Voilà le chapitre 4, "en avance" sur la semaine, mais il fallait bien que je me fasse pardonner pour mon retard ! ;)
Et Merci Ami-chii pour ton adorable review ! En espérant que la suite te plaise tout autant ;D
Des bruits courraient dans les couloirs comme quoi quelque chose aurait attaqué Wilhelmina Gobe-Planche, professeur de Soins aux Créatures Magiques, l'empêchant ainsi de continuer l'exercice de ses fonctions. Abigail avait voulu lui rendre visite, mais on lui annonça qu'elle avait été transférée à Ste Mangouste – ce qui devait signifier que son état était pire que ce qu'elle avait imaginé. De son côté, Severus avait essayé d'en savoir plus, mais la cause de cet « accident » ou « agression » était encore inconnue. La seule chose dont on était certain était qu'elle n'avait pas été attaquée par l'une de ses « créatures magiques ». Evidemment, à Poudlard, toute rumeur se répandait très rapidement. Les élèves émettaient des hypothèses sur ce qui s'était passé, et les paris étaient ouverts. Mais ce qui préoccupait le plus les élèves de Serdaigle ou Hermione Granger, c'était l'absence de professeur pour cette matière puisqu'Hagrid n'était toujours pas rentré.
Un soir, Abigail avait cru entendre le professeur Rogue marmonner qu'il aurait préféré que ça soit Ombrage qui ai été arrêtée – pour pouvoir donner les cours de Défense contre les Forces du Mal à sa place. Depuis cinq jours qu'ils avaient fait leur petite mise au point, cela semblait mieux se passer entre le professeur de potions et son auxiliaire – mais tout reste relatif. Leurs efforts – même s'ils étaient moindres – rendait leur collocation plus facile Rogue cessait de lui reprochait tout et n'importe quoi, en contrepartie Abigail se montrait la plus attentive et la plus utile possible. En revanche, on ne pouvait l'empêcher de prendre la défense de Neville comme on ne pouvait retenir le maître des potions d'enlever des points aux Gryffondors.
« Je ne comprends décidément pas vos lectures, Miss Black. Pourquoi cette passion pour les Loups-Garous ?... »
Il plissa les yeux, assis derrière son bureau, tandis qu'elle-même était assise à un bureau un peu plus loin. Elle leva doucement les yeux vers lui, prenant le temps de terminer son paragraphe.
« N-… Ce n'est pas une passion…
- C'est pourtant votre troisième livre sur le sujet. »
La jeune femme fut étonnée par la précision dont il faisait preuve, et soupira doucement en secouant la tête.
« Je ne suis pas certaine que vous comprendriez mes motivations.
- Je n'en serais pas aussi certaine, à votre place. » Il y avait tant de suspicions dans sa voix qu'elle en frémit. « Il faudrait que vous prépariez du Polynectar pour les secondes années, si vous vous sentez capable de le faire. »
Elle y était pour l'après-midi… Du moins, elle allait rater le cours suivant, et elle se demanda s'il ne faisait pas exprès de lui demander cette préparation pour qu'elle ne se mêle pas des affaires de Londubat ou de Potter… Posant son livre, elle se leva et commença sa préparation. Lorsqu'elle dû laisser bouillir pendant un peu plus d'une heure, elle resta à côté pour surveiller la potion tout en faisant l'inventaire de la réserve. Lorsqu'arriva l'heure du repas, la jeune femme quitta sa préparation à regret et sortit de la Grande Salle dès que possible. Il restait environ douze heures à faire bouillir la préparation, et elle prit des feuilles de copies pour s'occuper.
Severus suivit Dumbledore après le dîner, et s'entretint avec lui de longues minutes, pour ne pas dire de longues heures. Minerva les rejoignit en cours de route et, lorsqu'il sortit du bureau du directeur il était bien minuit. Il poussa la porte de sa salle doucement, pour éviter de faire trop de bruits, et se pétrifia en voyant un gros chat poilu s'étirer sur son bureau. Il le chassa en serrant les dents, étonné que Walter ne soit pas avec sa maîtresse, avant que son regard ne se pose sur la porte de « la réserve », ouverte. Sa cape lui donnant des allures de chauve-souris dans l'obscurité, il entra dans la pièce éclairée par moult bougies. Le chaudron de Polynectar en préparation bouillonnait doucement et, assise sur un tabouret, Abigail s'était endormie sur la table. A côté d'elle trônait les trois quart des copies corrigées, le reste devant certainement lui servir de coussin.
Severus émit un soupire ressemblant plus à un sifflement, avant de croiser les bras, bien que l'ombre d'un sourire empreint de fierté naquisse sur son visage. Et maintenant, qu'était-il censé faire ? La réveiller et lui ordonner d'aller dormir, glissant que c'était idiot de couver une préparation comme elle le faisait lui semblait être un bon choix, mais Severus se souvenait amèrement avoir déjà fait la même chose. Surtout qu'elle n'avait pas perdu son temps, au vu de la pile de copies qu'il n'aurait pas à corriger. Passant une main lasse dans ses cheveux, le professeur attrapa délicatement la plume qu'Abigail tenait encore pour la ranger, et emmena les devoirs qu'il pouvait récupérer pour les poser sur son bureau. L'homme se massa le front avant de prendre une couverture et d'aller la poser sur les épaules de l'auxiliaire. Non sans maugréer, râler, et sortir de la réserve d'un pas vif et sec pour aller s'enfermer dans sa chambre. Pour le reste, elle se débrouillerait seule.
oOoOo
Abigail ouvrit les yeux, et s'étira paresseusement. La surface sous sa tête était dure et elle n'était même pas allongée… Etait-elle tombée de son lit ? Ce fut le bouillonnement régulier qui lui rappela soudainement où elle se trouvait. Avec un sursaut, elle vérifia l'état de la potion, puis l'heure. Elle avait encore au moins une demi-heure devant elle avant de passer à la suite. Elle remarqua également la couverture posée sur ses épaules lorsqu'elle tira machinalement dessus en étouffant un bâillement. Et les copies corrigées qui avaient disparues. Et sa plume rangée. Elle cligna des yeux en se demandant si elle s'était sciemment endormie sur cette table, ou si… Non, impossible, le professeur Rogue n'aurait jamais fait ça. Elle rit doucement à cette idée saugrenue, et termina de corriger les copies dans le calme de la réserve. Lorsqu'elle termina finalement, la jeune sorcière pu aller se laver rapidement avant de pouvoir finir le Polynectar.
Lorsqu'elle sortit enfin de la réserve, en ce début de Samedi matin, le directeur des Serpentards venait vraisemblablement de sortir de sa propre chambre. Elle lui adressa un léger sourire en montant les escaliers qui fit lever un sourcil à Severus, avant qu'il ne se racle la gorge
« Déjà réveillée ?
- Oui… » elle fronça légèrement les sourcils. « J'ai terminé le Polynectar, et la correction des copies… » S'il fut légèrement surpris, il n'en montra rien
« Félicitation… Vous m'êtes d'une aide précieuse. »
Au léger rictus qui lui échappa, Abigail se douta qu'il lui en coûtait de lui faire quelques compliments. Elle haussa les épaules et alla récupérer un gant de protection dans sa chambre, avant de filer à la volière. Elle avait reçu un message de Sirius quelques jours plus tôt, et ils avaient convenu avec Harry qu'ils se rejoindraient à la volière. Evidemment, elle n'en avait parlé à personne d'autre, autant pour préserver son cousin qu'eux-mêmes. Enfilant le gant de protection par-dessus sa robe, elle grimpa les escaliers quatre à quatre. Hermione et Ron discutait avec Harry, qui avait déjà Edwige sur son bras. Elle salua le trio en souriant, avant d'appeler sa chouette Effraie, Snapey, qui vint s'agripper à son bras protégé.
« Tu lui as répondu ? »
Harry sourit et hocha la tête.
« Evidemment. Est-ce que tu dois partir tout de suite ?
- Non… Non, pourquoi ?
- On se demandait juste si Rogue n'avait pas de toi son elfe de maison ! » s'esclaffa Ron
Hermione lui donna un coup de coude en roulant les yeux, fort peu amusée par cette plaisanterie de mauvais goût – après-tout, elle était contre l'esclavage des elfes de maison. La jeune sorcière croisa les bras
« C'est à propos d'Ombrage. On pense qu'elle va essayer de faire bouger l'école, à sa manière. Et autant dire que cela ne sent pas bon du tout, vu les cours qu'elle nous prodigue… »
Abigail s'appuya contre le mur de la volière, à côté de la porte. Elle hocha doucement la tête avant de laisser la chouette s'envoler avec sa lettre, rejointe par Edwige.
« Et… Avec ce qui se raconte dans la Gazette du Sorcier…
- Il va falloir redoubler de prudence avec Sirius, Harry. Minerva avait prédit ce que vous me dites, mais rien n'a encore changé, n'est-ce pas ? Dumbledore est malin, ne vous inquiétez pas.
- Je… Je fais encore des rêves. »
La rouquine pinça doucement les lèvres en laissant son regard glisser sur le trio.
« Que voulez-vous exactement ? Je suppose que vous ne me racontez pas tout ça pour… Rien.
- Peut-être qu'il existe une potion ? Quelque chose pour atténuer la douleur, ou effacer les rêves ?
- Ce ne sont pas des rêves banals, et je ne suis pas habilité à trouver des remèdes contre ce que subit Harry. Vous comprenez, j'espère, que c'est quelque chose de tout à fait exceptionnel… » Comme ils hochaient piteusement la tête, elle continua « Vous devriez allez voir Dumbledore… Et n'hésitez pas à me parler d'Ombrage. »
Un sourire amusé se glissa sur le visage de Ron, alors qu'ils sortaient tous de la volière. Abigail ne retourna pas immédiatement au château, mais flâna aux alentours afin de récupérer quelques plantes. Elle passa ensuite le reste de la journée à la bibliothèque, emprunta plusieurs livres et les déposa dans sa chambre avant de se rendre au dîner. Prise dans une grande conversation avec le professeur Chourave, Severus était à son bureau – revérifiant les copies – lorsqu'elle entra dans la salle. La rouquine se dirigea immédiatement vers lui, légèrement anxieuse.
« Professeur… J'aimerai faire quelque chose avec vous. »
Il leva un sourcil interrogateur, reposant sa plume et croisant ses mains devant son menton.
« Je vous écoute…
- Eh bien… Vous pouvez me suivre ? »
Elle sortit du bureau pour aller récupérer une grosse pile de livres et de parchemin dans sa chambre, avant de descendre dans la salle de cours où le bureau était bien moins encombré. Elle laissa tomber les livres sur le meuble, avant de passer une main dans ses cheveux en lâchant un rapide soupire.
« Vous avez remarqué – et vous me l'avez fait remarquer également – que j'étudiais beaucoup les Loups-Garous… En réalité, je fais des recherches. J'aimerai trouver une potion amélioré de la potion Tue-Loup, qui permettrait au malade de garder sa forme humaine… Une sorte de thérapie… Ca ne le guérirait pas forcément, ce serait fabuleux si cela se pouvait, mais restons réalistes, alors-
- Calmez-vous. S'il vous plait, calmez-vous. » lâcha-t-il en soupirant. « Pourquoi vous aiderais-je dans cette quête futile qui semble perdue d'avance ?
- Vous maîtrisez la préparation de la potion Tue-Loup à merveille ! Rémus me l'a dit, il vous en est d'ailleurs très reconnaissant. Imaginez, vous seriez celui qui a découvert ce nouveau remède ?! Cela ne vous excite pas ?!
- Tellement… »
La jeune femme sentit ses épaules s'affaisser. Elle retint un soupire en posant les yeux sur les documents étalés sur le bureau.
« Je suis certaine qu'avec votre aide, nous aurions pu y arriver… Pensez à tous ces Lycanthropes qui aimeraient bien ne pas risquer de tuer leurs proches à chaque pleine lune !... »
Rogue plissa légèrement les yeux, avant de demander d'une voix lente et sarcastique
« Pensez-vous réellement à la communauté lycanthrope, où agissez-vous égoïstement pour ce cher Rémus Lupin ?...
- Non… C'est peut-être le seul loup-garou que je connaisse, mais mes recherches n'ont rien d'égoïstes. Si elles peuvent l'aider, elles pourront aider chaque personne atteinte de ce mal. » souffla-t-elle, prise de court par la question.
Il sembla réfléchir un instant, et fit deux belles piles avec les livres et les parchemins négligemment lâchés sur le bureau.
« Je suppose que cela peut se faire…
- Oh, merci Severus ! » lâcha-t-elle avec un grand sourire, soulagée.
Le directeur des Serpentards tiqua légèrement, mais ravala le « ne m'appelez pas Severus » qui avait voulu sortir froidement. Il préféra secouer imperceptiblement la tête, et rejoindre son bureau. Il s'arrêta à la moitié des marches, tandis qu'Abigail récupérait ses documents.
« Ne soyez, à l'avenir, plus en retard après le dîner si vous désirez réellement aider les… Loups-Garous. » fit-il avant de disparaître derrière la porte.
