Bonjour ! Voici que les choses sérieuses commencent tout doucement. Voici mon troisième chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture ;)
Caroline était épuisée, autant physiquement qu'émotionnellement. Ils avaient tout essayé, ils avaient fouillé sa tête et ses souvenirs, utilisé chaque petite minuscule faiblesse possible, chaque sentiment qu'elle avait ressenti, et Dieu sait qu'elle en a ressenti un paquet, ils ont tout utilisé contre elle, de la même manière que Silas. Ils avaient joué pendant des mois sur ses perceptions, modifié chaque instant de bonheur et de joie en souffrance. Ils lui avaient tout pris, tout détruit. Mais elle était plus forte que ça. Le simple fait de savoir qu'ils la torturaient lui permettait de se détacher complètement de la situation, mais ça n'empêchait pas la douleur.
Après avoir pris ses souvenirs, ils essayèrent de prendre son contrôle. Dire qu'elle avait lutté pour museler son côté vampirique et sa soif de sang était une évidence, et ils avaient décidé de lui injecter le virus Augustine. Bien qu'Enzo avait reçu sa dose la semaine d'avant et avait lutté corps et âme pour résister, Caroline ne put s'empêcher de penser une nouvelle fois à ce que Klaus lui avait dit «Fusionne avec ton côté vampire, love, tu n'as pas idée de ton potentiel » Ah ! s'il avait su, à ce moment-là, ce qu'elle subissait aujourd'hui, il ne lui aurait probablement jamais dit. Et aujourd'hui, elle ressentait une toute nouvelle soif. C'était plus intense encore que lors de sa transformation. Tout son corps semblait brûler de l'intérieur, la douleur avait atteint un tout nouveau palier, et même en essayant de toutes ses forces, elle ne put s'en détacher. Elle cessa de respirer juste pour ne pas hurler, mais le cri sortit quand même. Elle sentit ses crocs percer sa peau sans qu'elle ne puisse rien contrôler. « Respire, respire profondément » elle ne cessait de se le répéter mais l'odeur dans la salle la submergeait. Comment Enzo avait-il survécu la première fois ? « Renforce-toi, Caroline. Ne les laisse pas te prendre ce qui fait de toi qui tu es. Apprends d'eux pendant qu'ils essayent de t'atteindre. Tu es une maniaque du contrôle, georgeous, alors amplifie cette partie de toi, et laisse s'étendre à tout ton esprit. Ne les laisse pas prendre ton incroyable self control. » Facile à dire mais la douleur l'empêchait de penser, elle n'était peut-être pas assez forte. Ils allaient peut-être gagné sur elle, finir par la briser comme on brise une brindille. Elle avait tenu quoi ? 5 ans ? 6 peut-être ? Alors que son compagnon avait déjà vécu ça pendant plus de septante ans. Était-elle si faible, inutile et vide ? Damon avait-il vu clair en elle depuis le début ? La réalisation la heurta de plein fouet, avec autant de violence que la douleur de la soif. Pourquoi fallait-il qu'elle pense à ça à présent ? Ah oui, elle allait prouver à ce vampire que vampire Barbie est bien plus fort que lui, et que la seule personne vide et inutile c'était lui. Oh non, personne ne lui prendrait son self contrôle, sa fierté. Elle laissa sa colère l'envahir complètement. Chaque parcelle de son être vibrait sous la rage qui l'habita au bout de quelques secondes. Elle laissa toutes les émotions qu'elle avait retenue pendant toutes ces années, toute sa rancœur et son désespoir s'écouler en elle, balayant la soif, balayant tout le reste. Elle hurla une nouvelle fois, mais cette fois-ci, ce fut différent. Un toute autre sorte de cri qui se répercuta dans le bâtiment, et qui bientôt eut des échos des autres détenus.
Elle hurlait sa rage envers ces humains qui la torturait alors qu'elle ne le méritait pas vraiment, elle hurla sa peine parce qu'encore une fois elle aimait le mauvais garçon, elle pleura sa rancœur parce qu'encre une fois on ne l'avait pas choisie, elle laissa l'irritation d'être toujours le second choix suivit rapidement par une vague de haine qu'elle dirigea vers toutes les personnes qui l'avait blessée. Les médecins, les infirmiers, sa mère qui l'avait abandonnée, son père qui avait choisi de la torturer avant de décider de mourir au lieu de devenir comme elle, les frères Salvatore pour avoir amené les vampires dans sa vie, et enfin elle visa Klaus. Klaus qui devait venir la sauver et qui ne vint jamais. Klaus qui lui avait promis le monde et qui avait décidé de coucher avec la seule personne qu'elle haïssait vraiment de tout son être, et de la mettre enceinte par la même occasion. Klaus qui lui avait promis une éternité de bonheur, une éternité à être quelqu'un de spécial, elle Barbie bébé vampire qui n'avait jamais été autre chose que le second choix, avait touché l'être le plus puissant du monde. Klaus qui lui avait promis tout ce qu'elle rêvait et qui ne venait pas la chercher. Elle qui avait tant besoin de lui en ce moment, qu'il lui dise que tout allait bien se passer, qu'elle faisait un cauchemar et qu'elle allait se réveiller, mais il n'était pas là, et elle était bien ancrée dans la réalité.
Elle était irrationnelle, elle le savait, mais relâcher toute cette haine la fit se sentir tellement mieux. A travers ses émotions, elle retrouva comment faire pour contrôler sa soif, pour ne pas abandonner, parce que si personne ne venait la sauver, elle sauverait Enzo. Parce qu'il était le seul qui ne l'avait pas trahie. Le seul qui avait fait exactement ce qu'il avait promis de faire. Et quoi qu'elle doive subir, quoi qu'ils décident de leur faire, elle les sortirait de là, parce qu'à présent, rien ne comptait plus que lui. Il lui avait tout enseigné pour survivre en enfer. Elle lui devait au moins ça. Il avait tué pour elle, elle lui retournerait la pareille.
- Comment a réagi le sujet ? demanda le médecin
- Regardez par vous-même. Après une brève crise d'hystérie, le sujet sembla avoir retrouvé l'esprit et reste en contrôle. Cela fait deux minutes que nous avons posé l'échantillon et elle n'y a pas encore touché. Elle répond à tous les stimuli pour l'instant, répondit l'infirmier.
- Et son partenaire ? demanda l'homme en blouse blanche en prenant quelques notes
- Il a gardé un self contrôle tout aussi impressionnant, mais il est plus vieux, je pense que cela est un avantage pour lui
Caroline renifla avec dédain. Comme si le fait d'être plus vieux valait quelque chose quand on vous injecte un produit prévu pour vous transformer en Eventreur. Stefan avait réussi à le contrôler, ils y arriveraient aussi.
On la ramena à sa cellule. Elle ne pouvait même pas parler, à peine garder les yeux ouvert et le sol de sa nouvelle maison lui sembla si confortable tout à coup. Elle entendit à peine la vois d'Enzo lorsqu'il chanta une berceuse pour elle.
Elle se réveilla quelques heures plus tard avec l'impression qu'un bus l'avait percutée. Elle s'assit difficilement avant de prendre une grande respiration. Tout lui semblait plus accentué encore qu'avant. Comme si elle redevenait un vampire. Sa vue s'adapta à la lumière brut qui émanait d'une source inconnue et qui semblait être partout.
- Enzo, est ce que tu es là ? demanda-t-elle soudain presque en murmurant
- Oui, sunshine, bien dormi ? répondit-il avec son air sarcastique. Elle imagina sans problème son petit sourire en coin et son sourcil levé. Elle secoua la tête et elle sentit pour la première fois depuis longtemps le rire monter le long de sa gorge.
Elle ne put s'en empêcher, elle rit. Pas un éclat de rire à quelque chose de drôle, mais un rire qui accompagnait son habituel 'je lève les yeux au ciel' roulement des yeux et son compagnon de misère n'eut aucun mal à le visualiser.
- Je me sens étrange, elle reprit soudain.
- Comment ça étrange ? Tu veux croquer du vampire ? il lui demanda sérieusement
- Quoi ? Non ! Je me sens, je ne sais pas, bizarre. Comme si quelque chose grattait à l'intérieur de ma tête et que je ne sais pas comment gratter. Est-ce que tu le ressens aussi ? elle demanda, confuse avec ce qu'elle pouvait ressentir.
- Je pensais que j'étais le seul à le ressentir, Caroline. Mais si tu le ressens aussi, ça veut dire qu'ils nous ont fait quelque chose d'autre que simplement nous injecter le virus, Enzo murmura en guise de réponse.
Il s'adossa au mur et posa sa tête sur ses genoux. Depuis qu'on leur injectait toutes sortes de produits, mais en particulier juste après sa crise post virus il y a une semaine, il avait commencé à le ressentir. Comme une pression qui l'entourait de l'intérieur, qui semblait vouloir pousser son esprit aux confins de son corps, comme si ça voulait sortir, exploser, et le déchiqueter par la même occasion. Il prit trois grandes inspirations avant de relever la tête.
Les deux vampires perçurent au bout de quelques secondes le bruit des pas des infirmiers dans le couloir. Une nouvelle journée en enfer commençait toujours par ça. Les infirmiers la prenaient elle, et il la regardait partir, puis lui. Ils iraient dans la même salle, juste séparé par un rideau, et ils feraient en sorte que les deux vampires puissent bien entendre et sentir les souffrances de l'autre.
- Debout, debout petites sangsues ! Aujourd'hui est un nouveau jour ! annonça joyeusement le premier garde-infirmier.
- Le chef a décrété que vous étiez prêts pour la phase deux. Soyez contents. Moins de découpage, plus d'action, continua le deuxième garde-infirmier.
- La phase deux ? demanda Caroline sans pouvoir s'en empêcher
- Et oui Barbie la phase deux, tu vas voir tu vas adorer, lui répondit le premier garde-infirmier
- Maintenant debout tous les deux, on y va, commanda le deuxième
Caroline et Enzo se levèrent en parfaite synchronisation et se placèrent face à la vitre. Elle s'ouvrit et ils avancèrent vers les gardes. Caroline prit une grande respiration. Ils sentaient le sang, mais pas le sang humain, non, mais l'autre sang. Et elle était affamée. Elle capta du coin de l'œil le vampire brun lui faire un signe négatif imperceptible. Ce n'était pas encore le moment.
Ils passèrent par un dédale de couloirs, de salles, de cages et ils arrivèrent enfin dans une immense salle. Ça ressemblait à un gymnase, mais en blanc. Une immense salle avec le sol, les murs et le plafond brillant, tout un équipement comme s'ils allaient s'entrainer pour les jeux olympiques en athlétisme.
- C'est quoi votre problème avec le blanc ? demanda soudain Enzo d'un air sarcastique
Mais personne ne lui répondit. On les força à s'agenouiller et un homme entra. Il était brun de cheveux, il avait les yeux clairs et il était incontestablement grand. Il devait avoir une bonne soixantaine d'années vu les rides mais pour le reste il paraissait en assez bonne forme. Il portait un costume noir et une chemise blanche. Il s'avança vers eux la tête haute et un sourire sadique plaqué sur ses lèvres. Il s'arrêta à un mètre des deux vampires et les regarda d'un air dédaigneux avant que son sourire ne s'élargisse.
- Ce sont eux ? demanda-t-il à un des gardes non sans continuer à fixer les deux créatures sur le sol
- Oui, monsieur Maxfield. Le mâle a été injecté il y a une semaine, mais c'est un ancien Augustine, ça a pris plus de temps que prévu pour se manifester.
- Et la femelle ?demanda-t-il
- Injectée hier, monsieur. Elle a réagi tout de suite aux différents stimuli demandés.
- Ils sont parfaits, murmura alors l'homme en s'accroupissant devant chaque créature.
Lorsque Caroline vit sa main approcher son visage, elle ne put retenir un geste de recul et le dégout de se peindre sur son visage. La femelle ? Vraiment ? Elle sentit l'irritation l'envahir entièrement et elle lutta de toutes ses forces pour museler ses émotions et rester le plus immobile possible. Elle jeta un regard à Enzo qui fronçait les sourcils en fixant l'homme. La jeune vampire se repassa la petite conversation avant de se figer. Mais avant qu'elle ne puisse penser plus loin, Enzo parla.
- Maxfield ? Comme dans le docteur Wes Maxfield ? demanda le vampire, un air mi amusé, mi sérieux
- Le même sang, vampire. Wes était mon fils. Et vous deux, vous allez me ramener son assassin, répondit simplement l'homme en se relevant. Bienvenue dans la phase deux !
Voilà voilà. On avance tout doucement. J'espère que vous avez aimé :) n'hésitez pas à me donner vos avis, c'est d'une grande aide pour écrire (et d'une grande motivation aussi). Bisous bisous
Kid'
