Disclaimer: ni les personnages de Harry Potter, ni l'histoire ne m'appartient.

Auteur: whitedwarf

Traductrice: Cassis Blake

Pairing: slash HP/LV


Demetri garda un visage impassible tandis qu'il contemplait de l'endroit quelque peu isolé où il venait d'apparaître à l'ombre des conifères, l'impressionnante propriété des Rookwood. Il faisait sombre et le bal avait débuté depuis plus d'une heure. Il savait qu'il n'aurait pas dû être en retard mais il avait voulu profiter de la compagnie de Hadrian le plus longtemps possible. En dépit des ténèbres qui nimbait la forêt environnante, rendant celle-ci quelque peu hostile, la lumière qui filtrait de la multitude de fenêtres étroites du bâtiment se reflétait sur la neige qui tapissait l'immense cour d'enceinte, fournissant plus de lumière qu'il n'en fallait pour qu'il se fraye un chemin jusqu'à la propriété sans encombre. Il pouvait entendre la rumeur des voix au travers de l'air glacé et il hâta le pas, n'appréciant pas de se sentir aussi exposé, tandis qu'il se dirigeait vers les larges portes d'entrées.

« P-puis-je prendre votre manteau Monsieur ? »

Au son de cette voix aigüe, Demetri baissa les yeux sur un elfe apeuré et il renifla d'un air dégouté il ne pourrait jamais comprendre la raison pour laquelle Hadrian traitait avec respect ces petites nuisances.

Sans dire mot, il jeta son coûteux pardessus en laine noire à la figure de la créature, indifférent au fait que celle-ci tanguait dangereusement sous le poids inattendu du manteau avant de s'en aller prestement.

Il pénétra dans la pièce où se tenaient tous les invités et scruta rapidement celle-ci du regard. Une centaine de sorciers et sorcières, tous richement vêtus, se mêlaient les uns aux autres et dansaient, certains étaient assis autour des tables pourvues par leurs hôtes et festoyaient tandis que d'autres parlaient à voix basses, leurs visages arborant une expression impénétrable, en faisant tourner l'alcool dans leurs verres de cristal.

Un spectacle des plus agréables.

Demetri sourit d'un air satisfait.

Il parvint facilement à localiser sa petite sœur parmi la foule et se traça un chemin jusqu'à elle avant de s'immobiliser en entendant le sujet de la conversation à laquelle elle prenait part.

« Alors aucun d'entre vous n'est jamais venu à Moscou auparavant ? » dit sa sœur de sa voix douce alors qu'elle interrogeait ses compagnons.

« Et bien, nous somme évidemment déjà venu en Russie, nous avons tous des propriétés familiales ici, mais nous n'avons jamais vraiment… interagi avec les autres. » Le garçon aux traits angulaires et aux pales cheveux blonds semblait parler pour l'ensemble des jeunes gens. Alors que sa magnifique sœur arquait les sourcils en signe de surprise et ouvrait la bouche pour les questionner plus encore, il s'insinua habilement dans la conversation.

« Bonsoir Marionnette. Je m'excuse pour mon arrivée tardive mais celle-ci était… inévitable. » Demetri s'exprimait d'une voix onctueuse mais ses mots étaient aisément discernables. Au son de sa voix, la menue jeune femme aux longs cheveux acajous se tourna vers lui avec ravissement, le gratifiant d'une étreinte rapide que toute ses bonnes manières de sang pur ne purent réprimer.

« Demetri, je commençais à penser que tu ne viendrais pas. » Son ton était taquin mais il pouvait facilement lire le soulagement dans ses yeux bleus sombre. Une injonction à comparaître telle que l'avait reçue leur famille ne pouvait être ignorée sans en subir de graves conséquences. Il se pencha pour déposer un baiser sur sa joue pâle en un signe affectueux de réconfort, faisant disparaître ses peurs, avant de se tourner à nouveau vers leurs compagnons qui affichaient des mines curieuses ou contrariés.

« Peut-être que des présentations s'imposent, » dit-il d'une voix assurée, sa posture laissant paraître sa grande confiance en lui. « Je suis Demetri Cartus, Héritier de la Noble famille des Cartus. Marionnette est ma sœur. »

Daphné Greengrass fut la première à retrouver sa voix et à reprendre contenance devant la rapidité à laquelle l'homme était passé du frère aimant à un individu froid et calculateur, ce qui les avaient tous stupéfiés.

« C'est un plaisir de faire votre connaissance Demetri, voici… » elle commença à désigner du bras quelqu'un à sa droite mais une voix coupante et un regard glacial l'interrompirent.

« …Je préférerais que vous vous adressiez à moi en m'appelant M. Cartus, s'il vous plaît. »

Daphné fut d'abord confuse devant cette brusque interruption avant de sentir mortifiée par l'humiliation. Elle avait oublié qu'à moins d'avoir eu la permission préalable d'user du prénom d'un autre, on n'était jamais autorisé à faire preuve d'une telle familiarité. Ses joues rougirent de honte devant son faux pas social mais elle parvint à reprendre suffisamment contenance pour offrir d'une voix ténue une excuse polie à son interlocuteur avant de poursuivre les introductions.

« … voici, en partant de la droite, Pansy Parkinson, Blaise Zabini, Theodore Nott, Draco Malfoy. Quand à moi, je suis Daphné Greengrass. »

Demetri se senti envahi d'un mélange de curiosité et de répugnance devant les noms qui lui était familiers. Hadrian n'avait fait que les mentionner en passant en soulignant leur incompétence mais ça avait suffit pour qu'il prenne la pleine mesure du profond dégoût qu'entretenait son ami pour ces gens. C'était suffisant pour confortée sa première impression peu favorable des cinq jeunes gens. Mais il n'avait encore jamais rencontré quelqu'un qui avait interagi avec la personnalité de façade de Hadrian auparavant…et c'était cela qui retenait son attention.

Ce n'était cependant pas le bon moment pour se laisser aller à satisfaire son intense curiosité. Il avait de bien plus pressantes préoccupations.

« Charmé, vraiment. » dit Demetri d'une voix traînante en observant avec amusement le bref froncement de sourcils irrité de la sorcière blonde. Posant la main contre le velours bleu qui recouvrait le dos de Marionnette, il l'enjoignit à s'éloigner du groupe, « J'espère que vous apprécierez Moscou. » Il leur adressa un sourire narquois « Cela devra constitué une expérience des plus enrichissante pour vous. » Sur ces mots, il se fondit dans la foule entraînant avec lui Marionnette, qui ne protesta pas, loin des adolescents inexpérimentés et quelque peu confus.

« Bordel ! Qu'est-ce qui vient de se passer ? » marmonna Blaise d'une voix farouche. Il n'avait pas du tout apprécié M. Cartus.

« Oh Blaise, n'en sois pas offensé. Je suis sûr que l'homme à des personnes à saluer et avec lesquelles il est tenu de converser… après tout, la famille Cartus n'est peut être pas aussi riche et politiquement influente que certaines autres mais ils sont bien connu pour engendrer des sorciers et sorcières très intelligents. Et puis, ils font également partie des plus grands fabricants de baguette au monde. » expliqua patiemment Theodore Nott, bien qu'il ait le sentiment que s'il y ait pu s'agir là de la vérité, l'homme avait aussi voulu échapper à leurs présences.

« Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. » dit doucement Daphné et les autres se tournèrent vers elle pour la gratifier de regards interrogateurs. « Je n'ai pas pris au sérieux les avertissements que Père m'a donné. Je pensais qu'il était juste…juste…oh, je ne sais pas. » La sorcière à la chevelure brune laissa échapper un soupir de frustration tout en laissant courir son regard vert sombre au travers de la salle de bal. Elle n'entendait que des propos anodins et était frustrée de savoir que presque chacune des conversations renfermaient un sens caché… qu'elle ne pouvait percevoir. Et pour la première fois, elle en fut ennuyée.


« Demetri, » chuchota Marionnette d'une voix dure alors qu'ils se frayaient un chemin dans la foule, « tu as intérêt à avoir une bonne raison pour expliquer ton retard. »

Il gloussa à voix basse. « J'en ai une. Je parlais avec Hadrian. »

Les yeux couleur de saphir de Marionnette étincelèrent de colère à ce nom et tout son corps se raidit. « C'est pour cela que tu étais en retard ? A cause de lui ? » Elle parvint à peine à réprimer son cri d'indignation et elle gratifia son frère d'une œillade furieuse à son frère comme celui-ci la couvait d'un regard désapprobateur. « Je n'arrive pas à te comprendre parfois, Demetri. Honnêtement, on pourrait penser que les évènement actuels auraient constitué une priorité pour toi, sans compter la sécurité de notre famille mais non, » déclara-t-elle d'un ton traînant et plein de sarcasme tout en ignorant la lueur d'avertissement qui brillait dans les yeux de son frère, « Hadrian, ce pathétique rien du tout est plus important à tes yeux ! »

Demetri garda son calme. Ses paroles cruelles qui masquait mal sa jalousie quand il s'agissait de Hadrian n'avaient rien de nouveau pour lui. Bien qu'il aimait et chérissait sa sœur, il n'était pas aveugle à ses défauts. Elle aimait être le centre de l'attention. Elle était belle avec ses longs cheveux bruns, ses yeux d'un profond bleu saphir, sa peau pale sans aucun défauts et sa menue stature. Elle était désirable et se délectait de l'attention positive qu'elle recevait où qu'elle aille. Marionnette savait que la nature l'avait pourvue de certains de ses meilleurs atouts beauté, intelligence, esprit, habiletés, talents.

Demetri soupira devant le côté vindicatif et immature dont elle faisait preuve quand Hadrian Walker était ne serait-ce que mentionné. Elle avait de prime abord été excitée de rencontré l'ami de son frère, bien sûr, un ami qu'il tenait en si haute estime, mais lorsque celui-ci était entré dans la pièce…

Il était plus charmeur qu'elle ne pourrait jamais espéré l'être, plus attirant, plus exotique, plus intelligent, plus talentueux. Marionnette ne se montrait meilleure que son paire, car ils avaient le même âge, qu'en politique et en étiquette des sangs purs. Mais Madame Nadine s'était promptement assuré que Hadrian rattrape son retard et soit à son niveau avant qu'il ne la surpasse de très loin.

Malheureusement, Marionnette n'avait jamais été habituée à être seconde derrière qui que ce soit et elle devint une vraie harpie quand Hadrian et elle se trouvaient dans la même pièce.

« Marionnette… » la voix de Demetri trahissait son exaspération mais elle n'y paya aucune attention.

« …Alors, que voulait le petit prince cette fois ? Un précieux artefact ? Des informations sensibles ? Après tout, nous devons tous nous incliner devant l'être supérieur qu'est Hadrian Walker. » dit-elle d'un ton venimeux, absolument furieuse que le petit crétin ait été la raison derrière le retard de Demetri. Cette petite horreur ne savait-elle pas que son frère pouvait être en grave danger si leur association était jamais découverte ?

« Alons, allons, Marionnette, tes cornes sont visibles, » Une voix sirupeuse, rauque et féminine flotta jusqu'à eux les faisant sursauter et interrompant leur discussion animée.

« J-Jade, » bafouilla Marionnette tout en posant une main sur sa poitrine pour se calmer, « Tu m'a surprise. »

« Clairement. » La rouquine la gratifia d'un sourire moqueur et salua Demetri d'un bref hochement de tête que celui-ci retourna tout en se fustigeant intérieurement pour n'avoir pu faire taire sa sœur plus tôt. « Je te conseil cousine, de surveiller tes propos, particulièrement en public. »

Marionnette effaça toute émotion de son visage mais elle bouillonnait intérieurement, « Je n'étais pas au courant que tu étais si soucieuse de ce qui pouvait arriver à Walker, Jade. » Sa voix était glaciale.

Des yeux noirs la fixaient d'un air espiègle dans un visage auréolé d'une masse de boucles rousses, « Je suis très attaché au garçon mais j'ai une bien plus grande affection pour toi Marionnette, je suggérais simplement de faire preuve de prudence. » La belle brune hocha la tête en guise d'assentiment mais elle était secrètement heureuse de savoir que sa seconde cousine la préférait à Walker. Peu de personnes partageaient cette opinion. Elle eut un petit rire moqueur.

Demetri se lassa rapidement de ce déballage de bons sentiments et voulu savoir ce que sa cousine avait découvert, « Dis-moi Jade, sais-tu si l'estimé envoyeur de nos invitations est présent ici ce soir ? »

La sculpturale jeune femme se renfrogna légèrement, « Non, il n'est pas là. Tu le saurais si c'était le cas. »

Demetri accepta cette explication sans broncher. La présence du Seigneur des Ténèbres ne passerait probablement pas inaperçue au milieu d'une foule, mais il souhaitait en avoir la confirmation.

« Sois prudent, cousin, autour des Sang Purs Anglais. La rumeur dit qu'ils se sont déjà ralliés à l'homme et que toute information intéressante qui parvient à leurs oreilles lui est immédiatement transmise. » Avertit Jade.

Demetri opina silencieusement de la tête. Seul un imbécile présumerait du contraire. En plus d'être le pays qui avait vu naitre le Seigneur des Ténèbres, la Grande-Bretagne était aussi le pays le plus puissant du monde sorcier en raison de son imposante communauté magique. L'ironie était qu'il s'agissait aussi du pays qui comptait le plus d'adeptes de la magie blanche.

« Il ne viendra pas ce soir. » murmura Demetri, gagnant l'attention des deux femmes. « Ce rassemblement est trop hétéroclite il y a des sorciers blanc, des politiciens et des employés ministériels mêlé à nous, les puissants mécènes. Ce soir ses partisans se contenteront d'observer, à la recherche de talentueuses recrues potentielles et de sympathisants des ténèbres. » Il plissa les yeux d'un air spéculateur quand son regard se posa sur un groupe de filles qui roucoulaient et riaient à l'autre bout de la pièce. « L'invitation est valable pour l'été entier correct ? »

Jade acquiesça de la tête.

Il inspira profondément, « Il observera dans un premier temps. Il réunira toutes les informations qu'il pourra avant de se dévoiler. Je prédis que ces bals deviendront de plus en plus restreins en nombre d'invités tandis qu'il éliminera méticuleusement le bon grain de l'ivraie. » déclara avec une absolue conviction Demetri. « Ensuite, il révèlera sa présence… »

Relevant la tête, Demetri accrocha du regard des yeux mordorés qui lui était familiers. « … et il exigera de nous notre loyauté. » chuchota-t-il.


De brillants yeux écarlates considéraient les formes agenouillées et silencieuses de ses Mangemorts tandis qu'il portait un verre en cristal à ses lèvres et buvait une gorgée du liquide ambrée.

« Lucius ?... »

Lucius ne put empêcher un frison de parcourir son corps au son de cette voix sombre et dangereusement attractive. De désir ou de peur il n'en savait rien. Prenant cette interruption du silence comme un signe qu'il pouvait quitter sa position courbée, Lucius se redressa et leva les yeux. Une fois de plus il eut le souffle coupé.

L'homme était les ténèbres incarné. Les ombres de la pièce semblaient se lovées contre la haute et gracieuse silhouette du Seigneur des Ténèbres, les sobres mais couteuses robes noires ne cachant rien du corps svelte. Des pommettes anguleuses et une mâchoire solide était encadrées par des cheveux noirs et raides qui touchaient à peine les épaules de l'homme. Et si une personne était assez courageuse pour plonger le regard dans ces yeux rouge sang, il lui était impossible de ne pas se sentir rempli d'une terreur révérencielle.

« Mon Seigneur, » Lucius Malfoy se refusait à bredouiller devant la présence écrasante de l'homme, c'était un être orgueilleux, mais il était de ceux qui savaient reconnaître les individus qui lui étaient supérieurs. « La domination des Arts de la Magie blanche sur la nouvelle génération de sorciers et sorcières n'est pas aussi étendue que je l'avais craint. De nombreuses conversations tournant autour des rumeurs de votre retour furent accueillies avec logique et les bénéfices d'adhérer à votre régime étaient mis en avant. Bien sûr, les membres des familles praticiennes de la Magie noire connues étaient conscients de la véracité de votre retour et se montraient généralement prudents dans leurs propos et soucieux de rassembler leur propres informations. » Il tomba silencieux une fois qu'il eu fini de parler, observant le Seigneur Noir comme celui-ci prenait une nouvelle gorgée de whiskey, considérant ces mots, avant d'indiquer à l'un des autres Mangemorts de prendre la parole, répétant le même procédé jusqu'à ce qu'ils aient tous émis leur propre opinion.

Lucius ne put s'empêcher d'écarquiller légèrement les yeux quand il entendit Lord Zabini notifier leur maître de l'absence des Dalton. C'était à la fois inquiétant et étrange. La famille française avait des liens avec les Malfoy qui remontait à plusieurs génération, leur histoire et leur pouvoir surpassant même celui de sa propre famille. Il nota le léger froncement de sourcil du Seigneur noir devant cette dernière information, une étincelle de contrariété passant furtivement dans les yeux rouges.

« Rien d'autre ? » demanda l'homme. Personne ne dit mot. « Nott ! Est-ce que tu les as ? » La voix de l'homme était irritée, comme s'il était fatigué de leurs présences, et Nott s'avança prestement, dévoilant de nombreux parchemins et les lèvres de leur maître esquissèrent un sourire satisfait tandis qu'il s'emparait des plans.

Azkaban.

Le Seigneur Noir baissa le regard sur eux, un sourire cruel tordant sa bouche et une sombre excitation dansant dans ses yeux.

« J'ose espérer, messieurs, que vous n'avez rien perdu de vos talents de duellistes avec les années, dans votre propre intérêt. »


Julian était adossé au mur, offrant un sourire méprisant à toute personne qui faisait mine de s'approcher de lui, tandis qu'il scrutait les invités qui avaient été soigneusement choisis pour cette soirée.

Disparu les fervents supporters des Arts de la Magie blanche et les idiots des ministères. Ce groupe, il le sentait, était une possibilité.

« Bonsoir Demetri. »

Il entendit un petit rire derrière lui et leva une main qu'il fit courir dans ses boucles blonde, tournant légèrement la tête pour regarder son compagnon.

« J'ai décidé après deux semaines que je devrais être celui qui t'approcherai. »

« Je n'apprécie guère ces soirées. » soupira Julian.

« Non, je n'imaginais pas qu'elles t'enchanteraient. »

Julian étrécit les yeux à l'intention de l'homme à la haute stature à ses côté, ne sachant pas comment il devrait prendre ce dernier commentaire.

« Est-ce qu'ils t'ont abordé ? » s'enquit Demetri.

« Oui. »

« Qui ? »

« Crouch, et toi ? »

« Malfoy. »

Julian sourit devant le grognement qui avait accompagné la réponse. « Mieux vaut toi que moi. Cet individu suffisant ne peut pas me sentir. »

« Est-ce que tu as parlé à Dalton ? »

Julian jeta un coup d'œil furtif à son ami, « Pourquoi me demandes-tu ça ? Tu ne t'es encore jamais inquiété de Gabriel. »

Demetri opina devant la véracité des mots avant de répondre « C'est vrai, mais cela ne lui ressemble pas d'être absent à ce genre d'évènements. »

Julian grimaça et prit un air peiné, « Je crois que quelque chose est arrivé entre Hadrian et lui. »

Demetri ne put empêcher sa mâchoire de tomber d'une façon fort peu élégante sous le choque. Il abandonna sa position au côté de Julian pour faire prestement face à celui-ci de manière à garantir un minimum de privauté à leur conversation.

« Tu en parles comme si ce quelque chose avait une tournure romantique. » dit-il d'une voix blanche de toute émotion.

« As-tu une autre explication pour expliquer l'attitude évasive qu'adopte Hadrian dès que Gabriel est mentionné ? Ou pour expliquer la manière dont Gab semble avoir littéralement disparu de la planète ? » murmura-t-il sèchement, incapable de contrôler plus longtemps ses émotions. « Bordel Demetri, Gabriel est en train d'ignorer les sommations à comparaître du Seigneur des Ténèbres ! »

Leurs visages étaient devenus rouge devant l'effort qu'ils faisaient tous deux pour garder privée leur conversation emportée et leurs mots furieux.

Demetri secoua la tête, refusant d'y croire, « Julian, c'est ridicule. Nous trouvons tous Hadrian attirant, il faudrait être aveugle pour ne pas le voir, sourd et paralysé pour y être insensible ! Mais il refuse de se lier avec qui que ce soit. Tu sais ça. Et Dalton est un trop grand play-boy pour s'installer dans une relation monogame ! Ce que Hadrian, tu le sais, exigerait s'il se décidait jamais à être avec quelqu'un ! »

Julian prit une profonde inspiration et ouvrit la bouche pour rétorquer, « Ah oui ? Alors comment expliques-tu… » Il s'interrompit brusquement et son visage devint livide alors que ses yeux étaient fixés sur quelque chose au-dessus de l'épaule de Demetri.

Le silence se fit dans l'immense salle et Demetri eut juste le temps de se retourner quand il la senti.

Sombre, omnipotente, invasive… cruelle, il tenta désespérément de garder contenance alors que la puissante aura venait se pressée intrusivement contre la sienne, lui faisant grincer des dents et faisant trembler sa propre aura noire. Demetri se sentit dégoûté par lui-même. Un rictus de dérision déforma sa bouche et il s'obligea à se redresser de la position servile que son corps avait naturellement adoptée quand la sombre aura le laissa enfin. Mais les picotements dans ses membres et le léger tremblement qui agitait ses mains lui confirmèrent la vérité; sa magie avait été aisément dominée.

La vérité de son infériorité.

Julian contempla la haute silhouette vêtue de noires grimper sous le petit dais, son corps se mouvant avec une grâce et une fluidité faite pour capter l'attention. La silhouette s'immobilisa et une main pâle aux longs doigts s'éleva pour abaisser la capuche d'un geste désinvolte.

Les yeux de Julian s'agrandirent comme il dévisageait la figure masculine aux traits sombre, sans défaut, aristocratiques. Il prit une inspiration tremblante. L'homme était magnifique !

Demetri, lui, prit note du visage séduisant en restant de marbre, son esprit aiguisé lui rappelant que le Seigneur des Ténèbres utiliserait toutes les armes à sa disposition et son apparence était définitivement l'une d'entre elle. La seule chose qui trahissait l'effet que le Seigneur Noir avait sur le jeune homme était son cœur qui battait la chamade.

« Bonsoir. » Voldemort adressa un petit sourire narquois à la foule muette composée de l'élite mondiale des sorciers et sorcières. La plupart d'entre eux, ceux qui n'étaient pas totalement envoutés par le visage séduisant et la magie du Seigneur Noir, semblèrent se ratatiner alors que l'homme laissait transparaître au travers de son aura une fraction de sa magie ténébreuse, une fraction de sa cruauté. « Continuer, je vous prie. » Sur ces mots, il se tourna vers le petit groupe de personne qui l'avait suivi dans la pièce.

Lentement, les bavardages reprirent mais beaucoup ne se relaxèrent jamais vraiment, hyper conscients de la présence du Seigneur des Ténèbres à leurs côtés.

« Alors…c'est lui. » dit Julian à voix basse.

Demetri se contenta de hocher la tête. Il ne quittait pas Voldemort des yeux.

« Qu'est-ce que tu penses ? »

« Je pense que…Hadrian avait raison. » murmura-t-il doucement.


Lord Voldemort scrutait du regard la foule d'invités tandis que ses compagnons conversaient autour de lui. Il avait envie de sourire malicieusement et d'étirer ses membres comme un chat. Il n'avait pas fait ça depuis si longtemps. Les jeux psychologiques, les manœuvres politiques, les conversations à double sens.

Il aimait ça.

Il était un maître en la matière.

Et il avait de nouvelles proies qui ne mesuraient pas ce qu'ils affronteraient bientôt.

Il sourit d'un air satisfait.


« Encore ! »

Hadrian posa sur la femme un regard exaspéré mais celle-ci se contenta de sourire avec effronterie d'un air qui disait 'tu sais bien que tu m'aimes'.

Secouant la tête, il pointa sa baguette vers le mannequin qui lui faisait face et entrepris de lancer silencieusement le sortilège de démembrement. Le tissu se déchira et un peu de rembourrage blanc s'en échappa mais ce fut tout.

« Non, non, non, non. » répéta Raven alors qu'elle se levait de son tabouret et se mouvait gracieusement, les robes bleues qu'elle portait ondulant autour de ses jambes tandis qu'elle s'avançait vers lui. « Hadrian. Nous sommes, contrairement à ce que tu pourrais croire, en train de pratiquer la magie noire. Noire, étant ici le mot clé. Tu dois le vouloir. » Et sur cette déclaration des plus sérieuse, elle se tourna promptement et lança la malédiction avec sa propre baguette. L'estomac du second mannequin fut violemment éventré, le rembourrage blanc volant dans les airs sous la force du sort.

Hadrian, en colère contre lui-même, expira bruyamment.

« Est-ce que quelque chose de dérange Hadrian ? Tu n'as plus pris autant de temps pour maîtriser un sort depuis que tu avais neuf ans. »

« Ce n'est rien. » dénia-t-il avant de se laisser choir au sol en étendant ses jambes douloureuses devant lui et en prenant appuis sur ses bras.

Raven émit un bruit de réprobation devant le manque total de décorum de son fils avant de conjurer une chaise confortable et de s'asseoir face à lui.

Ils baignaient dans un silence confortable, Raven attendant patiemment que son fils soit prêt à parler et Hadrian réunissant ses pensées troubles.

« Est-ce que tu savais ? » dit-il enfin doucement.

« Gabriel ? » devina gentiment Raven.

Hadrian hocha la tête et se releva pour s'adosser au mur tandis qu'il regardait sa tutrice… attendant.

« Est-ce que j'étais au courant que Gabriel était tombé amoureux de toi ? »

Hadrian renversa la tête contre le mur et ferma les yeux de frustration.

« Pourquoi est-ce que tu ne me l'a pas dit ? » chuchota-t-il.

« …Et ruiner par la même la possibilité que tu puisses apprendre à retourner son affection ? »

Hadrian ouvrit lentement les paupières et baissa les yeux au sol, légèrement ébranlé.

« …Quoi ? »

Le visage de Raven se plissa d'une manière familière comme elle lui adressait un petit sourire. « Le jeune monsieur Dalton est un individu exceptionnellement doté Hadrian il est ténébreux, intelligent, séduisant, charmant, manipulateur… »

« …es-tu sure que tu n'es pas amoureuse de lui Raven ? » dit Hadrian d'une voix traînante, incapable de tenir plus longtemps sa langue.

Elle poursuivit comme si elle n'avait rien entendu, consciente qu'il s'agissait là d'un mécanisme de défense de son fils.

« Je ne te l'ai pas dit parce que j'ai pensé qu'il y avait une très bonne chance que tu puisses tomber amoureux de Gabriel, Hadrian » dit sérieusement Raven une lueur triste dans les yeux quand elle observa son fils se raidir à ces mots et s'éloigné rapidement du mur.

Effaçant toute émotion de son visage il pivota brusquement et se hâta en direction de la Salle-à-Manger.

Il entendit un soupir fatigué résonné à ses côtés et tourna la tête pour voir que Raven l'avait rejoint, celle-ci n'ayant aucun mal à tenir la cadence rapide qu'il imprimait, « Mon enfant, voici la seule de mes leçons que tu n'a jamais été capable d'apprendre, » elle l'arrêta en posant gentiment une main sur son avant-bras et en agrippant tendrement son visage de l'autre de façon à ce qu'il soit forcer de la regarder dans ses uniques yeux violet. « Aimer n'est pas une faiblesse Hadrian. » Elle lui offrit un sourire éclatant, « Ce n'est une faiblesse que si tu choisis la mauvaise personne. »

« …Je lui ai fait du mal Raven. » chuchota Hadrian.

« Oui. » elle acquiesça calmement, « Mais tu ne dois jamais te sentir coupable parce que tu t'avères impuissant à aimer quelqu'un mon fils. C'est quelque chose qui échappe à ton contrôle. »

« Il n'est pas allé à Moscou. Julian me l'a dit. » déclara Hadrian, ses éblouissant yeux émeraude plein d'inquiétude.

Raven soupira. Une chaîne que portait Hadrian capta soudain son attention et elle tendit la main en avant pour s'en emparer. Elle sourit.

« Je ne t'ai pas vu porter ça depuis presque deux ans. » dit-elle. Hadrian grimaça devant ce signe de sentimentalité. « Le portoloin qui mène à son jumeau fonctionne encore ? » demanda-t-elle.

Hardrian hocha la tête. Raven l'observa pendant un instant avant de phraser sa question suivante avec une candeur extrême.

« Et est-ce que Gabriel porte toujours le sien ? »

« Oui, il ne l'enlève jamais… » Les yeux de Hadrian s'agrandirent devant cet aveu involontaire et il regarda Raven pour voir celle-ci réprimer un sourire. Finalement la vieille femme ne se retins plus et commença à rire de bon cœur.

« Oh, mon fils, mon fils, a perdu sa virginité ! Et laisse-moi voir…tu as commencé à voir Gabriel l'été dernier donc…un an ! Et bien, ça c'est quelque chose qui mérite d'être fêter ! » dit-elle d'une voix chantante.

Hadrian roula des yeux au ciel avant de s'arrêter devant la Salle à Manger, juste avant de passer le seuil il leva les yeux vers elle avec une étincelle de malice dans les yeux. « Juste pour que les choses soient claires Raven, » sa tutrice cessa de rire et lui fit face, arborant un large sourire, « Je n'ai pas perdu ma virginité avec Gabriel. »

Avec un sourire narquois il pénétra dans la pièce.

« Hadrian ! Hadrian petit démon, comment oses-tu garder quelque chose comme ça pour toi sans en parler à ta mère ! Reviens ici. » La voix de Raven, dénuée de toute étiquette des sangs purs, fit écho à travers la maison alors que Hadrian gloussait et remerciait poliment l'elfe de maison comme celle-ci plaçait devant son maître son petit déjeuner favori.


Lord Voldemort déambulait silencieusement dans les couloirs de la propriété captant seulement la fin de ce qui semblait être une très intéressante conversation avec le Ministre allemand de la Magie.

« …non, non. C'est bien ce que je dis Roberto. Je pensais que je verrais pour sûr le jeune homme à Moscou. Surtout compte tenu des évènements actuels mais il semble se faire discret. C'est dommage. Sa présence rend toujours les choses plus animés. » Kale Lustag rit de ses propres paroles mais le sorcier allemand tomba brusquement silencieux lorsque qu'il remarqua le Seigneur des Ténèbres qui se tenait debout dans l'embrasure de la porte.

Lord Voldemort pénétra dans la pièce, conjurant un verre de cognac tandis qu'il prenait gracieusement place dans un fauteuil de cuir rouge installé prés du feu. Il sourit, les yeux fixés sur l'obèse Ministre allemand. « Je vous en prie, Ministre Lustag, ne vous préoccupez pas de moi, dites nous en plus a propos de ce sorcier. »

L'homme à la calvitie naissante bredouilla un peu, parcourant des yeux le large salon où se tenait pas moins de dix autres Mangemorts avant de regagner quelque peu son assurance, « Et bien, très peu de choses sont connues au sujet de Walker. Il est arrivé sur la scène politique il y a quelques années. Sa famille, ses parents, ses frères et sœurs, ses ancêtres… on en sait presque rien. Mais il suffit de poser les yeux sur ce garçon pour savoir qu'il est vraiment spécial. Ils gravitent tous vers lui, » Voldemort s'obligea à hocher poliment la tête. « Ses amis sont tous très intéressants. Demetri Cartus, bien sûr, un sorcier des plus doués, d'une intelligence extrême. Puis il y a Julian Cliffton, un peu rude sur les bords mais quelqu'un que vous voudriez avoir de votre côté au combat, j'ai entendu qu'il avait un talent inné pour la Magie Noire. » Intéressant, Voldemort cataloguait mentalement chacun des noms, « Ensuite il y a Astrid Beaumont, oh, très belle et spirituelle, une charmante jeune dame. Et puis nul autre que Gabriel Dalton…merlin, ce sorcier est extraordinairement talentueux et pas de ceux avec qui vous voudriez croiser le fer, un duelliste brutal, très inventif… »

« Vraiment ? » dit-il d'une voix traînante. Le garçon ferait mieux d'espérer, pour son propre salut, qu'il était aussi doué et utile qu'on le lui dépeignait. On n'ignorait pas impunément le Seigneur des Ténèbres.

Le Ministre Lustag bafouilla quelque peu, ce qui l'ennuya, mais son esprit était occupé par l'intrigant puzzle qui s'offrait à lui.

« Mon Seigneur, » parla Lucius, « J'ai entendu parler de ce Walker auparavant mais j'ai été incapable d'établir quoique ce soit en dehors du fait que son prénom était Hadrian, qu'il n'avait pas encore gradué de l'école et qu'il était anglais de naissance. »

Les sourcils de Voldemort s'arquèrent en signe de surprise. Que Lucius Malfoy ait été incapable de réunir d'autre informations était…intéressant.

Il plissa ses yeux vermeils sur les cendres rougeoyantes de l'âtre peut être que faire sortir ce Hadrian Walker de sa tanière était la motivation dont Dalton avait besoin pour apparaître. L'arrogance et l'impertinence de cette famille l'irritait.

Quelque chose qui méritait réflexion.

« Rookwood. » appela-t-il calmement.

Une homme s'avança immédiatement en avant. « Oui, Mon Seigneur ? »

« Trouve tout ce que tu pourras sur notre mystérieux sorcier. »

« Bien sûr, Mon Seigneur. » L'homme s'inclina respectueusement et commença à marcher en direction de la porte avant que la voix onctueuse de son Maître ne l'arrête.

« Tu as une semaine Rookwood. »


Cher Monsieur Dalton,

Mon Maître ne peut s'empêcher de commencer à penser que vous l'évitez. Trois messages, tous sans réponses, vous pouvez sûrement comprendre d'où lui vient cette idée. Quelques uns des associés de mon Seigneur ont prit la liberté l'autre jour de parler à vos amis M. Cartus et M. Cliffton, qui n'ont pas eu de nouvelles de vous selon leurs dires.

Je vous recommanderais, M. Dalton, de considérer les bénéfices d'un voyage à Moscou dans un très proche futur. Cela pourrait vous faire du bien à Hadrian Walker et à vous.

Cassius Zabini

Gabriel froissa le coûteux parchemin dans sa main et l'envoya violemment brûler dans l'âtre flamboyante.

Putains de vautours.

Agrippant vicieusement ses cheveux de ses poings, le blond respira profondément alors que les minutes s'égrenaient et que son tempérament s'apaisait. Finalement, il fut capable de s'étendre sur la causeuse rouge, regardant le plafond sans vraiment le voir.

Il soupira.

« Tippy. » appela-t-il doucement.

L'elfe apparu dans un craquement.

« Maître ? »

« Tippy, fais mes valises s'il te plaît. Des vêtements chauds et préviens les elfes résidents dans la propriété en Russie de mon arrivée imminente. » Sa voix était rauque de ne pas avoir été utilisée depuis longtemps mais l'elfe opina du bonnet en signe de compréhension ouvrant la bouche pour poser une question avant d'hésiter.

Il soupira, « Qu'est-ce qu'il y a Tippy ? »

« Quand est-ce que Maître voudra partir ? »

« M-maître ? »

Les yeux bleus glaciers se durcirent comme il se forçait à abandonner ses ruminations pathétiques et marchait en direction de la douche.

« …Une heure… Je dois assister à un dîner privé ce soir. »