Note aux lecteurs:Hello ! Voici enfin le 3ème chapitre cette Omegaverse. Cette fois-ci on va en apprendre un petit peu plus sur la société de nos protagonistes. Ce qui est extrêmement frustrant ici c'est que j'ai de simples fragments de scènes du coup pour meubler tout ça ça prend un peu de temps x')
Mais j'espère que l'histoire vous plaît assez pour mettre votre mal en patience. Je tâcherai de ne pas vous décevoir ^^
J'en profite pour répondre à une review que l'on m'a laissé récemment (par un guest dont pas de MP gomene~~): Merci pour ton petit message et j'espère que la suite te plaira tout autant ^0^
Bref, bonne lecture à tous!
Chapitre III : Pour l'amour d'une fleur
22 Octobre 2022 – Jardin des Ashford
« louch… Lelouch… LELOUCH ! »
L'intéressé sursauta et regarda Milly. Cette dernière, satisfaite d'avoir provoqué un tel effet de surprise chez son ami, afficha un sourire radieux comme à son habitude, avec une légère pointe de malice.
« Toi tu pensais à quelqu'un. Déclara la jeune femme
-Et qu'est-ce qui te fait donc dire ça ? Demanda Lelouch, tout en souriant à cette dernière.
-Allons Lelouch, je commence à te connaître tout de même. Rien n'échappe à la détective que je suis ! »
Le jeune homme sourit à cette affirmation. Depuis l'annonce des fiançailles de Milly, la jeune fille invitait régulièrement le fleuriste pour boire le thé dans les jardins du domaine. Et d'ailleurs, ce mariage n'était pas vraiment bien vu par le couple Ashford. Pour ne rien cacher, la mère de Milly espérait secrètement que sa fille renonce à épouser un simple joaillier et préférait de loin avoir Lelouch pour gendre. Par conséquent, cette dernière organisait bien souvent des rencontres entre les deux jeunes amis. Au début, cela ne les dérangeaient pas, mais plus le temps passaient plus les deux jeunes gens avaient la désagréable impression d'être manipulés, ce qui avait le don de les agacés profondément. S'ils avaient su que d'ici au mariage de Milly leur vie serait intégralement dirigée, ils y auraient réfléchi à deux fois avant de donner une réponse affirmative ou infirmative. Toutefois, si ces diverses rencontres leur permettaient de tromper mutuellement leur ennui, ce n'était pas plus mal.
Après tout, Lelouch aimait passer du temps en compagnie de Milly. Elle était un membre de sa famille. Oh il ne détestait pas non plus Shirley, une amie qu'il avait connu au lycée, mais quelque chose le dérangeait chaque fois qu'il était avec elle, comme une gêne. Sans doute s'était-il rendu compte des sentiments qu'elle avait à son égard, et du coup il se sentait mal sachant qu'il ne pourrait répondre à l'affection de cette dernière. Lelouch lâcha un soupir et Milly reprit son interrogatoire de plus belle.
« Tu sais que ma mère te tient en haute estime. Elle nourrit secrètement le souhait que je renonce à Rivalz pour me marier avec toi.
-Elle risque fort d'être déçue dans ce cas. J'ose espérer ce mariage est ton choix. Après tout, les femmes ne devraient-elles pas donner ce qu'elles protègent depuis leur naissance à l'homme qu'elles aiment, plutôt que de s'offrir à un autre par obligation ? Fît Lelouch en buvant une gorgée de thé.
-A ma connaissance, tu es tout aussi vierge que moi mon cher, et nous savons tous deux que la personne qui saura faire éclore ta fleur n'est pas une femme. » Le jeune homme manqua d'avaler de travers, elle avait le don pour dire les choses franchement.
Lelouch promena de nouveau son regard dans le somptueux jardin, afin de cacher son embarras. Celui-ci s'arrêta sur de magnifiques iris blancs, venant tout juste d'éclore. Blanc. Immaculé. Tout comme le costume du jeune homme qu'il avait vu la veille au bal. Oui, il était pareil aux iris. Élégant, d'une beauté sans pareil et… irrésistiblement attirant.
« Lelouch~ A qui donc penses-tu ?
-Qu'est-ce qui te fait penser ça ?
-Intuition féminine. Se pourrait-il que tu aies fais une belle rencontre au bal ?
-Décidément, je ne peux rien te cacher.» Fît Lelouch en secouant la tête, tout en souriant.
Cette dernière se leva et prit son ami par le bras afin de se promener dans les jardins. En apparence, Milly voulait faire croire à sa mère, non loin de l'endroit où ils se trouvaient, épiant leurs moindres faits et gestes, qu'ils se rapprochaient assez pour vouloir être seuls. Officieusement, elle voulait surtout rendre leur conversation privée, loin des oreilles plus qu'indiscrètes de ses parents. Car oui, la pétillante jeune femme avait bien la ferme intention d'en savoir plus sur cette mystérieuse personne ayant pu toucher le cœur de Lelouch. Lorsqu'ils furent enfin seuls, ce dernier se mit à raconter sa version de l'histoire à son amie.
« Eh bien, on se croirait dans un conte dit moi. Fît Milly avec un ton amusé.
-On dirait en effet. Peut être un peu trop d'ailleurs.
-Tu n'en a pas l'air certain. Quelque chose te préoccupe quant à cette rencontre ?
-Disons que… ce n'était pas notre première rencontre, pas exactement.
-Comment cela ? »
Lelouch se massa nerveusement la nuque. Parler de cette soi-disant vision était-ce réellement une bonne idée ? Lui-même n'était pas certain de ce qu'il a cru voir, mais le fait est que ce qu'il a vécu ce soir là était identique à sa courte expérience visuelle. Il avait toutefois assez confiance en Milly pour croire elle ne le prendrait pas pour un fou à l'écoute de cette histoire. Il inspira et parla.
« Il y a quelques semaines, peu de temps avant de t'avoir au téléphone, j'avais déjà vu cet homme en face de ma boutique. Quant j'ai croisé son regard, j'ai vu une scène. La scène de notre rencontre au bal.
-Tu dis que ce que la scène que tu as vu et celle que tu as vécu sont semblables ? » Milly devint sérieuse, trop sérieuse pour Lelouch qui comprit que cette histoire touchait au sujet de prédilection de la jeune femme : les Mates. « Lelouch, seuls des Omégas sont capable de provoquer des visions envers les autres. Cependant il n'y avait aucun oméga au bal la nuit dernière.
-Qu'en sais-tu ? J'en suis peut être un, mais je l'ignore sans doute.
-Non Lelouch c'est impossible. Tes parents étaient des Alphas. Tu ne peux pas être un Oméga c'est certain. »
Comprenant où cette conversation allait les mener et compte tenu de la réaction de son amie, Lelouch décida d'y mettre fin, discrètement. Lelouch croyait en peu de chose il est vrai, mais il était bien une chose en laquelle il avait foi, c'était son instinct. Et ce dernier ne le trompait pas. Sa vision était bien réelle. L'homme qu'il a entrevue dans cette scène éphémère et celui qu'il a retrouvé dans ce petit jardin ce soir là sont une seule et même personne.
Dans leur société, les Omégas étaient des êtres de fertilités, ceux qui donnent naissance. Au fil des années sans réelle explication, ils sont devenus une classe à part, presque éteinte. De ce fait, ils sont alors devenus la classe la plus faible des trois. Beaucoup de jeunes Omégas tentaient de cacher leur vraie nature. Cependant, un élément les trahissait.
La fièvre.
C'était un phénomène inexplicable de leur métabolisme. A tout moment, lorsqu'un Oméga était dans un cycle de fièvre, ce dernier dégage un fort parfum semblable à un aphrodisiaque, pouvant rendre fou quiconque osait humer cette fragrance. Ce cycle étrange était souvent à l'origine de beaucoup de fais divers, dont les viols. Et ces crimes restaient pour la plupart impunis. Pourquoi donc ? Car c'était dans leur nature. Si un Oméga subissait un viol, alors il était en faute. Simplement. Car il était difficile de prouver que l'acte avait été non-consentant quand une quantité suffisante de phéromone Alpha était capable de transformer n'importe quel Omega, même dissimulé, en une véritable source de luxure.
Un des nombreux autres arguments quant à la désillusion de Lelouch…
Toutefois, il y a de cela quelques années, des scientifiques étaient parvenu à mettre au point des médicaments permettant de restreinte la puissance et la durée de la fièvre, rendant par la même occasion les Omegas quasi indétectables. Grâce à cela, le taux de viols avait chuté de plus de 60%. C'était le docteur Lloyd qui était à l'origine de ce remède et le jeune homme l'admirait pour cela. Il était réputé pour n'avoir cure des genres et soignait aussi bien les Alphas que les Omegas et Bêta.
Cela lui était déjà arrivé de venir en aide à un Omega en chaleur. Le parfum ne l'avait pas envoûté loin de là. Mais plutôt révulsé. Comment pouvait-on s'abandonner ainsi à cause d'un simple gêne et surtout y prendre du plaisir, alors qu'il est totalement factice ? C'est bien là ce qui répugnait Lelouch au plus au point quant à la légende des mates: ce n'était en aucun de l'amour, mais de la soumission par nature. Rien de plus.
Sur le chemin inverse, Lelouch s'arrêta et regarda de nouveau les iris. Il s'en approcha pour sentir leur parfum. Il était doux et fort à la fois.
« Lelouch ?
-Milly, qu'est-ce que l'amour pour toi ? »
La jeune femme afficha un air de surprise en entendant la question de son ami. C'était bien la première fois que Lelouch abordait le sujet, surtout compte tenu de son désintéressement pour la légende des Mates. Milly s'approcha du jeune homme et contempla à son tour les fleurs.
« Serais-tu épris de quelqu'un ? Milly s'agenouilla à son tour, sans détourner le regard de l'iris
-Je l'ignore… Je n'arrive pas à savoir. »
La jeune femme tendit la main vers la plante et caressa du bout des doigts les pétales.
« Il n'existe pas de réelle définition. Elle varie et change en fonction des individus.
-Et qu'en est-il de toi ? »
Milly resta silencieuse un moment. Il était sérieux. Elle devait être précise dans sa réponse.
« Je pense que lorsqu'on est amoureux, on pense tout le temps à la personne que l'on aime. Et parfois notre cœur se serre en réponse à cette pensée.
-Je vois… »
Lelouch n'ajouta rien de plus et se contenta d'esquisser un sourire, avant de rentrer en compagnie de la jeune femme, satisfait de cette réponse. Le soir venu, sous la douche, Lelouch demeura songeur. Il ignorait sa propre race. Il se doutait qu'il pouvait être un Alpha, mais il ne pouvait en être sûr, tant que sa fleur demeurait close. Il regarda le cristal. Au bourgeon, il devina les formes élégantes d'une rose. Mais la couleur différait. Le rouge des roses était souvent brillant, presque criard. Ce rouge-ci était encore plus profond qu'un rubis, encore plus profond que le sang qui coulait dans ses veines.
Il se plongea dans la petite baignoire d'eau chaude et reposa sa tête sur le rebord de marbre. Une fleur de lotus flottait à la surface. Il pensa à la conversation qu'il avait eue avec Milly cet après-midi même.
Il n'y avait aucun Oméga au bal, c'est certain.
Comment pouvait-elle en être si sûre ? Elle ne le pouvait pas justement. Pas plus que lui. Puis il songea à la scène du jardin secret. A la manière d'un détective, il assembla toutes les pièces qu'il avait en mains. Autrement dit très peu. Mais qu'importe. Il était trois choses dont il était sûr : La première, Lelouch avait bien eu une vision avec l'inconnu, dés l'instant où il avait croisé son regard. Phénomène que l'on dit uniquement possible avec un Oméga. La seconde : A son arrivé, un parfum autre que celui des fleurs environnantes envahissait le petit espace clos. Un parfum qui émanait de l'homme. La troisième enfin. Lorsqu'il vît le visage de l'autre dévoilé, le cœur de Lelouch s'était pincé dans sa poitrine. Faiblement, mais bien présent.
En sortant du bain, Lelouch s'allongea sur son lit, ses cheveux noirs encore humides et dégouttant sur les draps. Il se surprit à sourire en se remémorant sa rencontre « officielle » avec le dénommé Suzaku. Il avait volontairement omit un détail quant à sa vision. Car en effet, il n'avait pas été le seul témoin de la scène.
- Le soir du bal -
« C'est étrange. J'ai l'impression d'avoir déjà vécu ce moment. Fît Suzaku d'un air amusé, comme si la situation était des plus ridicules tout en l'acceptant malgré tout.
-Toi aussi ? » Lelouch pensait être le seul à avoir halluciné. « Quand ça ?
-Le même jour que toi. Quand nous nous sommes regardés. Tu étais dans ta boutique et moi dans mon atelier. La scène était identique. A quelques détails près cependant.
Les deux hommes ne s'étaient plus revus depuis. Et secrètement, Lelouch espérait le rencontrer de nouveau. De quelle manière, ça il ne pouvait le prédire. Pas encore du moins.
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22 Octobre 2022 – Salle de bain d'un petit appartement en centre ville – 21h42
Une fois encore, il fût prit de nausées à l'instant même où il ingéra le comprimé. Toussant et crachant à plein poumons, le cachet retomba dans l'évier, accompagné de quelques tâches de sang. Sa gorge le brûlait atrocement tandis qu'il regardait le médicament se dissoudre dans l'eau. La crise passée, il se regarda dans le miroir. Ses verts émeraude traduisaient une profonde fatigue, en partie dû à sa fièvre mais à d'autres facteurs également. Ce traitement-ci ne fonctionna pas non plus, pas plus que les précédents.
Pourquoi devait-il être un Omega ? Pourquoi devait-il être différent des autres Omegas ? Il détestait les Alphas. Tous autant qu'ils étaient... Ils n'étaient rien de plus que des monstres guider uniquement par leur instinct bestial de domination. Parce qu'ils étaient incapable de se contrôler, ils condamnaient les Omegas à la clandestinités. Mais il n'aimait guère les Omegas pour autant. Aucun d'eux n'avait cherché à se révolter ou à faire changer les choses. Parce que cela était dans leur nature.
De colère, il envoya se faire voir absolument tout ce qui lui tomba sous la main. Des verres se brisèrent, des objets tombèrent à terre et le miroir vola en éclats. Il s'essouffla rapidement, genoux à terre et toussa fortement. Son corps tout entier le brûlait et il suffoquait un peu plus à chaque seconde. La fièvre se manifestait de nouveau.
Mais peu importe. Avec les années, il avait réussi à contrôler ses pulsions, il lui fallait seulement attendre. Et même s'il parvenait à obtenir un autre traitement, il n'en avait plus pour longtemps.
