Et donc voilà le chapitre 3.

Enfin la confrontation entre Smaug et Andùnë. Comment va-t-elle se passer? Vous aurez aussi droit à plus amples détails sur le passé d'Andùnë.

Bonne lecture!^^


Chapitre 3 : La confrontation

-Ne fais jamais confiance aux mâles, ma fille.

Andùnë arrêta de mâchonner le sabot du cerf ayant été leur dernier repas et leva un regard surpris vers sa mère. La grande bête était allongée de toute sa longueur sur un rocher en hauteur et sa tête immense trônait juste au-dessus de la jeune dragonne qui, oubliant les paroles de sa mère, se mit à essayer de toucher le museau en sautant de toutes ses forces.

-As-tu compris, Andùnë ?, s'enquit sa mère en la retenant délicatement au sol avec sa queue. Ne fais jamais confiance aux mâles.

-Mais, Mère, tu fais confiance à Père, remarqua la petite dragonne qui s'attaquait maintenant au bout de la queue de sa mère qui la laissa faire, sachant que ses crocs n'étaient pas encore assez solides pour l'entailler.

-Ton père n'est pas tous les mâles, répondit-elle en émettant un son de contentement, C'est mon compagnon. A ton compagnon tu pourras faire confiance.

-C'est quoi la différence ?, s'enquit la petite dragonne sans arrêter ses attaques sur la queue de sa mère. La dragonne haussa une arcade sourcilière avant de rire légèrement. Il faudrait encore longtemps avant qu'Andûnë ne devienne une adulte. Peut-être était-ce encore trop tôt pour lui indiquer à qui elle devait faire confiance ou non et pourquoi. Mais aurait-elle l'occasion de lui faire cette leçon plus tard ? Les Nains se faisaient plus hargneux ces derniers temps, à cause de ces fous qui leur volaient leurs trésors. Elle avait déjà perdu le reste de sa couvée. Il ne lui restait qu'Andùnë. Et à chaque fois que son compagnon partait en chasse, elle avait peur qu'il n'en revienne jamais. Alors, comment pourrait-elle aller chasser et garder Andùnë en sécurité tout à la fois ? Elle craignait une telle éventualité.

Elle ne se pardonnerait jamais la mort d'Andùnë.

-Mère !, cria soudain sa fille en se tortillant pour échapper à l'emprise de sa queue. Mère ! Lâche-moi !

En souriant, la dragonne lâcha Andùnë qui repartit de suite s'attaquer au pauvre sabot qu'elle lui avait donné pour se faire les crocs. Elle avait déjà oublié sa question. Cela montrait combien tout cela lui passait au-dessus de la tête.

-Andùnë, insista toutefois la dragonne, Ecoute-moi.

Le ton sérieux arrêta Andùnë dans ses mâchonnements et elle se redressa, rivant un regard intrigué sur sa mère. Sachant qu'elle avait enfin son attention, la dragonne répéta une nouvelle fois :

-Ne fais jamais confiance aux mâles.

-Tu me l'as déjà dit deux fois !, pleurnicha Andùnë en faisant mine de repartir vers son sabot mais un claquement sec de la queue de sa mère sur le sol la figea. La matriarche semblait très sérieuse et la petite dragonne comprit que la leçon était plus importante qu'elle ne l'avait d'abord pensé.

-Tu ne comprends donc pas ?, dit sa mère d'un ton irrité. Ce n'est pas comme si je te disais de faire attention aux ours et aux loups en attendant que tu deviennes une adulte capable de se défendre. Tu devras toujours te méfier des mâles. Même quand tu auras ton feu et tes ailes ainsi que l'expérience qu'apportent l'âge et l'errance.

-Pourquoi ?

La question avait fusé, arrachant un petit sourire à la dragonne. Andùnë pensait les dragons adultes imbattables et il lui était toujours une grande surprise d'apprendre que cela n'était pas le cas.

-Les mâles veulent tout dominer, tout avoir pour eux. Ils ne supportent pas que les autres empiètent leur territoire ou s'approchent de leurs biens- ou ce qu'ils pensent être leurs biens. Comme tu es une femelle, ils se feront d'abord mielleux et gentils mais s'ils se convainquent que tu es un danger alors ils t'attaqueront sans prévenir. Voilà pourquoi tu ne dois jamais leur faire confiance.

-C'est comme avec les deux-pattes ?, demanda la petite dragonne en escaladant le rocher pour s'approcher de sa mère. Elle s'installa dans ses pattes avant et eut un grand bâillement. Entre le jeu et la leçon, elle était maintenant bien fatiguée. Elle avait bien envie de faire un petit somme.

-Presque, lui répondit sa mère. Les deux-pattes sont tout aussi dangereux mais plus faciles à voir venir. Maintenant dors, Andùnë.

Andùnë hocha la tête tout en baillant une seconde fois. Puis elle posa la tête sur les pattes de sa mère et s'endormit bien vite sous le regard maternel de la grande dragonne qui murmura en caressant sa tête de son museau :

-N'oublie jamais cela, Andùnë.


Andùnë n'avait pas oublié cette mise en garde. Et en cet instant, moins que jamais. Pas quand l'œil géant de Smaug la fixait avec un mélange de curiosité, de surprise et de ruse malicieuse. Le grand dragon n'avait pas encore compris ce qu'il se passait. Avant de le laisser réagir, Andùnë incanta en vitesse et se retransforma en dragonne tout en reculant dans un coin de la pièce, ses griffes grisant sur les pièces d'or lui renvoyant un délectable son.

Puis la tempête se déchaîna. Il eut un éclair doré, vif et rapide, comme mû par la corde puissante d'un arc. Les pièces d'or roulèrent dans un bruit de métal tandis que Smaug fonçait sur elle et elle n'eut pas le temps de réagir que déjà ses crocs fondaient sur elle.

Andùnë glapit. Smaug avait attaqué sans prévenir d'aucune façon. Grimaçant de douleur, elle se força à continuer à arrêter sa mâchoire de ses pattes avant. Il avait bien plus de force qu'elle ne le pensait ! Grognant sous l'effort, elle le fit reculer et, avançant sa tête de la sienne, lui rugit dans les oreilles. Smaug poussa un gémissement et s'écarta en secouant la tête pour faire partir le bourdonnement détestable qu'elle venait de créer par son action.

-Imbécile de mâle !, hurla la dragonne en se redressant de toute sa hauteur, ses épines crâniennes frottant sur la roche du plafond. Ne reconnais-tu pas l'un des tiens à l'odeur ? Et la décence ne t'ordonne-t-elle pas de ne pas attaquer une femelle sans raison ?

Un ricanement lui répondit.

Grave. Profond. Malfaisant.

Smaug s'était aussi redressé et toutes les parties de son corps cognaient contre les parois de la salle. La salle en paraissait petite alors que son immensité se prêtait parfaitement au corps des deux dragons adultes. Andùnë déglutit. Il devait être au moins deux fois plus gros qu'elle.

Et bien mieux protégé.

Elle ne pouvait manquer de rater les pierres précieuses qui couraient le long de son ventre. Même cet endroit d'ordinaire faible était protégé par une cuirasse épaisse. Et pour cela, il avait dû dormir bien longtemps sur son lit doré.

-Tu m'avoueras, femelle, grinça-t-il, la ramenant au présent, qu'une grive se transformant en dragonne en plein milieu de ma chambre, sur mon trésor, est assez étrange pour me faire attaquer en me passant de la décence.

Andùnë tordit son museau sans répondre. Elle devait en effet avouer qu'il avait parfaitement raison. Smaug ricana à nouveau, comprenant aisément le cheminement de ses pensées. Puis son regard se fit plus intrigué et il s'approcha d'elle, la détaillant des pattes au museau et reniflant avec force son odeur. Enfin un éclair de reconnaissance passa dans son regard.

-Andùnë, murmura-t-il. La dragonne fit un mouvement de la tête, lui signifiant qu'il avait bien raison. Smaug se recula à nouveau dans son coin et s'assit comme il l'avait des siècles plus tôt.

Une attitude de paix.

« Tu ne m'auras pas cette fois », pensa Andùnë en n'abaissant que légèrement sa garde. « Je connais ta malveillance. »

-Et bien, je dois dire que je suis heureux de te revoir en vie, ma chère Andùnë, dit Smaug d'un ton mielleux comme s'ils étaient de vieux amis qui se retrouvaient. Tu étais assez mal en point la dernière fois que l'on s'est vu.

Andùnë grogna et ne retint qu'à grande peine de lui sauter à la gorge. Souffla avec force, elle se rappela la raison de sa venue. Elle était là pour négocier et non pour le tuer. Et elle doutait plus que jamais d'être capable de percer sa carapace.

C'était là une tâche sûrement impossible.

-La faute à qui si j'ai frôlé la mort, gronda-t-elle tout de même d'un ton peu amène. Smaug afficha un petit air désolé qui ne la trompa pas. Il n'était aucunement désolé.

-J'étais jeune, Andùnë, se défendit-il avec un ton doucereux, et aveuglé par le manque de métal. Regarde maintenant ! Quel dragon a eu une telle couche depuis les temps reculés où nous étions aussi nombreux que craints ?

-Il semblerait que tu sois encore plus aveuglé que dans ta jeunesse, rétorqua Andùnê avec un air méprisant.

-Que veux-tu dire ?, s'hérissa le mâle en redevant menaçant. Les deux dragons se relevèrent dans un même mouvement, les muscles tendus par la soudaine tension. Ne pouvant rester immobile, ils se mirent à se tourner autour, museaux contre queues, dans l'espace que leur permettait la salle.

-Regarde-toi, argua Andùnë, Avachi et gros entre quatre murs. Depuis combien de temps n'as-tu pas déployé tes ailes dans les cieux de notre monde ?

-Et toi, ma chère Andùnë, ronronna-t-il en retour, Tu es élancée et marquée de cicatrices. Depuis combien de temps n'as-tu pas mangé de métal à ta faim ? Ta cuirasse est faible et tes écailles manquent d'éclat.

Le grognement sonore d'Andùnë l'arrêta dans son sarcasme. Il allait peut-être trop loin en s'en prenant à son apparence physique. Elle était une dragonne après tout. Il n'allait pas la titiller sur ce point-là.

Enfin pas trop.

-Que fais-tu là ?, demanda-t-il plutôt en se rasseyant, décidé à refaire tomber la tension entre eux. Après un instant de méfiance, Andùnë fit de même.

-Je suis venue te voir.

Ce n'était pas vraiment un mensonge. Elle n'avait juste pas spécifié pourquoi elle venait le voir. Il valait mieux attendre encore un peu avant d'annoncer son désir de négocier son départ d'Erebor.

Sans son trésor.

-Vraiment ? J'en suis flatté.

La voix de Smaug était plus qu'antipathique. Elle dégoulinait de sarcasme et de miel. Un plat trop indigeste pour donner envie d'en déguster plus longtemps.

-Ton voyage a dû être long, reprit Smaug. A sa tête penchée sur le côté, Andùnë comprit qu'il gagnait du temps pour essayer de deviner ses arrière-pensées.

« Essaye toujours. »

-Assez long en effet : je viens du Harad, dit-elle en rentrant dans on jeu. Savais-tu à quel point est délicieuse la viande d'oliphant et délectable le vent chaud du désert ?

-Pas trop de sables dans les écailles ?

-Le sable est bon pour leur douceur.

Smaug éclata soudain de rire. Un rire gras qui résonna dans chaque recoin de l'ancienne cité des Nains et donna des frisons à Andùnë, tout en l'énervant. Que trouvait-il aussi drôle ?

-Ton sens de la repartie est toujours aussi excellent, ma chère Andùnë !, s'exclama-t-il quand il put reprendre son souffle. Tes réponses sont si rapides et si sensées. L'on ne trouve plus de dragonne comme toi ces temps-ci.

Cette remarque fit tomber les oreilles d'Andùnë le long de son cou. Oubliant où elle était, avec qui elle était, elle laissait son regard se teinter de sa profonde tristesse quant à cette affaire. Plus le temps passait sans qu'elle n'en trouve d'autres et plus l'hypothèse devenait une certitude.

Elle était la dernière dragonne de Terre du Milieu.

Un souffle chaud près de son museau la fit soudain sortir de ses pensées. Smaug s'était dangereusement approché, ne se tenant plus qu'à quelques pas devant elle, sa tête presque collée à la sienne. Grondant sourdement, Andùnë recula lentement et remit une certaine distance entre eux, s'attirant un sifflement amusé de la part du grand mâle.

-Il n'y a pas besoin d'être aussi méfiante à mon égard, Andùnë, lui dit-il en tendant une patte en un geste évident de paix. Mettons de côté cette vieille affaire et n'en parlons plus.

Andùnë regarda la patte avec l'envie de la mordre. Il n'y avait aucune chance que Smaug soit sincère dans ses paroles. Il voulait juste remettre leur relation sur un pied d'égalité, ne plus avoir ni dettes ni fautes envers elle. Mais finalement, la dragonne accepta et serra sa patte. Elle aurait besoin de toute sa coopération quand viendrait l'heure des négociations.

D'ailleurs, il était temps de poser la première pierre de ce délicat édifice.

-As-tu vu de nos semblables dans tes errances ?, s'enquit-elle, détendant son corps dans la même occasion pour montrer que la tension pouvait redescendre entre eux. Je n'en ai croisé aucun.

-Ce fut aussi mon cas, répondit Smaug d'un mince filet de voix. Les yeux d'Andùnë s'éclairèrent d'espoir mais elle cacha vite cet état d'âme. Les paroles de Smaug promettaient peut-être sa victoire. Toutefois ses paroles suivantes, pleines de fiel et de colère, lui rappelèrent qu'elle n'avait pas en face d'elle ce qu'on pouvait dire une bonne âme : Les Nains, ces horribles créatures insignifiantes, les ont massacrés alors que nous courions encore comme des bêtes, peureux devant leur fer. Quelle sublime vengeance que ma prise d'Erebor ! Et quel magnifique trésor pour payer toutes ses années à errer sans but, sans famille et la faim, qu'elle soit de chair ou de métal, au ventre ! Tu ne crois pas Andùnë ?

Elle n'eut pas besoin de lui répondre. Ses yeux parlaient pour elle. Remplis de pitié envers lui. Oui. Elle avait pitié de le voir ainsi dévoré par la haine, la jalousie et l'envie. Il était tombé dans les trois grands ennemis spirituels que les dragons doivent éviter. Sa mère l'avait bien mise en garde. Si les dragons étaient presque éteints, cela était à cause de tels sentiments. Mais cela, elle ne le dit pas à Smaug.

-Tu en fais une tête, remarqua-t-il. Il semblait asse outré d'être pris en pitié mais, contrairement à ce que l'on aurait pu s'attendre de sa part, il n'en prit pas ombrage. En tout cas pas assez pour s'en énerver. Le silence revint entre les deux dragons.

Ils étaient si dissemblables.


Le temps passait lentement et ils se regardaient toujours comme deux chiens de faïence, deux statues immobiles, énormes, dont le seul signe de vie était le souffle puissant qui soulevait leurs cages thoraciques. Andùnë était perdue dans ses pensées. Elle ressassait tous les malheurs de sa race mais aussi toutes ses causes car les dragons n'étaient pas sans être coupables de leur dépérissement. Smaug ne disait rien et elle aurait été bien en peine de deviner ce qu'il pouvait bien penser. Son visage abordait un masque indifférent qu'elle n'arrivait pas à percer.

Il lui était fermé.

-Que viens-tu faire là ?, dit-il soudain, sa voix caverneuse tranchant le silence, claire et nette. Il n'y avait plus aucune trace de sarcasme ou de propos mielleux. Il était sérieux et attendait une réponse.

-Je suis venue te parler, répondit Andùnë et son air crispé lui apprit qu'il n'était pas satisfait par ces mots. Avant qu'il ne s'énerve, la dragonne reprit de son ton le plus doux et convainquant :

-Je suis venue te chercher. Quitte avec moi cet endroit. Libère-toi de l'attrait de l'or et viens voler avec moi dans les cieux sans limite, libre de toute chaîne, fier roi qui a enfin déployé ses ailes. Oublie le sommeil. Oublie l'or et les diamants. Quitte cette vie sous la pierre.

La voix d'Andùnë se tarit. Elle était elle-même stupéfaite de ses propos. Venait-elle vraiment d'inviter le grand dragon à venir vivre avec elle ? Il lui fallut toute sa concentration pour cacher son trouble et ne pas gâcher sa plaidoirie par une exclamation contraire. Mais elle ne savait pas ce qui lui avait pris. Pourquoi donc avait-elle dit de telles choses ?! La pitié qu'elle avait ressentie pour Smaug avait-elle leurré son esprit ? Elle voulait tuer ce dragon ! Pas vivre avec lui.

Le mâle ne disait rien et son masque était plus impénétrable que jamais. Andùnë ne ressentait aucune animosité venant de lui mais sa méfiance n'en baissa pas pour autant. Ne te fis jamais aux mâles ! Ce vieil avertissement résonnait dans sa tête.

Smaug releva soudain la tête et plongea ses yeux dans les siens. L'or et le rouge s'y mêlaient en une symphonie sauvage. Si belle à regarder. Et aussi si dangereuse. Ils n'aidèrent en rien Andùnë à se faire une idée à ce qu'il se passait dans l'esprit de Smaug. Le grand mâle se leva et fit quelques pas vers elle avant de se figer en avisant son léger mouvement de recul. Andùnë était encore très méfiante envers lui.

-Tes mots résonnent en moi avec force, finit-il par dire et elle sentit l'espoir naître en elle pour mourir de suite : mais je ne peux pas quitter cet endroit. C'est mon trésor, acquis durement. Je ne le lâcherai pas.

-Mais tu l'as acquis d'une manière vile !, ne put s'empêcher de crier Andùnë, abattant violemment sa queue sur les pièces d'or. Cette situation la mettait vraiment mal à l'aise et elle ne pouvait plus rester calme. Son éclat fit grogner Smaug dont les yeux se firent nettement plus menaçants. Il gronda :

-En quoi tuer des Nains, eux-mêmes tueurs de dragons, serait-il vil ? Ils ont tué mes parents et sûrement aussi les tiens. Ose dire n'avoir aucune haine à leur encontre !

-J'en ai eue, reconnut la dragonne, mais plus maintenant. Je m'en suis libérée. Nulle haine n'a plus d'emprise sur moi. Ni aucun attrait d'or ! Tu l'as dit : ma carapace est faible. Oui ! Je manque de métal. Oui ! Je dors sur de la terre, de la pierre, du sable ou de la mousse. Oui ! Je suis errante et sans trésor. Mais, Smaug, je suis beaucoup plus libre que tu ne le seras jamais malgré tout l'or sur lequel tu reposes ! A quoi te sert une carapace comme la tienne si tu ne la testes pas sur les défenses d'un sanglier ou d'un oliphant ? Sur les crocs des loups et l'assaut du vent ? Es-tu seulement en attente d'un voleur ou d'un tueur venu mettre à terme à ta vie ? Alors tu riras de ses efforts pour percer ta cuirasse et tu le tueras ? Quelle liberté vois-tu dans tout cela ?!

Andùnë respirait avec force après sa tirade. Smaug ne l'avait pas une seule fois coupée et la regardait à présente d'un air étrange. Comme s'il venait de s'éveiller après un sommeil trop lourd mais ne comprenait pas la raison de ce réveil.

-Alors reste avec moi.

La dragonne en resta gueule bée. Elle ne s'attendait pas à cela. Smaug lui proposait de partager son trésor ? Elle ne l'aurait jamais cru.

-Pourquoi ?, demanda-t-elle et son étonnement était nettement perceptible dans sa voix. Smaug n'hésita pas dans sa réponse. Elle lui paraissait évidente :

-Si tu restes, je pourrais à nouveau aller chasser et voler pendant tu garderais le trésor. Et je pourrais ainsi avoir ces deux choses. Mon trésor et cette liberté dont tu parles avec tant de cœur.

Andùnë ferma douloureusement les yeux. Qu'avait-elle espéré de lui ? Ainsi, même dans cette proposition, il restait égoïste et ne pensait qu'à lui-même.

La dragonne sentit la colère monter en elle, lave incandescente qui menaçait de sortir d'un instant à l'autre, volcan prêt à entrer en éruption.

-Je pars, dit-elle avec tout le calme dont elle pouvait encore faire preuve. A toi de voir si tu me suis ou reste, seul, ici.

Il grogna et ne donna pas de réponse. Ils se dévisagèrent en silence. La colère grondait, tonnerre qui était les prémices d'éclairs foudroyants et mortels. L'harmonie qu'il y avait eu entre eux s'était rompue. Un voile noir recouvrait maintenant leurs relations.

Dans un feulement de rage, Smaug fondit sur elle et plaqua sa tête dans les pièces d'or. Andùnë se débattit un instant mais la poigne de Smaug pouvait lui briser la colonne vertébrale si elle bougeait trop et elle s'arrêta. Les pièces d'or l'étouffaient et elle fut bien obligée d'ouvrir la gueule pour respirer, en happant quelques-unes au passage. Et loin d'être la source d'un bonheur infini comme elle l'avait toujours connu, elles lui brûlèrent la langue et le palais.

-Aucun attrait de l'or ?, rugit Smaug au-dessus d'elle. Que de balivernes ! Tu es une dragonne, Andùnë, et tu ne peux nier cet attrait. Quelle arrogance est la tienne ! Tu viens dans ma demeure, te faufilant comme une voleuse, et, bien que je te laisse la vie sauve, tu me nargues avec tes discours de liberté et de vols dans les cieux pour finir par rejeter sans même y réfléchir la proposition de rester, partageant de ce fait mon trésor !

Andùnë avait peur. Smaug pouvait la tuer sur un coup de tête avec la prise qu'il avait sur elle. Mais son instinct de survie était plus fort que tout autre sentiment. Elle vit une ouverture dans la garde de Smaug et agit en conséquence.

Sa queue, précise et cinglante, vint fouetter l'un de ses yeux si fort qu'il en recula dans un grondement de douleur. Aussitôt, elle fut debout et vint fracasser sa tête contre son poitrail, le repoussant jusqu'à ce qu'il frappe avec force l'un des piliers de la salle. Le craquement retentit dans tout Erebor et ils entendirent tous deux les oiseaux s'envoler avec terreur.

Il n'y avait plus rien de sensé ou de civilisé dans leurs yeux rougeoyants de colère et d'envie de tuer. Ils se jetèrent l'un sur l'autre avec rage. Andùnë avait oublié Gandalf et sa mission. Elle ne voyait que Smaug derrière un voile rouge. Plus précisément, sa jugulaire.

Rapide et précise, elle fondit sur lui et referma ses mâchoires sur l'endroit mortel. Son esprit se réjouissait des prochaines minutes à venir, du sang qui allait bientôt couler dans sa gorge, teintant ses crocs d'un rouge vermeil, et du râle d'agonie que pousserait son ennemi avant de s'effondrer sans vie.

Mais rien de tout cela ne se passa.

Ses crocs ne perforèrent pas la jugulaire. Le sang ne coula pas à flot. Smaug ne poussa pas de râle. Au contraire, il se mit à rire des efforts désespérés de la dragonne pour mordre ses écailles, pour les percer sous sa poigne puissante. Il eut bien un craquement sonore. Figée, Andùnë vit l'un de ses crocs tomber au sol, brisé à la moitié et craquelé sur toute sa longueur.

Smaug profita de son inattention pour l'empoigner par la nuque, la soulevant comme un fétu de paille. Elle couina, autant de peur que de douleur, la vue trouble, les pattes soudainement sans appui. Elle sentait les crocs de son ennemi déchirer sans problème ses écailles, maigre protection contre eux, et l'odeur de son sang ne tarda pas à remplir ses narines. Son couinement se changea en feulement et elle se débattit de toutes ses forces. Sa queue et ses ailes vinrent frapper la tête de Smaug mais rien ne lui faisait lâcher prise. Andùnë se sentait tomber de plus en plus dans l'inconscience. Son souffle se faisait de plus en plus haché et elle ne voyait de la scène plus qu'une masse rouge dorée et l'or étincelant du trésor.

Au moment où elle allait sombrer, pensant mourir, la prise se desserra et elle tomba avec fracas dans les pièces d'or. Elle inspira un bon coup et il lui fallut plusieurs secondes pour pouvoir poser un regard clair sur Smaug. Sa gueule dégoulinait de sang et ses yeux étaient encore remplis de meurtre. Elle ne savait pas la raison qui l'avait poussé à l'épargner et elle ne la chercha pas. Elle se transforma en vitesse en chauve-souris, sa forme animale qu'elle maîtrisait le plus, et s'enfuit à tire d'ailes.

Elle ne sut ni comment elle en vint à sortir de la montagne ni pourquoi Smaug ne dit et ne tenta rien pour l'arrêter. Elle poursuivit sa fuite sans même songer à ralentir. Elle n'avait jamais eu aussi peur. Ce n'était pas la première fois qu'elle frôlait la mort mais elle n'avait jamais été aussi impuissante.

Et c'était cela qui la terrifiait.

Elle passa les marais et Dale sans s'en rendre compte et arriva à Esgaroth sans même le remarquer. Toujours sous sa forme animale, elle fondit dans l'abri de Glaer et seule la paille vint arrêter sa chute. Dans les ombres brumeuses qui envahissaient son esprit, Andùnë eut le temps de remarquer que son cheval, qui s'était d'abord affolé de son entrée fracassante, tendait maintenant son museau vers sa forme prostrée, comme pour s'assurer qu'elle allait bien.

Elle leva un bras vers lui pour le rassurer.

Un bras ?

Elle se serait donc transformée en humanoïde ? Bien. Elle ne voulait pas rester coincer sous une forme animale autre que l'originale. Sa dernière pensée fut de remercier son instinct de survie. C'était bien lui qui l'avait sauvée.

Puis elle fut happée par l'inconscience.


Au cœur d'Erebor, Smaug laissait retomber sa colère en souffles puissants. Son esprit mit quelques temps à comprendre qu'Andùnë n'était plus là. Il la chercha des yeux mais son flair lui disait déjà que sa présence n'était plus que fragrances. Puis il le sentit. Le sang.

Son sang.

-Que s'est-il passé ?, gronda le grand dragon. Sa mémoire était trouble sur les dernières minutes. Il discutait avec Andùnë puis tout n'était qu'ombres rouges et ensuite Andùnë avait disparue. La compréhension ne tarda pas à se faire jour. Il l'avait attaquée. Ils s'étaient battus. Il l'avait blessée.

-Et elle s'est enfuie.

Pendant un instant, Smaug ressentit l'envie de sortir et d'aller à sa recherche. Mais pour quoi faire ? Finir ce combat et la tuer ? Ou au contraire quémander pardon et reprendre la discussion là où ils l'avaient laissée ? Le grand dragon n'en avait aucune idée et cela l'énervait.

Il entreprit de remettre de l'ordre dans son trésor et, machinalement, il en vint à le recompter et à vérifier que rien ne manquait. Au fond, qu'importe qu'Andùnë soit partie. Il n'avait qu'à se dire qu'elle n'était jamais venue et reprendre le cours normal de sa vie. Cette vie lui plaisait : dormir et compter encore et encore ses pièces d'or, ses pierres précieuses, ses objets garnis. Il n'avait pas besoin de tout ce qu'elle avait parlé.

Même s'il ressentait une petite pointe de déception.

Grognant contre lui-même, Smaug se recoucha sur son trésor. Il allait se rendormir quand il l'avisa soudain. Blanc et rouge. Un croc brisé et craquelé. Le prenant dans sa patte, il le leva jusque devant ses yeux. Sa langue râpeuse passa sur sa dentition. Il ne lui manquait aucune dent. Donc ce croc était à elle.

-Aurais-tu essayé de briser ma cuirasse ?, questionna-t-il à voix haute. Mais il n'y avait personne pour lui répondre. Juste un croc brisé pour témoigner qu'il avait raison. Il se rappelait qu'elle l'avait empoigné à la jugulaire. Il y passa une patte et ne trouva rien. Elle n'avait même réussie à y laisser une seule marque. Smaug sentit un sentiment de fierté l'étreindre. Si les crocs d'un dragon ne pouvait la perforer, rien ni personne ne pourrait percer sa cuirasse.

Il était invincible.

Il y avait toutefois ce léger sentiment de déception qui était encore là. Comme s'il avait raté quelque chose. Il ne voyait pas quoi. Il était le dragon possédant la plus belle des carapaces et le plus grand des trésors. Tous le craignaient, Hommes, bêtes, Elfes ou Nains. Il ne lui manquait rien.

Toutefois il regrettait de ne plus voir ses écailles rouges dans son champ de vision ni d'entendre sa voix parfois mélodieuse, parfois sèche et acérée. Il en venait à espérer une nouvelle conversation avec la dragonne. Elle savait lui répondre et ne se démontait pas. Converser avec elle était toujours amusant.

Mais il l'avait fait fuir.

Encore une fois, Smaug fut pris par l'envie de sortir la chercher. Il se leva. Ses ailes s'ouvrirent et ses naseaux frémirent. Alors l'éclat doré de son trésor vint éclairer ses yeux et rappela à son esprit sa présence. Il ne pouvait le laisser sans protection. S'il partait, qui lui disait qu'un voleur ne vienne pas s'en emparer ? Il lui était insupportable que de seulement imaginer perdre une seule des pièces.

Le grand dragon rabattit ses ailes et fit deux fois le tour du tas d'or avant de s'y laisser choir. Il n'allait pas sortir finalement. Il devait oublier les propos d'Andùnë. Ils ne valaient rien contre son trésor. Avec un grondement de contentement, Smaug ferma ses yeux rougeoyants et le sommeil le reprit. Il se surprit à rêver de vol sans arrêt, d'un ciel sans frontière, et d'une chasse qui n'en finissait pas.

Et il y avait toujours un éclat rouge à ses côtés.

Mais il n'y prit pas garde et les autres rêves qu'il fit, plein de trésors et de Nains dévorés, le rassurèrent dans sa monotonie. Tout allait bien. Il avait son trésor et le garderait pour l'éternité.

Et gare à ceux qui voudraient s'en emparer.


Andùnë ne savait pas si elle rêvait ou si elle délirait. Sa blessure à la nuque était grave. Peut-être trop pour qu'elle survive sous une forme humanoïde. Mais elle était bien trop faible pour se forcer à se réveiller et encore moins pour se retransformer.

L'esprit de la dragonne reporta son attention sur les landes grises qui s'échappaient à perte de vue. Etait-elle aux portes de la mort ? Ses rêves lui paraissaient d'habitude bien plus réels. Et elle avait un contrôle dessus. Là, elle était ballotée par les évènements. Enfin, autant qu'elle pouvait l'être sans corps. Elle n'était actuellement d'un esprit.

Elle aurait été incapable de dire combien de temps elle resta immobile à regarder l'horizon. Mais elle savait très bien pourquoi elle s'était mise à bouger alors que rien ne semblait changé. Elle sentait qu'on l'appelait, quelque part plus loin, et elle ne pouvait résister à cet appel.

Elle marcha, flotta ou vola- elle n'en savait rien en vérité- pendant un temps indéterminé jusqu'à arriver devant une sorte de fleuve déchaîné. Elle voulut le survoler mais se retrouva bien en peine de le faire. Elle était comme ancrée sur le sol gris des landes.

« Quel est cet endroit ? », se demanda-t-elle. Cet endroit ne lui disait vraiment rien. Andùnë tendit son esprit vers le fleuve et tenta de le toucher. Un frisson la parcourut. Dès qu'elle l'avait effleurée, l'onde grise avait essayé de l'entraîner dans ses flots.

« N'y touche pas, ma fille, à moins que tu ne veuilles vraiment mourir. »

Andùnë releva vivement la tête. Elle avait du mal à penser ou même à rester compact. Son choc était rude et se voyait aisément. Là, devant elle, de l'autre côté du fleuve, se tenait sa mère. Sa mère sensée être morte.

« Alors je suis vraiment aux portes de la mort ? »

« De la façon dont tu les conçois, oui. Si tu franchis ce fleuve, tu commenceras ton vrai voyage dans la mort ».

Andùnë avait du mal à comprendre. Rêvait-elle ou non ? Etait-elle encore dans son esprit ou son âme avait-elle déjà quittée son corps ? Sa mère, s'apercevant de son trouble, sourit doucement.

« Tu rêves, Andùnë, mais ton âme est si prête de partir. »

« Je ne peux pas mourir. Je dois dire à Gandalf le résultat de ma quête et lui rembourser son prêt. »

« Oui. Un dragon digne de ce nom tient ses promesses. »

Sa mère commença alors à s'éloigner. Andùnë paniqua et l'appela. Elle ne voulait pas la perdre une nouvelle fois. Mais elle perdit soudain son ancrage et son esprit fut attiré loin en arrière, loin du fleuve, loin de sa mère.

« Continue de suivre ta voie, ma fille. »

Ces paroles vinrent lui mettre un baume au cœur. Mais sa tristesse était toujours là. Elle aurait tellement voulu lui parler plus longuement ! De ses rêves, de ses peurs, de ses espoirs. Sa mère savait tout. Andùnë poussa un gémissement lugubre.

Elle se sentait si seule !

Toute à ses pleurs, la dragonne ne remarqua pas que le paysage avait changé. Eloigné des portes de la mort, son esprit se mit à arpenter le monde des rêves qui peut tout aussi bien être rempli de cauchemars. Sans qu'elle ne s'en rendre compte, elle se retrouva dans une petite vallée entourée de collines et de hautes montagnes.

La terre des dragons.

Andùnë avisa soudain une petite dragonne qui galopait vers elle. Elle la reconnu dans l'instant. C'était elle. Du moins, elle quand elle était enfant.

Elle entendit le bruit assourdissant en même temps que la petite et ne put retenir un glapissement d'effroi. Elle savait ce qui allait suivre.

Une grande forme ailée se posa aux côtés de la petite dragonne terrifiée. La bête adulte était d'un doré saisissant. Pas un rouge doré comme Smaug mais de cet or que les dragons raffolent tant. Un véritable doré.

« Andùnë ! Cours à la caverne. Dis à ta mère que vous devez fuir. » Cria le mâle à son petit double. Andùnë répéta avec elle la question qu'elle avait alors posée à son père. « Pourquoi ? Pourquoi devons-nous fuir ? ». Elle revécut avec elle son saisissement quand un carreau d'arbalète s'était soudain fiché dans l'arrière du cou de son père. Et son hurlement rempli de douleur qui avait résonné dans la vallée.

« Fuis ! » Hurla-t-il avant de se jeter en avant, fondant sur les petits humanoïdes barbus qui venaient d'arriver au détour d'une colline. Andùnë se rappela sa terreur. Elle était partie au quart de court, regardant son père se battre contre les deux-pattes, ses écailles dorées devenant rouge de sang, les flèches et les carreaux sifflant autour de lui, un bruit mat se faisant entendre quand ils atteignaient leur cible. Puis elle ne vit plus rien mais entendit. Ses hurlements de colère et de souffrance. Les cris de victoire des deux-pattes. Et enfin, le son d'un rocher qui s'écrasait et un ultime râle.

La petite Andùnë s'était figée. Malgré son jeune esprit, elle comprenait ce qu'il venait de se passer. Son père était mort. Alors elle avait voulu s'élancer dans la vallée pour…quoi ? Le sauver ? Tuer les deux-pattes ? Elle n'en savait rien et n'en savait toujours rien. Mais sa mère était arrivée et l'avait arrêtée.

« Non ! Andùnë ! Tu dois fuir. Et survivre. »

Elle lui avait ensuite donné une des petites sacoches qu'elle aimait confectionner. Il y avait dedans leurs dix dernières pièces d'or et des morceaux de métal. Tout ce qu'il restait de leur trésor.

« Cache-toi. Survit. Ne te montre pas aux deux-pattes ! »

Puis la dragonne l'avait poussée en avant et elle avait détalé. Un dernier regard en arrière lui avait permis de voir sa mère se dresser devant les deux-pattes. Son rugissement de défi avait autant résonné dans les montagnes que dans sa tête. Ravalant ses larmes, la petite dragonne s'était enfuie.

Et le dernier cri de sa mère hantait encore parfois son esprit.


-Mère !

Andùnë voulut se redresser mais la douleur dans sa nuque la rappela à l'ordre. Soufflant avec difficulté, elle rassembla les forces éparses qui lui restaient et entreprit de modifier son squelette. Mais elle ne put que faire apparaître ses écailles avant que l'effort ne la laisse pantelante de douleur.

Certaines des paroles de Smaug lui avaient rappelé ces évènements qu'elle aurait bien voulu oublier. Oui. Les Nains avaient tué ses parents. Oui. Elle les avait haïs férocement. Mais ensuite, elle avait rencontré Gandalf et les sages paroles du magicien l'avaient détournée de ce chemin de vengeance et de mort. Andùnë ferma les yeux et chassa ces images et la haine qu'elles lui inspiraient encore quand elles étaient trop vivaces.

Elle entreprit d'analyser son environnement. Etrangement, elle se sentait au chaud malgré la nudité de son corps, ses vêtements étant restés à Dale. Tournant légèrement la tête, elle vit le poil gris de Glaer. Le cheval s'était couché contre elle et lui transférait sa chaleur corporelle. Elle lui tapota l'encolure pour le remercier. L'étalon effleura son visage du bout de son museau, lui arrachant un petit rire étranglé quand il la chatouilla avec les poils de son menton.

-Brave Glaer, souffla-t-elle en caressant sa tête. Elle n'aurait jamais cru pouvoir s'attacher autant à un animal. Elle ne le revendrait pas. Il allait falloir trouver un autre moyen de rembourser Gandalf. En parlant du magicien, elle aurait bien aimé qu'il soit là. Ses blessures avaient besoin d'un apport de métal pour guérir et elle avait utilisé la totalité de la moitié de la récompense.

-J'ai échoué.

Elle venait de s'en rappeler. Gandalf serait sûrement déçu par cet échec. « J'ai fait tout ce que je pouvais faire. » Andùnë ferma les yeux et se recoucha dans la paille contre Glaer. Elle était arrivée en fin de journée et il restait quelques temps avec l'aube. Elle pouvait encore se reposer un peu. Mais elle devrait partir avant que les palefreniers viennent et se rendent compte de sa présence.

Le sang continuait de couler. Si elle n'avait pas été une dragonne, Smaug lui aurait brisé le cou ou elle serait déjà morte des suites de la blessure. Mais là, elle commençait déjà à cicatriser même si elle ne pouvait pas la lécher pour le moment et ainsi l'aider dans cette action. Frissonnant de froid, Andùnë se colla contre le corps chaud de Glaer et le cheval posa sa tête sur elle.

Elle ne tarda pas à se rendormir.


Vous en pensez quoi?

Il devrait rester entre un et deux chapitres pour la première partie. Puisque je pense de plus en plus à continuer l'histoire en me basant sur la quête de Thorïn&Cie. Mais cette seconde partie se fera plus tard car j'ai vraiment envie d'écrire une fic sur Thranduil et l'Ombre de Dol Guldur qui s'empare d'Eryn Galen, transformant le royaume en Mirkwook. Je peux gérer trois fics à la fois mais pas quatre. Sachant que j'en ai déjà deux dans le fandom Lord of the rings, si je veux la faire, il me faut mettre celle-là en pause. A moins qu'une brusque poussée d'inspiration me fasse écrire celle-ci et pas les autres. x) Je verrais quand ça sera le moment.