Chapitre 4

"Dois-tu venir me déranger jusque dans mes rêves, mon enfant ? Le sommeil est le seul moyen pour être temporairement débarrassé de toi et il a fallu que tu ruines ça…" siffla Voldemort avec exaspération.

Izar lutta pour rassembler ses esprits et ainsi comprendre où il était. Ça ne se pouvait pas.

A travers ses paupières mi-closes, il remarqua que ses pieds reposaient sur un sol d'une blancheur immaculée. Il n'y avait rien autour de lui, si ce n'est une lumière vive à perte de vue, à l'exception de la silhouette sombre de Voldemort. L'homme se tenait debout devant lui, drapé dans son habituelle cape noire. Les yeux cramoisis fusillaient Izar, le blâmant silencieusement pour sa situation actuelle. Pour leur situation actuelle.

Comment Izar était parvenu à atterrir ici ? Son esprit avait-il dérivé jusqu'à la seule personne qui pourrait lui venir en aide ? Tout avait été fait inconsciemment, il le savait. Voldemort devait être dans une phase de sommeil profond car s'il était réveillé, Izar n'aurait jamais pu le joindre.

La seule raison pour laquelle il avait pu l'atteindre était parce que le Seigneur des Ténèbres avait déjà une liaison... un lien avec son esprit. Soit cela, soit l'anneau à son doigt formait une connexion mentale entre eux.

Izar fronça les sourcils quand il se rendit compte que Voldemort était possiblement son dernier espoir de survie. Son estomac se serra face à sa défaite cuisante. "J'ai besoin d'aide," admit-il avec aigreur.

Les yeux rouges s'écarquillèrent légèrement à cette confession avant de se plisser d'un air dégoûté. C'était comme si l'homme avait deviné qu'il dirait ça. Mais comment était-ce possible ? Le Seigneur des Ténèbres savait-il à propos de Cygnus ? L'homme l'avait-il aidé à orchestrer tout ça ?

Bien sûr que non.

A travers le brouillard épais qui embrumait son esprit, Izar se souvint que Cygnus s'était emparé de son corps bien plus tôt que prévu, juste parce que le Seigneur des Ténèbres allait lui apprendre l'Occlumancie. Si Voldemort lui avait enseigné plus tôt, ses barrières mentales auraient peut-être été suffisamment puissantes pour l'en empêcher.

Voldemort n'avait aucune idée que Cygnus résidait à l'intérieur d'Izar, le dévorant lentement. Il avait combattu bec et ongles, mais s'était fait vaincre. Izar ne voulait pas abandonner le combat mais apparemment, il était inconscient, attiré par la seule personne qui pouvait lui venir en aide.

Il ouvrit la bouche, réalisant qu'il sonnait horriblement pathétique, mais Voldemort leva une main, l'interrompant. "Tu sembles toujours t'attirer des ennuis. Pourquoi n'apprends-tu pas de tes erreurs ?"

Izar cligna des yeux, fronçant brièvement les sourcils avant de lui décocher un regard furieux. Il était évident que Voldemort ne pensait pas que... que leur échange était réel. Ou était-ce simplement un rêve ? Peu importe ce que c'était, Izar n'allait pas prendre l'accusation de l'homme à la légère.

Ses mains s'appuyèrent sur ses hanches. "Tiens donc ? Je ne pense pas," cracha-t-il. "Tu es celui qui pointe une cible sur moi, espèce de connard égoïste."

L'homme l'observa attentivement, un sourire narquois peint sur ses lèvres. "Mieux," nota-t-il avec arrogance. "Beaucoup mieux que ce pitoyable garçon réclamant qu'on l'aide."

Izar bascula la tête en arrière de frustration et prit une profonde inspiration. Il devait garder la mâchoire fermement serrée pour réprimer le grognement irrité, coincé dans sa gorge. Après avoir réussi à se contrôler, Izar baissa lentement la tête, ses yeux désormais au même niveau que celui de l'homme. "Qu'est-ce qui te fera prendre conscience que ce n'est pas un rêve et qu'il me faudrait... de l'assistance ?" demanda-t-il calmement, réservant sa rage pour plus tard. Ce n'était pas le moment d'entrer en conflit avec le Seigneur des Ténèbres.

Voldemort demeura silencieux, apparemment peu enclin à lui fournir une réponse.

"Bon," répondit Izar à voix basse. "Je vais essayer de m'en sortir seul." Il fit une pause pour réfléchir. "Et quand j'y arriverai, je m'attends à ce que tu te mettes à genoux et implore mon pardon, mais n'espère pas une once de miséricorde de ma part."

L'homme haussa les sourcils. "Once de miséricorde ? Petit, je ne t'ai traité qu'avec indulgence depuis que nous nous sommes rencontrés." Voldemort leva une main pâle, pliant ses longs doigts fins en signe de réflexion. Son visage ne laissait rien transparaître tandis qu'il passait Izar au peigne fin. "Dans quoi t'es-tu embarqué cette fois ?"

La douleur resurgit brusquement. Il se courba, une main agrippée à sa poitrine tandis que son cœur battait à une vitesse incontrôlable. C'était presque comme si Izar avait perdu connaissance juste après que Cygnus l'ait possédé, et qu'il sortait seulement maintenant de sa torpeur... réanimé par la souffrance. Il devrait s'estimer heureux d'être en mesure de pouvoir se réveiller, plutôt que de errer à jamais dans le néant.

"Ce…C'est en moi…il..."

Et Izar fut expulsé dans le tumulte d'une nouvelle bataille interminable, submergé par une douleur sans nom.

{Death of Today}

"Tu es sûr d'aller bien, Izar ?" le questionna encore une fois Regulus. Sa voix lui parvenait étouffée et distante.

Non, je ne vais pas bien mais tu ne peux bien sûr pas m'entendre... pensa Izar avec frustration tandis qu'il luttait pour reprendre le contrôle de son corps. Cygnus anticipa son action et le repoussa dans les profondeurs de son esprit.

Il fallut un long moment à Izar pour se remettre de l'attaque. Il voulait juste succomber, se reposer et être délivré de cette douleur constante. Mais s'il se reposait, Cygnus en profiterait pour le détruire une bonne fois pour toute. Il ne savait pas ce qui arriverait s'il venait à être battu, mais il supposait qu'il finirait par mourir, et l'homme serait ainsi totalement aux commandes... comme prévu.

Cependant, Izar savait que l'homme se trouvait en difficulté. Quand leurs deux esprits s'affrontaient, Izar avait perçu ses souvenirs et ses pensées. Sa résistance n'avait pas été attendue. Cygnus avait prévu sa destruction au moment même où il fusionnerait avec son corps.

Mais il n'avait pas pris en compte que c'était encore trop tôt. Cygnus n'avait pas atteint sa pleine puissance et c'est ce qui lui avait porté préjudice. Il n'avait pas non plus présagé une telle détermination du côté d'Izar. Il était peut-être lamentable en Occlumancie mais son obstination était suffisante pour lui résister. Cependant, Izar savait que plus Cygnus restait au pouvoir, plus sa force s'intensifiait.

A vrai dire, son ancêtre avait l'intention de rendre visite au Voile et d'y extraire le reste de son âme. Izar avait appris que seul un fragment de son âme s'était échappé le jour où il l'avait touché au Ministère. Et depuis cet instant, le reste d'âme se détachait lentement du Voile pour rejoindre l'autre fragment. Cygnus n'était pas entier et jusqu'à ce qu'il le soit, Izar pouvait encore tenter de reprendre son corps.

Il espérait simplement réussir à empêcher l'homme d'entrer dans le Département des Mystères.

"Je vais parfaitement bien, Regulus," répondit Cygnus à travers la bouche d'Izar.

Izar plissa les yeux à la réponse avant d'observer son environnement. C'était... définitivement une scène tirée d'une imagination débordante.

Lorsqu'il avait étudié l'Occlumancie cet été, il n'avait jamais pu voir à l'intérieur de son esprit. D'après ce qu'il avait lu, ce dernier prenait une apparence qui était propre à chaque individu. Maintenant qu'Izar résidait dans son propre esprit, il fut capable de voir ce qu'il avait lui-même bâti.

La partie principale, au premier abord, ressemblait au Département des Mystères avec le sol noir laqué, les murs et les immenses portes. Mais les similitudes s'arrêtaient là. Au lieu de celles noires du Ministère, l'esprit d'Izar comportait de larges portes ornées de miroirs qui étaient grandes ouvertes, invitant toute personne à les franchir sans résistance.

Son esprit était vulnérable. Et avait été violé par la présence de Cygnus. Il s'avérait être partout.

Izar se trouvait actuellement dans une pièce derrière l'une des nombreuses portes. Il ne s'agissait pas tant d'une pièce que d'une prairie. Il grimaça tandis qu'il se frayait un chemin à travers les herbes hautes, levant les yeux vers le ciel aux teintes violettes parcouru de nuages blancs. Il regarda derrière lui et observa les fleurs en papier qui avaient l'air d'être dessinées par un enfant. Leurs tiges étaient affaissées, paraissant aussi pathétiques que devait l'être Izar.

Non seulement le ciel était couvert de nuages, mais il était rempli d'objets qui lui était familier.

Il y avait une vieille montre de poche qui flottait à l'horizon, semblable à celle qu'Izar avait volée à l'orphelinat. Elle était énorme, probablement trois fois plus grosse que lui. Un gigantesque crapaud suivait la montre, coassant bruyamment. Izar s'accroupit et couvrit sa tête comme si cela le protégerait de l'amphibien anormalement grand. Mais il n'avait aucune raison de s'en inquiéter car il filait au dessus de lui aussi vite que les nuages.

Il se redressa, se sentant stupide.

"Tu viens de…" la voix de Regulus s'éteignit et Izar leva les yeux vers le ciel.

Si Izar se concentrait, il pouvait entendre et voir ce qu'il se passait à l'extérieur de son corps, aussi facilement qu'il pouvait voir le ciel pourpre au dessus de lui. Les voix et les images étaient brouillées et distantes mais il pouvait quand même deviner le visage soucieux de Regulus.

"Hier, au sous-sol, tu avais l'air de souffrir," termina Regulus, déconcerté.

A côté de lui, Sirius était assis avec raideur. Son oncle n'avait pas touché à son petit-déjeuner et si Izar avait pu contrôler son corps, il aurait engagé la conversation avec lui. Sans doute que l'homme était encore incertain par rapport à sa loyauté et à la voie qu'il devait suivre. Cela aurait été le bon moment pour le rassurer et essayer de le rallier une nouvelle fois à son camp.

Mais il ne pouvait pas. Car Cygnus était lui maintenant.

Ce dernier baissa les yeux sur son petit-déjeuner et fit un signe de tête en direction de son arrière-petit-fils. "Tu te rappelles ce qu'a dit le portrait de Cygnus, Regulus. Il m'a transmis mon héritage. C'était douloureux, mais nécessaire."

Héritage.

Izar grogna. C'était tout ce que son brillant ancêtre pouvait inventer ?

Regulus ne semblait pas bien convaincu. Il lâcha sa fourchette et se pencha en avant. "Et tes yeux, ils sont noirs," insista-t-il, regardant droit dans les yeux de Cygnus.

Il haussa les épaules, son ennui dessiné sur les traits d'Izar. "Juste un effet secondaire bénin, j'en suis sûr." Il se leva, ses couverts tombant dans son plat. "Je dois aller au Ministère aujourd'hui, j'ai promis à Owen Walden qu'on discuterait des inventions que j'ai créées pour les Langues-de-plomb cet été."

C'était un mensonge. Tout était mensonge.

Izar vit Cygnus ignorer complètement le regard préoccupé de Regulus. Est-ce que son père se doutait que quelque chose n'allait pas ? Bien sûr que oui, il ne voulait juste pas continuer son interrogatoire. C'était l'une des caractéristiques que le jeune homme appréciait beaucoup chez son père. Regulus n'insistait jamais pour des réponses. Il respectait sa vie privée. Ironiquement, envahir sa vie privée était ce qu'il voulait que son père fasse dès à présent.

"Rappelle-toi que nous avons un rendez-vous avec le juge cet après-midi." Regulus renifla sans retenue, les mains sous le menton alors qu'il observait attentivement Cygnus.

Celui-ci s'arrêta net dans son mouvement, ce qui attira l'attention d'Izar. Rencontrer le juge ? Il avait oublié ça. Regulus et lui étaient censés le retrouver au Ministère avec Lily Potter.

Soudain, une douleur fulgurante lui déchira le crâne. Cygnus fouillait ses souvenirs. Izar renversa la tête en arrière et hurla alors que son esprit semblait exploser en une myriade de petites particules face à l'intrusion. L'homme prit les souvenirs qu'il recherchait et partit, le soulageant de cette torture.

L'héritier Black tomba à genoux, s'efforçant désespérément de rester conscient. Il enterra sa tête dans ses mains et se concentra sur le monde extérieur.

Cygnus adressa un sourire froid à Regulus. "Je n'oublierai pas, père."

Et Izar savait que Cygnus n'avait définitivement pas l'intention d'aller à cette rencontre. Il embarrasserait Regulus et passerait pour un idiot devant le juge. Izar déplorait cela mais il avait des choses plus importantes à s'occuper.

Comme essayer une fois de plus de récupérer son corps. C'était le sien et Izar serait damné s'il laissait son manque d'apprentissage de l'Occlumancie provoquer sa chute. Voldemort trouverait probablement la situation hilarante mais il ne le laisserait pas se réjouir.

Au moment où Izar était sur le point de rompre son lien avec le monde extérieur pour reprendre des forces, il remarqua quelque chose du coin de l'œil de Cygnus. Son ancêtre n'avait pas remarqué que Kreattur l'observait dans un recoin de la pièce, le visage contrarié et les oreilles tombantes.

Izar retira précipitamment son attention du monde externe tandis que Cygnus quittait Square Grimmaurd.

Il se sentit étrange alors qu'il se couchait dans les hautes herbes et levait son regard vers le ciel pourpre.

Cygnus avait une faiblesse. Il était aveugle à tout sauf à sa quête d'immortalité. Il ne pensait pas que Voldemort était une menace, que Regulus avait des soupçons ou que Kreattur avait pu assister à ce qui s'était passé la nuit dernière. Cygnus n'avait qu'une idée en tête : récupérer le restant de son âme du Voile. Et jusque là, personne n'avait d'importance pour lui.

Et les faiblesses de Cygnus étaient celles sur lesquelles Izar comptait.

Mais est-ce que Kreattur et Regulus agiraient avant qu'ils n'atteignent le Ministère ?

Izar se sentit subitement abattu. Cygnus était en chemin désormais. Il n'y avait aucun moyen de l'arrêter.

Plissant les yeux vers le ciel, Izar sentit la morsure glaciale de la colère refroidir son torse et ses entrailles. Il amena à lui les Ténèbres et s'en servit pour se rétablir. Il réalisa que la seule personne qui pouvait arrêter Cygnus était lui-même. Il était inutile de compter sur les autres.

Alors qu'il était sur le point de se diriger vers la zone principale de son esprit pour combattre à nouveau Cygnus, une ombre obscurcit son corps allongé. Il leva les yeux vers l'intrus avant qu'ils ne se rétrécissement en de fines fentes. Avec la Magie Noire tourbillonnant autour d'Izar, ses mots furent perçus comme sifflements.

"Qu'est-ce que tu fais ici ?"

{Death of Today}

Regulus se leva alors que le visiteur faisait son entrée dans la cuisine.

"Je n'attendais pas votre venue, Sous-secrétaire Jedusor," accueillit-il sèchement, jetant un rapide coup d'œil à Sirius avant de tourner toute son attention sur le politicien. Il n'était pas judicieux de perdre de vue l'homme pendant trop longtemps, Merlin seul savait ce que le Seigneur des Ténèbres avait prévu.

Les yeux bruns s'attardèrent brièvement sur Regulus avant de se détacher par désintérêt. "Je suis ici pour le garçon," répondit-il durement. A côté de lui, Kreattur se tordait les mains, sa bouche affaissée.

Le garçon.

Regulus grimaça et s'asseya de nouveau. "Je crains qu'il ne soit déjà parti pour le Ministère."

Sirius se leva rapidement et quitta la pièce. Regulus regarda son frère partir et fermer la porte derrière lui. Ses lèvres s'amincirent avant qu'il ne se retourne vers le Seigneur des Ténèbres déguisé. L'homme était vêtu d'une robe richement cousue, signalant clairement qu'il était en route pour le Ministère, prêt à y duper tout le monde avec un sourire.

Le Seigneur des Ténèbres lui lança un regard d'avertissement, son intérêt finalement centré sur lui. Regulus ne savait pas ce qui était le mieux; avoir l'attention toute entière de l'homme ou seulement sa faible considération. Son cou fut parcouru de fourmillements sous le regard insistant. Ses yeux reflétaient un brun tout à fait innocent, tout le contraire de ceux carmins. Pourtant, ils semblaient tout aussi effrayants et dangereux. Il se demanda comment Izar était capable de soutenir un tel regard.

Regulus inclina la tête avec révérence.

"Paraissait-il en bonne santé ?"

La question le surpris et il observa longuement l'homme. Il suivrait le Seigneur des Ténèbres dans cette guerre, il se battrait même pour lui et le défendrait. Cependant, la loyauté de Regulus appartenait à son fils et à lui seul. Il n'avait pas confiance en lui vis à vis d'Izar. Et il s'efforcerait de le protéger de son influence néfaste. Il ne lui était jamais venu à l'esprit qu'Izar n'était pas l'enfant pur qu'il aimait penser. Il semblait avoir oublié les changements par lesquels son fils était passé cet été.

"Il va parfaitement bien, aussi bien que la dernière fois que vous l'avez vu. Hier, si vous aviez oublié... Maître," répliqua calmement Regulus.

Ce dernier se crispa lorsque le Seigneur des Ténèbres baissa le menton tout en maintenant ses yeux rivés sur lui. Un sourire cruel et froid étirait ses lèvres tandis qu'il s'approchait. "Dois-je vous rappeler, Black, que vous êtes en vie uniquement parce que votre fils le souhaite ? Hmm ?"

L'homme s'avança vers Regulus, ses longs doigts effleurant la table à manger dans son sillage. Regulus sentit un vent glacé s'abattre le long de sa colonne vertébrale au fur et à mesure que le Seigneur des Ténèbres avançait.

"Maître Regulus, messieurs..."

Regulus tendit une main pour faire taire l'elfe de maison paniqué, toujours méfiant envers le Seigneur des Ténèbres. "Seulement parce qu'Izar le souhaite ?" répéta-t-il sèchement. "J'ai du mal à croire qu'un Seigneur impitoyable laisse quelqu'un en vie juste pour faire plaisir à un garçon de seize ans. Que voulez-vous vraiment de mon fils, Maître ? Du sexe ?"

Son cœur cognait dans sa poitrine face à l'irrespect qu'il témoignait au Seigneur des Ténèbres. Il aurait dû être au sol à se tordre de douleur, à hurler des suppliques. Au lieu de cela, un éclat malveillant luisait dans les yeux de l'homme alors qu'il se penchait vers lui.

"Si tel était le cas, il serait enchaîné à mon lit." L'homme pencha la tête sur le côté, un sourire sinistre assorti à sa posture moqueuse. "Mais c'est un garçon délicieux, n'est-ce pas ? Les Black sont réputés pour l'inceste; dites-moi, imaginez-vous souvent votre fils sous..."

"Sale connard," souffla Regulus, la veine saillante de sa gorge palpitant de rage. Il vit rouge lorsqu'il fut témoin d'un Seigneur des Ténèbres se mettant à ricaner mais s'exhorta au calme.

Voldemort excellait dans l'art de la tromperie et des jeux d'esprit. Regulus ne savait quoi croire ou écouter. Il s'interrogea sur la propre santé mentale de son fils. De toute évidence, Izar devait posséder des signes de folie pour s'impliquer aussi souvent avec le Seigneur des Ténèbres. Qu'est-ce que son fils pouvait bien lui trouver ? Était-il aussi malade que lui ? Cruel que lui ?

"Regulus !"

Le dénommé se leva brusquement face à l'appel désespéré de son frère. Après un dernier regard en direction d'un Seigneur des Ténèbres toujours souriant, il sortit rapidement de la pièce et se dirigea vers la voix de Sirius.

Il fut étonné de le trouver dans le salon, fixant la tapisserie Black. "Sirius ?" appela Regulus, incertain de sa réaction. L'homme se tenait debout, un mélange de choc et d'horreur peint sur le visage.

Avant que Regulus ne puisse à nouveau le questionner, le Seigneur des Ténèbres entra.

"Qu'est-ce que c'est ?" murmura Sirius d'une voix rauque.

Sentant l'appréhension tordre son estomac, Regulus fit un pas vers la tapisserie Black. Immédiatement, ses yeux atterrirent sur l'emplacement d'Izar sur l'arbre généalogique et ce qu'il y vit fit s'effondrer son cœur. Le visage d'Izar se changeait en crâne avant de lentement s'atténuer pour redevenir humain. Son visage et sa date de décès continuèrent ainsi à alterner d'un état à un autre, comme si c'était indécis.

"Et ça ?" s'écria brusquement Sirius, pointant du doigt une branche plus basse de l'arbre.

Le sang de Regulus se glaça quand il rencontra les yeux de Cygnus Black. Au lieu d'un crâne et d'un décès datant de 1943, un visage de chair et seulement sa naissance en 1889 apparaissaient.

"Impossible," chuchota-t-il. "Cygnus… il est censé être mort." Regulus se retourna et chercha la réaction du Seigneur des Ténèbres. Il ne savait pas pourquoi il pensait que l'homme exprimerait ses émotions, c'était stupide d'y croire. Il ne fut en effet qu'impassible durant tout son examen de la tapisserie avant de lui octroyer un regard froid.

"Il avait l'air en parfaite santé, hm ?" railla l'homme. "Quelle est la signification de tout ceci, Black ? La Malédiction de Cygnus devient la Possession de Cygnus ?"

Regulus secoua la tête, nauséeux. Il n'avait pas pris conscience que sa respiration était devenue erratique jusqu'à ce que Sirius ne pose une main réconfortante sur son épaule. "Je ne savais pas," souffla-t-il. Il s'assit hâtivement, passant en revue toutes les solutions possibles pour sauver Izar. Y avait-il un espoir ?

"J'ai essayé de le dire à Maître Regulus," interrompit la voix.

Il leva les yeux et aperçut Kreattur, tapi dans un coin. "Kreattur," Regulus se redressa. "Qu'essayais-tu de me dire ?"

Kreattur scruta le Seigneur des Ténèbres avant de se tourner vers lui. "Dans le sous-sol, Maître. Maître Izar souffrait. Kreattur n'a pas vu Cygnus mais il a entendu Maître Izar lui parler. Et alors, Kreattur a vu quelque chose aller dans Maître Izar."

Regulus dépassa Kreattur et se précipita jusqu'au sous-sol. Il ne se souciait pas des autres personnes qui le suivaient, tout ce qui l'importait était le bien-être de son fils. Avec un mouvement désespéré de sa baguette, il lança un Lumos et chercha après le portrait. Il reposait contre le mur, à la même place qu'hier quand Izar s'était écroulé au sol.

Quel idiot pouvait-il bien être ? Son fils avait été en proie à une douleur incessante, pourtant, Regulus l'avait cru quand il avait dit que c'était dû à son héritage. Depuis qu'Izar s'était réveillé hier, après sa conversation avec Cygnus, il n'avait plus été le même. Il était clair maintenant que c'était lui qui contrôlait son corps.

La situation le désespérait, presque maladivement. Il pouvait sentir la noirceur s'accroître autour de lui et il y puisa cupidement du pouvoir.

"Qu'est-ce que tu lui as fait ?" exigea vivement Regulus. Il appuya sa baguette contre le portrait de son ancêtre, prêt à le réduire en pièces. "Mon fils. Qu'as-tu fait à mon fils ?"

Les yeux sombres de Cygnus l'observèrent paresseusement. "C'était son droit de naissance en tant que Black," prononça laborieusement l'homme. "Estime-toi heureux que cela n'ait pas été toi."

Des postillons jaillirent de la bouche de Regulus. Sa mâchoire était tellement serrée que des pics de douleur criblaient son cou et ses joues. "Ce n'est pas ce que je demande," cracha-t-il furieusement. "Qu'est-ce que tu lui as fait ?"

Le rictus sur les lèvres de Cygnus se tordit avant qu'il n'éclate d'un rire sombre. "Que penses-tu qu'il s'est passé ? Le garçon aurait dû mourir dès que Cygnus a fusionné avec lui. Quelle petite merde tenace, n'est-ce pas ? J'ai bien peur, mon enfant, qu'une fois le Voile atteint, il sera mort. Bien que ton admiration soit touchante, elle est injustifiée."

Il y eut du mouvement derrière lui. Regulus se retourna donc et vit le Seigneur des Ténèbres gravir l'escalier. "Où allez-vous ?" s'enquit-il désespérément. Izar était parti il y a au moins cinq minutes, ils n'avaient aucune chance.

L'espace d'un instant, les yeux bruns scintillèrent d'un éclat rouge sang. "J'ai le pouvoir de boucler le Ministère, bien entendu."

Regulus hésita un moment avant de suivre le Sous-secrétaire. Sirius était déjà sur ses talons.

"Ne le sous-estime pas," jubila le portrait derrière eux. "Le garçon peut ne pas savoir comment utiliser ses pouvoirs enfouis mais ils ont été créés par Cygnus. Vous n'avez aucune chance."

Ces mots glacèrent d'effroi Regulus mais sa détermination à retrouver son fils le gonfla d'adrénaline.

{Death of Today}

"Je suis là pour t'aider bien sûr," murmura-t-elle doucement.

Sa longue crinière rousse s'agita dans son dos alors qu'elle s'asseyait gracieusement aux côtés d'Izar. Il ne put s'empêcher de remarquer sa robe. Elle était d'une magnifique nuance de vert et bleu, ce qui faisait ressortir ses chatoyants yeux émeraudes. Sa peau de porcelaine semblait briller sous la lumière pourpre du ciel. Ses longs cils encadraient son visage en forme de cœur, attirant l'attention sur ses lèvres pleines. Elle ne pouvait pas avoir plus de vingt-deux ans.

Cette vision de Lily Potter était bien loin d'être celle de la réalité. Elle représentait l'élégance et son aura l'enveloppait avec la plus étincelante des magies. Pendant un bref moment, Izar eut honte de se tenir si proche d'elle et de la salir avec son aura sombre. Mais il rejeta cette pensée au loin, dégoûté.

Izar ferma les yeux d'horreur. Qu'est-ce qu'il faisait ? Était-il un foutu pervers ? Admirant chaque courbe délicate de sa mère ?

En dépit de tout cela, il était heureux d'avoir définitivement pu voir la femme dont son père était tombé amoureux. C'était cette Lily qui avait attiré Regulus. Et il ne blâmerait pas son père d'avoir été séduit.

"Je peux me débrouiller seul," objecta-t-il brusquement. "Je n'ai certainement pas besoin de toi pour m'aider." Il plissa des paupières et la dévisagea. "Comment es-tu entrée dans mon esprit ? Ai-je fabriqué ton image comme les crapauds dans le ciel ?" D'une main pâle, il désigna les amphibiens coassant au dessus d'eux.

Elle lui offrit un grand sourire, jetant un œil aux cieux. "Non," répondit-elle doucement. "Je suis un éclat de l'âme de Lily Evans."

Izar écarquilla les yeux alors que la vérité s'imposait à lui. Lily sourit et se pencha lentement pour coller son corps tout près du sien. Elle soutint sa tête d'une main parfaitement manucurée et examina chaleureusement son fils. Son analyse était si minutieuse qu'elle semblait vouloir mémoriser chacun de ses traits.

"Tu es un Horcruxe ?" souffla Izar incrédule. "Mais c'est impossible." Le choc fut tel qu'il resta figé alors qu'elle tendait une main pour toucher sa joue. La pulpe de son pouce caressa la peau fine sous son œil.

Ses lèvres se retroussèrent en un autre sourire. "Pourquoi cela serait impossible ?" demanda-t-elle d'un ton sec.

Il la regarda avec scepticisme. "Les Horcruxes font partie de la branche la plus sombre de la magie. Tu te bats contre un Seigneur des Ténèbres qui en possède," il mentit aisément sur la fin. Il devait se rappeler que Dumbledore et Lily croyaient que Voldemort avait des Horcruxes. Et ce dernier voulait qu'ils y croient, de manière à pouvoir occulter son statut de créature. "Vous prêchez contre le meurtre, et pourtant, tu as sûrement dû assassiner quelqu'un de sang froid pour en créer un."

Ses yeux verts se voilèrent et elle baissa le regard sur l'herbe tassée. "Alors que je n'ai qu'un Horcruxe, le Seigneur des Ténèbres en possède plusieurs. Et il continue d'utiliser la Magie Noire pour son plaisir. Le jour où j'ai créé cet Horcruxe fut le jour où j'ai promis de ne plus jamais user des Arts Sombres."

Elle vivait une demi-vie depuis qu'elle avait fabriqué cet Horcruxe. Quand Izar l'avait rencontrée la première fois au Département des Mystères, elle paraissait presque morte. Ce n'était pas juste à cause de la détresse qui la terrassait mais parce que son âme avait été mutilée. Cela faisait soudainement sens.

"Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi as-tu conçu quelque chose d'aussi Noir ?" questionna-t-il, autorisant sa main à rester sur son visage. Il avait déjà quelques soupçons sur pourquoi Lily avait créé un Horcruxe, mais ils semblaient tous…

Elle soupira doucement, contemplant de nouveau les nuages et les crapauds. "Quand je t'ai tenu dans mes bras après t'avoir donné naissance, j'étais assaillie par le chagrin et un sentiment d'amour écrasant. Je savais que je ne ressentirais plus jamais un tel amour après t'avoir donné à l'orphelinat moldu. Je me sentais comme si une partie de moi était morte le jour où je t'y ai laissé. Je me suis jetée à corps perdu dans mon travail au Département des Mystères, plus particulièrement sur la Chambre de la Mort."

Lily fit une pause, le visage insondable alors qu'elle regardait un Portoloin voleter dans le ciel. "Suite à mon travail soutenu, j'ai commencé à remarquer qu'un esprit solitaire avait pris résidence à la lisière du Voile. Jour après jour, je l'écoutais jusqu'à devenir folle après tant d'heures passées devant l'arche. Parfois, mes collègues devaient m'en éloigner, mais finalement, je me suis rendu compte qui était la personne de l'autre côté. Regulus m'avait racontée une fois que la Malédiction de Cygnus consistait en de la Nécromancie. Et j'ai compris qu'il avait tort. C'était sur la possession."

Izar renifla sèchement et leva les yeux vers les nuages qui continuaient leur avancée.

Lily éloigna sa main de sa joue et la reposa sur sa poitrine. "Je suis devenue… terrorisée quand j'ai découvert ce que Cygnus préméditait. Alors que je n'avais aucune preuve irréfutable que tu étais le réceptacle prévu, j'avais bien conscience que c'était une possibilité. Par désespoir, je fis la seule chose qui, j'en étais certaine, devrait fonctionner. J'ai créé un Horcruxe. J'ai déplacé une partie de mon âme à l'intérieur du Voile, dans l'esprit de Cygnus en particulier. J'ai fusionné avec lui et il n'avait aucune connaissance de ce qu'il se tramait. Grâce à ça, j'ai le pouvoir de protéger ton esprit... de te garder lié à ton propre corps."

Son visage s'assombrit. "J'ai fait une chose terrible en fabriquant un Horcruxe. J'ai tué un homme innocent. C'était une tentative désespérée pour te garder sauf. Tout ce dont je pouvais me rappeler était le fait de te tenir dans mes bras et du sentiment puissant qui l'accompagnait. Tu étais tellement innocent, un innocent dans ce jeu que je m'adonnais avec Regulus. Que je sois damnée si j'avais permis à la possession de te tuer juste parce que tu es né."

Izar s'assit, sa main glissant de sa poitrine. Il fronça les sourcils vers les fleurs en papier, ses pensées éparpillées. Ce n'était pas dans sa nature de ressentir de la pitié ou une forte compassion, sauf pour ceux dont il se souciait réellement. Il était sombre de base. Il ne montrait qu'un désintérêt froid pour les hommes et femmes qui souffraient; il détestait les moldus et n'aimait guère plus les nés-moldus.

Mais il ne put s'empêcher d'éprouver quelque chose face à l'acte ultime de Lily. Non seulement elle avait risqué sa propre vie en subsistant sans une partie de ses émotions, sans une partie de son âme, mais elle avait également sacrifié sa pureté en commettant quelque chose qu'elle ne pourra jamais défaire.

"Je peux te dire avec certitude que je serais prête à le refaire, mon fils." Lily s'assit à ses côtés, ses yeux rivés sur son visage. "Je l'ai fait par amour mais aussi pour des besoins égoïstes. Je me sentais coupable et déchirée par ce que j'avais fait à Regulus et toi. Je voulais que ces sentiments partent et je pensais que l'Horcruxe pourrait me les retirer." Elle l'observa de près. "Est-ce que ça a marché ? Est-ce que je semble encore abriter cette culpabilité dévastatrice ? Je le mérite, mais je…"

Izar la détailla, ne voyant rien d'autre qu'une femme perdue dans ses précédentes erreurs. "Non," souffla-t-il. "Tu ne te sens pas coupable pour ce que tu as fait à Regulus. Mais... tu prétends regretter ce que tu m'as fait."

Il ne commenta pas le fait qu'elle avait probablement assisté à ses interactions avec Lily Potter. Si elle avait été avec l'esprit de Cygnus depuis qu'il s'était échappé du Voile, elle avait dû être présente à la Deuxième Tâche. Ou peut-être qu'elle avait vivoté d'un état d'existence à un autre quand elle et Cygnus avaient été au sommet de leur puissance.

Cette Lily devant lui n'avait aucun souvenir de ce qu'elle avait fait après avoir créé l'Horcruxe et avait perdu la plupart de ses émotions et de son humanité. Dans son esprit ne subsistait que l'obsession désespérée de sauver son fils, et l'espoir d'atténuer la culpabilité qu'elle ressentait pour ses actes à l'encontre de Regulus et d'Izar.

"Est-ce que tu regrettes ce que tu as fait à Regulus ?" demanda-t-il. "Ton ancien toi affirme que non, que tu le referais au nom de la Lumière."

Elle eut un sourire tremblant. "A l'époque, je croyais le faire pour le plus grand bien, pour détruire le Seigneur des Ténèbres en ascension. Mais ensuite, j'ai été consumée par la douleur. Ce que je lui avais fait ne valait pas mieux que ce que le côté Obscur aurait infligé à son propre peuple. J'ai manipulé ses sentiments, sa confiance et l'ai retournée contre lui. Et ce que je t'ai fait... je t'ai conçu pour que tu deviennes un appât."

Izar pouvait voir son conflit interne. Il voulait la haïr, lui répéter encore et encore qu'il n'avait pas besoin de son aide. Ce qu'elle avait fait à Regulus était impardonnable et Izar ne comprenait pas pourquoi elle avait fait ça en premier lieu. Mais il demeura silencieux. Cette Lily regrettait sincèrement ses actions. Et si elle regrettait, cela signifiait que Lily Potter l'avait une fois été avant de fabriquer l'Horcruxe.

Regulus et Severus Rogue avaient une fois affirmé que Lily Evans ne ressentirait jamais de remords pour ce qu'elle avait fait.

Mais Izar se trouvait maintenant face aux preuves. Ils avaient eu tort. Cette Lily devant lui n'avait rien à gagner en lui mentant. Elle ne pouvait pas retourner avec son ancien soi et n'aspirait à rien d'autre que d'aider Izar à reprendre le contrôle de son corps.

Il ne savait pas comment cela changerait son point de vue sur Lily Potter, mais en ce moment, il était libre de profiter de quelque chose qu'il avait toujours secrètement désiré.

Une mère.

De toute manière, personne ne saurait à quel point il se montrait tendre, simplement parce que tout cela se passait dans sa tête. Une fois Cygnus détruit, Lily partirait avec lui. Il n'y avait aucun moyen pour qu'elle rejoigne Lily Potter et lui raconte tout. Izar pouvait se laisser aller à profiter de ce bref moment de réconfort. Que les conséquences soient maudites.

Il tendit la main et l'enroula autour de ses doigts. Elle sembla prise de court par ce geste. Et si elle l'avait observé depuis ce jour où elle s'était échappée du Voile avec Cygnus, Izar ne pouvait pas l'en blâmer. Elle avait dû être témoin de tout ce que Cygnus avait vu. Elle avait dû voir Izar torturer le moldu durant les festivités de Yule. Elle avait dû le voir échanger sa salive avec le Seigneur des Ténèbres contre l'écorce d'un arbre.

Malgré ça, elle semblait encore le considérer comme le garçon le plus angélique qu'elle ait rencontré.

"Je te pardonne." Les mots étaient sortis de sa bouche avant qu'il ne puisse les arrêter.

Mais une fois de plus, il devait se rappeler que ce n'était pas la vraie Lily Potter. Il n'y avait rien de mal à montrer à son fragment d'âme qu'il lui pardonnait, qu'il voulait la toucher et la voir. Une partie enfouie en lui souhaitait avoir plus de temps pour connaître cette femme, mais il avait conscience que c'était irréaliste.

Son visage se décomposa tandis qu'elle se penchait vers lui pour l'attirer dans une étreinte. "Je ne le mérite pas. Mais cela signifie tellement pour moi d'entendre ça."

Ses mains se serrèrent autour de son corps et Izar se détendit légèrement dans ses bras.

Cela dura ainsi environ cinq secondes jusqu'à ce qu'il se sente mal à l'aise. Il se dégagea doucement, essayant de digérer son comportement niais. Cette étreinte n'était pas aussi chaleureuse et bouleversante que ce qu'il s'était imaginé partager avec une mère.

Il décida que son absence dans sa vie avait dû refroidir son envie d'en avoir une. Enfant, il avait toujours rêvé d'un tel échange ainsi que des caresses d'une figure maternelle sur son visage. De toute évidence, l'espoir et le souhait de cet enfant s'étaient taris au fur et à mesure qu'il avait grandi, froid et détaché.

Étrange, il ne ressentait pas ça avec Regulus.

Il lui adressa un petit sourire. "Quel est ton plan ?"