4- The end of time
sommaire : Ce chapitre est dédié au docteur. Comme le titre l'indique, ça débute durant the end of time et ça va jusqu'à la disparition de Rory dans la faille (épisode 9 de la série 5).
Disclaimer : les personnages de DW ne m'appartiennent pas.
Warning : slash
Cela faisait deux jours qu'il avait senti sa présence. Ce n'était pas une bonne nouvelle pour l'humanité. Il avait des sentiments mitigés. Il le haïssait, mais il était le seul autre Seigneur du Temps dans tout l'univers. Il était son ami d'enfance et son premier amant. Il était tout ce qui lui restait de Gallifrey, en dehors du TARDIS. Le retour du Maître l'effrayait. Qu'allait-il faire encore ? Il devait l'arrêter. Peu importait ce qu'il avait derrière la tête, c'était sûrement grandiose et machiavélique.
Il voulait toujours l'aider, malgré tout. Lui rappeler qu'il pouvait être autre chose qu'un psychopathe et un meurtrier. Il voulait retrouver le Koschei qu'il avait connu sur Gallifrey. Ensemble, ils pourraient faire tant de choses. Visiter des endroits magnifiques. Il n'aurait plus besoin de compagnons humains et il ne serait plus jamais seul.
Cette solitude qui ne le quittait jamais, même entouré de tous ses compagnons humains. C'était une forme de solitude que personne sur Terre ne pouvait comprendre, pas même Jack. Ses amis humains avaient beau être à moins d'un mètre de lui, leur présence psychique se faisait très peu sentir. Lorsqu'ils partaient, il n'en restait qu'une trace très tenue. C'était comme se promener dans un centre d'achat bondé, sans entendre une seule personne parler. Les autres sons étaient là : bruits de pas, de portes, froissement de tissus, escaliers mécaniques, ascenseurs etc, mais pas les voix. Il vivait dans ce silence psychique depuis des années. Parfois, une ou plusieurs créatures télépathes se faisaient entendre, mais ce n'était pas des Seigneurs du Temps. Ils parlaient un autre langage.
Certains humains avaient ce don, mais c'était différent. Les Seigneurs du Temps possédaient une forme de télépathie inconsciente, superficielle. À part de celle qu'ils utilisaient pour communiquer entre eux. C'était comme une empreinte digitale, une identité. Chaque Seigneur du Temps avait la sienne. En fait, c'était mieux que des tests d'ADN. L'empreinte psychique (ou télépathique) ne changeait pas au cours des régénérations. L'ADN pouvait être légèrement altéré.
Le Maître n'avait pas besoin d'être à ses côtés pour qu'il le reconnaisse. En fait, il pouvait être très loin, il le retrouvera en suivant cette trace. Une fois plus près de lui, il reconnaîtra son odeur. Une odeur personnelle que les humains ne pouvaient sentir.
Lorsqu'il le vit enfin, il remarqua que quelque chose n'allait pas. Sa résurrection ne s'était pas passée comme prévue. Il se disait : laisse-le, il est en train de mourir de toute façon, mais il en était incapable. Il devait le sauver, malgré tout ce qu'il avait fait, malgré tout ce qu'il fera.
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Il se retrouva de nouveau prisonnier. Il espérait juste que le Maître n'allait pas encore le faire vieillir. Ce débile avait transformé tous les humains en lui-même. Il avait un ego si démesuré ! Au moins, il ne les avait pas tués et c'était réversible. Il allait sûrement finir par se lasser de ce petit jeu. Du moins, il l'espérait. Ou bien, il fera pire. Il tenait Wilfrid prisonnier. Il ne devrait pas lui faire trop de mal, mais cela l'inquiétait quand même.
Il avait torturé Jack durant l'année qui n'avait jamais existé. Pour la famille de Martha, il les avait simplement traités comme des esclaves. C'était beaucoup, mais pour le Maître, cela aurait pu être pire. Contrairement à ce que Jack croyait, le Maître ne couchait pas avec Tish, la sœur de Martha. Les humains ne l'intéressaient pas, même s'il faisait parfois son devoir conjugal avec Lucy, sa femme. Pourquoi aurait-il couché avec des humains, alors qu'il avait un Seigneur du Temps à sa merci ?
Le soir, il l'amenait à sa chambre, l'attachait comme il faut et lui rendait sa jeunesse pour quelques heures. Parfois pour quelques jours. Lorsque son appétit sexuel était comblé, il le vieillissait de nouveau. Le passage de l'un à l'autre était affreusement douloureux. C'était ce dont il se souvenait le plus.
Il y avait la faim aussi. Ces changements déséquilibraient son organisme entier et il avait besoin de manger pour récupérer. Le Maître ne lui donnait qu'un minimum de nourriture, comme à tous, d'ailleurs. Il avait même eu la brillante idée de laisser Jack mourir de faim. Ça, il ne le lui avait toujours pas pardonné. En fait, il lui en voulait encore énormément pour tout ce qu'il avait fait subir à Jack. Il ne croyait pas pouvoir lui pardonner ça un jour. Jack avait prétendu avoir vécu pire aux mains de... Torchwood, mais tout de même.
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Le Maître leur avait fait passer toute une soirée assis sur leur chaise. Se marrant de leur montrer qu'il était partout. Même dans toutes les émissions de télévision en direct. Ils avaient regardé la météo avec le Maître, les informations, une émission de cuisine, une émission pour enfants, un jeu télévisé, une émission de variété etc. Toutes avec le Maître comme animateur, invités, acteurs, participants etc. C'était d'un ennuie mortel. Le Docteur avait les os et les muscles extrêmement endoloris, à force d'être resté assit aussi longtemps dans la même position. Wilfrid avait eu plus de chance. Il le laissait aller aux toilettes.
Il avait espoir que les Vinvocci allaient trouver une solution. Il fallait juste qu'ils restent cachés aux nombreux yeux du Maître. Ils examinaient les allées et venues des gardes, espérant trouver le meilleur moment. Malheureusement, le Maître était un Seigneur du Temps. Il n'avait donc pas besoin de dormir énormément. Ce qui en allait de même pour ses gardes. Mais, ils mangeaient tout le temps. À ce rythme là, ils allaient vider la Terre de toutes ses ressources alimentaires en moins d'un an ! Les gardes les libérèrent pour la nuit. Ils avaient même chacune chambre. Au moins, Wilfrid allait pouvoir se reposer. Lui, il savait ce qui l'attendait.
Le Maître laissa ses autres lui-même préparer la Terre pour la guerre contre... le malchanceux qui passera par là. Son seul but était de faire une guerre. Peu importait laquelle. Pourvu que ça mette le Docteur en rogne! Il adorait jouer à ce jeu. Il le faisait déjà sur Gallifrey, sauf que maintenant, les enjeux étaient bien plus grands. Il mettait des mondes en péril, pour son simple amusement personnel !
Une fois ses employés à la tâche, il pouvait s'occuper personnellement du Docteur.
« Ça fait longtemps, Docteur ? lui demanda le Maître, en fermant la porte derrière lui.
- Laisse-moi tranquille.
- Tu serais déçu si je le faisais. »
Il n'argumenta pas, le Maître avait raison. Il n'aimait pas se l'avouer, mais il le désirait tout autant. Même s'il avait une légère préférence pour le sexe féminin chez les humains, du moins dans cette incarnation, le Maître était un Seigneur du Temps. Coucher avec des humains n'était pas naturel. Il avait simplement appris à le faire, à défaut de n'avoir rien d'autre qui ressemblait à des Gallifreyens. Le sexe avec des humains restait insatisfaisant puisqu'ils étaient incapables de faire de la télépathie, donc d'entrer en symbiose totale avec l'autre. Chez les Seigneurs du Temps, et autres créatures télépathes, le sexe était une expérience psychique et physique. Ça prenait des heures, pas quelques minutes.
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Le Maître passa derrière lui, et l'embrassa dans le cou du bout des lèvres. Il ne put s'empêcher de frissonner de plaisir malgré lui, anticipant la suite. Il revient devant lui et il le sentit s'insinuer doucement dans son esprit. C'était des préliminaires.
Le sexe chez les Seigneurs du Temps était une symbiose entre le corps et l'esprit qu'aucun de ses compagnons humains ne pouvait lui apporter. Il y avait aussi tout le côté affectif de la chose. Même s'il n'aimait pas le Maître, celui-ci pouvait lui apporter une sorte de réconfort et de bien-être psychologique qui n'existaient pas chez les humains. Étant les deux seuls Seigneurs du Temps de tout l'univers, ce dernier aspect était particulièrement important. Tout les deux en avaient affreusement besoin. Cela n'avait rien à voir avec de l'amour, même si un humain pourrait s'y méprendre.
Ils passèrent la nuit ensemble et oublièrent le reste du monde. Dans ces moments-là, même le Maître baissait ses gardes. Le Docteur pouvait sentir toute sa solitude, encore plus forte que la sienne. Bien sûr, il ne s'arrangeait pas pour se faire des amis, mais tout de même. Au fond, ce que le Maître désirait le plus au monde, c'était de retrouver Gallifrey et les Seigneurs du Temps. Rentrer à la maison. Pourtant, il savait que Gallifrey n'était plus, mais il ignorait plus ou moins comment c'était arrivé.
À l'aube, il s'assoupit et fut réveillé brutalement par le Maître, redevenu psychopathe, qui le rattacha sur sa chaise. Heureusement, les Vinvocci avaient eu le temps de concocter un plan. Il se retrouva avec Wilfrid dans leur vaisseau. Wilfred était évidemment impressionné. Il n'avait pas l'air d'avoir trop souffert, tant mieux.
Il voulait quand même qu'il tue le Maître. Il ne pouvait pas. Wilfrid ne comprenait pas pourquoi. Il lui avait toutefois posé une question très pertinente : Oserait-il faire passer la vie du Maître avant celle de tous ces gens sur La Terre ? Il n'avait pas répondu, incertain. Il y avait réfléchi de nombreuses minutes, pour arriver à une conclusion qu'il préférait ne pas partager avec lui. Alors, il ne répondit jamais.
Lorsqu'il su que les Seigneurs du Temps étaient sortis de la boucle temporelle, il vit rouge et fut à peine conscient de ses actes. Jusqu'à ce qu'il se retrouve par terre, devant eux, les os à moitié brisés par sa chute suicidaire à travers le toit de vitre. Il savait qu'il n'avait pas le choix de briser le lien. Ce qui voulait dire tuer Rassilon, ou le Maître, ou les deux. Son esprit était vide. Il était comme en transe, mais le regard résigné de sa mère le sortit de sa torpeur. Il avait choisi de tuer Rassilon, mais revient sur sa décision, sachant qu'il allait de nouveau condamner sa propre mère.
Elle avait acceptée son sort, sachant que c'était le mieux à faire pour sauver l'univers. Elle ne lui en voulait pas. Il était pardonné. Comme elle savait à quel point il détestait tuer, elle lui fit part d'une autre option. C'était ce qu'il avait choisi, même si ça incluait sa mort. Il n'avait pas prévu que le Maître s'interposerait pour faire ce que lui ne pouvait pas : tuer Rassilon.
Lorsque les Seigneurs du Temps retournèrent dans la boucle temporelle, il ne s'en réjouit pas pour autant. Le Maître venait encore de mourir, et pour lui, cette fois. Après toutes ces années de souffrance, il avait finalement compris qui était la cause de ce bruit harcelant de tambours dans sa tête. Le Docteur devait faire de nouveau le deuil du Maître, de son peuple, de sa famille, tout en essayant de contrôler la colère qui bouillait en lui. C'était la faute de Rassilon. Il avait détruit la vie entière de Koschei. C'était lui qui l'avait rendu fou et c'était lui qui avait mené les Seigneurs du Temps à leur propre perte. Il le haïssait.
Comme si ce n'était pas assez, voilà ce bon vieux Wilfrid qui s'était enfermé dans la vitre Vinvocci, saturée de radiations mortelles. Il fallait évidemment qu'il frappe quatre fois sur cette fichue vitre. Comme le Ood l'avait prédit dans sa prophétie ! Il comprit, dès ce moment, qu'il allait mourir. Il savait qu'il serait incapable de laisser Wilfrid là.
La douleur fut atroce lorsque les radiations pénétrèrent dans son corps et cela lui semblait prendre une éternité. Il n'avait même pas eu droit à un évanouissement. Il fut conscient tout le long de son agonie. La mort ne vient pas le chercher. Il absorba toutes les radiations et put sortir de la vitre Vinvocci. Il se retrouva devant Wilfrid, hébété, qui crut naïvement qu'il s'en était sorti. Rien n'était plus faux. La douleur était toujours présente, mais tolérable sauf lors des spasmes, qu'il contrôlait de son mieux. Il n'avait pas survécu. L'énergie régénératrice brûlait déjà dans ses veines et Wilfrid finit par comprendre.
Aller faire ses adieux à tous ses amis était d'une telle stupidité. Il n'était pas en état de le faire, il mourrait ! Son bon sens lui disait : Régénère-toi d'abord et vas-y ensuite, idiot. Mais il refusait de l'entendre, craignant de ne plus avoir envie de le faire après, puisqu'il ne sera plus le même.
Chacun de ses voyages était de plus en plus pénible. Le TARDIS le savait. Donc, il arrivait exactement au bon moment, dans les plus brefs délais. Il aurait aimé faire un petit saut dans le monde parallèle pour voir comment allait Rose, et par l'effet même, montrer au métacrisis qu'il n'était pas complètement insensible au sort de ses amis. Il n'en avait plus la force et se contenta de saluer une Rose du passé. Une Rose dont la vie n'avait pas encore été gâchée à cause de lui.
Il aurait aimé vivre cette histoire d'amour avec elle, même brièvement. Maintenant, c'était trop tard.
L'énergie régénératrice était à présent plus douloureuse que les radiations qu'il avait absorbées. Il résista, se demandant s'il voulait vraiment devenir quelqu'un d'autre, ou laisser la mort venir le chercher. Il n'avait aucune raison de s'accrocher. Il voulait périr, rejoindre son peuple disparu. Façon de parler car, il ne croyait pas en la vie après la mort. La douleur choisit pour lui. Il ne pouvait plus retenir l'énergie régénératrice et elle explosa littéralement, détruisant la salle de console. Il voulait hurler, mais en était incapable. À ce stade de la régénération, il était complètement paralysé. Il ne pouvait même pas fermer ses yeux qui pourtant lui brûlaient. Toutes les cellules de son corps se désintégraient. Puis, les nouvelles se formaient. Les deux dans d'affreuses souffrances.
Lorsque l'effet de paralysie cessa, il laissa s'échapper le cri de douleur qu'il retenait depuis si longtemps. Ses coeurs s'affolèrent et son corps entier tremblait. Puis, il commença à prendre conscience de son nouvel état. Il ne lui manquait rien, mais il n'était toujours pas roux ! De plus, il était affamé. Pendant un instant, il se demanda si sa régénération n'avait pas été mal, comme la résurrection du Maître, et qu'il allait se mettre à manger des humains vivants. Il ne put s'en préoccuper très longtemps, il était en train de s'écraser contre le Big Ben! Le TARDIS choisit sa destination : le jardin d'une grande maison, quelque part au Royaume-Uni. Pour une fois, il aurait pu gagner la chambre zéro et récupérer de sa régénération. Si ce n'était pas de sa faim harcelante. Bien sûr, la cuisine avait été abîmée durant la chute !
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John Smith examinait un appareil sortit de la faille, lorsqu'il fut frappé par cette douleur fulgurante dans tout son corps. Il cessa de bouger, respira à peine. Il ne savait trop ce qui se passait, mais cela lui revient rapidement. Il ressentait l'écho de la régénération de l'Autre. Étrangement fort pour un simple écho. Comme le pont télépathique était toujours actif, il reçu un résumé de ce que le premier Docteur avait vécu récemment.
Il était mort irradié. Il avait énormément souffert. Et, mauvaise nouvelle, le Maître était revenu à un moment ou l'autre dans sa vie. Il y avait également quelque chose en lien avec une prophétie et les Seigneurs du Temps emprisonnés dans la boucle temporelle. C'était très étrange. Trop rapide et trop flou pour qu'il puisse vraiment analyser et comprendre quoi que ce soit. Ce que le Docteur lui envoyait n'était que des ondes cérébrales erratiques, inconscientes, dû à la mort agonisante de son cerveau. Il ressentit comme une explosion dans sa tête et bascula vers l'arrière. Sons, lumières, sensations, émotions, tout se mêlait en lui. Son cœur battait la chamade. Le sang lui montait au visage. Ses mains étaient moites et il respirait avec difficulté. Puis, tout cessa graduellement.
Il se retrouva au sol, couché sur le dos et essoufflé. Comme s'il avait couru un marathon, mais ça allait mieux. Il prit la peine de s'asseoir doucement, avant de se lever. Il craignant le vertige. C'est là qu'il comprit ce qui s'était passé. En se régénérant, le premier Docteur avait détruit le pont télépathique qui les unissait. Désormais, ils n'étaient plus la même personne. Il en était heureux, mais en même temps, cela faisait un vide en lui.
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Amelia Pond était sa nouvelle compagne de voyage. Il l'avait trouvé adorable lorsqu'il l'avait rencontrée, âgée de 7 ans. Il était heureux que le TARDIS l'ait amené ici. Il ne voulait pas voyager seul, pas cette fois. Évidemment, c'était plutôt à cause du prisonnier zéro et des failles, mais c'était bien d'avoir quelqu'un avec lui.
Amy n'avait plus 7 ans. Elle était adulte maintenant. Pour lui, ça s'était passé dans la même journée. Un aller-retour vers la lune, et douze ans s'étaient écoulées pour elle. Il n'arrivait pas à croire qu'il était aussi en retard ! Après cela, un autre deux ans ! Elle avait 21 ans maintenant, et enfin, elle voyageait avec lui. Sur sa ligne de temps à lui, ça faisait quelques mois seulement qu'il la connaissait, mais il l'aime bien. Il adorait ses magnifiques cheveux roux, il en était jaloux.
Être avec Amy lui rappelait ses premières années avec Rose, lorsqu'il en était encore à sa neuvième incarnation. Lorsque tout était encore beau, avant qu'il lui gâche la vie. Amy avait mauvais caractère, comme Rose, mais lui aussi, dans ce nouveau corps. Toutefois, elle ne l'admirait pas comme Rose jadis, et aimait bien le remettre à sa place. Parfois, cela devenait franchement harcelant, et ils se chamaillaient. Puis, ils pouvaient se bouder pendant quelques heures, voir quelques jours. Exactement comme avec Rose, lorsqu'il était à sa neuvième incarnation !
Heureusement, la plupart du temps, ils s'entendaient bien et il retrouva le plaisir simple de voyager à travers le temps et l'espace. De partager ces merveilles du monde avec quelqu'un, un non-initié. Amy était beaucoup moins impressionnable que ses compagnons précédents. Ce qui était un défi intéressant : trouver quelque chose qui la laissera sans voix ! Comme avec Rose et sa neuvième incarnation, il ressentait quelque chose pour Amy. Ce n'était peut-être pas une très bonne nouvelle. Il avait tellement souffert avec cette histoire. Voilà que cela se reproduisait. Pourquoi fallait-il qu'il tombe amoureux ? Encore ! Il ne fera pas la même erreur qu'avec Rose. Il allait tenter sa chance avec Amy. D'une manière ou d'une autre, il allait souffrir, aussi bien essayer.
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Les choses n'étaient malheureusement pas si simples. Il était prêt à essayer, sans se précipiter. Mais, la voilà qui lui sautait dessus, comme une déchaînée, pour qu'il couche avec elle... la veille de son mariage ! Elle se mariait, elle aurait pu lui dire. Il l'avait repoussée. Premièrement, les Seigneurs du Temps n'abordaient pas la sexualité de cette façon. Il n'en était vraiment pas rendu là, et il ne prenait pas les personnes déjà en couple, sauf si les deux étaient consentants.
Rose avait Mickey lorsqu'ils s'étaient rencontrés, mais il n'avait rien fait avant d'être certain qu'il n'était plus dans la vie de Rose. Du moins, de son point de vue à elle. Amy n'avait aucunement l'intention de laisser son futur mari pour lui. Contrairement à Rose, avec Mickey. Ce qu'elle voulait c'était une nuit avec lui, rien d'autre. Il n'avait pas besoin de cela pour le moment. Il était déçu de savoir qu'elle ne voulait que cela.
Après cette soirée, ils avaient voyagé avec Rory, le futur mari de la belle. Il avait dû ravaler sa frustration et rester neutre. Après tout, ce pauvre mec n'avait rien fait de mal. Il avait donc pillé sur son orgueil de mâle unique, et l'avait accepté. Il s'était aperçut qu'en fait, il s'entendait mieux avec lui qu'avec elle. Même si ce n'était pas suffisant pour faire disparaître les sentiments qu'il éprouvait pour elle. Il essayait de les ignorer, à quoi bon s'en préoccuper ? Ce n'était pas comme s'il n'avait aucune chance. Elle n'était pas indifférente, mais de toute évidence, Rory ne disparaîtra pas du décor. Elle rêvait probablement de les avoir tout les deux ! Personnellement, il n'avait rien contre les ménages à trois, mais il doutait que Rory soit de cet avis.
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Lorsque Rory fut absorbé par la faille, effacé de l'existence, et oublié de Amy, ce fut difficile pour lui. Il l'évitait, et elle ne comprenait pas pourquoi. Comment aurait-elle pu ? Tout le monde avait oublié Rory, puisqu'il n'avait jamais existé à présent. Lui se souvenait et ne pouvait partager ce deuil avec personne. Amy lui trouvait l'air taciturne, pensif. Elle devinait assez bien ses états d'âme. Pas autant que Donna, mais plus que Rose et Martha. Il avait volontairement éclipsé ses anciens amis. Cela lui rappelait toute la souffrance qu'il leur avait fait endurer et qu'il avait vécu lui-même. La mort de Rory le força à débloquer sa mémoire.
Il était à la console lorsque ça l'avait pris subitement, sans raison apparente, une crise de larmes. Il s'était rué à sa chambre. Amy venait de se coucher et elle ignorait où se trouvait sa chambre. Elle ignorait qu'il en avait une. À part cette aventure avec les cristaux et le seigneur des rêves, le couple ne l'avait jamais vu dormir. Ni même juste se retirer pour aller se reposer un moment.
Être dans sa chambre le calma un peu, mais pas suffisamment. Les deuils, il ne finissait pas d'en vivre et ne s'y habituait jamais. Il ne pensait pas s'être attaché autant à cet infirmier banal. Son compétiteur, par l'effet même. Ses chances d'avoir Amy pour lui avaient triplés, mais il ne pouvait pas, en mémoire de Rory. Il aurait aimé en parler à quelqu'un. À Donna par exemple. Sa meilleure amie lui manquait terriblement. Il ne pouvait pas se confier à elle, mais il pouvait aller la voir. Elle ne le reconnaissait même pas, alors qu'il était encore dans sa dixième incarnation, il y avait peu de chance qu'elle le reconnaisse maintenant.
Il abandonna cette idée, cela ne fera que le faire souffrir davantage. Il se sentait épuisé,. Peut-être que cela expliquait un peu sa perte de contrôle. Ce corps semblait beaucoup plus émotif que l'autre. Il ne retenait pas aussi bien sa colère. Ou peut-être qu'il en ressentait plus. Comment savoir ?
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Dormir quelques heures lui ferait du bien, mais il préféra aller dans un pub. Si ça aidait les humains avec leur soucis personnels, pourquoi pas les Seigneurs du Temps ? Avec de la chance, il allait peut-être rencontrer Jack. Pas dans le premier pub, il changea après quelques consommations.
Il avait l'intention d'être ivre. Il y avait des années qu'il ne l'avait pas été. Il avait l'avantage de pouvoir se désintoxiquer quand bon lui semblait. En autant qu'il ne soit pas trop ivre pour le faire !
Dans le troisième pub qu'il visita, il reconnu Jack, mais ce n'était pas réciproque. Il eut une idée et alla vers lui pour le charmer. Jack flirtait avec tout le monde. Il était curieux de voir comment il réagissait lorsque c'était le contraire. Il n'avait pas d'intention réelle. C'était pour rire, et pour voir dans combien de temps Jack allait le reconnaître. S'il finissait par le reconnaître ! Jack se fit prendre au piège. Il ne le reconnu pas du tout ! quelle chance.
Après une heure de flirt, Jack voulait passer aux choses sérieuses. Il devait inventer une excuse s'il ne voulait pas se retrouver dans le lit de Jack. Quoique, ça pourrait être intéressant. Par contre, il était toujours fortement repoussé par son anomalie.
« Docteur, enfin vous voilà, s'écria la voix de Amy Pond.
- Docteur ! » s'exclama Jack, abasourdi.
Il ne savait pas s'il devait être fâché, ou gêné, ou en rire. Son premier réflexe fut d'éclater de rire. Bien qu'il soupçonnait l'alcool d'en être la cause.
« Amy, je te présente Jack Harkness. Un vieil ami. Jack, voici Amelia Pond.
- Vous n'avez pas de goût pour les vêtements, mais pour les mecs, c'est une autre histoire, affirma-t-elle.
- Les nœuds papillons c'est cool Amy Pond ! lui répondit-il, comme d'habitude.
- Qu'est-ce que vous en pensez ? demanda-t-elle à Jack.
- Je ne sais pas. Mais les bretelles, c'est définitivement cool ! Docteur j'aime votre nouvelle incarnation, approuva-t-il, de son sourire charmeur.
- Jack arrête ça !
- Je vous rappelle que c'est vous qui avez commencé cette fois.
- Je voulais voir si tu me reconnaissais.
- Ah ! Docteur, je suis heureux de vous revoir ! » conclut Jack en l'enlaçant, comme à chaque fois qu'il le voyait.
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Il alla au bar pour en commander un à ses deux amis, lorsque quelque chose d'autre attira son attention : une présence, une odeur, une signature psychique. Celle d'un Seigneur du Temps et ce n'était pas le Maître. Il sortit du pub en courant. Il ne devait pas perdre sa trace. Sa désintoxication se fit presque automatiquement. Il avait besoin de tous ses sens pour suivre la piste. Elle s'arrêta nette. Pourtant, il avait été si près. C'était injuste ! au moins, ça lui prouvait une chose : non seulement il y en avait un autre, mais en plus, il possédait un moyen quelconque pour voyager dans le temps et l'espace. Peut-être même un TARDIS.
Amy et Jack le rejoignirent, essoufflés.
« Un Seigneur du Temps, dit-il, sans les regarder.
- Ah non ! pas encore ce psychopathe ! s'horrifia Jack, en parlant du Maître.
- Non. C'est un autre. Un que je ne connais pas. Il faut que je le retrouve. »
Il courut vers le TARDIS, ignorant ses amis.
« Venez, » dit Amy à Jack, qui ne savait pas trop quoi faire.
Il ne se le fit pas dire deux fois. Ils réussirent à entrer presque de justesse.
« Vous vouliez nous abandonner... encore, lui dit Jack.
- Non. Je savais que vous me rattraperiez. »
Il s'activa rapidement autour de la console, surexcité. Comme Jack le connaissait. Impossible de lui parler. Il était trop occupé à monologuer. Il finit par donner un coup de pied rageur à la console.
« merde. Je l'ai perdu ! »
Jack et Amy se regardèrent silencieusement.
« C'est normal, dit-elle à Jack, parlant de l'attitude du Docteur.
- Je sais, avoua-t-il.
- Il a traversé dans un univers parallèle, clarifia le Docteur.
- On a qu'à le suivre, proposa Amy
- Non. Le TARDIS ne traverse pas dans les univers parallèles.
- Non, mais ça oui, dit Jack en lui montrant son manipulateur de vortex modifié.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Une petite invention de... un mec qui s'appelle John Smith.
- Quoi ! Mais qui est assez stupide pour créer une telle chose ?
- Hum... vous... en quelque sorte.
- Je n'aurais jamais... oh ! tu veux dire... l'autre, le métacrisis ?
- Il s'appelle John Smith.
- C'est mon nom d'emprunt.
- Lui, c'est son vrai nom.
- J'aurais dû le laisser là-bas avec Davros ! s'impatienta-t-il.
- Du calme, Docteur. Il fait ce qu'il peut, avec ce qu'il a. Vous voulez le trouver ce Seigneur du Temps. Oui ou non ?
- Oui.
- Accrochez-vous. »
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La traversée fut chaotique et plutôt pénible, mais ils réussirent quand même. La piste n'était plus très fraîche. Amy était restée dans le TARDIS, Jack et le Docteur cherchèrent pendant trois jours, sans succès. Le quatrième jour, le Docteur s'effondra. Jack, ne sachant trop quoi faire, se téléporta avec lui à Cardiff. Tout près de chez John Smith, qui avait accepté de venir les chercher.
« Vous savez c'est qui ? lui demanda Jack.
- Évidemment. Viens, on va le déposer sur le sofa. Ils s'exécutèrent en silence.
- Que fait-il ici ? demanda John.
- Il traque un mystérieux Seigneur du Temps.
- Oui, je l'ai senti aussi. Il m'a sauvé. Il m'a également enlevé, alors que j'étais inconscient, et m'a fait des prises de sang. Je ne l'ai pas revu depuis.
- Mais vous l'avez vu !
- Pas clairement. J'étais en train de mourir, et il portait un capuchon. Je n'ai pas bien vu son visage.
- Étrange. Qu'est-ce que vous croyez qu'il a ? Il s'est évanoui, juste comme ça, expliqua Jack.
- Probablement juste de l'épuisement. Courir même lorsqu'on n'en est plus capable, c'est tout à fait notre genre. »
Il se pencha sur lui et toucha ses tempes du bout des doigts. Il ferma les yeux un moment.
« C'est ça, de l'épuisement. Donne-lui un bon 24 heures et il devrait être correct, conclut John.
- On devrait peut-être le mettre plus confortable, alors. Suggéra Jack.
- D'accord. On va l'amener dans ma chambre. »
Ils le déposèrent sur le lit et lui enlevèrent ses bottes et sa veste. John le regarda un moment, étonné.
« Un nœud papillon ! le mystérieux Seigneur du Temps que vous cherchez m'a dit que je pouvais me régénérer. Sauf que, si c'est pour aimer les nœuds papillons et les vestes de tweed. Je crois que je préfère la mort.
- Mais les bretelles sont cool. Il n'est pas si mal, dit Jack en souriant.
- Tu devrais te reposer toi aussi, Jack. J'ai une chambre d'amis.
- Vous pouvez la partager avec moi.
- Ne te fais pas d'illusion. Je n'ai pas besoin de dormir pour le moment.
- Qui a dit qu'on devait dormir ?
- Tu en as besoin. Je te vois dans quelques heures. »
Jack n'insista pas, il était effectivement mort de fatigue et s'endormit presque aussitôt. Lorsqu'il se réveilla, c'était le matin et John préparait du café. Le Docteur avait disparu.
« Il est parti ! s'exclama Jack
- Ça t'étonne ?
- Pas vraiment. Il vous a parlé ?
- Il m'a fait un sermon sur les dangers de mon invention pour la cohésion des deux univers. Il m'a parlé de faille dans l'espace et le temps. Possiblement causées par moi et mon invention, etc. J'ai fait semblant de l'écouter. Et toi, ça va mieux ?
- Oui, merci. Comment est-il parti ?
- Je lui ai donné un médaillon semblable à celui inventé par Mickey jadis. Au cas où il voudrait revenir.
- Vous croyez qu'il va revenir ?
- Il va tout faire pour trouver ce Seigneur du Temps inconnu.
- Vous aussi ?
- Oui.
- Vous devriez travailler ensemble.
- Moins je le vois, mieux je me porte. C'est réciproque.
- Vous lui en voulez toujours de vous avoir abandonné comme ça ?
- Tu ferais quoi à ma place ?
- Je suppose que je lui en voudrais aussi, mais j'essayerai de le pardonner.
- Il ne te demanderait jamais de le pardonner, Jack. On demande pardon lorsqu'on se sent coupable de quelque chose. Ce n'est pas son cas.
- Oui. Vous avez sûrement raison sur le fait qu'il ne s'excusera jamais. Toutefois, je pense qu'il regrette certaines choses. Quand Davros lui a dit tout ça... ce n'est pas vrai qu'il n'a rien ressenti, John. J'étais là.
- Peut-être. Alors,tu repars dans ton univers ?
- Pas le choix, mais je vais revenir.
- À la prochaine. »
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Le Docteur était revenu aussitôt que possible. Rester avec cette erreur qu'était le métacrisis ne lui disait rien de bon. Cela lui rappelait Rose, et surtout Donna. Il ne voulait pas se rappeler d'elles. Hélas, c'était trop tard. Il ne faisait que penser à Donna. Ce double de lui était également une partie d'elle, et c'était cela qu'il ne voulait pas voir.
Il salua Amy brièvement et gagna sa chambre. Il n'était pas encore tout à fait reposé, et n'avait envie de voir personne. Il était étendu sur son lit, incapable de lutter contre les souvenirs de Donna, qui lui revenaient, inlassablement. Alors, il cessa de lutter et les laissa venir à lui. Il avait besoin de se rappeler d'elle, même si ça faisait mal.
Contrairement aux humains, il n'avait pas besoin de photographies. Ses souvenirs restaient toujours aussi clairs et précis que lorsqu'ils avaient été imprimés dans sa mémoire. Rien ne s'effaçait dans un cerveau de Seigneur du Temps, mais certaines choses pouvaient demeurer cachées pendant des années.
Tandis qu'il repassait, dans sa tête, les aventures qu'il avait vécues avec Donna, il sentit la conscience du TARDIS s'insinuer en lui. Elle lui transmettre une vague de réconfort. Elle faisait souvent cela, lorsqu'il était triste ou mélancolique. C'était agréable. Le lien qui unissait un Seigneur du Temps et son TARDIS était unique. Incompréhensible pour les autres créatures du cosmos. Un Seigneur du Temps n'était pas complet tant qu'il n'avait pas son propre TARDIS. Selon lui, du moins. Rien d'étonnant à ce que le Maître ne cessait d'essayer de le lui voler.
Il se sentit glisser lentement dans le sommeil. Il se demandait s'il ne devait pas se lever et retourner à la console. Ou bien, rester ici, et dormir encore quelques heures. Il préférait la deuxième option. : Peux-tu garder un œil sur Amy, chère ? demanda-t-il, par télépathie, au TARDIS, qui le rassura à sa façon. Il pouvait donc se reposer un peu.
