Et non, ce n'est pas Noël. C'est juste une troisième publication "régulière". Vous ne rêvez pas.

Encore un peu de blabla… puis de l'action !


Chapitre 4 : Le feu aux poudres

Au début ce ne fut qu'une lumière vive et pure venant de la surface de l'eau, rayonnant vers le ciel et éclairant la froide matinée de Durmstrang. Puis un chant céleste s'éleva, celle de la frontière entre les mondes. Et une silhouette émergea peu à peu de la lumière, une grande silhouette, aussi grande que celle du géant de pierre qui ornait la fontaine. Une odeur de soufre s'éleva alors que les deux mondes, pendant un instant, se rencontraient, pour laisser passer un Néphilim.

Cette fois-ci, il savait qu'un Néphilim allait apparaître, mais il ne pouvait pas prévoir lequel. Quand la forme d'une cavalière se précisa, il reconnut Skuld, Norme et Valkyrie de son état. Le sourire d'Arès s'agrandit. Il adorait Skuld.

La légende nordique disait que les Valkyries étaient des femmes montées sur des chevaux galopant dans le ciel et que leur mission était de venir chercher les Vikings tués au combat pour les emmener dans leur Walhalla, leur paradis. Les Néphilims avaient tous frappés les esprits, alors des cavalières combattantes dotées de pouvoirs magiques exceptionnels… Elles étaient devenues une véritable légende.

"Par Morgane" souffla Nicasius, les yeux rivés sur la figure de l'être irréel.

"Oh, mon dieu…" gémit Hermione.

"Par le scrotum ankylosé de Mordred…" souffla Gunhild.

"C'est…" souffla Ludwig.

"Une Valkyrie !" conclut Anvald avec des grands yeux écarquillés.

Othman et Liam échangèrent un regard déconcerté.

"Bonjour Hylil tout puissant" fit Skuld dans une révérence.

"Bonjour, cher enfant" sourit le dieu avec bienveillance. "Merci d'être venue."

"Je n'avais pas le choix, sinon c'était Loki."

Loki était aussi un Néphilim. Il n'était pas forcément le plus recommandé pour faire une initiation ; il aurait traumatisé les jeunes sorciers.

D'ordinaire, les Néphilims étaient appelés de façon tout à fait aléatoire. Le passage à travers ondes s'ouvrait de même façon de l'autre côté, en projetant un rayon de lumière à un endroit au hasard du grand lac qui serpentait dans la Caverne ; le premier qui le voyait devait sauter dedans. Mais Skuld faisait partie des Néphilims qui pouvaient voir l'avenir… Elle avait donc probablement prévu de se trouver près du passage lorsqu'il s'ouvrirait avant que Loki ne puisse traverser.

Le cheval renâcla. Elle se pencha pour lui flatter l'encolure. Le pauvre animal n'avait visiblement pas apprécié le voyage, ses oreilles s'agitaient en tous sens et le blanc de ses yeux était visible. Dressé comme il l'était à parcourir les champs de bataille sans sourciller, il restait relativement calme. Un néophyte en chevaux n'aurait pas remarqué son anxiété.

D'un pas sûr, il enjamba le rebord de la fontaine près d'Arès. Il était grand, à l'échelle des Néphilim ; il devait faire à peu près deux mètres au garrot. Les jeunes sorciers reculèrent aussitôt.

Skuld mit pied à terre après l'avoir arrêté en serrant doucement ses éperons contre son flanc. Le cheval resta parfaitement immobile alors qu'elle s'approchait de l'assemblée de mortels.

"Tu peux y aller" lui ordonna Arès avec une voix douce. "Ils ont déjà reçu les révélations."

Elle hocha lentement la tête en les considérant un à un. Lorsqu'elle croisa le regard de Lennart, elle le salua sobrement. Ils ne s'étaient jamais vus en personne mais tous les Néphilims connaissaient les Opyrs et le travail considérable qu'ils fournissaient pour leur cause.

"Euh, Arès… ?" commença Anvald, visiblement très rassuré.

"Ne vous inquiétez pas" répondit-il. "Skuld est là pour vous rendre un petit service. Vous pouvez lui faire entièrement confiance."

La Néphilim sourit de toutes ses dents en un rictus effrayant. "Vous n'avez rien à faire. Ne bougez pas." Elle mit la main à la garde de son épée et la tira prestement, faisant résonner le cri du métal contre métal dans la cour de Durmstrang.

Personne ne protesta. Ils étaient probablement trop intimidés pour pouvoir le faire de toute façon.

L'épée fut levée au ciel, puis pointée vers le sol. D'un geste du poignet Skuld la ficha dans le sol de pierre sans aucune peine. La Néphilim jeta un dernier coup d'œil en direction d'Arès avant de reporter son attention vers l'épée. Il sentit qu'elle appelait le pouvoir de la Terre et concentrait de la magie dans la lame, la récupérant à son avantage. Au bout de quelques secondes, la puissance magique était telle que l'air commença à crépiter.

Arès sourit en comprenant qu'elle cherchait à utiliser le sol de pierre comme conducteur pour toucher les sorciers en même temps. Elle était très ingénieuse.

Des langues de magie se formèrent entre l'épée et les différents sorciers, excepté Lennart et Arès, formant une toile invisible à l'œil nu. Ludwig prenait note de chaque détail, observant scrupuleusement la façon qu'avait la Néphilim de manipuler l'énergie.

Et d'un coup ses paupières se fermèrent et son visage devint impassible ; Malvina, Senalda, Lyra, Anvald, Gunhild, Nicasius, Othman, Liam, Chloé et Hermione subirent le même sort alors que la magie de Skuld les atteignait eux aussi. Elle enchantait leur âme même afin qu'ils aient des visions du passé, un passé si reculé que la guerre au royaume des dieux n'avait pas encore commencé et les deux magies encore en symbiose.

Arès contempla leurs expressions paisibles alors qu'ils étaient plongés dans leurs souvenirs les plus lointains, jusqu'à leur première vie lorsque l'harmonie était encore palpable. Il les enviait ; leur voyage vers la mémoire de leur âme allait leur être fantastique… Ils allaient voir l'harmonie comme s'ils la voyaient pour la première fois. C'était une chance de l'avoir oubliée, si c'était pour la redécouvrir de façon si merveilleuse.

Cela ne dura pas plus d'une minute. Arès et Lennart patientèrent en scrutant leurs visages, dans l'attente de leur retour dans le présent. Lorsque leurs yeux s'ouvrirent, le silence demeura quelques instants. Ils n'osaient pas parler, de peur d'oublier ce qu'ils venaient de voir.

Chacun réagit de façon différente. Certains se mirent à pleurer à chaudes larmes (Hermione et Ludwig), certains se laissèrent tomber assis à même le sol (Malvina), certains restèrent figés (Lyra). Mais tous évitèrent de croiser le regard des autres. Ce n'était pas si facile de voir toutes ses convictions tomber en morceaux d'un coup. Ce n'était pas si facile d'affronter la réalité atroce du monde qui les entouraient, où tout avait été décidé pour eux depuis bien longtemps.

Arès laissa Lennart les observer pendant qu'ils récupéraient de leurs émotions et se tourna vers Skuld. Elle avait récupéré son épée et semblait atrocement fatiguée ; elle était très pâle et ses mains tremblaient.

Visiblement, elle allait avoir du mal à retraverser vers la Caverne.

Arès s'approcha d'elle et se leva sur la pointe des pieds pour lui tapoter le coude.

"Il faut que tu repartes maintenant. Chaque seconde est précieuse. Je dois juste te demander de dire à Meir qu'il faut retrouver la bague de Salomon, si je ne l'ai pas je ne peux pas revenir au royaume des dieux."

Elle hocha la tête. Elle ne dit rien, se contentant de récupérer son cheval qui n'avait pas bougé d'un pouce et de retourner vers la fontaine. Elle économisait ses forces, réalisa le dieu. Heureusement qu'elle n'avait pas eu en plus à tout expliquer aux nouveaux initiés.

Elle disparut dans le rayon de lumière et tout redevint normal. La fontaine était calme. Le vent soufflait froidement. C'était comme s'il ne s'était rien passé d'extraordinaire. Seule une odeur persistante de soufre indiquait qu'il en était autrement.

"Ils se réveillent" indiqua Lennart à son attention.

En effet, petit à petit les regards de ses amis se focalisaient à nouveau sur leur environnement concret. Hagards, hébétés, ils se regardaient les uns les autres comme s'ils se voyaient réellement pour la première fois.

Il leur expliqua en quoi consistait l'Ordre de l'Aube Dorée. Il leur présenta Lennart comme un des douze Opyrs qui régulaient l'Ordre, passant rapidement sur leur statut d'immortels. Il les encouragea à ne pas regarder trop en arrière et à ne pas se fixer sur leurs souvenirs, mais plutôt à les considérer comme une force de motivation pour continuer à vivre dans cette vie. Il savait que c'était dur, mais qu'ils y arriveraient.

L'expérience les avait changés. Arès savait qu'il faudrait plusieurs jours au moins pour qu'ils arrivent à intégrer tout ce qu'ils avaient vu dans leur vie actuelle. A ce moment seulement, ils recevraient la marque distinctive qui garantirait leur silence et leur donnerait un lien magique, énergétique, avec l'Ordre, permettant par exemple de transplaner sans utiliser leur propre magie vers un des lieux de réunion en se touchant simplement le front.

Une heure après l'expérience, ils étaient suffisamment redescendus sur terre pour passer à la suite des événements. Avec l'aide de Lennart et par voie de Cheminette, il les escorta à Catal Hoyuk pour qu'ils y passent une quinzaine de jours.

Philippa les accueillit chaleureusement dans la salle où se trouvait la cheminée, laissant Arès les guider dans la partie de la ville souterraine qui accueillait les quartiers des nouveaux membres. Alors qu'elle les laissait tous passer devant elle avec politesse, Arès en tête, Anvald, Othman, Lyra et Ludwig lui emboîtèrent le pas de près, se détachant du petit groupe.

"Mais… c'est une gamine !" fit remarquer Anvald avec pertinence quand ils quittèrent Philippa.

"Elle a été transformée en Opyr à dix ans" précisa Arès. "Elle a presque deux mille ans en réalité."

"Je crois que j'ai une migraine…" soupira Othman à ses côtés.

Lyra vint marcher à son niveau dans le large couloir de pierre. "Comment est-ce qu'on peut être transformés en Opyr ? Je croyais qu'ils étaient une espèce différente des humains ?"

"Tu n'as pas deviné ?" s'étonna Arès. Il s'adressa à Ludwig par-dessus son épaule. "Toi, tu dois avoir deviné non ?"

"Mmmh, je crois que oui. Opyr, ce n'est pas l'étymologie de vampire ?"

"Si" fit Arès avec lassitude. "Thadée, celui qui va vous former en combat pendant votre séjour… il a essayé de donner son sang à des Moldus il y a quelques siècles. C'est lui qui a créé les vampires tels que vous les connaissez dans le monde sorcier. Il pensait qu'il pourrait les rendre immortels…"

"Ça a marché, non ?" remarqua Ludwig. "Les vampires sont immortels."

"Pas tout à fait. Ils ne sont que l'ombre des Opyrs. Ils ont bien trop de faiblesses pour pouvoir vivre correctement. Par exemple, ils doivent boire du sang pour se nourrir alors que les Opyrs ont gardé le même fonctionnement biologique que les humains. Les Opyrs sont vraiment immortels : s'ils sont tués, peu importe leur blessure, ils reviennent à la vie dans un corps neuf identique au leur."

"Impressionnant" souffla Lyra.

"J'avais peur que le professeur Lennart se mette à boire notre sang" frissonna Othman.

Ludwig éclata de rire.

"Mais alors, comment sont-ils devenus ce qu'ils sont ?" s'intéressa Lyra. "C'est… ça se passe avec le sang, c'est ça ?"

"Je leur ai donné de mon sang" fit simplement Arès. Puis, il rajouta, en voyant que ses amis se tournaient vers lui avec intérêt. "Non, je ne recommencerai pour personne d'autre. Déjà, en ce moment je ne peux pas, je n'ai qu'un sang normal, j'ai un corps d'humain comme vous. Et je ne souhaite à personne de traverser la même chose que les Opyrs… Revenir à la vie à l'infini, ce n'a rien d'agréable. Et ils ont traversé des siècles en laissant à chaque fois les humains qui les entouraient mourir. C'est une malédiction qu'ils ont eux-mêmes choisi. Vous voyez, eux aussi se sacrifient pour notre cause."

Arrivé dans la salle commune autour desquels s'articulaient les espaces réservés aux nouveaux membres, Arès s'arrêta, laissant tous les autres les rejoindre. Au moment où Lennart et Philippa, qui fermaient la marche, arrivèrent enfin, une autre porte s'ouvrit, laissant apparaître un Thadée survolté.

"Voici les petits soldats" se réjouit-il en se frottant les mains. "Parfait. Oh, excusez-moi, Monseigneur, je ne vous avais pas vu." Arès fit signe de continuer. "Avec moi, vous allez en baver. Vous êtes là pour devenir, en deux semaines, des espions d'exception. On va vous montrer comment utiliser la magie d'une façon que vous ne pouvez même pas imaginer. Pendant ce temps, ça ne servira à rien de réfléchir à ce que vous allez faire après, à votre famille ou vos amis. Considérez-les comme morts" ajouta-t-il avec un sourire sadique. "Maintenant, votre vie entière se résume à l'Ordre. Et ça ne sert à rien de chercher à s'échapper, vous êtes en plein désert. Vous allez devenir l'incarnation même des mots loyauté, courage et débrouillardise. En sortant d'ici, vous allez tomber en Enfer. Compris ?"

Les têtes se tournèrent vers Arès, sourcils froncés. Celui-ci éclata de rire. "Oh, Thadée, je vois que tu es content d'avoir de nouveaux souffres-douleurs. Je te les laisse. N'en fais pas trop, d'accord ?"

L'autre leva un bras musclé couvert de tatouages tribaux pour se passer la main dans les cheveux. "Euh, d'accord, Monseigneur. Je peux leur lancer le sortilège ?"

"Arès ?!" protesta Lyra en le regardant avec insistance.

Il lui tapota sur le crâne avec un petit rire. "Ne t'en fais pas, il ne va pas vous faire trop de mal. Si vous avez envie de soutien, allez voir Philippa" termina-t-il en désignant la petite fille du menton. "Elle est très gentille elle."

"Peuh !" fit Thadée sardoniquement. "Bon, les mioches, déposez vos baguettes dans ce sac, là-bas, par terre; je vous les redonnerai si vous n'êtes pas morts d'ici là."

Ils s'exécutèrent avec plus ou moins de conviction. Gunhild rejeta fièrement le menton en l'air une fois débarrassée de sa baguette ; Senalda, elle, tremblait comme une feuille.

Thadée leva le bras et lança un puissant sort de Mutisme sur tous les petits nouveaux en informulé, sans baguette. Ludwig écarquilla les yeux et ouvrit la bouche pour commenter mais – c'était trop tard, aucun son ne sortit de sa bouche.

Malvina se tourna vers Arès, effrayée. Celui-ci lui sourit, aucunement concerné par leurs réactions outrées.

"Bah oui !" aboya Thadée vicieusement. "Vous croyiez que j'allais supporter de vous entendre jacasser pour un oui ou pour un non ? Vous ne parlerez qu'une fois que j'en aurait fini avec vous, bande de nuls, à moins que vous ne soyez morts avant !"

Arès vit Philippa et Lennart échanger un regard exaspéré.

"Jonah, tu viens ? On s'en va."

Jonah/Lennart leva les yeux au ciel avant d'obtempérer. "Très franchement, je ne vois pas comment Thadée pense pouvoir réussir avec de tels procédés…"

"Oh, mais il réussit très bien depuis qu'il arrive à les empêcher de s'échapper avant la fin de leur stage."

Et leurs voix se perdirent dans le couloir, laissant une poignée d'adolescents muets et désemparés.

-OoO-

"Potter" grogna Voldemort en voyant Arès pointer le bout de son nez au château Serpentard alors que son Elite mangemoresque attendait sagement ses instructions, assis autour d'une longue table d'ébène ciré. Il était suivi de Regulus, ayant respecté la promesse faite la veille.

Arès ne répondit pas. Il se contenta de se faire apparaître un fauteuil à la droite du trône du Seigneur des Ténèbres et de s'y laisser tomber alors que son père rejoignait les autres Mangemorts et les saluait silencieusement.

On était 30 juin, en fin d'après-midi. D'ici quelques heures Voldemort prendrait la tête du gouvernement anglais. Si tout se passait bien…

"Pourquoi Regulus est là ?" gronda à nouveau Voldemort.

"Tu allais l'appeler pour l'attaque, autant l'amener directement avec moi" contra Arès. "Et ne m'appelle pas Potter. Il y encore plein de gens qui ignorent mon identité."

: Ah oui ? Lesquels ? : se moqua Voldemort en passant au Fourchelangue. : Les Mangemorts ? Parce qu'ils le savaient avant moi, eux… :

: Ne fais pas ta diva, ça ne te va pas très bien le mélodrame. Et non, le Ministère ne le sait pour commencer. Et le reste du monde non plus. :

: C'est complètement inutile de continuer à cacher ça, Dumbledore est mort. :

: Oui mais ça pourrait être sacrément utile de faire réapparaître Harry Potter si une résistance s'organise… : fit remarquer Arès mine de rien.

: Il n'y aura pas de résistance : assura Voldemort avec aplomb. : Trève de bavardage. J'étais en train d'organiser les différents rôles pour ce soir avec mon Elite - :

: Moins Regulus. : précisa Arès avec impertinence.

: Moins Regulus : reconnu Voldemort. : Il aura un autre rôle à jouer. :

: Ah ? :

: Et tu l'aurais su si tu avais été présent pendant la préparation. :

Arès fit un petit sourire d'excuse. : Pas faux. De toute façon, je n'ai toujours pas retrouvé ma magie donc il était hors de question que je participe. Alors, éclaire ma lanterne. Qu'as-tu prévu comme plan diabolique ? :

Voldemort se pencha avec un sourire sadique au visage. : On va aussi attaquer l'Irlande. Regulus dirigera l'attaque. :

: Moi qui avais peur que tu ne lui fasses pas confiance… :

: Eh bien si. Il dirigera les géants et les Détraqueurs avec une partie des Mangemorts et prendra l'assaut du ministère irlandais pendant que je serai à Londres. :

: Parfait : reconnu Arès. : Vraiment intelligent. Comme ça ils ne pourront pas s'entraider pour se défendre. :

: Oui, déjà, et en plus ça aurait été idiot de ne pas profiter de tous les otages irlandais qu'on a récupéré de Poudlard. :

: Hmm moui. : reconnut Arès avec éloquence. : Et en parlant d'otage, qu'est-ce que tu as fait de Camille Bonnet ? Je ne l'ai pas vue avec les autres. :

: La Française ? C'est normal, elle est aux cachots. :

Les yeux d'Arès se rétrécirent, formant des fentes enragées. : Comment ça, dans les cachots ? C'est un otage politique ! Quand les français apprendront ça… :

: Tut-tut. On en reparle demain. Pour l'instant, le plus important c'est l'Angleterre. :

: Et l'Irlande. :

: Et l'Irlande : reconnut Voldemort. Puis il se tourna vers les Mangemorts pour dicter les derniers points importants pour la soirée, laissant Arès s'inquiéter pour le sort de Camille Bonnet dans son coin.

Si Voldemort lui avait fait du mal, si elle avait été torturée… les conséquences seraient désastreuses. La moindre étincelle de ce genre et, il en était persuadé, une résistance se mettrait en place. Quoi que Voldemort en dise, Arès n'avait pas confiance en la situation.

Puis il se rejeta en arrière dans son fauteuil avec soulagement. Si rébellion des mages blancs il y avait… la guerre n'en serait que plus trépidante. Ça desservirait ses propres intérêts. Car son but était de faire bouillir la Terre comme une cocotte minute… et ça n'arriverait que si toutes les passions étaient déchaînées dans cette guerre… que si tous les camps, lumière et ténèbres confondus, se lançaient à corps perdu dans la bataille…

Son intérêt était de laisser la rébellion s'installer. Oh oui. Et ça le fit sourire. Extérieurement, pour Voldemort en tout cas, il agirait pour les mages noirs britanniques, tout particulièrement. Mais pour de vrai… il ferait en sorte que tous, sur la planète entière, s'en mêlent. Il soutiendrait les mages blancs dans le secret. Il ferait en sorte que Dimitri Grindelwald mette le bazar en Europe de l'Est. Il encouragerait Mancina à déclarer la guere à la Chine. Il laisserait les Moldus s'interposer.

Une pensée le traversa en pensant aux élèves de Poudlard enfermés dans les sous-sols et il sourit. Oh que oui. Il allait mettre le feu aux poudres.

Quand une heure plus tard Voldemort et les Mangemorts partirent pour le Ministère, il leur adressa un sourire féroce. "Faites-les trember" demanda-t-il.

Et Voldemort fit une révérence moqueuse, ne se doutant pas du rire démentiel qui résonnait en Arès.

-OoO-

Pour prendre le ministère londonien, il y avait onze groupes de cinq Mangemorts, chacun dirigés par un des membres de l'Elite : Mulciber, Rookwood, Yaxley, Selwyn, Macnair, Lucius Malfoy, Bellatrix Black, Bartemius Croupton Jr, Rodolphus et Rabastan Lestrange. Le onzième groupe ? C'était Voldemort lui-même qui en assurait le commandement.

-OoO- Rodolphus Lestrange -OoO-

Dans des plus grandes salles du château, une soixantaine de Mangemorts se préparaient au départ, cachés sous leurs masques blancs ou argentés. Rodolphus vérifia que les cinq autres de son groupe étaient autour de lui. Deux nouvelles recrues de Poudlard, trois expérimentés. Il espérait que c'était suffisant pour ne pas rencontrer trop de problèmes.

Chaque groupe avait son propre Portoloin, créés par Rookwood au Département des Mystères.

Rodolphus serra le manche de l'immense hache qui les transporterait directement à leur cible à eux sept : l'Atrium.

A dix-huit heures quarante-cinq, le Seigneur des Ténèbres poussa un cri de guerre. Dans un parfait ensemble, les Portoloins s'activèrent, laissant une salle déserte. Et Rodolphus et ses coéquipiers atterrirent dans un atrium paisible (jusqu'alors).

Dès que ses pieds touchèrent terre, il sortit sa baguette d'un geste souple et lança un sort. Un vent violent tournoya dans le grand hall et éteignit toutes les torches. Et les sorciers présents ce soir-là dans cette pièce précise, au mauvais endroit et au mauvais moment, se mirent à hurler de terreur, à la lueur diffuse projetée par l'éclairage de la fontaine de la fraternité magique.

A ses côtés, Rodolphus pouvait presque sentir le jeune Marcus Flint frétiller d'impatience.

"Bloquez les issues" ordonna-t-il en se forçant à garder la tête froide. Il était aux commandes et il ne devait pas foirer. Pas cette fois-là, alors que leur victoire était si proche.

Pendant que les Mangemorts masqués de blancs s'activaient à couper toute retraite, détruisant cheminées et ascenseurs, il désarma deux trois petits audacieux qui tentaient de les attaquer par derrière. Eric Munch, le sorcier de la sécurité, lança un Stupéfix dans sa direction en se cachant derrière son comptoir. Rodolphus esquiva et agita sa baguette, détruisant un pan de mur entier au-dessus de Munch. Un bris de verre, celui des planches du lambris fracassant la vitre du bureau de la sécurité. Un bruit sourd quand des blocs de pierre écrasèrent le bureau. Un craquement et des cris presque inhumains pendant une poignée de secondes après que le sorcier fut englouti. Et le silence.

C'était presque trop facile.

Heureusement, le Ministère n'avait jamais eu un système de sécurité très performant. Les officiels étaient persuadés d'être à l'abri du Seigneur des Ténèbres, sous terre dans un bâtiment protégé contre les Transplanages et Portoloins. Les idiots. Ils n'avaient jamais compris que les Mangemorts étaient même infiltrés chez eux à des postes très importants. La leçon de Poudlard quelques jours avant ne leur avait rien appris.

"Jetez vos baguettes par terre" lança Rodolphus de sa voix grave. "Toute résistance est inutile."

Un Auror, encore vêtu de sa robe de travail, s'interposa avec véhémence. Avant même qu'il n'ait eu le temps de lever sa baguette, Rodolphus lui envoya un Avada Kedavra bien senti. Une petite sorcier replète poussa un cri en se plaqua contre le mur, cherchant à se cacher des Mangemorts dans la pénombre ambiante.

Pauvre femme. Les Mangemorts voyaient parfaitement dans l'obscurité, ils étaient entraînés à se fondre dans les ombres. Comme tout mage noir, à force de se dissimuler aux yeux de leur société biaisée. Plus pour longtemps… bientôt ils vivraient en plein jour…

Quelques Stupéfix et Expelliarmus plus tard, la quinzaine de sorciers qui passait à ce moment précis dans le hall, au mauvais endroit au mauvais moment, étaient réduits à l'impuissance.

Ils furent ligotés, bâillonnés et traînés un à un vers la fontaine au centre de l'Atrium. Certains bataillèrent des pieds et des mains mais c'était futile et ils l'avaient deviné. Rodolphus se permit un sourire en les alignant contre le rebord de la fontaine d'un Wingardium Leviosa, dos aux statues hideuses. On tira le corps de l'Auror vers la cabine de la sécurité, empilant son corps sur celui d'Eric Munch, fraîchement tiré des décombres et bel et bien mort.

"Au moment même où je vous parle, chaque Département du Ministère est sous le contrôle des Mangemorts" déclara-t-il froidement. "Le Seigneur des Ténèbres prend le contrôle du gouvernement. Tentez quoi que ce soit d'inutile et vous serez tués sur le champ."

La sorcière replète frissonna. A côté d'elle, un officiel – mais quel âge avait-il celui-là ?, un échalas roux tout juste sorti de Poudlard visiblement, donnait l'impression de s'être uriné dessus.

Et dire que s'ils étaient partis du travail deux minutes plus tôt, ils auraient échappés à tout ce qui se passerait ce soir-là.

-OoO- Augustus Rookwood -OoO-

-OoO- Département des Mystères, 18H50 -OoO-

Quand on était Langue de Plomb, qu'on détestait son travail avec force (tous ces idiots du ministère, toutes ces heures passées à supporter les préjugés sur la magie noire) et que quelqu'un proposait d'attaquer tous les départements en même temps, qu'est-ce qu'on faisait ? On se portait volontaire pour le Département des Mystères, bien sûr.

Toute sa vie professionnelle avait mené à cet instant précis. Il avait tissé des relations avec de nombreuses figures du ministère, il avait récupéré des informations pour son Maître, il avait fait des recherches dans le cadre de ses fonctions pour servir les forces des ténèbres, il avait travaillé, longtemps, sur ces fameux Portoloins qui leur offraient leur cible sur un plateau doré… Toutes ses actions formaient une toile élaborée qui menaient directement au climax de sa carrière.

Aujourd'hui, il s'emparerait des fruits de son travail.

Il utilisa le tout dernier sort de sa création pour plonger les niveaux neuf et dix dans le chaos le plus total.

Il ne les tuerait pas. Ses chers collègues seront là pour voir la montée en puissance des ténèbres. Et ils allaient en baver.

-OoO- Lucius Malfoy -OoO-

-OoO- Département des Affaires, salle de conférence de la presse, 18H55 -OoO-

A cette heure-là, le Ministère n'était pas encore vide, oh, ça non. Surtout avec le véritable capharnaüm qui avait explosé après la chute de Poudlard.

Il avait été au ministère, auprès du Ministre lui-même, quand la missive du Seigneur des Ténèbres était arrivée au lendemain de la bataille. 'Nous avons tous les élèves de Poudlard' avait simplement écrit Lord Voldemort de son écriture alambiquée. Rufus Scrimgeour avait pâli. Que pouvait-il attendre d'autre, de toute façon ? Les Mangemorts avaient écrasés les Aurors, partis la queue entre les pattes. Aucune autre nouvelle n'avait filtrée de Poudlard durant toute la nuit et la plupart des professeurs étaient introuvables – soit tués, soit cachés au sein de l'Ordre du Phénix.

Le lendemain, la nouvelle était parvenue à la Gazette. Depuis, le monde sorcier était en ébullition. Presque tous les mineurs du pays étaient otages de Lord Voldemort. Les familles tremblaient. Scrimgeour avait essayé de canaliser le peuple. En vain.

Trois jours après la bataille, contre ses ordres, un véritable bataillon de sorciers, Aurors, simples commerçants, mères de famille téméraires avaient marché sur Poudlard. Pour récupérer les enfants. Peine perdue : ils avaient trouvés l'école barricadée, lourdement protégée par les Mangemorts. Il y avait eu des morts. D'autres Aurors étaient arrivés pour tenter d'empêcher quiconque d'approcher Poudlard : "mais enfin, pensez aux enfants ! Et si Vous-Savez-Qui décide de les tuer juste parce que vous osez vous montrer ici !"

Un Auror 'déserteur' avait répliqué qu'il ferait tout et n'importe quoi pour récupérer sa petite fille de douze ans.

Dans le désordre ambiant, il y avait eu des arrestations. La Police magique avait du intervenir. Une fois que tout fut fini, pas mal d'employés du ministère avaient été renvoyés ou suspendus. On avait emprisonné Molly Weasley parce qu'elle avait envoyé un sortilège Cuisant au chef de la Police magique.

Scrimgeour n'était pas idiot. Lucius avait tenté de le rassurer pour le garder endormi, de lui dire que tant qu'il réprimait les efforts officieux pour récupérer les enfants, tout finirait par rentrer dans l'ordre.

Oui mais. Depuis, c'était l'anarchie au Royaume-Uni. Plus grand-monde était encore loyal au ministère. Et ceux qui allaient encore y travailler n'attendait qu'une chose : une occasion de délivrer les otages. N'importe quoi, même un signe du Seigneur des Ténèbres leur aurait suffit.

Quitte à trahir leur idéologie.

Laissez la situation décanter une petite semaine puis attaquez le ministère directement. Observez. Savourez.

Quand Lucius et ses Mangemorts pénétrèrent dans la salle de conférence du niveau un, le seul endroit où il y avait encore du monde à cette heure, une dizaine de journalistes étaient en train d'interroger un sous-secrétaire. En deux temps trois mouvements, ils jetèrent tous leurs baguettes – le sous-secrétaire avait deux fils à Poudlard et les journalistes étaient simplement neutres. Enfin, presque.

Xénophilius Lovegood se jeta à ses pieds en pleurant qu'on lui rende sa Luna. Lucius s'écarta d'un pas.

"Avancez vers l'Atrium" ordonna-t-il.

Et les journalistes et le sous-secrétaire, flanqués par les Mangemorts, obéirent docilement.

-OoO- Walden McNair -OoO-

-OoO- Département de la Justice Magique, 19H00 -OoO-

'Quelle plaie' bougonnait Walden en progressant lentement dans les bureaux administratifs du Magenmagot. C'était un des étages les plus intéressants, là où il y avait les bureaux des Aurors (et donc le plus de chance d'avoir un peu d'action) et il était réduit à inspecter des quartiers administratifs peuplés de vieillards croûlants.

Qui c'est qui avait le droit d'aller buter des Aurors dans leurs bureaux ? C'était Bella chérie, pardi ! Il y avait vraiment du favoritisme chez les Mangemorts (pas un instant il ne songea qu'il était lui-même vachement privilégié, étant un des onze membres de l'Elite. Walden était un peu hypocrite. L'apanage des privilégiés).

Il eut un sursaut d'espoir quand une jeune secrétaire décida de montrer qu'elle avait été à Gryffondor et se lança dans une résistance audacieuse, mais inutile. Walden la désarma du premier coup. Elle tenta de s'échapper ; il lui attrapa les cheveux ; elle lui cracha au visage ; il lui envoya un coup de boule. Paf ! Dans les pommes. 'Décidément les jeunes de nos jours… 'Sont pas bien drôles. Pas résistants. A croire qu'ils s'amusent pas entre potes.'

Oui, parce que le kiff de Walden, c'était la bagarre. Et la beuverie. Et la bagarre. Surtout la bagarre.

Passons sur ses activités entre amis d'un caractère douteux et franchement brutales. Walden restait, rappelons-le, un Mangemort de premier ordre.

"Sortez de vos trous, bande de pleutres !" beugla-t-il en direction de la grande salle aménagée en open space qui lui faisait face.

Quatre ou cinq paires de main désarmées se levèrent de-ci de-là des différents boxes.

"On se rend !" s'écria un sorcier un peu plus loin.

"Pitié !"

"Dites-nous où sont les enfants !"

Les Mangemorts collectèrent les baguettes avant d'emmener la bonne vingtaine d'employés qu'ils avaient repêchés.

'N'empêche, Bella, elle en a de la chance' se dit quand même McNair en rangeant sa hache à sa ceinture.

-OoO- Regulus Black-OoO-

-OoO- Antenne irlandaise du Ministère de la Magie, 19H05 -OoO-

En même temps, Regulus dirigeait une dizaine de Mangemorts vers le ministère irlandais. A l'extérieur du grand bâtiment en brique, ils furent rejoints par une armée hétéroclite. Soixante géants en colère et des dizaines de Détraqueurs obéissant à Lord Voldemort. Regulus revit dans sa tête le sourire affreux d'Arès quand ils s'étaient séparés au château Serpentard et réprima un frisson. En effet, ça allait être un carnage.

-OoO- Bartemius Croupton Jr -OoO-

-OoO- Département de la Coopération Magique Internationale, 19H10 -OoO-

Barty pressa ses Mangemorts à se dépêcher. Au fur et à mesure de leur avancement dans les longs couloirs tortueux, ils stupéfixaient les employés qui finissaient leurs dossiers en heures sup'. Ça leur apprendra à rester travailler tard.

Certains se rendaient aussitôt sans protester. D'autres suppliaient. Une sorcière agaçante, Amelia Bones, essaya de se défendre. Elle reçut un Doloris… d'office.

Haha, Barty aimait les jeux de mots.

"Grouillez-vous !" grogna-t-il à l'encontre d'un jeune tout juste sorti de Poudlard qui mettait un temps fou à collecter les baguettes.

Son cher papa était tout au bout du couloir, enfermé dans son bureau, sûrement ignorant de ce qui se tramait dans son Département. Les Mangemorts étaient discrets. Il ne verrait rien venir. Barty se passa la langue sur les lèvres, anticipant la rencontre avec son paternel.

Depuis le temps qu'il en rêvait.

"Allez, allez, on y va !" lança-t-il en ligotant deux dignitaires à l'air effaré.

Lorsqu'ils entrèrent enfin dans le bureau de Croupton Senior, Barty bondit sur le directeur du département.

Il n'avait même pas sa baguette sorti, ce vieux schnock.

"Incarcerem !" lança Barty avec un sourire ravi, laissant la bouche de son père libre. Il enleva son masque, juste pour le plaisir.

Les yeux de Croupton Senior lancèrent des éclairs en reconnaissant son assaillant.

"Sale vermine ! Comment oses-tu-"

"DOLORIS !" le coupa Barty.

Il se délecta des cris et de la forme du sorcier se tordant au sol dans ses liens.

"Alors, on n'a plus l'air si supérieur, hummm ?" le tourmenta-t-il alors que le maléfice se levait. "Ah, cher papa, j'attendais ça depuis si longtemps. Pour tout ce que tu as fait subir aux mages noirs, c'est drôlement bien mérité, tu ne trouves pas ?"

Son père ouvrit la bouche mais Barty ne lui laissa pas le temps de répondre. "Doloris ! Tu te croyais tout puissant, tu croyais incarner la justice elle-même n'est-ce pas ? Pauvre con !"

Deux Mangemorts ricanèrent dans son dos. Barty flanqua un coup de pied dans le ventre du supplicié avant de se tourner vers eux.

"Emmenez les autres là-haut, je vous rejoins. Je dois d'abord régler quelques petites affaires…"

Les Mangemorts quittèrent la pièce, deux d'entre eux se marrant grivoisement alors que le jeune de Poudlard ne semblait pas trop savoir comment réagir.

'Bah' se dit Barty. 'C'est l'inexpérience.'

Il se tourna a nouveau vers l'homme au sol qui se tordait sous les contrecoups des Doloris.

"Il est temps de paaaayer, cher pôpaaaa !" chantonna-t-il allègrement.

Son sourire se déforma en rictus quand il sortit un couteau de sa poche. Oh, il allait se régaler.

-OoO- Bellatrix Black -OoO-

-OoO- Département de la Justice Magique, quartier des Aurors, 19h15 -OoO-

Bellatrix riait comme une démente en attaquant sans relâche la Brigade de la Police Magique à couvert entre les bureaux.

A côté d'elle, deux tous jeunes Mangemorts dont c'était la première vraie mission s'en donnaient à cœur joie, visiblement encouragés par la chef du groupe.

Il ne restait plus que ces cinq flics minables dans toute cette partie de l'étage. Les Aurors étaient déjà ligotés et les attendaient bien sagement dans le couloir principal avec Dawlish, leur espion Auror.

Pour des tireurs d'élite, la Brigade de Police n'était franchement pas terrible. Il leur manquait quelque chose de crucial, quelque chose que la plupart des Mangemorts avaient : l'expérience.

En bref, les flics se faisaient laminer en beauté.

Bellatrix bondit sur le bureau le plus proche et visa. "Passus !" Le maléfice de souffrance toucha les cinq flics du même coup.

"Mais allez, les gamins ! Bougez-vous !" vociféra-t-elle alors que le sortilège incapacitait leurs ennemis.

"Oui Madame !" répondit Melinda Bobbin en montant à son tour sur une table.

"Expelliarmus !" D'une main experte, Bellatrix récupéra les cinq baguettes au vol.

Melinda leva sa baguette. "Incarcerem !" eut-elle tout juste le temps de lancer, faisait apparaître des cordes autour d'un des flics.

Mais un autre s'était relevé et avait sorti… un pistolet moldu ?

"Ne bougez pas ou je tire !" prévint le flic avec des yeux de fou.

Les Mangemorts se figèrent aussitôt, incertain. La plupart n'avaient jamais vu une arme à feu en vrai, ils avaient juste entendu dire que c'était une espèce de projeteur d'Avada Kedavra. Ce qui était pas forcément si loin que ça de la réalité.

Bellatrix éclata de rire. "Ooooh, vous vous abaissez à vous battre comme des Moldus ?"

Melinda haussa un sourcil en direction du flic en question. Elle ne voyait pas vraiment le danger. Elle avait un oncle Moldu dans la mafia. S'il y avait une chose dont elle pouvait se vanter, c'est qu'elle connaissait les armes à feu en tous genres. Et elle savait que ce pistolet était un faux. Le flic n'avait même pas enlevé la sécurité !

Elle prit la parole avec une once de moquerie dans la voix. "C'est un faux ! Ne l'écoutez pas !"

Elle ne savait pas que la Brigade Magique était aussi chargée de contrôler les loups-garous en cas de problème, avec des balles en argent. Elle ne savait pas que ce pistolet avait été conçu par les Langues de Plomb pour la Brigade Magique et qu'ils ne ressemblaient à rien aux armes moldues. Elle ne savait pas que ce flic-là, qui avait son arme pointée sur elle, n'était autre que le frère de l'Auror qui avait 'tué' Arès, à Poudlard. Elle ne savait pas que depuis une semaine, l'homme ne désirait qu'une chose : venger son frère tué de la main de Lord Voldemort.

Si Dawlish avait été là, il aurait pu l'informer de tout cela.

Une seconde.

Le coup partit sans bruit. Melinda fut projetée en arrière alors que la balle l'atteignait en plein ventre. Elle tomba en arrière en hurlant.

Deux secondes.

Le pistolet se tourna vers Bellatrix. Elle lança un Avada Kedavra.

Trois secondes.

Le flic s'écroula. Bellatrix était touchée elle aussi.

-OoO-Lord Voldemort -OoO-

-OoO- Département des Affaires, bureaux du Ministre, 19H20 -OoO-

Le Seigneur des Ténèbres se glissa dans le bureau du secrétaire sans un bruit. L'homme lui tournait le dos, occupé à trier des dossiers dans une armoire. A l'extérieur, les Mangemorts traquaient les travailleurs dans les différents couloirs de l'étage.

Il sortit sa baguette d'if et la pointa sur le sorcier. "Imperio."

L'homme se tourna vers lui, les yeux vides.

"Conduis-moi à Scrimgeour" ordonna Voldemort.

Il s'exécuta, ouvrant la porte magique qui donnait sur le bureau du Ministre.

Après tout, pourquoi s'embêter à démanteler des protections alors qu'il pouvait faire bien plus simplement ?

"Monsieur le Ministre" dit le secrétaire d'une voix mécanique. "Lord Voldemort est là pour vous."

Rufus Scrimgeour était en train de composer une lettre pour l'antenne du ministère en Irlande. A l'annonce du secrétaire, il bondit sur ses pieds et dégaina sa baguette.

'Trop lent.' Le Seigneur des Ténèbres l'envoya valser contre le mur du fond avec un Expelliarmus informulé.

Le Ministre n'était pas l'ex-chef des Aurors pour rien. C'était un combattant. Il se remit aussitôt sur ses pieds en position de garde. "Voldemort !" gronda-t-il.

"C'est moi" répondit Voldemort avec sarcasme. "Asseyez-vous, Mr le Ministre. J'ai un marché à vous proposer."

"Jamais de la vie !"

"Voyons, écoutez ce que j'ai à dire au moins. Ou alors préférez-vous que je tue les otages ? Au moment où je vous parle, toutes les issues du ministère ont été bloqué et mes Mangemorts ont capturé tous vos employés."

"C'est du bluff !" Discrètement, Scrimgeour essaya d'atteindre le bouton de la sécurité sous son bureau pour appeler les Aurors de garde.

Malheureusement pour lui, Lord Voldemort avait remarqué son manège. "Doloris." Puis il continua à parler comme si de rien n'était, comme si le Ministre de la Magie n'était pas en train de se tortiller au sol en hurlant. "Est-ce que je suis du genre à bluffer ? Je ne crois pas. Vous en ai-je donné l'impression ? Dans ce cas, je m'en excuse." Son ton était pire que sarcastique.

"Vol-vol-voldemort ! Vous n'aurez jamais le Ministère !"

Le Seigneur des Ténèbres s'approcha de la forme accroupie misérablement et lui écrasa soigneusement la main de son talon. "Ce n'est pas vraiment à vous de choisir. C'est trop tard maintenant. Vous avez déjà perdu."

"Terroriste !"

"Oh, ce n'est pas très gentil ça" ironisa le Lord. "Je pense valoir mieux que ça." Il appuya plus fort sur la main droite de Scrimgeour jusqu'à ce que les os craquent sous sa botte. "Que mon apparence ne vous trompe pas, je suis un monstre. Je ne suis pas un simple terroriste."

"Salaud !"

"Dites donc, c'est de moins en moins gentil. Vous ne voulez pas plutôt entendre mon marché ? J'aimerai vous proposer de rester à votre poste, à condition que vous m'obéissiez à partir de maintenant. Ministre, ça représente pas mal de travail. Ça me libérerait si vous acceptiez, comme ça je pourrais aller écraser plus facilement les autres gouvernements. Et le peuple comprendra, vous savez. Ils savent déjà qu'ils ont intérêt à coopérer, ou bien je tue leurs enfants. Alors ? Coopérerez-vous ?"

"Plutôt crever !" cracha Scrimgeour en se drapant de ce qui lui restait de fierté.

"Soit."

Trois secondes plus tard, Voldemort sortait du bureau du Ministre. Scrimgeour refroidissait derrière son bureau. Le secrétaire était toujours sous l'influence de l'Impero et n'avait pas bougé.

D'un geste de baguette, Voldemort leva l'Impero. D'un autre geste de baguette, il plongea dans son esprit.

Il explora rapidement les affaires en cours que gérait le secrétaire. En tête de priorité, c'était gérer la population du pays qui tombait peu à peu dans l'anarchie. Juste après, il y avait un pacte en cours de finalisation avec la France pour se défendre contre lui.

Voldemort haussa un sourcil. Ça, ce n'était pas encore parvenu aux oreilles de ses espions. Heureusement qu'il avait Camille Bonnet, la fille du Ministre français, bien soigneusement enfermée aux cachots. Il contacterait la France aussitôt.

Dans l'esprit du secrétaire, il vit qu'il avait deux nièces qui étudiaient à Poudlard avant l'attaque. Il vit aussi que l'homme pensait carrément aller se présenter à Voldemort lui-même pour lui demander de devenir un Mangemort lui aussi, afin de sauver ses nièces et de se venger du Ministère qui n'avait rien fait de concret pour les récupérer pendant une semaine.

Il sourit en arrêtant la Légilimancie. "Mr Edgecombe ? J'ai un marché à vous proposer…"

-OoO- Regulus Black-OoO-

-OoO- Antenne irlandaise du Ministère de la Magie, 19H25 -OoO-

Regulus s'épongea le front du revers de sa manche. Contrôler les géants était loin d'être évident… Ils avaient déjà détruit une partie de l'aile nord, engloutissant les sorciers du ministère dedans. Et dire que les consignes de Voldemort étaient de laisser le plus possible la vie sauve ! En Irlande, ça ne serait pas garanti.

Dès le début de l'attaque, le sous-secrétaire en charge de la gestion du ministère irlandais avait été tué par un géant de façon ridicule : il était sorti du bâtiment pour voir ce qui se passait, s'était évanoui à cause des Détraqueurs et s'était fait écraser par un géant maladroit. Autant pour les négociations…

Au final, à 19H30, il n'y avait déjà plus grand-chose à faire à part chercher les survivants avant que les Détraqueurs ne leur donnent un baiser.

Il se tourna vers ses Mangemorts. "On passe à l'aile ouest."

Ils hochèrent la tête, peu enthousiastes. Ou peut-être un peu fatigués de passer après les géants.

-OoO- Rodolphus Lestrange -OoO-

-OoO- Atrium, 19H30 -OoO-

Rodolphus avait les yeux fixés sur un groupe de journalistes qui n'attendaient visiblement qu'une chose : être délivrés de leurs liens pour écrire un article sur ce qui se passait au Ministère. A présent, l'Atrium était rempli de prisonniers, juste pieds et poings liés, assis à même le sol. Il y en avait des dizaines. Rien d'étonnant, avec tout le travail qu'il y avait avec la prise d'otages de Poudlard, qu'autant de personnel reste travailler après l'horaire officielle de fermeture au public.

Au fur et à mesure de la dernière demi-heure, les groupes de Mangemorts s'étaient rejoints à l'Atrium, amenant avec eux des sorciers ligotés en les faisant léviter. Les différents niveaux se vidaient peu à peu.

Tout se passait à merveille.

Mais alors, pourquoi sa Bellatrix n'était toujours pas là ?

-OoO-


Comme d'hab', vous pourrez voir l'avancement du chapitre 5 sur mon profil. Je vais essayer de le publier vers Noël.

Je suis aussi maintenant sur Fictionpress, où je publie des textes courts et bizarres. J'assume. Pour ceux qui veulent voir encore plus de bizarrerie que dans les Plumes, c'est par là-bas

Explications sur les ministères anglais et irlandais : j'ai eu l'impression en lisant les livres (et plus tard aussi sur le Lexicon) que le Ministère de la Magie de Londres gérait le Royaume-Uni ET l'Irlande, qu'en gros le Royaume-Uni des sorciers comportait aussi l'Irlande, même si c'était un pays différent aussi. Je ne sais pas si c'est très clair? Je me trompe peut être… du coup dans ma tête il y a quand même un "ministère" en Irlande, mais ce n'est qu'une antenne pour décentraliser quelques problèmes.

Petit détail qui tue : j'ai écouté Ministry of Magic en finissant le chapitre.

Je fais souffrir les Weasley, je sais. Entre Ron qui s'en est pris plein la tronche, Ginny assassinée (pour rien en plus), Percy ligoté, Molly en prison et tout. J'ai un peu honte.

Melinda Bobbin est dans les livres (sisi, je vous jure, c'est pas une OC). Je me suis surprise à lui inventer une histoire entière… J'ai trop envie d'écrire une fic sur ses années à Poudlard. 'Tout ça pour la tuer ?' vous demandez vous. Héhéhé.

Walden McNair est pas trop cool comme personnage ? Si, franchement ? Dans ma tête il a toujours été à mi-chemin entre Kenpachi de Bleach et un bûcheron canadien (l'archétype du bûcheron canadien, je précise. Le fantasme de toutes les femmes du monde entier, selon un certain prof de philo *roll eyes*). Et sa hache, c'est une hache magique. Oui, comme l'épée d'Arès. La classe.

Et Thadée… là ça devient vraiment grave, moi je vous le dis ! Cette fic devient une histoire de brutes! A croire que dans ma tête y'a qu'une seule pensée : baston ! Bute les tous ! (ok, ça fait deux pensées). Quand j'aurais fini, j'écris un truc tout mignon je vous le promets. J'écrirai un Harry/Ginny respectant le canon après l'épilogue…

Je blague.

Sinon, pour la note positive, J'AI REUSSI A ECRIRE UNE SCENE AVEC ARES ET VOLDY SANS QU'ILS NE SE SAUTENT DESSUS ! Moi, je suis fière ; vous, vous êtes un peu déçus j'imagine. Bande de pervers.