CHAPITRE 4 : COLERE ENFOUIE.
En entrant dans la pièce, Yugi remarqua un vase contenant un énorme bouquet de fleurs, sur le bureau.
« Des fleurs ? Je me demande bien de qui ça vient. »
Ce bouquet était principalement composé de roses de couleur rose, d'amaryllis, de pâquerettes blanche et de petites mauves dont la couleur était semblable aux yeux de Yugi. Il remarqua une petite enveloppe cachée entre les fleurs. L'identité de l'expéditeur devait sûrement se trouver à l'intérieur.
Le jeune duelliste fut décontenancé après avoir lu le message inséré dans l'enveloppe. Soudain pris d'un excès de colère, Yugi s'empara du bouquet et le jeta par la fenêtre.
Salomon vit le vase se briser sur le sol devant la porte du magasin. « Oui, moi aussi, j'ai réagi de la même façon. » Le vieil homme savait très bien ce que ressentait son petit-fils.
Alors que Yugi essayait de se calmer, Yami fit son apparition alarmé par la colère de son partenaire :
« Yugi, que se passe-t-il ? De qui venaient ces fleurs pour que cela te mette à ce point en colère ? »
Yugi ne répondait pas, il avait les yeux rivés sur le mot qu'il tenait entre ses mains, la mâchoire serrée, au bord des larmes. Yami s'approcha de lui et put lire le contenu du message.
« Bon Anniversaire au Roi des jeux.
Bravo Champion. Papa. »
Il ne comprenait pas. Yugi aurait dû être heureux de recevoir un cadeau de son père. Mais au lieu de ça, il était en colère. Il fallait que Yami sache pourquoi.
- Yugi, si tu me disais pourquoi tu es si en colère.
Le jeune homme, ne répondait toujours pas. Il posa le morceau de papier sur le bureau et s'installa sur son lit, regardant dans le vide, les yeux toujours emplis de colère.
- Yugi, parle-moi ! Je sens que tu as besoin de vider ton sac. Ce n'est pas bon de garder tout ça pour toi.
L'adolescent prit une grande inspiration, avant de porter son regard sur Yami, attristé de le voir souffrir ainsi.
« Tu sais, c'est maman et grand-père qui m'ont élevé. Je ne connais quasiment pas mon père. Il ne s'est jamais occupé de moi quand j'étais petit. Il était toujours en voyage pour ses affaires. Les rares fois où il était à la maison, il passait son temps au téléphone avec ses associées, ou il avait le nez collé sur son ordinateur. Il ne s'est jamais préoccupé de moi. Je ne sais même pas s'il m'est arrivé de partager quelque chose avec lui. Chaque année, je l'ai attendu, et chaque année, j'ai été déçu. La seule attention je, j'ai reçu de sa part, c'est des cartes postales avec chaque année le même message, avec une petite boule à neige. « Cadeau » que je recevais généralement une semaine en retard. Quelques jours avant mes dix ans, j'ai reçu un coup de fil de sa part. »
Flashback.
Le petit garçon, était allongé sur son lit, manipulant des petites pièces dorées entre ses doigts. Cela faisait maintenant deux ans que son grand-père lui avait offert le puzzle du millénium, et l'avait mis au défi de le reconstruire. Il avait réussi à assembler quelques pièces, mais il savait qu'il était loin d'avoir terminé. Cet objet était si complexe mais tellement mystérieux et fascinant. Il entendit sa mère entrer dans sa chambre.
- Yugi, téléphone pour toi.
- Qui est-ce ?
- Surprise. Lui dit-elle avec le sourire.
Le garçon prit le téléphone, le regard interrogateur.
- Allô ?
- Salut bonhomme !
Le visage de Yugi s'illumina, il avait reconnu la voix qui était à l'autre bout du fil.
- Papa ?! C'est bien toi ?!
- Et oui mon grand ! Comment vas-tu Yugi ?
- ça va, je vais même encore mieux depuis que je t'entends.
- Tout va bien à la maison ?
- Oui, maman et grand-père vont bien. Tu me manques papa, tu sais.
- Justement, j'appelais pour t'annoncer quelque chose.
- C'est quoi ?
- Mes dernières négociations, sont sur le point de se terminer. Je vais pouvoir rentrer à la maison la semaine prochaine.
- La semaine prochaine ? Mais alors… Ça veut dire que tu seras là pour mon anniversaire ?!
- Oui. Ce n'est pas tous les jours que mon petit garçon fête ses dix ans.
- J'ai vraiment hâte de te voir. Alors c'est vrai, tu seras là, c'est promis ?
- Promis. Écoutes, je n'ai pas beaucoup de temps, on m'attend pour une réunion. Embrasse ta maman et grand-père pour moi, d'accord ?
- Entendu. Je t'aime papa.
- À bientôt.
Fin du Flashback
« Ce jour-là, j'étais convaincu qu'il tiendrait sa promesse. J'étais si heureux à l'idée d'avoir enfin mon père à mes côtés pour souffler mes bougies. Mais il n'est jamais venu. Je l'ai attendu jusqu'au bout. Je suis resté debout toute la nuit à getter à la fenêtre, en espérant le voir arriver. Au matin, ma mère m'a annoncé qu'il n'avait pas pu se libérer, qu'il devait assister à une conférence importante. Plus importante que moi visiblement… »
Flashback.
Le petit garçon était triste et pleurait à chaudes larmes.
- Je suis désolé mon amour. Sa mère l'avait pris dans ses bras pour le consoler.
- Il m'avait promis qu'il serait là avec moi ! IL L'AVAIT PROMIS !
- Je sais Yugi…
- Dis maman, tu crois qu'un jour, je connaîtrai mon papa ?
Elle ne savait pas quoi lui répondre. Cela lui faisait mal au cœur de voir son petit garçon si malheureux. Ce dernier s'était tourné vers son grand-père, les yeux embués de larmes.
« Pourquoi, ce n'est pas toi mon père ? »
Fin du Flashback
Yami pouvait comprendre, à quel point le cœur de Yugi avait pût être meurtri et brisé par l'absence de son père.
« Cette même année, j'ai voulu faire un goûter d'anniversaire. J'avais distribué des invitations à quelques-uns de mes camarades. J'étais tellement content, de me dire que j'allais réussir à me faire des amis et que j'allais passer un bon moment, pour me faire oublier que mon père m'avait une fois de plus mis de côté. Mais je me suis fait des illusions, personne n'est venu. En retournant à l'école, j'ai demandé à tous ceux que j'avais invités, pourquoi ils n'étaient pas venus. Ils m'ont tous répondu qu'ils ne se souvenaient pas d'avoir reçu une invitation. À partir de là, je me suis dit que cela ne servait à rien de dire aux gens la date de mon anniversaire, puisque de toute manière personne n'y penserait.
- Voilà donc pourquoi il n'a rien dit à ces amis. Il pense qu'en ne disant rien, il ne risquait pas d'être déçus et blessé. Pourtant, ton père a fait un effort aujourd'hui, tu devrais t'en réjouir.
- Oui, c'est sûr… Il s'intéresse à moi, maintenant qu'il a appris que je suis devenu le champion du monde de « Duel de monstres » et que tout le monde parle de moi. Ce n'est pas en essayant de me faire croire qu'il est fier de moi, que ça le pardonnera de son absence et de son manque d'intérêt envers sa famille ! »
Yugi prit plusieurs respirations afin de se calmer.
- Bon, je vais descendre, grand-père m'attend pour l'aider pour débarrasser des cartons.
Une fois le contenu des colis rangé sur les étalages de l'arrière-boutique, Yugi remarqua en regardant sa montre, qu'il était l'heure pour lui d'aller chercher sa commande.
- Grand-père, j'ai besoin de prendre un peu l'air. Je ne serai pas long.
- D'accord. Au fait ta mère à appeler tout à l'heure, elle est bien arrivée et elle t'embrasse très fort.
- Tant mieux, si elle a fait bon voyage. À plus tard grand-père.
Cela tombait très bien que Yugi sorte, comme ça Salomon n'avait pas à trouver un quelconque prétexte pour inciter son petit-fils à quitter le magasin. Il s'empressa de saisir le téléphone et composa le numéro de son correspondant.
- Yugi est sorti. C'est le moment.
Avant de se rendre à la bijouterie, Yugi devait faire en sorte que le Pharaon le laisse seul suffisamment longtemps. Pour qu'il puisse récupérer le cadeau de son ami, sans que celui-ci ne se doute de quoi que ce soit.
- Yami ? Est-ce que tu peux me laisser seul un moment ? J'ai besoin de reprendre un peu mes esprits.
- Je comprends. Prends le temps qu'il te faut.
Yugi sentis que sa connexion psychique avec le pharaon s'était interrompu. Il était seul désormais. Ce n'était pas complètement un mensonge, il avait effectivement besoin d'un peu de calme pour se remettre de ses émotions fortes qui l'avaient submergé plus tôt.
Il se dirigea vers la bijouterie avec excitation, le cœur battant à toute allure. Lorsqu'il entra dans la boutique, seul un grand homme en costume noir se tenait derrière le comptoir :
« Bonjour, je viens récupérer une commande au nom de Yugi Muto s'il vous plaît.
- Tiens, monsieur Muto ! Vous tombez bien. Je viens justement de terminer. » Becky sortait de l'atelier, muni d'une belle boite en velours de couleur noir.
- Vous voulez le voir ?
- Bien sûr !
La jeune femme sorti le bijou de son coffret et le plaça entre les mains de Yugi qui l'observait sous toute les coutures.
- Il est parfait ! Exactement comme je l'imaginais.
- J'ai rajouté une petite inscription. J'ai été touché par votre histoire, j'ai voulu accentuer la symbolique de votre cadeau.
Yugi reposa le bijou dans son écrin, avec enthousiasme, il était sûr que ce cadeau plairait à son « autre moi ». Becky ajouta la touche finale en mettant un petit ruban blanc autour du coffret à bijou. Une foi qu'il eut payée, Yugi glissa l'écrin dans la poche de sa veste, et rentra chez lui en remerciant chaleureusement Becky.
Lorsque Yugi arriva au magasin de jouets, il ne trouva personne. « Il doit surement être à l'étage. » pensa-t-il. Arrivé dans l'appartement, le jeune homme se dirigea vers le salon où il découvrit une grande table dressée de plusieurs couverts.
Voilà pour ce chapitre 4. Comme vous avez pu le voir, notre Yugi a eut le cœur bien meurtri par le passé.
Petite précision sur la composition du bouquet:
Dans le langages des fleurs, l'Amaryllis représente la fierté, les pâquerettes, la jeunesse. les roses rose, symbolise la joie, la tendresse, le bonheur et les mauves, elles déclarent une affection pure et douce.
chapitre 5 en cours d'écriture, la suite très vite promis ;)
