Bonsoir les gens ! Ça fait plaisir de vous retrouver ! Me revoili, me revoilà donc avec le chapitre 4 !

Quoi de neuf dans cette suite ? Une petite surprise : LE PREMIER FLASHBACK ! Et sinon ben la fin de cette première journée mouvementée en compagnie du clan Sommet. A part ça c'es toujours le même modèle ;) ! Allez, bonne lecture les enfants ! Et désolée par avance pour les fautes d'orthographe...

(Merci ! De plus en plus de vus c'est juste hyper gratifiant ! Et sinon, pour répondre à une question qu'on m'a posée quant-au caractère geetron ou matron de cette fic... Je laisse planer le doute ! Oui je suis sadique, et alors ?)

Disclaimer : Les deux seuls personnages qui m'appartiennent dans cette fanfiction sont Kate et Carla (ainsi que quelques autres persos secondaires dans les flashbacks). Tous les autres sont la propriété de Mathieu Sommet et... d'Antoine Daniel (qui bien évidemment s'appartient à lui même également ;) ).


Lundi soir :

Mathieu : J'ai ramené Antoine à la maison. J'avais franchement besoin d'un pote après la journée pourrie que je venais de passer. Je n'avais pas spécialement envie de tout lui raconter, je voulais juste oublier mes problèmes un instant. Et Antoine est parfait pour ça. Alors on a discuté de tout et de rien, des dernières vidéos qu'on avait vues, des autres youtubeurs, des conneries de Richard, de nos projets etc... Il n'a pas arrêté de me charrier, j'ai repoussé ses avances sans fin (humour), on a parlé des différentes sectes dont on faisait partie. C'était vraiment sympa.

Malgré tout je n'étais pas tout à fait là. Un peu absent. Antoine a dû me ramener à la réalité plusieurs fois alors que j'étais perdu dans mes réflexions. Il n'a fait aucune remarque désobligeante et à chaque fois il a poursuivi la conversation comme si de rien n'était. C'est cool de sa part de ne pas me poser de questions alors qu'il voyait que je n'étais pas dans mon état normal. Mais bon, je n'avais pas envie d'aborder de sujet fâcheux.

Finalement, il a tenu à venir chez moi parce que comme il dit « on ne se voit pas si souvent que ça, autant en profiter ! » Je lui ai adressé un sourire de remerciement et il y a répondu par un clin d'œil complice. Je savais qu'il voulait venir uniquement parce qu'il voyait que je n'étais pas dans mon assiette et qu'il ne voulait pas me laisser seul.

C'est pour ça qu'on est chez moi, autour d'une table, buvant de la bière entre potes, avec Maître Panda et le Hippie qui se sont incrustés. Le Patron, qui d'habitude ne manque pas ce genre de soirée, n'est pas là. Il doit sûrement être en train d'essayer de calmer sa fureur dans un de ses bordels. Le Geek aussi manque à l'appel, et c'est bien dommage. Essayer de le faire boire est une de mes distractions préférées. En général, on s'y met à plusieurs et il finit par s'enfuir de la cuisine en pleurant. Le Prof et la Fille ne sont pas là non plus. Mais eux ne viennent jamais, le premier privilégiant des occupations plus calmes et la seconde préférant voir ses amies.

Au bout d'un certain temps, je suis bien éméché. Antoine est complètement bourré et danse autour de la table en invoquant la Sainte Pelle tandis que je lui balance des patates sous le regard amusé d'un... Panda ? Ohhh... Un panda ! Il y a un panda dans ma cuisine ! Un paaaannnnndddddaaaaaa...

« An... Antoine... Re-regarde, y'a un pitit animal sauvage dans ma cuiiiiiiisiiiiiine !

- Par la Sainte Pelle ! Il nous faut ce pokémon !

- Re-regarde comme il est beeeeaaaauuuu... Coucou gentil pandaaaaaa ! T'es trooop choupi avec tes pitites noreilles !

- Mathieu, tu-tu... Tu touves pas que y'a un p'tit air de ressemblance entre vous deux ?

- Les gars, vous faites carrément flipper quand vous êtes bourrés...

- Tais... Tais-toi le Panda ! On t'a. Pas so-sonnééééé ! Pourquoi que tu parles d'abord ? Ca parle pas les dapans. Pandas. C'comme les licornes tropiiiiiiques ! Ça existe pas ! T'es pas gentil le Panda ! Mort au Panda ! Viens Toinou, balançons lui des-des-des patates !

- Mais les gars arrêtez ! Vous... Aie ! Vous êtes cons ! Mon kigurumi va être dégueulasse !

- C'rigolo un panda qui... Utiliiiiise des mots compliqués ! Mais c'est fatigant... Tu trouves pas Mathieu ?

- Peace les mecs ! Balancer des patates c'est mauvais pour votre karma. Prenez plutôt un peu d'rhubarbe.

- Il a raisonnnn... Faites l'amour ! Pas la guéguerre ! Allez viens Mathieu, à poil ! J'te prends ici et t-tout de suite !Je t'aimeuuuhhhh Toine ! Viens ons'marrie ! »

Après ben je me souviens de rien. Trou noir.


Hippie : Taré ce Mathieu ! Quelle idée de boire avec le Panda et Antoine ? Pourtant il sait que l'alcool n'a aucun effet sur l'ursidé ! Bien sur qu'il ne peut pas boire autant que lui ! Alors pourquoi le provoquer en duel ?

D'un autre côté, je ne me rappelle pas de tout non plus. Pas pour les mêmes raisons. Je n'ai rien bu mais j'étais défoncé... Juste quelques flash du Panda buvant verre sur verre, d'Antoine tournant autour de la table comme une danseuse qui en aurait trop pris, de Mathieu courant vers le Panda pour le prendre dans ses bras... Il me semble aussi qu'il s'est rétamé sur le sol... Je crois qu'après ça il a commencé à balancer des patates sur le Panda. Enfin je n'en suis pas très sûr. Si c'est vraiment ce que je crois alors il a encore des progrès à faire. Il ne sait pas très bien viser. Après heu... Des licornes, des arc-en-ciel, de la rhubarbe, Milo Moiré... Et Antoine se déshabillant debout sur la

table. Ah oui, et Mathieu qui s'écroule sur le canapé complètement HS. Re des licornes. Des nuages. Des couleurs. Antoine qui dégueule sur la moquette. Et moi qui m'endors. Licornes. Flash. Volutes de fumée. Flash. Noir. Couleurs. Flash.


Patron : Il est deux heures du matin quand je rentre enfin. Toujours pas calmé mais bon, ça ça devient presque une habitude.

Quand j'ouvre la porte, une odeur nauséabonde me prend à la gorge. Mon expérience me permet d'identifier immédiatement ce que c'est. Quelqu'un a dégueulé dans la baraque. Je pousse un peu plus la porte et allume la lumière. J'éclate de rire lorsque j'aperçois Antoine à moitié nu, la tête posée sur la table, Mathieu « allongé » sur le canapé et le Hippie par terre dans une flaque de vomi. J'adore ces soirées.

Je passe devant eux en prenant bien soin de ne pas les réveiller. Je n'ai pas envie que tout me retombe dessus pour une raison inconnue. Sans compter que je n'ai pas que ça à faire. J'ai toujours la main qui saigne.

Je monte les escaliers et tourne à gauche, passant devant la chambre du Geek, silencieuse. Le

gamin ! Je ne l'ai pas vu en bas... Donc il est sûrement dans sa chambre... Et les autres ont l'air de dormir assez profondément... Je ricane. Mathieu sait pourtant qu'il ne faut pas tenter le diable. Je me rapproche de la porte et tourne la poignée. Bien évidemment, c'est fermé à clé. Mais Mathieu n'a pas encore eu le temps de renforcer la serrure. Et ce n'est pas un vulgaire verrou qui va m'arrêter. Je souris dans le noir. Juste le temps de prendre une douche et de soigner un minimum ma main et je reviendrai crocheter la serrure.

L'eau fraîche de la douche atténue mes tensions et je pousse un soupir de bien être. Puis je prends une serviette, me sèche et enfile un boxer. Je sais que je n'aurais pas besoin de plus. Je fous mes vêtements à la poubelle puis sors le désinfectant. Ma main me brûle, mais je m'en fous. La sensation de l'alcool sur ma chair à vif est moins douloureuse que mon mal de tête incessant.

Une demie heure plus tard me revoilà devant la porte du Geek, un rictus malsain sur le visage. Bien entendu, je crochète la serrure sans mal. Ce n'est pas la première fois que je le fais. Car ce n'est pas la première fois que j'ai une petite idée en tête.

J'entre le plus silencieusement possible, déterminé, puis referme la porte derrière moi, toujours en essayant de me faire discret. Un sourire carnassier s'étire sur mon visage. J'en ai rêvé toute la journée. Il n'a pas quitté mon esprit. Depuis ce matin je ne pense qu'à cet instant. Et j'y suis.

Je ne suis pas connu pour ma patience légendaire, et aujourd'hui j'avais les nerfs à vif. J'adore quand on me résiste. Je déteste quand ça s'éternise. Et là, ça commence à durer, et par la même occasion à m'énerver sérieusement. Je veux l'entendre crier mon nom. Me supplier. Je veux l'entendre gémir. Je le veux lui. Violemment. Et je n'en peux plus de devoir me contrôler. C'est la première fois que je n'ai pas tout de suite ce que je veux. « Et ce matin, c'était ta première perte de contrôle concernant le Geek. C'était aussi la première fois que tu laissais une de tes proies t'échapper. Et pourtant... Pourtant... Pourtant ce n'est pas la première fois que tu entres dans cette chambre la nuit. Quelque chose aurait-il changé ? Pourquoi essayais-tu de te maîtriser auparavant ? Pourquoi as-tu craqué aujourd'hui ? Et pourquoi n'as tu pas achevé le boulot ? Ça doit vouloir dire quelque chose, non ? » me chuchote ma conscience. Qu'elle ferme sa gueule cette salope. Je n'ai rien à prouver. Juste terriblement envie du Geek.

Je m'approche du lit en prenant mon temps. Je veux savourer cet instant, même si je bous intérieurement. Je finis par m'asseoir sur le lit. Bordel... Il est tellement beau. Tellement pur. Tellement innocent. Tellement loin de moi... Je passe ma main dans ses cheveux emmêlés. Ils sont doux, soyeux. Je regrette de ne pas pouvoir allumer la lumière pour l'observer plus attentivement. Sans sa casquette par exemple. C'est tellement inhabituel. J'écoute sa respiration calme. Je sens sa poitrine se soulever. Il a son Monsieur Nounours contre lui. C'est une vision idéale. Douce. Enfantine. Il est magnifique. Et il sera bientôt à moi. Pour un très long moment car je viens de décider de faire tout mon possible pour le rendre accro, dépendant. Il ne pourra plus se passer de moi. Et Mathieu ne pourra plus jamais dire que je fais du mal au gamin, puisqu'il ira lui même le supplier d'enlever l'interdiction de me voir.

Je sais que je ne vais pas tarder à perdre le contrôle. Mais à l'instant même où je me fais cette réflexion une petite voix murmure « Patron. Patron. Arrête de faire semblant... ». Je sursaute, affolé. Qu'est ce que c'est que ce bordel ? Est-ce que je l'aurais réveillé ? Et qu'est ce qu'il vient de dire ? Je... Il a bien dit mon nom ? « Tu... Tu dors gamin ? » Pas de réponse. Oui, il dort. Très bien... POURQUOI IL DIT MON NOM EN DORMANT ? C'EST TOUT A FAIT NORMAL BIEN SUR ! ARGGGHHHHHH ! ET C'ETAIT QUOI CETTE PHRASE ? Je me lève promptement et sort. Qu'est ce que j'allais faire ? Qu'est ce que cet abruti a voulu me dire ? Il rêve de moi ? Pourquoi ? Mais qu'est ce que c'est que ce bordel.. Tout ce qui est sûr c'est que je ne peux plus. Cet enfoiré m'a bousillé mon envie. Putain. POURQUOI POURQUOI POURQUOI ? « Tu vois, tu n'aurais pas dû venir. Qu'est ce que tu voulais prouver ? » Connasse de conscience. Connard de Geek. Je n'arriverai jamais à m'endormir maintenant...


Patron : "Arrête de faire semblant"

Cette voix. Elle résonne au fond de moi tandis que je chercher désespérément d'où elle provient. Tout est noir autour de moi, c'est difficile de se repérer. Pourtant je n'ai pas mes lunettes de soleil. « Arrête de faire semblant. » Lumière. Un grand lit. Elle est dedans. C'est elle qui a parlé. Elle me regarde, faisant mine d'être sérieuse. Je lui souris d'un air moqueur et prends la parole à mon tour :
"Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
- Avec moi tu n'as pas à prétendre être quelqu'un d'autre. Tu peux être toi même.
- Qui sait ? Tu es peut-être dangereuse... N'oublie pas que nous sommes ennemis. Je ne suis pas censé te faire voir qui je suis vraiment.
- Ennemis ?"
Elle s'approche de moi, d'un air provocateur. Elle est tellement belle putain. "Ennemis ?" Répète t-elle en me poussant sur le lit. "Ennemis ?" Elle me chevauche, ce qui fait remonter sa jupe en cuir noir. Nom de dieu. Ses lèvres s'approchent de mon oreille. "Dans ce cas, peut-être devrais-je vous faire parler, monsieur le mafieux. Peut-être devrais-je vous torturer un peu." En disant cela elle fait glisser sa main le long de ma veste de costume, puis elle la passe sous ma chemise. Son autre main se fait baladeuse tandis qu'elle commence à appuyer sur mon entrejambe. Putainnnn... Elle sait ce qu'elle fait. Je gémis. Mais soudain, je me retourne et la plaque sur le lit. En une fraction de seconde les rôles sont inversés. Je profite de ce retournement de situation en ma faveur pour lui dire d'une voix rauque : "Non non... Pas ennemis. Enfin, en principe si. Mais en réalité toi et moi savons que nous sommes bien plus que ça..." La tension est insoutenable lorsque mes lèvres trouvent les siennes.
Cette femme est un démon. Elle est tellement belle, tellement dangereuse, tellement sexy. Et elle est à moi. Nous nous sommes trouvés. Pourtant nous savons que ce que nous faisons est mal. Nous sommes censés nous haïr, nous entretuer. Nous sommes chacun dans un gang ennemi. Mais pourtant, la première fois où nous nous sommes rencontrés j'ai su. J'ai su que jamais je ne pourrais achever le boulot qu'on m'avait confié. Je ne pouvais pas la tuer. Elle ne pouvait pas me blesser non plus. On a fait tout ce qu'on a pu pour corriger la situation. On a essayé de s'éviter, on s'est pointés des armes dessus... Mais on ne pouvait jamais finir ce qu'on avait commencé. Je baissais mon flingue à chaque fois, et finalement elle a fini par baisser mon froc. Et là ça a été l'explosion. On ne s'est plus quittés. Elle est devenue ma confidente, la personne dont je suis le plus proche, alors que je suis censé la tuer. La situation est malsaine, je vous l'accorde. Mais j'aime cette femme. Putain comme je l'aime.

Notre baiser se fait de plus en plus approfondi et je la vois se perdre dans l'instant. Elle me regarde avec ses grands yeux ronds. Je sens la chaleur de sa peau contre la mienne. Elle se penche vers moi et me murmure à l'oreille : « Tu dois faire face à tes actes. » Je suis incrédule, et je me mets à paniquer sérieusement quand je la vois qui commence à s'en aller. Elle m'embrasse une dernière fois sur la joue et disparaît définitivement tandis que je lui cours après dans le noir. Je hurle, mais elle ne se retourne pas. Elle a beau marcher et j'ai beau courir aussi vite que je le peux, elle reste inaccessible. Elle disparaît peu à peu et les larmes se mettent à rouler sur mes joues. « NE T'EN VA PAS ! » C'est trop tard, elle s'est volatilisée. De nouveau le noir complet.

Je me réveille en sursaut, trempé de sueur. J'ai peur d'avoir crié dans mon sommeil. Putain de rêve à la con. Putain de souvenirs. Putain de Geek.


Flashback :

« Comment tu t'appelles ?
- J'ai pas vraiment de nom...
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas... Toi c'est comment ?
- Mathieu.
- Mathieu ? C'est cool comme prénom.
- Tu aimes ? Si tu veux t'as qu'à t'appeler comme ça aussi.
- Mathieu. Oui ça me plaît, ça sonne bien.
- Mathieu !
- Oui maman ?
- Pourquoi parles-tu tout seul mon chéri ?
- Je ne parle pas tout seul, je parle avec mon nouvel ami...
- Avec ton nouvel ami ? »
La femme regarda autour d'elle consternée. Il n'y avait personne dans la chambre de son fils. Celui-ci la contemplaitt avec de grands yeux étonnés. Pourquoi maman avait-elle l'air aussi... Contrariée ?
« Mathieu » soupira t-elle, « il n'y a personne ici, arrête ton cirque, tu es un peu vieux pour avoir un ami imaginaire.
- Mais... Je n'ai pas d'ami imaginaire. Tu... Tu ne le vois pas ?
- Mathieu ça suffit maintenant. Arrête ça et descends mettre la table ou je vais finir par me fâcher.
- Madame je suis là ! Ehhhh !
- Qu'est ce que ? Mathieu mais... »
La mère de Mathieu recula. Son fils venait de lui parler mais... On aurait dit que ce n'était pas vraiment lui. Comme si il était possédé. C'était bien lui qui ouvrait la bouche mais une voix différente de la sienne était sortie, et il n'avait pas la même expression. Le fils ressemblait à une autre personne. « Mathieu arrête ça MAINTENANT ! » insista t-elle.
Mathieu ne répondit rien. Ce n'était pas lui qui avait crié. C'était Mathieu bis. Il regarda son « ami » qui paraissait aussi mal-à-l'aise que lui. Le numéro 2 ne comprenait rien : pourquoi cette femme ne le voyait t-elle pas ? Pourquoi ne l'avait-elle pas entendu ? Et d'abord, comment était-il arrivé ici ?


C'était la première fois que la maladie de Mathieu se manifestait. Elle était apparue comme ça, d'un coup. Il était jeune, mais normalement trop vieux pour avoir un ami imaginaire. C'est ce qui inquiétait ses parents. Quelquefois, ils le voyaient parler tout seul, alternant deux voix différentes, et ayant une conversation presque normale. Aussi normale que puisse être une discussion avec soi-même. Au bout d'un certain temps, les parents de Mathieu l'emmenèrent voir un docteur. L'enfant ne comprenait rien à ce qui se passait, et ne voyait même pas où était le problème. Certes il était le seul à voir son ami, mais dans ce cas c'était les autres qui avaient un problème, pas lui.
Le médecin parla longuement avec Mathieu. Il lui fit passer de nombreux tests, joua avec lui, le questionna... Et il apprit ainsi au père et à la mère que l'enfant n'était pas seulement un gamin débordant d'imagination, mais qu'il était schizophrène.
Mathieu aimait bien l'homme en blouse blanche. C'était une personne gentille, douce, brillante qu'il appréciait beaucoup. Il aimait surtout jouer avec cet adulte qui s'occupait de lui. Mathieu lui parlait beaucoup de Mathieu bis, et quelquefois il l'associait même à leurs jeux. Mathieu numéro 2 quant-à-lui se méfiait un peu du psychologue. Mais tant que son « frère » était heureux, alors il l'était aussi.
Après la découverte de la maladie les choses se gâtèrent. Les parents et le psy n'étaient pas du même avis concernant l'avenir de Mathieu. La mère surtout pleurait beaucoup. Elle ne reconnaissait plus son fils, et se surprenait même à avoir peur de lui. Le père, inquiet, voulait éradiquer la maladie, pour retrouver l'enfant doux et calme qui était auparavant le sien. Le Docteur, lui, était d'avis qu'on laisse ce pauvre gosse en paix, tant qu'il ne faisait de mal à personne. Il pensait que la maladie pourrait disparaître d'elle même au bout d'un certain temps. Mais il se trompait.
Mathieu commença à avoir mal à la tête, de plus en plus souvent, de plus en plus violemment. Son ami, qui était en réalité une voix dans sa tête, ne le quittait plus. Ils étaient plus proches que jamais, 24h/24 ensemble. C'est ainsi que l'enfant commença à fatiguer, et à faire des crises la nuit durant lesquelles il était pris de convulsions et hurlait à s'arracher la gorge. Il y avait trop de voix dans sa tête. Plus de place. Ils ne pouvaient pas se partager un cerveau à deux. L'autre voulait sortir. Les parents étaient morts de peur.
Une nuit, alors qu'il dormait paisiblement, Mathieu fut saisi d'une nouvelle crise, encore plus violente que les autres. Deux fois plus. Le petit pensa qu'il allait mourir, mais il n'avait pas peur. Il était rassuré de savoir qu'il n'était pas seul, que son ami allait rester jusqu'au bout avec lui. L'enfant était en nage, il gémissait, criait, se débattait avec ses draps. Il était pris d'une migraine incontrôlable, la voix dans sa tête hurlant aussi fort que lui. Il avait l'impression que son crâne allait exploser. Puis soudain, après un dernier hurlement, un dernier soubresaut, il s'immobilisa.
C'est alors que ses parents entrèrent dans la chambre, essoufflés. Mathieu tourna la tête vers eux et une larme roula sur sa joue tandis que sa mère s'effondrait sur le sol. Le père, lui, resta sur la pas de la porte les yeux écarquillés :
« Qui... Qui es-tu ? » demanda t-il à la personne tenant la main de Mathieu
« Ben, Mathieu numéro 2... »
La mère se retourna vers le deuxième enfant et s'évanouit devant la vision de la personnalité de Mathieu qui était devenue une réalité. Mathieu soupira. Il avait réussi, Mathieu bis était sorti.