Bonjour, bonsoir~
En effet j'ai plutôt été rapide sur ce chapitre-ci... disons que c'est parce que j'avais en fait rédigé une partie en écrivant la phase 1 qui m'avait inspirée. Et maintenant que j'y pense, je trouve que cette histoire est tout de même assez dure par rapport à "Correspondances" que j'ai commencé hier. Non ? Petit changement d'ambiance efficace. Héhé. Voilà voilà. Et vu que je passe mon oral mercredi, je ne pense pas poster un nouveau chapitre avant cette date-là.
Je vous remercie encore une fois pour l'attention que vous portez à cette histoire... Normalement, elle devrait comporter au total 8 chapitres. Nous sommes donc à la moitié. Normalement. Si je sais compter et ne pas déborder. Wala.
Une très bonne lecture à vous~
Chapitre IV
PHASE 3
Au fond, il n'y avait rien.
Lorsque l'on saute d'une falaise, habitué à une certaine loi basée sur une pomme, on s'attend plutôt à s'écraser lourdement au sol, réduit en purée.
Mais non.
Au fond, il n'y avait rien.
En fait, il n'y avait pas de fond. Tout était noir. Il n'y avait pas de gravité. Ça n'existait pas.
Et lui, il se trouvait là, dans le néant.
Il était là, et il était terrifié. Parce que rien n'était normal. Parce qu'un inconnu avait rayé sa voiture sans raison et qu'il s'était retrouvé l'instant d'après dans un avion qui explosa comme son Impala avait explosé sous ses yeux. Parce qu'il avait encore vu sa mère mourir. Parce que l'innocente présence de Sam l'avait achevé. Il allait certainement mourir, lui aussi. Tout le monde mourrait autour de lui. Il n'était qu'un homme de malheur.
Parce qu'il avait été envoyé dans une deuxième phase de folie. Qu'il avait vécu un harem. Qu'il avait failli coucher avec un homme. Pour la première fois. Alors que ça ne lui était jamais venu à l'esprit. De sa vie. De toute façon, il était mort. Et puis, cet homme... non. C'était avec un ange. Avec lui.
- Il y a quelqu'un ?!
Silence tendu.
- Il y a quelqu'un ?! lui répondit sa voix déformée.
Écho.
Écho.
Écho.
C'était l'écho.
Juste l'écho.
Il se prit le visage entre les mains et relâcha toute la tension de son corps. Si gravité il y avait eu, il serait tombé à genoux.
Il n'y avait pas d'heure, pas de gravité, pas de temps, pas de gens, il était seul, abandonné, vulnérable face aux ténèbres qui l'entouraient.
A vrai dire, il n'était pas vraiment resté indifférent à ce vide.
Au contraire.
Il avait d'abord tenté d'appeler quelqu'un à l'aide, pour savoir s'il était vraiment seul, mais il n'avait eu aucune réponse. Lorsqu'il avait couru d'un bout à l'autre – quel bout, d'ailleurs ? Il n'y en avait pas, disons alors dans tous les sens – il n'avait rencontré aucun obstacle. Il savait qu'il n'était pas aveugle, car il voyait ses mains, sa peau, ses jambes, ses pieds, son jean, sa veste en cuir... Mais tout autour de lui n'était que noir, noir, noir, noir et aucune lumière en vue.
Alors il s'était mis à penser.
Il s'était mis à angoisser.
Il était resté là longtemps. Très longtemps. C'était le néant après tout.
Et ça, c'était le genre de choses qui obligeait à y penser. Penser penser. Réfléchir. Vous rappeler.
Vous savez, lorsque tout va mal et que vous sortez, les écouteurs sur les oreilles, la musique à fond, juste pour ne pas devoir réfléchir. Lorsque vous vous réfugiez derrière votre ordinateur, votre bière, votre télévision, votre livre, votre rédaction ou votre drogue pour ne pas avoir à y songer. A ces choses que vous évitez.
Tout le monde le fait, inutile de mentir. Et Dean en faisait parti, de ces gens là.
Un chasseur ne reste pas moins un humain.
Et ce néant, ça avait fait regretter à Dean d'avoir sauté. Ça lui avait fait regretté d'avoir quitté la phase précédente. Il songea même l'espace d'un instant ce qui aurait pu se passer s'il était resté avec Cas'.
Il regrettait d'être mort.
Et l'ennui, pire, l'absence total de but, était pour l'homme l'amorçage d'une bombe qui inévitablement exploserait un jour.
Ne restait que le... temps qu'il lui faudrait pour l'achever.
Et ce qui devait arriver arriva.
Les pensées, ça menait inéluctablement aux souvenirs. Et les souvenirs... Dean en avait sans aucun doute un bon paquet.
Comme tous les enfants, il ne se souvenait pas de sa naissance. Il se rappelait sa mère qui le berçait, son père lui souriant. Le triste sourire qui se dessina sur ses lèvres se figea aux flammes qui s'imposèrent à son esprit. Encore. Hanté par la mort de sa mère.
L'hôpital. La mort de son père. L'accident de voiture, qui aurait déjà dû le tuer, lui ! Et puis, la mort de son frère. Assassiné à la lame blanche. Devant ses yeux.
Lâchement.
A Azazel, qui avait tellement tué. S'il n'avait jamais existé... il n'en serait peut-être pas là. Il n'en serait certainement pas là.
Tout avait commencé avec ce démon aux yeux jaunes.
Il repensa à Ash', brûlé vif dans le bar. A ce bras et cette montre qui dépassaient des décombres. Ce mec avait été tellement sympa. Ils auraient vraiment pu être potes, tous les deux. C'était un peu, quelque part, le meilleur ami qu'il aurait pu avoir.
Mais heureusement, ou non, il y eut Castiel... Castiel, son meilleur ami... Pouvait-il prétendre la même chose, après cette phase-là ? Après cette fameuse étape ? Il n'en était plus si sûr...
Le cadavre de Sam surgit dans sa tête. Il ne pouvait pas détourner du regard, tout était purement psychologique. Il fronça des sourcils, secoua la tête. Non, non, il ne voulait pas penser à ça ! Mais c'était contre lui. Bien plus fort. Qui n'a pas déjà vécu ça ? S'acharner à vouloir se focaliser sur autre chose mais ne réussir qu'à se tordre l'esprit pour ne plus pouvoir se concentrer finalement sur autre chose que ce à quoi on voulait échapper au départ.
Il se remémora Jo' et Ellen dans l'explosion, les Chiens de l'Enfer qui l'avaient déchiqueté, Alastair qui l'avait réduit en pièces, encore et encore, en Enfers, dans ses rêves, dès qu'il fermait l'œil, et dans la phase 1. A tous ces gens qu'il avait vu mourir. A cet incompréhension qui l'avait saisit lorsqu'il en était sorti, de l'Enfer. A cette marque sur l'épaule, à Castiel, encore une fois, à Sam Winchester, à Bobby Singer, à Charlie Bradbury, à Kevin Tran qu'il avait considéré comme ses frères et sœurs... tous les deux... et puis ça revenait à Sam, sans âme, qui l'avait fait souffrir, oh mais non, pas sans retour non plus... il l'avait bien tuée, son amie aussi, plus tard... Amy... Amy Pond... parce qu'elle était un kitsune... et pourtant, elle était mère. Il aurait pu tuer son fils aussi. Mais il se serait haït de faire ça, tellement haït... Et Adam. Adam leur frère. Adam le fils caché... Où était-il ? Pour quelle raison ? Lui et Sam n'avaient fait que lui apporter des ennuis, et pire encore...
Le mot paraît si faible.
Adam était dans la cage de Lucifer avec Michaël. Sam en était sorti en morceaux, Adam devait maintenant avoir été réduit à néant. Il devait, pour Michaël et Lucifer, ne plus être qu'un objet avec lequel l'on a trop joué et que l'on jette à la poubelle avant de trouver une nouvelle occupation.
Toute cette vie pour voir ces morts, ces morts dont il avait été responsable bien plus qu'une fois.
Et puis ces archanges, là, Lucifer, Michaël... Et Gabriel, aussi. Il l'avait engueulé, celui-là, parce qu'il s'était enfuit. Quel honte. Il était pareil, mais il ne se planquait juste pas de la même manière. Ils se planquaient tous.
Et lui, Dean Winchester, il était le pire de tous.
C'est à ce moment-là que vint la question à laquelle il n'aurait jamais au grand jamais voulu faire face.
Comment avait-il osé se regarder dans un miroir tous les jours sans jamais ne songer à se donner la mort ?
Il préférait encore retourner dans la phase 1 ou 2, il préférait encore brûler vivant, il préférait encore que n'importe quoi arrive plutôt que de rester là.
Pas encore une seconde de plus.
Il préférait même encore les tortures que lui avait affligées Alastair.
Puis, finalement, il avait hurlé. Il ne savait plus que faire ça, de toute façon. Et au bout d'un moment, évidemment, il n'en avait plus eu, de voix. Alors il avait gardé la bouche encore ouverte, un cri inaudible continuait toujours d'exister. Et tant pis pour sa voix.
Une seule chose avait changé au bout de quelques temps, et cette chose-là avait bien failli emporter avec elle sa raison. L'écho lui répondit. Un écho très peu commun. Sa voix lui répondit sous plusieurs tonalités, avant de s'ajouter à elle celles d'autres personnes.
Au fur et à mesure, il reconnut leur voix.
Celle de son père, de sa mère, de Jo', de Ellen, de Adam, de Charlie, de Pamela, de Gabriel, de Garth, de Kevin... Ils étaient suppliants.
Tous suppliants.
Peut-être même plus désespérés que lui. Viens Dean. « Viens Dean. Suis-moi. Aide-moi. Au secours. A l'aide. Aidez-moi. Sortez-moi de là. Maman ? Dean. Dean. Dean. S'il vous plaît. Winchesters. Ce sont les Winchesters. Je vous en prie. Au secours. Quelqu'un ! Je suis toute seule. Je vous en supplie. Papa. Aidez-moi. » Des sanglots ou de soudains hurlements inhumains s'ajoutaient aux supplications des voix. Dean avait arrêté de parler, de hurler, de crier, de murmurer. S'il le faisait, ils allaient encore l'accaparer, le harceler, lui demander de les aider.
Et parfois, certains d'entre eux le tuaient, lui déchiraient le cœur et le mettaient en pièces dans d'atroces souffrances.
Sam, il l'avait reconnu, lui avait froidement annoncé : « Je ne veux plus te voir. Tu n'es qu'une loque. Tu m'as trahi. Tu n'as jamais pensé qu'à toi. Regarde ce que tu es devenu. Tu n'as même pas su mourir dignement ! Tu m'as abandonné. Je te hais. Laisse-moi seul plutôt qu'avec toi. Tu es bien mieux mort, au moins, maintenant, plus personne n'est malheureux ».
Bobby l'avait apostrophé lui ordonnant de le sauver, de l'aider : « Je refuse de mourir une balle dans la tête. Je n'ai pas vécu pour ça. Je ne mérite pas ça. Je ne veux pas mourir. Sauve-moi Dean ! SAUVE-MOI, TU ME LE DOIS ».
Et Castiel était également parmi eux. « Dean. Dean. Dean, écoute-moi. Dean, je suis là. Je sais que tu peux m'entendre, Dean. Dean, je vais mourir. Je vais mourir. J'étais mort le jour où j'ai posé ma main sur toi, Dean. Je ne le regrette pas, Dean. Alors tout a changé. Je ne voulais pas de ce changement. Mais c'était le destin. Je vais mourir, Dean. Je vais me suicider. C'est mieux comme ça, tu sais. Parce que ça ne vaut plus rien, tout ça. Que je suis perdu, et que je ne peux plus en supporter d'avantage. J'ai trop longtemps été humain, Dean. Et on ne peut pas le nier, c'est de ta faute. C'est de ta faute. »
« C'est de ta faute. C'est de ta faute. C'est de ta faute. »
Et ces mots résonnaient dans son esprit et l'empoisonnaient jusqu'à ce que ça se calme un peu.
Et enfin avait commencé une migraine. Ça paraissait minime, à côté maintenant. Lorsqu'il l'avait sentie, il avait rit. Dans un rire hystérique. Parce que sa voix réapparaissait de temps en temps. Et sa tête l'avait lancé. Alors il se jetait dans le vide encore plus profond pour espérer toucher le fond, mais de fond, il n'y en avait pas. Il le savait pourtant.
Et ça revenait à une descente infinie dans le désespoir, de plus en plus profond.
Ses yeux verts avaient virés au pâle, pâle et sans vie. Comme ceux d'un mort.
Du cadavre d'un mort.
Sans aucune animation.
Il avait développé une certaine forme de schizophrénie.
De plus en plus violente. Au début, il leur parlait à elles, ces voix-là, ces gens qui l'agressaient dans sa tête – ou aux alentours... Après tout, il ne savait pas, il ne savait plus. Il leur hurler de la fermer, de se taire, de ne plus piper un mot, de foutre le camp.
Mais elles avaient ricané, elles avaient pleuré, elles avaient chuinté, elles avaient murmuré, elles avaient grogné, elle avaient ri. Et puis certaines sont parties.
Dean avait pensé que, pour ne pas devenir fou, il devait se remémorait ce qu'il savait déjà. Il était mort. Il était dans une phase. Il était dans une phase. Juste une phase.
Ses pensées dévièrent sur un film. Ou plutôt un personnage du film. Il n'arrivait plus à savoir comment il s'appelait. Et pourtant il l'avait su.
Il s'était mis à se parler à lui-même. Pour se rassurer. Pour ne pas sombrer.
- Ne t'inquiète pas, Dean. Tout va très bien se passer. Ce n'est qu'une phase. Bobby l'a dit. Bobby l'a dit.
Mais ce n'était pas la solution. N'est-ce pas ? Il n'en avait aucune idée. Cela le rendait encore plus fou. Parce que ce qu'il pensait le sauver l'enterra bien plus profondément sous les cadavres.
S'entamèrent des dialogues infinis. Il ne savait pas si Dean parlait à Dean, ou bien si Sam prenait sa voix quelques instants pour lui répondre, ou Bobby, ou son père, ou sa mère, ou n'importe qui d'autre. Une personne, une voix, un ton différent. De loin, cela ressemblait à une pathétique tentation d'imitation de théâtre où l'acteur essayait de jouer tous les rôles.
- Dean. Dean. Je sais que tu m'entends, formulaient ses lèvres.
Un temps de silence avant qu'il ne lève la tête pour demander, empli d'espoirs :
- Sam ? Sammy c'est toi ? Tu m'as pris une tarte ?
- STUPIDE CHASSEUR, s'insultait-il. REPENSES-Y. RAPPELLE-TOI. N'OUBLIE PAS ! IMBECILE, IMBECILE, IMBECILE
Incessamment, il répondait d'une petite voix frêle comme si sa gorge était enrouée :
- Oublier ? Papa ? Oublier quoi ?
Et l'instant d'après il se relevait, les yeux grands ouverts, ses sens aux aguets, avant de lancer :
- Oh ! Oh regarde ! Il fait noir ! Il fait noir !
Et alors, son visage se décomposait comme s'il venait de comprendre quelque chose de très grave, de très très grave.
Et il hurlait.
A s'en déchirer la gorge.
Le temps passait sans qu'il ne passe, paradoxalement.
Dean n'avait plus bougé depuis longtemps, très longtemps.
Ça lui avait permis de se reprendre un peu.
Et puis...
Et puis l'inimaginable arriva. Certains appelleraient ça un miracle. D'autres juste le hasard. Les plus fatalistes, le destin.
Il avait porté sa main au cou. Et il avait touché quelque chose.
Le collier.
Le cadeau de son frère.
Son menton commença à trembler et ses dents claquèrent. Des larmes coulèrent sur ses joues et, comme par enchantement, ses yeux semblèrent retrouver petit à petit la lueur d'humanité qui les animaient.
Sortirent enfin les premiers mots intelligibles depuis ses hurlements. Ceux qu'il n'aurait jamais pensé dire depuis sa mort.
- S'il vous plaît, sortez-moi de là. Je vous en supplie.
Sa voix se fit presque suppliante.
- Sam ! hurla-t-il.
Rien.
- Papa ! Maman ! Castiel !
Ses muscles étaient contractés par le stress qu'il avait enduré. Il lâcha dans un sanglot, piteusement :
- Castiel, je t'en supplie.
Il n'avait pas pu aller plus loin, parce que c'était trop demander de lui. Parce qu'il devenait totalement fou. Non. Il l'était déjà, fou. Parce qu'il ne pourrait pas en demander plus gentiment, parce que sinon il allait commencer à les insulter, tous autant qu'ils étaient, ces anges, la Mort, cette fichue mort qu'on lui avait assénée...
Il ferma les yeux et songea à quelque chose d'appaisant pour reprendre son calme.
Un papillon.
Un papillon s'imposa à son esprit.
Un papillon virevoltant dans ce noir... Un joli papillon plein de vie.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il se crut dingue.
Une fois encore.
Le papillon.
Ses lèvres tremblèrent et il s'approcha de l'être. Il battait joyeusement des ailes, devant lui, paisiblement. Et une pensée subite le pris. Fallait-il s'imaginer quelque chose pour que cela n'apparaisse ? Il se concentra sur une maison, sur sa voiture, sur un bar, n'importe quoi, mais quelque chose de concret.
Mais rien d'autre n'apparut, seul restait le papillon. Soupirant, il toucha du doigt l'une de ses ailes. Il était tout bleu, le papillon. Au toucher, il voulut s'échapper et s'envola vers ce que l'on aurait appelé le ciel. En levant les yeux, le regard du Chasseur fut retenu par un infime point blanc. En plissant des yeux, il en déduisit avoir découvert un minuscule rayon de... de lumière.
Une sensation nouvelle l'envahit dans l'instant. Comme une immense bouffée d'air qu'il n'avait pas eut le temps de prendre avant de retrouver cette lumière.
Comme s'il n'avait plus respiré durant tout ce temps.
Il prit une grande inspiration. Et dans le même instant, son corps tout entier fût lumineux. Aussi lumineux qu'un Ange.
Et il disparut.
Appuyé sur ses genoux, en avant, la respiration haletante, Dean n'était plus capable d'articuler le moindre mot. Seulement un rauque « Hhhuu hhhu hhhu hhhuhhh » s'échappait de ses lèvres.
Il reçut une tape dans le dos.
- Dean ?
Le chasseur se recula et frappa violemment le bras de Bobby, le visage marqué par la terreur.
Choqué, Bobby ne réagit pas.
Puis il fit un pas en avant. Puis un deuxième.
Dean recula légèrement.
- Dean.
- Ne... Ne... Ne... NE M'APPROCHE PAS, bégaya-t-il.
- Dean, écoute-moi.
L'effroi saisit Dean à ses mots.
Ecouter.
Non.
Non.
Plus jamais.
- NON NON NON NON
Le chasseur se boucha immédiatement les oreilles avec force.
- NON, NON, NON, NON
Bobby lui saisit les bras et plongea ses yeux dans les siens.
Celui-ci se débattit faiblement.
- ECOUTE-MOI DEAN. Tout va bien d'accord ?! TOUT. VA. BIEN.
Dean le fixa.
- Tout va bien. Tu es sorti. Tu es sorti, répétait-il. Pour de vrai. Regarde. Je suis là. Je suis vraiment là.
Ses lèvres tremblèrent de plus belle.
- B... B-Bobby... ?
Un minuscule sourire se dessina sur les lèvres du chasseur. Il prit le gamin dans ses bras, les yeux mouillés.
Bon sang.
- Je... je... j...
- Ne parle pas, pour l'instant. Ici, repose-toi. Prend ton t... Reste là.
Dean, docile, s'installa sur le banc que lui désignait Bobby.
Son mentor savait très bien ce qu'il avait affronté.
Et il savait très bien que cette étape l'aurait marqué.
Il ne savait simplement pas s'il s'était attendu à pire ou non.
