Auteur : Les très, trèèèès en retard Hinatou-chan…
Disclaimer : Les personnages de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto-san, je ne fais que les utiliser pour un but non lucratif et divertissant (j'espère ! =)
Notes : A part le fait que je sois horriblement en retard et terriblement désolée, pas vraiment de notes pour ce chapitre. L'enquête a commencé à avancer alors j'espère que l'action vous plaira ! Pour la suite je ne promets rien pour éviter les fausses espérances, si ce n'est qu'elle viendra bien un jour, ne vous inquiétez pas !
Chapitre 4 : Disparaître…
Mademoiselle Tamako avait très exactement soixante ans aujourd'hui. Soixante années de dur labeur, entre missions et guerres, vie professionnelle et vie amoureuse. Durant tout ce temps, elle s'était toujours revendiquée comme une femme « libre ». Libre comment ? Elle vous aurait sans doute montré le ciel, puis la terre, puis les passants ou bien la pile de photos qu'elle entreposait sur sa commode si vous vous trouviez chez elle, sans un mot, avec juste un petit sourire qui voulait tout dire.
Mademoiselle Tamako vivait dans un gentil petit appartement au troisième étage d'un immeuble en abritant quatre. Elle l'entretenait avec soin et en était si fière qu'elle invitait régulièrement toute la populace de Konoha pour leur montrer sa collection exceptionnelle de Bijuu en porcelaine. Elle n'oubliait jamais, bien sûr, de passer un coup de chiffon discret sur Kyûbi, petit chef d'œuvre qu'elle avait ramené de la capitale du pays du feu lors de son premier voyage en tant que genin. Après ce passage obligatoire, elle vous offrait bien évidemment un thé, généralement au citron ou à la menthe et accompagné de petits gâteaux, comme il convenait à son rôle de vieille dame respectable.
Mademoiselle Tamako en avait vu, des choses. Cependant, son visage, bien que creusé de petites rides -autant de sillons de sagesse- arborait encore la fraicheur de la jeunesse. Lorsqu'elle plongeait son regard noisette pétillant dans vos yeux, elle apparaissait tout de suite comme une jeune fille de vingt ans à peine. Les gens l'appréciaient comme on apprécie sa grand-mère et elle avait une solide réputation de « petite matrone » de Konoha. Elle ne se faisait pas forcément beaucoup remarquer mais elle était là. Toujours là. Encore là, même -la profession de ninja ne laissait généralement que peu de vétérans à la retraite. On aimait à venir parler avec elle, de tout et de rien, du temps qui court et s'enfuit comme de celui qui défile avec lenteur, des choses, des gens, de vie et de mort…
Mademoiselle Tamako aimait la parole. Elle aimait les mots presque autant que sa collection de porcelaine ou ses photos d'un autre temps et n'avait pas peur de les utiliser. En cela peut-être, était-elle libre… Parler était toujours pour elle un exercice fascinant, surtout lorsqu'elle écoutait les autres. Avec elle, pendant une heure, deux peut-être, on entendait le chronomètre du temps s'enclencher, les minutes défiler dans une ronde douce qui vous prenait avec langueur. Elle était un livre ouvert auquel il reste des pages blanches, un ouvrage gigantesque et toujours en soif de nouveaux mots à inscrire sur le papier. Et l'on prenait plaisir à conter son histoire, certains qu'elle ne se perdrait pas dans le vent qui ne manquait pas de s'infiltrer par la fenêtre ouverte.
Et mademoiselle Tamako était fière de tout cela. Bien qu'ayant traversé la vie sans parents, sans frères et sœurs, sans compagnon fixe et sans enfants, toujours seule avec elle-même, elle avait su se trouver une famille : elle avait fait du monde entier son bercail.
Elle se disait tout cela par ce bel après-midi ensoleillé, trimbalant son sac à main vert amande avec nonchalance, un sourire guilleret planté sur le visage. Elle promenait ses un mètre cinquante-six et ses quarante-huit kilos avec énergie, se hâtant de rentrer chez elle pour tester sa nouvelle recette de macarons au citron vert. Son immeuble, tout en brique rose, se dressa devant elle au bout de quelques minutes de marche. Son sourire se perdit alors dans un ronchonnement typique de grand-mère lorsqu'elle aperçut dans l'herbe non loin de sa porte d'entrée une petite fumée qui s'élevait de l'herbe grasse du bas côté.
« Encore un qui a oublié d'éteindre sa cigarette, ou devrais-je dire son bâton à poison ! » grinça-t-elle avec humeur.
Levant magistralement le menton vers l'avant dans un signe de profond mépris, elle composa le code -xdmdr qu'elle trouvait très drôle, bizarrement- et passa la porte du bâtiment.
À partir de l'instant ou le battant se referma, mademoiselle Tamako n'existât plus.
Qu'est-ce que c'est, la vie ?
Naruto était calmement assis contre le mur de la maison Hyûga, les yeux perdus dans le vague.
La question avait tout naturellement traversé son esprit. Il savait que sans la réponse, il ne pourrait jamais retrouver sa forme humaine. Il avait eu de nombreuses occasions de s'en apercevoir… Sans la définition de la vie, que pouvait-il attendre de celle-ci ? Lui, correspondait-il toujours à cette définition dont il n'avait aucune idée ? Il ne respirait plus, après tout. Son cœur ne battait plus dans sa poitrine translucide, et il n'était même plus sûr de ressentir des sentiments. Il avait déjà oublié ce qu'était se sentir humain.
Il souleva sa main et observa le ciel à travers elle.
Il se prit à en avoir peur. Quel était ce sentiment ? La sensation d'être entraîné toujours plus loin dans la pénombre… cela faisait deux semaines.
Il avait passé deux semaines à agir comme il avait toujours agit. À être ce garçon turbulent et effronté qu'il avait toujours été. Seulement…
Seulement il sentait qu'une ombre s'abattait sur lui, irrémédiablement. Quelque chose le rongeait et réduisait ses protestations à néant.
Il aimait la vie. Il aimait la chaleur du soleil sur sa peau, le vent dans ses cheveux, les rires des gamins dans la rue, le bruit des ramens qu'on engloutit, même les coups répétés de Sakura ou les « Hn. » hautains de Sasuke. Il adorait les rougissements d'Hinata, les gueulantes de Tsunade baa-sama, les regards pervers de l'ermite pas net, le calme de Kakashi. Il frémissait lors des combats, était toujours le premier dans les bêtises et les bourdes et l'éternel dernier de classe, habitué de l'école buissonnière et des courses poursuites dans les rues de son village préféré. Oui, Naruto était comme ça.
Le Naruto qu'il avait toujours été, avec son sale caractère et sa lutte acharnée pour ses rêves.
Pourtant, l'ombre dévorait peu à peu, bout à bout, l'âme riche qu'il affectionnait tant.
Il le sentait dans chaque recoin de sa tête -si il pouvait seulement encore parler de tête.
Il avait donc passé deux semaines à s'entraîner pour développer la vision surnaturelle de Neji. Il avait fourni beaucoup d'efforts pour se concentrer- plus qu'il n'en avait jamais fait- et le Naruto cancre s'était transformé en élève assidu. Il avait vu la blancheur d'Hinata, les cernes de l'Hokage, les regards désolés de ses amis… Il avait regardé tout ça avec un pincement au cœur -si il en avait encore un… enfin, vous avez compris. Il en était là de sa réflexion lorsqu'elle fut interrompue par l'entrée d'une petite brune sur le seuil de la maison.
« Naruto-kun… Neji nee-san… Comment cela s'est-il passé aujourd'hui ?
- Désolé, mais les résultats ne sont pas encore satisfaisants. Je le distingue maintenant pratiquement parfaitement, seulement ce n'est possible qu'à une certaine distance, répondit le seul des deux interpelés qui pouvait répondre, Si je me rapproche, l'image s'effrite.
- Oh… »
La jeune fille s'approcha de Naruto avec de grands yeux fatigués. Elle tenta de toucher son épaule mais la traversa sans plus d'effets. Avec un petit murmure désespéré, elle se mordit la lèvre.
« Naruto-kun… N-ne te désespère pas, d'accord ? On va trouver une… une solution… »
Il hocha la tête avec toute la conviction qu'il était encore capable d'avoir. Il ne souhaitait pas l'inquiéter inutilement. De toute façon, comment aurait-il pu lui parler de ce qui était en train de se passer en lui ? Il était incapable de communiquer convenablement avec autrui. Il était même incapable de communiquer seulement avec lui-même… Il la regarda s'éloigner lentement vers la maison, remarquant ses épaules affaissées et sa démarche fatiguée avec un léger pincement au cœur. Il avait vraiment l'impression de tourner en rond. Non, c'était même pire que cela. Il s'enfonçait dans des sables mouvants, et plus ils -lui, mais également ses proches- se débattaient, plus ils disparaissaient dans la masse sablonneuse. C'en était désespérant. Que faire, comment trouver la solution à ce problème insolvable ? Il porta sa main impalpable à son front qu'il traversa en rageant. Même lui ne pouvait pas se toucher ! Pris d'un colère soudaine, il balança son bras contre le mur. Il rencontra la surface dure sans éprouver ni douleur ni réconfort. Tournant son regard translucide vers Neji, il ne bougea pas un cil. Le ninja l'observait en silence, assis en tailleur sur le plancher. Il ne prononça pas un mot et se contenta de se lever avec son calme habituel, s'épousseta légèrement et descendit de l'estrade pour gagner la terre drue du jardin. Sans se retourner, il leva une main et lui intima de le suivre par ce simple geste. Naruto ne se fit pas prier.
Cependant, alors qu'ils se dirigeaient tranquillement vers l'entrée, un grand cri retentit, réveillant la maisonnée plongée dans la torpeur. Surpris, le jeune ninja blond se retourna vers la demeure. Qu'est-ce que c'était que ça encore ? À cet instant-là, lui et Neji virent sortir en trombe une vieille femme en pleurs, suivie de près par une Hinata catastrophée.
« Ma-madame ! A… attendez s'i-il vous plaît ! »
La femme ne se retourna pas pour autant et rencontra le fantôme de plein fouet. Une désagréable sensation le traversa alors, comme si on l'avait empêché de respirer l'espace d'une seconde. Il se retourna vers la femme qui s'enfuyait avec une expression ébahie. Qu'est-ce qu'il s'était donc passé ? Mais l'inconnue avait déjà disparu de son champ de vision. Ce qui était sûr, c'était qu'elle courait très vite -surtout pour son âge. Un petit cri le sortit de sa transe et il se retourna vers son origine, encore un peu surpris. Hinata se tenait devant lui, à quelques mètres, les mains devant la bouche, les membres tendus et les yeux écarquillés. Il ne sut comment interpréter l'expression de son regard et se tourna vers Neji. Le jeune homme arborait une expression étrange également.
« Qu'est-ce qu'il y a ? articula-t-il avant de se rappeler qu'on ne pouvait pas l'entendre.
- Na… na… nananana… », commença la jeune fille avant de s'évanouir.
Et bam. À tous les coups c'était encore une galère de plus qui lui tombait dessus.
« Tu… Naruto, tu es en train de disparaître… », finit par articuler péniblement Neji.
La terre aurait pu continuer de tourner, les gens auraient pu garder leur mine renfrognée, enfermés dans un quotidien ordinaire. Les enfants auraient pu conserver leurs rires et leurs larmes en toute innocence. Les lumières auraient pu continuer à éclairer l'humanité… mais non.
Pas aujourd'hui. Jamais, plus jamais même. La terre venait d'entamer sa longue chute sous les pieds de Naruto.
« Pardon ? »
Mais ce pardon se perdit dans l'immensité de sa solitude. Il se contenta de regarder Neji. Et Neji le regardait avec une expression indéfinissable. Et cette expression, le fantôme la trouvait tout bonnement insupportable.
L'altération. La disparition. La perte de son identité. La fin donc… La mort.
Il se désagrégeait irréversiblement.
Panique.
Neji n'avait tout bonnement pas pu dire une chose pareille…
Il rageait. Il enrageait. Il hurlait. Il lui était impossible de penser autrement que par monosyllabe.
Non… Non ! Non ! Non non non !
Sa tête semblait sur le point d'exploser, répétant inlassablement ce même mot, s'y raccrochant désespérément comme à un bateau qui chavire, les yeux emplis de larmes de désespoir. Le gouffre se faisait plus profond que jamais. Il jeta un coup d'œil à Hinata, toujours étendue sur le sol, plus pâle qu'un mort. Son cousin, penché sur elle, lui tapotait doucement les joues.
« Hinata… Hinata… Réveille-toi, allez, c'est pas le moment… »
Détruit, le ninja fantomatique se laissa choir sur le sol avec violence. Il devait faire un cauchemar. Un horrible et monstrueux cauchemar…
Elle ouvrit les yeux. La lumière du soleil éblouit ses sens quelques instants et elle ne put voir qu'une immensité blanche se profiler à la périphérie de ses pupilles avant que ne se forment des contours et que n'apparaissent des nuances colorées. Elle cligna des paupières et chercha à se relever douloureusement. La chute n'avait pas été des plus douces cette fois. Elle parcourut les environs, encore légèrement sonnée, pour rencontrer le visage soucieux de son cousin, qui lui rappela soudain la situation dans laquelle ils se trouvaient.
« Neji nii-san… ! »
Elle tourna brusquement son regard et activa son byakugan. Elle aperçut alors Naruto, assis par terre, l'air désemparé et plus transparent que jamais. Tremblant avec violence, elle se précipita à genoux vers lui.
« Naruto-kun, mon dieu, Naruto-kun ! »
Ses yeux la brulaient affreusement. Tentant de contenir les sanglots qui montaient dans sa gorge, elle secoua violemment la tête.
« Comment… pourquoi… ? articula-t-elle avec douceur.
- C'est vraiment étrange, lui répondit Neji avec un calme qu'il était bien le seul à pouvoir montrer, c'est comme si la femme qui l'a traversé tout à l'heure lui avait enlevé un peu de sa consistance.
- La… la femme.
- Oui. Tu sais d'où elle venait ? »
Hinata se massa vigoureusement les tempes.
« Je… Elle a soudain débarqué quand vous étiez en train de partir. Elle venait du bureau d-de père je crois. Elle avait l'air très triste…
- D'accord. Hinata, occupe-toi de Naruto, je vais aller lui demander son identité.
- Oh… »
Elle afficha une petite moue déçue. Depuis le début de cette aventure, c'était elle qui prenait la majeure partie du travail en main et cela la gonflait de fierté. Pour la première fois de sa vie elle se sentait vraiment utile. Elle aurait aimé le montrer à Hiyashi Hyûga également mais son cousin ne semblait pas d'avis de lui laisser le boulot de l'interrogatoire. S'apercevant de sa déception, ce dernier haussa les sourcils.
« Il y a un problème ?
- Euh, non… J-je vais rester avec Naruto, vas-y.
- Bien. À tout à l'heure. »
Sur ces mots, le ninja disparut dans l'obscurité de la maison. Baissant les yeux, Hinata entreprit d'épousseter son pantalon. Elle était quelque peu gênée de se retrouver seule avec Naruto, et ce malgré le fait qu'ils cohabitaient depuis maintenant près de deux semaines. Elle n'avait jusqu'à présent jamais eu l'occasion de s'en rendre compte. La situation était d'autant plus anormale qu'ils se trouvaient dans un moment critique et d'urgence totale.
« Euh… N-Naruto… ç-ça va ? »
Sa question se perdit dans le vide et elle se gifla intérieurement. Non mais quelle idiote ! Elle n'aurait pas pu trouver mieux que cette stupide phrase ? À travers son byakugan, elle vit le jeune homme pencher la tête sur le côté avec un regard perdu. Elle se mordit la lèvre et se refit une gifle mentale. Rien de tel pour une bonne circulation de l'esprit. Elle allait s'excuser pour son attitude idiote lorsque des cheveux roses apparurent à la porte du jardin.
« Hey ! Ça avance ? »
Rien qu'en apercevant le sourire innocent de la fleur de cerisier, Hinata fondit en larmes.
« Sa-Sakuraaaaaaa !
- Ohlà, ohlà, c'est quoi ça ? »
La jeune fille alla s'asseoir près de son amie, les yeux écarquillés sous la surprise.
« Mais enfin, qu'est-ce qu'il t'arrive ? On dirait que tu t'es prise un râteau ! » plaisanta-t-elle gentiment.
La Hyûga essuya les larmes qui roulaient sur ses joues et hoqueta.
« C… c'est Naruto-kun. Il… il disparaît. »
Sakura ouvrit de grands yeux étonnés avant de prendre entre ses mains le petit visage de la Hyûga.
« Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? », demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
Hinata, se rendant compte de son erreur, porta une main à ses lèvres.
« N-non je… »
Mais c'était trop tard. La fleur de cerisier la coupa immédiatement, un regard à la fois rempli d'espoir, d'incompréhension et de tristesse accompagnant ses paroles.
« Naruto est mort… Qu'est-ce que vous avez fait ? Qu'est-ce que vous complotez toi et Neji avec l'Hokage depuis deux semaines ?
- N-non Sakura-chan, ce n'est pas… ce qu-que tu crois…
- Ah non ? Et qu'est-ce que je crois alors ? »
Affolée, la jeune fille plaça ses mains en avant en signe d'apaisement.
« S-Sakura-chan, pardon… Je n'ai p-pas le droit de te… de te dire quoi que ce soit…
- J'hallucine, souffla avec colère Sakura, nous sommes en train de parler de mon co-équipier, de mon ami ! Je l'ai vu mourir sous mes yeux… »
Sa voix se brisa. Elle essuya prestement une larme qui commençait à couler le long de sa joue et renifla avec rage.
« Alors, je ne comprends pas que l'on… que l'on me cache des choses. Je suis la première à avoir le droit de savoir ! Tu crois que je n'ai pas remarqué votre petit manège ? Deux semaines… Depuis qu'il n'est plus de ce monde… Deux semaines que vous interrogez, que vous retournez chaque recoin du village. Et ce qui ressort, c'est son nom. Naruto, Naruto, Naruto ! martela-t-elle d'une voix rauque, mais qu'est-ce que vous fichez ? Son corps est mort et enterré, c'est fini ! Alors pourquoi… »
Elle s'interrompit, un sanglot violent la prenant à la gorge. Hinata, n'osait plus détacher son regard du sol. La peine et la colère de Sakura étaient palpables et justifiées, mais incohérentes. La jeune fille souffrait horriblement, tellement qu'on avait l'impression que sa raison se perdait peu à peu à chaque phrase prononcée, que son esprit divaguait, ne sachant sur qui reporter sa culpabilité.
« Sakura-chan… arrête… s-s'il te plaît, tenta-t-elle vainement.
- Pourquoi…, poursuivit la jeune fille en ignorant son amie, pourquoi me faites-vous ça ? »
Elle plongea son regard turquoise dans celui d'Hinata.
« Pourquoi… me faites-vous espérer ? »
La jeune Hyûga ne répondit pas mais chercha à se lever prestement, fuyant ces yeux emprunts d'un mélange de peur, d'intelligence et d'infinie tristesse. Si cela continuait ainsi, elle allait définitivement découvrir la vérité, ce qui pouvait s'avérer dangereux. Son amie lui attrapa le bras pour la forcer à rester assise, les yeux remplis de larmes. Tout ceci n'allait pas du tout, mais alors pas du tout du tout. Hinata soupira tout doucement, le regard embué.
« S-Sakura-chan… s-s-s'il-te-plaît…
- Non. Pas « s'il te plaît ». Je n'arrêterai pas, je… »
Elle prit une profonde inspiration en se mordant la lèvre.
« Lorsque Sai et moi avons découvert le corps… quelque chose… quelque chose n'allait pas. Je ne saurais pas quoi, mais quelque chose clochait vraiment. Au début, je n'ai pas voulu croire que c'était lui, c'était trop… Le psy m'a dit que j'avais subi un choc et que je niais tout bonnement la réalité. Alors j'ai essayé de croire qu'il était vraiment parti… vraiment essayé… »
Elle se tut, n'arrivant plus à refouler ses larmes. Les yeux d'Hinata, eux, n'avaient jamais été aussi grands. Elle n'en croyait tout bonnement pas ses oreilles. Quelque chose qui clochait ? C'était ce qu'elle recherchait depuis tout ce temps ! Un élément de réponse venait s'ajouter à la tragédie qui se profilait à l'horizon. Une perspective d'avenir ! Elle activa son byakugan et chercha Naruto du regard. Celui-ci se trouvait assis au côté des deux kunoichis, un air à la fois vraiment navré et… un brin content. Hinata se demanda si ce petit sourire était dû au fait que Sakura avait avoué à quel point il lui manquait ou bien si la perspective d'un sauvetage proche le rendait euphorique d'espoir. Peut-être un peu des deux. Revenant peu à peu à la réalité, elle fronça néanmoins les sourcils. La partie était loin d'être gagnée. Elle attrapa les épaules de Sakura avec un aplomb qui lui semblait à elle-même inconnu.
« Sakura-chan… qu'est-ce qui était bizarre ? »
Elle la regarda avec un air perdu.
« Je te l'ai dit, je… je n'en sais rien… quelque chose… Je ne sais plus ! » s'écria-t-elle en se prenant la tête.
Elle semblait au bout du rouleau. Renonçant à la faire souffrir d'avantage, Hinata lâcha ses épaules.
« D'acco-ord. Ce… ce n'est pas grave. Tu devrais aller te-te reposer.
- Mais pourquoi tu veux le savoir, hein ? Dis-moi. »
Elle ne perdait vraiment pas le nord. Son regard suppliant était assez difficile à supporter.
« P-pour rien, ça va aller. Je te l'ai dit je… ne peux rien te dire. Si tu tiens à découvrir la-la vérité, alors vas… vas voir l'Hokage. »
Un petit silence lui indiqua qu'elle réfléchissait. Elle finit par se relever, essuyant vivement ses larmes.
« D'accord, je vais aller la voir. Et je vais enfin savoir ce que vous trafiquez ! Ne crois pas te dérober. »
Elle la pointa du doigt, la colère reprenant le dessus.
« Ce n'est pas parce que tu étais amoureuse de Naruto que tu dois te croire importante. »
Le cœur d'Hinata rata un battement.
« Je le connaissais mieux que toi, c'est à moi que les secrets de son assassinat devraient être révélés ! » poursuivit la kunoichi, mais déjà elle ne l'écoutait plus.
Après ces bonnes paroles, Sakura fit volte-face et se dirigea vers le portail. Lorsque ses cheveux roses eurent disparu, la jeune fille, tremblante, désactiva son byakugan et se dirigea à petits pas vacillants vers la maison. Elle ne le savait pas, Hinata, elle ne le savait pas… elle ignorait qu'il était là, autrement elle n'aurait jamais dit ça. Mais elle l'avait dit ! Que faire après ça ? Quelle tête afficher devant lui ? Elle ne se sentait plus la force de le regarder en face.
À cet instant précis, la porte du bureau de son père s'ouvrit dans un grand fracas sur un Neji bien plus remué que d'habitude. Il aperçut sa cousine et, sans prendre le temps de donner la moindre explication, l'entraina dans sa course. Poussant un petit cri de surprise, elle le suivit malgré elle en ouvrant de grands yeux.
« N-Neji nii-san, que-que-que t'arrive-t-il ? réussit-elle péniblement à articuler entre deux respirations.
- Tu verras quand on y sera, lui répondit-il, impassible, En attendant, cours ! »
Un cri retentit alors derrière eux.
Voilà ! J'espère que ça vous aura plu !
Si vous avez la moindre remarque, n'hésitez pas.
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