Chapitre 4 : Les chiens de l'Enfer

Lyle fronça les sourcils : l'ascenseur était disponible, mais sa sœur jumelle était déjà à l'intérieur. Avec un soupir, il se dirigea vers l'habitacle. Il était encore tôt pour une escarmouche, mais il n'allait pas reculer pour si peu. Il accrocha un sourire affable à ses lèvres, et poussa même sa chance en allant jusqu'à la saluer d'un ton enjoué. Il s'attendait à une pique au vitriol, mais elle se contenta d'un vague bonjour dans sa direction. Interloqué, il la dévisagea du coin de l'œil durant toute la montée. Elle semblait absente, trop préoccupée pour réagir à sa présence. Cela ne lui ressemblait pas. Miss Parker avait un instinct de conservation exceptionnel et en savait suffisamment sur son compte grâce à Jarod pour être consciente de quoi il était capable. Elle avait toujours été sur ses gardes en sa présence jusqu'à présent. Il se promit intérieurement de faire sa petite enquête. Lyle aurait bien poussé son avantage pour tâcher d'en savoir davantage immédiatement, mais la porte de l'ascenseur s'ouvrit, laissant passage à Sydney. Celui-ci s'intercala automatiquement entre lui et Miss Parker, comme le bon chien de garde qu'il était. Peut-être n'était-il venu que parce qu'il avait senti le trouble de sa maîtresse, songea Lyle cynique. Il quitta l'ascenseur en premier, sous le regard vigilant du psychiatre.

Raines s'était installé dans le bureau de Mr Parker, quittant à regret ses chers cobayes. Néanmoins, il n'avait pas eu le choix. Au Centre, les apparences étaient primordiales. Même s'il avait déjà l'habitude d'exercer le pouvoir, le faire en pleine lumière était une toute autre chose que de tirer les ficelles dans l'ombre. Auparavant, Mr Parker avait toujours été là pour user de son influence lorsque la situation lui échappait. Maintenant, il devait faire la représentation seul. Mais cela ne l'inquiétait pas outre-mesure. Il savait que la situation n'était que temporaire. Il retrouverait bientôt ses souterrains et ses sujets d'expérience. Le sourire réjoui qui joua sur ses lèvres minces à cette idée glaça jusqu'à la moelle l'assistant venu lui apporter des documents à signer.

_ Qu'avez-vous Miss Parker, demanda directement Sydney. Celle-ci lui lança un regard perdu. Est-ce que Lyle vous a fait quelque-chose ?

_ Non, pour une fois ce dégénéré n'y ait pour rien. Enfin presque, rectifia pensivement la jeune femme. Sydney l'aurait bien interrogée plus avant, mais Broots déboula soudainement :

_ Miss Parker, Sydney, nous avons un gros problème ! Jarod a disparu !

_ Cela fait cinq ans qu'il nous file régulièrement entre les doigts, Broots, fit d'un ton plein de lassitude Miss Parker. J'aurais pensé que depuis tout ce temps, vous auriez appris à maîtriser vos accès de désespoir.

_ Le problème, c'est que cela fait plus d'un mois qu'il n'a pas émergé. Tous les rapports sont formels; S'il ne vous avez pas appelé juste après votre retour de Carthis, il pourrait tout aussi bien être mort dans le crash.

Miss Parker resta silencieuse un long moment. Elle savait que pour Jarod défendre la cause des plus faibles était vital. Miss Parker ne parvenait pas à imaginer l'état d'esprit dans lequel il devait se trouver pour négliger ce qu'il considérait comme son devoir.

_ Je ne sais pas ce qui s'est produit à Carthis, commença Sydney. Vous êtes restée très discrète sur le sujet, Parker. Mais il semble évident que ces événements ont profondément affecté Jarod.

_ Le petit génie ne vous a pas contacté, s'inquiéta la jeune femme.

_ Non, appuya le psychiatre en lui rendant son regard. Comme s'il tentait de disparaître pour de bon.

_ Je comprends, fit Miss Parker, découragée. Au moins, il y a un coté positif. Si Jarod se cache de nous, Lyle ne lui mettra jamais la main dessus.

_ Je ne savais pas que tu avais si peur de perdre ta tête, sœurette, fit celui-ci en sortant de l'ombre. Broots se déplaça rapidement pour se mettre hors de sa portée, Sydney leva calmement les yeux vers le nouveau venu et Miss Parker dissimula son trouble derrière le masque glacial qu'elle avait pris l'habitude de revêtir dans l'enceinte du Centre. Elle se réjouit en elle-même d'avoir gardé pour elle la visite qu'elle avait reçue la veille. Au Centre, plus que partout ailleurs, les murs avaient des oreilles.

_ J'arracherai la gorge de Raines avec les dents avant qu'il mette ma tête sur le billot, rétorqua-t-elle. Je suppose que pour ta part, tu te chercheras le trou le plus reculé de la Terre et tu feras le mort, en attendant que la situation te redevienne favorable ?

Lyle sourit d'un air moqueur :

_ Cette stratégie a l'air de fonctionner pour notre cher Jarod. Tu es vraiment sûr qu'il ne t'a pas contacté, petite sœur ? Tu semblais bien distraite ce matin.

Miss Parker comprit enfin ce qui avait poussé Sydney à s'enquérir de son état et maudit intérieurement son inattention. Elle se contenta de lâcher d'un ton excédé :

_ C'est bien la preuve que je n'ai rien de neuf. Sinon, je serais déjà sur le pied de guerre. Je suppose que si tu en es réduit à espionner la concurrence, tes babouins n'ont pas plus d'informations que nous ?

_ Nous pourrions unir nos forces, dit tranquillement son interlocuteur. Vous êtes ceux qui connaissent le mieux Jarod, mais s'il change stratégie et a décidé de disparaître des radars pour de bon, je pourrais vous être utile; j'ai moi-même une longue expérience des cavales. J'ai bien réussi à me fondre dans la masse lorsque le Centre m'a déclaré personna none grata et je suis même parvenu à retrouver Jarod une fois.

_ Je n'arrive même pas à imaginer ce qui peut t'être passé par la tête pour que tu me fasses cette proposition, remarqua Miss Parker d'un ton dédaigneux.

_ Je pensais qu'étant donné la situation, nous pourrions mettre nos différents de cotés pour une fois. Aucun d'entre nous n'a intérêt que Jarod s'évanouisse dans la nature. Ce qu'il risque de faire si nous ne lui mettons pas la main dessus rapidement.

_ Lyle, lorsque je chercherais un moyen compliqué et douloureux de mettre fin à ma vie, j'accepterais ta proposition, mais je ne suis pas encore arrivé à cette extrémité. Lorsque je vois ta sale face de faux frère, je n'ai qu'une idée en tête, te coller une balle entre les deux yeux. Dans ces conditions, tu comprendras que je doive rejeter cette offre saugrenue.

_ Je suis blessé de ce manque de confiance manifeste, dit Lyle toujours souriant, visiblement pas perturbé par ce refus. Que disait Jarod à ce sujet déjà ? Ah oui, la confiance peut te tuer ou te rendre plus forte. Si tu ne fais confiance à personne, personne ne sera là pour te rattraper en cas de problème.

Il sortit sur cette dernière tirade. Miss Parker attendit quelques instants puis déclara :

_ Nous avons besoin d'un endroit relativement sûr pour continuer nos recherches. Je n'aime pas du tout ce soudain redoublement d'intérêt de Lyle. Je sais, c'est ma faute, admit-elle comme Sydney ne la quittait pas des yeux. J'aurais du mieux me contrôler.

Sydney retint les questions qui lui brûlaient les lèvres; ce n'était ni le moment, ni le lieu.

_ Mon bureau a une porte, indiqua-t-il. Broots, pourrez-vous opérer à partir de là ?

_ Normalement, non, mais je connais bien le système de sécurité du réseau. Je peux faire en sorte d'avoir les mêmes accès dans votre bureau que ceux que j'aurai eu à partir du centre de contrôle.

_ Vous ne risquez pas d'avoir des ennuis si quelqu'un le découvre, s'inquiéta Sydney.

_ Oh si ! Mais je suis d'accord avec Miss Parker; nous sommes trop exposés en ce moment.

Miss Parker lui jeta un regard surpris. Le petit homme avait les yeux cernés, le regard inquiet. Il fallait admettre que si l'ambiance au Centre n'avait jamais été conviviale, sous l'influence de Raines, elle devenait de jour en jour plus sinistre. Pas besoin d'être voyant pour pressentir que les choses iraient de mal en pis. Les mots de la jeune fille résonnèrent en elle comme un avertissement « N'oublies pas que tu n'es pas toute seule, Miss Parker, et qu'ils n'hésiteront pas à faire souffrir tes proches ».

Très tard, le même jour, au Centre :

Lyle frappa à la porte, mais n'attendit pas que Raines réponde avant d'entrer. De part et d'autre du bureau, les deux hommes se toisèrent. Ils étaient trop semblables tous deux pour ignorer ce dont l'autre était capable. Pour l'instant, leurs intérêts étaient communs, mais pour peu qu'une opportunité s'offre à l'un ou à l'autre et il se retournerait sans remord contre l'autre. Raines sourit. Il avait en main des cartes dont son fils ignorait encore l'existence. Mais le jeune homme aurait une certaine utilité dans ces projets futurs. C'est pourquoi il supportait actuellement son attitude à la limite de la révolte ouverte, malgré son manque flagrant de résultat.

_ Il y a quelque-chose qui ne va pas avec ma sœur, finit par déclarer Lyle, comme l'autre restait silencieux.

_ J'espère qu'il ne s'agit pas seulement d'une tentative dérisoire de me faire oublier vos propres échecs, siffla d'un ton narquois Raines.

_ Elle a du recevoir la visite d'une de nos vieilles connaissances, continua Lyle, imperturbable.

_ Jarod ? Fit Raines en fronçant les sourcils.

_ Non, dit Lyle à regrets. Mais d'après le barman de son saloon favori, elle n'est pas repartie seule hier soir. Sa petite sœur est venue la chercher.

_ Description ? Demanda Raines, ses yeux encore plus étrécis.

_ Blonde, yeux clairs, pas commode. Lyle savourait le trouble qu'il avait fait naître chez son interlocuteur. Je doute qu'elle se soit contentée de border Parker dans son lit.

_ Fichus voyants ! Que donnent les enregistrements ?

_ Rien, admit Lyle. D'après les techniciens, soit il y a eu lieu un mini orage magnétique ultra-localisé au-dessus de la maison de Parker, soit sa mystérieuse petite sœur a utilisé un brouilleur de fréquences. Tout le matériel est intact, je l'ai fait vérifié.

Raines se renfonça dans son fauteuil, respirant à grand bruit.

_ Avec la chance de ces hurluberlus, je tablerai sur l'orage magnétique, dit-il de sa voix sifflante. Des suggestions pour résoudre ce nouveau problème ?

_ Il faut que nous faisons le nécessaire pour contrôler Parker. Elle n'en a pas l'air à première vue, mais c'est une grande sensible. Si je m'occupe de Sydney ou Broots, elle filera doux.

_ Elle aura besoin d'eux pour retrouver Jarod, contra Raines, bien que l'idée lui ait plut.

_ Le fils de Sydney est encore parti au bout du monde en mission humanitaire, mais Broots a une fille adorable. Je suis sûr qu'il serait prêt à faire n'importe quoi pour elle. Miss Parker aussi a beaucoup d'affection pour cette petite.

_ Cela semble être la solution idéale dit Raines après quelques secondes de réflexion. Pour une fois, vous semblez avoir pensé à tout. Et que préconisez-vous pour la voyante ?

_ L'élimination pure et simple, gronda Lyle.

_ Je ne comprends pas, ironisa Raines. Elle était pourtant votre sujet favori

_ Je mes souviens très bien dans quel état ils ont laissé leurs gardiens lors de leur évasion. Pendant que les Nettoyeurs déblayaient les décombres, deux étages plus bas, ils les ont traqués, torturés et exécutés les uns après les autres. Ces fauves enragés doivent être abattus, c'est une question de sécurité publique.

_ En vérité, vous avez peur de ce qu'ils pourraient projeter de vous faire subir s'ils parvenaient à vous mettre la main dessus, ricana Raines.

_ Il es tout de même dommage que Mr Parker ne soit plus parmi nous, remarqua Lyle, qui ne voulait pas s'étendre sur le sujet. Cet homme a toujours eu le don remarquable de parvenir à contrôler parfaitement ma chère petite sœur, sans avoir besoin d'utiliser des moyens aussi expéditifs que l'enlèvement d'enfant. Il lui suffisait de dire « Je t'expliquerais plus tard, mon Ange », pour que la furie se transforme en douce colombe.

_ Malheureusement pour la fille de Broots, aucun de nous ne possède ce don, conclut Raines.

Le lendemain matin, le ciel était blême et vide. Miss Parker se préparait à aller au Centre, vérifiant soigneusement son arme avant de la glisser dans son holster. Sorc'ha n'avait pas cherché à rentrer à nouveau en contact avec elle et Miss Parker supposait que la jeune fille avait quitté la région. L'impression d'avoir manquer une occasion de changer les choses la taraudait, plus vive encore qu'après son retour de Carthis. Peut-être parce que la voyante n'avait pas hésité à lui dire ses quatre vérités, l'avait poussée dans ses retranchements pour lui faire prendre conscience de la réalité. Miss Parker savait que le Centre l'utilisait et elle commençait à craindre que la machine infernale dont elle connaissait maintenant bien les rouages ne finisse par la broyer.

_ Debbie, dépêches-toi, on va être en retard ! lança Broots,

_ Je pourrais très bien aller au lycée toute seule, protesta Debbie. J'ai seize ans, Papa !

_ Pour moi, tu seras toujours ma petite fille, dit gravement Broots. et je trouve que j'ai déjà fait une belle concession en t'autorisant à rentrer seule après les cours.

_ Je sais, soupira l'adolescente. Son père était perpétuellement préoccupé, étant de nature inquiète, mais elle savait que son travail aggravait encore cet état d'esprit. Récemment, cela s'était encore intensifié et elle avait du lutter de pied ferme pour gagner un peu d'autonomie. Je t'aime Papa, ajouta-t-elle en souriant.

Broots la serra contre lui.

Malgré son inquiétude, il ne repéra pas la voiture aux vitres fumées qui les suivait deux ou trois voitures derrière eux. Pas plus qu'il ne remarqua le manège de la camionnette blanche qui fit soudain écran entre leur voiture et celle de leurs poursuivants. La conductrice se gara un peu à l'écart, tandis que Broots embrassait une dernière fois sa fille avant que Debbie descende de la voiture pour rejoindre ses amis. Elle regarda les Nettoyeurs passer lentement devant le groupe d'adolescents, sans s'arrêter. Il y avait trop de témoins potentiels. Debbie était provisoirement en sécurité.

_ Vous ne devriez pas aller chercher votre fille à cette heure-ci ?

En entendant cette voix qu'il craignait tout autant que la personne à laquelle elle appartenait, Broots sursauta violemment. Lyle lui laissa le temps de se reprendre, un sourire sardoniques sur ses lèvres.

_ Euh non, Elle vient d'avoir seize ans et considère que son vieux père n'a plus à aller la chercher au lycée, expliqua-t-il, mal à l'aise. L'intérêt soudain de Lyle pour Debbie l'inquiétait au plus haut point. C'est pour ça que je peux rester travailler plus tard, ajouta-t-il dans l'espoir de distraire Lyle du sujet précédent.

_ Votre dévouement au Centre est tout à votre honneur, fit d'un ton faussement léger Lyle. On ne peut pas en dire autant de ma sœur récemment...

_ Elle a subi beaucoup de chocs ces derniers temps, se sentit obligé de la défendre Broots.

_ Comme nous tous, comme nous tous, dit Lyle d'un ton distrait. Saisissant la photographie de Debbie qui trônait sur le bureau, il l'examina longuement : Elle est vraiment adorable.

_ C'est vrai, fit Broots, alarmé par l'insistance du psychopathe. Je l'aime plus que tout au monde.

_ C'est bien ce que je me disais, lâcha Lyle, avant de partir.

Broots attendit que celui-ci ait quitté les lieux, puis, sans prendre le temps de mettre sa veste, sortit du Centre. Un pressentiment sinistre le taraudait. Ce fut presque sur les chapeaux-de roues qu'il quitta le parking.

Debbie discutait avec son amie lorsqu'elle vit les hommes en costume noir. L'un d'entre eux vint vers elle et lui dit :

_ Tu es Debbie, n'est-ce pas ? Comme elle acquiesçait, il continua : Ton père nous a dit de venir te chercher.

_ Il lui est arrivé quelque-chose s'inquiéta l'adolescente.

_ Rien de grave, mais il a besoin que tu viennes avec nous.

Elle suivit l'homme, mais comprit rapidement que quelque-chose d'anormal se produisait lorsque deux autres Nettoyeurs vinrent silencieusement l'encadrer. A chaque pas qu'elle faisait en direction de la berline sombre, son appréhension augmentait.

Impuissant, Broots regardait les Nettoyeurs emmener sa petite fille chérie, l'unique lumière de sa vie. Une jeune femme blonde se glissa auprès de lui :

_ Criez, ordonna-t-elle. Il y a trop de monde pour qu'ils puissent l'enlever de force.

Comme si ces quelques mots l'avaient libéré de l'hébétude qui le paralysait, Broots s'égosilla :

_ Debbie, ma chérie, je suis ici !

Tout autour de lui, les gens se retournèrent mais il n'en avait cure et se précipita vers le petit groupe. Debbie l'avait entendu et tentait de se libérer de l'étreinte de son ravisseur.

_ Debbie ! Cria-t-il encore, attirant encore davantage l'attention des passants. Les Nettoyeurs comprirent que le contrôle de la situation leur échappait et devant le nombre de regards braqués sur eux, préférèrent lâcher la jeune fille avant de s'engouffrer dans la voiture et de s'éloigner rapidement. Debbie se jeta dans les bras de son père, qui, les larmes aux yeux, la serra contre lui. Il vit que la fille blonde l'avait suivi

_ Merci, dit-il, reconnaissant. Sans vous, je l'aurais perdue.

_ Vous n'êtes pas hors de danger, remarqua la jeune femme. Venez avec moi.

Elle les conduisit à une vieille camionnette à la peinture blanche défraîchie et les fit monter à l'arrière.

_ Je vais conduire doucement, assura-t-elle. Surtout, faites en sorte d'être invisibles. Nous ne devons pas attirer l'attention.

Broots acquiesça, encore sonné par la rapidité des événements. Debbie regardait avec curiosité et demanda :

_ Mais comment avez-vous su ce qui allait se passer ? Vous travaillez au Centre, vous aussi ?

_ Non, je suis médium, dit avec un clin d'oeil la jeune femme.

A ces mots, Broots pâlit brutalement. Le massacre du niveau sous-terrain 25 était resté dans toutes les mémoires. Il jeta un regard neuf sur leur sauveuse. Il avait eu l'occasion à plusieurs reprises de voir les avis de recherche diffusés sur le réseau et il la reconnaissait maintenant sans peine.

_ Quelles sont vos intentions, demanda-t-il prudemment.

_ Pour l'instant, le plus urgent est de vous faire sortir de ligne de mire. Et pour cela, j'ai un plan, ajouta-t-elle d'un ton rassurant avant de démarrer.

Mais l'informaticien n'était pas tombé de la dernière pluie. Il savait qu'ils n'étaient pas tirés d'affaire.