Toujours du mal à apprécier mes textes terminés, j'espère que celui-ci vous plaira.

Honte sur moi je n'ai pas répondu à un review anonyme sur un chapitre!

La malade mentale: Déjà heureuse de te revoir, c'est presque une habitude de te voir te glisser instantanément dans mes reviews! Merci pour tes compliments, j'espère que la suite te plaira!

La chanson c'est Instinct de survie de Mr Yéyé, allez écouter ce type, son travail est très cool.


Instinct de survie

Ilona écarquilla les yeux, étonnée par ce que venait de dire Mitch.

-Mais enfin bien sur que tu sais, répliqua t-elle, c'est ton mec

-Avant je savais, je savais que lors de son histoire avec Emma c'était un "enfant sage" comme tu dis...mais là...

-Il n'est pas heureux avec toi?

-Moi je suis heureux avec lui, et jusque là j'en avais l'impression aussi, c'est juste que là je commence à douter

-Qu'est-ce qui te fais dire ça?

-Le fait qu'il veuille pas annoncer notre couple à nos potes et qu'il se soit probablement cassé pendant la nuit? Répondit Mitch en entamant sa 3eme bière

-Effectivement c'est problématique, concéda la jeune femme

-J'te le fait pas dire

Un moment de flottement s'installa durant lequel ils descendirent très rapidement leurs bouteilles, Mitch sentit que sa tete commençait à agréablement tourner avant qu'il se souvienne de l'intérêt qu'il portait à la jeune femme.

-Mais au fait...tu l'as vus hier soir?

-Oui, c'est lui qui m'a dit de passer

-Ha bon? Il voulait que tu viennes faire la fete avec nous?

-Pas vraiment

-Ha?

-Il voulait que cette fete ressemble un peu plus à celle de son adolescence

-Attends...il voulait que tu lui apportes de la drogue?

Ilona se contenta d'hocher la tete et de lui envoyer un regard compatissant. L'incompréhension de Mitch était palpable.

-Mais pourquoi? Demanda t-il, perplexe

-Tu lui demanderas

-S'il réapparait...

-Evidement qu'il va réapparaitre, il t'aime

-Il t'as dit qu'on était ensemble? Demanda Mitch qui ne s'en étonna meme pas au stade ou il en était

-Ouai

Mitch se leva de la petite table de bar, le regard dans les vagues et ses réflexions embrumées. Il déposa de quoi payer ses bières et lança un dernier regard à cet étrange lien qu'était cette femme, ancienne guide du passé qui maintenant le perdait dans le présent. Il aurait aimé discuter avec elle dans un autre contexte, découvrir ce qu'il se cachait derrière ce fantome qui avait expérimenté beaucoup trop de perceptions à une époque, remplacer l'étiquette "ex de Tom complétement junkie" à un simple "Ilona". Mais pour l'instant, le centre de ses préoccupations se résumait à son mec.

-Bon...salut...merci? Je sais pas trop ce qu'il faut te dire

-Salut Mitch, on se recroisera peut-etre, dit-elle en se levant également

Il n'eut pas le temps de lui dire une autre formule de politesse, la jeune femme se dirigea vers la sortie, quittant l'établissement, ses cheveux écarlate et ses souvenirs disparaissant dans le froid de Janvier. Il se retourna vers ses amis, ceux-ci s'étaient joints aux autres clients et avait décidé de faire passer la hard-musette de bruit de fond à seul son pouvant etre audible sur cette Terre, l'accordéon électrique emplissait le petit établissement, et chacun savait que cette musique n'était rien sans son lot d'alcool, les deux étant extremement liés. Meme Roxanne avait consentit à boire, et le fait qu'elle entame de bon cœur les paroles grivoise rendait son taux d'alcoolémie assez explicite, Mitch poussa un soupir de désespoir, elle était censé conduire sur le retour. Chris lui fit un signe, lui demandant de le rejoindre, il en aurait eut envie il y a quelques minutes mais maintenant il était pris d'un furieux besoin de prendre l'air, le monde entier le faisait là tout de suite intensément chier. Il quitta le bar et se retrouva dehors. Le silence lui fit pousser un profond soupir de soulagement, de la buée s'extirpa d'entre ses lèvres, le froid lui arracha un frisson, mais cela lui sembla plus vivifiant que désagréable. Il se dit qu'il allait faire quelques pas avant d'apercevoir une silhouette bien familière, fumant adossée sur la façade du bistrot, Stan. Il le rejoignit.

-T'aurais une clope? Demanda t-il

-J'croyais que c'était mauvais pour la santé et qu'on avait qu'a faire du yoga si on voulait se détendre, répondit Stan en citant une des anciennes déclarations de son ami sur la cigarette

-J'étais con, allez s'il te plait, rajouta Mitch sans se dévétir de son air préoccupé

Le directeur sortit son paquet de Camel, émettant une remarque sur ces nouveaux paquets neutres vraiment dégueulasses mais ne reçut pas de réponse à part un hochement de tete reconnaissant de son ami lorsqu'il lui tendit une cigarette et un briquet.

-Ça va? Demanda Stan

-T'es pas à l'intérieur avec les autres? Répondit l'écrivain

-Oh...pas trop mon truc plein de gens que je connais pas qui gueule des blagues de cul en buvant du Foulcan...

-Mec, tu adores faire la teuf

-Pas forcément, répondit-il en haussant les épaules

-C'est-à-dire?

-J'suis pas super à l'aise avec la foule, je sais pas trop comment m'y méler, j'ai toujours l'impression que je fait les choses mal, alors qu'en vrai je fait rien tu vois? J'crois que ça me fait peur, ça me fait envie hein...mais ça me fait flipper

-C'est bizarre, je te pensais à l'aise avec ça pourtant, répondit Mitch

-On croit connaitre les gens

-J'te le fait pas dire

Mitch jeta son mégot sur le sol et se décolla du mur, prét à partir.

-Va à l'intérieur, rajouta le DRH, ils ont pas l'air méchants, roule leurs des joints

-Je sais pas si...

-Vas-y, je t'assure que ça va bien se passer

Le jeune homme esquissa un sourire et retourna dans le bar, filant son paquet de Camel à moitié entamé à son ami, en guise de remerciement ou bien appréhendant que du tabac lui serait bénéfique en cet instant, il le remercia et s'éloigna de l'établissement. Il appela Héloise, l'implorant de faire demi-tour et de venir le chercher, celle-ci exprima son mécontentement pour la forme mais accepta, précisant qu'elle serait là dans une demi-heure. Lui laissant tout le temps d'etre seul.

On croit connaitre les gens.

Cette phrase prononcée de manière totalement anodine par Stan ne décrochait pas de ses pensées. Bordel qu'elle était beaucoup trop vrai. On ne voit que l'enveloppe des gens, on ne perçoit que ce qu'ils veulent bien nous montrer, c'est l'image qu'ils s'appliquent à renvoyer qui est la base de notre jugement. Tout le monde à un personnage public à jouer, tout le monde s'acharne à essayer d'etre quelque chose d'acceptable aux yeux des autres, parce qu'au fond on est tous beaucoup trop fragile face au jugement. Ce n'est pas une tentative vaine d'essayer d'avoir l'air meilleur que ses connaissances, c'est juste essayer d'etre comme eux, c'est tenter d'etre fait de la meme base qu'eux, de quelque chose qui semble heureux. Parce que le bonheur c'est bien la norme non? Tout le monde est heureux, tout le monde semble etre animé du meme feux. Ou alors tout le monde nie que tout le monde cherche, ou alors peut-etre que c'est plus compliqué, peut etre que tous les critères populaires du bonheur agisse comme des placebos lorsqu'on les possède. Femme, gosses, chien, baraque, boulot stable. Ou alors c'est vraiment satisfaisant, impossible de juger, il n'a rien de tout ça. Il pensa que tout cela était vaste, puis il se souvint de Chris et Roxanne se disputant dans la voiture...est ce que les gens finissent par croire à leurs propres mensonges? A force de mentir aux autres, finissent-ils par se mentir à eux meme? Cela semblait probable. Après tout ça avait été longtemps été le cas de Tom.

Mais était-ce encore le cas? Est-ce que son amant voyait leurs situation comme un bonheur par procuration ou était-il vraiment heureux avec lui? Avant Mitch pensait que la réponse à cette question était totalement évidente, maintenant il n'en était plus très sur. Est-ce que Tom affichait une nouvelle fois un bonheur apparent pour oublier un mal-etre qui selon lui n'avait pas à etre présent? Comme avant? Comme avec Emma?

Tom est-ce que tu vas mal et moi comme un con je le vois pas?

L'interrogation envahit son crane, ricochant, envahissante et oppressante. Elle ne le quitta pas de la demi-heure et il n'eut pu l'extirper, le paquet de cigarette fut vidé. Au loin, une voiture qu'il reconnut instantanément venait dans sa direction, il s'avança au bord de la route, elle s'arréta face à lui, il ouvrit la portière et prit place sur le siège passager.

-Hello Hélo! Dit-il d'un ton faussement enjoué

-Salut Mitch, tu devais pas rentrer avec Chris et Roxanne?

-Ils sont en train de se saouler dans le bar

-Et tu n'es pas avec eux? Demanda Héloise, étonnée

-Non j'ai juste envie de rentrer à l'appart

-Ha...tu es tant inquiet que ça pour Tom? Tu sais il est grand, je pense pas que le fait qu'on l'est pas vu de la matinée soit si dramatique que ça. Tu devrais lui faire confiance et saisir ton occasion de beuverie

-C'est-ce que je pensais faire au début

-Et qu'est-ce qui a merdé? Demanda t-elle d'un ton amusé

-Tu te souviens de sa meuf du lycée?

-Tu l'as recroisé? Ilona?

-Yep. Elle a dit des trucs qui m'ont bien retourné la tete. Mais je t'en parlerai peut-etre pas en fait.

-Comme tu veux, sinon en parlant d'ex j'ai revu Emma moi

-Sérieux? Vous voulez pas sortir ensemble histoire de boucler la boucle?

-T'es con. Mais bon, elle à l'air de se remettre du départ de Tom, on a parlé de leur ancien couple. C'était bizarre.

-Pourquoi?

-Elle était en couple pour etre en couple, c'était plus un role dans sa réussite sociale. Elle a du aimer Tom à un moment, ça je n'en doute pas...mais elle a essayé d'entretenir ce sentiment à outrance, plus pour exposer son couple parfait qu'elle fantasmait que parce qu'elle ressentait réellement tout ça. Roxanne m'a meme dit que ça partait meme d'une histoire de famille son truc...du coup je crois que cette rupture à été bénéfique pour elle aussi, dans un certain sens

-T'as raison, c'est bizarre. Mais je pense que Tom ressentait quelque chose qui ressemblait à ça quand il était en couple avec elle, pas le coté manipulation tout ça hein, plus le coté mensonge

Dimanche matin, en cette journée de procrastination Tom venait de se lever, il était 10 heure et il se brossait les dents, uniquement vétu de son confortable et adoré peignoir. Une présence qu'il ne connaissait que trop bien le rejoignit, déposant un léger baiser sur sa joue avant de répondre à une question qu'il n'avait pas formulé.

-Mais oui tu pourras mater, dit-elle avec un petit sourire

Question qu'il n'avait meme pas formulé en pensée, mais il esquissa un sourire pour la forme et laissa son regard errer sur sa petite amie se déshabillant, sans y faire réellement attention. Poser le regard quelque part, errer dans les vagues. Cela faisait un moment que son cerveau n'enregistrait plus les petits détails de son corps, il fut un temps ou il connaissait par cœur le paysage de son enveloppe, ou ses doigts connaissait à l'avance l'emplacement de tout les creux perdus dans sa chair, ou il prévoyait la sensation de sa main dans ses cheveux. Avant il aurait découvert la présence d'une minuscule cicatrice enracinée entre ses cotes, et il se serait souvenus de son emplacement, et il l'aurait caressé la prochaine fois qu'il la verrait. Maintenant il se contentait vaguement de ses longs cheveux filasses, de ses seins ronds mais petits, de son ventre légèrement débordant et de ses longues jambes. Et cette combinaison primaire lui suffisait, il ne ressentait plus vraiment l'envie d'en voir plus. Un certain sentiment de lassitude. Ou de solitude. Il sortit de la salle de bain. Il s'habilla rapidement et se dirigea dans le salon, il se saisit d'un paquet de cigarettes qui trainait et ouvrit une fenetre avant de s'y accouder et d'en allumer une.

-Tu veux pas faire ça dehors? Demanda Emma qui s'était habillé également, ça pue

-J'ai déjà ouvert la fenetre bébé

-T'es chiant

Elle se laissa tomber sur le canapé et alluma la télé avant de laisser son temps de cerveau disponible sombrer dans un télé-achat.

-On sort aujourd'hui? Demanda t-elle

-Comme tu veux

-J'irai boire un café avec des amies

-Pourquoi tu demandes alors?

-Comme ça

Et ils retournèrent dans leurs bulles. Le silence qui régnait n'était pas vraiment génant, ils étaient tout les deux habitués à ce que l'autre ne soit qu'une présence, un accord silencieux semblait avoir été passé entre eux, ils occupaient simplement un espace commun et cela ne ne nécessitait pas forcément interactions. Evidemment que l'on n'est pas forcé d'intéragir perpétuellement lorsqu'on est en couple. Mais ces longues phases de silences n'étaient entrecoupés réellement que par des moments très voir trop romantiques qui sonnait faux entre deux vides. L'entre-deux avait du mal à exister entre eux, mais cela allait à Tom, il évitait les conflits en acquiesçant et essayait de répondre aux mots d'amour de la meme manière qu'on les lui disait. C'était une question d'adaptation, il avait accepté que les réels moments de bien-etre étaient enrobés de remarques inutiles, de silence pesant et de tentatives d'en créer des factices. Cela lui semblait normal.

Emma partit vers midi.

-J'y vais bébé! Soit sage! Dit-elle avec un sourire dans la voix

Etre sage. Il essayait d'avoir l'air sage parce que c'était ce qu'on attendait de lui. Pas heureux, non, juste sage. Comme une image. Quelqu'un qui pourrait se tasser dans un coin tout seul comme un grand et qui se déplierait de temps en temps pour montrer qu'on a bien fait de s'occuper de lui. Vous voyez ma bonne dame, ce n'est pas un enfant triste, qu'allez vous cherchez là, c'est un enfant sage! Il ne criait jamais, il acquiesçait et dissimulait le charbon sous ses yeux et l'araignée dans sa gorge, parce que de toutes façons il n'avait pas à les sentir, on s'occupait de lui. C'était stupide de pleurer. Il n'avait aucune bonne raison de se plaindre. Il avait une meuf, un boulot stable ou il régnait une super ambiance, il avait abandonné ses vices adolescents. Que de raisons pour etre heureux, que de simples bases du bonheur qu'il possédait et qui devrait normalement suffir à lui donner envie de se lever le matin. Tout le monde était unanime sur le fait que n'importe qui devrait se sentir épanouit avec ça. Devant cette idée populaire, il n'avait d'autres choix que de donner le change. Il essayait de renvoyer la passion que parfois sa petite amie lui manifestait, meme s'il n'était qu'un miroir qui renvoyait le meme comportement au lieu d'en créer un nouveau, qu'ils auraient aimés tout les deux. Il essayait d'etre sympa au travail, c'était quelque chose de beaucoup moins compliqué à laquelle il prenait meme du plaisir, le vrai faux-semblant était d'essayer d'y maintenir cette image continuellement. Il fallait qu'il se concentre sur ce qu'il émanait, sur ce qu'il ne fallait pas qu'il trahisse, cacher les cicatrices faites la veille. Les blessures sont mentales mais malgré ça il faut servir des illusions stables. D'une certaines façons, cela empeche de régler le problème et d'en entrainer d'autres. Et puis de toutes façons il n'y avait pas de problèmes.

(T'es pas amoureux de ta meuf.

Tu donnerais tout pour faire échapper tes sens au moins un instant.

Au taff tu es toujours sur le point de craquer, parce que t'as des épaules sur lesquelles t'appuyer. Mais tu le fais pas. Parce que t'as peur qu'on te trouve ridicule. Et parce que tu as peur de trop attacher à certaines personnes qui ne te le rendront jamais.)

Ta gueule conscience. Ta gueule.

Le déni était la meilleure des défenses. Il avait laissé tomber l'espoir qu'il puisse aller mieux, il s'était résigné au fait qu'il est atteint son maximum. Avant, il penserait que ces instants seraient les meilleurs de sa vie. Avant il survivait parce qu'il croyait aux lendemain meilleurs, meme si pour certains ça paraissait vain. L'espoir fait vivre. Mais petit à petit le "plus tard" d'avant devient notre présent, et rien n'est réellement mieux, différent, mais pas mieux. Puis par habitude on finit par s'y complaire, on joue le jeux. On saisit que ce n'est ni trop mal ni trop bien, mais on pose le mot "bien" sur cette neutralité, en essayant d'y croire.

Et on rallume une autre cigarette.

Emma revint environ deux heures plus tard, portant des sacs ou figurait le nom de plusieurs boutiques de vetements. Elle déposa un baiser sur sa joue lorsqu'ils se croisèrent et elle alla dans la salle de bain. Lorsqu'elle ressortit elle était vetue d'une nouvelle nuisette rouge et de bas assortis, elle avait gardé ses talons et s'était remise une couche de rouge à lèvres d'une couleur sanguinolente.

-Sexy, concéda Tom

Après ça ils firent l'amour. Ce fut bien mais pas extraordinaire.


Je sais ce que vous vous dites. Un truc du genre "elle nous fait chier avec ses flash-back et son drama, il y a pas vraiment de Tomitch dans cette fic!". Ce à quoi je répondrais...patience. Patience mes lapins.

Et on n'oublie pas le review au gentil auteur!