Re tout le monde ! Voici la suite de ma fanfiction ! J'espère qu'elle vous captivera toujours autant !
Alors les reviews :
Elw : Merci, merci ^^. Et oui, Astíriel tente de s'assumer mais elle vera que ce n'est pas toujours facile de faire ce que l'on veut. Son voyage ne fait que commencer, en espérant que tu aimeras toutes les péripéties qui vont jalonner son parcours. Contente que ma petite elfe te plaise x).
Cleonia 21 : Oh merci pour le compliment ! C'est cool que la longueur des chapitres convienne parce que j'ai touours du mal à savoir combien de temps les lecteurs sont capables d'accrocher. Tu es vraiment curieuse pour son départ ? Tu ne vas pas être déçue ^^
Chapitre 3 : En travers
Année 1028 du Troisième Age, alentours de Bree : Bois de Chet.
Astíriel allait au pas et au trot depuis quelques jours maintenant. Elle avait l'impression que la forêt s'étirait bien plus que d'ordinaire. Peut-être était-ce parce qu'elle la traversait entièrement cette fois, ou alors parce qu'elle n'avait jamais suivis la grande route qui serpentait entre les arbres. Elle était étonnée de n'avoir croisée qu'une seule carriole venant de l'Est puisqu'il s'agissait d'un grand axe de communication entre le reste du monde et la ville des humains. Apparemment, les bruits qui arpentaient la ville n'étaient pas faux, les marchands ne voyageaient plus de peur de se faire attaquer par des orcs ou d'autres immondes créatures à la solde de Sauron.
Elle avait ouïe dire que le Mordor devenait plus fort que jamais et que les jours sombres ne faisaient que commencer. Certains disait qu'un jour ils plongeraient Arda dans les flammes. Elle ne voulait pas y croire. Elle savait que son comportement était naïf mais qui pourrait ou voudrait même concevoir que son monde courrait à la destruction ? Elle choisissait de fermer les yeux devant l'irrémédiable comme tant d'autre…
Elle regarda un papillon jaune virevolter devant elle avant de se poser sur la main qui reposait sur le pommeau de sa selle. L'insecte resta quelques secondes et l'elfe pu admirer ses pattes se frotter l'une contre l'autre et toucher légèrement sa peau. Cela lui provoqua une sensation de chatouillis qui fit trembler sa main. Immédiatement, le papillon s'envola en quelques battements d'ailes afin de rejoindre la cime des arbres. Astíriel le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il soit caché par les feuilles. Elle dû les fermer la seconde suivante car un rayon de soleil s'échoua sur son visage, l'éblouissant. Elle respira un grand coup et l'odeur du sous-bois lui parvint. Ses paupières s'entrouvrir et elle eut un maigre sourire sur ses lèvres. Qui pouvait bien songer que ce monde allait au-devant de sa perte ?
Elle soupira et sortit de ses pensées. Le soleil baissait déjà et bientôt, sous le couvert des arbres, la nuit s'installerait.
- Il faut presser le pas Remmen, dit-elle tout bas en flattant l'encolure de son cheval qui releva la tête
Elle saisit les rênes et donna un petit coup de talon dans les flancs de sa monture qui démarra immédiatement. Elle suivit le mouvement du bassin en focalisant son attention sur la route. Le passage n'était pas très large, elle devait anticiper son arrêt si elle croisait celui d'une autre personne. Quoique cela avait bien peu de chance de se produire vu le monde qui passait par ici dernièrement. Elle galopa une bonne heure en faisant des haltes régulières. Remmen était puissant mais il n'était pas fait pour le grand voyage et manquait d'endurance. Elle finit par ralentir après avoir parcouru plusieurs kilomètres. La première chose qu'elle fit en repassant au pas fut une grimace.
- Il y a une odeur nauséabonde par ici, se plaint-elle alors qu'un effluve de pourriture agressait ses narines.
Elle se boucha le nez pour tenter de ne plus la sentir mais l'air en était saturée. Elle renonça finalement et fit avancer sa monture pour quitter la zone. Elle avait l'impression d'avoir le nez coincé dans un pot de chambre qui aurait attendu pendant une semaine au détour d'une ruelle. Elle tira la langue de dégoût en imaginant la situation. Rapidement, elle sentit sa tête la lancer, la puanteur était telle qu'une migraine la prenait. Elle avisa les alentours et fut surprise, elle avait déjà fait plusieurs mètres et rien ne changeait…
C'était étrange, de plus, la forêt semblait changer autour d'elle. Les arbres étaient un peu plus rabougris et le léger murmure qui venait des branchages s'était tu, comme s'ils étaient morts ou… effrayés ? Mais que pouvaient craindre des arbres ? se demanda-t-elle. Hésitante, elle tendit l'oreille et ne distingua rien, cela aurait pu paraitre rassurant mais elle n'en fut que plus préoccupée. Elle ne percevait rien… du tout. Pas un bruissement, pas un animal, pas une respiration, pas un murmure. A cran, elle attrapa son arc et encocha souplement une flèche. En alerte, elle scruta les alentours, tous ses sens à l'affût. La seule chose qui lui parvenait était les bruits que faisait Remmen. Lui aussi paraissait agité et pressé. Elle ne se faisait donc pas d'idées, il y avait un réel problème. Elle sentit la noirceur de la nuit peser sur ses épaules et sa cage thoracique était compressée dans un silence étouffant. Elle avait peur de louper le moindre indice qui la sauverait. Elle ne savait pas ce qui la menaçait mais c'était présent et elle était entourée de cette aura poisseuse et lourde.
Soudain, un craquement retentit à sa droite et elle banda son arme à une vitesse surhumaine. Elle posa ses yeux dans la pénombre mais ne vit rien, pourtant elle sentait que la pointe de sa flèche ferait mouche si elle lâchait la corde. L'étalon s'était arrêté net et s'était redressé, les oreilles pointées vers la source du bruit. Astíriel ferma un œil et garda sa position, assise sur sa selle, les jambes fermement ancrées dans ses étriers en cas de départ inattendu. Elle avait le haut du corps aussi tendu que sa corde et la hampe de la flèche effleurait la commissure de ses lèvres. Ses bras étaient immobiles, entrainés à tenir ainsi de longues minutes. Elle contracta sa mâchoire en tentant de relaxer ses épaules. Elle devait se concentrer, une erreur pourrait lui être fatale car ce qui la fixait voulait sa mort, elle le sentait.
- Sortez d'ici, ou je lâcherais ma flèche ! fit-elle. Nevbado, egor adleithathon nîn pilin ! répéta-t-elle menaçant en sindarin à l'intention de la forêt.
Il n'y eu pas de réponse. Elle coupa sa respiration et son projectile vola droit à travers les troncs, elle entendit un bruit de chair transpercée et un corps s'écrouler dans l'humus au sol. Elle plissa les yeux pour tenter d'apercevoir la cible qui était morte mais elle ne vit rien de plus que lorsqu'elle visait. Un autre craquement lui parvint et elle fit volte-face en armant de nouveau son arc.
Puis ce fut la catastrophe. Alors qu'elle tendait la corde, un hurlement surgit de sous les bois environnant, comme si une horde l'entourait. Elle tourna la tête de tous côtés et s'aperçut bien rapidement qu'elle n'avait pas d'échappatoire si ce n'était le chemin. La clameur s'intensifia et elle sentit le sol trembler sous ses pieds. Elle rangea son arc et talonna Remmen pour qu'ils s'enfuient.
Malheureusement, à peine le cheval s'ébranla que quelque chose se mit en travers de sa route. Astíriel empoigna fortement les rênes et un cri de peur lui échappa quand elle identifia la créature qui lui faisait face : un orc. Il avait la peau noire comme la cendre et ses yeux étaient rouges sang. Elle remarqua rapidement qu'il était vêtu d'une cuirasse en cuir et qu'une grande épée mal forgée pendait à sa ceinture, cependant, ce fut le visage de l'immondice en face d'elle qui attira son attention. Il ressemblait plus à un animal qu'à un être vivant, ses dents sortaient de sa bouche pour finir en des crocs mal taillés, ses cheveux étaient implantés au hasard sur son crâne et il avait des oreilles effilées. Enfin, une oreille puisque la deuxième paraissait absente. Alors qu'il la fixait avec un sourire malsain, elle paniqua.
Elle tenta de faire tourner Remmen pour partir dans l'autre sens mais elle se retrouva face à trois orcs qui lui barraient le passage. Elle dégaina une de ses lames elfiques, l'autre main fermement ancrée sur les rênes. Le cheval piaffa sur place et elle regarda partout autour d'elle en agitant furieusement sa tête. Ses orbes marron survolèrent toutes les possibilités mais aucune n'était envisageable. Le grondement du sol s'arrêta et elle écarquilla les yeux. Une vingtaine d'orcs l'entourait. Tous étaient serrés à moins de deux mètres d'elle et lui envoyait des regards satisfaits et morbides.
- I ech thêlich ? (Que voulez-vous ?) siffla-t-elle entre ses dents.
Un rire gras lui répondit. Elle sentit Remmen commencer à s'agiter sous elle. Heureusement que sa force était suffisante pour le retenir. Devant elle, celui qui semblait être le chef fit un geste de la main en l'air en direction d'un de ses congénères.
A ce moment, un orc s'avança plus près d'elle et elle le vit lever son arme. Sa monture prit peur et se cabra sans qu'elle ne puisse l'en empêcher. Elle vit les sabots battre devant elle et tous ses assaillants semblèrent un peu plus petits à cet instant. Alors qu'elle redescendait, grâce à l'élan, elle faucha la tête du premier orc qui roula aux sabots de l'étalon. Du sang noir gicla et barra son visage d'une ligne sale. Un autre orc approcha en espérant sans doute calmer le cheval mais ce qu'il fit prit l'elleth de court. Il leva la lance avec une pointe en métal au-dessus de sa tête et la ficha d'un simple coup dans la peau de son destrier. Elle entendit la chair se fendre et du sang jaillir de l'ouverture alors qu'un hennissement étouffé s'échappa de l'animal. Elle pouvait voir le morceau de bois devant elle de part et d'autre de l'encolure.
- Remmen ! hurla-t-elle en tentant de rejoindre la tête de son cheval.
Elle sentit qu'elle chutait un peu trop tard et elle se retrouva projetée au sol avec force. Sa tête heurta la terre et quelques cailloux ce qui lui retira le peu de moyens qu'elle avait. Elle n'eut pas le temps de se dégager de la selle, le corps mort de son compagnon lui tomba dessus en écrasant sa jambe gauche de tout son poids. Elle hurla sans s'en rendre compte. Sa cheville coincée dans l'étrier fit un quart de tour de trop en se faisant violemment compresser entre les flancs et le sol et l'os craqua sinistrement. Le son remonta le long de son corps et résonna dans sa tête.
Elle tenta de bouger mais ses membres lui pesaient trop. Sa tête était en proie à un bourdonnement sourd et devant ses yeux dansaient des tâches noires qui lui donnaient l'impression de ne pas voir le paysage. Elle remarqua une forme noire ou deux au-dessus d'elle. Une odeur de pourriture revint à la charge et sembla s'intensifier au fur et à mesure que la forme se rapprochait.
- Prenez-la et surtout la lâchez pas ou sinon… dit une voix gutturale.
La phrase se termina sur une menace sous-entendue du chef des orcs et Astíriel sentit deux mains l'attraper sous les bras. Le propriétaire de ces mains se mit à tirer son corps vers l'arrière pour la dégager de sous l'animal. Elle hurla de nouveau en sentant son pied coincé dans le fer résister. L'orc ne sembla pas le prendre en compte et tira un peu plus sur elle pour l'emmener avec lui. Sa jambe finit par sortir de là au prix d'un nouvel os. Elle faillit vomir à cause de la douleur et se retint de justesse par réflexe. Elle fut projetée en l'air et atterrit sur quelque chose de dur qui la plia en deux. Il tenait vraiment à ce que son estomac se vide !
- Et ses armes chef ? demanda un des sbires.
- Emmenez-les, c'est de la qualité ! Avec de la chance, le chef sera content.
Puis ce fut le néant.
Astíriel fut réveillée par des ballotements incessants. Rapidement, une nausée lui prit l'estomac qui était comprimé par à-coups. Elle ouvrit violemment les yeux et voulut porter ses mains à sa bouche pour se retenir mais ces dernières restèrent dans son dos. Elle gigota et sentit bien vite le lien de corde serré autour de ses poignets. Elle était portée sur l'épaule d'un orc, elle ne pouvait pas le voir et la seule chose qui lui apparaissait était son dos et son postérieur, sur lequel elle ne s'attarda pas. Il puait tellement la mort et les cadavres en décomposition qu'elle ne serait pas étonnée qu'il fût habillé de peaux mortes à peine tannées.
L'elleth voyait le sol sombre aller et venir sous elle alors qu'à chaque pas, son ventre rencontrait douloureusement l'épaule de son ennemi. Elle leva la tête comme elle put et fronça les sourcils. Il faisait nuit et ils étaient au milieu d'une plaine. La forêt avait disparue depuis longtemps puisque l'horizon était dépourvu d'arbres, en tout cas jusque-là où portait son regard. Les seuls reliefs existants étaient de grands rochers amassés par bloc qui formaient des masses noires et, sur sa gauche, une chaine de montagne qui se détachait du ciel étoilé. Alors qu'elle inspectait les environs, elle vit un orc la fixer. Elle soutint son regard avec défi et il finit par tourner la tête.
- L'elfe est réveillée, cracha-t-il.
Astíriel entendit pour la première fois le mot « elfe » être utilisé comme une insulte au vu du ton de l'orc. Elle se crispa en sentant son porteur s'arrêter. Une main se posa sur ses fesses et elle grimaça alors que la seconde suivante, elle était projetée au sol. Elle atterrit sur son postérieur dans l'herbe humide et son petit cri de surprise fit rire les orcs. Elle leur jeta des regards haineux alors qu'ils s'amassaient autour d'elle. Elle se focalisa sur celui qui venait d'arriver et qu'elle reconnaissait comme étant le chef qui s'était mis en travers de sa route la dernière fois. Pourtant, ce qui l'intéressa se trouvait autour de sa taille et de son torse. Il portait ses armes elfiques.
- I nin ech thêlich ! (Que me voulez-vous !) dit-elle à l'intention du chef alors qu'elle se relevait.
Heureusement, sa cheville ne paraissait plus autant abimée qu'auparavant, elle remercia sa nature elfique et peut-être un peu la providence.
- Pas un mot de ça ici, elfe ! tonna-t-il en s'avançant d'un pas.
Il dépassa le cercle formé par tous les autres et vint se poster juste en face d'elle. L'haleine putride vint s'écraser sur le visage de la jeune sinda qui retint avec difficulté un haut le cœur. Ils souhaitaient vraiment la faire vomir !
- Rendez-moi mes affaires ! ordonna-t-elle en se campant sur ses deux jambes.
Il resta immobile avant de se mettre à rire et tous ses comparses l'imitèrent en dévoilant leurs crocs jaunis.
- Qu'y-a-t-il de risible ?! s'énerva-t-elle en posant son regard noir sur la chose qui se moquait d'elle.
- Je te r'donnerais pas tes armes, tu es notre prisonnière, dit-il comme une évidence. Mais tu peux la fermer sinon mes hommes s'en occuperont pour moi et je me fiche de la méthode qu'ils utilisent, menaça-t-il.
Astíriel frissonna en imaginant ce qu'ils feraient. L'égorgeraient-ils ? Ou la frapperaient-ils jusqu'à l'évanouissement ? Elle avisa les regards lubriques des créatures autour d'elle. Oh non… Ils avaient tout autre chose en tête et elle ne souhaitait même pas l'imaginer. Elle resta silencieuse face à cette mise en garde.
Des mauvais souvenirs de son enfance lui revinrent et elle grimaça intérieurement. Elle avait vu sa mère se battre contre des orcs alors qu'elle était toute jeune. Les souvenirs étaient flous mais les émotions l'avaient marqué. Ils étaient forts, très forts et cela paraissaient encore plus puissants que les autres. Elle ne pourrait jamais en battre autant à elle seule alors qu'Edlenn avait peiné à en repousser quatre… Elle ne pouvait rien leur faire.
- Les elfes sont tout juste bon pour crier, se moqua de nouveau l'orc. On y va ! cria-t-il à l'intention de ses sbires.
Immédiatement, tous s'écartèrent et reprirent la marche. Celui qui portaient la jeune elleth plutôt s'approcha d'elle et voulut la saisir pour la mettre sur son épaule. Elle se déroba agilement.
- Je peux encore marcher, je n'ai pas besoin que de sales pattes me touchent, cracha-t-elle en suivant le sens de la marche.
L'orc ne fit rien de plus pour essayer de la prendre et se mit dans son dos. Astíriel fixait devant elle, n'ayant pas besoin d'examiner le sol pour voir un éventuel obstacle. Ses yeux s'en sortaient très bien même de nuit. Elle ne lâcha pas un seul instant ses épées courtes et son arc du regard.
Ils marchèrent très longtemps et ses jambes commencèrent à faiblir. Elle ne savait pas depuis quand ils cheminaient mais les orcs semblaient décidés à avancer toute la nuit. Alors, elle scrutait l'Est en espérant apercevoir le soleil se lever.
Son ventre était vide et sa nature d'elfe lui permettait de passer outre par contre, elle ne pouvait pas en dire autant de sa soif. Elle avait la bouche pâteuse et sa langue était lourde. Elle n'avait même plus de salive. Prenant son mal en patience, elle ne dit rien. Bientôt, elle trouverait un moyen de prendre la fuite. Il lui suffisait d'attendre le moment propice et à la moindre erreur de ses opposants, ils étaient morts. Elle balayait la vingtaine d'orc des yeux. Enfin, elle prendrait la fuite. Elle ne doutait pas de sa capacité à tuer trois orcs, mais vingt ? C'était bien au-dessus de ses compétences et la première chose que lui avait enseignée sa mère s'était : connaitre ses limites et les exploiter pour ne jamais se trouver en zone à risque. Elle avait toujours appliqué ce conseil à la lettre.
Finalement, le ciel à sa droite finit par prendre une teinte orangé par-dessus les montagnes et elle ne put réprimer un sourire. Les orcs n'aimaient pas voyager sous le soleil de ce qu'elle savait et le fait qu'ils ne s'arrêtent pas pour la nuit le lui confirmait. Seulement, après une bonne demi-heure et la fin du lever de soleil, aucun d'eux n'arrêta sa marche. Elle se retourna vers celui qui la suivait.
- On ne s'arrête pas ? demanda-t-elle incrédule. Il ne répondit pas. Oh ! Je parle ! Il leva ses yeux vers elle. Est-ce que vous comptez vous arrêter un jour ou je peux mourir assoiffée ici ? râla-t-elle.
Elle vit l'orc prendre une gourde à sa taille et s'approcher d'elle. Il lui tendit et elle la saisit pour boire. Avec récalcitrante, elle renifla le contenu et ne détecta aucune odeur suspecte mis à part un semblant de décomposition, rien de bien étonnant. Alors qu'elle renversait son bras, ce fut une mixture poisseuse et imbuvable qui resta en travers de sa gorge. Sans attendre, elle recracha le contenu à ses pieds et vomit dans la foulée, penchée en avant. Les bruits de régurgitations interpellèrent les autres orcs qui lui prêtèrent attention.
- C'est immonde… dit-elle mollement alors que tout son corps la faisait souffrir.
Elle se redressa un peu trop vite et le monde tourna autour d'elle. Ses gestes lui échappèrent et elle vacilla sur le côté. Le peu de force qui lui restaient venaient de s'envoler. Elle ne s'était jamais retrouvée dans cette situation du fait de la grande résistance des elfes. Depuis combien de temps étaient-ils partis pour qu'elle sente ainsi les répercussions de la fatigue, de la faim et de la soif ?
Elle s'enfonça dans un semi sommeil, elle comprit qu'un orc la prit comme bagage avant de suivre la troupe. Sa vue était floue mais elle avait encore conscience de ce qui se passait autour d'elle. Elle sentit rapidement le soleil lui brûler la peau à travers ses vêtements en cuir noir et la sensation lui infligea une douleur lancinante. Au bout d'un moment, son nez avait pris l'habitude de sentir toute ces effluves agressives et son corps lui semblait parcouru d'aiguilles à chaque pas à cause des courbatures.
Plusieurs heures plus tard, le supplice sembla prendre fin et elle se réveilla. Ils étaient dans une sorte de grotte formée par un amas de rocher comme ceux qu'elle avait vue plutôt le long de leur route. La caverne était assez profonde et Astíriel avait été mise tout au bout avec les affaires des orcs qui mangeaient en parlant fortement à l'entrée. Elle voyait le feu rougeoyer sur les parois et donner une teinte chaude aux murs naturellement gris.
Elle inspecta autour d'elle et remarqua que ses armes étaient non loin. Elle ne put les rejoindre, ses mains étaient liées autour d'un rocher. Ce furent des pas lourds dans sa direction qui l'incitèrent à quitter ses affaires des yeux.
Alors qu'elle allait lever la tête pour voir qui venait dans sa direction, un morceau de viande fut jeté devant elle. Elle regarda la nourriture s'écraser mollement au sol tout en collant la terre qui s'y trouvait. Elle dévisagea l'orc.
- Je ne mangerais pas un morceau de ce que vous me donnerez ! cria-t-elle en bougeant dans tous les sens.
Au passage, elle donna un coup de pied dans la pièce de viande qui roula un peu plus loin. L'orc n'en prit pas compte et s'en alla sans lui prêter attention. Astíriel se calma au bout de quelques secondes une fois qu'elle fut seule et focalisa de nouveau son attention sur les armes à trois mètres d'elle. Elle essaya de les atteindre par n'importe qu'elle moyen mais la seule chose qu'elle réussit à faire fut de se brûler les poignets en les frottant au cordage. Harassée par la fatigue, la jeune elleth finit par s'endormir ainsi, la tête appuyée sur la pierre et les jambes étendues par terre.
Ce sont des bruits de lutte qui la réveillèrent en sursaut.
Voilà ! Un gros changement de direction pour notre chère elfe ! A voir comment elle se débrouille...
