Je ne m'étais pas aperçue que nous étions aussi proches physiquement. Ce n'est que quand je remonte les yeux vers son visage qu'il m'apparaît plus près qu'il n'aurait du l'être. Je sens mon cœur s'emballer bizarrement. Je ne comprend pas tout de suite de quoi il s'agit. Et je sens le même trouble s'emparer d'elle quand elle commence à fixer mes lèvres. Ça ne dure qu'un infime instant mais c'est suffisant. Alors je fais la chose qui me semble la plus naturelle. La seule chose à faire. Alors que c'est concrètement la seule et unique chose à ne pas faire.
Je l'embrasse.
J'avance mes lèvres vers les siennes. Et à seulement quelques centimètres d'elle je sens son parfum s'emparer de moi toute entière. Et son souffle chaud me parvient. Et j'ai envie de l'aspirer comme on le ferait d'une odeur alléchante. Est-ce que c'est mon cœur qui bat aussi fort ? Je découvre la douceur de sa bouche à travers un baiser hésitant mais tout autant tentant. Et j'en veux plus. Alors je laisse ma langue s'insinuer à travers la barrière de ses lèvres encore fermées. Elle cède si facilement que je pourrais croire qu'elle ressent la même chose que moi. Cette même pression agréable au niveau de l'abdomen. Je goûte entièrement sa bouche et notre baiser devient beaucoup moins chaste et beaucoup plus…intense. Je sens sa main valide aller à la rencontre de ma nuque pour approfondir notre baiser et nous rapprocher encore plus. Quant à la mienne, c'est quand je sens la peau douce de sa cuisse contre la pulpe de mes doigts que je comprends où elle se trouve. J'ai l'impression que chaque parcelle de ma peau va s'enflammer à tout moment. Elle gémit à l'orée de ma bouche quand ma main remonte un peu plus. Et elle continue quand je descends ma bouche contre son cou, tout contre sa jugulaire qui pulse un rythme affolé qui finit de me rendre folle. Sentir qu'elle répond à ce que j'essaie de faire naitre en elle ne fait qu'accentuer la pression que je sens naître à travers chaque point sensible de mon être. Et puis soudain, je ressens quelque chose de plus. Je comprends instantanément.
Je remonte mon visage vers le sien.
Et voit la flamme danser dans ses yeux d'une façon que je n'oublierais jamais.
Je reviens au présent. Et remarque que je suis en train de planer à deux mètres du sol, presque à hauteur de mon plafond. C'était la première fois que j'embrassais Rachel Berry.
Je redescends lentement et laisse mon corps reposer à nouveau sur mon lit. Je suis à deux doigts de m'endormir quand j'aperçois mon portable illuminer l'obscurité de ma chambre. Je regarde l'identité de celui qui m'a laissé un message.
Schuester. Et je sais ce que va dire son message. Et je n'aime pas ce plan mais comme il l'a dit, on ne peut pas faire autrement. Et tout cela ne mène qu'à un point précis : le retour de Mercedes. Je sens moi aussi quelque chose qui n'est pas très clair dans tout ça. Et seul ce plan pourra nous dire si oui ou non nous nous trompons.
Je laisse le téléphone de côté pour ce soir et décide de m'enfouir dans les couvertures de mon lit en savourant un repos bien mérité, essayant d'éloigner Mercedes, ce plan idiot et Schuester de mon esprit.
Je laisse donc ma tête reposer sur mon oreiller. Et laisse à nouveau dériver mes pensées vers Rachel. C'est difficile à dire mais j'ai besoin de la voir. Et pas que pour le côté « physique » qui m'est aussi très (très) agréable.
Mais pour quelque chose de plus que je n'arrive pas à définir.
