« Ah ! Dolorès ! Enfin vous voila… S'exclama Fudge, accompagné du ministre en fonction et de Percy.
- Cornélius, Rufus, Percy… Salua Dolorès.
- Hm bonjour Dolorès… Allons prenez place asseyez vous, désirez vous un thé ?
- Non merci, j'ose espérer que cette réunion sera assez rapide, j'ai encore beaucoup de travail…
- Oh, ne vous inquiétez pas pour ça ! L'interrompit Fudge. Figurez vous que nous avons de nouveaux projets pour vous, mais, ne vous inquiétez pas, ce sont des projets de grandeur…
- Des projets de grandeur ?… » Répéta Ombrage de façon incrédule. La dernière fois qu'on lui avait promis des « projets de grandeur », elle s'était retrouvée à devoir faire des cours de magie « théoriques »(cherchez l'erreur…) pour des élèves destinés à la détester, alors elle ne croyait pas trop à ce futur projet et osait au moins espérer qu'il serait moins pire que le précédent…
« Oui, c'est exactement cela ! Des projets de grandeur ! Vous êtes sûre que vous ne voulez pas de thé ou même des biscuits ou… Autre chose ? » Tout en parlant, le ministre semblait extrêmement tendu, Ombrage le fixa intensément quelques secondes, avant de répondre.
« … Non, je n'ai ni faim ni soif merci…
- Oh et bien… C'est très bien ma foi, c'est très bien… Euh, rassurez moi, vous avez bien dormi cette nuit ?
- Bon sang Rufus allez droit au but qu'est-ce que vous me voulez ? Ce projet de grandeur est-il finalement un travail si nul que vous avez même honte de m'en parler ?… Ou alors c'est un sale boulot ?
- Euh… Oui, vous avez raison Dolorès, je vais aller droit au but.. »
Fudge coupa soudainement le ministre :
« Euh, ne lui en voulez pas trop hein et… Ne m'en voulez pas trop à moi non plus, après tout il est ministre, c'est normal qu'il sache…
- Qu'il sache ? Et sache quoi exactement ? » Dolorès avait prononcé cette phrase les dents serrées, espérant que ce n'était pas ce qu'elle pensait, il n'avait pas intérêt, ce, ce…
« Euh Percy ? Vous m'excuserez mon garçon mais ceci est une affaire privée entre moi, Cornélius et Dolorès. Je vous prierai donc de nous laisser seuls… » Percy fut surpris, le ministre ne l'éloignait jamais trop de ses affaires, il était même tout le temps présent, mais là, sa présence ne semblait pas requise. Néanmoins, il ne s'en formalisa pas et sortit.
« Disons que ce que je voulais vous dire déjà, c'est que je sais…
- Vous savez…» Dolorès n'avait toujours pas desserré les dents, et son regard se tournait vers Fudge comme si elle avait désiré le fusiller.
« Oui Dolorès ! Je sais tout ! Mais pourquoi ne pas me l'avoir dit vous-même ? Pourquoi d'ailleurs le cacher à la plupart des membres du ministère ?… Cela peut très bien faire partie de nos petites affaires privées inter ministère…
- Bien sûr, jusqu'à ce qu'une journaliste du genre de Rita Skeeter finisse par le découvrir et que cela fasse la une de tous les journaux ?…
- Hm… Bon passons, c'était seulement pour vous dire que vous pouvez avoir confiance en moi et peut être que vous pourriez un de ces jours me montrer votre « vraie » tête…
- Ah c'est terminé ? Je retourne à mon bureau alors…
- Non non ce n'est pas terminé ! Notre projet de grandeur…
- J'avais espéré que vous l'aviez oublié… »
Scrimgeour ne fit pas attention à sa remarque et continua :
« Vous m'avez demandé d'aller droit au but et ben je vais aller droit au but… Je veux que vous retourniez à Poudlard en temps que professeur de potion, mais sous votre réelle apparence.
- Vous avez perdu la tête…
- Et pourquoi ça ?
- Si je me cache c'est qu'il y a une raison et j'imagine que vous la connaissez non !
- Je sais surtout que Poudlard est un endroit sûr…
- Ah oui il l'était vachement lorsque Voldemort y est entré l'an dernier ! » Un soubresaut venait de traverser Fudge et Scrimgeour. Ombrage n'avait jamais réellement eu peur de prononcer son nom, ce n'était pas ça qui le ferait apparaitre, sans compter qu'il était définitivement mort maintenant…
« Peu importe ! De toute façon, je ne vous laisse pas le choix…
- Mais quel intérêt avez-vous à me mettre en professeur là-bas ! Je n'ai aucun talent en tant que professeur ! Et je suis désolée j'ai déjà un truc plus important à faire ; Pister Sangus et me préparer à la combattre !
- Oh arrêtez Dolorès… S'exclama Fudge. Vous savez très bien enseigner ! Je vous ai vue faire lorsqu'il a fallu apprendre à ma nièce quelques sortilèges de défense… Aussi je pensais justement à cette piste… Vous pourriez visiter les centaures aux alentours de la forêt !
- Selon vous je n'y suis pas restée assez longtemps…
- Les centaures vous ont bien dit qu'il faudrait peut être qu'un jour vous reveniez, un jour où la piste de Sangus s'éclaircirait… De plus, vous disiez vous-même que vous en aviez marre de cette apparence, mais qu'en plus, et de façon surprenante, la douleur que vous ressentiez au niveau de votre cicatrice était moins vivace lorsque vous étiez sous votre apparence réelle. »
Fudge avait raison… Elle lui avait raconté la suite de ce qui s'était passé à Poudlard dans la forêt, après qu'elle ait bu l'eau de vérité… Mais pour elle, les centaures lui avaient donné suffisamment d'éléments pour qu'elle ait besoin d'y revenir. Néanmoins, il restait quelque chose qu'elle ne comprenait pas…
« Pourquoi voulez vous que j'y retourne ? Qu'est-ce que vous y gagnez ?
- Hmm et bien… Disons que le possible crime que vous allez accomplir contre Sangus n'est pas louable, et risquerait de ternir l'image du ministère, mais sachant que vous occupez une haute fonction ici, nous préférons étouffer l'affaire et la rendre secrète.
- Ca ne me dit toujours pas pourquoi vous voulez que j'aille à Poudlard…
- Certains sorciers du peuple disent de notre gouvernement que c'est un gouvernement vieillot, avec extrêmement peu de jeunes… Du coup, si vous repreniez votre apparence normale, cela montrerait que nous avons des personnes plutôt jeunes à des postes très haut gradés !
- Et si vous étouffez le crime de Sangus, comment leur expliquer pourquoi je prenais une apparence de femme approchant la cinquantaine ?
- Nous ferons en sorte de rendre cette histoire plus… émouvante ! De façon à ce que le peuple s'identifie à vous et ait tellement pitié qu'il se dise, qu'après tout, c'est normal ce que vous faites, de vouloir tuer ce centaure…
- Ah oui, j'aurais dû me douter que ce n'étaient pas de loyaux et honorables desseins que vous aviez qui vous donnait une soudaine envie de m'aider…
- A vrai dire… Il n'y a pas que ça. Les centaures nous ont récemment envoyé une lettre, ils veulent que vous retourniez à Poudlard, ils disent que la clé est là-bas !
- Evidemment… L'endroit dans lequel je me suis fait le plus détester par le plus de personnes simultanément ce serait aussi l'endroit où je dois aller pour établir la justice moi-même…
- Ce n'est pas moi qui le dit, c'est eux ! Je doute qu'ils aient énormément d'intérêt à mentir… Surtout qu'ils n'aiment pas que les humains pénètrent dans leur forêt.
- D'accord d'accord j'irai… Mais je ne reprendrai mon apparence réelle que lorsque je serai avec les centaures.
- Comme vous voudrez, après tout, cela ne change pas grand-chose… »
En retournant à Poudlard, Dolorès pensait qu'au moins, les membres de l'A.D qu'Harry Potter avait fondée ne seraient plus là, étant donné que cela faisait deux ans. Mais beaucoup n'avaient pas pu faire leur dernière année à Poudlard correctement, n'y étant pour certains même pas allés, ils faisaient leur septième année maintenant, et passaient donc le dernier examen en fin d'année. Elle prenait le Poudlard Express, avec tous les élèves. Elle savait à l'avance que c'était une erreur de l'avoir mise avec les autres élèves, se souvenant d'elle en cinquième année, mais le ministre n'avait rien voulu entendre. Il avait déjà fait passer une annonce dans La Gazette du Sorcier annonçant le retour de Dolorès Ombrage à Poudlard en tant que professeur de potion, selon lui, c'était suffisant pour montrer son autorité et la faire ainsi respecter.
Ca se voit qu'il n'est pas sur le terrain lui… Se dit Dolorès, voyant les regards haineux, méprisants, parfois moqueurs sur son passage, de même que ceux qui tentaient de lui faire un croche-pied, ou autre, dans l'espoir de la ridiculiser. Au moins, les frères Weasley n'étant plus dans l'école, elle espérait qu'ils n'auraient pas de quoi lui faire des « farces » ou ne se remettraient pas à être malade sur commande grâce à elle ne savait quelles dragées ou autres produits de leur boutique. Elle s'était mise dans un compartiment tout au fond du train, osant espérer que le train était assez grand pour qu'elle puisse y être seule. Manque de chance, trois élèves, arrivés en retard, ne trouvaient plus aucune place et vinrent donc dans son compartiment. La voyant ils s'arrêtèrent soudainement de parler. N'ayant pas levé les yeux et regardant toujours le paysage, elle ne savait pas encore de quels élèves il s'agissait. Elle prit quelques secondes pour déterminer si oui, elle levait les yeux pour voir qui ils étaient ou si elle les gardait rivés sur le paysage, puis sa curiosité triompha.
Oh non, comme par hasard…
Les élèves qui se trouvaient en face d'elle ne se trouvaient être autre que Ron Weasley, Hermione Granger, et Harry Potter en personne… A en juger par leurs regards, ils ne semblaient pas super contents de la voir…
