« On a les résultats ADN », lança Fin, un dossier à la main. « Et on a de la chance, notre gars est fiché. Il s'appelle James Wilson. »

Olivia bondit de sa chaise :

« On a une adresse ?

– Il est sous contrôle judiciaire, j'ai vu avec l'officier de probation. Il a déjà été condamné pour vol à main armée et quelques autres trucs. Il vit à dix minutes d'ici. Nick, la vidéo du distributeur, ça donne quoi ? »

Le détective se passa la main dans les cheveux tout en répondant à son collègue :

« Rien de bien clair. On peut toujours s'en servir pour faire pression sur lui s'il n'avoue pas, mais ce ne sera pas bien utile en cas de procès, je pense. »

Olivia attrapa son manteau et mis son arme à sa ceinture :

« Ok, allons cueillir l'oiseau chez lui. »

« James Wilson, NYPD, on a un mandat, ouvrez. »

Voyant que la porte ne s'ouvrait pas, Fin lança un regard à Olivia qui hocha la tête. Il s'écria :

« On va ouvrir la porte, reculez. »

Une voix interrompit Fin qui s'apprêtait à lancer un grand coup de pied dans la porte.

– C'est bon, c'est bon, ne cassez rien, j'ouvre. »

Un homme plutôt grand se tenait de l'autre côté.

« James Wilson ? Nous avons quelques questions à vous posez, suivez-nous. »

Celui-ci ne résista pas, et suivit docilement l'équipe jusqu'aux locaux de l'UVS.

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« Bon, en clair, vous n'avez pas d'alibi. Et on a votre sperme sur la victime. Ça fait beaucoup, non ?

– Ne l'dites pas à l'officier de probation. 'Va m'faire retourner en taule, s'il l'apprend. »

Olivia se retourna vers Nick :

« Non mais tu l'entends. Oui, tu vas y retourner. Et pour un certain temps. Tu sais que dans certains états, on demanderait la peine de mort pour ce que tu as fait ?

– Ce que j'ai fais ? Mais, j'ai ... »

Nick ne lui laissa pas le temps d'objecter :

« Tu ne vas pas nier, non plus. Allez, on a juste besoin de savoir le nom de cette fille. On s'en fiche de pourquoi tu l'as violée et étranglée. Si tu nous aide, on dira au juge que tu as été gentil. »

Derrière la vitre sans teint de la salle d'interrogatoire, Amanda leva les yeux au ciel.

« On a affaire au tueur le plus intelligent du millénaire, je crois.

– Avec un peu de chance il lâchera rapidement le morceau, Olivia commence à être tendue », observa Fin.

« Je la comprends », compati la jeune blonde, « elle a tiré le gros lot avec l'autre qui la harcèle.

– Elle tiendra le coup, ne t'en fais pas. »

Amanda soupira :

« Je sais. Et Alex la connait assez pour savoir comment l'aider. »

Ils furent interrompus par Olivia qui sortait de la salle :

« Je vous le laisse, je vais faire un meurtre, sinon. »

Alors qu'Amanda hochait la tête, Cragen les rejoignit :

« Laissez-le cogiter une petite heure, Amanda et Fin vous y retournez ensuite. Liv, va te reposer, je ne veux plus te voir ici avant demain matin. Et c'est un ordre, tu as besoin dormir. »

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Olivia avait à peine objecté. Elle avait appelé Alex qui lui avait aussitôt dit qu'elle arrivait. Il était 18h30 lorsqu'elle prit place dans la voiture de sa collègue. Ce fut elle qui lança la conversation, se rappelant la promesse qu'elle s'était faite. Alex se donnait du mal pour elle, alors elle pouvait bien faire des efforts et mettre ses sentiments de côté.

« Ça a été au tribunal ? »

Alex lui répondit en souriant :

« C'était une bonne journée. J'en connais qui sont partis pour rester à Rickers un bon bout de temps. Et toi ? L'enquête a avancé ?

– On a identifié le propriétaire du sperme, il devrait avouer assez rapidement. Ce n'est pas un malin …

– Bien, il sera facile à faire condamner, alors. Et ton dingue, du nouveau ? »

Le visage de la détective s'assombrit :

« Rien. »

Alors que le silence devenait pesant, la substitut proposa :

« Tu veux toujours passer chez toi ?

– J'aurais bien voulu, mais les scellés n'ont toujours pas été enlevé. Cragen m'a dit d'attendre demain. Tu pourras me prêter quelques affaires ?
– Bien sûr, Liv. Aucun problème. »

La détective la remercia d'un sourire rapide avant de retourner à ses pensées.

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Elle était déjà allée chez la substitut, mais à chaque fois, l'ambiance qui y régnait la frappait. L'appartement d'Alex reflétait exactement ce que la blonde dégageait. On voyait tout de suite qu'elle ne manquait pas de moyens financiers, mais rien n'était fait pour étaler une quelconque richesse. C'était classe, spacieux, mais tout de même relativement sobre.

« Je vais te préparer la chambre d'amis. Fais comme chez toi, si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas.

– Merci Alex, je peux prendre une douche ? Tu as un pyjama ou quelque chose à me prêter pour la nuit ?

– Oui, bien sûr. Suis-moi. »

Après quelques recherches, la substitut avait fini par dénicher un bas de survêtement et un T-shirt. Olivia en profita pour se moquer gentiment des goûts raffinés de son amie en matière de vêtements.

Les deux femmes mangèrent en silence. À la fin du repas, Alexandra proposa :

« Je suppose que tu es fatiguée. Tu veux aller te coucher ?

– Honnêtement, je ne suis pas particulièrement pressée d'aller au lit. J'ai besoin de me changer les idées.

– Tu fais des cauchemars ? Tu veux en parler ?

– Tu n'as pas plutôt un film à nous mettre ? Je doute que mes élucubrations nocturnes t'intéressent vraiment ... »

Olivia était déjà assise sur le canapé de son amie. Alex rangea la dernière assiette et alla la rejoindre.

« Si ça peut te faire te sentir mieux, ça m'intéresse, Liv. Laisse-moi t'aider. Je refuse de te regarder te refermer comme ça. Je tiens à notre amitié, même si on se voit moins souvent qu'avant, ce que d'ailleurs je ... »

Olivia la coupa doucement en posant une main sur son avant-bras. Elle frissonna sous le contact de sa peau, mais elle ne voulait pas laisser la substitut l'amener dans cette conversation. Elle n'en n'avait pas le courage.

« Pas maintenant, Alex. Plus tard. »

Alex retira son bras.

« Plus tard ? C'est facile de dire ça, Olivia. C'est facile de fuir. Je ne sais pas ce que je t'ai fais, et je respecterai ton choix de t'éloigner si tu le veux, mais j'ai quand même droit à une explication. Ça va finir par empiéter sur nos relations de travail. Pourquoi es-tu si froide ? Et ne me dit pas que c'est à cause de ton pervers, ça fait bien plus longtemps que ça dure.»

Alex s'arrêta et fixa la détective. Elle ajouta en murmurant, d'un ton presque suppliant. : « Parle-moi, Liv ! »

Olivia baissa les yeux. La distance qu'elle avait voulu mettre entre elle et son amie avait prit une dimension qu'elle n'avais pas remarqué. Elle se senti tout d'un coup dépassée par les événements. Alex était sur son terrain : celui de la confrontation, de l'interrogation. Olivia comprit alors pourquoi tout ses traits de personnalité faisaient d'elle une excellente avocate. Elle eu envie de tout lui dire, depuis l'échec systématiques de chacune de ses relations, jusqu'aux sentiments qu'elle ressentait pour elle, en passant par ses longues soirées de solitudes dans son appartement trop vide. Au fond d'elle, elle ne comprenait pas pourquoi Alex réagissait si violemment. Certes, elles avaient été proches, mais la détective sentait que la blonde était vraiment touchée.

Devant, le mutisme de sa collègue, Alexandra se leva, un air de profonde tristesse dans ses yeux bleus. Elle se dirigea lentement vers sa chambre.

Olivia aurait aimé qu'elle s'énerve encore, qu'elle crie, qu'elle claque la porte. Qu'elle la regarde. Mais elle ne semblait ressentir que de la déception.

La détective attendit d'être sûre qu'Alex ne ressortirait pas de la chambre pour laisser couler ses larmes. Elle se lova contre le canapé. Elle avait perdu la seule personne qui se souciait vraiment d'elle. Olivia, tu es une imbécile, pensa-t-elle. Tu finiras seule, avec pour seuls souvenirs tous ces pervers que tu arrêtes si bien ...