#Chapitre trois: vérité du passée#

23 heures 55.

Après un moment de silence qui irritait la patience de Shizuru, celle-ci ajouta sèchement:

« Merci, c'est une très jolie histoire, mais pourquoi raconte me cette fable ? Avoir la morale qu'il faut sortir protégé ? Mince, c'est vrai qu'ils allaient se marier donc ça ne marche plus…» Questionna la châtain qui s'étira les bras en l'air, et se craqua les articulations de son cou. Cette indifférence totale mit en rogne son conteur, qui fit un effort surhumain pour ne pas s'emporter. Il n'avait malheureusement pas le droit de toucher à un seul cheveu cette personne, sauf si on lui donnait l'autorisation. Si il osait la blesser, il pouvait le regretter le restant de sa courte vie.

« Vous ne l'avez pas deviné ? J'ai cru que vous étiez une personne intelligente, mais j'ai dû encore me tromper sur votre sujet. Pourtant j'ai essayé de vous donner des indices évidents, en vous racontant cette histoire, votre père, grand père et tout les hommes de votre famille sont -»

« Oui, oui, oui...des ancêtres de cet homme qui combattait les esprits, c'est ça ? L' Ayakashi ? Je croyais que étymologiquement c'était une anguille, ou alors ces parasites qui envahissent l'homme. C'est assez bancale votre histoire, il y a déjà des incohérences flagrantes. Vous n'avez pas mieux à me proposer pour me distraire, je m'ennuie terriblement. » Termina la buveuse de thé en baillant ostensiblement.

« Bien que cela soit dommage pour vos ancêtres, il semblerait que vous soyez la seule femme depuis des générations et des générations, ce qui veut dire que vous avez en vous un pouvoir inestimable qui sommeil en vous, et dont vous n'avez pas conscience. » Grimaça Nagi en serrant au maximum sa mâchoire quand il vit que l'Hime s'amusait à observer une pie sur le toit d'une maison.

« Oui bien sûr….je vous crois sur parole…de quel genre d'élucubrations racontez-vous ? Vous vous êtes donc enfui de l'asile ? Je devrais peut être appeler la police au lieu de la sécurité… »

« Vous ne me croyez toujours pas ? Pourtant vos parents se sont battus contre un Youkai il y a dix ans. Mais le monstre était beaucoup plus puissant qu'eux et ils ont dû utiliser tout leur pouvoir pour le tuer, mais ça les a tué eux aussi car il n'avait plus de force. Et vous savez pourquoi cette mort, ces combats incessants ? Car ce monstre a appris votre existence et voulait vous capturer. Mais vos parents se sont battus pour vous protéger qui t'a sacrifié leur vie. Pensez-vous que le talisman que vous portez du cou n'est qu'un simple objet de chance et de bonheur ? Que nenni ; ce sont les énergies spirituelles de votre père et de tous vos ancêtres qui repoussent les Youkai jusqu'à maintenant. Mais il semblerait que son pouvoir s'affaiblisse de jour en jour, parce que vous allez atteindre vos dix-huit ans et votre maturité de Hime. Regardez par vous-même ce pouvoir vous filer entre les doigts. »

Shizuru retira son talisman et regarda surprise lorsqu'elle vit un halo blanc qui était en train entourer l'objet. Elle ne l'avait jamais remarqué jusqu'à présent, elle crut que c'était un problème de sa propre vision. Elle se rappela que c'est sa mère qui lui avait donnée avant qu'elle ne meure avec son père le lendemain d'un accident.

-Flash-back-

Shizuru avait à cette époque huit ans, ces parents l'avaient emmenée passer les vacances d'été chez ses grands parents à la montagne loin de tout mouvement humain. Un soir, la petite fille aux cramoisis était dans son lit à lire des contes, quand elle vit entrer dans la pièce sa mère, et s'approcha d'elle pour la border comme chaque soir.

« Coucou ma puce, tu sais, tu dois rester un peu plus longtemps avec tes grands parents. Mais ton père et moi nous devons faire tout les deux une randonnée dans la montagne. »

« Je peux venir avec vous ? » Ce ne fut pas une demande, mais presque une imploration. C'était habituel pour les parents de Shizuru de s'absenter sans prévenir, parfois leur fille acceptait avec diligence, mais d'autres moments, c'était plus compliqué. Il y avait ce manque indéniable dans son coeur et son quotidien.

« Non je suis sincèrement désolée, mais tu ne peux pas, tu dois rester ici en sécurité avec tes grands parents. Ils te protégeront s'il y a le moindre problème. Avant de partir je voulais te donner ceci. »

Himeko Fujino sortit de sa poche une sorte de pendentif rectangulaire en tissu violet et le mit autour du cou de la fillette brune qui l'observa intriguer.

« Shizuru tu dois me promettre une chose, tu ne dois jamais te séparer de cet objet jusqu'à ta majorité, il te protégera pendant tout ce temps. »

« Je te le promets maman. »

La mère de Shizuru embrassa tendrement sa fille sur le front et ajouta :

« Shizuru ne l'oublie pas, même si quelque chose nous arrivés, tu es la chose la plus précieuse dans mon cœur. Tu es très importante pour moi et ton père. Ne l'oublie JAMAIS. Je t'aime ma puce. Mais surtout ce n'est pas ta faute. »

« Je t'aime aussi maman. »

C'était la dernière fois que la châtain avait vu ses parents. Deux jours plus tard qu'ils avaient eu un accident et qu'ils étaient tombés d'une falaise lors d'une randonnée.

-Fin du Flash-back-

Après cette réminiscence nostalgique, Shizuru essuya rapidement les larmes qui s'étaient estampillées doucement sur ses joues, elle haïssait être aussi faible surtout en face d'un empêcheur de tourner en rond, quelle perte de temps. Elle observa cet ennuyant inconnu et dit glacialement :

« Ara pourquoi me racontez-vous cela ? » Cracha presque acerbe la beauté à la chevelure miel.

« On vous a dit que vos parents sont morts parce que lors de leur randonnée, ils sont tombés d'une falaise n'est-ce pas ? Enfin…c'est ce qu'on essaye de vous faire croire depuis votre enfance, et il semblerait que cela ait marché. »

« Que voulez vous dire ? Non, en réalité ça suffit, j'en ai marre de vous, de vos dires. Partez ou je hurle ! » Mais cet ordre n'interrompit le jeune homme qui continuait son récit avec entrain, il n'allait pas s'arrêter au meilleur moment, ce ne serait pas amusant.

« Comme je le disais auparavant, votre père était un Ayakashi et le soir où il est parti avec votre mère combattre un démon, mais il était visiblement trop puissant pour eux, et ils sont morts vainement en le combattant. Les employés qui travaillent depuis des années pour vos parents connaissent tous la vérité sur votre famille, et vous l'ont caché effrontément durant tout ce temps, pourquoi pensez-vous que vous êtes confinée ici ? Protection ? Certes, c'est vrai. Car vous avez du pouvoir à cause de cet argent dont vous avez hérité ? Pas seulement. Que c'est triste de faire confiance à des personnes qui n'ont fait que vous cacher la vérité. Pourquoi croyez-vous qu'on n'a pas retrouvé les corps de vos parents ? Car il y en avait même plus, ils ont été dévorés jusqu'au os. Et il semblerait que vous allez rapidement partager leur même sort. » Ria sournoisement Nagi qui disparu de l'horizon et fit maintenant face à son interlocutrice. Fujino s'écroula sur ses fesses par cette présence, et se mit à convulsionner fortement sans pouvoir contrôler les mouvements furieux de son corps. Non...elle ne pouvait pas croire en ces mensonges, c'était impossible, on cherchait seulement à la rendre folle !

« Ce n'est pas vrai, c'est impossible ! Vous mentez ! VOUS MENTEZ ! » Hurla la demoiselle à l'accent de Kyoto qui chercha aux alentours un moyen de se protéger. Elle attrapa sa tasse de thé et la balança droit devant elle, mais l'homme l'évita et se rapprocha de sa proie qui se reculait instinctivement, ne sachant que faire. Elle n'avait aucune chance de s'en sortir si cet homme s'en prenait directement à elle. Elle avait des notions de combats, elle connaissait le maniement de naginata, mais ne possédait pas l'arme à ses côtés. Les sports d'auto-défense, elle était terrorisée pour les utiliser. Elle était entièrement à la merci de son agresseur, et Shizuru redoutait son sort précaire qui lui filait entre ses doigts.