Comme prévu, voici le chapitre 4 !

On retrouve Harry et sa famille.

Sa vie a changé... En bien ou en mal ? Je ne saurais pas le dire.

Je vous laisse découvrir les bouleversements que la punition a eu sur sa vie... Et un personnage va faire son apparition, pour secouer d'avantage la vie déjà bancale du petit garçon.

Bonne lecture !


Chapitre 4 : Travailler dans la maison

Harry Potter dessinait. Les sourcils froncés, il s'appliquait comme jamais. Un nuage, une lune et des étoiles. C'était le ciel, et dans ce ciel, volait une moto. Un jour, on viendrait le chercher et il irait loin de cette maison horrible. Heureux, il posa son feutre et il serra le dessin contre son cœur.

Du bruit dans les escaliers… Harry reconnu la démarche lourde de son oncle. Du plâtre lui tomba dans les yeux et il enleva ses petites lunettes rondes pour se frotter les paupières. C'était sûrement le matin et son oncle allait ouvrir la porte du placard pour lui demander de commencer son travail. Harry cacha fébrilement son dessin, ses feuilles et ses feutres sous son matelas et il attendit sagement qu'on vienne le délivrer.

oOoOoOoOoOo

Deux semaines auparavant, Harry s'était réveillé dans son placard. Il avait mal partout, et sans s'en souvenir parfaitement, il savait que son oncle l'avait encore frappé. Endolori, il n'arrivait pas à ouvrir les yeux. Il entendait du bruit dans son placard mais il avait trop mal à la tête pour bouger.

« Je crois que Vernon a perdu la tête… Failli te tuer ! J'ai eu tellement peur. »

Harry reconnaissait la voix de sa tante. Pas la voix furieuse et dégoûtée qu'elle lui adressait la plupart du temps. C'était une voix douce, presque tendre, comme quand elle parlait à Dudley. Harry savait qu'il ne devait pas écouter, il aurait dû dire qu'il était réveillé… Mais il voulait entendre cette voix maternelle, une voix qui lui avait toujours manqué.

« Dudley était effrayé, il croyait que tu étais mort. Si seulement tu n'étais pas le fils de… »

Sa voix se perdit.

« Tout aurait pu être différent. Mais il a fallu qu'elle épouse ce James Potter. »

Sa voix avait pris une intonation haineuse, et Harry frissonna malgré lui. Pétunia lui essuyait le visage avec un torchon. En pliant son poignet, Harry sentait une résistance, comme s'il avait été bandé. Pour la première fois de sa vie, on le soignait réellement.

« Vernon ne sait pas ce que je fais pour toi. Heureusement. Il te déteste, aujourd'hui plus que jamais. »

Harry ne savait pas pourquoi Pétunia lui parlait. Il était censé dormir, pourquoi lui parler dans son sommeil ? Il aurait tellement voulu qu'on lui parle normalement, pourquoi se cacher ? Et Harry devina qu'elle n'était pas censée être là, et que lui-même ne devait pas être au courant.

« Dudley demande de tes nouvelles, tu sais ? Il m'a donné ça pour toi… »

Harry entendit qu'on posait quelque chose sur sa couverture. Il sentit une main qui lui caressa les cheveux. Il se promit de graver cet instant dans sa mémoire. Ne pas oublier…

« Vernon va rentrer de sa séance de golf. Je dois te laisser… Remets-toi vite, je t'en supplie. Vernon veut te remettre au travail dès lundi, rétabli ou pas. Il ne comprend pas, et si tu n'es pas réveillé lundi… Je ne sais pas ce qu'il serait capable de faire. »

Harry sentit la présence s'éloigner, puis il entendit la porte se fermer. Un verrou, deux verrous, trois verrous… Il était à nouveau enfermé. Trop faible pour lutter contre le sommeil, il s'endormit à nouveau.

oOoOoOoOoOo

Le souvenir était trop vague. Il se rappelait juste avoir entendu la voix de sa tante, et on lui avait posé un paquet sur son lit. Il se souvenait aussi d'un étrange sentiment de calme et de douceur. Mais ce n'était pas logique, sa tante le détestait… Comment pouvait-il se sentir bien quand on l'insultait à longueur de journée, lui rappelant sans cesse qu'il n'était qu'un parasite immonde ? Harry découvrit les bandages, et il en conclue qu'il avait dû avaler une de ces pilules étranges qui rendaient les gens un peu bizarres. Des médicaments, se rappela-t-il soudainement. On appelait ça des médicaments. Il avait certainement plané un peu dans un sentiment d'euphorie, ce qui expliquait son bien-être. Harry Potter n'était jamais heureux, il ne devait certainement pas l'être. C'était une règle établie.

Pourtant, il avait bien trouvé une boite sur son lit. Il l'avait ouvert et il avait découvert de nombreux feutres, plus ou moins abîmés et un énorme tas de feuilles. Il y en avait au moins cent ! C'était le premier cadeau d'Harry et il n'osait pas y toucher. Puis, n'y tenant plus, il avait commencé à dessiner sur les feuilles. Chaque nuit, avant de s'endormir, il faisait deux ou trois dessins. Et s'il se réveillait assez tôt, il dessinait à nouveau avant sa longue journée de travail. C'était son seul plaisir dans la journée, et pour la première fois de sa vie, Harry attendait avec impatience qu'on l'enferme dans le placard.

« DEBOUT ! »

Si Dudley et Pétunia s'étaient radoucit avec Harry, son oncle était de plus en plus insupportable. C'est pourquoi Harry se précipita hors de son placard dès qu'il fut ouvert.

« Bonjour oncle Vernon. »

La petite voix joyeuse d'Harry ne fit rien pour arranger sa mauvaise humeur matinale. Jugeant que la dernière punition était trop récente, il se contenta de froncer les sourcils. Quelles que soient les raisons de la bonne humeur de son neveu, il savait que ça lui retomberait dessus. Harry devait préparer un mauvais coup et il allait devoir le surveiller étroitement.

« Aujourd'hui est une journée spéciale… »

En général, Harry n'aimait pas les jours spéciaux. Cela signifiait une journée d'enfermement dans le placard ou du travail supplémentaire. Noël ou l'anniversaire de Dudley, et il aurait une liste plus longue que jamais. Une sortie familiale ou un week-end à la campagne, et il finirait enfermé. Mais avec ses nouveaux feutres, Harry esquissa un sourire. Il voulait bien rester quatre jours entiers sans voir le soleil, si ça lui permettait de dessiner.

Vernon n'aimait définitivement pas l'expression de son neveu. Il allait devoir comprendre ce qui le mettait de si bonne humeur…

« Tante Marge vient passer quelques jours ici. »

Harry afficha une mine déçue. La tante Marge… C'était la seule personne en-dehors des trois Dursley qui était au courant de son existence. Non seulement il ne pourrait pas rester dans son placard, mais il aurait encore plus de travail. Une chambre de plus à nettoyer et un couvert de plus lors des repas. Sans compter que la tante Marge était comme un deuxième Vernon. Elle n'hésitait pas à crier sur le gamin, le traitant de tous les noms et le frappant avec sa canne si l'envie lui prenait.

Vernon, quant à lui, était rassuré en voyant l'expression défaite d'Harry. Ce petit garnement serait surveillé par sa sœur et il le savait pertinemment. Peut-être évitera-t-il de se faire trop remarquer ? C'était déjà ça de pris.

« Pour aujourd'hui, tu nous prépareras le petit-déjeuner. Dudley ne va plus à l'école depuis deux semaines, tu le sais déjà, alors nous mangerons un peu plus tard que d'habitude. Tu auras donc le temps de nous préparer un repas digne de ce nom ! Je veux un repas de fête car c'est aujourd'hui que nous recevons les résultats du test. Demain, Dudley sera inscrit dans une école de surdoué où il aura sa place. Bien sûr, je ne m'attends pas à ce que tu comprennes… Tu es tellement pathétique, tu ne sais même ce que c'est qu'un livre. Dudley, lui, sait déjà lire comme un grand et il écrit son prénom sans faire de faute d'orthographe. »

Vernon ne prit pas la peine de réfléchir que son neveu n'était jamais entré dans la moindre école et que personne n'avait pris la peine de lui enseigner les bases de la lecture. Pourquoi s'embêter à instruire une nullité pareille ? Si Harry Potter apprenait à lire, il s'empresserait de se renseigner sur des choses pas très nettes et il plongerait dans la criminalité comme ses parents l'avaient fait avant lui.

« A quelle heure doit-être servit le repas, monsieur ? demanda poliment Harry. »

Vernon sembla retourner à la réalité et il gronda sur le gosse :

« Dix heures, pas une minute de retard. Ensuite, tu prépareras la chambre de Marge, elle arrive à midi. Mais quand elle arrivera, le déjeuner devra être prêt. Tu resteras prêt de nous quand on mangera, je ne veux pas que Marge se sente obligée de se lever si elle désire manger du fromage, ou autre chose. Tu mangeras après nous, tu auras les restes. Pétunia semble persuadé que tu dois avoir de la viande, alors soit. S'il reste de la viande, tu pourras y goûter. »

Harry afficha un véritable sourire. De la viande ! Il pourrait manger cette chose délicieuse qui sentait si bon dans la casserole. Pour la première fois de sa vie, il voulait se surpasser pour le repas. Il allait faire cuire tellement de viande qu'il allait être obligé d'en manger beaucoup pour ne pas la gâcher. Il s'arrêta de sourire face au visage violacé de son oncle, mais il était toujours content. De la viande…

« Ensuite, je veux que tu nettoie le salon. Ça devrait te maintenir occupé jusqu'au dîner. Nous mangerons à dix-neuf heures, et je veux un menu précis. Un mijoté de crevettes dans des légumes poêlés, Pétunia te donnera les instructions exactes. Tu resteras à côté de nous pendant le dîner, tu débarrasseras la table et tu amèneras les plats. Aucun pas de travers… Tu mangeras les restes, puis tu pourras aller te débarbouiller. Cinq minutes dans la salle de bain, et à l'eau froide. On ne dépense pas de l'eau chaude pour un misérable dans ton genre. Ensuite, tu pourras aller dans ton placard. On viendra t'enfermer comme il se doit pour la nuit. Des questions ? »

La menace était palpable dans la voix de son oncle et Harry secoua la tête. Ne pas poser de questions et rester invisible.

« Qu'est-ce que tu fais encore là, dans ce cas ?! »

Et Harry se précipita dans la cuisine en évitant une claque sur la tête.

oOoOoOoOoOo

Une poêle sur le feu, Harry coupait les tomates en surveillant le bacon. Son oncle lui avait laissé la liberté du menu. Il avait précisé un repas de fête et Harry ne voulait faire aucun faux pas. Il ne voulait pas provoquer une colère inutile alors que l'horrible tante Marge s'incrusterait dans la maison et briserait l'équilibre précaire qui régnait depuis quelques temps. Harry avait donc prévu une énorme omelette avec du fromage, des champignons et des dés de tomates. Sur la même assiette, il ajouterait deux tranches épaisses de bacon par personne et il laisserait un plat avec une dizaine de tranches supplémentaires pour satisfaire l'appétit d'ogre des deux hommes de la maison. Pour Pétunia, il avait préparé une salade de roquette. Parfois, son cousin en mangeait aussi sous l'œil méfiant de son père. Il ne voulait pas que Dudley mange comme une fillette, mais heureusement, Dudley mangeait en général tout ce qui lui tombait sous les mains. Harry avait aussi fait du porridge, il suffirait de le réchauffer quelques minutes quand les Dursley se mettraient à table. Et il faudrait aussi presser les oranges…

« Ca sent bon ! »

Dudley entra dans la pièce et les cousins échangèrent un regard de travers. Harry attendait avec impatience la réaction de Dudley. Ainsi, il saurait si son cousin était de bonne ou de mauvaise humeur et il pourrait mieux gérer sa journée.

« Ah, c'est toi… dit-il d'une voix dédaigneuse. Papa ne s'est toujours pas débarrassé de toi, à ce que je vois ! Si j'étais toi, je ne m'habituerais pas au confort de la maison… »

Et voilà, Dudley avait retrouvé ses mauvaises habitudes. La journée promettait d'être très longue… Harry se força à penser à la viande.

Mais pour arranger le tout, Dudley s'approcha de son cousin et il lui donna un gros coup dans les côtes. Harry étouffa un cri de douleur et il regarda avec rage son cousin mettre sa grosse main dans le plat de porridge qu'il avait mis à l'écart. Dudley avala une énorme bouchée et Harry fronça les sourcils. Il ne manquait plus que Dudley s'amuse à gâcher son travail !

« Dégage ! hurla Harry d'une voix forte. »

Il avait entendu Dudley le dire une bonne centaine de fois. Il trouvait l'expression bien adaptée à la situation, mais il ne s'attendait pas à l'entrée de sa tante dans la cuisine à cet instant précis. Elle allait le tuer… C'était encore pire que les feutres, elle allait le frapper plus fort. Et appeler Vernon. Et le mettre à la porte, dans les poubelles. Comme le déchet qu'il était. Et il mourrait de froid.

La tête baissée, Harry attendait la sanction. Mais elle ne vint pas. Hésitant, il releva les yeux. Pétunia regardait encore la scène, elle analysait. Bizarre, parce que d'habitude, elle l'accusait sans chercher à comprendre.

« Pourquoi tu as du porridge partout sur ton petit visage, mon dudlynouchet d'amour ? »

Dudley essaya le porridge qui coulait sur son menton gras.

« J'ai faim ! L'avorton prend tout son temps, et il m'a dit de dégager. A moi, de dégager ! Tu te rends compte ? »

Dudley attendait visiblement que l'injustice soit corrigée, comme d'habitude. Son horrible cousin allait en prendre plein la gueule et ça serait bien fait ! Comment osait-il s'en prendre à lui ?

« Harry, retire immédiatement ce que tu as dit à mon fils. »

Harry voyait là une fenêtre qui pourrait le sauver. Il pria de toutes ses forces que sa tante se contente de son pardon. Pourvu qu'elle ne le frappe pas, pourvu qu'elle n'appelle pas Vernon, pitié…

« Je suis désolé Dudley, je n'aurai pas dû te parler comme ça. Je te demande pardon… »

Dudley fronça le nez dans un geste de dégoût prononcé. Il appela sa mère du regard, qu'on frappe cet abruti ! Mais Pétunia était fermement contre l'usage de la force cette fois-ci. Harry était sauvé. Pour le moment…

« L'histoire est réglée, décida-t-elle. N'en parle pas à ton père. Harry a encore beaucoup de travail, le petit déjeuner sera prêt dans un quart d'heure… »

La menace était compréhensible. Si le repas n'était pas prêt à temps, Vernon allait se fâcher et Dudley allait en rajouter en racontant ce petit accident. Mieux valait donc ne pas traîner. Harry n'écouta pas les protestations de son cousin qui voulait manger à la seconde et il retourna les tranches de bacon. Baisser le feu, couper plus finement les tomates et presser les oranges… Tout cela en même temps, Harry était habitué.

oOoOoOoOoOo

A peine Harry eu-t-il terminé de poser la dernière assiette sur la table qu'il se précipita dans les escaliers. La tante Marge n'allait pas tarder et il avait deux heures pour faire la chambre et préparer le déjeuner. Harry se rendait compte de l'absurdité du programme… Deux heures, c'était bien trop peu ! La tante Marge était une maniaque, et elle vérifiait les moindres coins de la pièce. Si elle voyait un grain de poussière, elle lèverait sa canne. Harry frissonna. Il n'aimait pas la canne. En même temps, s'il négligeait le déjeuner, oncle Vernon serait furieux ! Contrairement au petit déjeuner qu'il avait qualifié de fête et du dîner où Harry avait un menu à respecter, son oncle ne lui avait donné aucune information sur le contenu du repas de midi. C'était encore plus risqué… Si Harry commettait la moindre erreur de jugement, son oncle se mettrait en colère. Et avec la tante Marge à ses côtés, Harry préférait ne pas penser au résultat.

Cela lui donnait une heure pour préparer la chambre, pas une minute de plus. Harry ouvrit donc la commode. Il sortit les draps et une énorme couverture, au moins six fois plus épaisse que la sienne. Harry n'osait pas imaginer le confort d'un lit au matelas épais cumulé avec une énorme couverture bien chaude. Les gens avaient bien de la chance, et ils ne se rendaient même pas compte de la préciosité d'un bon lit. Par contre, Harry se demandait ce qu'il y avait de bien à dormir dans une énorme pièce. Certes, ça devait être plus aéré que son petit placard dans lequel il étouffait parfois. Mais il trouvait son placard beaucoup plus chaleureux qu'une énorme chambre.

Sans se laisser le temps de cogiter d'avantage, Harry prit l'aspirateur et un balai. Il alluma l'appareil et il se concentra sur son travail. Rapide, mais efficace. Il devait donc n'oublier aucune surface, il n'aurait pas le temps de vérifier… L'heure tournait bien trop vite ! Harry avait toujours une montre sur son poignet trop maigre. Une vieille montre pourrie qui appartenait à Vernon quand celui-ci était jeune. Les Dursley lui avaient appris à lire l'heure pour que les tâches soient toujours réalisées dans les temps. Une raison de plus pour le frapper s'il terminait son travail en retard. Harry s'appliquait, même si ses pensées divaguaient malgré lui. Il avait un jour regardé un dessin animé de son cousin en préparant le repas. Il en avait oublié le titre, mais il avait gardé une image bien ancrée en lui. C'était une petite sorcière rousse qui volait sur un balai. Comme il aurait aimé prendre ce balai et s'envoler par la fenêtre. Fini les privations, les coups et les maltraitances… Il serait libre !

Son estomac grogna plus fortement que d'habitude, mais Harry résistait. Si ce dernier était souvent privé de déjeuner, il ne manquait jamais le repas du matin. C'était essentiel s'il voulait pouvoir tenir une matinée sans s'effondrer, les Dursley l'avaient bien compris. Seulement, avec l'arrivée imminente de la tante Marge, Harry s'était précipité hors de la cuisine avant d'avoir pu avaler le moindre morceau. Il le regrettait à présent. Il aurait peut-être été plus efficace avec un estomac rempli. Balayer le sol, aérer la chambre, nettoyer les étagères, faire le lit et libérer l'armoire. Harry n'avait décidément pas le temps d'approfondir la chambre. La tante Marge ne verrait peut-être pas les saletés sur la fenêtre ?

Décidant que son travail était terminé, Harry couru vers la cuisine. Il avait dix minutes de retard déjà, l'oncle de Vernon était en route pour aller chercher Marge à la gare et Dudley avait décidé de lui pourrir la vie.

« Pousse-toi de là, Dudley… soupira Harry. »

Son énorme cousin bloquait le passage de son corps massif. Il était apparemment décidé de lui faire payer son erreur du matin.

« Essaie de me faire partir, moi je ne bougerais pas. »

Harry hésita à appeler sa tante, mais il renonça. Ce n'était pas parce qu'elle avait fait preuve d'indulgence ce matin qu'elle recommencerait une deuxième fois. Jugeant son cousin moins dangereux que sa tante, Harry essaya de le pousser. Il mit toutes ses forces dans les bras pour faire reculer son cousin mais c'était lui qui glissait en arrière. Comment lutter face à un garçon deux fois plus grand et cinq fois plus large que lui ?

« S'il te plait, Dudley. Je dois vraiment préparer le déjeuner, sinon… »

Sa petite voix était visiblement désespérée et Dudley ricana méchamment.

« Sinon quoi ? Papa va te ratatiner ? Tante Marge ne va pas te louper non plus ! »

Des larmes commençaient à couler lentement sur les joues du petit Harry. Il avait trop de retard, il n'arriverait jamais à préparer un déjeuner convenable en une demi-heure ! Vaincu, il se laissa tomber sur le sol. Dudley, surpris que son cousin n'oppose pas plus de résistance, le poussa par le pied. Mais Harry se laissa faire, complètement démoralisé.

« T'es vraiment pas marrant ! »

Et Dudley quitta la pièce, se lassant visiblement du jeu. Pour lui, ce n'était qu'un jeu… Mais pour Harry, c'était la fin. Epuisé par le manque de nourriture, ce dernier ferma les yeux et se laissa porter par un sommeil irrésistible.

oOoOoOoOoOo

« Puis-je savoir ce que tu fais parterre ? »

Harry ouvrit un œil et il ouvrit la bouche d'un air catastrophé. Il s'était endormi ! Le déjeuner n'était pas prêt et oncle Vernon allait le tuer. Cette fois, c'était sûr.

« Un cochon, voilà ce que tu es ! »

Et Pétunia recommençait à le détester… Harry la supplia du regard, mais cette dernière ne se laissa pas impressionner.

« Aller, lève-toi ! Ton oncle rentre dans cinq minutes, dépêche-toi de mettre le couvert. »

Et Harry pleura. Cinq minutes et il n'avait même pas commencé à cuisiner. Jamais, depuis qu'il était devenu l'esclave de cette famille, jamais il ne s'était endormi avant d'avoir terminé toutes ses tâches. Parfois, il n'avait pas le temps de finir et il se faisait déjà frapper très fort. Mais il n'avait jamais laissé le temps filer au point de négliger totalement la préparation du repas. Il avait baissé les bras trop tôt et il allait en payer le prix. Oncle Vernon lui avait assuré qu'il avait déjà construit le trou pour sa tombe dans le jardin. Harry espérait juste que ça ne faisait pas trop mal de mourir… Et il allait enfin revoir ses parents ! Peut-être aurait-il dû en être content ? Mais il pleurait, comme un lâche…

« J'ai échoué, tante Pétunia… Je n'ai même pas préparé le déjeuner.

- QUOI ?!

- Je suis désolé… »

C'était une catastrophe, pensait Pétunia. Vernon allait le tuer. Et Marge serait là elle aussi… Rien n'aurait pu être pire, rien. Et comme si ça ne suffisait pas, la sonnette retentie à ce moment précis. Ils étaient arrivés.

Harry se recroquevilla dans un coin, priant pour que tout s'arrête rapidement. Est-ce que ça faisait mal de mourir ?

Pétunia était devenu toute blanche. Il fallait les maintenir occupés, le plus longtemps possible et trouver une solution. Vite.

« Dudley ! »

La sonnette sonna une nouvelle fois, ni Vernon ni Marge n'étaient patient. La démarche lente de son fils se fit entendre et ce dernier se leva du canapé. Il était visiblement très contrarié.

« Quoi ? demanda-t-il sans aucune politesse.

- Vas voir Marge et ton père, ils sont dehors. Ne les laisse surtout pas entrer, sous aucun prétexte, tu m'entends ? Invente n'importe quoi, mais ne les laisse pas franchir la porte.

- C'est à cause du nabot ? demanda Dudley en désignant son cousin qui gémissait comme un lamentable sur le sol.

- Fais ce que je te demande. »

Et ne pose pas de question… Voilà qu'on lui parlait comme à Harry, maintenant. Mais il se dirigea quand même vers la porte et il se plia à la demande.

Pétunia réfléchissait. Elle avait toujours un plan B. Quand Harry avait trois ans et qu'il apprenait à cuisiner, il carbonisait souvent les plats. Vernon était toujours furieux et il le frappait parfois trop fort. Alors Pétunia avait du surgelé et elle remplaçait parfois le repas à la dernière seconde.

Même si elle ne l'avait pas utilisé depuis longtemps, elle ouvrit le congélateur et elle en sortit un rizotto. Dix minutes de cuisson, elle n'avait pas plus rapide. De plus, ce plat était suffisamment complexe pour discréditer la fainéantise de son neveu. Ce dernier avait déjà trop souffert à sa dernière correction. Avec l'arrivée de Marge, Pétunia savait qu'elle ne faisait que retarder une nouvelle punition inévitable. Mais c'était déjà ça…

« Harry, lève-toi. »

Pendant que le riz fondait dans la poêle, Pétunia mettait le couvert. Elle avait vraiment besoin d'une deuxième main, Dudley ne pouvait pas les retenir indéfiniment. Mais Harry restait allongé sur le sol. Il marmonnait des phrases incohérentes, il parlait de paradis et de sa maman. Que lui arrivait-il encore ? Il ne pouvait pas être malade, il ne manquait plus que ça !

« Harry, lève-toi ! S'il te plait, lève-toi. »

Elle secoua l'épaule de son neveu. Le visage blanc comme la mort, ses cheveux noirs étaient trempés de sueur et il tremblait. Elle toucha son front, mais il était glacé. Au moins, il n'avait pas de fièvre.

« Viens Harry, tu vas manger quelque chose… »

Avec le peu de nourriture qu'on lui donnait, le petit faisait souvent des chutes de glycémie. Vernon serait furieux, il fallait qu'il n'en sache rien. Mais pour le moment, il fallait réparer le déjeuner. Pétunia laissa donc Harry sur le sol et elle arrangea les derniers préparatifs de la table.

oOoOoOoOoOo

Le riz était toujours en train de cuir quand la porte s'ouvrit.

« … Vraiment pas être retenu comme ça ! Vous me cachez quelque chose. Qu'a fait le gamin encore ? »

C'était la voix de Vernon. Pétunia réalisa soudainement que l'emballage du riz traînait encore sur la table de la cuisine. Elle eut juste le temps de le jeter sur le sol quand Vernon ouvrit la porte à la volée.

« Marge est là ! Elle veut te dire bonjour… »

Il se figea soudainement.

« Ne me dit pas que le gamin n'a pas terminé le repas ! Deux heures, on lui donne deux heures et il traîne… Et où est-il d'ailleurs ? Il ne devrait pas être en train de surveiller la casserole ?

- Il y a eu un problème, répondit Pétunia. »

Le visage de Vernon devint écarlate.

« POTTER ! cria-t-il.

Puis il se tourna vers sa femme, furieux.

« Il simule, tu le sais bien. Il veut juste ne pas faire son travail, le fainéant. Où est-il ? Ne me dit pas que tu l'as laissé regagner son placard ?

- Non, pas du tout.

- Bien, dis-moi où est cet abruti que je lui donne la correction de sa vie ! »

Pétunia improvisait. La dernière fois, Vernon aurait volontiers tué le gamin. Bien sûr, le gosse était gênant. Ce n'était pas leur fils et il les encombrait. De plus, il portait le nom de Potter. Mais Pétunia ne voulait pas avoir à supporter le poids de la culpabilité du secret si son mari venait à tuer le garçon. Puis, malgré tout, ce n'était qu'un enfant…

« Je l'ai frappé, annonça Pétunia. Et il est tombé, sa tête a heurté la table. Il est effondré sur le sol, il ne bouge plus. J'ai envoyé Dudley vous retenir, je voulais au moins le cacher… Ta sœur n'a pas besoin de gâcher son séjour pour ce genre de détail. »

Il devait la croire, il le fallait à tout prix. Pétunia guettait avec attention les réactions de son mari. Il semblait calme, c'était déjà ça. Il lui sourit et Pétunia lui répondit, soulagée.

« Pourquoi tu me mens ? demanda Vernon. »

Pétunia ouvrit la bouche, pris par surprise.

« Je ne…

- Ne me mens pas, Pétunia ! Dudley nous a dit que Potter s'était évanouit. Et bizarrement, je crois plus mon fils que toi. Lui, c'est un homme, un vrai. Alors réponds-moi Pétunia, pourquoi m'as-tu menti ?

- Je ne sais pas. »

Pétunia laissait tomber. Le gamin allait le payer cher, inutile que Vernon se fâche contre elle en plus. Elle s'était toujours demandé comment ils en été arrivé là. Séquestrer et maltraiter un gamin étaient deux choses horribles, même si le gamin en question était le fils de James Potter. C'était arrivé naturellement. Une gifle sur un petit garçon d'un an, un berceau dans un placard et un secret. Que ce serait-il passé si Lily et James étaient revenus chercher le gosse comme prévu ? Sans Harry Potter dans la maison, Vernon serait-il devenu si brutal ? Non, Pétunia était certaine que l'homme qu'elle aimait était bon. C'était de la faute du gamin, c'était lui qui avait transformé Vernon en monstre et il devait payer.

« Tu protège le gosse, c'est ça ? Tu fais partit de ces monstres !

- Non, ne dit pas ça, supplia Pétunia. Je le hais, autant que toi. Il a gâché nos vies.

- Je ne te crois pas. »

Vernon était rouge de colère. Et cette fois-ci, c'était dirigé vers Pétunia. La femme au foyer avait peur de son propre mari. Mais c'était de la faute de Potter, il suffisait de le battre et tout redeviendrait comme avant.

« Tu as raison, je vais le battre. Le faire regretter d'être né !

- Tu as intérêt, rugit Vernon. A partir de maintenant, je reprends les choses en main. Tu ne t'opposeras plus à moi, si je veux utiliser ma ceinture, je le ferai. Et tu devras le battre, je m'en assurerai. Si jamais tu refuses ou que tu lui trouve une excuse absurde, je te frapperai toi à la place. »

Non, il ne ferait pas ça… La frapper elle, il n'oserait tout de même pas ? Mais il avait l'air sérieux. Pétunia hochait la tête, elle devait le faire. La vie du gamin ne valait rien de toutes les manières… Et comme Vernon disait, il n'existait pas et ils pouvaient en faire ce qu'ils voulaient.

oOoOoOoOoOo

« La lettre est arrivée ! »

La tante Marge était apparue dans la cuisine et elle brandissait une enveloppe comme si c'était un véritable trésor. Le résultat des tests, Pétunia avait presque oublié avec tout ça…

« Ouvre-la, je veux que tu l'ouvre ! gémissait Dudley. »

Vernon regardait son fils avec fierté, comme si c'était la plus belle merveille du monde. Tous les Dursley étaient réunis et la tante Marge ouvrit l'enveloppe. Vernon lui arracha la lettre des mains et il lut le contenu en silence. Son visage passa par tous les coloris imaginables. Blanc, vert, rose, violet, rouge… Quand il releva la tête, son visage était écarlate et une veine battait sur son sourcil.

« C'est inadmissible, une honte ! »

Il jeta la lettre sur la table et il se précipita sur le téléphone. Il allait faire un scandale. Son fils n'était pas « débile léger », on avait faussé les tests. Qui se préoccupait de tels tests de toutes les manières ? Les psychiatres étaient tous fous, c'était bien connu.

Pétunia le laissa s'égosiller au téléphone pendant qu'elle vidait la casserole de riz dans des assiettes creuses. Dudley s'assit à table et il commença à manger avant tout le monde, comme s'il n'avait rien avalé durant des siècles. Il était insensible aux résultats des tests, il s'en occuperait après le repas.

« Tu sais quoi, Pétunia ? dit enfin Marge. Cet enfant est un génie. C'est pour ça que les psychiatres ont mis un résultat négatif, ils ont eu peur de son potentiel.

- Tu as raison. »

Dudley était un petit garçon très intelligent et surtout incompris. Elle lui caressa la tête. Que pouvait-on faire contre le système ?

« Une école normale serait parfaitement inadaptée… continua Marge.

- Que pouvons-nous faire d'autre ? soupira Pétunia.

- Peut-être pourriez-vous engager un précepteur ? Ainsi, Dudley aurait un instituteur pour lui tout seul. Au lieu d'être sans cesse retardé par des camarades idiots, il pourra avancer à son rythme. Bien sûr, il faudra trouver quelqu'un de compétant. Mais c'est tout à son avantage… »

Vernon avait entendu l'idée et il la trouvait excellente. Sa sœur était extraordinaire avec Dudley, c'était une Dursley évidemment. Dès le lendemain, il posterait une annonce pour engager un professeur particulier à temps plein. Quelqu'un allait habiter avec les Dursley. Il faudrait réaménager certaines choses, et surtout cacher le gamin. Mais pour le moment, Vernon avala d'une traite un verre de vin rouge en décidant de profiter de sa sœur. Et ils allaient commencer par frapper le gosse ! Vernon lui avait promis un moment entier de défouloir sur Potter…


C'est la fin de ce chapitre...

On commence déjà à imaginer comment Severus va atterrir dans cette famille. Ca ne devrait plus trop tarder à présent. Le cœur de l'action va débuter d'ici peu.

Dans le chapitre suivant, Severus va être à nouveau confronté à Dumbledore. Et, comme d'habitude, de l'humour dans la relation très étrange entre ces deux personnages, des changements occasionnés par les idées folles de notre fameux directeur et bien d'autres surprises... Publication prévue le 02/03/2014. J'ai pris un peu de retard dans l'écriture (période d'examen et Saint-Valentin oblige...) mais rien de grave. Je maintiens le rythme de publication à un chapitre toutes les deux semaines.

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Il n'y a pas de réponses précises aux reviews comme dans certaines fictions, mais je réponds globalement à l'ensemble des commentaires dans les encarts de début et de fin de chapitre. Je suis quand même particulièrement sensible aux commentaires de Luinwe Luthien, de Fiona et de Black Moony. Ils me rendent fière de moi et m'encouragent à m'accrocher à mes idées. Je suis réceptive à toutes les critiques, je fais parfois des erreurs assez pénibles. Et bien sûr, j'accepte les compliments.

N'hésitez pas, Reviews, Favs ou Follows, c'est gratuit pour vous et ça me fait toujours très plaisir...

A bientôt...