Bonjour/Bonsoir
Désolée pour le retard de publication ! Surtout que c'st sans doute partie pour recommencer, je ne sais pas quand je retrouverai Internet (cause déménagement...) mais dès que je peux, je pense à vous et je poste !
Merci pour les reviews et fav, ça me fait vraiment plaisir ! J'espère que la suite va vous plaire ^^ Bonne lecture !
Chapitre 3 : Confrontation et lignes temporelles
La patronne de la Brigade Temporelle avait décidé d'inviter la Reine Clothilde IV dans son bureau pour procéder à l'interrogatoire de la suspecte. Elle se disait que la présence de la souveraine de Charlotte à ses côtés serait une aide précieuse, au moins pour la comprendre. Constance soupira et regarda son nouveau gros problème s'avancer dans son bureau. Une expatriée de Néo-Versailles qui voyageait dans le temps, qui avait retrouvé grand nombre de ses concitoyens réfugiés et qui à présent, la regardait d'un air de défi, voire même avec un brin d'arrogance. Charlotte se taisait. Elle savait parfaitement ce qui allait se passer (Dieu, qu'elle détestait employer cette expression) et attendait juste les premiers assauts.
Constance commença la passe d'arme :
- Vous ne pouvez pas continuer…
- Jusqu'à preuve du contraire, rien ne m'en empêche… Sourit Charlotte, en se balançant négligemment sur sa chaise
- C'est interdit !
- Par qui ? Demanda Charlotte, toujours goguenarde
- Par nous ! La Brigade Temporelle ! S'énerva alors Constance
- Vous vous la pétez vachement quand même. Je vous rappelle, qu'il y a deux ans, vous étiez encore l'organisation fauchée qu'on appelait les Missionnaires. Et avant d'être une organisation fauchée, vous étiez une entreprise mégalo vouée à la domination du monde. Alors excusez moi si j'ai décidé de pas reconnaitre votre autorité
Charlie lança un regard amusé à Constance qui venait de se dégonfler comme un ballon. Charlotte continua :
- Surtout, je vois pas ce que je fais de mal
- Vous venez en aide à des fugitifs !
- Des fugitifs ? Vous parlez d'eux comme si c'était des criminels
- Se sont tous des criminels potentiels ! Nous ne pouvons pas prendre le risque de les laisser dans des époques qui ne sont pas les leurs
- Constance a trop raison, Charlotte. Il faut les ramener à Néo-Versailles. C'est hyper risqué de les laisser dans le passé, ils vont forcément faire des conneries à un moment et tu ne peux pas les surveiller tous à toi toute seule, Dit avec douceur Clothilde IV
- Laissez moi me démerder avec la logistique et retournez vous brosser les cheveux, Altesse !
Charlotte perdit un temps son air bravache et s'adressa très sérieusement aux deux femmes :
- Ils se débrouillent très bien. Ils ont réussis à reconstruire leurs vies. Foutez leur la paix maintenant.
- On ne peut pas ! S'exclama Clothilde
- Et pourquoi pas ? Vous leur avez gâchez la vie, vous et votre connard de pote Voyageur Du Temps ! Vous leur avez arraché tout espoir, le seul qu'ils avaient. Alors, vous étonnez pas qu'ils aient voulu se barrer et tenter de tout reconstruire ailleurs. A moins que vous ne vouliez leur enlevez ça aussi ? Cracha Charlotte, de la colère dans les yeux
Elle n'avait jamais eut le temps de dire ce qu'elle pensait à propos de la Reine Clothilde IV et de Néo-Versailles, encore moins à la principale concernée. Et se fut avec une certaine satisfaction qu'elle vit la Reine se décomposer devant elle. Peut-être qu'elle était cruelle et que Clothilde ne méritait pas qu'on soit aussi dure avec elle. Mais Charlotte avait trop perdu dans les événements autour de cette femme pour ne pas lui en vouloir. A commencer par son frère.
Constance ne se laissa pas amadouer. Elle reprit :
- Peu importe la manière dont vous voyez votre soi-disant mission, nous ne pouvons pas vous laissez jouer avec les voyages dans le temps. C'est trop risqué.
- Laissez moi faire, je connais mon business, Dit Charlotte
- Votre pote, le Voyageur du Temps… Lui aussi, il parle comme vous, de missions, de causes nobles… Vous êtes très semblables au final
- Fermez là un peu et lâchez moi, avec votre clodo du futur, Se Renfrogna Charlotte.
Constance sourit, satisfaite d'avoir réussi à fissurer la carcasse de la jolie brune un peu trop sûre d'elle. Elle enchaina rapidement :
- Si vous ne vous arrêtez pas toute seule, c'est nous qui vous arrêterons.
- Je sais pas si vous avez remarqué… Mais vous n'êtes pas très douée, vous et votre Brigade, concernant la notion de m'attraper. Ça fait un an que je voyage dans le temps, que j'aide mes camarades et que je m'amuse avec ma jolie machine… Pourtant, je ne suis apparue sur vos radars i peine quelques heures et seulement parce que l'autre abruti a interféré. Et ça fait deux ans que les réfugiés de Néo-Versailles sont partis en vadrouilles dans le temps et jusqu'à présent, vous en avez retrouvé… Ben aucun ! Railla Charlotte, retrouvant alors un peu de sa superbe et de son air railleur.
La directrice de la Brigade Temporelle ne se laissa pas démonter. Elle continua :
- Nous pouvons vous arrêter autrement qu'en vous courant après lors de vos voyages…
- Sans déconner ?
- Nous pouvons par exemple découvrir comment vous avez obtenu votre machine à voyager dans le temps et remonter jusqu'à cette époque pour faire en sorte que vous ne l'aillez jamais.
A la grande surprise de Constance, Charlotte éclata de rire.
- Vous pensez vraiment que j'avais pas prévu ce coup ?
- Ben… Euh… Balbutia Constance, en cherchant appui auprès de la Reine, visiblement déboussolée elle-aussi.
- Vous savez quoi ? Je vais vous épargné la peine de chercher comment j'ai eu ma machine. Je vais vous l'expliquer, comme ça, vous comprenez pourquoi vous ne POUVEZ pas m'empêcher de l'obtenir.
- Pourquoi vous feriez ça ?
- Je viens de vous le dire, vous êtes teu-bé ou sourde ? Pour que vous compreniez pourquoi vous ne pouvez pas m'empêcher d'avoir ma machine !
- Je serai curieuse d'entendre ça… Dit Constance
- Ben c'est partie pour ma jolie petite histoire alors.
Une musique au violon démarra en fond sonore et Charlotte prit une voix de circonstance :
- Le portail temporel m'a fait débarquée à Paris, le 15 mars 2048. Une époque déjà pas mal pourrie mais moins que celle dont je venais. Comme j'ai bien suivie en cours d'Histoire, je savais que je venais de débarquer seulement trois mois avant que le Docteur Germain Castafolte ne mette au point son premier robot révolutionnaire, le tout premier Castafolte. Celui qui serait à l'origine de tout les autres… J'ai toujours admiré le génie du Docteur Castafolte alors je me suis dit que ce serait plutôt sympa d'assister à ce moment d'histoire. Sauf que, quand j'ai réussi à retrouver Germain, je me suis rendue compte qu'il était très, très loin du compte. Et à seulement trois mois de la présentation de son premier robot, il n'était absolument pas prêt. Le Docteur Castafolte que je voyais était sans doute un très grand scientifique mais… Son projet était infaisable, la science de l'époque n'était pas assez avancée pour que son projet de robot puisse voir le jour…
- Évidemment que la science n'était pas assez avancée… Puisque c'est lui qui l'a justement fait progressé avec ces théories robotiques, Intervint Constance, prise dans le fil dramatique de l'histoire
- Sauf que là non… Germain Castafolte était tout, sauf près du but. Il lui manquait ses grandes théories scientifiques qui allait, dans le futur, faire progresser la science à grand pas. J'étais complètement paumée, je ne comprenais pas comment le docteur allait pouvoir, en aussi peu de temps, faire faire un bond de plusieurs siècles à la Science. Et c'est là que j'ai compris…
- Compris quoi ?
- Que Germain Castafolte était brillant mais pas suffisamment. Et que les savoirs qu'il allait apporter aux générations futures grâce à ses travaux, devaient justement provenir du futur… C'est à dire de moi… Dit Charlotte, un sourire de fierté au coin des lèvres
Henry et Le Visiteur (qui étaient parvenu à échapper à la surveillance de Michel) suivaient la conversation depuis le couloir du bureau de Constance. Ils échangèrent un regard interloqué et Henry sentit naitre en lui une énième déception concernant son Daddy. Le Visiteur serra la main de son ami et reprit son écoute active.
- Quoi ? S'exclama Constance
- En fouillant dans les affaires que j'avais sur moi en arrivant de Néo-Versailles, je suis tombée sur l'objet qui avait été le plus précieux pour moi pendant en temps. Le manuel du Tempus Fugitron…
- La machine du Voyageur du Temps…
- Exactement… Quand l'autre clodo était ma seule raison de vivre, j'avais réussi à obtenir, dans des conditions très particulières, le manuel de sa machine à voyager dans le temps. Une pure relique pour moi à l'époque. Mais en 2048, ce manuel était avant tout un pur condensé de savoirs scientifiques provenant du futur. Soit autant de savoirs qui manquait à Germain Castafolte.
Charlotte lut dans les yeux de ses interlocutrices une lueur de compréhension. Elle continua son histoire :
- Alors je suis allée voir le Docteur Germain Castafolte. Je dois dire que je n'ai pas été déçue. Un grand humaniste cet homme… Très intelligent aussi… Quand je lui ai proposé de lui donner le manuel du Tempus Fugitron, il a tout de suite acceptée toutes mes conditions.
- Celle de vous fabriquer une machine à voyager dans le temps… Dit Clothilde
- Exactement… Et de m'assurer mes arrières… Sans moi, personne n'apportera jamais ce manuel à Germain. Sans moi, toutes les inventions qu'il a mit au point grâce aux théories dans ce livret n'existeront jamais : pas de robot Castafolte, pas de poumon artificiel, pas d'interface solaire et pas d'Internet 4.0 … J'ai refermé la boucle de causalité. Si vous m'empêcher d'obtenir ma machine, vous créez un paradoxe temporel et vous changez radicalement le cours du temps. Et il me semble… Que c'est un peu votre mission à vous d'empêcher tout cela…
Charlotte était victorieuse, assise bien droite et regardant dans les yeux cette femme qu'elle venait de battre à plat de couture. Constance tenta :
- On pourrait fournir nous-même les informations dont le Docteur Castafolte a besoin…
- Non, vous ne le ferez pas… Sourit Charlotte
- Et pourquoi pas ?
- Trop de variable… Ce sont précisément ces informations, et uniquement ces informations, dont s'est servi Germain qui ont construit son avenir et notre présent. Si vous lui donniez une info de plus ou de moins, il ne pourrait, par exemple, ne jamais parvenir à donner assez d'humanisme à son robot. Vous imaginez ? Tout les Castafoltes dépourvus de la moindre once d'humanisme ? On pourrait retrouver une belle bande de CastaFlics à la place de nos bons vieux robots… Ou pire, à la place, ce serait des Riton en puissance, tout en blague de merde et en égo démesuré…
Charlotte se leva et regarda les deux femmes.
- Vous ne prendrez pas ce risque.
- Et si on s'arrangeait pour vous piquer le manuel avant votre départ pour Néo-Versailles ? Proposa alors Clothilde, toute fière de sa solution
Le regard de Charlotte se durcit. Elle dit, beaucoup plus froidement :
- J'ai étudié les causalités de mon geste sur le futur. Si je ne récupère pas le manuel, Van Der Castafolte le trouvera. Et, si j'ai bien tout juste dans mes calculs de paramètres, il tentera de fabriquer une machine à voyager dans le temps pour que Stella et Raph puisse retrouver leur époque. Et en essayant, il fera exploser Néo-Versailles…
Un grand silence suivit son annonce. Elle poursuivit quand même :
- Et si vous ne vous sentez pas concerné Constance, rappelez vous que c'est les émeutes qui vous ont poussé à accepter la demande du gouvernement français et à transformer les Missionnaires en Brigade Temporelle. Me prendre le manuel, c'est annulé votre propre ligne temporelle.
La bataille était finalement gagné. Charlotte leur tourna le dos et tout en partant, lança à la volée :
- À vous de voir si le peu de troubles que je peux causer vaut toutes ses modifications…
Avant qu'elle allait passer la porte du bureau, la Reine Clothilde IV la rappela :
- Charlotte ! Je vous ai fait tant de mal que ça ?
La jeune femme ne se retourna pas. Ses poings étaient crispés, son souffle était devenu court. Elle dit :
- C'est pas tellement votre faute. On ne vous a jamais aimé, ni vous, ni votre mère avant vous. C'est le problème des puissants. Au fond, vous serez toujours seule.
Elle laissa passer un temps, cherchant à mettre des mots sur ce qu'elle ressentait :
- Sauf que vous n'avez jamais supporter qu'on ne vous aime pas. Au fond, vous ne vouliez pas avoir le même destin que votre mère, détestée toute sa vie mais aimée dans la mort… Alors vous vous êtes servi du Voyageur du Temps et de ses mensonges.
- Je sais… Mais je voulais donner de l'espoir à mon peuple… Clama Clothilde, pleine de conviction et de bonne foi.
- Et ça a marché au delà de vos espérances hein ? Dit Charlotte, avec un rire amer.
Elle se retourna pour regarder Clothilde. Elle ne savait pas si elle détestait vraiment celle qui resterait toujours sa Reine. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de lui en vouloir.
- Vous ne vous êtes pas rendu compte de l'effet qu'il avait sur nous. Surtout sur Raymond et moi. On avait jamais eut de parents, personne sur qui se reposer, personne à admirer… Alors, vous imaginez bien qu'un homme qui nous sauvait tous les soirs, nous et toute la ville, qui affirmait qu'un monde meilleur était possible…
Les mots qu'elle voulait prononcer lui faisait mal aujourd'hui mais elle sentait qu'il fallait qu'elle les sorte enfin :
- Le Voyageur du Temps… C'était tout mon monde… Il aurait pu me demander n'importe quoi, je me serai pris une balle pour lui… Et pour vous aussi, par la même occasion… Et c'est ce que mon frère a finit par faire… Vous vous rendez compte du vide de ma vie après que mon frère soit mort pour vous ? J'avais perdu la seule famille qui avait été là pour moi et, en même temps, la seule raison de vivre que j'avais jamais eut. Votre mensonge a fait s'effondrer mon monde… Parce que, même si ça me fait mal de le dire aujourd'hui, le Voyageur était tout ce que j'avais, c'était toute ma vie et sans doute bien plus que ce qu'elle valait à l'époque…
Toujours planqués contre la porte du bureau de Constance, Renard et Henry étaient silencieux. Le Visiteur n'avait pas perdu une miette de la discussion des trois femmes et avaient pris comme des claques chaque mention de son existence. Charlotte semblait le détester au delà du possible. Se faire des ennemis, il en avait l'habitude mais, à chaque fois, il avait eut l'impression d'être du côté des gentils, de ceux qui font le bien. Dans le cas présent, il savait pertinemment que si il y avait un méchant, c'était lui. C'était lui qui avait brisé la vie de cette femme, qui avait causé indirectement la mort de sa seule famille, son départ pour une époque qui n'était pas la sienne et enfin, son existence instable. Charlotte était une belle personne et sa mission était noble. Mais le Visiteur ne connaissait que trop bien les sacrifices et les risques que ce genre de vie engendrait et il s'en voulait d'avoir mis un tel fardeau sur les épaules de cette femme. Le regard de surprise puis de mépris qu'elle lui lança quand elle le vit ne fut que la dernière claque qu'il se prit sans broncher.
- Vous écoutez aux portes en plus… Vous êtes définitivement le pire des cons…
Renard la regarda dans les yeux, puis s'effaça en disant :
- Je suis vraiment, vraiment désolé…
- Allez dire ça à Raymond… Cracha Charlotte, avec bien plus de trémolos dans la voix qu'elle ne l'aurait souhaité.
Elle s'engagea dans le couloir et voulut sortir quand soudain, un turbopoing lui attrapa le bras. Elle se retourna et regarda Henry Castafolte. Ce dernier dit :
- Tout ce que vous avez dit… À propos de mon concepteur… Si c'est la vérité…
- Oui… Je suis désolée… Sincèrement, Docteur… Dit Charlie
- Cela signifie que vous êtes… que vous êtes… VOUS ÊTES MA MAMAN !
Et par un retour de turbopoing, Charlotte se retrouva dans les bras de Henry Castafolte, le robot le plus humain de tout le temps, pleurant à chaude larme sur son perfecto. Elle lui tapota le dos en disant :
- Si on peut dire…
Merci d'avoir lu et pour votre future review ;) Le prochain chapitre arrivera avec un peu de chance la semaine prochaine et s'appellera Reconnaissances de dettes !
