Chapitre 4 :

« Susan, Susan tu m'entends ? »

Je t'entends. Qu'y a t-il ?

« Il faut que tu oublies, oublies tout, je te protégerais, tu le sais n'est-ce pas ? Tu me fais confiance ? »

Bien sûr.

Susan se retourna entre ses draps, mais ne s'éveilla pas.

Pourtant, plus rien ne la protégeait depuis longtemps, mais elle ne le savait pas, ou alors l'ignorait consciencieusement. Car la personne qui lui avait fait cette promesse n'était pas digne de confiance.

Mais cela, Susan ne voulait pas l'entendre, elle se mentait donc et continuait de croire qu'on la protégerait si elle refusait de se souvenir.

Mais ça ne marchait pas comme ça.

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-bien le bonjour, Seigneur Eustache, réveillez-vous je vous pris ! Fit la voix enthousiaste de Ripitchi, debout sur le lit du cousin des quatre Grands Rois et Reines de Narnia.

Eustache, pas du tout près à se réveiller, attrapa le poids sur son ventre et se retourna sur le côté, serrant comme une peluche la pauvre souris.

-non, Seigneur Eustache, ce n'est pas ce que je vous...

Un petit rire lui coupa la parole.

-mon roi, s'il vous plaît, tenta de se défendre le petit guerrier. Je ne voulais pas...

-ne t'inquiète pas, Ripitchi, Eustache est simplement dur à réveiller, répondit Edmund en s'asseyant sur son lit avec un sourire avant qu'il ne baille comme un dragon. Mordilles lui les pieds si tu veux avoir une chance d'y arriver.

-par Aslan je n'oserais pas ! S'offusqua le guerrier souris en se débattant des bras du jeune Scrubb.

Edmund s'étira longuement puis sortit les jambes des draps, frissonnant légèrement.

Il traversa le mètre qui séparait leurs lits avant de grimper sur celui de son cousin. Il se mit alors à le chatouiller, un grand sourire aux lèvres.

C'est ainsi que Peter les trouva, se roulant tous deux dans le lit, riant à gorge déployée, les mains de Edmund sous le tee-shirt d'Eustache qui se tortillait, les joues rouges.

-vous vous amusez bien, à ce que je vois, fit-il d'une voix glaciale.

Les deux s'arrêtèrent aussitôt, lui jetant un regard avant que son cousin ne pousse un soupire.

-et ça recommence.

Edmund se détacha du blond et croisa les bras sur sa poitrine pour regarder Peter d'un air sévère.

-qu'est-ce que tu as à nous reprocher, cette fois Peter ? De respirer, d'être réveiller, de faire du bruit ?

-peut-être de perdre votre dignité à quelque pas de ma chambre, Ed, tu ne crois pas que ce soit suffisant ?

Edmund leva un sourcil, toujours calme.

-notre dignité ? Se chatouiller nous fait perdre notre dignité maintenant ?

-tu sais que je ne parle pas de ça, s'énerva Peter. Je sais que vous nous le cachez, mais je vous ai entendu dans la rue, l'autre jour.

Aussitôt, les deux rougirent et se jetèrent des regards en coin.

-quoi, vous avez honte maintenant ? Fit Peter d'un air supérieur, bien qu'il se sente toujours aussi triste et blessé.

-alors c'est pour ça que tu étais en colère contre nous... Ripitchi, il est au courant, tu peux te montrer.

-hein ? Fut la seule chose que put dire Peter en écarquillant les yeux.

La souris qui avait combattu à ses côtés la dernière fois qu'il était allé à Narnia apparut soudain de sous le tee-shirt de pyjama d'Eustache, et lui fit un... heu... sourire de rongeur.

-Grand Roi ! C'est un honneur de vous voir dans votre pays d'origine !

Et là, Peter tombait complètement des nues : c'était surréaliste.

Alors... il se serait trompé depuis le début ?

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-Grand Roi Peter le Magnifique ! S'exclama plusieurs guerriers en levant leurs armes, l'acclamant avec joie.

Peter était soufflé. La journée entière s'était écoulée dans le brouillard tant il était choqué par les révélations qui lui avait été faite : Aslan était en train de mourir, des Narniens étaient envoyés sur Terre, mais surtout le fait que non, Ed ne couchait pas avec Eustache.

Il était à la fois soulagé et à la fois troublé par cette révélation, et évidemment il n'en avait fait part à personne.

Il avait sa fierté.

-peuple de Narnia, bienvenue dans ce monde.

Il se fit à nouveau acclamer, et il ne put s'empêcher de sourire : Narnia avait été le plus magnifique présent que lui avait fait la vie, ses plus beaux souvenirs venaient de là, et à présent Narnia était revenu à lui.

Il se sentait bien, puissant. Il se sentait roi. Il se sentait lui.

Il murmura un remerciement au plus magnifique des lions avant de fermer les yeux, un sourire étirant ses lèvres.

S'il avait ouvert les paupières, il aurait surpris le regard de son jeune frère, il aurait peut-être compris quelque chose... Mais il les garda closes et ne vit rien.

Quand il regarda à nouveau la foule qui attendait dans la forêt aux frontières de sa ville, Edmund était retourné aux côtés des quelques matelots du Passeur d'Aurore qui étaient apparus la veille tandis que Eustache discutait avec les premiers rois et reines de Narnia.

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La reine se délectait des paroles d'Eustache, de toute évidence, cela faisait beaucoup rire Edmund qui discutait de manière bien moins prise de tête avec les matelots du Passeur d'Aurore.

-mais ne savez-vous rien de Narnia actuellement ?

-hélas mon roi, nous sommes morts il y a trop longtemps. Mais voyez ce centaure, il nous a déclaré plus tôt qu'il était encore vivant lors de son transfert sur ce monde.

-merci, je vais aller le voir.

Edmund passa devant son grand frère sans lui adresser le moindre regard et rejoignit le centaure que lui avait désigné le matelot du Passeur d'Aurore, pressé de s'enquérir des nouvelles de Narnia, et peut-être en savoir plus sur la mort d'Aslan et la résurrection (encore) de la sorcière blanche.

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-il faut rentrer, déclara soudain Peter en regardant le ciel. Sinon le soleil va se coucher et on va faire peur à tout le monde.

Edmund hocha la tête, se rappelant trop bien la colère et l'inquiétude de sa mère quand ils avaient disparu, la première fois.

-Grand Roi Peter, Roi Edmund, vous ne pouvez pas partir sans escorte ! s'exclama soudain un guerrier humain en fronçant les sourcils. Et vous non plus, seigneur Eustache. Jusqu'à présent nous n'avons rien dit, mais si la sorcière blanche va arriver sur Terre, si ce n'est déjà fait, cela risque d'être très dangereux pour vous.

Les Pevensie s'échangèrent un regard mais ce fut Eustache qui prit la parole :

-n'est-ce pas plus prudent de nous confier un messager pour aller chercher du renfort si besoin ? Si Ed a une épée, il peut tenir plusieurs adversaires en respect pendant un moment.

-Peter aussi, confirma Edmund en hochant la tête. Confiez nous simplement une épée chacun et...

-et on la met où, l'épée ? Demanda sèchement Peter.

Refusant de sauter sur l'occasion pour s'énerver contre son frère, Edmund répondit calmement en regardant un groupe d'humain qui avait vécu après leur dernier passage sur Narnia :

-nous avons qu'à prendre ses épées plates que vous m'avez montré l'autre jour.

Cherchant confirmation chez les hommes concernés, il expliqua :

-avec une sangle suffisamment longue, on peut poser le fourreau dans le dos sans que ce ne soit ni trop visible, ni trop encombrant.

-c'est une bonne idée, consentit un des hommes pendant que deux autres allaient chercher les armes demandées. Si vous le désirez, nous vous montrerons les meilleures techniques pour dégainer dans le dos.

-avec plaisir.

Ils auraient l'air malin avec leurs armes coincées dans leurs fourreaux au moment crucial...

-et pour le messager ?

La réponse fusa des trois bouches avant même qu'ils ne se concertent :

-Ripitchi.


Et un chapitre de plus pour vos beaux yeux !

J'espère que cette histoire vous plait toujours, et qu'il y aura encore des gens pour la lire malgré le manque de ponctualité dont j'ai encore fais preuve...

Je suis impatiente de voir votre avis sur ce chapitre, et à bientôt pour la suite !

Yume la pitite chaussette blanche u_u