Je tiens tout d'abord à remercier tout les reviewers, je ne prend pas le temps de vous faire de rar, alors, on va faire un remerciement général… Elsa vous emmerde? Ça changera pas tout de suite! Nyark nyark! (Quand je pense qu'au départ, l'idée venait de mon frère!) hourra, maintenant, je suis sûre à 200 de ce que signifie spoilers! Merci! (Quelqu'un fait des grosses fautes d'orthographes dans ses reviews, flamarion, vilaine fille! Hé je peux la niaiser, c'est ma sœur!) Oh fait, est-ce qu'il y en a parmi vous qui aime bien Havoc? Moi, personnellement, je l'adore! Mais là n'est pas la question, j'ai juste parce que je vais lui faire faire quelque chose de spécial dans le chapitre 5! (Oui, oui, il est déjà écrit, j'ai prit de l'avance exprès!) Bon et donc, assez papotez. Je vous avais laisser dans un suspense de la mort, je dois me rattraper! Voici donc ce que vous attendiez tant! La suite…

Vollständing Metall Alchimist

Vollständing Metall Liebhaberin

Full metal lovers - Un combat sans merci

Ein kampf unerbittlich

Kapitel Vier

Chapitre 4

Tout le monde avait pris ses positions les uns face aux autres. Chacun était prêt à ce qui allait suivre. Sauf peut-être Winry, qui se collait le visage sur la vitrine de sa boutique pour voir malgré la pluie qui coulait à flot. On aurait dit qu'un déluge se préparait.

Alphonse attrapa Bernard par derrière, à bras le corps. Mais avant qu'il ait pu affermir sa prise sur lui, le criminel lui avait glissé des mains et courrait vers Edward. Son bras se leva très haut, au-dessus de sa tête. Ed évita l'attaque lancée de loin. Son souffle lui écorcha la joue. Il inspira à fond, pour se donner du courage. Les yeux noirs de Bernard étincelaient sous les éclairs, ses joues rongés par sa barbe et la pluie ressemblaient à deux énormes cratères. Il était maigre. Tout en nerf. Le regard de Stein brûla l'adolescent. Il se sentit perdu, comme l'âme d'un enfant mort né arrivée aux portes de l'enfer.

L'urgence de la fuite s'imprima dans son corps. Il voulait partir. Mais en même temps, Edward tenait à se prouver qu'il pouvait faire face à cet homme.

-Qu'est-ce qu'on fait Ed? s'écria Alphonse dans un grondement de tonnerre terrifiant.

La douleur dans son épaule toujours présente à son esprit, l'aîné des Elrick décida d'en finir et vite. Il se redressa de toute sa grandeur, ce qui n'était pas bien grand et se jeta sur Bernard. Alphonse suivit le mouvement et Stein se retrouva encerclé, coincé entre les deux frères. Un coup dans son dos fit comprendre au criminel qu'il aurait à en découdre plus longtemps que prévu. Une lame s'enfonça dans son ventre, lui coupant le souffle. Ed était devant lui, les yeux lançant des éclairs et le tonnerre gronda une fois de plus. Un éclair déchira le ciel et le noir des nuages devint si sombre qu'on ne pouvait presque pas voir à deux pas devant soi.

Les deux frères reculèrent, en même temps, pour laisser une chance bien mince à Stein de se remettre en position de combat. Ils détestaient se battre de façon déloyale. Mais cette fois, ils n'auraient pas le choix.

-Ainsi, vous comptez venir jouer dans la cour des grands? Bien essayé, sourit Bernard d'un air machiavélique. Mais il faudra plus que deux gamins pour m'arrêter.

Il ne semblait même pas se préoccuper de sa blessure au ventre. Il se gratta furieusement le poignet droit et la peau s'ouvrit sous l'attaque de ses ongles, devenus trop pointus suite à l'attaque qu'il avait lancé contre Edward. Il grimaça, souffrant terriblement. Puis les Elrick durent assister à un terrible spectacle. La peau pâle des avant-bras de Bernard se mit à trembler, par vague. D'abord, ils crurent à un effet d'optique causé par la pluie diluvienne qui continuait de tomber en véritables trombes. Mais ils avaient tout faux. Ce qui grattait affreusement cet homme dégoûtant vint bientôt à l'air libre, après avoir rampé sous sa peau. Un ver glissa sur le sol, avec le sang coulant de la nouvelle blessure du criminel.

La créature était mince, nue, et sa peau était d'un rosâtre écœurant. Winry eut un haut-le-cœur en voyant cette bestiole ramper sur le sol, dans la flaque de sang dilué qui se formait au pied de Stein. Le ver absorba le sang et se mit à grandir, comme renforcé par le liquide de vie. Sa peau s'assombrit, des yeux jaunes se formèrent sur ce qui devait être sa tête et il se métamorphosa finalement en un serpent! Un véritable boa constrictor!

-Beurk! Ça me donne la nausée! Ne me dites pas que vous avez créé cette horreur avec de l'alchimie? osa demander Edward, sa curiosité piqué malgré tout.

-Bien sûr, voyons. Je possède des façons de faire bien pire que tout ce que vous avez vu jusqu'à aujourd'hui. Mais laissez-moi vous donnez une petite leçon, messieurs les alchimistes d'état, déclara Bernard en écarquillant ses yeux noirs dardés de veines rouges comme un dément.

Edward eut un mouvement de recul et Alphonse hésita un instant. Ils n'auraient jamais dut lui laisser une ouverture! Leur bonté les perdrait!

-Vous savez, moi aussi, j'ai déjà été alchimiste d'état. Oh, cela doit faire une décennie ou deux, mais quand même. J'ai été grand en mon temps. Et je n'air rien perdu de cette époque. Malheureusement, mes méthodes ont été méprisées par mes supérieurs. On m'a accusé de haute trahison. Pourtant, mon but était noble. Je voulais seulement trouvé aux hommes une façon de ne plus souffrir. De ne plus mourir. Est-ce que cela ne vous tenterait pas? Avoir tous les pouvoirs? Être sans limite? Retrouver vos corps?

Alphonse comptait intervenir, mais il hésita devant cet argument. Comment résister? Lui qui voulait depuis si longtemps retrouver son corps. Edward voulut répliquer, mais le serpent était sur lui.

-Argh!

Il évita de justesse les crochets de la bête et essaya d'attirer l'attention de son frère pour que ce dernier lui vienne en aide. De son côté, Bernard était plus préoccupé par ses rêves de grandeur passés.

-Vous auriez vraiment synthétiser la pierre philosophale? s'étonna Alphonse.

-Bien sûr, mon garçon et je pourrais le faire de nouveau, mais personne ne comprend mon travail. Personne n'a jamais voulu le comprendre.

L'orage tonna un peu plus fort au-dessus de leur tête et la foudre s'abattit sur les lampadaires, mettant leur base en feu. Ces flammes eurent tôt fait de s'éteindre et Edward se retrouva à courir dans le noir, poursuivit par un boa constrictor, sans savoir ce qui arrivait à son frère, ni comment attirer son attention sur lui. Il avait peur de ce que pouvait lui raconter Bernard. C'était dangereux de laisser Alphonse seul face à cet homme. Son cadet demeurait influençable malgré toute sa bonne volonté. Il y avait si longtemps qu'il rêvait de retrouver son corps que peut-être qu'il pourrait… dans l'espoir fou de réussir à… même si cela représentait un terrible sacrifice pour des centaines de milliers d'inconnus…

Non, pas son Alphonse! Son frère était trop brave pour s'abaisser au niveau de Stein. Mais si ce criminel pouvait synthétiser un serpent venimeux en sacrifiant un peu de son sang, si cet homme pouvait transpercer le métal le plus solide avec l'un de ses ongles en l'allongeant à l'infini, où commençaient ses limites?

Un éclair lui permit de voir l'homme en question, qui parlait avec Alphonse. L'armure hochait positivement de la tête, comme si elle était convaincue de la véracité des dires de son interlocuteur. Est-ce que son frère pouvait accepter de…?

-Avec moi, vous pourriez faire de grandes choses toi et ton frère. Nous pourrions récupérez ton corps et devenir les plus puissants alchimistes du pays. Les plus puissants alchimistes du monde. Puis, les plus puissants hommes du monde. Nous serions invincibles, immortels, nous serions…

-…dégoûtants, si pour obtenir tout ce pouvoir et cette immortalité nous devions nous abaissé à tuer des centaines d'innocent pour quelque chose d'aussi futile, l'interrompit Alphonse en l'attrapant par la gorge.

C'était très inattendu de la part d'un adolescent aussi jeune et aussi pacifique que le jeune Elrick. Mais Al faisait semblant tout le long d'être intéressé par le discours de Bernard. Il en avait profité pour s'approcher de lui, en parlant avec une voix toute émerveillée, pour que l'autre ne se doute de rien. S'il croyait pouvoir l'entraîner dans son rêve monstrueux, il se trompait lourdement. Jamais il ne serait la cause du trépas d'innocent. Jamais volontairement. Il s'en était fait le serment. Il ne ressemblait peut-être qu'à une armure, à un être dur et sans cœur, mais il avait encore des valeurs et s'y tenait fermement.

-Petit fourbe, tu m'as fait monologuer exprès. Dire que je me croyais persuasif à souhaits, soupira Bernard sans se débattre le moins du monde, malgré la pression incroyable que créait les mains métalliques d'Alphonse sur sa gorge.

-Je pourrais vous tuer, monsieur Stein, alors faites attention à ce que vous dites.

Ed commençait juste à être rassuré par les deux ombres qu'il entrapercevait dans le noir, car la plus grande dominait l'autre et la plus grande se trouvait être son frère. Mais un éclair illumina la rue où ils se tenaient et il vit le sourire plein d'assurance de Bernard. Ce meurtrier avait une idée derrière la tête.

-Al! Fais attention! cria-t-il dans la tempête, espérant être entendu. Mais, comble de malchance, le tonnerre gronda une fois de plus à ce moment précis où il hurla.

Le serpent arriva derrière lui et il entendit le grincement de ses dents sur sa jambe de métal. Il frissonna et se dégagea, il n'avait plus de temps à perdre. Il devait se débarrasser de ce reptile. Il se retourna et croisa le regard jaune de la bestiole. Sa langue fourchue vint balayer l'air, juste sous le nez d'Edward. Les écailles du boa scintillaient sous les éclairs et il y en avait de plus en plus dans le ciel. Le grondement qui rugit fut si violent que le jeune garçon lui-même se sentit secoué. Mais le pire, c'était ce serpent dans sa figure. Il projeta son bras d'acier sur la bête, priant presque pour qu'elle en ait le cou tranché. Son vœu fut exaucé.

Il s'en sortait avec une sacrée frousse et un égratignure sur son auto-mail. Mais quand il se retourna, il vit quelque chose d'effroyable. Son cœur fit une embardé. Alphonse était au sol, coupé en deux. La main droite de Bernard était sanglante. Il lui manquait un autre ongle. Il était par terre lui aussi et devait faire un mètre de long.

-Al! s'inquiéta Edward en se précipitant vers son frère.

L'armure se souleva à l'aide de ses bras pour se mettre en appui sur la base qui lui restait et faire face à son ennemi. Bernard considéra un instant son serpent, mort par décapitation et secoua la tête.

-Vous savez les enfants, je crois que vous ignorez la seule véritable règle de l'alchimie.

-Ah bon? Et dites-moi donc ce dont il s'agit, demanda Ed en rejoignant son frère pour le protéger.

-Le principe d'équivalence dit que pour obtenir quelque chose, il faut offrir quelque chose d'égal en échange. C'est quelque chose de logique et d'acceptable quand on s'en tient à de petites demandes, comme transformer une pierre en brique. Mais le problème, c'est quand on veut quelque chose de précieux. De rare.

Les yeux noirs de Bernard étaient redevenus deux papillons de nuit complètement fous. Ils volaient d'Edward à Alphonse en passant par toute la rue pour finir sur la boutique de mécanique où Winry observait l'affrontement en tremblant de tous ses membres.

-Si on veut synthétiser une créature vivante, il faut donner une partie de sa vie. Donc, du sang. Si on veut prendre une vie, il faut en donner un peu de la nôtre. Et alors, on meurt jour après jours un peu plus nous-même. Donc, si on veut obtenir ce qu'il y a de mieux, il faut payer le prix fort. Ou faire faire le sal boulot par quelqu'un d'autre. Mais comme j'aime le dire, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Alors, mieux vaut mourir un peu chaque jour pour vivre éternellement.

-Je ne suis pas sûre de comprendre.

-N'essaies pas de gagner de temps. Ce que je veux dire, c'est que si l'on veut quelque chose, il faut accepter de se salir les mains pour l'obtenir. Il n'y a qu'une façon de créer la pierre philosophale et c'est de sacrifier des milliers de personne. Il n'y a rien d'autre qui puisse fonctionner. La pierre la plus parfaite du monde a déjà été entre mes mains et j'ai tout sacrifier pour l'avoir. Ma vie et mes proches! Si vous voulez un jour avoir une de ses pierres parfaites, vous devrez faire les mêmes sacrifices que moi!

-Non! cria Alphonse. Non, ce n'est pas vrai. Je suis certains qu'il y a une autre méthode.

-C'est mignon de défendre des idéaux de justice. Vous êtes encore assez jeunes pour ça. Vous avez le temps de comprendre votre erreur. Mais ne vous méprenez pas, il n'existe qu'une façon de créer la pierre. Et elle consiste à se salir les mains. Jusqu'à ce qu'elles soient complètement recouvertes de sang. Comme les miennes! Vous voyez!

En parlant, Bernard leva devant lui ses mains couvertes de son propre sang. Sa blessure au ventre continuait de lui faire perdre du sang, mais il n'en avait cure. Il était en pleine jouissance. Les deux chiots de l'armée qu'on lui avait envoyés aux trousses étaient à ses pieds. Il les terrifiait. Un éclair vint faire briller la folie dans ses yeux et renforcer son air de maniaque. Le tonnerre frappa la toile du ciel, comme pour souligner sa phrase dans un coup de gong théâtrale. Edward se leva, à bout de patience.

-Fermez-la, j'en ai rien à faire de ce que vous pensez! Nous ne sommes pas comme vous et nous ne le deviendrons jamais. Attendez un peu que je…

Edward allait porter une attaqua déterminante. Il avait profité du deuxième discours de Stein pour synthétiser une lance à partir d'une bouche d'égout. Ce mec était cinglé, mais loin d'être invincible, il avait réussi à le blesser gravement tout à l'heure. Il ne restait qu'à l'achever. Mais le jeune alchimiste n'avait pas atteint Bernard que celui-ci avait fermé son poing gauche et lancé un de ses coups fourrés. La tempête se chargea et l'air s'alourdit autour d'Ed. Il se sentit écrasé, sa vision se troubla. Qu'est-ce qui se passait! Qu'est-ce qui lui arrivait?

-Edward ! s'inquiéta Alphonse en tendant une main vers son frère.

Bernard sourit, et ouvrit son poing. Une décharge de puissance projeta l'aîné des Elrick contre un mur de brique à toute vitesse. Le souffle coupé, le dos en compote, une toux montant dans sa gorge, il faillit perdre connaissance. Le poids l'encerclant tout à l'heure augmenta, c'était comme si un objet invisible l'écrasait et venait prendre tout son espace en augmentant de volume. L'air lui manqua et Ed n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait faire pour se sortir de ce guêpier. La pression s'amenuisa au bout d'un moment. Al s'était traîné jusqu'à Stein et l'avait déséquilibré.

Edward voulut se relever, mais son bras flancha et il s'écroula. La pluie était trop lourde sur ses épaules, l'air encore trop rare dans ses poumons. Et son bras droit le faisait souffrir. Il souleva péniblement sa tête pour voir ce que fabriquait son frère et Bernard.

-C'était très brave d'agir ainsi pour protéger ton frère. C'est ce genre de chose qui me fait déplorer d'avoir sacrifier ma famille. Mais le pouvoir est pour les solitaires. L'amour est pour les faibles. Donc, tu es faible, railla Stein en repoussant Alphonse d'un coup de pied.

Son sang continuait de se déverser de sa blessure au ventre et il commençait à tanguer, pris de vertige. Le vent soufflait dans leurs oreilles. La tempête faisait rage. Ils étaient tous trempés jusqu'aux os. Bernard se pencha sur Alphonse, mettant un genoux sur son torse de métal, pour l'empêcher de se rétablir.

-Je vais te montrer petit, siffla-t-il, ses yeux plus noirs que les nuages dans le ciel. Ça ne te fera pas mal.

Ed le vit soulever le bas du corps de son frère et concentrer son énergie. Il aurait dut se lever et intervenir, mais sa force le quittait. Il avait mal, tellement mal. Il faisait froid. Il faisait noir. La pluie l'enveloppait. Il ferma les yeux une seconde et tout le monde sombra. Son souffle lui échappa et il perdit connaissance. Un éclair déchira le ciel et la foudre s'abattit juste devant la boutique de Winry, comme pour lui interdire de sortir ou de tenter quelque chose. La jeune fille était au bord des larmes. L'armée avait-elle une chance d'arriver?

Roy pesta en secouant la carte que s'efforçait de tenir Havoc pendant qu'Hawkeye dérapait comme une dingue sur les routes. Le noir du dehors ne lui inspirait rien qui vaille.

-C'est Winry qui vous a appelé? Elle a dit se trouver dans une boutique où elle travaillait?

-Oui, répondit Roy en suivant du regard le tracé de la carte et les veines suppositions que faisait silencieusement son sous-lieutenant.

-Si cette mécanicienne a trouvé du travail dans une boutique, ce travail doit avoir rapport avec sa passion. Il y a des boutiques de mécanique à Central? demanda Hawkeye en se tournant un peu vers les deux hommes assis à l'arrière.

À côté d'elle, Falman laissa échappé un petit cri en voyant passé une ombre sur la route.

-Regardez la route lieutenant, je vous en prie, supplia le pauvre homme.

Elle s'exécuta à contrecœur.

-Oui, il y trois boutiques de mécanique à Central, finit par dire Jean, après avoir mûrement réfléchi.

-Excellent, ça réduit les pistes, mais laquelle pourrait être la bonne? voulut savoir Riza en prenant un virage serré pour dépassé une voiture arrêté en plein milieu de la rue. Qu'est-ce qu'il fichait là lui?

-J'en sais rien, il y a peut-être une femme enceinte en train d'accoucher sur le banc arrière, alors, il n'a pas osé continuer de rouler par ce temps, suggéra Falman en cherchant son pouls, il était drôlement stressé par la façon de conduire de Riza.

-Ou bien ils se sont perdu et ont décidé d'attendre que l'orage se calme pour repartir. Ils n'ont pas vu le bord du trottoir en se garant, ajouta Havoc tandis que Roy déchiffrait la carte et ses indications.

-La plus proche des boutiques est dans la rue à droite, prenez à droite! ordonna-t-il.

-C'est quelle rue! s'énerva la jeune femme en commençant le virage.

-La rue des guignols. Je ne sais pas d'où ils sortent ce nom, mais…

-Ce n'est pas à droite, mais à gauche!

-Mais non, je vous jure que c'est à droite!

-Sur la carte peut-être, mais pas ici colonel! s'énerva Hawkeye en faisant un tournant des plus carré qui envoya Falman contre elle et écrasa Roy entre la portière et Havoc.

Les trois hommes hurlèrent à la mort, terrifiés. Même dans leur jeunesse et leur sortie, ils n'avaient jamais osé faire de telles cascades. La voiture devait s'être soulever sur ses deux roues gauches!

La voiture arriva dans la rue des guignols en un seul morceau, avec des passagers légèrement traumatisés. Ils découvrirent alors un spectacle surprenant et surnaturel. Ils avaient bel et bien retrouver les frères Elrick, mais dans quel état? Bernard souleva les deux moitiés d'Alphonse et les assembla en hurlant sous l'effort. Un éclair aveuglant naquit et disparu presque aussitôt. Et Al se retrouva de nouveau sur ses pieds. Son corps d'acier et de fer était de nouveau en un seul morceau. Edward gisait à quelques pas de là, mou comme de la guenille. La pluie redoubla d'intensité et les essuie-glaces devinrent trop embué pour voir quoi que ce soit du dehors. Les quatre soldats sortirent de la voiture, chacun une arme à la main. Roy jura dans un grondement de tonnerre contre cette pluie qui l'empêchait d'user de ses flammes.

Hawkeye se mit en position de tir, tandis qu'Havoc orientait son viseur sur leur cible. Falman se chargea de trouver un téléphone pour appeler des renforts. Mustang resserra sa prise sur son fusil, incertain. Il n'était pas aussi bon tireur que ses hommes, c'était le moins qu'on puisse dire.

Alphonse resta un moment pantois. Le fait que Bernard l'ait remis sur pied lui sciait les deux jambes. (Quelle ironie!) Il regarda le criminel d'un œil nouveau.

-Pourquoi?

-Pourquoi j'ai fait ça? Mais parce que tu as déjà assez perdu comme ça. Je vais te laisser le droit de marcher. Tu es un brave garçon. Si tu ne te laisses pas corrompre par mes discours, alors, je te respecterais en tant qu'ennemi. Parce qu'à ta place, j'aurais tout de suite changer de côté. Un adversaire respectable a le droit de tenir sur ses jambes. Sinon, ça me donne trop de chance. Ce ne serait pas amusant. Tu ne crois pas?

Alphonse ne répondit rien. Il n'était plus question de sentiment maintenant. Plus question de se laisser-aller à présent. Mais qu'était-il arrivé à Ed? Est-ce que son frère allait bien, est-ce qu'il allait se relever ou bien, était-il…?

-Vous n'êtes qu'un monstre!

-Malheureusement pour toi, non, je suis bien plus que ça, se moqua allégrement Bernard. Je suis un homme.

Ces trois phrases parvinrent jusqu'aux oreilles des soldats et ils enlevèrent le cran de sécurité de leur arme pour tirer. Roy s'avança un peu vers Stein. Hawkeye, Havoc et lui s'étaient placé en formation triangulaire.

-Plus un geste, vous êtes cerné, s'écria-t-il avant que ses deux soldats ne se lancent.

Mais avant que qui que ce soit ait pu faire un geste, la foudre avait frappé de plein fouet Bernard Stein. À l'étonnement des hommes de l'armée, cet éclair ne venait pas du ciel. Il provenait plutôt du toit d'un édifice surplombant la rue des guignols. Et il était beaucoup plus long qu'un éclair normal. Alphonse considéra l'électricité qui courrait sur tout le corps de Stein avec étonnement. Edward reprit conscience à ce moment et ce qu'il vit l'acheva presque. Qui pouvait bien attaquer ainsi ce criminel? Qui? Pourquoi? Mais surtout, comment?

Les yeux noirs de Bernard étaient écarquillé de stupeur, béant, de sa bouche coula un mince filet de sang qui disparut avec la pluie qui tombait. L'homme s'écroula, vaincu par le choc trop puissant pour ses nerfs. Il resta par terre, étendu comme une loque, tremblant de tout ses membres, en état de choc. (sans jeu de mot)

Roy se tourna vers la source de cet énorme éclair qui avait foudroyé le fugitif. Il avait l'air fou furieux. Un éclat de lumière déchira les nuages et dévoila la personne ayant sauvé la situation. Une silhouette vêtue de rouge regardait tout le monde de haut, monté qu'elle était sur le toit de l'immeuble. Même à cette distance et malgré la pluie et le vent, Hawkeye put voir qu'il s'agissait d'un homme, blond, vêtu de l'uniforme de l'armée. De l'uniforme rouge.

Havoc siffla son étonnement, admiratif. Ce devait être un autre alchimiste d'état qu'ils ne connaissaient pas. Un nouveau arrivé en même temps qu'Elsa Sciez. Et avoir le pouvoir sur la foudre était un sacré avantage sous une telle pluie. L'homme sauta du toit pour atterrir devant les soldats, sans montrer le moindre vertige. Il avait des yeux bleus tirant sur le vert et un sourire charmeur. Hawkeye se redressa et rejoignit son colonel, voyant bien que ce dernier fulminait.

-Toi! Ici! s'emporta Mustang en considérant le nouveau venu d'un œil mauvais.

-C'est tout? Même pas un merci? Je vous ai tiré d'un mauvais pas, monsieur le colonel d'opérette.

Mustang prit l'insulte de plein front et semblait prêt à répliquer, mais Hawkeye intervint avant que les choses ne s'enveniment.

-Merci de votre aide. Votre soutien nous a été très précieux. Mais dites-moi, à qui avons-nous à faire?

L'homme sourit de nouveau, l'air piteux. Ce qui le rendit si mignon que la jeune femme en oublia une fraction de seconde son colonel et son travail.

-Je suis le colonel Lloyd Sins. Je dois avouer ne pas vraiment avoir le droit d'intervenir dans ce secteur de Central, surtout dans cette mission, mais…

-Colonel! cria une voix de femme. Je vous avais dit de ne rien faire et vous, vous lancé de la foudre comme un dingue! Vous auriez pu perdre le contrôle de l'éclair avec toute cette eau et tout le monde aurait fini grillé. Même les deux gamins, vous y avez pensé une seconde!

Celle à qui appartenait cette voix arriva en courant, un fusil dans une main, un autre dans sa ceinture. Elle portait l'uniforme rouge elle aussi et des cheveux blonds qui lui arrivaient aux épaules. Le regard de Roy s'alluma d'une étincelle nouvelle et Riza se cru prête à le tirer comme un lapin.

-Excusez-moi, mais je me sens un peu perdu. Vous ne pourriez pas vous expliquer un peu? Qu'est-ce que vous faites ici? demanda Havoc pendant que Roy transperçait Lloyd du regard. Colonel, vous connaissez ce… ce monsieur Sins?

-C'est bien de savoir qu'il parle beaucoup de sa famille. Mais là n'est pas la question, soupira Lloyd en passant une main dans ses cheveux imbibés d'eau de pluie. Je dois avoir l'air pitoyable avec toute cette pluie, ajouta-t-il. Désoler de ne pas me présenter au mieux de ma personne, mais je n'ai aucun contrôle sur les éléments comme la pluie. Je me suis réservé les éclairs et la foudre lors de mon apprentissage, c'était bien assez compliqué.

" Oui, c'est bien un alchimiste d'état. " comprirent Riza et Jean.

-Colonel, la jolie blonde avait l'air prête à frapper l'homme vêtu de rouge. C'est un grand gamin. Désoler pour les inepties qu'il peut raconter. Je suis son premier lieutenant, Erika Eagle. Vous pouvez m'appelez Eagle.

-Enchanté, sourit Jean. Je suis le sous-lieutenant de cet ahuri là, poursuivit-il en pointant Roy du doigt. Havoc, pour vous servir.

-Lieutenant Hawkeye, finit par dire Riza tout en résistant de son mieux au visage charmant du colonel Sins. Cet homme avait du chien et elle s'étonnait à le trouver très à son goût. J'imagine que vous connaissez déjà le colonel Mustang, ne serait-ce que de réputation…

-Mais bien sûr, ce bon petit Roy, sourit le blond. Dis-donc, tu as grandi depuis la dernière fois qu'on s'est vu.

Roy grogna et se tourna vers son lieutenant, avec un regard de tueur. Elle en resta coite un instant. Pourquoi se mettait-il dans un tel état? Ce Lloyd et lui se connaissaient, c'était très clair, mais… Pourquoi toute cette colère?

-Nous devrions nous réfugiez dans un lieu un peu plus sec. Puis, il faut s'occuper du full metal, de son frère, de leur copine dans la boutique et de ce Stein qui est toujours par terre. Falman l'a attaché déjà. Havoc, je vous charge de le reconduire à Central avec les renforts. Ils sont déjà en train d'arriver. Laissez-nous la voiture, nous serons derrière vous. Hawkeye, pas de temps à perdre, allez voir comment va Elrick. Moi, je m'occupe de la déposition de cette Winry.

-Comment! Tu comptes te ramasser toute la gloire? Mais c'est moi qui a tout fait!

Lloyd n'avait pas l'air d'accord avec la façon de faire de Roy. Ce dernier se retourna vers lui, les poings serrés à s'en blanchir les jointures.

-Cette mission et ce quartier est sous ma juridiction, alors, merci pour le coup de foudre, mais ce sera assez, je te nommerais dans le rapport et je compte bien en obtenir un de ta part. Mais ne va pas t'imaginer que je fais ça pour me coltiner la gloire.

-Ces démarches sont nécessaires. Cette mission n'est pas complète, approuva Hawkeye. Elle était même plutôt étonnée de la prompte réaction de Mustang. Il avait hâte d'en finir. Sa curiosité était piquée au vif. Lloyd avait parlé de famille. Qu'est-ce que ça signifiait? Lloyd serait-il un cousin de Roy? Le colonel ne parlait jamais de son passé, de son enfance ou de sa famille, alors peut-être que…?

-Ils ont raison colonel, nous devrions les aider, dit Eagle avec un sourire en coin. Elle fit un clin d'œil à Roy, qui n'y prêta pas la moindre attention. Il se tourna vers la boutique de Winry et s'empressa d'ouvrir la porte pour voir comment allait la jeune fille.

-Est-ce que je peux sortir? demanda-t-elle dès qu'il eut franchi le seuil de la porte. Est-ce qu'il y a encore du danger?

-Non, la voie est libre, répondit Mustang, hébété par cette réaction.

Winry se précipita dehors avant qu'il ait fini de prononcer ces quelques mots. Elle sauta sur Alphonse, alors qu'Edward s'assoyait avec difficulté. Le spectacle de son amie s'inquiétant pour son frère lui porta un coup au cœur. Il s'appuya contre le mur de brique qu'il avait percuté un peu plus tôt, pour se relever. Il tremblait encore. Il avait bien cru que lui et Al y passeraient. Il n'avait pas soulever sa tête que quelque chose le frappa de plein fouet. Des bras l'entourèrent et il sentit des cheveux mouillés sur son visage qui n'étaient pas les siens.

-J'ai eu tellement peur, tellement peur Edward, tu ne peux pas imaginer. J'étais paralysée. Est-ce que ça va? Est-ce que tu te sens un peu mieux ou…?

-Win..ry? demanda-t-il, ayant de la difficulté à croire qu'ils étaient dans les bras l'un de l'autre.

-Dis-moi si ça va Edward. Ton frère n'a rien lui, à part une sacré frousse, mais toi, tu es blessé et…

-Ça va, souffla-t-il en la serrant contre lui de son bras gauche. Le droit lui faisait trop mal pour qu'il ose le bouger. Il tremblait toujours. Ça va maintenant. Merci de t'inquiéter.

Riza rejoignit les adolescents, avec un léger sourire en coin. Ils étaient plutôt mignons tous les deux. Winry s'écarta d'Ed pour l'aider à tenir debout.

-Allons Edward, tu aurais dut demander de l'aide. Si ton amie ne l'avait pas fait, tu aurais pu ne pas t'en sortir.

-Mais qui a fait cet éclair?

-Un nouvel alchimiste d'état qui vous surveillait à ce qu'il semble. Il s'agit d'un certain colonel Lloyd Sins, expliqua la jeune femme tout en jetant un rapide coup d'œil à la blessure d'Ed. J'imagine que tu ne pourras pas marcher…

-Mais si, je peux, s'empourpra-t-il en se redressant complètement. Winry voulut le soutenir, mais il la repoussa, par orgueil.

-D'accord, mais tu ferais mieux de te ménager. Toi et ton frère avaient été très courageux. Le colonel voudra sûrement ton rapport avant deux jours. Si tu pouvais l'avoir fini pour demain…

Il acquiesça avant de tourner son attention vers Alphonse. Il était content que le lieutenant respecte sa fierté. Elle était très compréhensive, contrairement à Mustang.

Celui-ci arrivait justement, l'air un peu embêté. Ça devait être toute cette pluie qui l'énervait.

-Eh bien full metal, toujours incapable de te débrouiller tout seul.

-J'aurais aimé vous voir à ma place.

-Il marque un point colonel, sous la pluie, vous êtes impuissant, fit remarquer Riza, profitant de cette ouverture pour lui lancer une pique.

Roy prit la mouche et se détourna, furieux. Il détestait que son lieutenant lui rabâche les oreilles avec cette histoire d'impuissance sous la pluie. Lloyd approcha, suivit par son lieutenant. Il avait l'air amusé par la colère du flame alchemist.

-Tu as vraiment des gens charmants pour travailler avec toi Mustang. Où es-tu allé trouver ton lieutenant ? Elle m'est très sympathique.

-Très drôle, bougonna Roy Mustang en cherchant quelque chose d'autre sur quoi porter son attention.

-Dites, comment vous connaissez-vous, ça commence à vraiment m'intriguer, glissa Hawkeye en détaillant avec surprise que les deux hommes se ressemblaient un peu. Même beaucoup plus qu'un peu.

-Mais nous sommes frères pardi! Il n'a donc aucune photo de famille dans son bureau? s'étonna Lloyd.

-Non, il n'en a pas, répondit Riza en souriant devant l'air soudain paniqué de Roy. Il voulait disparaître. Sa colère était toujours présente, mais pas suffisante pour le pousser à laisser tout son passé éventé d'un coup par un frère surgit du néant. Il avait toujours été si secret sur ce côté de sa personne. Son lieutenant le déplorait, elle aimerait bien en savoir plus sur lui.

-Vous êtes frères, s'écria Havoc en passant à côté d'eux en portant Bernard, qui avait perdu connaissance et cessé de trembler.

-Demi-frères! Et soyez donc prudent avec ce Stein, il est dangereux.

-Oui, oui, colonel, se moqua Havoc en échangeant un regard avec Hawkeye. Ils n'avaient pas fini de lui faire des blagues.

-Bon, c'est pas qu'on s'ennuie, mais j'aimerais bien me mettre au sec, alors qu'est-ce qu'on attend pour retourner au quartier général?

-Tu as peut-être grandi, mais tu n'as pas changé!

-Toi non plus et c'est pas un cadeau de t'endurer. Ne me dis pas qu'ils t'ont déporté et que tu es en poste à Central maintenant, je croyais que tu avais horreur de l'armée…

Les deux frères continuèrent de se chamailler durant tout le trajet de retour. Dans la voiture, Alphonse, Winry et Ed se serraient les uns contre les autres dans un coin pendant que Falman et Eagle se faisaient tout petit dans l'autre coin. Roy était assis à côté de son lieutenant qui conduisait et Lloyd avait pris place au centre du siège des passagers.

-La dernière fois qu'on s'est vu, tu en étais encore à ta première conquête, tu t'es amélioré depuis? voulut savoir le blond.

Il jouait les impertinents juste pour énerver Roy, c'était clair. Mustang ne répondit pas.

-Oh, tu joues encore les muets. Tu as toujours été fort à ce jeu. Mais dis-moi donc, comment tu as fait pour devenir colonel avec ta manie de foncer sans réfléchir sur tout ce qui bouge?

Hawkeye s'obligea à se concentrer sur la route, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de sourire. Sans elle, Roy n'aurait pas été loin. Son supérieur remarqua le sourire qui étirait son visage. Il se renfrogna, frustré. D'autant plus qu'elle avait le fou rire à ses dépens.

-Et notre sœur, tu as eu de ses nouvelles?

-Non.

-Dommage, elle doit être jolie maintenant.

-N'y pense même pas.

-T'as quel âge maintenant?

-29 ans.

-Oh, mais tu es affreusement vieux! Et ça ne me rajeunit pas tout ça.

-Vous êtes le plus vieux des deux , intervint Edward, curieux.

-Exact, fit fièrement le colonel blond.

-Ben ça paraît pas, même lui, il fait pas le dingue comme ça. Même avec ces meilleurs potes.

Lloyd en resta muet, choqué par cette remarque dont la justesse fit sourire les trois jeunes femmes montées à bord. Mustang se permit de se détendre, réconforté par le silence. Mais son frère aîné ne le laisserait pas s'en tirer aussi facilement. Malgré l'avertissement silencieux d'Eagle, qui cherchait à lui faire comprendre que tous les autres pouvaient l'entendre, il se racla la gorge pour recommencer à jaser comme une pie. Enfin, c'était ce qu'Alphonse croyait.

-Et, pour notre mère, t'as des nouvelles d'elle? De ce qu'elle devient? Le ton ne frappait plus et n'avait plus rien d'agressif. La raillerie avait disparue, avec la méchanceté. Il était très sérieux.

-Je…

L'orage se manifesta dans un coup de tonnerre terrible et Roy se recroquevilla sur son siège, sous le choc. Que pouvait-il répondre? Lui et Lloyd se détestaient. Mais ils avaient la même mère. Il n'était pas sûr de la réalité. Pas avec sa mère. Surtout pas avec elle. Mais il ne pouvait pas se montrer faible. Pas devant le full metal ou son frère. Pas devant une gamine ou Falman. Pas devant son demi-frère ou une femme inconnue. Et encore moins devant Riza. Mais cette dernière l'avait bien vu se replier sur lui-même. Elle avait deviné sa peur. Et elle lui en parlerait certainement dès qu'ils seraient seuls dans son bureau.

-Alors? Tu quoi?

-J'en sais rien.

-De quoi? Mais je te parle de ta mère! Tu dois bien savoir ce qui lui arrive, elle t'a pas appelé dernièrement ou envoyé de carte?

-Non. Et j'imagine qu'à toi non plus. C'est dommage de voir combien tu comptes peu pour elle, se vengea Roy à la grande surprise de tous les autres. Mais tu n'es pas au courant du changement de généralissime?

-Comment? Ce n'est pas Bradley qui…

-Non, maintenant, c'est une femme. Pas mal du tout, je crois bien que tu la connais encore mieux que moi. Elsa Sciez, tu te souviens?

-Quoi, s'étrangla l'aîné en ouvrant des yeux catastrophés. Si c'était bien ce qu'il croyait comprendre, cela voulait dire… Rien de bon, certainement rien de bon.

-Nous sommes arrivés, coupa Riza, avec soulagement, elle trouvait qu'ils allaient un peu loin avec leur discussion de famille, comme ça, devant tout le monde.

Edward et son frère respirèrent une fois rentrés entre les murs du quartier général. Toute cette tension entre Roy et Lloyd n'était pas pour leur ramener leurs nerfs. Mais le pire n'était pas encore arrivé. Elsa les attendait à l'entrée, appuyé contre un mur, vêtue du costume de l'armée habituel, en pantalon et veste. Les galons sur ses épaules étaient imposants. En la reconnaissant, Sins figea. Son lieutenant dut lui donner un coup de coude dans les côtes pour qu'il se ressaisisse.

-Généralissime, firent simultanément Edward et Alphonse avant de se mettre au garde à vous.

Tous les autres les imitèrent. Elsa sourit. Elle commençait vraiment à apprécier tout ce pouvoir. Dire qu'elle n'avait presque rien eu à faire pour l'avoir. Elle se redressa et approcha des deux colonels, qui avait pris les devants, par instinct.

-Bon travail vous deux. Je suis plutôt fière de votre initiative Sins, quoique vous n'soyez pas encore en service dans ce secteur aujourd'hui, c'est de l'excès de zèle. Mustang, je dois vous féliciter, vous avez réagi au quart de tour et avait fait preuve d'intelligence dans cette affaire. Mais tout mes remerciements doivent aller aux Elrick, ce sont eux qui ont retenu ce monstre. Elle les rejoint, sans avoir l'air de remarquer que chacun des membres de l'équipé était trempé et frigorifié. Mes garçons, vous avez réussi votre mission. Cent fois merci, vous vous êtes montré digne de confiance. Ah oh fait, elle se tourna vers Winry. J'ai appris votre intervention, et vous avez du mérite ma belle.

Roy fronça les sourcils et Hawkeye s'approcha de lui, pendant que Falman s'éloignait en catimini pour aller se sécher. Le brun se tourna vers son lieutenant, soupirant intérieurement. Il n'avait plus qu'une envie, c'était se mettre au sec. Mais quand il vit ce dont avait l'air Riza trempé jusqu'aux os, il découvrit enfin un avantage à cette mésaventure. Le seul avantage de la pluie, c'était qu'elle moulait les vêtements sur le corps des gens. Ainsi, Hawkeye était encore plus belle à voir que d'habitude. Quoique ses cheveux fassent un peu pitié.

-Comment vous savez tout ça? voulut-il savoir en dévisageant la généralissime.

-Voyons, Mustang, vous me connaissez mieux que ça. Je sais que vous le savez. Et je préfère garder ce petit secret pour moi. Hawkeye, j'adore votre façon de conduire.

-Merci, madame, répondit Riza, toute surprise par la remarque. Et par cette façon singulière de discuter, en passant du coq à l'âne.

-Bon, vous faites de l'eau partout, vous devriez aller vous sécher dans les vestiaires et vous changer. Alphonse, Edward et toi aussi, Winry, vous venez avec moi. J'ai encore à vous parler. Mais en privé.

Mustang se demanda ce que Sciez voulait aux jeunes alchimistes et à leur amie. Mais il décida d'oublier les adolescents pour l'instant. Il commençait à avoir sérieusement froid.

-Dis, tu me montres le chemin, je suis un peu perdu là.

-T'as qu'à…

-Mustang, lança la généralissime du couloir où elle était en train de disparaître avec les trois jeunes, tu serais mieux de lui montrer le bon chemin, où tu auras des problèmes.

Hawkeye ne put s'empêcher de sourire en voyant Roy pâlir devant la menace. Il était à croquer. Eagle remarqua la façon dont la jeune femme regardait son supérieur et comprit presque aussitôt. Elle attrapa la main de Lloyd, discrètement et lui chuchota de faire attention à son demi-frère. Sins sentit aussitôt une bouffée de jalousie grandir en lui. Ce bon sang de Mustang était tombé dans l'œil de son lieutenant!

-Je ne l'épargnerais pas parce que vous le trouvez mignon.

-Colonel, je veux seulement dire de ne pas aller trop loin si vous l'insulter. En plus d'être mignon, il est votre seul point de repère ici, vous ne connaissez pas la place.

-Oh! Si ce n'est que pour ça, quoi! Vous avez dit qu'il était mignon?

-Hawkeye, vous aiderez cette charmante fille à trouver son chemin dans la place. Nous nous retrouverons dans mon bureau pour finir le travail d'aujourd'hui.

Il lui adressa un petit sourire, un peu craintif, comme s'il avait peur de se retrouver seul avec son demi-frère. Mais il finit bien par y aller, suivit par Lloyd, qui semblait tout aussi craintif de lui.

-Il vous a déjà parlé qu'il avait un demi-frère? demanda Hawkeye.

-Il vous a déjà parlé qu'il avait un demi-frère? demanda Eagle.

Elles avaient parlé en même temps, alors elles sourirent, gênées et à la fois amusées.

-Vous l'aimez bien n'est-ce pas, votre colonel?

-Comment? Non, notre relation est strictement professionnel! s'empourpra Hawkeye.

-Je m'excuse si j'ai l'air indiscrète, mais vous aviez l'air de le trouver tellement chou tout à l'heure, quand la généralissime lui est tombé dessus. Alors j'ai pensé que…

-Bah, vous savez, des fois je regrette qu'il n'y est rien entre nous, alors… Surtout ne le dites pas, mais vous n'aviez pas complètement tort.

Les deux femmes se lièrent très vite d'amitié. Elles discutaient des attitudes de leur supérieur et finirent par réaliser qu'ils étaient presque parfaitement pareil. L'un était blond, blagueur et dynamique, l'autre, brun, paresseux, mais déterminé. Tout les deux étaient des don juan invétérés et joueur. Ils avaient gardé leur côté gamin et n'était pas souvent sérieux. Mais quand il faisait quelque chose, il ne le faisait pas à moitié.

-Il est assez beau garçon ce Mustang.

-Votre colonel n'est pas mal non plus.

Les deux femmes étaient d'accord sur ce point. C'est avec un très profond soupir qu'elles entrèrent dans leur douche, pour se réchauffer. Pendant ce temps, leurs deux sujets de conversation discutaient ferme.

-Alors, je ne t'ai jamais manqué, pas même un peu? s'étonna Lloyd, l'air déçu.

-Je pensais que tu t'en fichais de ce que je pensais. Puis, non, tu ne m'as pas manqué. Je croyais t'avoir oublier avec le reste de mon enfance, mais non, il fallait que tu te ramènes.

-Alors, combien de conquête tu as fait? Ce lieutenant, c'est ta dernière?

-Pas du tout, c'est mon garde du corps. Et une excellente amie. Elle a toujours été clair là-dessus. Nos relations sont strictement professionnelles.

-Quel dommage pour toi. Mais c'est bon pour moi. Ça veut dire qu'elle est libre!

Roy s'étrangla avec sa salive et se fut tant mieux, parce que sinon, il aurait sûrement voulu étrangler l'importun. Mais il n'en avait pas le droit. Ils finirent donc par arriver aux vestiaires, transi de froid.

-Bon, une douche s'impose, décida Sins en commençant à se dévêtir sans la moindre gêne.

Roy hésita un moment, puisque les douches n'étaient pas séparées. Enfin, pour les généraux, oui, mais les colonels, lieutenants et autres soldats devaient partager ensemble l'espace ouvert des douches communes. Mais il avait tellement froid, la chaleur de l'eau lui ferait du bien. Puis, s'il voulait survivre au reste de sa journée, il lui faudrait se réchauffer autrement qu'avec un malheureux café. Il avait tellement froid. Ça lui rappelait de mauvais souvenir.

-Tu dois être plus développé qu'avant, plaisanta son aîné finissant de se déshabiller pour se jeter sous un bon jet d'eau chaude.

Il n'en fallait pas plus pour que Roy le suive. Ne serait-ce que pour lui prouver que les filles ne se retournaient pas pour rien sur son passage.