Hello mina ! Joyeuses Fêtes à tous !
Qui suis-je ?
Noir
Une étendue de noir s'étendait autour de lui. Il ne savait rien, pas même son propre nom …
In o iwa ni…
Michibiku tame ni komori-uta…
Umi wa shinsende to haru ga utau…
Utau…
Une mélodie douce familière résonnait dans sa tête, dans son cœur…
Kodomo-tachi no yume wa yoru no sora ni ginsei ga…
Watashitachi no sikatsu wa, moesakaru ro kara umarete iru…
Moeru, natsu no dansu…
Dansu…
Brillant, comme une ancre, un lien, la mélodie le réveillait progressivement…
Ai to nikushimi wa onaji shinjitsudearu…
A kesshite mizu ga nagareru to nagarete…
Yuragi, aki no kagayaki…
Kagayaki…
Lentement tout lui revenait…
Umi to yoru wa shizuka ni watashitachi o yobidashite…
Yuki ga yukkuri to itami to kare na hakui no munen o iyasu…
Sora ga ïdesu to fuyu yume…
Yume…
« Dis jiji, pourquoi j'ai pas de parents ? »
« Si Roger avait un fils ? Ce démon ne devrait même pas naître ! Plutôt me pendre que de laisser cette engeance vivre ! »
« Roger, hein ? C'était un monstre gosse. Un pirate qui a volé des centaines de personnes et en a massacré des milliers d'autres. »
Un jeune garçon brun courait, les larmes coulant le long de ses joues. Les branches d'arbres giflaient sa peau, chaque écorchure qui apparaissait sur celle si le faisait redoubler d'effort pour rentrer chez lui, se concentrant sur la douleur physique pour oublier celle de son cœur d'enfant de six ans qui hurlait à l'agonie, les mots et les phrases des adultes et des enfants de Goa tournant en boucle dans son crâne.
Le jeune garçon pénétra dans la maison de bois qui lui servait de logis, passant outre la présence de ses « gardiens », et allant directement s'enfermer dans sa chambre.
Pourquoi ? Pourquoi on me hait ? Je n'ai rien fait ! grogna-t-il tout bas, un nœud dans la gorge. Il se laissa glisser le long du mur, mis sa tête entre ses bras, recroquevillé sur lui-même. Ça faisait un an, un an qu'il avait appris qui était ses parents, un an qu'il haïssait de plus en plus son géniteur et le reste du monde dont lui-même, un an qu'il chérissait et admirait sa mère pour avoir donnée sa vie pour la sienne, un an que le même schéma se répétait, un an depuis la première fois qu'il avait posé cette putain de question :
Et si Gold Roger avait un enfant ?
Et toujours les mêmes réponses, les mêmes mots blessant et les mêmes condamnations. Il daigna enfin à relever la tête, posant son regard d'orage et d'acier sur « sa chambre », un matelas à même le sol dans un coin, un bureau couvert de briques et de brocs dans un autre. Un éclat argenté attira son regard, son couteau de chasse reposait là sur le sol, l'attirant comme le feu attire les papillons, la lame courbe était froide, comme son cœur, froide à vous en brûler la peau. Il n'avait plus conscience de rien, si ce n'est de la brûlure froide qui remontant le long du nerf de son bras, engourdissant ses sens, et du liquide écarlate qui glissait lentement le long du tranchant d'acier, le plongeant dans une transe ou n'avait plus aucune prise sur lui-même, rien que cette couleur rouge qui emplissait sa vision et ses pensées, rouge, rouge hibiscus…
Désolé Maman …
